Tag: Municipales

  • Loin de tout, loin des urnes, des quartiers à remobiliser

    Loin de tout, loin des urnes, des quartiers à remobiliser

    « Voter ? Mais qu’est-ce qu’ils peuvent ? » Assima, patiente depuis trois heures dans la longue file d’attente d’une distribution alimentaire « spéciale ramadan » de l’association Ahsa qui ne désemplit pas devant les Flamants (14e). Mère isolée de 4 enfants, elle vit depuis 12 ans « coincée entre les dealers et les murs pourris » dans la tour B du Mail. La politique, est « le dernier » de ses soucis, trop préoccupée « à faire manger » ses enfants, à « faire la misère » à son aîné de 17 ans « pour qu’il ne tombe pas dedans. Presque toutes mes voisines ont vécu un drame ».

    De l’autre côté de l’avenue Ansaldi trois camions de CRS contrôlent des jeunes aux pieds des Flamants. « Ils viennent. Ils repartent et les réseaux se replacent », commentent trois autres locataires de la même résidence, soucieuses de remplir leur cabas. « On n’en aura pas assez », regrette Basana. La jeune bénévole a tenu un bureau de vote à la cité Air Bel, dans le 11e, où la participation était de 30,67%, et souligne « plus on s’enfonce dans la misère, plus on s’éloigne des urnes ». Les trois mamans « comoriennes » assurent quant à elles : « Heureusement on est allées voter ! On ne veut pas du RN, on veut vivre en sécurité mais ensemble. On veut que le maire aide les associations pour nos enfants. » L’une d’elles ajoute « déjà Payan nous a fait une belle école où on n’a pas honte d’aller », tout en constatant que dimanche, le bureau du groupe scolaire Vayssière « était vide. Parce que les voisins, ils sont dégoûtés ».

    Difficile remobilisation

    Au centre commercial du Merlan, « c’est qui les candidats ? », interroge Malek. Les bras chargés de sacs d’un magasin discount, Sandrine, habitante d’une zone pavillonnaire à proximité, avoue ne pas s’être déplacée. « Ils ne se battent pour leur place. Mais nous ? Ma fille de 16 ans vit quasi-séquestrée, on a peur. Même Kessaci n’a pas la baguette magique, il est menacé. C’est toujours pareil, il y a le RN. Et au deuxième tour il faut le sursaut républicain. J’en ai marre. »

    À La Busserine, devant l’école, les cris des guetteurs ne surprennent plus les parents venus récupérer leurs enfants. Mais Kamel veut encore y croire : « Amine Kessaci il connaît ça, il peut aider. Pour nos enfants, on ne peut pas baisser les bras. » Si les avancées sur la réhabilitation de la cité et la rénovation des écoles semblent avoir bénéficié au vote en faveur de l’équipe municipale, créditée de 58,22% et 47,8% des voix, dans les deux bureaux du groupe scolaire, laissant le RN en 5e et 4e places, l’abstention était à 58,65%. « D’où nos efforts de remobilisation », précise Nina, dans les locaux de l’association Shebba, où trois jeunes travaillent leur CV sur les PC. « Le social n’est clairement pas de droite, et avec l’extrême droite on a tout à perdre. Moins d’assos c’est moins d’aide aux démarches, moins d’accès aux droits, plus de familles endettées, expulsées. On l’a vu pendant le Covid », témoigne l’animatrice en préparant la réunion « non au racisme » initiée par l’ensemble des associatifs. C’est aussi ce tissu que Bachir, la cinquantaine, veut préserver : « Quand on était jeune, on n’était pas riche, mais on n’avait jamais vu un cheval et on est parti en faire avec le centre social. Et on a eu le RN, puis la droite, ils n’ont pas aidé. Aujourd’hui les jeunes, ils vont au charbon. »

    Remobiliser s’avère plus difficile dans les quartiers les plus délaissés, « où il n’y a plus d’associations ni de services publics, où les changements d’adresse n’ont pas suivi les démolitions », relève Kader Benayed, du collectif KGBS (Kaliste, Granière, Bourrely, Solidarité, 15e) qui s’est employé à inciter les habitants à se rendre aux urnes. « C’est plus dans les noyaux villageois que le RN a fait ses scores, où il y a le moins d’insécurité. » Et au sud, où il dépasse 44% pour les 9-10. « On a connu Ibrahim Ali, ça nous parle, rappelle l’associatif, on continue à aller à la rencontre des gens, à dire l’importance de s’exprimer. »

