Tag: Municipales

  • [Tribune] NO PASARAN !

    [Tribune] NO PASARAN !

    Marseille, ville-port, formée et enrichie par des populations venues de toutes les rives de la Méditerranée et au-delà. Une ville monde terre d’accueil et d’échanges sociaux, économiques et culturels. Une ville belle et rebelle, laboratoire solidaire du vivre-ensemble.

    Voir Marseille, la deuxième ville de France, succomber aux sirènes monstrueuses du Rassemblement national, une extrême droite autoritaire et antisociale, raciste, antisémite et xénophobe, sexiste et homophobe, obscurantiste et brutale. Jamais !

    Dimanche prochain c’est un véritable choix de civilisation qui s’impose à nous : notre responsabilité est de faire gagner le vote en faveur du Printemps marseillais, seul rempart contre la peste brune. Elle ne passera pas !

    Les signataires :

    Ariane Ascaride comédienne ; Robert Guédiguian cinéaste ; Roland Gori psychanalyste ; Thierry Fabre essayiste ; Alain Hayot anthropologue ; Brigitte Curmi Aflam ; Marie José Del Volgo psychanalyste ; Clémence Revest historienne ; Dominique Maraninchi cancérologue ; Éric Vivier Immunologue ; Jean-Luc Jouve Commission médicale de l’AP-HM ; Simone Bitton cinéaste ; Raphaël Imbert artiste ; Philippe Foulquié Fondateur Friche de la Belle de Mai ; Maurice Gouiran écrivain ; Jean-Pierre Ostende écrivain ; Michèle Sylvander artiste ; Pierre Ciot photographe ; Alain Paire chroniqueur ; Jean-Louis Paccul journaliste ; Julien Blaine artiste ; Gaëlle Rodeville Music et cinéma ; Harald Sylvander architecte ; Fabrice Lextrait les Grandes tables ; Catherine Lecoq comédienne ; Danielle Stéphan comédienne et syndicaliste ; Eva Darlan comédienne ; Audrey Estrogou réalisatrice ; Dominique Sicilia metteuse en scène ; Sylvie Paz chanteuse ; Cathy Heiting chanteuse ; Dominique Bianchi Chanteuse ; Stéphanie Lemonnier poète ; Bernard Plasse galeriste ; Monique Deregibus artiste ; Patrick Box artiste ; Gilles Barbier artiste ; Jérémy Chabaud artiste ; Arab et Tarzan Nasser et Mohamed Joha artistes palestiniens ; Marie Anaïs Bigo cadre culturel ; Sylvie Anselme enseignante ; Mehdi Hadjerri artiste ; Adda Abdelli scénariste ; Olivier Jacquet Coop. Le grand bonheur ; Francine Ouédraogo Bonnet Le Makéda ; Sam Khebizi Les Têtes de l’art ; Emmanuelle Luciani, artiste ; Christine Bouvier, RedPlexus Performeuse et Directrice artistique ; David Ait-Ali, chef d’entreprise ; Virginie Baby-Collin, géographe ; Wenceslaz Teko, directeur de centre social ; Danielle Gallus, administratrice de l’union régionale des centres sociaux ; Mathieu Hocine dit Kid Francescoli, musicien ; Aude Pelle, présidente de Team Marseille natation ; Michel Peraldi, sociologue ; Aurélie Berthaut, actrice culturelle, Jeanne Barret / Art Cade ; Tarik Chakor, auteur et maître de conférence ; Simon Henner, dit French 79, musicien

  • À Aubagne, les militants sur tous les fronts pour faire voter contre la droite et le RN

    À Aubagne, les militants sur tous les fronts pour faire voter contre la droite et le RN

    Près d’un Aubagnais sur deux s’est abstenu, dimanche. Un chiffre que connaissent les militants de la liste Aubagne en commun, notamment Romain, 20 ans, qui affirme : « Ça me travaille car cela représente forcément une réserve de voix, c’est un levier pour le second tour. »

    Un levier d’action contre l’extrême droite

    Inquiet des scores du RN, à 24,9%, et du maire sortant, Gérard Gazay (LR), à 24,8%, Romain considère la mobilisation des abstentionnistes comme « un travail de tous les jours, on tracte, on prend le temps de discuter ». L’enjeu est plus central que jamais, « faire barrage au RN doit être un argument pour aller voter au second tour, c’est un danger imminent », martèle-t-il.

