Tag: Municipales

  • [Entretien] « Un journal qui porte une autre vision des choses »

    [Entretien] « Un journal qui porte une autre vision des choses »

    La Marseillaise : « La Marseillaise » arrive dans votre département ce samedi. Quelle est votre réaction ?

    Éliane Barreille : C’est toujours bon d’avoir des médias qui puissent porter une autre vision des choses. Cela fait plus de 10 ans que La Marseillaise s’était retirée des Alpes-de-Haute-Provence, ne nous laissant qu’un seul interlocuteur. C’était dommage. Apporter une vision différente et éventuellement une contradiction, ça a du sens. Je suis ravie que nous ayons ce retour de votre journal qui apporte un pluralisme supplémentaire.

    En tant que présidente de Département vous vous occupez des collèges. La propagation des fake news, notamment chez les jeunes, vous préoccupe-t-elle ?

    É. B. : Je crois qu’il y a un vrai clivage générationnel. Les gens de plus de 60 ans sont ceux qui se tournent le plus vers la presse quotidienne régionale et qui sont le moins pollués par les réseaux. Les plus jeunes, oui, il faut bien le reconnaître, ils sont toute la journée sur le smartphone avec les problèmes que cela comporte. Au Département, nous leur avons fourni une tablette dont ils ne peuvent se servir que comme de livre. Il faut une sensibilisation pour distinguer une information vérifiée d’une autre.

    Quels sujets sont, selon vous, prégnants dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    É. B. : J’ai un dada en ce moment : la décentralisation. Le Premier ministre en parle beaucoup, moi je réponds « ruralité ». On ne peut pas être traité de la même manière quand on est un département comme le nôtre avec peu de population et peu de budget que des départements très urbanisés. J’ai rencontré le président des départements de France, j’ai pris rendez-vous avec le ministre de la Ruralité même si pour cause de municipales j’ai cru comprendre qu’il risquait de changer, pour porter ce message. Par exemple, les grands départements de France se verraient bien confier la santé. Mais moi, ici, je n’ai pas les moyens de l’assumer en totalité même si on fait des efforts pour répondre aux besoins. On ne peut pas tous être traités sans distinction depuis Paris.

    Quid des transports, des services publics ?

    É. B. : Nous sommes un département de montagne avec des contraintes fortes d’entretien du fait d’éboulements fréquents. On ne peut pas être logé à la même enseigne qu’un département parisien. Les transports en commun sont gérés par la Région et donc d’assez loin. Les agglo ont des transports qui fonctionnent intramuros, mais dès qu’on en sort, c’est très difficile. Je veux m’y pencher pour le prochain mandat.

    Il n’y aura pas d’épreuves des JO dans le 04 mais des changements sont-ils à attendre ?

    É. B. : J’ai été désignée comme porte-parole des territoires non-hôte des JO. Je suis en train de travailler pour apporter des propositions d’héritage pérenne. Mais d’ores et déjà, la ligne des Alpes, c’est 100 km de voie ferrée dans le 04 avec cinq gares qui vont être refaites. Je ne veux pas me limiter à ça. A priori, il y aurait quelques possibilités de financements à destination des collégiens. J’aimerais bien les sensibiliser au sport à cette occasion. Ensuite nous réfléchissons, comme pour le passage de la flamme des Jeux de Paris, à des animations dans les communes qui le souhaiteront. J’avais eu 7 communes partenaires en 2024, ça avait drainé un monde fou. Je vais réfléchir avec les autres départements à ce qu’on peut porter autour des JO, par exemple en anticipant des formations sur le tourisme en amont.

  • Sète, le logement au cœur de la campagne

    Sète, le logement au cœur de la campagne

    Tourner la page de la droite affairiste de François Commeinhes et offrir de nouvelles perspectives aux Sétois. Tel est le pari des progressistes de l’île singulière qui fut dirigée par la gauche de 1996 à 2001 avec François Liberti (PCF).

