Tag: Municipales

  • L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    Il est venu en pédalant et est reparti de la même manière. Dan Jacobi (EELV), cycliste et blogueur, est présenté comme le porteur du volet mobilité et cyclisme dans la campagne de l’Union pour Arles, conduite par Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse dédiée, ce jeudi matin. Le quinquagénaire, parcourant « 12 000 à 17 000 km par an » à vélo selon ses dires, a les idées très claires avec six mesures « raisonnées et chiffrées qu’on peut assumer ».

    En premier lieu, celle de développer un réseau cycliste continu. « Oui, il y a déjà des pistes cyclables car la loi l’oblige lorsqu’on refait les routes. Mais sans continuité ni cohérence », explique le candidat. Il défend « l’intermodalité » pour les trajets au travail. « Nous voulons des pistes qui partent du centre-ville et rayonnent dans tous les quartiers et villages avec des codes couleurs et une signalétique compréhensible par tous », détaille-t-il, avec « des trottoirs séparés », notamment pour « que tout le monde, y compris les femmes et les personnes défavorisées, se sentent autant légitime que les hommes qui fréquentent des clubs », affirme Dan Jacobi.

    Le biclou populaire

    L’expert de l’Union pour Arles insiste sur le volet accessibilité du vélo. « Nous créerons une école du vélo municipale, pour que tout le monde sache passer ces vitesses et lâcher un bras pour indiquer sa direction », particulièrement pour franchir « le pont de Trinquetaille, exemple des peurs et difficultés des gens ». Il n’exclut pas d’organiser des « balades pédagogiques », notamment pour « montrer que la passerelle faite pour les vélos et la transhumance existe », sous le pont de la RN113.

    Mais un vélo, combien ça coûte ? « Pour le vélo-taff ou s’amuser, ce n’est pas cher : il y a l’occasion et l’association Combivici en propose à moins de 60 euros, qui suffisent largement », affirme Dan Jacobi. Tout serait une question d’adaptation selon lui. « La principale barrière est le mal au cul. Oui, les trois premiers jours, c’est un cauchemar, mais une semaine après, tous les vélotaffeurs ont la banane », tranche le cycliste.

    Pour Nicolas Koukas, tête de liste (PCF), « il faut protéger les vélos et pas juste les tolérer ». Le candidat considère que l’écologie « ruisselle dans toutes les délégations », dont celle dévolue à Dan Jacobi, d’ailleurs membre des Écologistes, dont les responsables locaux ont rejoint la liste de Jecilla Regad (LFI). « C’est à l’échelle de la ville qu’on peut changer le plus de choses vite, la liste de Nicolas est le plus large rassemblement à gauche. Il faut savoir s’engager au bon endroit, au bon moment », juge Dan Jacobi.

  • À Marseille, la liste de droite mise sur les fonds européens

    À Marseille, la liste de droite mise sur les fonds européens

    Jusqu’à 7 milliards d’euros. C’est la somme que Marseille et ses acteurs locaux seraient en mesure d’obtenir grâce à une « captation systématique des fonds européens », selon Romain Simmarano, porte-parole de la candidate Martine Vassal (DVD). « Marseille n’a jamais réussi à véritablement se servir de l’Europe comme elle aurait pu, assure-t-il. Nous avons une situation dans laquelle, de façon chronique, la Ville se passe de gisements de crédits qui permettraient de financer la totalité ou presque des projets municipaux. »

    L’idée est donc d’aller chercher, dans tous les domaines d’action de la municipalité, les financements européens. Ceux-ci peuvent être obtenus soit directement par la Ville, soit par les acteurs locaux en capacité de répondre aux appels à projets lancés par l’institution bruxelloise. « Nous évaluons à 20 millions d’euros par an le montant que la mairie de Marseille peut obtenir dans ses propres caisses, pour ses propres projets, détaille le porte-parole. On estime que 7 milliards d’euros, sur l’ensemble de la prochaine mandature, sont récupérables pour l’ensemble des acteurs du territoire. »