    L’appel anti-RN du FCL Malpassé

    Le Football Club Loisirs Malpassé, association du 13e arrondissement de Marseille, a lancé un appel, au travers d’un communiqué paru sur les réseaux sociaux, afin de ne pas laisser le Rassemblement national prendre le pouvoir lors des élections municipales : « Sur nos terrains, il n’y a ni origines, ni différences : seulement des enfants qui jouent ensemble, des valeurs partagées et une passion commune. (…) Nous refusons de rester silencieux lorsque le vivre-ensemble est menacé. Le Rassemblement national ne représente pas ce que nous sommes. Nos quartiers méritent mieux que la division et la stigmatisation. »

    Camille Kadoum

  • [Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »

    [Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »

    Une victoire du rassemblement national à Nîmes serait en rupture avec les valeurs portées par notre ville et par les femmes et les hommes qui l’ont construite au fil des siècles.

    Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême-droite.

    L’humanisme, la bienveillance, l’entraide, la solidarité doivent l’emporter sur la haine et la peur. Pour rassembler la ville, changer la vie et construire un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants nous nous engageons aujourd’hui. »

    Les signataires

    Lydie Salvayre, écrivaine, Prix Goncourt 2014, Prix Marguerite Yourcenar 2025

    Christian Polge, président d’associations

    Antoine Penchinat, rhumatologue

    Robert Finielz, premier avocat général auprès de la cour de cassation et administrateur de la maison de santé protestante

    François Mirabel, Professeur des universités en économie

    Mohamed Kani, Boxeur Professionnel, Triple Champion de France, Double Champion d’Europe, Pompier professionnel

    Alexis Vandeventer, médecin

    Karine Weiss, professeur en psychologie à l’université de Nîmes

    Mounir Benslima, chef du service de Médecine légale du CHU de Nîmes et expert judiciaire

    Francine Cabane, professeur d’histoire-géographie

    Jean-Paul Boré, président Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD)

    Philippe Corcuff, universitaire

    Remi Penchinat, médecin généraliste

    Marion Mazauric, éditrice

    Christian Dupuy-Girard, responsable association philosophique et humaniste

    Bruno Mangin, président
    d’association

    Pierre Costa, professeur de médecine

  • [Infographies] La droite effondrée, la gauche pousse au Sud : comment les rapports de force ont évolué à Marseille

    [Infographies] La droite effondrée, la gauche pousse au Sud : comment les rapports de force ont évolué à Marseille

    L’abstention plus forte qu’en 2014

    Après une élection bousculée par la pandémie de Covid en 2020, le taux de participation est logiquement plus fort au premier tour de ce scrutin du 15 mars 2026. Mais comparé aux municipales de 2014, celui-ci recule, passant de 53,5% de participants à 52,17%. Avec une très forte divergence entre les quartiers Nord où l’abstention s’envole, et l’hypercentre populaire comme les quartiers Sud où elle recule.

    Le RN remplace la droite à l’Est et au Sud

    L’extrême droite a obtenu son plus haut score dans un scrutin municipal à Marseille. Mais cette progression reste limitée dans les quartiers de l’hypercentre de Marseille tout comme les quartiers Nord, même si le RN progresse souvent de plus de 10 points dans les noyaux villageois, tout comme dans les 13-14 où il était cette fois solidement implanté après avoir dirigé la mairie de secteur entre 2014 et 2020. C’est à l’Est et au Sud sur les terres de la droite marseillaise que ses scores s’envolent, souvent de plus de 20 points.

    La gauche progresse vers le Sud

    L’union de la gauche avec le Printemps marseillais s’était faite sans les Ecologistes ni les alliés de Samia Ghali (DVG). Ceux-ci sont cette fois inclus dans l’alliance dès le premier tour du scrutin. Face à la candidate de la France insoumise, le bloc alors représenté par les trois listes recule pour le vote de secteur au premier tour, en particulier dans l’hypercentre. Mais malgré la présence des insoumis, le Printemps marseillais obtient un score plus élevé dans les quartiers Sud, avec l’ancrage de la maire de secteur Olivia Fortin (MadMars) dans les 6-8 et une forte progression notamment dans les quartiers populaires pour les 9-10.

