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  • Mariette Gutherz ravive la mémoire enfouie du camp Saint-Nicolas

    Mariette Gutherz ravive la mémoire enfouie du camp Saint-Nicolas

    Aujourd’hui il n’y a plus rien, qu’une façade de pierre livrée aux 4 vents, perdue en pleine garrigue entre Nîmes et Uzès sur le périmètre d’un vaste camp militaire. Difficile d’imaginer que fut créé ici, à l’été 1940, un camp d’internement qui accueillit, sous des tentes, environ 2000 Allemands et Autrichiens antinazis précédemment internés au Camp des Milles.

    Un pan d’histoire locale douloureux et méconnu dont la réalisatrice gardoise Mariette Gutherz a choisi de raviver la mémoire dans son documentaire Le Diable en garrigue (19 min), qui sera projeté* dimanche 1er février à 11h au cinéma Le Sémaphore de Nîmes, avant un débat avec la salle en présence de la réalisatrice. Le sujet a, pour cette Nîmoise d’origine, des résonances personnelles, son père ayant été « un Juif exilé chassé en 1938 par les nazis d’Europe centrale. Il s’est retrouvé à Montpellier pendant la guerre, où il a été caché par ma mère et est devenu résistant », confie-t-elle. Elle lui a d’ailleurs consacré un film.

    L’Histoire alerte le présent

    Pour Le Diable en garrigue, elle a choisi de faire du récit de l’écrivain allemand antifasciste Lion Feuchtwanger, Le Diable en France, le fil rouge de son documentaire. « J’ai découvert son livre quasiment en même temps que le site de l’ancien camp. »

    Réfugié dès 1933 en France, celui qui fut l’un des principaux représentants des intellectuels allemands en lutte contre la montée du nazisme y retrace son internement au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, puis au camp Saint-Nicolas, près de Nîmes. Avant son évasion réussie en août 1940 grâce à une Nîmoise qui l’a aidé, ainsi que beaucoup d’autres, à s’enfuir. Une certaine « madame L. » qui fut « une résistante avant l’heure », salue Mariette Gutherz.

    De juin à août 1940, environ 2000 personnes, dont de nombreux artistes – « Max Ernst, Golo Mann, un fils de Thomas Mann, le père de Stéphane Hessel… » – vécurent donc dans ce camp, qui n’existera que durant trois mois. « En juin 40, le gouvernement de Vichy s’était engagé à livrer tous les Allemands antinazis que le Reich leur demanderait. Fin août 1940, la commission Kundt est donc venue au camp de Saint-Nicolas chercher ces ressortissants. Le camp a fermé et les internés ont été rapatriés aux Milles », relate la réalisatrice. La collusion entre la patrie dite des Droits de l’Homme et le régime nazi ne s’arrêtera pas là. En août 1942, le Camp des Milles change devient un camp de déportation, d’où 2 000 hommes, femmes et enfants juifs seront envoyés à Auschwitz via Drancy.

    Ce documentaire, qui a reçu le Label citoyen de la Fondation du Camp des Milles « pour sa contribution à la lutte contre les extrémismes, le racisme, l’antisémitisme et les discriminations », Mariette Gutherz a l’intention de le faire circuler dans les collèges et les lycées. « C’est une histoire de transmission. Une histoire de mémoire, mais qui doit être vivante », insiste-t-elle. Et interroger sur les dangers qui nous menacent aujourd’hui. « La France était à l’époque une démocratie fragilisée, avec des tensions internationales, une crise économique, une montée de la xénophobie… un contexte qui fait écho à ce que nous vivons actuellement. On est parti, en 1938, d’un décret-loi décidant d’un internement administratif des étrangers jugés indésirables pour des raisons d’ordre public ou de sécurité nationale. Finalement cette législation d’exception a été durcie, instrumentalisée par le régime
    autoritaire de Vichy et ça a abouti aux déportations
     », met-elle en garde. « Comprendre les mécanismes qui ont conduit au pire, avant même l’arrivée d’un pouvoir autoritaire, c’est se donner les moyens d’y résister. L’Histoire alerte le présent. »

    * Précédé de la projection du court-métrage documentaire « Résistance de la mémoire » (11 min), de Thierry Bourdy.

  • Khadija Aoudia : « Que 2026 soit l’année du réveil des consciences »

    Khadija Aoudia : « Que 2026 soit l’année du réveil des consciences »

    La Marseillaise : Quels sont vos vœux pour l’année qui s’ouvre ?

    Khadija Aoudia : Je souhaite que 2026 soit l’année du réveil des consciences. Qu’elle nous pousse à regarder sans détour les rapports de force qui structurent le monde, à comprendre que les crises, les guerres et les inégalités ne sont pas des accidents de l’Histoire, mais les symptômes d’un ordre fondé sur une domination économique oligarchique. Un ordre qui, pour servir ses propres intérêts, fragmente les nations, attise les peurs, détourne les colères légitimes et les oriente vers des ennemis désignés… pendant que, dans l’ombre, les mêmes concentrent toujours davantage les richesses et creusent sans relâche les inégalités sociales. Jamais une poignée d’oligarques n’a autant accaparé de richesses à l’échelle transnationale. Je fais le vœu d’un renversement des valeurs, où la dignité humaine deviendrait hiérarchiquement supérieure à la richesse économique. Je fais le vœu que le droit international soit réellement au service des peuples.

