Tag: Nîmes

  • Les trois expositions de la Galerie Negpos à Nîmes

    Les trois expositions de la Galerie Negpos à Nîmes

    D’abord, elle a reprogrammé « Benzine Cyprine », l’exposition de la photographe Kamille Lévêque Jégo. Puis elle a lancé dans la foulée son festival « Les Villes Invisibles ». « Ça s’est très bien passé, nous avons eu beaucoup de monde et beaucoup de soutiens de la part de nombreux partenaires. Maintenant, le rendez-vous est tellement apprécié, qu’il va être ritualisé », s’enthousiasme Patrice Loubon, directeur et fondateur de l’association NegPos.

    Pour clôturer ce festival, le centre d’art et de photographie organise deux expositions. La première, « De l’autre côté du périphérique » est accessible jusqu’au 31 mars au Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) du Gard à Nîmes. Elle traite principalement des questions d’architectures et d’urbanisme et rassemble le travail de plusieurs photographes. « Il y a aussi des pratiques un peu différentes, il n’y a pas que de la photographie. Cette exposition veut montrer comment la ville de Nîmes se développe, sur des perspectives très commerciales aux dépens des terres agricoles, notamment au sud de la ville », prévient Patrice Loubon.

    La deuxième, ARTXINÎM, explore de son côté de l’urbex (l’exploration urbaine) local à travers, là encore, le regard de plusieurs photographes, à découvrir au sein de la galerie Negpos.

    Toujours dans sa galerie, Negpos vient également d’inaugurer la huitième édition de « Ceci n’est pas une photo » qui met à l’honneur l’artiste cubain Jorge Luis Marrero Carbajal. Celui-ci s’est fait connaître en ajoutant ses mains sur des photographies pour leur donner un sens poétique.

    « Comme la main est l’outil premier de l’artiste Jorge Luis Marrero Carbajal met en scène ses mains dans des contextes divers. C’est vraiment un jeu avec les mains. On découvre ainsi l’imaginaire de cet artiste. C’est très introspectif mais c’est aussi très abordable parce qu’il y a beaucoup d’humour », précise Patrice Loubon. Le public a désormais deux mois pour découvrir cette exposition intitulée « Plaisir intime ».

  • Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    1. Réunir une ville jugée « à deux vitesses »

    Premier objectif affiché, martelé : rééquilibrer les politiques publiques entre les quartiers. La liste estime que certaines zones populaires souffrent d’un manque d’équipements et de services. Pour y répondre, elle propose la création de « Places communes » dans chaque quartier, des lieux de proximité mêlant services publics, activités associatives et espaces de rencontre. Ces structures pourraient accueillir, par exemple, des permanences d’élus, des jardins partagés, des ateliers associatifs ou des équipements sportifs ouverts aux habitants.

    2. Redonner du pouvoir aux habitants

    La question démocratique constitue un autre pilier du projet. La liste promet de renforcer la participation citoyenne avec des conseils de quartier plus décisionnels et des budgets participatifs. L’idée serait de permettre aux habitants de décider directement d’une partie des investissements municipaux : rénovation d’une place, aménagement d’un square ou création d’équipements de proximité.

    3. Renforcer la solidarité

    Face à la précarité, la coalition propose plusieurs dispositifs sociaux. Parmi eux, la création d’une mutuelle municipale négociée par la ville pour permettre aux habitants d’accéder à une complémentaire santé à tarif réduit. Le projet évoque aussi un campus des solidarités, destiné à coordonner associations, services publics et initiatives citoyennes. Des mesures plus concrètes sont envisagées, comme le développement de jardins partagés, d’épiceries solidaires ou de ressourceries.

    4. Une approche de la sécurité mêlant prévention et proximité

    Sur la sécurité, la liste défend une approche combinant présence policière et médiation. La liste propose notamment de renforcer la police municipale de proximité, avec des postes mobiles dans les quartiers, des bornes d’appel et d’augmenter les effectifs de médiateurs urbains chargés de prévenir les conflits. Elle souhaite aussi réaliser un audit du parc de caméras de vidéoprotection pour en évaluer l’efficacité.