    Vingt-cinq ans de droite plus tard, Sète a conservé des atouts : son lido, ses fêtes et festivals, son port développé par la Région… Mais les difficultés l’assaillent. Avec un taux de chômage de 12,7% et un revenu moyen d’à peine 19 960 euros, la précarité a explosé. Le narcotrafic gangrène l’île de Thau. Si Sète regagne des habitants depuis 2024, beaucoup sont retraités : 32% des Sétois le sont, ce qui élève la moyenne d’âge (48 ans au lieu de 37 ans à Montpellier) et réduit la part des actifs (35,5% contre 45%).

    Le logement semble être le nœud du problème, lié au succès touristique de la ville. Il est devenu inaccessible car trop rare et inadapté aux revenus modestes de la population. « On a construit pour les investisseurs, pas pour répondre aux besoins réels », regrette Laura Seguin. Résultat : « Beaucoup de jeunes ne peuvent plus se loger à Sète à l’année », pointe la tête de liste « Nouvelles pages pour Sète ». Soutenue par le PCF, LFI, Les Écologistes, Génération.s ou le Parti occitan, sa liste citoyenne qui assume ses valeurs de gauche promet de « réguler les meublés de tourisme type Airbnb » en instaurant des « seuils » par quartier. La loi Le Meur permet aussi de « réserver les constructions neuves à la résidence principale ». Laura Seguin souhaite accroître l’offre de logements sociaux « à l’échelle de l’Agglo » et faciliter l’accession à la propriété via le bail réel solidaire (BRS). Enfin, la tête de liste veut « mettre l’accent sur la rénovation urbaine du bâti ancien en faisant des avances des aides de l’Anah aux propriétaires ».

    Leurs mesures concrètes

    Soutenu par le PS, Place Publique, le PRG, Génération Écologie et l’Engagement, Sébastien Denaja fait lui aussi du logement une priorité. L’ancien député PS prône des « quotas par quartier » pour les Airbnb et la réduction de la durée de mise en location saisonnière de 120 à 90 jours. « On veut s’inspirer de Michaël Delafosse à Montpellier ». Il compte sur le BRS ou le prêt social location-accession pour favoriser l’accès à la propriété. Il propose des « prêts municipaux à taux zéro et l’interdiction des résidences secondaires dans les programmes neufs ». Sa liste à 80% citoyenne « Sète, allons ensemble » qui va, dit-il, « de la gauche républicaine aux centristes humanistes », a l’intention de construire du logement social. Pour favoriser le « turnover » dans le parc public, Sébastien Denaja compte sur une « bourse d’échange entre locataires, des déménagements clé en main pour les seniors ou un encadrement des loyers temporaires ». Mais pour le conseiller régional PS, « le logement se réglera d’abord par le travail ». « La création d’emplois c’est la base. » S. Denaja mise sur le développement de l’économie portuaire, imagine une « technopole de l’économie bleue » et un tourisme mieux réparti sur l’année.

    De son côté, Laura Seguin veut freiner le « tout tourisme », qui « confisque une partie de l’espace public, produit de l’emploi saisonnier précaire ainsi qu’une dépendance à la voiture ». La chercheuse en sociologie veut repenser le quartier Est pour l’économie en « favorisant l’installation d’entreprises culturelles et créatives », des métiers d’avenir dans la transition écologique, l’économie sociale et solidaire, le recyclage des déchets ou l’économie maritime (entretien des bateaux). Face à la crise conchylicole, elle propose de créer un espace dégustation au port du Barrou et de « protéger l’étang en investissant dans les réseaux d’assainissement défaillants ». Enfin, Laura Seguin mise sur la commande publique pour créer de l’emploi grâce aux retours en régies (lire ci-dessous).