    Trois piliers

    Romain Simmanaro promet qu’il s’agit là d’un objectif rationnel, prenant en compte la possibilité d’échouer face à d’autres villes dans la tentative d’obtention de certains financements. « On ne commencera pas à financer un seul dossier tant qu’on n’aura pas cherché à le financer par des fonds européens. » C’est là l’un des trois piliers de la stratégie de captation de fonds que souhaitent mettre en place les alliés de Martine Vassal, selon Sandra Blanchard, colistière de l’actuelle présidente de la Métropole. Figure aussi : la création d’une mission locale pour encourager « les acteurs associatifs, les entreprises, les opérateurs de ce territoire institutionnel, à déposer des dossiers ». De quoi favoriser un « service d’intérêt général d’initiative privée », s’enorgueillit Sandra Blanchard. La mission locale aura aussi son pendant à Bruxelles, promet-elle. « Deux permanents qu’on recrutera seront placés à Bruxelles pour représenter Marseille au niveau de la scène européenne, se projette Romain Simmarano. L’idée est de permettre d’identifier tous les appels à projets, mais aussi de défendre notre territoire. »

    Les fonds européens sont aussi envisagés comme une ressource financière capable de compenser le « choc fiscal » que Martine Vassal s’est engagé à mettre en place.

  • L’extrême droite prépare un duel avec Payan et s’imagine déjà gagnante

    L’extrême droite prépare un duel avec Payan et s’imagine déjà gagnante

    Le dernier sondage sur les intentions de votes pour l’élection municipale à Marseille, réalisé par OpinionWay pour les médias de la sphère Bolloré CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche en début de semaine (lire notre article du 25/02), donne des ailes au candidat du Rassemblement national pour la mairie, Franck Allisio.

    « Pour la première fois, un sondage nous a donnés vainqueur au second tour. C’est une indication importante, un tournant de la campagne », se réjouit Franck Allisio, ce jeudi matin, lors d’un point presse à Marseille. Il évoque « une clarification qui intensifie le duel entre Benoît Payan, le maire sortant, et notre équipe ».

    Avant de marteler : « Au second tour, ça se jouera entre lui et notre liste, qu’on soit deux, trois ou quatre. » Le député de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône s’y voit déjà : « Dans le cadre d’une quadrangulaire, nous l’emportons d’un point, c’est aussi un événement de campagne ». Mais ne s’enflamme-t-il pas un brin ? Rappelons que la marge d’erreur estimée se situe entre 1,4 et 3,1 points, que l’enquête portait sur 735 personnes sondées entre le 16 et le 23 février, et qu’il donnait à 2% le candidat Victor Hugo Espinosa (Écologie au centre) qui s’est retiré depuis. Surtout, en cas de triangulaire où la liste LFI de Sébastien Delogu se retirerait, c’est la gauche qui l’emporterait largement…

  • Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    « Laboratoire pour l’extrême droite en 1995 », Toulon pourrait le redevenir en 2026, et de manière « encore plus puissante », s’inquiète Alain Tournay, représentant de la FSU 83. Une crainte que partagent massivement les syndicats FSU, CGT et Solidaires, réunis, jeudi, devant la mairie de Toulon, symbole d’un danger imminent incarné par la candidature de Laure Lavalette. « Madame Lavalette est une intégriste catholique », juge Julien Saint-Roman, lui aussi représentant de la FSU 83, qui ne croit pas à la prétendue absence d’étiquette de la candidate : « Elle n’est pas apolitique. Elle est porte-parole de Marine Le Pen et appliquera son intégrisme et son nationalisme au niveau local, qu’elle montre déjà en assistant à la messe en latin tous les dimanches. »

    « L’extrême droite est dans une conquête idéologique de plusieurs centaines de villes, car ils ont un projet de changement de société », affirme Richard Romeo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT 83. Ce projet porte un nom : Périclès, comme le père du Parthénon, monument emblématique de l’Acropole et de la démocratie athénienne. Menée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, cette initiative vise à favoriser une victoire idéologique de l’alliance entre l’extrême droite et la droite conservatrice en France, notamment en remportant 1 000 mairies en mars.