    Sur les marchés ou dans la vie, la mobilisation est permanente. Anne, elle aussi militante, affirme : « C’est quotidien, avec nos proches, qui ne sont pas allés voter. On leur montre les résultats et on leur explique les enjeux. » Elle conclut en s’adressant aux lecteurs : « Je crois qu’un autre Aubagne est possible, mais pour ça, mobilisez-vous et comptons sur nous, citoyens. »

  • Unis pour La Garde déploie sa stratégie pour gagner des voix

    Unis pour La Garde déploie sa stratégie pour gagner des voix

    « Dans 3 heures, tout le monde aura fait un quartier. Sauf peut-être ceux qui sont à Sainte-Marguerite, car ils sont un peu mous du genou (rires). » Julia Peironet-Bremond, tête de liste d’Unis pour La Garde, est moqueuse. Entre les murs de son local de campagne, où l’ambiance se veut légère et joyeuse malgré l’enjeu se prépare une opération tractage pour obtenir des voix qui peuvent faire pencher la balance dimanche.

    Car la liste « démocrate, républicaine et sans étiquette », composée de « personnes de tous horizons et surtout, de citoyens non encartés », précise la candidate de 44 ans en réponse aux tracts « mensongers » de la majorité sortante lui prêtant des accointances insoumises « alors que nous n’avons aucun candidat LFI », est plus que jamais dans la course. Arrivée 3e avec 30,65% des suffrages, elle ne compte qu’un point et 115 voix de retard sur la liste RN de Nicolas Salsou, ex-directeur de cabinet de la maire Hélène Arnaud-Bill (LR). Cette dernière vire en tête, (37,67%), avec moins de 800 votes d’avance sur Julia Peironet-Bremond.

    Pour renverser la vapeur, l’infirmière libérale, « seule candidate à mener de front travail et campagne, financée en majorité par (ses) soins, sans parti politique », est pragmatique. Les 9 000 abstentionnistes du premier tour étant impossibles à repérer, elle fait appel à la logique : « Si chaque électeur convainc une personne de voter pour nous, ça peut changer les choses. 800 voix de retard, c’est 35 par bureau, ou 50 sur 16 bureaux. Ce n’est rien ! », clame-t-elle.

    Mobiliser par l’alternance

    Une stratégie du « +1 » basée sur « les appels aux amis, à la famille », mais aussi, donc, sur le terrain. « Je connais du monde qui n’a pas voté, j’ai dit à mon fils, à l’étranger, de faire sa procuration. Mon mari appelle tout le monde », s’enthousiasme une habitante. « Je sais qui vous êtes, il faut que certains s’en aillent », tranche une autre.

    Et c’est justement sur le changement que repose le projet d’Unis pour La Garde pour convaincre les déçus, dont les abstentionnistes. « À La Garde, beaucoup ne croient plus en rien », lance Julia Peironet-Bremond. « Les Gardéens peuvent mettre fin au système clientéliste affiché sur des tracts qui menacent implicitement de faire baisser les subventions si Madame Bill n’est pas élue », affirme-t-elle, se félicitant d’avoir œuvré à la condamnation de Jean-Louis Masson, président du Département, ancien maire de La Garde et numéro 2 sur la liste de la maire sortante, pour prise illégale d’intérêts en novembre.

    Avec la promesse de réconcilier les citoyens avec la politique : « Mobiliser est un travail de tous les jours. Si on prend la mairie, on aura à cœur de le faire, car je suis attristée que 9 000 personnes ne se saisissent pas de ça, peu importe pour qui ils votent », déplore la candidate, qui rappelle que « les municipales, c’est l’école, la sécurité alimentaire, la politique sociale, la sécurité, la politique à portée de main ».

  • Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Cité la Marie, au fin fond du 13e arrondissement à l’Est de Marseille. Sur les hauteurs de la colline en surplomb, le paisible village d’Allauch lui fait face. Le cadre est verdoyant. C’est ici au terminus de la ligne 2, un seul et unique bus tous les quarts d’heure dans le meilleur des cas, qu’une quinzaine de militants du Printemps marseillais se sont donnés rendez-vous, mercredi en milieu d’après-midi, pour un porte-à-porte.

    Tina Biard-Sansonetti, leur candidate sur le secteur, a quelques minutes de retard. À quatre jours du second tour des municipales son emploi du temps est serré. Elle vient de la Paternelle, à l’autre bout du secteur dans le 14e arrondissement, et devra filer ensuite à la Simiane à quelques centaines de mètres de la mairie Saint-Joseph qu’elle convoite.