    5. Faire de la jeunesse une priorité municipale

    La situation des jeunes à Nîmes constitue un axe central du programme. Parmi les propositions : gratuité progressive des transports publics pour les moins de 25 ans, création d’un pôle ressource jeunesse pour accompagner les jeunes dans leurs démarches (logement, formation, emploi) et renforcement du conseil municipal des jeunes avec un budget propre. Des actions sont également prévues contre le décrochage scolaire, notamment via des dispositifs d’accompagnement éducatif.

    6. Adapter la ville au changement climatique

    Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, la liste met en avant une transformation écologique de l’espace urbain. Elle propose notamment une végétalisation massive de la ville, la création d’îlots de fraîcheur et la désimperméabilisation des sols pour lutter contre les fortes températures et les inondations. Les écoles et les quartiers les plus minéralisés seraient prioritaires dans ce plan d’adaptation.

    7. Développer l’économie sociale et solidaire

    Enfin, le collectif souhaite renforcer la place de l’économie sociale et solidaire dans le développement local. Le projet évoque notamment la création d’une école de la coopération, destinée à former habitants, entrepreneurs et associations aux pratiques coopératives. L’objectif serait d’encourager des modèles économiques plus participatifs, selon le principe « une personne, une voix ».

  • Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Chaque année en France, plus de 43 000 personnes sont touchées par un cancer colorectal, responsable de plus de 17 000 décès. Pourtant, détecté suffisamment tôt, il peut être guéri dans neuf cas sur dix. C’est tout l’enjeu de Mars Bleu, mois national consacré à la prévention et au dépistage, auquel Nîmes participe activement avec de nombreuses actions destinées au grand public.

    Au CHU de Nîmes, cette mobilisation prend une dimension particulière. L’établissement met en avant dix années d’engagement dans la prise en charge des cancers et rappelle l’importance d’un dépistage précoce. « Il faut lever le tabou sur ce test, moins désagréable qu’une chimio ! », insiste le docteur Caillo, gastro-entérologue.

    Un dépistage encore

    trop faible dans le Gard

    Le dépistage organisé concerne les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans, sans symptôme particulier. Il repose sur un test immunologique simple et gratuit, réalisable à domicile tous les deux ans. En cas de résultat positif, une coloscopie permet d’identifier l’origine du saignement et, dans de nombreux cas, de retirer les polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux.

    Dans le département, la participation reste inférieure aux moyennes nationale et régionale. En 2025, le taux de dépistage atteignait 24,8% à Nîmes, alors que plus de 259 000 habitants du Gard sont concernés par ce test. « Malheureusement, le dépistage stagne. Il est largement inférieur à ce qu’il faudrait », regrette le docteur André Mathieu, de la Ligue contre le cancer.

    Pour tenter d’inverser la tendance, les acteurs locaux se mobilisent tout au long du mois. Les « Mardis Bleus » proposent des stands d’information au CHU Carémeau pour répondre aux questions du public et expliquer le test. Des réunions sont aussi organisées avec les professionnels de santé, tandis que des actions de sensibilisation se déploient dans les entreprises et les pharmacies.

    La mobilisation passe également par des initiatives symboliques et populaires : la Maison Carrée illuminée en bleu du 10 au 17 mars, ou encore une randonnée à vélo entre les CHU de Nîmes et Montpellier jusqu’à Sommières, destinée à promouvoir la prévention. Au-delà de l’information, l’objectif est clair : encourager chacun à franchir le pas. Car face à ce cancer fréquent mais largement évitable, le dépistage reste l’arme la plus efficace.

    Ligne dédiée dépistage cancer colorectal : 04.66.68.51.51. ou depistage.ccr@chu-nimes.fr

  • À Nîmes, les réactions à notre sondage exclusif

    À Nîmes, les réactions à notre sondage exclusif

    À neuf jours du premier tour des élections municipales à Nîmes, le sondage Ipsos-BVA réalisé pour La Marseillaise et Experts et Territoires redistribue les cartes de la campagne.

    L’étude, menée auprès de 700 électeurs inscrits entre le 20 et le 28 février, place la liste « Nîmes en commun » conduite par Vincent Bouget en tête avec 29%, devant le candidat du RN Julien Sanchez (26%), Franck Proust (22%) et la liste de Julien Plantier et Valérie Rouverand (16%). La liste conduite par Pascal Dupretz est créditée de 7%. Un rapport de force qui laisse entrevoir la possibilité d’une quadrangulaire au second tour et qui suscite déjà de nombreuses réactions parmi les candidats.