    Toulon, première métropole française dirigée par le FN de 1995 à 2001, est une cible stratégique. « En prenant une ville de cette ampleur, ils espèrent avoir des sénateurs. Quand ils en auront, ils agiront sur la Constitution, comme ils l’ont fait dans d’autres pays et ne rendront plus le pouvoir », accuse Richard Romeo-Giberti.

    « Se dessine une école qui assume les inégalités »

    Ce que craignent les syndicalistes, c’est donc la stratégie de conquête du pouvoir du parti lepéniste, qui s’intègre dans un mouvement d’ampleur mondiale. « L’extrême droite porte des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes. Elle remet en cause les principes républicains et démocratiques. Le bilan le démontre en Argentine, aux États-Unis, en Italie, en Pologne… Partout où elle arrive au pouvoir, elle s’attaque à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice, aux libertés universitaires et syndicales, au droit des étrangers et des personnes LGBTQIA+ et remet en cause l’accès à l’IVG et à la culture », prévient Brigitte Cheinet, secrétaire générale de l’USR-CGT 83.

    Ces orientations incarnent notamment un danger sur le plan éducatif, pointe Alain Tournay : « Le projet de l’extrême droite, c’est l’ordre contre la liberté, le pouvoir contre les droits, la hiérarchie contre l’égalité, la propagande contre les savoirs. Elle dessine une école qui assume les inégalités par la remise en cause des dispositifs qui les combattent, notamment l’éducation prioritaire, et l’exclusion voulue et assumée d’une partie des élèves. Ce sont les contours du projet Périclès. » Julien Saint-Roman complète : « L’extrême droite au pouvoir, c’est la censure dans les bibliothèques, l’exclusion des publics fragiles, notamment par le périscolaire et la cantine, de plus en plus payants et donc discriminants. »

    Concernant la gouvernance locale, « ce qu’il y a sur ses affiches de campagne sont des mensonges, assène Richard Romeo-Giberti. Il y a des choses qu’elle prétend vouloir changer, mais certaines compétences sur le logement, la sécurité, la propreté, la voirie, ne relèvent pas de la municipalité. » Olivier Rosay, représentant Solidaires 83, ajoute : « L’extrême droite fait campagne sur la sécurité, sur le renforcement de la police. Nous, nous considérons que la sécurité doit être avant tout sociale. »

  • Evincée du Printemps marseillais, Christine Juste dépose sa liste

    Evincée du Printemps marseillais, Christine Juste dépose sa liste

    Le travail s’est poursuivi jusqu’à 3h du matin pour compiler tous les formulaires. Mais, ce jeudi après-midi, après d’ultimes corrections, l’adjointe sortante Christine Juste, suspendue des écologistes, a bien déposé une liste de 111 noms, étiquetée divers écologistes, pour la mairie de Marseille, après avoir déposé celle pour la mairie des 6e et 8e arrondissements, dans la matinée.

    Deux jours plus tôt, elle avait découvert son éviction du Printemps marseillais. « J’ai eu quelques heures de stupéfaction, reconnaît-elle. J’avais le choix soit de reprendre, soit d’arrêter. Mais on ne peut pas passer d’un engagement 24h sur 24 à du jardinage. » Elle estime avoir payé pour la lettre adressée par des élus écologistes marseillais à la direction de son parti, qui accusait Benoît Payan d’avoir « volé la victoire » de Michèle Rubirola. « Juin 2025 se paye en mars 2026 », souffle-t-elle. Mais il lui est aussi reproché d’avoir apostrophé le directeur de cabinet en maire des 6-8, Gwenaël Richerolle, en disant que « s’il avait été là pendant la guerre, il aurait vendu des juifs aux Allemands ». « Je regrette ces propos, mais il faut avoir l’historique », se défend-elle.

