Tag: Municipales

  • [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    La Marseillaise : Quel bilan dresser en matière de sécurité de ce premier mandat de Michaël Delafosse, placé selon le candidat sous le signe de la coopération  ?

    Sébastien Cote : Lorsque nous arrivons en 2020, le constat que l’on fait, c’est que l’autorité municipale ne parle pas d’autorité judiciaire et ne communique pas avec l’autorité préfectorale ou policière. Donc il y a un vrai enjeu de coordination et de se parler. La première chose a été de renouer le dialogue. Ensuite, il a fallu trouver les outils de la coordination. Les problèmes de sécurité, de sentiment d’insécurité, d’incivilité sont très importants. C’est la première préoccupation des Français. Mais en la matière, on ne peut pas tout faire. Une ville n’a pas tous les pouvoirs. On a donc besoin de se coordonner avec l’État pour que, chacun dans ses responsabilités, on puisse agir. D’où la création de forces nouvelles. Il n’y avait aucun policier dans les transports : nous avons créé la police métropolitaine des transports. Dans le logement social, dans les quartiers populaires, on sait qu’il y avait beaucoup de trafic, beaucoup d’incivilités, beaucoup de casse de voitures, de vols : on a créé la brigade du logement social. Ça décharge la police nationale de certaines choses et elle peut se consacrer davantage aux investigations, à la police judiciaire. Et ça décharge la police municipale qui, elle, peut davantage se consacrer à la régulation de l’espace public.

    Pour quels résultats ?

    S.C. : Globalement, le bilan est très positif. Une récente enquête locataire chez ACM Habitat fait état de 90% de taux de satisfaction des locataires pour l’action du GSRI [pour la Brigade du logement social, Ndlr]. Dans les transports en commun, on a une baisse de 31% des incivilités entre 2019 et 2025. Donc oui, les choses progressent, les choses avancent. Je sais qu’en matière de sécurité ou d’insécurité, les chiffres peuvent varier d’une année à l’autre, surtout quand on généralise la plainte en ligne à partir de l’année 2025. Donc nécessairement, ça peut engendrer des phénomènes d’augmentation de plaintes. Mais globalement, nous sommes bien orientés pour la ville de Montpellier.

    Ce second mandat veut donc s’inscrire dans la continuité, notamment avec le recrutement de 100 agents et le doublement du nombre de caméras vidéo ?

    S.C. : C’est à la fois la continuité et l’amplification, c’est-à-dire 100 effectifs supplémentaires que nous annonçons sur le mandat, à la fois pour le GSRI et la police des transports ou la police municipale. On dit 100, on verra ensuite où est-ce qu’on en a besoin. C’est bien beau d’annoncer des chiffres, mais le but c’est aussi de savoir ce qu’on leur fait faire. La vidéoprotection, on en a besoin. On a aujourd’hui 510 caméras sur la ville de Montpellier. On propose de passer à 1 000 caméras à l’horizon 2032. Pourquoi ? Parce que ça permet de prévenir un certain nombre de délits, ça permet d’accompagner les forces de l’ordre dans leurs opérations et ça permet surtout d’identifier un certain nombre de délinquants lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible et donc de rendre justice aux victimes.

    Pour vous, la sécurité n’est donc pas l’apanage de la droite ?

    S.C. : Je pense que c’est une grave erreur pour la gauche – et c’est ce que nous démontrons avec Michaël Delafosse depuis 2020 – de ne pas se saisir de ces questions-là. Quand je regarde les statistiques, ça fait 6 ans que je travaille sur ces sujets, qui sont les principales victimes ? Les femmes : violences intrafamiliales, outrages sexistes, viols. Ce sont les jeunes, les jeunes dans les quartiers, victimes du narcotrafic. Ce sont les étudiants, ce sont évidemment les enfants, via violences intrafamiliales, ce sont les gens qui habitent les quartiers populaires lorsqu’il y a des émeutes, lorsqu’il y a du deal, lorsqu’il y a des véhicules brûlés. Donc si on ne s’intéresse pas aux questions de sécurité, on leur dit quoi à ces gens-là, à ces femmes, à ces jeunes, à ces gens des quartiers populaires ? Qu’on les abandonne, c’est impossible. Donc oui, je pense que la sécurité, c’est une vraie question de gauche.