    Des réactions entre satisfaction, prudence et scepticisme
  • Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Les Ami.es du Prolé organisent le festival féministe à Nîmes dans plusieurs lieux de la ville : le bar du Prolé, le Spot, le Sémaphore, le lycée Daudet et dans la rue. Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal.

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive. 19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire. 20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans. 16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    La campagne à Nîmes s’intensifie à quelques jours du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars. Nous avons rencontré celui qui fait souffler un vent de renouveau sur la cité romaine avec la liste qu’il conduit, Nîmes en commun. Vincent Bouget (PCF), en tête dans les sondages, a su fédérer largement à gauche et, au-delà, chez les citoyens sur la base d’un projet co-réalisé avec les habitants. Rassembler et réconcilier la ville sont ses grandes priorités afin que toutes et tous vivent enfin bien à Nîmes.

    La Marseillaise : Si vous êtes élu maire de Nîmes, le 22 mars, quelle sera votre première mesure ?

    Vincent Bouget : Je serai fidèle à ma méthode et à mes engagements : j’irai voir les agents de la Ville qui seront dès le lendemain de l’élection et tout au long du mandat celles et ceux qui mettrons en œuvre la politique. Ils sortent de 25 ans d’une gestion assez autoritaire. Le maire n’a jamais rencontré les organisations syndicales du personnel municipal. Moi, j’ai besoin de les écouter, parce que c’est avec eux que nous allons agir.

    Ensuite, il faut s’occuper des enfants. D’abord, la préparation de la fin de l’année scolaire parce que l’année dernière 81 écoles sur 83 ont été fermées à cause de la canicule. Ensuite, il y a les vacances et on sait que, pour un certain nombre de nos enfants et de leurs familles, l’été est long, voire dur à passer. Il faut proposer à la fois une véritable offre d’activités à Nîmes, et des départs en vacances pour les plus modestes, en lien avec les associations. Et puis, il faut préparer la rentrée pour que l’école redevienne un lieu d’émancipation pour nos enfants. Et enfin, parce que les arbres qui feront de l’ombre dans 15 ans doivent être plantés aujourd’hui, nous lancerons très rapidement, en avril, le grand plan de végétalisation partagé, accompagné d’urbanistes, dans une démarche de concertation avec les Nîmois.

    Nîmes en commun, c’est un collectif mais c’est aussi une démarche participative menée depuis un an et demi. Est-ce que cela explique la dynamique de votre campagne ?

    V.B : Je fais confiance aux Nîmoises et aux Nîmois pour décider de leur avenir, donc nous avons commencé il y a 18 mois, en les écoutant. Je suis convaincu que cette façon de faire recrée du lien et de la confiance. Loin du spectacle national très rejeté par la population et très éloigné de la vie quotidienne. On ne résout pas les difficultés sociales à coups de tweets : la complexité des situations appelle des réponses de fond, partagées et travaillées avec les habitants. Nous avons donc largement donné la parole, sans la prendre nous, pour rompre avec cette distance entre les responsables politiques et la population. Il a d’ailleurs été beaucoup question de lien social, de retrouver des liens entre les gens. Et aujourd’hui, les propositions que nous faisons, construites avec les Nîmois, trouvent un véritable écho dans la population.

    Chacune de vos réunions publiques fait le plein. Comment l’expliquez-vous ?

    V.B. : Les Nîmois, comme partout ailleurs mais ici encore plus, ont été considérés comme des spectateurs ou des consommateurs de la politique. Notre volonté a été tout de suite de leur dire « soyez actrices et acteurs » en prenant part à la réflexion sur l’avenir de notre ville. Et au soin du 22 mars, nous continuerons. La politique que nous voulons mener ne pourra se réaliser pleinement que si, dans la ville, les Nîmoises et les Nîmoises y prennent toute leur part. La participation citoyenne est un levier de transformation de la ville et de la vie.

    Nîmes en commun c’est aussi une union forte des gauches (hors LFI), citoyenne et écologique. Cette union, dans la diversité, est-elle aujourd’hui indispensable pour proposer une véritable alternative ?