    La constitution express de la liste a été rendue possible par un rapprochement avec le conseiller métropolitain délégué à la propreté (DVD) Jean-Yves Sayag (4e sur la liste), qui n’avait pas été retenu sur la liste de Martine Vassal, et surtout l’adjoint (GRS) aux taxis Sami Benfers (110e), qui s’est lancé depuis septembre dans les 13-14 avec sa propre liste et a apporté le gros des troupes grâce à son collectif Ambition citoyennes. S’ajoute aussi l’élue écologiste Zoubida Meguenni (3e). « Nous avons une vision en symbiose pour Marseille, nous irons jusqu’au bout », promet Jean-Yves Sayag, après les nombreuses pressions pour empêcher la création de la liste. « Étant donné les coups de fil que nous recevons, nous devons inquiéter un peu », rit Christine Juste.

    « Soviet suprême »

    « Nous sommes des gens de rassemblement, pas des gens de l’entre-soi », affirme pour sa part Sami Benfers, qui estime que « le Printemps marseillais gagnerait à s’élargir beaucoup plus ». Si certains ont cet esprit d’union, « il y en a d’autres qui fonctionnent comme au Soviet suprême », attaque-t-il. « Face au risque de voir gagner le RN dans la 2e ville de France, cette initiative solitaire de division est irresponsable, réagissent les écologistes. Nous appelons au rassemblement derrière le Printemps marseillais. Aucune voix ne doit manquer. » Christine Juste, elle, promet : « Peut-être on fera le castor » pour faire barrage au second tour.

  • À Marseille, la liste Delogu dévoilée

    À Marseille, la liste Delogu dévoilée

    Dans la liste « Marseille fière et populaire » dévoilée ce jeudi, conduite par le député Sébastien Delogu, on retrouve de nombreux fidèles de La France insoumise et les principales figures déjà choisies par le mouvement mélenchoniste pour mener bataille dans les secteurs municipaux.

    On y retrouve aussi, en 3e position, Sébastien Barles, adjoint écologiste au maire de Marseille, exclu de son parti pour avoir fait le choix de monter le collectif Vaï, insoumis-compatible, et sa compagne, la conseillère départementale Nouriati Djambaé, en 8e position. Le militant LGBTQIA+ Alexandre Rupnik, élu écologiste de secteur et ex-candidat de la Nupes, apparaît en 27e position, tandis que la militante de la cause palestinienne Régine Fiorani est en 50e position.

    Annoncé en « position éligible » par l’équipe de campagne, le coordinateur national de la France insoumise, Manuel Bompard, est également candidat au 29e rang.

    La liste complète :