    Les Insoumis bien en-deçà du score des Européennes

    Pour la première fois, les insoumis présentaient des listes dans chaque secteur de Marseille, allié aux dissidents suspendus des Écologistes. Par rapport aux Européennes de 2024 quand Manon Aubry obtenait 21,5% des voix, leur score s’effondre, en particulier dans les quartiers Nord – sauf quelques cités des 13-14 – où à l’inverse de l’hypercentre ils n’arrivent pas à mobiliser le «quatrième bloc» de l’abstention. Ce qui n’empêche pas des percées dans les cités des quartiers Sud.

    La droite s’effondre au Sud

    Après avoir perdu la ville en 2020 à cause de ses divisions, la droite s’est cette fois unie pour tenter de reprendre la ville. Un pari perdant, avec l’effondrement de la candidate (DVD) Martine Vassal. Celui-ci est marqué dans une partie des 2e et 3e arrondissements, mais surtout sur ses terres d’élections dans les quartiers Sud et Est. Là où le RN progresse le plus.

  • À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    Le scénario de la quadrangulaire arlésienne se confirme. Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Arles, le maire Horizons d’Arles Patrick de Carolis enjoint son ancien premier adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), arrivé quatrième derrière le RN, à se retirer en sa faveur.

    Une option définitivement enterrée par l’intéressé à l’issue de l’annonce des résultats dimanche soir et réitérée dans une vidéo publiée lundi dans la soirée. « Nous avons décidé de nous maintenir au 2nd tour de cette élection municipale », annonce le candidat, rapportant « des déclarations publiques cinglantes à mon égard pour tenter d’obtenir mon désistement », visant l’édile en place. « Je ne porterai pas l’échec du mandat de Carolis, arrêtons les fables qui consistent à faire croire que je vais remettre l’extrême gauche au pouvoir, il est l’unique responsable de la situation actuelle », tranche Jean-Michel Jalabert, affirmant que « 66% des Arlésiens ne veulent plus de cette gouvernance défaillante et autoritaire ».

    Travailler l’abstention

    L’ancien 1er adjoint de Patrick de Carolis parle d’un « candidat hors-sol et méprisant » à l’adresse de ce dernier, dans son communiqué d’après 1er tour, dont « le résultat médiocre traduit l’insatisfaction et le souhait largement exprimé d’un changement de méthode et de gestion pour notre ville », au regard des 34% des voix récoltées par le maire sortant, comparés aux 14% de Jean-Michel Jalabert, le double des pronostics.

    Dans ce contexte, du côté de la seule liste de gauche encore en lice, Nicolas Koukas priorise le fait de « travailler les abstentionnistes », qui s’élèvent à 43% des votants du premier tour. Du côté de la liste insoumise conduite par Jecilla Regad, non qualifiée, fait « confiance à l’intelligence » de ses électeurs et indique que « faire barrage » à l’extrême droite et « se débarrasser » de la droite réactionnaire sont « nos priorités et notre boussole ».

    En attendant, l’Union pour Arles organise un meeting jeudi à 19h au stade Fournier.

  • Amal Couvreur, la voix nîmoise de l’égalité

    Amal Couvreur, la voix nîmoise de l’égalité

    Avant les mandats, les discours et les campagnes électorales, il y a une histoire personnelle. Celle d’une femme née à Casablanca, arrivée jeune à Nîmes pour y poursuivre ses études et qui, au fil des années, a construit sa vie dans cette ville devenue la sienne. « J’y ai fait mes études, je m’y suis mariée, j’y ai eu mes enfants », raconte-t-elle souvent. Aujourd’hui mère et grand-mère, Amal Couvreur parle volontiers de la famille comme d’un repère. « Oui, je suis une femme, fille de, sœur de, maman de et grand-mère », disait-elle récemment devant des militants. Une façon de rappeler que son parcours politique s’enracine d’abord dans une expérience de vie.