    V.B : Cette union n’est pas un accord électoral de partis où comme d’habitude on se partage des bouts de liste et des bouts de programme. Nous avons fait l’inverse. J’ai proposé à toutes les sensibilités de la gauche politique, sociale et citoyenne de se retrouver dans une démarche d’écoute et de mise en débat avec la population. Une très large majorité à dit « oui » et aujourd’hui, le collectif Nîmes en commun compte plusieurs centaines de personnes. Nous ne sommes pas une superposition de partis, mais un collectif solide, avec des composantes partisanes en soutien de cette démarche et apportant toute leur expérience militante. Nous avons naturellement conjugué nos différences et fait de la diversité un atout. Cette union demain restera toujours solide parce qu’elle est riche d’une expérience, de cette aventure qui dure depuis l’automne 2024. Et je crois que cela répond sincèrement à l’aspiration à l’unité qui est très forte dans la population. Le rassemblement est la seule voie crédible, une des conditions de la victoire.

    Cette culture de l’unité n’est pas propre à cette campagne ?

    V.B : J’ai toujours été convaincu que le rassemblement était la seule voie possible. Rassembler les partis, mais avant tout, rassembler les Nîmois. Je creuse un sillon depuis plus de dix ans. En 2020, c’était une amorce de ce que l’on fait aujourd’hui, c’est-à-dire d’ouvrir la construction du projet aux habitants. Et puis nous avons marqué des points aux municipales, ce qui nous a donné du crédit. En 2021, nous avons réussi l’union aux élections départementales et, avec mon binôme écologiste, nous avons gagné un canton sur la ville, face à la droite, puis à l’extrême droite. Depuis 2020, avec le groupe de gauche à la Ville, nous avons travaillé sur tous les dossiers, pour préparer l’élection de cette année. Quand à l’automne 2024 on a décidé de s’engager dans l’élection municipale on s’est appuyé sur toute cette histoire. J’espère que le travail paiera, au bout. En tout cas, il nous est crédité.

    Les Nîmoises et les Nîmois méritent tout cet engagement. Je ne crois pas qu’on leurre longtemps les habitants à coups de petites phrases, de coups de communication comme on le voit aujourd’hui à droite comme à l’extrême droite avec des gens qui font volte-face, trahissent ou qui débarquent dans cette ville et qui tels des vautours, fondent sur les difficultés sociales en espérant prospérer dessus.

    Je crois que les gens reconnaissent la sincérité, l’humilité, le travail. Je n’ai pas d’autre façon de faire de la politique. Il faut redonner toute sa dignité à l’action publique, c’est la seule façon de respecter les gens. Quand on respecte la parole des Nîmois, on reconnaît leur dignité démocratique.

    Nîmes est une ville qui a des difficultés importantes sur le plan social, économique, de l’emploi. Comment une municipalité peut-elle agir ?

    V.B : On pouvait penser que la droite était une experte en économie. En réalité on voit que les échecs sont nombreux et l’absence de réalisations est patente. L’exemple le plus marquant est la zone Magna Porta qui tous les ans est présentée comme celle qui va créer des milliers d’emplois et, au final, reste désespérément vide. Quand on discute avec les salariés, les chefs d’entreprise on s’aperçoit de l’isolement complet des responsables politiques qui ne dialoguent pas. C’est un constat que j’ai fait en rencontrant les entrepreneurs du territoire. Nous proposons que la Ville joue un rôle de lien. La Ville et l’agglomération doivent mettre autour de la table tous ceux qui participent à la création d’activités économiques. C’est ce que nous proposons avec la création d’une agence de développement économique qui n’existe pas. Et nous devons préparer l’avenir, en créant des filières dans les domaines de la transition écologique, de la gestion de l’eau. Enfin, Nîmes doit renouer avec son histoire, en s’investissant pleinement dans l’économie sociale et solidaire, qui est un vrai modèle vertueux et prospère. Nous créerons une école de la coopération. Cette fierté nîmoise doit être un levier de développement.

    Les sondages vous placent tous en tête du premier tour, le 15 mars. Mais vos adversaires de droite sont bien présents et, surtout, l’extrême droite menace. Pour l’emporter, Nîmes en commun doit largement rassembler. Quel est votre message aux Nîmois ?