  • [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    La Marseillaise : On vous voit régulièrement dans le Var, vous serez aussi à Toulon le 21 février pour le meeting d’Isaline Cornil. C’est un enjeu particulier pour LFI ?

    Manuel Bompard : C’est un département au contexte difficile car la quasi-intégralité des députés sont d’extrême droite. Il y a une volonté d’y mener un travail de résistance aux idées du RN. Je suis également le référent du Var pour LFI, je viens donc régulièrement apporter mon soutien aux militants engagés dans les mobilisations et les campagnes électorales.

    À La Seyne, à Toulon, comme dans de nombreuses villes, LFI présente sa propre liste. Pourquoi ce changement de stratégie, après avoir favorisé l’union de la gauche avec le NFP et la Nupes ?

    M.B. : Il y a un certain nombre de listes au niveau national dans lesquelles on est engagé et qui sont soutenues par d’autres formations. On a cherché à partir de notre programme, et on a proposé à celles et ceux qui voulaient construire ces listes avec nous de le faire. Ça a été possible dans certains cas, dans d’autres non. Notre conviction, c’est que les listes de gauche ne pourront gagner des villes que si elles s’engagent sur des mesures claires : des services publics qui ne sont pas délégués au privé, l’accès à certains biens communs fondamentaux comme la gratuité de la cantine scolaire, l’expérimentation du référendum d’initiative citoyenne, la lutte contre le logement indigne… On a d’abord l’objectif de répondre aux aspirations des habitants, et on essaie ensuite de rassembler autour de ces propositions.

    Si LFI se retrouve au second tour derrière une liste de gauche, notamment dans des villes sous la menace de l’extrême droite, peut-on s’attendre à un retrait ?

    M.B. : Pas le retrait, le rassemblement. C’est vieux comme la gauche que plusieurs listes se présentent au premier tour, puis qu’elles se rassemblent. Et souvent, elles fusionnent, pour que les différentes sensibilités puissent être représentées au conseil municipal. On est très clair : partout où on sera en tête à gauche, on proposera le rassemblement. Si les candidats en tête font la même démarche, on y travaillera. Est-ce possible ? Je pense que tout le monde devra prendre ses responsabilités. Il peut y avoir des désaccords, des débats extrêmement profonds, mais il y a ensuite un devoir de responsabilité. Et ceux qui utilisent des prétextes pour justifier la division, favorisant la victoire de la droite ou de l’extrême droite, prendraient une très lourde responsabilité. Mon discours est très clair, que chacun en fasse de même. C’est la moindre des choses quand on se revendique de gauche : au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble.

  • LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    Ne pas laisser le sujet de la sécurité à la droite et à son extrême. Un enjeu présenté, vendredi soir, par la liste insoumise de Mathilde Louvain, qui tenait une réunion publique sur la tranquillité publique au centre social Saint-Jean. Une thématique forte de campagne sur laquelle « on ne vient pas en réaction mais qui est une attente des habitants », souligne la tête de liste. Pour l’occasion, le député LFI de l’Essonne, Antoine Léaument, engagé dans un tour de France de la sécurité, était présent.

    Le parlementaire, qui avait rencontré les douaniers avignonnais l’après-midi, est venu casser de nombreux clichés « véhiculés par les médias d’extrême droite » et renverser les paradigmes : absence de travail, de logement, racisme sont autant « d’insécurités dont on ne parle pas ». Il pondère aussi les chiffres de la délinquance avec « une stabilité des homicides ». Antoine Léaument tape sur les politiques sécuritaires en place depuis des années : « Mettre du bleu dans les rues se fait au détriment des enquêtes et de la police judiciaire, on ne retrouve le meurtrier que dans 2 cas sur 3 ». Mais ce contexte posé ne fait pas un programme municipal. Mathilde Louvain promet « un travail de fond, coordonné, loin des paillettes, par de la présence humaine avec des médiateurs et des éducateurs, former les policiers sur les violences sexistes et sexuelles ». Pas question de céder à la course à l’échalote de celui qui promet le plus de policiers municipaux ou de caméras. « On souhaite revoir les missions de la police municipale qui doit être en proximité, cela peut passer par une augmentation des effectifs », assume la candidate qui veut s’opposer « au modèle du tout répressif ». « Alors que l’État se désengage, une loi envisage d’octroyer des pouvoirs judiciaires à la police municipale, on prend le problème à l’envers », se désole-t-elle. Loin de tout angélisme, Mathilde Louvain refuse « de fermer les yeux sur le narcotrafic », appelant surtout l’État à mettre des moyens pour faire tomber les réseaux, « ceux qui s’enrichissent vraiment et sont sur des yachts à Dubaï et pas les 8 victimes à Avignon l’an dernier », pointe Farida Mebarek (Génération.s), pour qui les « vraies victimes du narcotrafic sont les habitants ». Adjointe (DVG) aux sports, Zinèbe Haddaoui concède porter « une vision sur du temps long et pas très quantifiable avec le rôle des médiateurs ». « Quand on apporte aussi du beau, comme à la Plaine des sports, ça marche », ajoute-t-elle. Le sport, un remède à la prévention de la délinquance.