    1. DELOGU Sébastien

    2. HARTPENCE Paola

    3. BARLES Sébastien

    4. BIJAOUI Léa

    5. BENSAADA Mohamed

    6. DIETHELM Victoire

    7. TROCMÉ Imrane

    8. DJAMBAE Nouriati

    9. BRUNEAU Axel

    10. IROUCHE Sihem

    11. CORONADO Sergio

    12. DEWEERDT Charlotte

    13. MANSRI El Hocine

    14. SEVIN Kalila

    15. CHAMPION Maxime

    16. GAUDIN Anne-Laure

    17. BOURNEUF Aurélien

    18. IEHL Corinne

    19. BENNAHMIAS Antoine

    20. MEGHRAOUI Myriam

    21. ABDALLAH SALIM Alladine

    22. BENDAOUADJI Inès

    23. FEIX Alexis

    24. ESTEVENS Mouriès Maria

    25. OUACHANI Radhouane

    26. BOINAHERI Rabyata

    27. RUPNIK Alexandre

    28. HESKIA Florence

    29. BOMPARD Manuel

    30. MÉOUCHY Elise

    31. ALI SAID Hassan

    32. DELAUBIER Anne-Marie

    33. DIAS-LACHÈSE Dominique

    34. DUPUY Julie

    35. PRUVOST Bernard

    36. BAKRI Katia

    37. ESPI Frédéric

    38. SONCIN Lisa

    39. TRACOL Samuel

    40. RIPOSATI Daisy

    41. GEISSER Vincent

    42. VOYER Valerie

    43. BENHADDI Salim

    44. BROCHART Eve

    45. MOIROUX Xavier

    46. ESCOT Magalie

    47. LAHMER Samy

    48. MURAGLIA Magali

    49. PEPE-CAHUAC Lucas

    50. FIORANI Régine

    51. AGULLO Olivier

    52. MARTIN Laure

    53. ILLOUL Dorian

    54. MAZMOUR Rhizlane

    55. PINEAU Blaise

    56. SAI Ratiba

    57. AÏN-ESTABLET Vincent

    58. BURO Chantal

    59. SIMON David

    60. HEBBACHE Yasmina

    61. HAJJAJ Alain

    62. HAKIMIAN-PEREZ Lola

    63. BELAROUSSI Mohamed

    64. DALLIER Djamilla

    65. IMBERT Paul

    66. BERRICHE Karima

    67. BRECHET Pierre

    68. HRAGUA Donia

    69. MAROUANE Abderrahmane

    70. NAUROY Manon

    71. BLACHE Philippe

    72. YACOUB Nadine

    73. BELHADJ Benjamin

    74. MAZRHI Fayrouz

    75. AGEORGES Guillaume

    76. GIALLO Jacqueline

    77. BAREK Foukad

    78. MARCHAL Lucie

    79. YOUNÈS Amine

    80. COSMA Marie

    81. JOURDAN David

    82. AOUNALLAH Habiba

    83. RIGAULT Nicolas

    84. CHEVALLIER Sylvie

    85. TOSOLINI Matthias

    86. PREYNAT Leslie

    87. BA Cheikh-Oumar

    88. AMAMI Sihem

    89. FINETTE Charly

    90. BORDIER Gabrielle

    91. BOLZER Nicolas

    92. SIRE Floriane

    93. FALEK Khaled

    94. VALADEAU Hélène

    95. CHERBERO Pierre

    96. Dreyfus Valérie-Elvina

    97. CLAUSSE Quentin

    98. RABINE Alice

    99. AZIZ Otmane

    100. OLLIER Claire

    101. BILLOIS Julian

    102. VEINBERG Véronique

    103. DESCAMPS Lionel

    104. HUILLE Aminda

    105. CHEMINAL Luc

    106. KHELIFI Heinda

    107. GARIN Michel

    108. DIAZ Estelle

    109. TIMRICHT Rabah

    110. MARX Laura

    111. ESCOBAR Rolland

  • Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Faire de l’occitan autre chose qu’un patrimoine figé. C’est le sens de la démarche portée par le nouveau collectif Montpelhièr l’Occitana, officiellement lancé lors d’une conférence de presse organisée le 5 février. Pour la première fois à cette échelle, près d’une vingtaine d’associations occitanistes – culturelles, éducatives, sportives et médiatiques – ont décidé d’unir leurs forces pour interpeller publiquement les candidats aux élections municipales de mars 2026.

    « La langue est un ensemble cohérent »

    Coordonné par Pierre-Luc Angles, membre de la Calandreta dau Clapàs et du Cercle Occitan dau Clapàs, le collectif revendique une indépendance totale vis-à-vis des partis politiques. « Nous tenons à cette indépendance. Nous sommes dans une politique d’ouverture », insiste-t-il, rappelant que l’objectif n’est pas de créer un mouvement partisan, mais de peser sur le débat public. En toile de fond, un constat partagé : l’occitan est classé « en danger de mort » par l’Unesco, alors même que les sondages récents montrent un attachement fort de la population aux langues régionales. Le texte destiné aux candidats pose les bases d’une politique transversale en faveur de la langue occitane. Six axes structurent les propositions : développement de l’enseignement public et associatif, reconnaissance institutionnelle, soutien au tissu associatif, présence de l’occitan dans l’espace public, programmation culturelle dédiée et formation des agents territoriaux.