    V.B : C’est le message que nous portons depuis le début : réunir les Nîmoises et les Nîmois est notre premier engagement. Réunir et respecter tout le monde. Pour nous, chacune et chacun comptent. Les 15 et 22 mars, les citoyens ont un choix : faire de Nîmes une ville méditerranéenne qui compte, ou ne rien changer, voire sombrer dans le repli sur soi et la haine de l’autre. Nous avons déjà suffisamment de Defi à relever : le réchauffement climatique, la drogue… Je ne me résoudrais pas à ce qu’en plus nous ayons l’extrême droite ! Ce danger, c’est la base de mon engagement. Notre message est donc simple : dès le premier tour, si nous voulons faire face, ensemble aux difficultés et avancer sereinement, il faut une large mobilisation. Être rassemblé, dans le respect des convictions et des différences de chacun.

  • [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la situation nîmoise ?

    Philippe Pujol : Je ne suis pas un spécialiste de Nîmes, mais on observe ici ce qui s’est passé à Marseille il y a quinze ans. Le narcotrafic n’est jamais un phénomène isolé : c’est le symptôme d’un problème de société. On vit dans des sociétés de performance qui poussent vers la cocaïne et, en parallèle, dans des sociétés du mal-être qui favorisent la consommation de cannabis. Ensuite, quand les institutions n’arrivent pas à réduire les inégalités sociales, économiques ou culturelles, les trafiquants exploitent ces failles. Quand un trafic apparaît quelque part, c’est le signe qu’il y a eu pendant des décennies une faiblesse des politiques publiques.

    La guerre entre réseaux a marqué l’actualité nîmoise…

    P.P. : Le conflit a opposé des réseaux locaux, qui ont ponctuellement sollicité un appui logistique à Marseille. Mais à Nîmes, les trafics restent essentiellement gérés par des acteurs locaux. Les réseaux naissent localement : ce sont souvent des enfants du quartier qui se retrouvent là parce que les conditions sociales et politiques l’ont permis. On parle souvent d’abandon des quartiers, mais je dirais qu’il y a aussi une exploitation politique de la misère. Quand les quartiers populaires votent peu, ils sont délaissés, voire utilisés par des systèmes clientélistes. C’est un terreau pour la délinquance.

    Qui sont réellement les acteurs du trafic de drogue ?

    P.P. : Les gens imaginent des armées de trafiquants qui gagnent énormément d’argent. En réalité, les vrais chefs sont très peu nombreux. À Marseille, j’en compte environ 150. À Nîmes, il y en a peut-être une dizaine. Les autres sont des jeunes exploités : guetteurs, revendeurs, petits bras du réseau. On leur fait croire qu’ils vont gagner de l’argent, mais ils finissent souvent endettés, en prison ou blessés. Le trafic fonctionne comme un système d’exploitation. Les plus puissants sont peu visibles, tandis que ceux qu’on voit dans la rue sont les plus vulnérables.

    Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ?

    P.P. : La répression seule ne peut suffire. Bien sûr, il faut une police judiciaire forte pour viser les têtes de réseau, et ça relève de l’État. Au niveau municipal, la priorité est la tranquillité et la prévention. Recréer du lien entre la police et les habitants, repérer très tôt les situations de vulnérabilité et agir socialement. Aujourd’hui, on attend que les problèmes arrivent pour les dénoncer politiquement ou médiatiquement. Il faudrait au contraire intervenir très tôt, parfois dès l’enfance, pour éviter que certains jeunes basculent.

    Que pensez-vous des propositions portées par Nîmes en commun ?

    P.P. : Ce que j’ai entendu va plutôt dans le sens d’une police de proximité et d’un travail de terrain, donc oui. Une police municipale doit d’abord être une police de tranquillité publique : gérer les conflits de voisinage, recueillir de l’information. La lutte contre le narcotrafic relève de la police nationale et de la justice. Si on donne trop de pouvoir sécuritaire aux polices municipales, on prend aussi un risque politique, parce qu’elles dépendent directement des maires. Mais une police de proximité formée, qui circule dans les quartiers et dialogue avec les habitants, est utile.

    Quelles priorités pour Nîmes ?