    Pendant vingt-sept ans, Amal Couvreur exerce comme assistante sociale à Nîmes, notamment auprès des personnes sans domicile fixe et dans le cadre d’actions menées avec la Croix-Rouge. Un métier exigeant, souvent discret, mais qui façonne durablement son regard sur la société. Dans les permanences sociales, elle découvre la réalité des vies fragiles : les difficultés de logement, l’accès à l’emploi, les familles qui cherchent des solutions pour leurs enfants. « Je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens », répète-t-elle souvent. Plus tard, elle coordonne un réseau d’aide à la parentalité. Là encore, le terrain reste sa boussole : écouter, accompagner, répondre concrètement aux situations. Cette culture de l’écoute restera au cœur de sa manière de faire de la politique.

    Le déclic de l’engagement politique

    Pendant longtemps, Amal Couvreur ne se voit pas en élue. Elle n’est pas issue d’un appareil partisan et se définit encore aujourd’hui comme une femme « engagée mais indépendante d’esprit ». Le tournant survient en 2015, dans un contexte national marqué par les attentats contre Charlie Hebdo. « Ça m’a beaucoup marquée. Je me suis dit qu’il fallait être là où se prennent les décisions », confie-t-elle. La gauche locale vient alors la chercher pour être candidate aux élections départementales sur le canton de Nîmes-2, aux côtés du communiste Christian Bastid. Sans étiquette, elle réussit à rassembler des sensibilités différentes et est élue conseillère départementale. Depuis, elle est devenue vice-présidente du Département du Gard chargée notamment de la politique de la ville et de la jeunesse, puis conseillère régionale dans la majorité de Carole Delga.

    Dans son bureau ou lors de permanences cantonales, Amal Couvreur continue de recevoir les habitants un à un. Elle revendique cette proximité. « Parfois quelqu’un me dit : vous n’avez rien fait. Mais il ajoute : vous avez écouté. » Depuis 2015, elle estime avoir rencontré plus de 3 000 personnes lors de ces permanences. Logement, formation, difficultés familiales : autant de réalités qui nourrissent sa vision politique.

    Ce qui l’anime, dit-elle, c’est une idée simple : l’égalité. Entre les quartiers, entre les familles, entre les enfants. « Je veux que le gamin du Mas de Mingue ait les mêmes conditions que celui de Vacquerolles », résume-t-elle. Cette obsession de la justice territoriale traverse tous ses engagements. Pour elle, une ville apaisée est une ville où les habitants se rencontrent et vivent dans des conditions équitables. C’est aussi ce qui l’a poussée à rejoindre la liste Nîmes en commun, menée par Vincent Bouget pour les municipales de 2026. Comme numéro deux, elle revendique une place de « femme d’action », mais aussi de lien entre les habitants, les associations et les institutions.

    Dans ses discours, Amal Couvreur évoque souvent les femmes invisibles, les bénévoles, les éducateurs, les travailleurs sociaux. Tous ceux qui, selon elle, « font battre le cœur d’une ville ». Pour cette Nîmoise d’adoption, la politique n’est ni un spectacle ni une carrière. C’est un service public. Et peut-être, une manière de continuer le travail commencé il y a longtemps : aider les autres à tenir debout.

  • Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Changement de cap radical, ce mardi, pour Olivier Galzi. Dimanche soir, le candidat DVD arrivé en tête du 1er tour (27,04%) assurait ne « jamais se positionner par rapport aux autres ». Le ton est différent dans son local de campagne. Une affiche, avec son visage sombre en noir et blanc, appelle à « la mobilisation générale ». Un rassemblement citoyen est annoncé ce jeudi (18h, place de l’Horloge) adressé à tous « ceux qui refusent l’alliance de la honte entre le PS et LFI ». Arrivées quasi à égalité David Fournier (19,89%) et Mathilde Louvain (19,03%) ont annoncé lundi leur fusion, permettant à la gauche d’espérer conserver la Ville.