    LFI et ses alliés entendent aussi réclamer plus de moyens pour la santé mentale, « une question aveugle » de la tranquillité publique selon Julien De Benito, adjoint au maire et secrétaire départemental du PCF. « Au cours du mandat, j’ai été marqué par le fait que beaucoup de troubles à l’ordre public sont liés à des malades psy ou aux addictions, dont le suivi n’est pas à la hauteur, il faut plus de moyens pour l’hôpital psychiatrique », enjoint-il en piquant Olivier Galzi (DVD). « Avec des arrêtés anti mendicité, ce monsieur ne résoudra rien », conclut-il.

    Hervé de Lépinau candidat RN à Carpentras

    Le député RN Hervé de Lépinau remplace en urgence Christian Richaud Simoni comme tête de liste aux municipales à Carpentras. Ce dernier a été écarté par son parti pour des tweets racistes révélés mardi dernier par Libération. La priorité de Hervé de Lépinau ? « Nettoyer » la ville, selon des propos rapportés par la radio Ici Vaucluse.

  • Benjamin Margueritat promet une nouvelle gouvernance à Ventabren

    Benjamin Margueritat promet une nouvelle gouvernance à Ventabren

    Plus de 250 personnes selon les organisateurs étaient présentes à la salle Sainte-Victoire pour une réunion publique de la liste « Un vent nouveau sur Ventabren » ce samedi matin. Un rendez-vous qui a été l’occasion de continuer à présenter le programme et les colistiers du candidat (SE) Benjamin Margueritat.

    Cette liste, l’entrepreneur natif d’Aix-en-Provence a voulu la placer sous le signe du renouvellement. « Notre équipe ne dépend d’aucun clan. Elle ne doit rien à personne », insistait-il, avant de présenter chacun des candidats. C’est que avant tout, c’est la gouvernance de la municipalité sortante, dirigée par Frédéric Vigouroux (DVD) depuis la démission en 2022 de l’ancien édile Claude Filippi, que cible la tête de liste. D’emblée, il dénonçait « certaines manœuvres pour m’empêcher de me présenter ». Il déplore ainsi la faible présence de la commune en conseil métropolitaine, « une continuité d’une même gouvernance sans aucune consultation citoyenne forte, avec des dérives démocratiques », particulièrement pour « les grands projets d’aménagement qui ont profondément transformé Ventabren ».

    De son côté, il promet d’organiser une permanence du maire toutes les semaines, des réunions de quartier, des temps de concertation, un suivi public des projets mais aussi de réaliser et rendre public un audit sur la gestion de la commune. Des propositions qui seront présentées dans les boîtes aux lettres à la fin de la semaine.

  • Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Loin du catalogue, Robin Prétot (LR) a présenté un projet chiffré, « gage de responsabilité dans l’utilisation des deniers publics », pour que « les gens fassent leur choix dans les propositions » à ses sympathisants venus remplir l’Espace 233 samedi matin.

    Entre le maire sortant François Bernardini (DVG) et son principal opposant, la vision d’Istres diffère particulièrement sur un point : l’urbanisation. Pour Robin Prétot, la commune « étouffe sous le béton ». Il explique : « Je ne nie pas le besoin de logements, mais je pense qu’il y a un équilibre à trouver. Quid des routes, des services publics, des écoles, des médecins… ? »

    Le secteur du Boisgelin cristallise ce désaccord. Le conseiller municipal d’opposition souhaite construire un grand parc pour un coût estimé de 28 millions d’euros tandis que François Bernardini y a engagé la reconstruction de la maison de retraite Les Cardalines. Robin Prétot veut aussi rouvrir le Pavillon de Grignan au public.