    Sur le volet social, S. Denaja promet un « grand plan contre la solitude et l’isolement ». Il veut « recréer du lien en ville » via des maisons pour tous, des bancs, des abris bus avec toit, des petits terrains couverts de pétanque ou encore un « foyer de restauration intergénérationnel en cœur de ville ». Pas de « projet pharaonique », les finances étriquées de la Ville (+30% de dette en 6 ans) nécessitant du « sérieux » dit-il. L. Seguin assure, elle, avoir les marges de manœuvre (150 000 euros) pour offrir la cantine à « tous les enfants » et vise la gratuité des transports en commun. « On le défendra à l’Agglo. »

  • Fadelha Benammar-Koly : « Nous sommes la liste des solutions »

    Fadelha Benammar-Koly : « Nous sommes la liste des solutions »

    La Marseillaise : Comment se sont déroulées les discussions après l’annonce de Gaëlle Lévêque ?

    Fadelha Benammar-Koly : Nous nous sommes assez rapidement entendus pour partir sur un binôme d’élues issues de la majorité, à savoir Nathalie Rocoplan et moi. Il y a six mois, je n’étais candidate à rien, donc il a fallu se poser la question. Beaucoup de travail a été fait dans la précédente mandature, mais il en reste encore beaucoup. Nous avions envie de poursuivre ce qui a déjà été mené et de continuer l’union que nous avions avec d’autres forces à gauche.

    Quelles sont vos priorités ?

    F.B.-K. : Nous en avons cinq ! D’abord « une ville qui bouge », qui concerne l’économie, la mobilité, la culture et le sport. « Une ville qui protège », avec les questions de sécurité mais pas que car la protection c’est aussi le logement et la santé. « Une ville belle », avec l’occupation de l’espace public pour tout le monde. « Une ville fraternelle » car la solidarité est un pilier de la ville de Lodève et nous avons par exemple un plan de lutte contre la solitude. Et enfin « une ville qui dialogue », parce que les gens veulent s’impliquer et être entendus. Je crois beaucoup au trio élus, agents et citoyens. Nous sommes la liste des solutions.

    En quoi êtes-vous en rupture avec la municipalité sortante ?

    F.B.-K. : Nous aurons une liste renouvelée aux deux tiers. Il y a une envie de renouveau dans la ville et c’est normal. Nous sommes là pour concrétiser ce renouveau tout comme la continuité est importante car des projets et des programmes ont été enclenchés et il faut les mener à terme. C’est le cas pour le parc municipal ou le pôle d’échanges multimodal par exemple. Nous voulons aussi qu’il y ait plus de dialogue avec la population.

    Quelles sont vos propositions pour le cœur de ville ?

    F.B.-K. : J’ai pu faire un tour du centre avec un paysagiste et je me suis rendue compte que le centre-ville n’était pas bien identifié. Il y a tout un travail de signalétique à réaliser pour qu’il devienne une balade. Les aménagements piétons doivent aussi être revus. Et il faut revoir également le plan de stationnement pour pouvoir consommer dans les commerces de proximité.

    Pourquoi l’union avec l’ancien député insoumis Sébastien Rome n’a pas été possible ?

    F.B.-K. : Quand on veut l’union, on montre une attitude favorable à l’union. L’union existe avec notre liste qui s’appuie sur des socialistes, des communistes, des citoyens, Génération.s et peut-être demain les écologistes. Sébastien Rome veut l’union de la gauche derrière lui. Ce n’est pas une posture d’humilité, d’autant que tout le monde est uni et qu’il n’y en a qu’un qui est à l’extérieur.

  • À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve-lès-Avignon, la campagne municipale s’installe dans un climat de plus en plus politique. Deux visions de la ville s’affrontent frontalement. Maire depuis 2020, Pascale Bories (LR) brigue un second mandat avec la liste « Villeneuve avance », dans la continuité de la majorité de droite en place depuis plus de vingt ans. Si l’édile sortante revendique un bilan axé sur le cadre de vie, la sécurité et l’attractivité, sa gestion est aujourd’hui critiquée : fiscalité parmi les plus élevées du département, équipements municipaux fragilisés, difficultés persistantes des commerçants du centre ancien.