    Arrivée dimanche en deuxième position (26,4%), derrière la candidate de l’extrême droite, Sandrine D’Angio (39,7%), maire RN des 13-14 de 2016 à 2020, la cheffe de file du Printemps marseillais a fait un pas important pour rendre ce secteur, le plus peuplé de la ville, à la gauche. Marion Bareille, la maire (DVD) sortante est distancée (12,1%) et le candidat insoumis, Mohamed Bensaada (13,1%), s’est retiré. Chaque voix désormais va compter.

    Et le choix de la Marie n’est pas anodin. Sur ce bureau de vote installé dans l’école la Croix Rouge posée en contrebas, l’abstention a atteint 57,4%. Sur les 1 594 inscrits, seulement 679 se sont rendus aux urnes. Pour beaucoup, les habitants des 480 logements de cette cité 13 Habitat formée d’une quinzaine d’immeubles de huit étages chacun, se sont abstenus.

    Ici, la question d’un logement digne est prégnante. Les tracts ont d’ailleurs été ciblés. Karim répète les consignes avant de partir à l’assaut des escaliers : « On rappelle les arrêtés qui ont été pris par la mairie et les contrôles pour contraindre le bailleur du Département à prendre ses responsabilités. Il va y en avoir de nouveaux et le RN, lui, ne fera rien… »

    Pragmatique et accessible

    On retrouve dans l’équipe Rébecca Bernardi, la conseillère municipale (PM) et candidate dans les 11-12, venue prêter main-forte, et Audrey Gatian (PS), présidente de Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. « On a besoin que les logements sociaux soient exemplaires. Là, on est avec 13 Habitat sur le cas d’un bailleur qui n’investit plus dans son parc, on le voit sur toute la ville », déplore cette dernière, présente sur la liste de Tina.

    À leurs côtés aussi, Julien Rossi, Antoine Cortes ou encore Farida, une figure de la cité. Maria, militante du 1er arrondissement, est aussi venue en renfort. Elle tente de convaincre chaque porte qui s’ouvre. « J’apprécie Tina », explique-t-elle, « elle vit dans ce secteur, c’est une femme de terrain exceptionnelle, pragmatique, accessible ». « Et elle donne suite aux choses », poursuit Farida. Elle habite à la Marie depuis plus de vingt ans. Elle connaît tout le monde et se bat contre les moisissures, fuites d’eau, fissures… Elle assure avoir trouvé en « Tina » une oreille attentive aux problèmes de sa résidence.

    Une femme combative et pugnace aussi. Au pied du bâtiment 4, une mère avec sa fille a fait une boule du tract que lui ont donné les militants. Amère, elle n’a pas voté dimanche. Un sentiment d’abandon, pour cette maman qui cherche un logement et un cadre adapté au handicap de sa fille. Tina Biard-Sansonetti a pris la discussion en cours. L’échange est direct. Fort. Il dure de longues minutes.

    « Mme Tina, Je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? »

    « Mme Tina, je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? », demande-t-elle en saisissant un nouveau tract après leur discussion. « Je ne fais pas de promesses en l’air sur la misère des gens », lui répond la candidate du Printemps marseillais. « Moi, je ne prends pas votre numéro mais je vous dis que quand je serai élue, il y aura un défenseur des droits des locataires en mairie de secteur et on va se battre avec vous. » Sans doute une voix de gagnée.

    « Il y a beaucoup de résignation, y compris ici à la Marie, la résidence d’un bailleur social public où les locataires se battent pour vivre dans des conditions dignes sans aucun retour. C’est complexe de montrer la puissance et l’utilité de l’intervention publique, quand ce travail n’a pas été fait correctement. Mais on est ici pour ça », observe Tina Biard-Sansonetti dont l’engagement a déjà convaincu de nombreux militants associatifs du secteur. « On veut montrer aux habitants que la parole et l’action publique ont du sens et peuvent avoir des répercussions. C’est un travail de fourmis, il faut convaincre les personnes une à une, leur dire qu’il n’y a pas de fatalité. »

    Le travail fait sur les écoles durant le mandat est en ce sens porteur. Mais ce genre de porte-à-porte qui a tout du corps à corps, reste nécessaire. Il n’est pas toujours simple d’ailleurs. Dans un couloir où l’eau fuit d’étage en étage, une porte ouverte se referme sur son nez. En face, une voisine ouvre. Elle, ne vote pas mais ses enfants oui… « On est venu leur dire : vous n’êtes pas seuls. On veut vous défendre, porter vos revendications, améliorer votre quotidien, et pour cela on a besoin de votre aide : votre vote dimanche ».