    « On assiste à une tambouille politicienne, le PS trahit ses valeurs et donne les pleins pouvoirs à un parti antisémite qui soutient le principe de violence en politique », vitupère l’ex-journaliste TV. Et tant pis s’il use de raccourcis, car Mathilde Louvain a précisé que les insoumis ne revendiquent aucune délégation ni poste d’adjoint et auront un groupe autonome pour faire vivre la majorité. « La ville va devenir ingouvernable, c’est une annulation de leur alliance », estime Olivier Galzi, bien que ce groupe autonome ne concernerait que LFI. Qu’importe, Olivier Galzi ne mâche pas ses mots : « Mathilde Louvain est comptable de Raphaël Arnault [député LFI], en photo sur ses affiches, dont les plus proches collaborateurs sont impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, donc ils [Mathilde Louvain et David Fournier] ont du sang sur les mains par complicité morale et politique. »

    Jouant son va-tout, l’ex-journaliste TV hystérise les débats : « On est dans une atmosphère pré séditieuse, là où certains en appellent aux armes et à la violence, nous on en appelle aux urnes », n’hésite-t-il pas à soulever. Il se pose même en rempart et, sans parler d’union des droites, fait un appel du pied à ceux qui ont voté Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%) : « Le RN ne prendra jamais Avignon, ce n’est pas l’âme de la ville. Donc voter RN, c’est voter Fournier-LFI. Ceux qui ne seraient pas nécessairement dans une adhésion à mon programme, mais qui ne veulent surtout pas de LFI, c’est chez nous que ça se passe », exhorte-t-il. À voir si cette stratégie de la peur et du vote utile sera payante dans les urnes.

  • Fusions, maintiens, désistements : le point final pour le second tour en Vaucluse

    Fusions, maintiens, désistements : le point final pour le second tour en Vaucluse

    Avignon : triangulaire après la fusion à gauche

    Le panorama était scellé dès lundi soir après l’annonce de la fusion des listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI), à touche-touche (19,89% et 19,03%). Unie, la gauche peut espérer garder la mairie face à la droite d’Olivier Galzi (27,04%, lire ci-dessous) et le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%).

    Carpentras :

    pas d’accord à gauche,

    le RN en favori

    Toute la journée de lundi et mardi, chacun a pu suivre sur Facebook les publications régulières et respectives de Serge Andrieu, maire (DVG), et de Francis Adolphe, ex-maire (DVG), en vue d’un accord au second tour. Peine perdue, les deux candidats maintiennent leur liste en l’état, laissant augurer des chances très élevées de victoire de l’extrême droite. Dimanche, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête de peu (26,71%) devant Serge Andrieu (25,17%) et Francis Adolphe (24,29%), prédécesseur d’Andrieu qui avait dû quitter son poste après avoir été déclaré inéligible dans une affaire de violences conjugales. Sans surprise ce mardi, les deux autres listes d’extrême droite de Bertrand de la Chesnais (14,33%) et Christian Richaud-Simoni (9,51%) ont apporté leur soutien à Hervé de Lépinau. La première en fusionnant, la seconde en récupérant 4 colistiers mais pas la tête de liste, désinvesti par le RN suite à ses tweets racistes. Mais Christian Richaud-Simoni était bien présent, mardi soir, au point presse annonçant cette triple alliance. De quoi mettre du vent dans les voiles de l’extrême droite alors qu’à gauche, chacun renvoie la responsabilité de l’échec à l’autre. Serge Andrieu multiplie les initiatives pour convaincre les 45% de Carpentrassiens restés sans voter dimanche.

    Orange : la gauche

    se retire, une liste

    contre l’extrême droite

    Arrivées en tête, les deux listes d’extrême droite menées par Jacques Bompard (Ligue du sud, 32,87%) et Jean-Dominique Artaud (RN, 28,15%) restent en course. Derrière, les trois listes diverses ne sont pas parvenues à s’entendre, bien qu’une seule sera au second tour : Carole Normani (DVC, 17,89%). L’élue d’opposition bénéficie du retrait d’Antoine Boudet (DVG, 11,52%), quand Marc Martinet (DVD, 9,57%) n’était pas en capacité de se maintenir et appelle « à battre Bompard ». Malgré plusieurs voix souhaitant une entente entre les 3 candidats, rien n’a été réalisable. « Nous proposions une fusion technique, claire et loyale en laissant à la liste de Carole Normani la place centrale, cette proposition a été catégoriquement refusée, y compris dans sa forme la plus minimale (un seul élu) », déplore Antoine Boudet qui, la mort dans l’âme, renonce et prédit « une déroute annoncée ». Carole Normani, salue « le sens des responsabilités » et croit « en une véritable alternative ».