    Face à cette continuité assumée, Anne Daniel, conseillère municipale d’opposition et militante écologiste, conduit la liste citoyenne « Parce que j’aime Villeneuve ». Professeure des écoles et engagée sur les questions d’inclusion, elle incarne une alternative ancrée à gauche. Son projet met en cause une fiscalité jugée déconnectée des services rendus, ainsi qu’une politique d’urbanisme accusée d’alimenter la spéculation immobilière au détriment de l’habitat permanent et des jeunes actifs.

    Centre-ville en souffrance

    La mobilisation récente des commerçants du centre historique, auteurs d’une lettre ouverte aux candidates, illustre l’inquiétude grandissante face à la baisse de fréquentation et à la fragilité économique locale. Elle met en lumière un enjeu central de ce scrutin : celui d’une ville attractive pour les touristes mais de plus en plus difficile à vivre pour ses habitants à l’année.

  • Lodève : La gauche veut rester aux commandes

    Lodève : La gauche veut rester aux commandes

    Je suis inquiète. Ils disent qu’ils vont tout changer dans le centre-ville et que si le tabac n’a pas ouvert depuis trois semaines, c’est la faute de la mairie », lance, paniquée, Françoise en apercevant Fadelha Benammar-Koly déambuler dans le centre-ville de Lodève. « Ne t’inquiète pas », lui rétorque avec son habituel grand sourire celle qui est également élue régionale et que l’on dit proche de Carole Delga. La conseillère municipale socialiste ne passe pas inaperçue dans sa ville. Elle qui a grandi dans cette ancienne cité industrielle se souvient avoir joué dans la Grande rue et dans l’impasse surnommée par les bambins « le fond ». Aujourd’hui, elle vit toujours dans le cœur du village et elle ne peut faire deux pas sans être interpellée.

    « Ça, c’est une boulangerie extraordinaire qui n’est ouverte que deux fois par semaine. Ils ont tout compris. Regardez le monde qu’il y a. Ici, c’est la ressourcerie, qui fait partie du dispositif Zéro chômage », détaille-t-elle. Comme beaucoup de villes moyennes excentrées d’un grand pôle urbain, Lodève est particulièrement touchée par le chômage, qui culmine à 13,6%, soit près du double du niveau national. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, le dispositif « Zéro chômage » s’appuie sur l’association L’abeille verte, qui a permis d’embaucher 160 personnes en CDI. « La ressourcerie n’est que l’une des treize activités que nous avons », explique Florent Cottinet, qui gère l’association. « Sur les 1 000 personnes sans emploi à Lodève, 500 sont déjà venues nous voir. Nous sommes très sollicités car beaucoup de Lodévois veulent travailler à Lodève. Il y a un vrai sujet de mobilité ».

    L’Abeille verte sera aussi au cœur d’une visite samedi 7 février du candidat Sébastien Rome accompagné pour l’occasion de Manuel Bompard, le coordinateur national de la France insoumise. L’ancien député de la circonscription a officialisé sa candidature à Lodève début janvier « pour changer Lodève ». Ancien adjoint de feu la maire socialiste Marie-Christine Bousquet, l’Insoumis est devenu très critique de la majorité sortante, notamment sur le manque d’écoute de la population.

    L’ancien député tape là où ça fait mal, car le manque de dialogue et de démocratie participative est une critique récurrente de la maire Gaëlle Lévèque. la tête de liste PS Fadelha Benammar-Koly l’a d’ailleurs identifié et propose des rencontres avec les habitants toutes les semaines au marché pendant toute la durée du mandat. Sébastien Rome a de son côté détaillé tout un programme pour une « démocratie vivante » qui s’appuie sur un budget participatif, un référendum d’initiative citoyenne locale, l’attribution de la présidence de la commission des finances à l’opposition et la création d’un conseil municipal des jeunes. « Nous voulons aussi que les citoyens puissent poser des questions, avant, après, voire pendant le conseil municipal pour remettre au cœur des débats les préoccupations des habitants », ajoute-t-il.