    P.P. : La santé mentale, puis la réduction des inégalités. Cela passe par l’équité : donner davantage à ceux qui ont le moins de chances. Il faut identifier les jeunes vulnérables et agir très tôt. Le maire a des leviers importants, notamment à travers les politiques sociales, le soutien aux associations et l’urbanisme. Les choix en matière de logement ou de permis de construire influencent directement la mixité sociale et la formation de ghettos. Si on veut une ville plus sûre, il faut d’abord une ville plus juste.

  • Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    « Cette année, les questions de l’antifascisme et du contexte international vont être saillantes dans les mobilisations du 8 mars », affirme Marie, membre de l’Interorga féministe de Montpellier. Comme chaque année, cette organisation qui rassemble différents collectifs, syndicats et associations, a préparé la manifestation féministe du 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    Le cortège partira dimanche 8 mars de la place Albert Ier, à 14h. Il remontera ensuite le boulevard Henri IV et passera par la place de la Préfecture, avant de terminer sur la place de la Comédie. Plusieurs collectifs seront alors invités à prendre la parole, notamment Montpellier contre l’extrême droite, des collectifs en soutien aux peuples palestiniens, kurdes et iraniens, ou encore l’intersyndicale.

    « En plus de réaffirmer notre antifascisme et notre opposition aux guerres impérialistes, la question de l’égalité au travail sera également centrale, précise Marie. Il faut bien rappeler que la journée du 8 mars est une journée d’appel à la grève internationale féministe, issue de différents mouvements révolutionnaires. La question de la grève est d’autant plus importante depuis la période du Covid, qui a montré à quel point les femmes sont surreprésentées dans les métiers essentiels. Et nous savons que ces grèves peuvent être très massives, grâce aux exemples de l’Espagne ou de l’Argentine. »

    10h30 à Alès, 11h à Sète, 14h30 à Nîmes

    Dans la deuxième ville de l’Hérault, à Béziers, une manifestation organisée par l’intersyndicale (CGT, FSU, Unsa, Solidaires et CFDT) aura également lieu ce dimanche, pour la quatrième année consécutive. Elle partira du parvis du Théâtre à 10h30, avant de rejoindre la Bourse du travail, puis la place David-d’Anger, où se tiendront des prises de paroles et quelques stands, dont celui du Planning familial. Le cortège sera aussi accompagné de différentes animations du collectif féministe Les rosies de Béziers, et la mobilisation s’achèvera par un concert du groupe La tible. Ici aussi, le contexte politique sera au cœur des revendications : « La lutte contre l’extrême droite va de pair avec la lutte féministe, il y aura donc des prises de parole à ce sujet. Et bien sûr, la question des guerres et de leur impact sur les femmes sera aussi abordée », assure Julien Rader, secrétaire CGT de l’Union locale de Béziers.

    Ailleurs dans le département, la manifestation de Sète se tiendra à 11h au départ de la place de la mairie et celle de Ganges partira de la mairie à la même heure.

    Dans le Gard, le cortège féministe d’Alès est prévu au départ de la sous-préfecture à 10h30, le dimanche 8 mars. De son côté, le cortège féministe de Nîmes est prévu le samedi 7 mars, à 14h30 au Carré d’art. Il se dirigera vers le tribunal et sera constitué, entre autres, des syndicats Solidaires, FSU et CGT, et de l’association Femmes Solidaires. « De notre côté, en tant que syndicat, nous voulons faire entendre nos revendications liées à l’égalité au travail, précise Christine Boularasse, membre de Solidaires 30. La première loi sur l’égalité salariale en France date de 1972 et pourtant, les femmes gagnent toujours 28% de moins que les hommes, notamment à cause des temps partiels imposés. Nous revendiquons aussi la revalorisation salariale des métiers féminisés, comme tous les métiers liés aux soins. » La militante rappelle également qu’il reste de nouveaux droits à conquérir concernant les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) ou encore la prise en charge des « congés hormonaux ». Par ailleurs, Solidaires est également signataire de l’appel national à la grève lancé par le collectif Grève Féministe, appelant à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation, résumée par le slogan « Sans les femmes, tout s’arrête ».

  • [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    La Marseillaise : Quel est le principal enseignement du sondage Ipsos-BVA pour La Marseillaise et Experts et territoires sur les intentions de vote pour le premier tour des élections municipales de Nîmes ?