    Vous êtes engagée de longue date dans la défense des droits des détenus dans une ville, Nîmes, dont la maison d’arrêt souffre d’une surpopulation chronique parmi les plus élevées de France (+ de 200%)… Où en est ce combat ?

    K.A. : Lorsque j’étais bâtonnier en exercice, j’ai visité l’ensemble des lieux de privation de liberté, à l’issue de quoi j’ai rédigé un rapport. J’ai constaté une atteinte à la dignité et aux conditions de détention ou de rétention tant au niveau de la maison d’arrêt que du commissariat et des geôles du tribunal judiciaire de Nîmes.

    S’agissant des conditions de détention à la maison d’arrêt, nous avons obtenu, le 30 janvier 2020, une condamnation par la CEDH (Cour européenne des droits de l’Homme), qui n’a débouché sur aucune mesure pour éradiquer cette surpopulation et les conditions de détention insalubres qui en découlent. Nous avons donc saisi le tribunal administratif (TA) pour faire constater la persévérance de ces conditions indignes, lequel a rejeté notre demande. Décision confirmée par le Conseil d’État. J’ai donc saisi à l’automne, avec l’accord du bâtonnier en exercice et sur mes propres deniers, la CEDH. Nous sommes dans l’attente de sa décision.

    Concernant les conditions de détention au commissariat de Nîmes, le TA a fait droit à nos revendications et condamné l’État, en juillet 2023, à réaliser les travaux nécessaires à hauteur de 150 000 euros. Les cellules étaient dans un état de délabrement inimaginable, avec odeur nauséabonde, absence de luminosité, absence d’aération… En outre les geôles n’étaient pas dimensionnées pour accueillir plus de 10 personnes en garde à vue.

    Il est question de construire
    un nouvel établissement pénitentiaire à Nîmes.
    Qu’en pensez-vous
     ?

    K.A. : Ça fait plus de 10 ans qu’on nous l’annonce… On peut construire des centaines de prisons : si on ne change pas radicalement la politique pénale, on va les remplir. Non seulement c’est une fuite en avant, mais ça a un coût considérable. La moitié du budget du ministère de la Justice est affectée à l’administration pénitentiaire… Des peines alternatives à la prison sont possibles, et moins coûteuses. Il faut que l’incarcération soit l’exception, pas la règle. À mon sens, le seul critère qui vaille, c’est la dangerosité de la personne. Et fort heureusement le nombre des détenus concernés est relativement limité.

    Où en est la plainte pour provocation à la haine et discrimination que vous avez déposée en août dernier contre Bruno Retailleau devant la Cour de justice de la République (CJR) ?

    K.A. : Comme je l’avais annoncé, seules 0,24% des plaintes sont transmises à la commission d’instruction de la CJR… Donc sans surprise la plainte a été classée sans aucune motivation, si ce n’est de dire que je ne justifiais pas d’un préjudice.

    Comment cette plainte était-elle motivée ?

    K.A. : En septembre 2024, Bruno Retailleau arrive au ministère de l’Intérieur. Très rapidement et de façon crescendo, il n’a eu de cesse de distiller de la provocation à la haine et de la discrimination à l’endroit de la communauté musulmane, des immigrés en général et des ressortissants franco-algériens en particulier. En 2025, on a assisté à une augmentation massive des actes islamophobes, +200%, sans qu’il y ait eu d’événement traumatique qui l’explique, comme en 2015 après les attentats terroristes à Paris, par exemple. Je l’ai donc rattaché directement à cette politique menée par Bruno Retailleau.

    L’extrême droite est particulièrement implantée
    dans le Gard…

    K.A. : En effet… Quand j’ai déposé plainte contre Bruno Retailleau, j’ai subi un déferlement de propos sexistes, avec notamment des appels au viol, mais aussi de propos fascistes liés à ma couleur de peau. Nous assistons à une radicalisation de la pensée. La crise sociale est contenue dans la division. On amène nos concitoyens à rejeter leurs frustrations sur l’étranger… hélas il n’y a rien de nouveau. Ça permet de lutter contre la fraternité et d’empêcher que les colères ne se fédèrent sur les inégalités liées à l’enrichissement toujours massif de quelques oligarques.

  • « Nîmes en commun », une liste progressiste aux 59 visages

    « Nîmes en commun », une liste progressiste aux 59 visages

    Sous le soleil blanc de janvier, la place de la Calade avait des allures de meeting de lancement. Ce dimanche 25 janvier, devant le théâtre Bernadette-Lafont, Vincent Bouget a officiellement présenté les 59 colistiers de la liste Nîmes en Commun, en vue des municipales des 15 et 22 mars. Près d’un millier de personnes, une peña, des applaudissements nourris : la démonstration se voulait festive.