    Claude Laateb sans programme pour l’heure

    Face à ces deux listes de gauche, deux candidats de droite ont annoncé leur volonté d’incarner l’alternance. Si le commerçant Jean-Michel Salvador propose en effet une liste « Ambition citoyenne pour Lodève  » , la menace de voir basculer Lodève à droite vient plutôt de Claude Laateb, à la tête de la liste « Lodève Autrement ». Chef d’entreprise et délégué de la Ligue professionnelle de football, le chef de l’opposition au conseil municipal, qui n’est pas encarté dans un parti politique mais assume un ancrage à droite, avait frôlé l’élection en 2020.

    S’il a déjà présenté sa liste, Claude Laateb consulte mais n’assume pour l’instant aucun programme. Il se cantonne à promettre « plus de rigueur dans les dépenses publiques » et la réalisation d’un « audit pour connaître réellement l’état financier de la ville » avant de « faire des promesses ». À un mois et demi du scrutin, le flou règne donc sur les grandes orientations qu’il souhaite mettre en place. « Pendant six ans, pas une idée, pas le moindre travail sur un dossier. Pensez-vous vraiment que donner la ville aux revanchards et aux retourneurs de veste va rétablir l’image de la commune ? », taclait de son côté, auprès de Midi Libre, Sébastien Rome pour évoquer la candidature de Laateb.

    Mais il reste toujours une inconnue avant le scrutin à Lodève : que va faire l’extrême droite ? Si le soutien du Rassemblement National à Claude Laateb a longtemps été évoqué, le candidat aurait finalement refusé tout rapprochement avec le RN. Rangée derrière l’ancien conseiller régional Gérard Maurin en 2020, l’extrême droite avait réalisé 6,45% des voix. Celui-ci travaille à la constitution d’une nouvelle liste mais semble rencontrer des difficultés puisqu’aucune annonce de candidature n’a encore été effectuée.

    « Nous voulons remettre au cœur des débats les préoccupations des habitants »

  • La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    Un candidat sans projet pour le droit à la communication est un candidat déjà dépassé. » Le message est passé. Le syndicat CGT des Activités postales et de télécommunications (CGT Fapt) et l’Union syndicale des retraités (USR) des Hautes-Alpes lancent une campagne pour interpeller les candidats aux municipales sur l’absence de mesures destinées à réduire la fracture numérique. La fermeture progressive d’infrastructures du service public menace l’inclusion de chaque citoyen. Avec seulement 29 bureaux de Poste pour les 162 communes dans le département (), le droit à la communication représente un enjeu territorial. La cosecrétaire de la CGT 05, Alexandra Pourroy, juge que les programmes électoraux portent « peu » sur cette thématique : « C’est l’étincelle qui a fait démarrer cette campagne. »

    Un kit pour les citoyens

    La CGT Fapt et l’USR 05 s’engagent à interpeller les candidats lors des réunions de campagne des grandes communes. Ces syndicats, qui « ne peuvent pas être présents sur toutes les communes », proposent un kit d’interpellation aux citoyens. Lettre type, argumentaire, chiffres-clés… Ce kit présente « le nécessaire pour pouvoir se faire l’émissaire de cette campagne ».

    La représentante syndicale renchérit : « Le but est de permettre à Monsieur-tout-le-monde de pouvoir intervenir dans cette campagne. »

    Le droit à la communication est menacé lorsque le numérique devient l’unique moyen d’accès aux services. Cela concerne particulièrement les habitants des zones blanches – 20% du territoire départemental – ainsi que les personnes âgées. À titre d’exemple, 33% des usagers déclarent avoir déjà abandonné une démarche administrative en ligne par manque d’accompagnement.