    Stéphane Zumsteeg : Nous voyons que, petit à petit, il y a une possibilité que la ville de Nîmes bascule à gauche. La liste conduite par Vincent Bouget est à un niveau assez élevé avec des intentions de vote à 29%. Cela correspond à l’étiage de la gauche si l’on compare ce résultat aux scores des municipales de 2020 de l’ordre de 28% pour la gauche et aux Européennes de 2024 avec 38%.

    Comment expliquez-vous cette position de la liste Nîmes en commun conduite par Vincent Bouget ?

    S.Z. : L’analyse que nous pouvons faire c’est qu’au fur et à mesure que nous nous rapprochons du premier tour, le 15 mars, la liste de Vincent Bouget bénéficie d’un réflexe de vote utile de l’électorat de gauche. Nous pouvons penser que même si LFI reste sous la barre des 10% et n’appelle pas à voter pour Nîmes en commun, leurs électeurs pourraient, eux, le faire. Car la tête de liste de Nîmes en commun, Vincent Bouget, est communiste et que l’essentiel pour ces électeurs est d’une part de faire basculer la ville de Nîmes à gauche et éviter l’arrivée de l’extrême droite.

    Votre enquête place le candidat de l’extrême droite RN à 26% comment analysez-vous ce score ?

    S.Z. : Le candidat du RN Julien Sanchez est dans une situation compliquée même si son score, 26%, est élevé. On ne voit pas de réserves de voix pour le RN.

    Un rapprochement de l’extrême droite avec les candidats de droite est-il possible au second tour ?

    S.Z. : Ce n’est pas du tout la ligne officielle de Marine Le Pen, elle a été très claire là-dessus, avec Jordan Bardella cela serait peut-être autre chose. Rappelons qu’en 2020, aux municipales, la liste RN avait obtenu 14,5% à Nîmes. Mais la situation en 2026 n’est pas comparable. En 2020, le taux d’abstention était de 67,58%!

    Le RN a depuis 2020 réalisé 29,8% aux élections européennes de juin 2024. Si à la présidentielle de 2022, le RN a obtenu 20,1%dans la ville de Nîmes, n’oublions pas qu’Éric Zemmour a réalisé dans cette même ville le score de 9,9%. Le total de l’extrême droite était donc haut.

    La droite nîmoise est divisée mais peut-elle fusionner au second tour?

    S.Z. : Avec respectivement 22% pour Franck Proust et 16% pour Julien Plantier, une fusion des deux listes au second tour mettrait la droite dans une situation favorable. Mais si la liste de Julien Plantier se maintient, les possibilités de l’emporter pour Franck Proust sont limitées. Au second tour, le rôle des outsiders sera décisif.

  • [Sondage exclusif] Vincent Bouget et Nîmes en commun en tête

    [Sondage exclusif] Vincent Bouget et Nîmes en commun en tête

    Vingt-cinq ans. Un quart de siècle que l’hôtel de ville est verrouillé par la droite, au rythme d’un « système Fournier » qui a façonné une cité vitrine : monuments magnifiés, centre historique ripoliné, carte postale romaine soignée pour le tourisme. Personne ne nie que cela ait pu produire du beau, parfois. Mais à force de privilégier la façade, Nîmes s’est aussi abîmée à l’intérieur : services publics de proximité en retrait, logement indigne dans le centre ancien comme dans les copropriétés fragiles, écoles qui suffoquent l’été, mobilités du quotidien en retard, sentiment d’abandon dans des quartiers où l’État comme la Ville se font rares.

    Résultat : il n’y a plus « une » ville, mais des villes de Nîmes. Celle des terrasses et des grands chantiers, et celle des cages d’escalier et des arrêts de bus qui n’arrivent pas. Celle des quartiers résidentiels et celle des quartiers populaires relégués, qui font trop souvent l’actualité pour les pires raisons – Pissevin, le narcotrafic, les règlements de comptes – comme si la violence surgissait de nulle part, sans jamais interroger le terreau social : précarité, décrochage, manque de présence humaine, absence d’horizons. La droite a beaucoup parlé d’ordre, de caméras et de fermeté. Les habitants, eux, demandent aussi du soin : des médiateurs, des éducateurs, des équipements, des logements dignes, des rues praticables, de la confiance.