  • Faire gagner les intérêts populaires

    Faire gagner les intérêts populaires

    C’est un fait ancien dans notre Ve République à bout de souffle : d’élection en élection l’abstention s’accroît. D’ordinaire, les municipales étaient l’occasion d’un regain de participation, signe que les Français reconnaissaient dans l’échelon communal, un lieu décisif pour changer leur quotidien.

    Dimanche, il a pourtant manqué beaucoup de monde dans les bureaux de vote de notre région.

    Beaucoup plus qu’en 2014, puisque l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid, n’est pas un point de repère pertinent.

    Pourquoi ? Il n’y a probablement pas d’explication unique mais plusieurs hypothèses sont permises. D’abord, une montée générale du dégoût de la chose publique causée par la crise politique nationale dans un pays dirigé par un gouvernement minoritaire.

    Mobiliser

    Ensuite, cette abstention est probablement aussi le résultat des attaques subies par l’échelon communal au fil des années. Baisse des dotations de l’État, suppression de la taxe professionnelle, intercommunalités imposées, qui ont abîmé la capacité des maires à agir. Et donc, l’enjeu des municipales.

    Enfin, un affaiblissement des organisations politiques et de leur capacité de mobilisation électorale dans une société de plus en plus individualiste.

    Qui votent le moins ? Les chiffres sont clairs : les quartiers populaires et le monde du travail. Pourtant, malgré les difficultés, les municipalités peuvent faire beaucoup. Dimanche, il faut éliminer le risque de l’extrême droite et élire le maximum de listes progressistes. C’est la condition pour faire gagner les intérêts populaires.

  • Loin de tout, loin des urnes, des quartiers à remobiliser

    Loin de tout, loin des urnes, des quartiers à remobiliser

    « Voter ? Mais qu’est-ce qu’ils peuvent ? » Assima, patiente depuis trois heures dans la longue file d’attente d’une distribution alimentaire « spéciale ramadan » de l’association Ahsa qui ne désemplit pas devant les Flamants (14e). Mère isolée de 4 enfants, elle vit depuis 12 ans « coincée entre les dealers et les murs pourris » dans la tour B du Mail. La politique, est « le dernier » de ses soucis, trop préoccupée « à faire manger » ses enfants, à « faire la misère » à son aîné de 17 ans « pour qu’il ne tombe pas dedans. Presque toutes mes voisines ont vécu un drame ».

    De l’autre côté de l’avenue Ansaldi trois camions de CRS contrôlent des jeunes aux pieds des Flamants. « Ils viennent. Ils repartent et les réseaux se replacent », commentent trois autres locataires de la même résidence, soucieuses de remplir leur cabas. « On n’en aura pas assez », regrette Basana. La jeune bénévole a tenu un bureau de vote à la cité Air Bel, dans le 11e, où la participation était de 30,67%, et souligne « plus on s’enfonce dans la misère, plus on s’éloigne des urnes ». Les trois mamans « comoriennes » assurent quant à elles : « Heureusement on est allées voter ! On ne veut pas du RN, on veut vivre en sécurité mais ensemble. On veut que le maire aide les associations pour nos enfants. » L’une d’elles ajoute « déjà Payan nous a fait une belle école où on n’a pas honte d’aller », tout en constatant que dimanche, le bureau du groupe scolaire Vayssière « était vide. Parce que les voisins, ils sont dégoûtés ».

    Difficile remobilisation

    Au centre commercial du Merlan, « c’est qui les candidats ? », interroge Malek. Les bras chargés de sacs d’un magasin discount, Sandrine, habitante d’une zone pavillonnaire à proximité, avoue ne pas s’être déplacée. « Ils ne se battent pour leur place. Mais nous ? Ma fille de 16 ans vit quasi-séquestrée, on a peur. Même Kessaci n’a pas la baguette magique, il est menacé. C’est toujours pareil, il y a le RN. Et au deuxième tour il faut le sursaut républicain. J’en ai marre. »