    Côté centre-ville, le candidat envisage un plan d’investissement de 30 millions d’euros sur 10 ans, dont 12 millions seront alloués au rachat, à la préemption et à la rénovation de logements et de fonds de commerces. Parmi ses propositions : la création d’une zone franche pour attirer les acteurs économiques et les médecins qui n’y payeraient donc pas de charge, « même si c’est quelque chose qui pourrait être dégressif », nuance-t-il, ou la gratuité des parkings pendant 3h.

    L’entièreté du programme est à retrouver en ligne.

  • Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    «Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour construire une ville plus à l’écoute, plus humaine et plus forte », déclare, devant un auditoire de 364 personnes réunies à l’Espace des libertés, le candidat de « Aubagne mérite mieux ».

    Juste avant, l’Aubagnais de 35 ans, qui fut adjoint à la jeunesse durant le 1er mandat du maire (LR) Gérard Gazay a dit vouloir porter la voix des électeurs « autour d’un projet à la fois réaliste et réalisable ». Dans son équipe, Wahiba Thiery (finances) a constaté qu’il y avait aujourd’hui « moins d’agents municipaux, mais une masse salariale qui a explosé » sous la gestion du maire Gérard Gazay.

    « Le social sera protégé »

    Or « cette gestion-là, ça veut dire plus de strates hiérarchiques. Plus de cadres très bien payés. Et pendant ce temps, le terrain se vide », a-t-elle relevé. Au contraire, a développé la jeune femme, avec le programme de Giovanni Schipani, « le social sera protégé ». Le candidat, selon « la conviction que personne ne doit plus être laissé de côté », veut par exemple « une meilleure coordination entre les associations, les services de la Ville, les acteurs sociaux, notamment pour les personnes sans domicile et les situations de grande précarité. » Il défend le projet, dénommé Aubagn’elles, de « créer une maison municipale dédiée à la protection des femmes victimes de violence ». Mais aussi « une équipe de médiation sociale ». Il promet la cantine à 1 euro pour les enfants scolarisés. Le budget du Centre communal d’action sociale sera « augmenté de 10% ». Giovanni Schipani s’engage par ailleurs « à baisser de 10% les indemnités du maire et de ses adjoints ».

    Il entend également « mettre fin à la bétonisation », « classer les meilleures terres agricoles en zones protégées, et sécuriser l’eau ».

  • La parité c’est faire vivre l’égalité

    La parité c’est faire vivre l’égalité

    C’était une anomalie indigne d’une démocratie digne de ce nom : l’absence de parité entre les femmes et les hommes sur les listes dans les communes de moins de mille habitants. Le scrutin municipal de mars prochain verra donc cette injustice enfin réparée. Les conseils municipaux, partout sur le territoire, seront bien plus représentatifs de la population. Dommage qu’en la matière, seule la contrainte de la loi a permis aux femmes d’accéder à des mandats. Le chemin demeure semé d’embûches, la politique étant toujours dominée par le poids du patriarcat et une misogynie ambiante si néfaste à la démocratie.

    Le prix de la démocratie

    Cette parité femmes-hommes pour les fonctions électives dans les petites communes permettra un renouvellement nécessaire et participe aussi d’un combat fondamental : ramener aux urnes les abstentionnistes.

    La loi met également fin au « panachage », plus crûment dit à la possibilité de rayer des noms sur les listes. Là encore c’est une pratique d’un autre âge qui revenait, en fait, à régler des comptes.

    On ne peut pas revivifier la démocratie, surtout quand elle est affaiblie par les discours démagogiques et populistes, en continuant à flatter les bas instincts : exclure les femmes et raturer des noms.

    Alors, oui, c’est difficile, c’est plus long et fastidieux de bâtir des listes. Mais n’est-ce pas le prix de la démocratie ? Dans un pays où près de 70% des communes comptent moins de mille habitants, instaurer la parité femmes-hommes, c’est faire vivre la liberté, l’égalité, la fraternité… et la sororité.

  • Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    La date limite pour déposer les listes de candidats pour le premier tour du scrutin municipal est fixé au 26 février. Dans certaines communes, la composition des équipes en lice peut tourner au casse-tête. De nouvelles règles sont en effet en vigueur pour cette campagne 2026. La proposition de loi « visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité » a été adoptée par l’Assemblée nationale après de vifs débats, le 7 avril 2025. Elle a été validée par le Sénat, un mois plus tard.