    « Le droit à la communication est un service public. Par définition, c’est plus un impensé de la droite et quelque chose qui doit infuser dans les listes de gauche », note Alexandra Pourroy. Ces revendications s’adressent à tous les candidats du cercle républicain, à l’exception du RN, qui propose « une politique générale complètement opposée à ce que [le syndicat] porte ». La CGT Fapt et l’USR 05 attendent un sursaut de la part des candidats pour réduire cette fracture numérique.

  • À Avignon, Gontard avec Fournier, l’ultime inconnue

    À Avignon, Gontard avec Fournier, l’ultime inconnue

    Ce lundi 9 février donne le coup d’envoi des déclarations de candidatures aux municipales. Les postulants ont jusqu’au 26 février, 18 heures, pour s’enregistrer. Un délai que pourraient exploiter jusqu’au bout Paul-Roger Gontard (La Convention) et David Fournier (PS). La candidature en son nom du premier reste l’ultime inconnue du casting à Avignon. Les deux actuels adjoints de la majorité de Cécile Helle, qui soutient David Fournier, n’ont eu de cesse de discuter depuis des mois.

    Depuis début janvier et le renoncement de Joël Peyre (PRG) puis le ralliement de Benoît Belvalette (Place publique) à David Fournier – qui a fortement exhorté Paul-Roger Gontard à en faire autant -, les deux élus ont intensifié leurs discussions. « Je ne peux pas en dire plus pour le moment, un point sera fait très prochainement », nous a répondu, ce vendredi, Paul-Roger Gontard. Même tonalité chez David Fournier : « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur le sujet, patience… »

    Si la raison pousse à s’entendre afin de peser le plus à gauche, face notamment à la concurrence de la liste LFI de Mathilde Louvain, soutenue par le PCF, Génération.s et Avignon collectif, ce n’est pas à n’importe quel prix. « Personne ne peut gagner seul », martelait encore Paul-Roger Gontard en début de semaine dans un communiqué, ajoutant que « si des convergences de vues existent, des espaces de compromis sur les priorités du programme et sur la façon d’agir au mieux sont encore à trouver », afin d’envisager « une coalition pour le bien d’Avignon et du Grand Avignon ».

    LFI, Grand Avignon

    dans la balance

    « Il y a encore un espace pour trouver une coopération dans un contrat de gouvernance, mais cette clarification doit arriver aujourd’hui », disait-il, il y a déjà deux semaines. En creux, la clarification repose sur une alliance avec LFI au second tour, récusée par Paul-Roger Gontard, et même Place publique qui parle de « ligne rouge ». David Fournier temporise sur le sujet renvoyant à « une décision collégiale », à l’issue du premier tour.

    Autre sujet central, l’agglomération. Adepte des circonvolutions, Paul-Roger Gontard n’a jamais clamé frontalement son envie d’accéder à la présidence du Grand Avignon, même si tout laisse à penser qu’il y songe, parlant d’Avignon en grand et projet de territoire. « Avignon doit reprendre le capitanat », assume-t-il. Un deal que ne peut lui promettre en l’état David Fournier, devant aussi jauger le bénéfice/risque de voir un concurrent interne prendre la lumière et les puissants leviers du Grand Avignon.

  • Solliès-Pont cœur à gauche samedi en réunion publique

    Solliès-Pont cœur à gauche samedi en réunion publique

    Le collectif Solliès-Pont cœur à gauche, qui regroupe des militants associatifs, politiques et des citoyens guidés par l’intérêt général, vous donne rendez-vous ce samedi à 17h au Foyer Quiétude. Au programme de ce moment d’échange la présentation des colistiers et leurs propositions pour une ville plus écologiste et solidaire.