    « Nîmoises, Nîmois, voici votre équipe ! » lance le candidat communiste, empruntant la formule aux speakers du stade Jean-Bouin. Le ton est donné. « Ce n’est pas un casting politique, pas une élite hors-sol », insiste-t-il. « C’est une équipe qui se connaît, qui travaille ensemble depuis des mois, composée de femmes et d’hommes issus de tous les quartiers. » Pour la première fois dans l’histoire des municipales nîmoises, une liste bénéficie du soutien des dix principales formations de la gauche sociale, écologique et citoyenne. Elle va du PCF à Génération.s en passant par EELV, le PS, les Radicaux de gauche ou Place publique de Raphaël Gluscksmann. Elle compte aussi environ un tiers de citoyennes et citoyens souvent issus du mouvement associatif ou syndical. Seule La FI manque à l’appel.

    « Voici votre équipe »

    En deuxième position sur la liste, on trouve Amal Couvreur, conseillère départementale et régionale, très applaudie. Elle promet : « Ils se sont occupés de Nîmes. Nous allons nous occuper des Nîmoises et des Nîmois, du plus jeune au plus âgé. » Dans les dix premières places figurent notamment Pierre Jaumain (PS), Sibylle Jannekeyn (Écologistes), Bruno Ferrier (PRG), Soukaina Benjaafar (présidente associative au Mas de Mingue), Denis Lanoy (PCF), Marianne Bernède (Génération.s) ou encore Dimitri Pialat, ancien responsable de supporters du Nîmes Olympique. Plus loin dans la liste apparaissent de nombreuses figures locales en position éligible : l’ex-élu François Séguy, Jo Menut, Chloé Ridel, Nicolas Cadène, Christian Bastid, ou encore plusieurs enseignants, médecins, travailleurs sociaux, syndicalistes et responsables associatifs. Pour fermer la marche, en 59e position, le dessinateur de presse Eddie Pons. Vincent Bouget a également durci le ton : « Soyons vigilants face à ceux qui sont prêts à tout pour ne pas perdre le pouvoir et ceux qui, trumpistes déclarés, sont prêts à tout pour s’en emparer. » Avant de marteler : « Nîmes ne se relèvera pas sans justice sociale, ne respirera pas sans écologie, ne se réparera pas sans démocratie locale ».

  • [États généraux de la culture] Pierre Dharréville : « Nous croyons à la culture comme vecteur d’émancipation »

    [États généraux de la culture] Pierre Dharréville : « Nous croyons à la culture comme vecteur d’émancipation »

    La Marseillaise : Comment est née cette dynamique autour des nouveaux États généraux de la culture ?

    Pierre Dharréville : Cette initiative, nous avons été un certain nombre à la vouloir et nous sommes un certain nombre à l’organiser, dans une vraie diversité de forces politiques, syndicales, sociales, culturelles. Au sein du PCF, nous avons produit des gestes qui visaient à ce qu’on prenne à la hauteur cette grande question de la bataille culturelle. Nous avons notamment lancé, en mars dernier, à la Bellevilloise, l’initiative « Vive la culture ! » puis, au dernier festival d’Avignon en juillet, l’appel pour de nouveaux états généraux de la culture, dont sont notamment signataires la CGT, la FSU, LFI, le PS, l’Après, les syndicats d’artistes Sinavi et Syndeac, ainsi qu’un bon millier de personnalités du monde de la culture. C’est très ouvert.

    Ce mouvement sonne comme un appel à la résistance…

    P.Dh. : Il y a en effet un caractère de résistance inscrit dans cette démarche car nous voyons bien que la culture et les acteurs culturels sont attaqués, que les budgets de la culture diminuent à l’échelle nationale, que le budget des collectivités est lui-même soumis à des réductions drastiques qui mettent les collectivités dans des situations difficiles pour mener à bien leurs missions, notamment en matière de politique culturelle. Or les collectivités locales sont les principales financeuses de l’action culturelle dans notre pays. L’affaiblissement de ces politiques culturelles est d’autant plus problématique qu’il y a en face des forces, notamment les forces de la finance, qui se sont engagées dans de grandes logiques de concentration des outils de diffusion, des outils de production, des outils culturels et médiatiques. Avec un certain nombre d’acteurs qui ont des intentions politiques affirmées d’extrême droite et qui visent à reconfigurer l’espace public et politique.

    Vers quelle conception de la culture risque-t-on de dériver sous la pression conjuguée de cet affairisme et des idées d’extrême droite ?