    À La Busserine, devant l’école, les cris des guetteurs ne surprennent plus les parents venus récupérer leurs enfants. Mais Kamel veut encore y croire : « Amine Kessaci il connaît ça, il peut aider. Pour nos enfants, on ne peut pas baisser les bras. » Si les avancées sur la réhabilitation de la cité et la rénovation des écoles semblent avoir bénéficié au vote en faveur de l’équipe municipale, créditée de 58,22% et 47,8% des voix, dans les deux bureaux du groupe scolaire, laissant le RN en 5e et 4e places, l’abstention était à 58,65%. « D’où nos efforts de remobilisation », précise Nina, dans les locaux de l’association Shebba, où trois jeunes travaillent leur CV sur les PC. « Le social n’est clairement pas de droite, et avec l’extrême droite on a tout à perdre. Moins d’assos c’est moins d’aide aux démarches, moins d’accès aux droits, plus de familles endettées, expulsées. On l’a vu pendant le Covid », témoigne l’animatrice en préparant la réunion « non au racisme » initiée par l’ensemble des associatifs. C’est aussi ce tissu que Bachir, la cinquantaine, veut préserver : « Quand on était jeune, on n’était pas riche, mais on n’avait jamais vu un cheval et on est parti en faire avec le centre social. Et on a eu le RN, puis la droite, ils n’ont pas aidé. Aujourd’hui les jeunes, ils vont au charbon. »

    Remobiliser s’avère plus difficile dans les quartiers les plus délaissés, « où il n’y a plus d’associations ni de services publics, où les changements d’adresse n’ont pas suivi les démolitions », relève Kader Benayed, du collectif KGBS (Kaliste, Granière, Bourrely, Solidarité, 15e) qui s’est employé à inciter les habitants à se rendre aux urnes. « C’est plus dans les noyaux villageois que le RN a fait ses scores, où il y a le moins d’insécurité. » Et au sud, où il dépasse 44% pour les 9-10. « On a connu Ibrahim Ali, ça nous parle, rappelle l’associatif, on continue à aller à la rencontre des gens, à dire l’importance de s’exprimer. »

    L’appel anti-RN du FCL Malpassé

    Le Football Club Loisirs Malpassé, association du 13e arrondissement de Marseille, a lancé un appel, au travers d’un communiqué paru sur les réseaux sociaux, afin de ne pas laisser le Rassemblement national prendre le pouvoir lors des élections municipales : « Sur nos terrains, il n’y a ni origines, ni différences : seulement des enfants qui jouent ensemble, des valeurs partagées et une passion commune. (…) Nous refusons de rester silencieux lorsque le vivre-ensemble est menacé. Le Rassemblement national ne représente pas ce que nous sommes. Nos quartiers méritent mieux que la division et la stigmatisation. »

    Camille Kadoum

  • [Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »

    [Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »

    Une victoire du rassemblement national à Nîmes serait en rupture avec les valeurs portées par notre ville et par les femmes et les hommes qui l’ont construite au fil des siècles.

    Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême-droite.

    L’humanisme, la bienveillance, l’entraide, la solidarité doivent l’emporter sur la haine et la peur. Pour rassembler la ville, changer la vie et construire un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants nous nous engageons aujourd’hui. »

    Les signataires

    Lydie Salvayre, écrivaine, Prix Goncourt 2014, Prix Marguerite Yourcenar 2025

    Christian Polge, président d’associations

    Antoine Penchinat, rhumatologue

    Robert Finielz, premier avocat général auprès de la cour de cassation et administrateur de la maison de santé protestante

    François Mirabel, Professeur des universités en économie

    Mohamed Kani, Boxeur Professionnel, Triple Champion de France, Double Champion d’Europe, Pompier professionnel

    Alexis Vandeventer, médecin

    Karine Weiss, professeur en psychologie à l’université de Nîmes

    Mounir Benslima, chef du service de Médecine légale du CHU de Nîmes et expert judiciaire

    Francine Cabane, professeur d’histoire-géographie

    Jean-Paul Boré, président Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD)

    Philippe Corcuff, universitaire

    Remi Penchinat, médecin généraliste

    Marion Mazauric, éditrice

    Christian Dupuy-Girard, responsable association philosophique et humaniste

    Bruno Mangin, président
    d’association

    Pierre Costa, professeur de médecine

  • [Infographies] La droite effondrée, la gauche pousse au Sud : comment les rapports de force ont évolué à Marseille

    [Infographies] La droite effondrée, la gauche pousse au Sud : comment les rapports de force ont évolué à Marseille

    L’abstention plus forte qu’en 2014

    Après une élection bousculée par la pandémie de Covid en 2020, le taux de participation est logiquement plus fort au premier tour de ce scrutin du 15 mars 2026. Mais comparé aux municipales de 2014, celui-ci recule, passant de 53,5% de participants à 52,17%. Avec une très forte divergence entre les quartiers Nord où l’abstention s’envole, et l’hypercentre populaire comme les quartiers Sud où elle recule.