    Concrètement, ce texte prévoit de généraliser le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants : les listes doivent respecter la parité, ce qui signifie être composées d’autant de femmes que d’hommes, avec une alternance stricte entre les genres.

    Fin du système de panachage

    Auparavant, dans ces petites communes, le scrutin majoritaire plurinominal en vigueur ne permettait pas d’imposer la parité. Un système de panachage donnait la possibilité aux votants de rayer certains noms. Un procédé qualifié de « tir aux pigeons », l’an passé, par les rapporteurs du texte au Sénat. Dorénavant, ces communes éliront leurs représentants à partir de listes paritaires, sans possibilité de panachage. Ces changements doivent « permettre la constitution d’équipes municipales cohérentes et moins fragiles », déclarait, en avril 2025, la ministre déléguée chargée de la Ruralité de l’époque, Françoise Gatel.

    Selon une étude publiée par la Caisse des dépôts en septembre dernier, la part des femmes dans l’ensemble des conseils municipaux élus en 2020 s’établit à 41,5%. Avec, toutefois, des écarts très marqués selon que l’on considère les maires (17,5%), les adjoints (36,4%) ou les conseillers municipaux (40,9% chez les conseillers indemnisés et 45,8% chez les conseillers non indemnisés). Sans surprise, la part des femmes est plus faible dans les conseils des communes de moins de 1 000 habitants, pour lesquelles aucune obligation de parité ne s’appliquait en 2020 : elle atteint 37,6% dans ces communes.

    L’objectif de la loi est donc de renforcer la présence des femmes parmi les candidates aux élections municipales. La France compte quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, soit environ 70% de l’ensemble des communes. Elles vont donc devoir s’adapter pour parvenir à la parité ou la maintenir. « Dans l’immense majorité des cas, ce sont des hommes qui vont devoir laisser leur place à des femmes élues », observait Julia Mouzon, présidente du réseau des Élues locales, dédié à la formation des femmes élues, sur France Inter en novembre dernier.

    Le dépôt de liste incomplète possible

    à ses yeux, il s’agit d’une « question de culture locale » à faire évoluer : « Il faut avoir en tête que même si l’application peut être difficile sur le moment, ce sont des lois qui réveillent notre vie politique, qui font entrer des personnes qui n’étaient pas dans la politique, qui obligent des têtes de listes à s’interroger pour savoir comment est-ce qu’elles vont inciter des personnes à venir participer à la vie de la cité. »

    Certains parlementaires ou élus locaux s’inquiètent de voir des communes de moins de 1 000 habitants dans l’impossibilité de constituer des listes dans le cadre de ces nouvelles dispositions. Plus de soixante sénateurs avaient ainsi saisi le Conseil constitutionnel pour contrer cette loi parité, en avril 2025, évoquant dans un communiqué « un risque de déstabilisation (…) et d’appauvrissement du nombre de candidats ». Les Sages n’avaient pas donné suite, le texte étant considéré en tout point conforme à la Constitution. La loi a donc été promulguée.

    Pour tenir compte des caractéristiques et faciliter la constitution des listes dans ces communes de moins de 1 000 habitants, la loi autorise cependant le dépôt de listes incomplètes, mais fixe un seuil minimum de candidats par liste : cinq dans les communes de moins de 100 habitants ; neuf dans les communes de 100 à 499 habitants ; treize dans les communes de 500 à 999 habitants.

    Reste à voir comment les communes relèveront ce défi pour faire vivre, concrètement, l’ambition de parité au cœur de la démocratie locale.

    En chiffres

    41,5%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, en France, selon la Caisse des dépôts.

    37,6%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, cette fois dans les communes de moins de 1 000 habitants. Par département : Bouches-du-Rhône entre 46 et 51%,

    Var entre 39 et 42%,

    Vaucluse entre 39 et 42%, Hautes-Alpes entre 34 et 39%, Alpes-de-Haute-Provence entre 34 et 39%.

    25 000

    Le nombre environ de communes de moins de 1 000 habitants comptabilisées en France et qui sont donc concernées par la généralisation de la loi sur le scrutin de liste paritaire.