    P.Dh. : Jack Ralite disait, lorsqu’il a lancé les premiers états généraux de la culture en 1986, qu’« un peuple qui abandonne son imaginaire aux affairismes se condamne à des libertés précaires ». C’est toujours à l’ordre du jour. Et lorsque cet affairisme a des intentions politiques réactionnaires et trumpistes, pour dire les choses telles que nous les voyons à l’œuvre aujourd’hui, c’est d’autant plus dangereux. Ça renforce la nécessité d’avoir des politiques publiques, démocratiques, qui soient déterminées par des choix communs. La culture est un bien commun, elle doit être conçue comme cela. Or il y a plusieurs manières de la concevoir, c’est là qu’il y a une bataille aujourd’hui. Certains veulent nous enfermer dans des identités. Nous, nous croyons à la culture comme vecteur d’émancipation, de rencontre, d’épanouissement, d’ouverture, d’interrogation, comme porteuse de sens. C’est pour cela qu’il y a besoin de politiques publiques, autrement la culture devient un bien de consommation comme les autres. C’est la logique du rentable, de la productivité, de ce qui a commercialement fonctionné qui l’emporte. C’est le marché qui décide, avec les moyens qu’on y met. Une œuvre sur laquelle on a mis beaucoup de moyens de promotion et une œuvre qui n’en a pas reçu ne connaissent pas le même sort, c’est évident. Ça signifie aussi qu’on donne sa chance à un certain type d’art, de culture et de création et pas à d’autres. Est-ce que ce sont les forces de l’argent qui doivent décider de cela ? Je ne crois pas. La logique des blockbusters, des best-sellers et compagnie s’installe. Il y a une sorte d’uniformisation culturelle qui accompagne ce mouvement, car c’est ça qui crée de la rentabilité économique et permet, aussi, de formater utilement les esprits.

    L’appel lancé en juillet dernier décrète
    «
     l’état d’urgence culturelle »…

    P.Dh. : Oui ce sont les mots par lesquels nous avons lancé ces nouveaux états généraux. La situation est particulièrement grave et nous inquiète chaque jour un peu plus. On peut citer, notamment, les offensives d’un monsieur comme Pierre-Édouard Stérin, qui cherche dans les milieux culturels à installer un nouvel empire avec des intentions, parfois cachées, pour formater un certain nombre d’espaces, d’outils, de moyens. Avec des labels de fête populaire ou en développant des outils de parcs d’attractions autour d’une Histoire bien souvent falsifiée et dévoyée. On en est donc à décréter cet état d’urgence culturelle, d’autant que l’affaiblissement conjoint des politiques publiques se vérifie, de budget en budget, avec des structures qui tirent la sonnette d’alarme.

    L’exception culturelle française est-elle en train de se dissoudre ?

    P.Dh. : Cette bataille de l’exception culturelle a été menée à l’époque des états généraux de Jack Ralite, pour sortir la culture des accords commerciaux du Gatt. C’est cela l’exception culturelle : sortir la culture des logiques de marché, installer des politiques publiques qui soient capables de faire exister la culture indépendamment ou autrement que par les logiques marchandes. Cette exception culturelle est française parce que nous en avons été porteurs et qu’il y a eu, dans notre pays, une affirmation de ce point de vue là. Elle est en effet largement remise en question aujourd’hui, mais nous conservons des outils de politique publique et d’exception culturelle importants, comme dans le cinéma avec le CNC par exemple. Il y a également une vitalité et un tissu culturels dans notre pays qui continuent de formuler un certain nombre de propositions salvatrices. On peut donc aussi d’appuyer sur cette vivacité culturelle qui demeure malgré tout.

    En quoi la culture est-elle le meilleur rempart aux idées d’extrême droite ?

    P.Dh. : De manière générale, la culture est un mouvement d’émancipation car au cœur de ce mouvement, il y a la rencontre, ainsi que les libertés d’expression et de création. Ces fondements font que la culture permet d’aller plus loin que soi, de s’interroger, de réfléchir à la société dans son mouvement, et de répondre à cette question : quelle humanité nous voulons être ? Finalement chaque geste culturel, chaque geste de création est une tentative de réponse à cette question, ou une tentative de la poser. Nous avons besoin de la culture pour nous retrouver, nous interroger, faire la fête, essayer d’imaginer, d’inventer l’avenir, de comprendre ce qui nous est arrivé ou tout simplement ressentir des émotions et les partager. C’est tout l’inverse d’un projet politique tel que le défend l’extrême droite et tel qu’il se déploie actuellement à l’échelle internationale, avec des logiques trumpistes à l’œuvre un peu partout, qui visent à installer une logique de la loi du plus fort, de la soumission.

    L’extrême droite est également attirée par la censure…

    P.Dh. : Il y a, dans ce qui est à l’œuvre dans la société aujourd’hui, une forme de censure, effectivement, et d’autocensure parfois, qu’on cherche à imposer à certains acteurs sociaux et culturels à travers un certain nombre d’injonctions. On voit bien aussi de quelle manière sont utilisés certains médias pour essayer de faire pression, de reconfigurer l’espace du débat et la possibilité de dire. Donc oui, la censure fait partie des pratiques de l’extrême droite, l’atteinte à la liberté d’expression et de création. On observe aussi une sorte d’abaissement du débat public comme de notre conception d’être humain. Lorsque des commentateurs de la vie publique, qui en sont en réalité des acteurs, expliquent qu’ils disent tout haut ce que la majorité pense tout bas, on est dans l’ordre de la pulsion, de l’individualisme forcené. La culture peut être un antidote puissant face à tout ça.