    À cinq mois du scrutin, un autre spectacle s’offre aux Nîmois : celui d’une succession à droite qui tourne +à la bataille d’ego. Retrait du maire, dauphins qui se précipitent, rivalités personnelles qui éclatent au grand jour, alliances à tiroirs… et, au milieu, des projets qui peinent à convaincre, tant l’essentiel ressemble à un recyclage : continuer la même politique, avec d’autres visages. Cette confusion nourrit une double tentation : l’abstention, d’abord, et l’extrême droite ensuite. Le RN, avec Julien Sanchez, tente de rafler la mise en jouant sur l’angoisse sécuritaire et en opposant les habitants entre eux, comme si la ville devait choisir entre peur et résignation. Sauf que les Nîmois ne sont pas condamnés à choisir entre la peste et le choléra. Un vent s’est levé, et il ne vient pas d’un état-major parisien. Il vient de Nîmes, de ses profondeurs populaires, associatives, syndicales, de cette envie très simple de reprendre la main sur une ville fracturée. Ce vent a un nom : Nîmes en commun, liste citoyenne d’union conduite par Vincent Bouget. Ici, « union » n’est pas un mot de circonstance : pour la première fois, une large partie de la gauche sociale, écologique et citoyenne avance d’un même pas, dans une dynamique de rassemblement assumée et lisible, précisément parce que le risque RN est réel et que la fin de règne à droite ouvre une fenêtre historique.

    Mais la singularité de cette campagne, à gauche, tient surtout à sa méthode. Nîmes en commun n’a pas commencé par dérouler un catalogue. Elle a commencé par écouter. Un questionnaire papier, porté sur les marchés, dans les cafés, les halls d’immeubles, les quartiers populaires comme les zones pavillonnaires : des milliers de contributions, des centaines de témoignages libres, et cette conviction que la politique locale doit redevenir un espace de discussion, pas un monologue. On a vu, au fil des réunions, des scènes devenues rares : des habitants qui s’arrêtent, qui prennent le temps, qui racontent le logement trop cher ou trop humide, le bus trop rare, les enfants qui n’ont jamais vu la mer, l’insécurité mais aussi l’insécurité sociale. Une campagne de proximité, au contact, loin des postures.

    Une ville à réparer

    Derrière, des priorités se dégagent, concrètes : retisser une ville à deux vitesses, remettre le logement et la dignité au centre, reconstruire une politique de santé (avec l’idée d’un centre municipal), rendre les transports plus accessibles (jusqu’à la gratuité pour les scolaires et les jeunes), traiter la sécurité autrement qu’à coups de slogans, avec de la présence humaine et du maillage, sans renoncer au rôle de la police municipale. Et surtout : remettre de la démocratie locale là où, depuis des années, beaucoup dénoncent une gestion opaque, verticale, clanique.

    Cette dynamique se mesure aussi dans les enquêtes d’opinion. Le sondage Ipsos réalisé pour La Marseillaise place aujourd’hui Vincent Bouget en tête au premier tour parmi les électeurs certains d’aller voter, devant le RN, avec une droite divisée et un centre qui fragmente encore davantage le camp sortant. Le décryptage est à retrouver ci-contre, mais un élément ressort déjà : le scrutin n’est plus joué d’avance. Et ce sondage ne tombe pas de nulle part : il s’inscrit dans une série d’études antérieures, qui, déjà, dessinaient une ville en trois blocs et une possibilité réelle d’alternance à condition que la dynamique citoyenne se transforme en votes, et que l’union tienne.

    La bataille qui s’ouvre n’est donc pas seulement une compétition de listes. C’est une question de cap. Continuer une ville-vitrine, ou réparer une ville vécue. Laisser la peur dicter l’agenda, ou reconstruire du commun. Nîmes en commun n’est pas qu’une formule : c’est une philosophie politique appliquée à l’échelle d’une mairie. Faire de la démocratie non pas un rituel quinquennal, mais un outil quotidien. Et rappeler, au fond, une évidence : une ville ne se gouverne pas contre ses quartiers, ni sans eux. Elle se construit avec celles et ceux qui y vivent.

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    700 habitants inscrits sur les listes électorales de Nîmes, âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.

    Date de l’enquête

    Du 20 au 28 février 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système Cati (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, le quartier de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.