    Le RN remplace la droite à l’Est et au Sud

    L’extrême droite a obtenu son plus haut score dans un scrutin municipal à Marseille. Mais cette progression reste limitée dans les quartiers de l’hypercentre de Marseille tout comme les quartiers Nord, même si le RN progresse souvent de plus de 10 points dans les noyaux villageois, tout comme dans les 13-14 où il était cette fois solidement implanté après avoir dirigé la mairie de secteur entre 2014 et 2020. C’est à l’Est et au Sud sur les terres de la droite marseillaise que ses scores s’envolent, souvent de plus de 20 points.

    La gauche progresse vers le Sud

    L’union de la gauche avec le Printemps marseillais s’était faite sans les Ecologistes ni les alliés de Samia Ghali (DVG). Ceux-ci sont cette fois inclus dans l’alliance dès le premier tour du scrutin. Face à la candidate de la France insoumise, le bloc alors représenté par les trois listes recule pour le vote de secteur au premier tour, en particulier dans l’hypercentre. Mais malgré la présence des insoumis, le Printemps marseillais obtient un score plus élevé dans les quartiers Sud, avec l’ancrage de la maire de secteur Olivia Fortin (MadMars) dans les 6-8 et une forte progression notamment dans les quartiers populaires pour les 9-10.

    Les Insoumis bien en-deçà du score des Européennes

    Pour la première fois, les insoumis présentaient des listes dans chaque secteur de Marseille, allié aux dissidents suspendus des Écologistes. Par rapport aux Européennes de 2024 quand Manon Aubry obtenait 21,5% des voix, leur score s’effondre, en particulier dans les quartiers Nord – sauf quelques cités des 13-14 – où à l’inverse de l’hypercentre ils n’arrivent pas à mobiliser le «quatrième bloc» de l’abstention. Ce qui n’empêche pas des percées dans les cités des quartiers Sud.

    La droite s’effondre au Sud

    Après avoir perdu la ville en 2020 à cause de ses divisions, la droite s’est cette fois unie pour tenter de reprendre la ville. Un pari perdant, avec l’effondrement de la candidate (DVD) Martine Vassal. Celui-ci est marqué dans une partie des 2e et 3e arrondissements, mais surtout sur ses terres d’élections dans les quartiers Sud et Est. Là où le RN progresse le plus.

  • À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    Le scénario de la quadrangulaire arlésienne se confirme. Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Arles, le maire Horizons d’Arles Patrick de Carolis enjoint son ancien premier adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), arrivé quatrième derrière le RN, à se retirer en sa faveur.

    Une option définitivement enterrée par l’intéressé à l’issue de l’annonce des résultats dimanche soir et réitérée dans une vidéo publiée lundi dans la soirée. « Nous avons décidé de nous maintenir au 2nd tour de cette élection municipale », annonce le candidat, rapportant « des déclarations publiques cinglantes à mon égard pour tenter d’obtenir mon désistement », visant l’édile en place. « Je ne porterai pas l’échec du mandat de Carolis, arrêtons les fables qui consistent à faire croire que je vais remettre l’extrême gauche au pouvoir, il est l’unique responsable de la situation actuelle », tranche Jean-Michel Jalabert, affirmant que « 66% des Arlésiens ne veulent plus de cette gouvernance défaillante et autoritaire ».

    Travailler l’abstention

    L’ancien 1er adjoint de Patrick de Carolis parle d’un « candidat hors-sol et méprisant » à l’adresse de ce dernier, dans son communiqué d’après 1er tour, dont « le résultat médiocre traduit l’insatisfaction et le souhait largement exprimé d’un changement de méthode et de gestion pour notre ville », au regard des 34% des voix récoltées par le maire sortant, comparés aux 14% de Jean-Michel Jalabert, le double des pronostics.