    Quel est l’enjeu, le sens de ces nouveaux états généraux ?

    P.Dh. : Nous voulons créer dans la société un mouvement pour la culture. Pas un mouvement qui rassemble uniquement des gens dont la culture est le métier, même s’ils en sont pleinement partie prenante. Nous voulons que cette question soit une grande question démocratique et citoyenne. C’est pour ça que ce mouvement a vocation à s’enraciner dans le local, avec des initiatives, je l’espère, un peu partout dans le pays, qui ont commencé. Et aussi avec une portée nationale : c’est un mouvement qui veut installer une dynamique incontournable pour peser dans le rapport de force, empêcher qu’on continue cette dégringolade des politiques publiques et imaginer les politiques publiques dont nous avons besoin aujourd’hui. On va donc s’intéresser à tous les champs de la culture, depuis le spectacle vivant et les arts plastiques jusqu’au livre en passant par les médias. Tout un tas d’acteurs sont engagés dans cette démarche et nous allons tenter de la construire ensemble.

  • Article

    Article

    Gérard Paquet
    Cofondateur

    de Châteauvallon

    « J’ai été moi-même confronté à l’extrême droite lorsque Jean-Marie Le Chevalier a été élu maire de Toulon. J’avais d’ailleurs clairement exprimé ma position en disant que je ne travaillerais pas avec la Ville dans ces conditions. Ça avait valu mon exclusion de Châteauvallon, favorisée par le préfet de l’époque. La culture est plus nécessaire que jamais et l’extrême droite n’a aucun projet en ce sens. Sa vision du monde est détestable. Toulon doit prôner cette ouverture : sur la mer, sur le port, sur le monde. Cela pourrait amener une politique intéressante, de niveau international. » L.Pi.

  • Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Dans l’auditorium de Pablo Neruda, la gauche nîmoise a choisi le décor et le message : l’heure n’est plus aux intentions générales, mais au « grand oral ». Autour de Vincent Bouget, l’équipe de Nîmes en commun (union de la gauche hors LFI) a présenté ce 19 janvier ce qu’elle appelle un « projet » faisant office de programme, et insiste : « ce n’est pas un catalogue de promesses  ». Avant tout, la campagne se veut être une rupture après les 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier : la gauche souhaite surtout mettre un cap lisible sur la table. Avec une idée simple, martelée : la mairie ne peut pas se contenter de gérer des chantiers et des façades. Elle doit réparer le quotidien – logement, écoles, santé, transports, sécurité – et retisser du commun.

    Une méthode : « Rendre le pouvoir aux Nîmois »

    Le collectif met d’abord en avant sa manière de faire. Film participatif, dizaines de réunions publiques, 3 000 contributions : le projet se revendique issu du terrain. « Aucune décision importante ne doit être prise sans les habitants », insiste Vincent Bouget, qui promet des conseils de quartier renforcés, des débats municipaux transparents et des outils concrets de participation. Sur des dossiers sensibles comme les Halles, la gauche veut tourner la page des décisions descendantes et « repartir sur une large concertation ».

    En finir avec « Nîmes
    à deux vitesses »

    Le diagnostic est partagé par toute l’équipe : Nîmes est aujourd’hui une ville fragmentée. La campagne se construit donc autour d’un fil rouge, celui de l’unité. « Les Places communes » en deviendront le symbole : des lieux ouverts dans les quartiers pour se retrouver, monter des projets, recréer du lien. « On a besoin de se parler, de se retrouver ensemble », répète Bouget. Une dizaine de sites sont évoqués à l’échelle du mandat. Derrière cette idée, une exigence simple : que chaque quartier bénéficie du même soin, de la même attention, de la même présence des services publics.

    Remettre de la dignité

    Sur le logement, le candidat attaque frontalement : « Nous voulons loger tous les Nîmois. » Observatoire du logement, lutte contre les logements vacants, développement du logement social, guichet unique : la gauche assume un virage social face à une ville qu’elle juge excluante. Sur la santé, la médecin Catherine Fenech pose un constat simple : « Il y a 70 médecins pour 100 000 habitants dans cette ville, dont la moitié partiront à la retraite en 2030. » D’où la proposition d’un centre de santé municipal pluriprofessionnel et universitaire, d’une mutuelle communale et d’une approche globale liant santé, environnement et conditions de vie.