    Une liste qui se revendique fièrement de gauche et écologiste et qui souhaite gérer la ville en associant les habitants par la concertation voire la consultation sur les grands projets.

    Réunion publique

    Contrairement à ce que fait, selon l’équipe Solliès-Pont cœur à gauche, le maire sortant André Garron (DVD), qui mène la ville de manière un peu trop à leur goût « personnelle et autoritaire ».

    La liste conduite par Christiane Vincent (apparentée PCF) propose entre autres la rénovation de la gare. Mais aussi d’améliorer la mobilité en travaillant avec le Département pour rendre le Zou plus accessible, avec des bus plus fréquents.

    Le développement des pistes cyclables et aménagement pour vélo sont bien entendu également sur les tablettes de la gauche. Ainsi que la mise en place de navettes gratuites à l’intérieur de la commune afin de répondre aux besoins des habitants.

    L’équipe vous attend à cette prochaine réunion publique pour détailler ce projet susceptible de répondre aux défis environnementaux et sociaux et rendre la commune plus solidaire, participative et citoyenne et pleinement engagée dans la transition écologique.

  • La maire sortante Josée Massi et ses grands projets pour Toulon

    La maire sortante Josée Massi et ses grands projets pour Toulon

    Toulon est une ville qui avance, et qui avance dans une bonne direction », commence Josée Massi, vendredi après-midi dans son QG de campagne, la ruche comme elle l’appelle. Et d’expliquer donc souhaiter poursuivre la transformation de Toulon engagée depuis plus de 20 ans. « Je veux continuer à bâtir une ville dynamique, qui avance avec confiance, avec un projet concret », insiste-t-elle. avec des réponses concrètes.

    Le premier point fort développé étant celui de la sécurité, « la première des conditions de la liberté, de la fraternité et de l’égalité ». Au programme, l’installation de commissariats de proximité et l’augmentation encore de 25% du nombre de policiers municipaux pour passer à un total de 200. Mais aussi la poursuite du partenariat avec la Police nationale et le Parquet, à l’image de la convention partenariat signée depuis trois ans.

    Sur les tablettes également, l’amélioration du service au quotidien des habitants, en fluidifiant les relations avec l’administration. Sur le bâti, un grand plan de rénovation va être entrepris dans les quartiers notamment au Las et à Saint Jean, à l’image de ce qui a été fait dans le centre ancien.

    Un Central Park toulonnais

    Concernant l’attractivité économique, le grand projet « de Mayol à pipady » est également réactualisé, et « il avance ». « Là, on a déjà passé une délibération en septembre (…) Et on va continuer », assure la maire sortante.

    Avec au final, « un Central Park à la toulonnaise, avec la mer en plus ». Un jardin dédié à la biodiversité avec un parc urbain agrandi. Un espace nommé la Fabrique bleue sur lequel s’élèvera « un centre des congrès ambitieux » afin de développer « un tourisme d’affaire des 4 saisons » favorable à l’économie locale. Et pour recevoir ces congressistes : un complexe hôtelier de standing.

    Josée Massi souhaite également renforcer Toulon dans sa position de ville universitaire. L’occasion de rappeler qu’en 2001, il y avait 1 000 étudiants dans le Port du Levant et qu’ils sont aujourd’hui 10 000. Et de poursuivre : « On va continuer avec de nouvelles filières. On a traité avec l’école des Mines et un collège naval, va venir s’installer. » Ce qui implique de créer des logements pour les accueillir.

    « Mon ambition, c’est de faire du quartier Courdouan – Portes d’Italie et campus, un nouveau quartier étudiant », précise la première magistrate. L’autre projet phare, étant les 180 logements étudiants sur l’ancien immeuble de la CAF, à la Rode. Au niveau de l’écologie l’équipe de « Toulon, mon parti » prévoit la plantation de 2 500 arbres, la poursuite de la végétalisation des cours d’école et de la ville, c’est-à-dire lorsque c’est possible les places et les trottoirs.