    Sur la question scolaire, les prises de parole ont souligné l’importance d’une politique d’offre. Marie-Jeanne Verny, présidente du Creo Lengadòc, défend l’idée que « tous les enfants de Montpellier ont droit à la connaissance de la langue du pays », y compris ceux dont les familles ne la demandent pas spontanément. À ses côtés, les représentants des Calandretas rappellent que plus de 550 élèves sont aujourd’hui scolarisés en immersion occitane sur le territoire montpelliérain, preuve d’une demande sociale bien réelle. Mais pour le collectif, l’école ne suffit pas. « Si les enfants ne rencontrent pas la langue dans la société, ils font du latin », résume Marie-Jeanne Verny. D’où la nécessité de sortir de ce qu’elle appelle le « syndrome de la langue dans le bocal » : une langue cantonnée aux salles de classe, aux associations ou aux événements ponctuels.

    Cette critique traverse l’ensemble des propositions. Signalétique bilingue, annonces sonores dans les transports, communication municipale, noms de rues : autant de leviers jugés sous-utilisés à Montpellier, en comparaison avec d’autres territoires comme le Pays basque ou Toulouse. « Il faut que les enfants entendent et voient que c’est une langue vivante », martèle Alain Bessière, président du Cercle occitan de Montpellier. Le volet culturel occupe également une place centrale. Théâtre, musique, littérature, sport traditionnel : le collectif plaide pour une programmation régulière et visible, inscrite dans les cahiers des charges des équipements subventionnés.

    Au-delà des moyens financiers, les associations réclament une reconnaissance politique claire : un service dédié à la langue occitane, une délégation identifiée, un chargé de mission à temps plein, et un rendez-vous annuel avec la municipalité pour évaluer les engagements pris. « La langue, ce n’est pas un événement, c’est un ensemble cohérent », résume Marie-Jeanne Verny. Reste désormais à voir comment les candidats aux municipales répondront à cette interpellation collective, inédite par son ampleur, à quelques semaines du scrutin.

  • À Forcalquier, une liste citoyenne en lice face au maire sortant

    À Forcalquier, une liste citoyenne en lice face au maire sortant

    « Les débats ont commencé en 2019, lorsqu’un mouvement citoyen s’est opposé à l’agrandissement d’une grande surface », se rappelle Jean-Michel Grès, tête de la liste citoyenne. « Les trois valeurs qu’on met en avant sont la solidarité, la démocratie participative et l’écologie », avec l’objectif de « réconcilier les citoyens avec la politique locale », explique-t-il. Ceux qui ont été élus dans l’opposition, en 2020, « ont démissionné pour permettre aux autres de participer », précise-t-il.

    Parmi les propositions de cette liste citoyenne, la gouvernance collaborative avec une consultation des citoyens, l’agrandissement de la maison de santé, la rénovation du palais de justice, la lutte contre les violences intrafamiliales et la mise en place de médiateurs de rue « pour aller au contact sans uniforme bleu ».

    Le candidat nie être fermé au débat

    Critiqué, ces derniers jours, pour son refus de participer au débat organisé par La Provence, Jean-Michel indique n’avoir pas souhaité participer « car les conditions données ne nous convenaient pas ». Le chef de file de la liste citoyenne affirme vouloir organiser un débat avec David Gehant, le maire sortant candidat à sa réélection.

    Originaire de Provence, Jean-Michel Grès est installé à Forcalquier depuis 18 ans et est chef de son entreprise de ferronnerie. Sa liste se présente sans étiquette.