    Dans ce contexte, du côté de la seule liste de gauche encore en lice, Nicolas Koukas priorise le fait de « travailler les abstentionnistes », qui s’élèvent à 43% des votants du premier tour. Du côté de la liste insoumise conduite par Jecilla Regad, non qualifiée, fait « confiance à l’intelligence » de ses électeurs et indique que « faire barrage » à l’extrême droite et « se débarrasser » de la droite réactionnaire sont « nos priorités et notre boussole ».

    En attendant, l’Union pour Arles organise un meeting jeudi à 19h au stade Fournier.

  • Amal Couvreur, la voix nîmoise de l’égalité

    Amal Couvreur, la voix nîmoise de l’égalité

    Avant les mandats, les discours et les campagnes électorales, il y a une histoire personnelle. Celle d’une femme née à Casablanca, arrivée jeune à Nîmes pour y poursuivre ses études et qui, au fil des années, a construit sa vie dans cette ville devenue la sienne. « J’y ai fait mes études, je m’y suis mariée, j’y ai eu mes enfants », raconte-t-elle souvent. Aujourd’hui mère et grand-mère, Amal Couvreur parle volontiers de la famille comme d’un repère. « Oui, je suis une femme, fille de, sœur de, maman de et grand-mère », disait-elle récemment devant des militants. Une façon de rappeler que son parcours politique s’enracine d’abord dans une expérience de vie.

    Pendant vingt-sept ans, Amal Couvreur exerce comme assistante sociale à Nîmes, notamment auprès des personnes sans domicile fixe et dans le cadre d’actions menées avec la Croix-Rouge. Un métier exigeant, souvent discret, mais qui façonne durablement son regard sur la société. Dans les permanences sociales, elle découvre la réalité des vies fragiles : les difficultés de logement, l’accès à l’emploi, les familles qui cherchent des solutions pour leurs enfants. « Je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens », répète-t-elle souvent. Plus tard, elle coordonne un réseau d’aide à la parentalité. Là encore, le terrain reste sa boussole : écouter, accompagner, répondre concrètement aux situations. Cette culture de l’écoute restera au cœur de sa manière de faire de la politique.

    Le déclic de l’engagement politique

    Pendant longtemps, Amal Couvreur ne se voit pas en élue. Elle n’est pas issue d’un appareil partisan et se définit encore aujourd’hui comme une femme « engagée mais indépendante d’esprit ». Le tournant survient en 2015, dans un contexte national marqué par les attentats contre Charlie Hebdo. « Ça m’a beaucoup marquée. Je me suis dit qu’il fallait être là où se prennent les décisions », confie-t-elle. La gauche locale vient alors la chercher pour être candidate aux élections départementales sur le canton de Nîmes-2, aux côtés du communiste Christian Bastid. Sans étiquette, elle réussit à rassembler des sensibilités différentes et est élue conseillère départementale. Depuis, elle est devenue vice-présidente du Département du Gard chargée notamment de la politique de la ville et de la jeunesse, puis conseillère régionale dans la majorité de Carole Delga.

    Dans son bureau ou lors de permanences cantonales, Amal Couvreur continue de recevoir les habitants un à un. Elle revendique cette proximité. « Parfois quelqu’un me dit : vous n’avez rien fait. Mais il ajoute : vous avez écouté. » Depuis 2015, elle estime avoir rencontré plus de 3 000 personnes lors de ces permanences. Logement, formation, difficultés familiales : autant de réalités qui nourrissent sa vision politique.

    Ce qui l’anime, dit-elle, c’est une idée simple : l’égalité. Entre les quartiers, entre les familles, entre les enfants. « Je veux que le gamin du Mas de Mingue ait les mêmes conditions que celui de Vacquerolles », résume-t-elle. Cette obsession de la justice territoriale traverse tous ses engagements. Pour elle, une ville apaisée est une ville où les habitants se rencontrent et vivent dans des conditions équitables. C’est aussi ce qui l’a poussée à rejoindre la liste Nîmes en commun, menée par Vincent Bouget pour les municipales de 2026. Comme numéro deux, elle revendique une place de « femme d’action », mais aussi de lien entre les habitants, les associations et les institutions.

    Dans ses discours, Amal Couvreur évoque souvent les femmes invisibles, les bénévoles, les éducateurs, les travailleurs sociaux. Tous ceux qui, selon elle, « font battre le cœur d’une ville ». Pour cette Nîmoise d’adoption, la politique n’est ni un spectacle ni une carrière. C’est un service public. Et peut-être, une manière de continuer le travail commencé il y a longtemps : aider les autres à tenir debout.