    Sécurité : la proximité

    Sur un thème souvent confisqué par la droite et l’extrême droite, la liste avance une ligne sans ambiguïté. La police municipale resterait armée, mais davantage tournée vers la proximité, avec des horaires élargis, des postes mobiles et un maillage plus équilibré dans la ville. Le commissariat de plein exercice à Pissevin est présenté comme une priorité, tout comme le renforcement des médiateurs, dont le rôle est jugé essentiel pour apaiser les tensions. Et pour couper court aux caricatures : « Le RN ment. Nous ne voulons pas désarmer la police municipale. »

    Jeunesse : « Une ville
    à hauteur d’enfant »

    La jeunesse traverse tout le projet. Vincent Bouget parle d’une ville pensée à hauteur d’enfant, où on lutte contre le décrochage, où on accompagne chaque parcours. Cela passe par un réseau de réussite, la gratuité des transports pour les scolaires et une mesure qui marque les esprits : « 1 000 enfants partiront en vacances chaque année. » Marianne Bernède prolonge cette vision dans l’espace public : abords d’écoles piétonnisés, cours végétalisées, rues sans voiture expérimentées. Elle y associe un combat plus large pour l’égalité. « Nous voulons faire de Nîmes une ville féministe », dit-elle en évoquant notamment des transports nocturnes adaptés pour permettre aux femmes de circuler sans crainte.

    Économie et finances : reprendre la main

    Sur le développement économique, Pierre Jaumain (PS) décrit un territoire trop cloisonné. Il plaide pour une agence locale capable de fédérer les acteurs, d’accompagner les entreprises et de redonner une dynamique à la ville. La gauche entend aussi rouvrir plusieurs dossiers emblématiques : gestion publique des monuments romains, avenir des Halles, défense du site universitaire des Carmes. Enfin, la question budgétaire est abordée sans détour. Gilles Guillaud dresse un constat sévère – 758 M€ de dette cumulée entre la Ville et l’Agglo – et assume une ligne de rigueur sélective : pas d’augmentation d’impôts, mais un recentrage des dépenses pour retrouver des marges d’investissement. En conclusion, il résume l’enjeu du mandat à venir d’une formule limpide : « Ce sont des choix politiques. »

  • Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Sous la chapelle restaurée, baignée de lumière et surmontée de son dôme majestueux, l’émotion était palpable ce mardi 20 janvier. Devant élus, représentants de l’État, partenaires institutionnels, personnels et invités, Benoît Roig, président de Nîmes Université, a inauguré la seconde et dernière tranche du site Hoche. Un moment attendu de longue date, qui marque l’aboutissement d’un projet engagé au milieu des années 2000 et devenu, au fil du temps, bien plus qu’un simple chantier immobilier.

    Installé dans l’ancien hôpital Gaston-Doumergue, fermé après les inondations de 1988 et les fragilités structurelles révélées par le temps, le site Hoche raconte à lui seul une histoire nîmoise : celle d’un patrimoine transformé en lieu de savoir. Racheté par la Ville en 2003, réhabilité par étapes successives – ouverture de Hoche 1 en 2013, livraison du bâtiment de recherche en 2023, puis restauration de l’aile sud-ouest et de la chapelle en 2026 –, le campus est désormais pleinement achevé.

    La dernière tranche inaugurée représente près de
    2 400 m² supplémentaires, avec dix salles de cours et douze salles de travaux pratiques dédiées aux pôles scientifiques (physique, chimie, biologie). Dès la rentrée prochaine, les formations scientifiques quitteront le site des Carmes pour rejoindre Hoche, permettant à terme l’accueil d’environ 1 500 étudiants sur ce campus en cœur de ville. Un équipement moderne, pensé pour les usages pédagogiques actuels, avec une attention particulière portée au confort thermique, visuel et acoustique.

    Au total, le projet représente un investissement d’environ 53 à 54 millions d’euros, financé dans la durée par l’État, la Région, le Département, l’Agglomération, la Ville et l’université elle-même. Un engagement collectif salué par le président de Nîmes Université, qui voit dans cette inauguration « l’aboutissement d’un projet mené sur le long terme », rendu possible par « l’appui constant de l’État et l’engagement déterminant des collectivités ».

    « Un nouveau chapitre »

    Mais pour Benoît Roig, pas question de parler de consécration ou de point final. « Ce n’est pas une fin, c’est un nouveau chapitre », a-t-il insisté, inscrivant cette inauguration dans une trajectoire plus large : celle d’une université construite progressivement, avec parfois peu de moyens mais une volonté intacte. De simples antennes universitaires dans les années 1980 à une université forte de plus de 6 000 étudiants aujourd’hui, implantée à Nîmes, Mende, Le Vigan et demain à Alès, le chemin parcouru est considérable. Lors de ses vœux pour 2026, prononcés à l’issue de l’inauguration, le président a réaffirmé la vocation profondément territoriale de l’établissement. Plaidant pour une université « ouverte sur les bassins de vie et les réalités sociales du département », il a rappelé que près de la moitié des nouveaux étudiants sont les premiers de leur famille à accéder à l’enseignement supérieur. Une donnée qui dit beaucoup de la mission sociale de Nîmes Université et de son rôle comme levier d’émancipation.

    Le message s’est aussi adressé aux élus et acteurs économiques présents : l’université doit être pleinement considérée comme un moteur d’attractivité, de cohésion sociale et de développement. « Il n’est pas nécessaire de passer le Vidourle ou le Rhône pour trouver des talents », a lancé Benoît Roig sous la chapelle, dans une formule qui a fait mouche. Avec son dôme reconstruit par les compagnons du devoir, sa chapelle transformée en salle de prestige, ses bâtiments mêlant mémoire et modernité, le site Hoche est désormais bien plus qu’un campus. Il devient un symbole : celui d’une ambition universitaire assumée pour Nîmes et pour tout un territoire qui, longtemps, a dû se battre pour faire reconnaître sa place dans le paysage de l’enseignement supérieur.