    Apt : on reprend

    les mêmes

    La liste DVD de Jean Aillaud incarnant, aux côtés de Dominique Santoni présidente LR du Département, la majorité sortante a poussé un ouf de soulagement ce mardi en apprenant que les deux listes DVG continuaient chacune leur route. Arrivée en tête (29,02%), la droite est concurrencée par son extrême (25,02%). Céline Celce (G.s), 4e avec 21,45%, a bien tenté de se rapprocher de Christophe Carminati (DVG, 24,51%), « seule possibilité de faire barrage à la majorité sortante et à l’extrême droite ». Mais ce dernier préférait un retrait pur et simple de la liste Celce plutôt qu’une fusion. La quadrangulaire est donc aussi maintenue dimanche.

    Cavaillon : la gauche

    se maintient

    Si la décision de Patrick Blanès (3e, 17,97%), candidat PS d’union de la gauche de se maintenir était connue dès dimanche soir, des appels aux désistements ou même à une entente avec le maire (DVD) Gérard Daudet ont émergé. En vain. Le premier magistrat (38,16%) devra batailler férocement pour rattraper la députée RN Bénédicte Auzanot (43,91%).

  • À Briançon, la liste de gauche croit en ses chances

    À Briançon, la liste de gauche croit en ses chances

    « On a espoir. Les électeurs ont montré qu’il y a une volonté de changement », affirme Luc Marchello, tête de liste de Briançon Territoire Vivant, aux côtés de Stéphane Régnier, Capucine Mounal et Vincent Virat. Il apparaît volontiers confiant pour dimanche. Selon lui, sa liste de gauche incarnée collectivement et constituée uniquement de citoyens peut l’emporter. Il voit dans les résultats du premier tout de sérieuses raisons d’espérer.

    Une autre gouvernance

    « Déjà, il y a eu beaucoup d’abstention, donc il reste des gens à convaincre. Et on appelle aussi les électeurs de Monsieur Nussbaum, s’ils veulent un changement à la mairie, à voter pour nous », explique Luc Marchello. Pour lui, le fait que deux listes d’opposition soient qualifiées au second tour constitue un signal clair : « À l’issue de ce résultat, il y a une direction donnée par les Briançonnais : 57% d’entre eux ne sont pas d’accord avec Monsieur Murgia. Il y a une demande pour une autre gouvernance. »

    Il évoque un mécontentement vis-à-vis de la gestion municipale actuelle, selon lui renforcé par l’organisation des JO d’hiver. « Les Jeux n’ont pas été expliqués aux Briançonnais, tout a été imposé », déplore Luc Marchello, qui pointe des décisions comme la construction du village olympique au Fort des Têtes : « Un projet qui pose beaucoup de problèmes environnementaux, qui va coûter très cher et permettre peu de réutilisations, alors qu’on a déjà une ville très endettée. »

    Si Luc Marchello estime avoir de bonnes raisons d’y croire, reste à savoir si les voix obtenues par Richard Nussbaum (22%) se reporteront sur sa liste, alors que ce dernier a confirmé se maintenir au second tour.

  • À Gap, la gauche unie se lance pleinement dans la bataille

    À Gap, la gauche unie se lance pleinement dans la bataille

    Numériquement, la victoire est à la portée de cette nouvelle équipe. L’Union pour Gap d’Élie Cordier a récolté 26,9% des voix au premier tour, dimanche, et Ambitions pour Gap 2026, le mouvement citoyen emmené par Charlotte Kuentz, 18,6% des suffrages. Ensemble, ils atteignent donc un niveau très proche de celui du maire sortant, Roger Didier (DVD), crédité de 40,5% des suffrages.