  • LFI présente ses têtes de liste dans les quartiers Nord

    LFI présente ses têtes de liste dans les quartiers Nord

    Le principal problème dans les quartiers Nord ce sont les logements », affirme Rabya Boinaheri, tête de liste pour les 15e et 16e arrondissements. Ce samedi, Sébastien Delogu, accompagné d’autres candidats insoumis de France, présentait les deux têtes de liste des 13-14, Mohamed Bensaada, et des 15-16 à Marseille devant environ 400 personnes. Les candidats ont rappelé leur programme et dénoncé, selon eux, « le système corrompu et clientéliste » de la ville.« Le logement est la priorité, lance Sébastien Delogu. Dès le 23 mars, nous mettrons en place un plan contre le sans-abrisme, une brigade contre les marchands de sommeil et la réquisition des logements vides. La ville manque de logements, donc nous construirons 30 000 logements très sociaux. »

    Un tramway de l’Hôpital Nord à la Valentine

    La question des transports a également été soulevée par Mohamed Bensaada, tête de liste pour les 13-14, en proposant le projet du tramway des collines, pour relier l’hôpital Nord à la Valentine. « Et des transports gratuits pour les moins de 26 ans », ajoute le chef de file des 13 14.

    L’enjeu de la tranquilité publique a été évoqué avec notamment le développement de la police de proximité. « Elle devra être un service public, c’est-à-dire un outil à la vie en collectivité des habitants et non un moyen de répression. […] On ne réglera pas la question du crime organisé par des effectifs supplémentaires ou des caméras. À la France insoumise on a un plan national qui prend en compte l’aspect sanitaire, sécuritaire et remonter les flux financiers et mettre fin au trafic d’armes », martèle Mohammed Bensaada. Un meeting marqué par la volonté d’être en « rupture

  • Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Au pied des tours de la Solidarité, à l’extrémité du 15e arrondissement de Marseille, la pluie a contraint les militants à s’abriter. « C’est vous qui nous donnez envie de continuer », les applaudit le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, venu soutenir ce samedi matin sa tête de liste pour les 15-16, la maire adjointe Samia Ghali, dans ce quartier au cœur des opérations de renouvellement urbain.

    « On a commencé à faire des choses, mais on a hérité d’une situation difficile », reconnaît-il au milieu de la foule. Refusant que ces quartiers soient une fois de plus oubliés. « Ça n’existe plus, ça n’existera pas », lance-t-il. Avant d’interpeller : « Pour la première fois dans l’histoire de notre ville, c’est ou le RN et les fachos, ou nous. » Les applaudissements ne laissent aucun doute sur le choix des personnes présentes. « Nous avons une histoire particulière, douloureuse, avec le FN dans les quartiers Nord », explique le chef de file des communistes dans le secteur, Ibrahim Mzé, évoquant l’assassinat d’Ibrahim Ali en 1995 par des colleurs d’affiches du parti lepéniste. « Ils ont changé une lettre, mais les idées restent les mêmes. »

    Vaincre l’abstention

    Les insoumis de leur côté avaient obtenu la moitié des suffrages lors des européennes. Mais dans ce scrutin local, les soutiens de Sébastien Delogu se font moins ressentir, assurent les personnes présentes. « Comment quand on se dit de gauche, on peut ne pas avoir un mot à dire sur le RN, sur le Département pour le social, sur la Métropole pour les transports… Pour lui, le problème c’est nous. C’est une méconnaissance de l’histoire qui peut s’avérer dramatique », s’irrite Benoît Payan.

    Mais l’abstention surtout est en ligne de mire. « Pourquoi ils ne vont pas voter ? Mais c’est parce qu’ils ont été déçus, déçus du gouvernement », interpelle une femme venue visiter sa mère. « Pendant six ans, les élus ont été au quotidien auprès des habitants », répond-on dans l’entourage de Samia Ghali. Et de désigner la crèche et le centre social sauvés de la fermeture, les chantiers qui vont commencer pour la mosquée, pour la maison intergénérationnelle. « Bien sûr qu’il reste des choses à faire, finir ce qu’on a entamé, continuer encore », admet la maire adjointe. Le désamiantage a commencé avant la démolition de la barre G de Kallisté, les travaux vont commencer pour l’école. « Il y a des choses positives qui commencent à se voir, il faut amplifier ce mouvement pour que les habitants aient accès à l’éducation, à la santé, aux transports en commun », appuie Ibrahim Mzé, bataillant pour le prolongement du métro à l’hôpital Nord.