    Pour ce qui est des mobilités, « Toulon – Mon parti » compte s’appuyer sur le Bus à haut niveau de service et un réseau renforcé. Mais aussi le RER métropolitain et les navettes maritimes, avec de nouvelles lignes qui pourraient être créées pour rejoindre Le Mourillon, par exemple. Pour ce qui est du vélo, Josée Massi s’engage à transformer les tronçons en un réseau continu et sécurisé, avec parmi les aménagements attendus celui de l’avenue de la République. Autre grand sujet qui anime la Rade et sur lequel elle a été très claire : « On ne sortira pas Mayol de Toulon, c’est l’âme de la ville. » Ce qui ne veut pas dire que des investissements ne vont pas être encore consentis. Comme la couverture des tribunes.

    Parmi les autres grands projets dont on risque de beaucoup parler, c’est l’aménagement des berges de la rivière des Amoureux en promenade à la Rode. « Les travaux ont commencé », affirme Josée Massi pour couper la chique aux septiques.

  • « Les problèmes des 15-16 sont ceux de Marseille »

    « Les problèmes des 15-16 sont ceux de Marseille »

    La Marseillaise : Vous êtes tête de liste pour Martine Vassal dans les 15-16. Pourquoi vous ?

    Gérard Blanc : Je suis engagé depuis des années sur des problématiques qu’on retrouve dans les 15-16. C’était le cas avec Alexandra Louis [ex-députée Ren., Ndlr.] dans les 13-14, parce que c’est mon quartier de naissance, où j’ai grandi, fait mes études. Mais ce sont les mêmes problématiques : la difficulté d’étendre le réseau de transports, la construction de logements, des populations en difficulté sociale et économique. Ce sont aussi des terres de grand potentiel : la jeunesse de Marseille est dans les 13-14 et les 15-16. C’est là où on doit créer l’avenir de la ville. On doit redonner la promesse républicaine dans tous ces quartiers.

    Cette promesse républicaine a été abandonnée par la droite dans les quartiers Nord…

    G.B. : Je ne crois pas qu’elle ait été abandonnée. Elle a été clientélisée, organisée comme une pensée de rejet pour dire : vous allez hériter d’opinions politiques parce que les autres ne veulent pas vous parler. Mais il y a toujours eu des personnes pour porter les idées que je porte dans le 15-16. Il faut apporter une promesse différente. Les problèmes du secteur sont ceux de toute la ville : il manque du logement, il y a des problèmes de qualité des écoles dans tout Marseille et quand on a des problèmes de transport, il faut aussi accepter que Marseille c’est deux fois et demie l’aire urbaine de Paris avec un budget nettement inférieur.

    Dans les 15-16, l’ancien député (Ren.) Saïd Ahamada dit qu’il ne votera pas pour Martine Vassal qui « mène une campagne très droitière »…

    G.B. : Pour des questions de personne sans doute, j’aurais bien aimé qu’il me précise ce qui est trop droitier… La construction de l’alliance entre Renaissance et Martine Vassal s’est d’abord faite sur une charte de valeurs réalisée avec tous les militants, avec 26 propositions. Je connais les polémiques, il y a des gens très à droite dans cette union. Mais eux me trouvent très à gauche, il faut l’accepter et comprendre qu’on peut trouver des positions communes pour avancer.

    Lionel Royer-Perreaut regrettait que Renaissance n’ait pas de tête de liste dans un secteur réputé gagnable.

    G.B. : Tous les secteurs sont gagnables si on arrive à convaincre. On nous ramène à notre héritage, mais on peut aussi très bien parler de l’héritage diabolique du Rassemblement national, la gauche a un héritage aussi, positif et négatif. Il y avait une très belle promesse en 2020, elle a été trahie, encore plus avec les révélations de Blast ce lundi. On verra le 22 mars si c’était gagnable ou pas.