    Réunion publique le 10 mars
    à 19h à l’Espace Culturel
    Bonne Fontaine à Forcalquier.

  • [Entretien] Élie Cordier : « Associer les acteurs dans les projets à Gap »

    [Entretien] Élie Cordier : « Associer les acteurs dans les projets à Gap »

    Élie Cordier est à la tête de « L’union pour Gap », en lice pour les élections municipales. Pour rappel, la liste rassemble des membres issus de partis de gauche et écologistes, avec le soutien du PS, du PCF, des écologistes, de Génération.s et de Place publique. Ils se rassembleront ce jeudi, à l’occasion d’une réunion publique, à partir de 18h30 au Quattro, 56 avenue Emile-Didier.

    La Marseillaise : Comment va se dérouler ce meeting ?

    Élie Cordier : Nous présenterons la liste et le programme que nous portons aux élections municipales. De courtes vidéos seront projetées pour illustrer les différentes mesures. Ensuite, un temps de discussion avec les colistiers sera proposé.

    Quels axes allez-vous développer lors de ce rendez-vous ?

    E.C. : Mes colistiers et moi présenterons des mesures au sujet de la mobilité et du déplacement à l’échelle de l’agglomération. On parlera d’accès au soin. Nous aborderons le sujet de la petite enfance et son accompagnement. Nous échangerons à propos de l’action sociale au niveau de la ville en essayant de voir comment nous pouvons créer du lien. Nous aurons également l’occasion de nous exprimer sur la transition écologique, la végétalisation de notre centre-ville, l’éducation, la culture ou encore le sport.

    Pouvez-vous présenter trois projets forts qui marquent votre programme ?

    E.C. : Le premier projet que nous allons présenter est celui de la création d’un centre municipal de santé. L’idée est d’attirer des professionnels afin de solutionner les difficultés que les habitants et habitantes rencontrent pour se faire soigner. Nous savons qu’il manque des spécialistes, notamment dans le secteur du dentaire, de la dermatologie et de la cardiologie.

    Le second projet est celui de la ferme communale. Nous imaginons une infrastructure habitée par des agriculteurs locaux. De nouvelles personnes qui souhaiteraient s’implanter ou des exploitants déjà installés et qui sont à la recherche de foncier. La production au sein de cette infrastructure pourrait bénéficier à la cantine municipale, qui sert les scolaires et les Ehpad. La ferme se situerait dans le quartier des Eyssagnières. Pour la dimension, nous laissons une latitude dans la construction de nos projets pour y associer les acteurs.

    Le dernier projet concerne le stationnement. Comme de nombreuses communes, Gap est confrontée à une baisse de fréquentation. « L’union pour Gap » voudrait développer un système qui vise à étendre le stationnement gratuit en ville en cas de consommation dans le centre.

    Inscription par mail à programmeupg@gmail.com, par téléphone au 07 66 43 89 55 ou sur le site internet unionpourgap.fr

  • À Avignon, sur le marché, la gauche creuse ses sillons

    À Avignon, sur le marché, la gauche creuse ses sillons

    Mercredi matin, c’est jour de marché sur la Rocade, à Avignon. Depuis plusieurs semaines, les candidats viennent aussi y faire leur marché. On s’épie, on discute parfois, on s’invective aussi. Un panneau d’affichage met côte à côte David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI). « Tiens, ils se sont déjà accordés pour le 2e tour », ricane-t-on dans les rangs d’Olivier Galzi (DVD), où on est certain que les deux listes de gauche s’allieront après le 15 mars. « Ils ont plus d’infos que nous », sourit Méliades Bay, militant de l’Après, soutien de David Fournier. « Amis de gauche, bonjour », salue Fatima Ouhaibi, de Génération.s, qui, comme le PCF avignonnais, milite pour Mathilde Louvain. « Tu viens tracter avec nous ? », ironise Méliades Bay, alors que les deux partis s’affichaient encore ensemble à l’automne pour appeler au rassemblement à gauche avant, ensuite, d’opérer des choix différents.