  • Nîmes, la capitale des vies racontées

    Nîmes, la capitale des vies racontées

    Pendant trois jours, Nîmes va à nouveau battre au rythme des vies racontées. Du 23 au 25 janvier, la 24e édition du Festival de la biographie transforme Carré d’Art et plusieurs lieux culturels de la ville en vaste agora littéraire. Un rendez-vous devenu incontournable, qui attire chaque année près de 30 000 visiteurs et réunit une centaine d’auteurs venus de toute la France.

    Organisé par la Ville de Nîmes en partenariat avec l’association des libraires nîmois, l’événement revendique une identité forte : celle d’un festival populaire, exigeant et profondément ancré dans la cité. « En 25 ans, ce sont 2 500 auteurs qui sont intervenus », rappelle l’adjoint à la culture Daniel-Jean Valade, soulignant la fidélité d’un public qui dépasse largement les frontières du Gard.

    Cette année, le fil rouge s’intitule Le biographe, de l’importance des archives. Une thématique qui éclaire les coulisses du travail d’écriture. Car derrière chaque biographie se cache une enquête patiente, faite de documents parfois contradictoires, de silences à interpréter et de fragments à assembler. Comme l’exprime Anca Visdei, co-présidente du festival, « se pencher sur des archives, c’est triompher de notre condition mortelle ». L’autre co-président, l’historien Thierry Lentz, insiste sur cette dimension intellectuelle : la biographie a pleinement retrouvé sa place dans la recherche historique contemporaine, portée par la rigueur et l’intuition de celles et ceux qui fouillent les archives publiques et privées. Un travail que le festival entend rendre visible au public à travers rencontres, débats et lectures.

    Des auteurs pour tous
    les publics

    La programmation, dense, fait se côtoyer grandes figures médiatiques et auteurs plus discrets, historiens, journalistes, romanciers, spécialistes de littérature ou d’histoire politique. Parmi les invités attendus : Pierre Assouline, Sylvain Tesson, Irène Frain, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Gilles Kepel, Jean-Luc Barré, Kerwin Spire, Catherine Van Offelen, Christian Morin ou encore Susie Morgenstern pour le jeune public.

    Certains temps forts s’annoncent déjà très suivis : les rencontres d’ouverture au Théâtre de Nîmes, avec Anca Visdei autour d’Orson Welles et Thierry Lentz autour de Napoléon ; la venue de Sylvain Tesson à l’Atria ; ou encore les débats consacrés à Samuel Paty, à l’antiterrorisme, à Trump ou aux grandes figures de l’histoire de France. Sans oublier la remise du Prix de la biographie du Point à Amos Reichman, pour Les morts de Raoul Villain, lors de l’inauguration officielle.

    Le festival déborde aussi largement des murs de Carré d’Art. Projections au Sémaphore avec cartes blanches à Pierre Assouline et Colombe Schneck, rencontres à l’université, exposition à la galerie Courbet, promenade théâtralisée dans le quartier Richelieu, lectures dans les bibliothèques, ateliers jeunesse… Toute la ville se met au diapason. Gratuit, accessible, foisonnant, le Festival de la biographie est devenu un temps fort de l’hiver nîmois, à la fois événement culturel majeur et moment de respiration collective. Trois jours pour écouter, questionner, découvrir – et mesurer combien les vies racontées éclairent aussi la nôtre.

  • Violences faites aux femmes : un fléau aux origines préhistoriques

    Violences faites aux femmes : un fléau aux origines préhistoriques

    D’année en année, c’est toujours le même constat. Celui d’un fléau qui ne reflue pas. Selon le rapport publié fin novembre par l’Observatoire national des violences faites aux femmes, « toutes les 23 secondes une femme est victime de harcèlement, d’exhibition sexuelle ou d’envoi d’images à caractère sexuel. Toutes les deux minutes, une femme subit un viol ou une tentative de viol ». Le nombre de féminicides, quant à lui, « reste dramatique  ». Autant de vies brisées.

    Face à ce terrible constat, « je me suis interrogé : personne ne parle des causes. On traite les symptômes. Or en médecine, tant que nous ne soignons que les symptômes, nous n’avons pas progressé », explique le Dr Pierre Costa, ancien chef du service urologie-andrologie du CHU de Nîmes. « J’ai fait des recherches. Le document le plus complet que j’ai trouvé est celui de l’OMS, qui ne parle pas des causes spécifiques mais des causes du passage à l’acte, comme l’alcool ou le fait d’avoir été un enfant battu. En somme les facteurs favorisants », poursuit-il.