    Deux équipes ancrées sur le terrain

    Ils peuvent même le devancer légèrement, à condition toutefois de réussir à rassembler à nouveau les électeurs qui les ont soutenus au premier tour, auxquels pourraient s’ajouter les 2,9% recueillis par Jacques Patron (LFI). « On appelle à une mobilisation massive pour ce dimanche, scandait Élie Cordier, lundi, devant la préfecture. On invite toutes celles et ceux qui veulent un nouveau souffle pour la ville à se mobiliser électoralement. »

    Le scrutin s’annonce serré et chaque voix comptera. La nouvelle liste a déjà annoncé une réunion publique jeudi à 18h30 au Tempo, à Gap, en présence des deux équipes. Ce mardi, elles étaient réunies au local de campagne d’Élie Cordier pour identifier les zones d’abstention et définir les principaux axes de travail pour les quelques jours restant avant le second tour. Le but est de mobiliser tous les électeurs de gauche et, au-delà, tous ceux qui souhaitent une alternance. Porte-à-porte et tractage sont déjà prévus tout au long de la semaine. Un travail conforté par une certaine proximité d’idées pour la ville, même si les deux listes proviennent de structures différentes. « Il y a beaucoup de points de convergence entre nos deux projets, insistait Élie Cordier, lundi. Ce n’est pas un accord entre deux personnes, mais une dynamique collective entre deux équipes. »

    Le défi de l’alliance sera donc de mener la campagne ensemble, chacun conservant son mode de fonctionnement propre. L’avantage est que les deux groupes travaillent depuis plusieurs années sur le territoire. L’équipe d’Élie Cordier peut s’appuyer sur la force vive des trois partis unis de gauche qu’il représente (Parti communiste, Parti socialiste et Écologistes), et qui a lancé sa campagne il y a un an et demi. Le mouvement Ambition pour Gap 2026 est, quant à lui, solidement implanté localement et suit déjà de nombreux dossiers au conseil municipal, où il est présent comme groupe d’opposition depuis 2020. Ce second tour verra donc une triangulaire, avec le maintien de Raphaël Leroux (RN), qui a récolté 10,9% des voix au premier tour.

  • À Peyruis, la victoire à portée de main pour la candidate de gauche Lila Desjardins

    À Peyruis, la victoire à portée de main pour la candidate de gauche Lila Desjardins

    Elle était seulement à 26 voix d’être élue maire dès le premier tour. À Peyruis, la candidate Lila Desjardins est proche du but, ayant devancé de loin ses deux adversaires, le maire sortant DVG Patrick Vivos (26%) et la candidate RN Aurélie Abeille (25%). « C’est l’aboutissement d’un travail acharné depuis un an. On a pris le temps de comprendre le fonctionnement d’une mairie, les financements, les compétences, les subventions qu’on pouvait obtenir pour nos projets », se réjouit Lila Desjardins.

    Les investissements et les subventions, c’est ce sur quoi elle mise pour la commune. « En cinq ans, il n’y a eu que deux demandes de subventions au Département pour Peyruis », déplore-t-elle. Selon elle, c’est bien pour cela que le village meurt et est déserté. « Je suis capable de faire le pied de grue devant la porte d’un président de Département pour obtenir des subventions », affirme Lila Desjardins, déterminée comme jamais.

    Une plainte déposée

    Elle promet des commerces, un bar, un nouveau groupe scolaire et un café au centre du village. Si Lila Desjardins se réjouit de son score au premier tour, la campagne n’a pour autant pas été de tout repos. Les invectives ont fusé sur les réseaux sociaux, si bien que la candidate a déposé plainte pour insultes et diffamation.

    Dans son projet pour la commune, Lila Desjardins insiste sur les écoles, « qui devraient être rasées tellement elles sont dans un état lamentable ». Si le maire sortant mise sur une rénovation, elle veut déplacer les écoles. Elle dit connaître le sujet, puisqu’une grande partie de ses colistiers ont des enfants scolarisés à Peyruis. La moyenne d’âge de sa liste est de 38 ans.

    Elle se dit « confiante », « sereine » pour le second tour dimanche, qui sera donc une triangulaire

    Issue de la gauche, Lila Desjardins mène une liste sans étiquette. Elle siège au Département en binôme avec René Villard, ancien maire communiste de Château-Arnoux-Saint-Auban, battu à quatre voix près dimanche.