    Si entre certains à gauche, les relations demeurent, les ponts sont bien plus coupés pour d’autres. « Je ne suis pas fâché sur le fond, mais sur les méthodes, ce que j’ai dénoncé sur la mainmise de Raphaël Arnault sur LFI reste d’actualité », note l’ex-insoumis Farid Faryssy, passé avec fracas chez David Fournier. À titre personnel, il s’opposera à un rapprochement avec LFI au second tour, mais se pliera au choix majoritaire. David Fournier renvoie inlassablement à « une décision collégiale » au sein de sa liste, au soir du premier tour. Place publique ou le PRG ont déjà fait d’un rapprochement avec LFI un casus belli.

    « J’ai grandi ici, la proximité ça compte »

    Mais, avant de trancher l’épineuse question, chacun mène campagne avec l’espoir de devancer largement la liste de gauche concurrente. « On entre dans la dernière ligne gauche », glisse avec malice David Fournier. On sent l’actuel adjoint bien plus à son aise dans ce genre d’exercice que sur un débat TV. Il multiplie les accolades, les souvenirs avec certains. « J’ai grandi ici, la proximité ça compte beaucoup », note-t-il. On lui parle souvent de sa maman, l’ex-députée Michèle Fournier-Armand. Qui arrive sur place faire son marché. « Vous savez, on souffre plus quand son fils est en campagne que quand on mène soi-même campagne, confie-t-elle. Je crois beaucoup en lui, il fera du bien pour cette ville et les habitants. »

    « Il y a une envie de renouveau »

    Le rythme de fin de campagne s’intensifie. « Je fais deux réunions d’appartement par jour, y compris chez certains qui ont reçu Olivier Galzi », fait valoir David Fournier. L’ex-journaliste TV, donné en tête d’un récent sondage contesté par David Fournier, est dans le viseur du candidat et d’adjoints sortants, lui reprochant son amateurisme comme sur le commerce ou le logement social (notre édition du week-end). « Dans les réunions, on a 4-5 demandes de stages pour les jeunes, ça conditionne la poursuite de leurs études. On prévoit des rencontres avec des chefs d’entreprise qui ont des besoins », projette le candidat, qui constate « des urgences sociales ». « On a la connaissance du terrain, on souhaite mettre en place une sécurité sociale de l’alimentation en s’appuyant sur la municipalisation des cantines ou les corbeilles solidaires », développe David Fournier. Après avoir échangé à l’automne, David Fournier et Mathilde Louvain restent à distance.

    Sur le marché, la candidate LFI n’a pas la même notoriété que son concurrent. « Mais, c’est un atout, car il y a une envie de renouveau, de renouvellement par la base, on ne porte pas le poids du bilan et beaucoup ont l’impression que les choses se font sans eux », défend Mathilde Louvain, qui reste focalisée sur le débat local et pas sur l’agitation médiatique nationale, où son parti est accusé d’être associé à la mort du militant identitaire lyonnais. « On continue notre travail, Zohran Mamdani [maire de New York] n’a pas été élu sur les réseaux sociaux, compare-t-elle. Quand on va sur du porte-à-porte, on est sur les attentes concrètes du logement, de l’école, de la gestion de l’eau… On souhaite mettre en place des votations citoyennes sans condition de nationalité. » Autour d’elle, ses soutiens et colistiers assurent que son « côté apaisant [aperçu lors du débat TV] aide » à déminer. Sur le marché, on n’observe pas de réaction épidermique de rejet de LFI. « Ça peut être moins le cas place Pie [en centre-ville] , sourit Mathilde Louvain, mais un peu comme nous si on nous tend un tract du RN ». Qui demeure le véritable adversaire de la gauche.