    Un enjeu de reproduction et de contrôle

    Aussi décide-t-il, il y a quelques années, d’entreprendre une étude inédite consacrée aux causes anciennes de ces violences, avec l’aide financière de la Région Occitanie et du Département du Gard. Il crée alors l’Association gardoise sur les causes des violences masculines liées au sexe, co-présidée par lui-même et le paléoanthropologue Pascal Picq, avec lequel il se lance dans cet ambitieux travail. « Il faut dépasser les explications simplistes et mobiliser toutes les connaissances disponibles pour identifier non pas une cause unique, mais l’ensemble des facteurs historiques, sociaux et culturels qui alimentent les violences faites aux femmes », précise Pascal Picq.

    Après plusieurs années de recherche, la première phase de cette étude, rendue publique le 25 novembre dernier à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, livre les premiers enseignements sur les origines des coercitions et des violences envers les femmes.

    « Ça a commencé il y a à peu près 15 000 ans et ça s’est beaucoup renforcé il y a environ 10 000 ans, avec le passage aux sociétés agricoles. Tant qu’il y a eu la transhumance, les femmes étaient les égales des hommes. Cela a pris fin quand nos ancêtres se sont rendu compte qu’ils avaient intérêt à prendre possession d’un territoire et à le défendre », explique Pierre Costa. « Pour cela, il fallait être plus nombreux, donc avoir plus de femmes pour se reproduire. On a découvert des charniers avec des ossements exclusivement masculins, prouvant que les femmes du groupe avaient été kidnappées », poursuit-il. S’il y a eu d’abord coercition pour être plus nombreux, l’homme a ensuite « voulu être sûr d’être le père des enfants ». Il a donc voulu maîtriser la sexualité des femmes. « À partir de là, on les surveille. On les enferme. Elles deviennent des esclaves domestiques. L’homme s’accapare tous les biens, tous les postes de prestige : chasseur, guerrier, soldat… Sans parler du bénéfice sexuel, les femmes n’ayant pas leur mot à dire. C’est sur ces bases que les sociétés patriarcales se sont développées », détaille Pierre Costa.

    « Ce qu’il est important de noter, c’est que c’est un choix. Ce n’est pas la nature. Ce n’est pas une fatalité. On n’est pas obligés de taper sur nos femmes. La violence chez l’homme est une décision », insiste le scientifique, qui s’apprête à lancer la seconde phase de cet éclairage sur l’histoire longue du patriarcat et des mécanismes qui perpétuent ces violences. Elle se focalisera, cette fois, sur la période allant de l’invention de l’écriture à nos jours. « Je vais proposer à des experts dans différentes disciplines (économie, sociologie, lois et constitution, religions) de rejoindre le groupe de travail », indique le Dr Costa. Avec le souhait, à terme, « de mettre ce rapport à disposition des associations qui travaillent sur le terrain et de faire, avec elles, des recommandations d’actions qui prendront en compte les causes, afin d’agir plus efficacement ».

  • Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Pour la troisième année consécutive, Doc Cévennes, réseau de diffusion de cinéma documentaire sur 4 départements (Gard, Hérault, Aveyron et Lozère) participe à la journée de l’amitié franco-allemande, en référence à la signature, le 22 janvier 1963 par le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, du traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande après des décennies de conflits. Le projet vise à « créer un dialogue culturel entre la France et l’Allemagne » à travers une circulation de films documentaires.

    2 films, 2 invitées, 6 projections

    Durant 5 jours, du 19 au 24 janvier, Doc Cévennes va donc diffuser, dans 4 départements occitans (le Gard, l’Hérault, l’Aveyron et la Haute-Garonne) deux films documentaires contemporains et indépendants sélectionnés en partenariat avec le Festival DOK Leipzig, « un des plus anciens et des plus prestigieux festivals allemands de documentaires », souligne Marion Blanchaud, co-présidente de l’association Champ Contrechamp et responsable du réseau DOC-Cévennes.

    Dans le premier film, Lichter der strasse (littéralement Les lumières de la rue), la réalisatrice Anna Friedrich suit quatre femmes nomades et s’interroge sur la façon dont la société perçoit leur mode de vie. Dans le second, Sedimente, la Laura Coppens nous plonge, à travers les conversations qu’elle entretient avec son grand-père, dans différentes époques de l’Histoire allemande. Un film sur la mémoire et la responsabilité individuelle en temps de dictature.

    Chaque documentaire fera l’objet de trois projections*, à l’issue desquelles interviendront, pour l’un, la réalisatrice Anna Friedrich et pour l’autre, la programmatrice du festival DOK Leipzig Jana Kraft.

    * Lichter der Strasse sera diffusé lundi 19 à 18h15 au Sémaphore de Nîmes (30) ; mardi 20 à 19h au Goethe Institut de Toulouse (31) ; et mercredi 21 janvier à 19h à Trèves (30), petit village sur le Causse.

    Sedimente quant à lui sera projeté jeudi 22 janvier à 19h à la salle Pelloutier à Montpellier (34), précédé d’un cocktail ; vendredi 23 janvier à 19h à Valleraugue (30) ; et samedi 24 janvier à 18h à Nant (12).