Tag: Municipales

  • Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Et si Julien Sanchez tentait l’aventure nîmoise ? À mesure que la campagne municipale 2026 approche, le député européen et ex-maire de Beaucaire est de plus en plus présent à Nîmes. Aperçu à la feria des Vendanges, au temple de Diane, puis aux vendanges du clos de la Fontaine, il soigne son image dans la capitale gardoise, à coups de photos et de sourires calculés. Interrogé sur ses intentions par le Midi Libre, l’intéressé botte en touche : « Je ne sais pas. Pas de commentaire. » Une formule qui, dans les rangs politiques, vaut souvent confirmation.

    Car la rumeur enfle. Selon plusieurs cadres du Rassemblement national, le parti prépare minutieusement ses têtes de liste pour mars 2026. Dans le Gard, où il engrange des résultats solides à chaque scrutin, le RN veut transformer l’essai. « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou sera RN », a lancé récemment le député Yoann Gillet, laissant entendre que le parti vise haut. Et pour conquérir une ville de plus de 150 000 habitants, Julien Sanchez apparaît comme le profil le plus « sérieux et crédible ».

    Un terreau favorable

    À 42 ans, dont plus de vingt passés au sein du parti lepéniste, Julien Sanchez coche toutes les cases d’un candidat stratège. Élu maire de Beaucaire en 2014 à la surprise générale, il a été réélu dès le premier tour en 2020, avant de rejoindre le Parlement européen quatre ans plus tard. En parallèle, il a consolidé ses liens avec la direction du RN, multipliant les apparitions aux côtés de Jordan Bardella, comme lors de l’inauguration de sa permanence en novembre 2024.

    Mais à Nîmes, le terrain reste à défricher. L’électorat frontiste y est important, sans avoir encore permis une conquête municipale. La division du camp de droite, entre Franck Proust et Julien Plantier, pourrait offrir une opportunité inédite. Après vingt-cinq ans de règne de Jean-Paul Fournier, la ville s’apprête à tourner une page politique. Dans ce contexte, l’« embuscade » de Sanchez intrigue autant qu’elle inquiète ses adversaires. S’il officialise sa candidature, Julien Sanchez tentera de rejouer le scénario de Beaucaire : celui d’un outsider passé au premier plan. Un pari risqué, mais calculé. Et à Nîmes, où les équilibres politiques vacillent, l’ombre du RN n’a sans doute jamais été si menaçante.

  • Le RN présente le Vauclusien Damien Broc aux municipales

    Le RN présente le Vauclusien Damien Broc aux municipales

    Le Rassemblement national place ses pions. Le conseiller régional et ancien responsable du parti d’extrême droite d’Orange a été investi, vendredi 24 octobre, pour les élections municipales. D’après La Provence, le Vauclusien se serait récemment installé à Istres.

    François Bernardini, maire (DVG) candidat à sa succession, n’est pas étonné : « Le FN d’hier, devenu RN depuis, n’a jamais caché sa volonté de “prendre” Istres ! » S’il considère cette liste comme la seule « dangereuse », il n’est pas inquiet pour autant : « Face à ce candidat venu d’Orange et donc sans enracinement, sans connaissance de la ville et de ses habitants, le combat ne sera pas difficile à mener ! Les poncifs du RN réapparaîtront avec un programme stéréotypé, dupliqué dans chaque commune et à chaque élection. »

    Sa campagne à peine lancée, Damien Broc attaque plus la gestion municipale actuelle qu’il ne fait de propositions, reprenant à son compte le dossier de la décharge illégale d’Entressen soulevé par le conseiller municipal d’opposition Robin Prétot (LR) et révélé par La Provence. « C’est un parachuté complet qui vient cinq mois avant les élections faire un petit tour et qui repartira aussi vite qu’il est venu, lâche la tête de liste de droite. Non seulement il est parachuté, mais en plus il est en retard d’un an sur les dossiers. C’est grossier. »

    Robin Prétot n’est pas intimidé par cette candidature, mais regrette tout de même : « François Bernardini va essayer de faire exister ça comme une menace existentielle pour tenter de nous affaiblir. La seule réalité est qu’aujourd’hui, voter RN aux élections municipales, c’est faire le jeu du maire. »

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « On veut revitaliser Aubagne et son centre-ville »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « On veut revitaliser Aubagne et son centre-ville »

    Jean-Pierre Squillari évoque le bilan du maire sortant Gérard Gazay (LR), élu depuis 2014 et candidat pour un troisième mandat, après une gestion de la mairie par le PCF de 1965 à 2014. Il partage aussi des éléments de son programme.

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter ?

    Jean-Pierre Squillari : Je suis marié, j’ai deux enfants et trois petits-enfants. Pour ma carrière professionnelle, j’ai débuté comme sapeur-pompier volontaire à Aubagne, en 1968. Puis, je suis monté à Paris pour apprendre le métier. J’ai eu mon diplôme de capitaine, dirigé le centre de secours de La Ciotat comme chef de corps, avant de revenir sur Aubagne. J’ai été la cheville ouvrière de la nouvelle caserne. Devenu lieutenant-colonel, j’ai créé le seul groupement feux de forêt et risques naturels qui existe en France, dans les Bouches-du-Rhône.

    Pour quelle raison avez-vous décidé d’être candidat aux municipales ?

    J.-P.S. : La raison principale, c’est parce que j’aime ma ville : je la vois dépérir et perdre son âme. Depuis dix ou douze ans bientôt, je me rends compte que l’âme disparaît, l’originalité n’y est plus. Et nous sommes les vassaux de la Métropole Aix-Marseille Provence.

    De quelle manière, selon vous, Aubagne « dépérit » ?

    J.-P.S. : Depuis douze ans pratiquement que Gérard Gazay est aux commandes, un chantier a été mis en action, c’est l’école des Passons, qui n’est d’ailleurs toujours pas finie, et c’est tout. Donc qui n’avance pas recule. Il y a des manques au niveau du service public. Les écoles sont dans un état déplorable. Les maisons de quartier, c’est une catastrophe. Les gamins se retrouvent dans la rue… Les agents qui travaillent dans le service public, à Aubagne, ont beaucoup de mérite. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) est dans un état déplorable et, là aussi, les agents travaillent avec des bouts de ficelle. C’est inimaginable à quel point le social a été mis de coté à Aubagne. Les habitants que nous rencontrons sur le terrain nous disent : « à Aubagne, qu’est ce qu’on fait ? Les magasins sont fermés, c’est mort la rue Rastègue. C’est désertique, les festivités, il y a pas grand chose. » C’est le premier constat et ils comparent toujours avec « avant ».

    Comment analysez-vous ce « dépérissement » ?

    J.-P.S. : C’est dû à un manque de génie, parce qu’il faut avoir du génie, de l’ambition, il faut enfoncer les portes. Dans mon métier, c’était un peu ma marque de fabrique. Il faut oser, proposer.

    Vous dénoncez la bétonisation
    de la ville par le maire sortant. Quels sont vos arguments
     ?

    J.-P.S. : Le premier, c’est d’un point de vue écologique. à la moindre averse importante, Aubagne est inondée. Il y a d’abord le manque d’entretien des canaux, des bassins de rétention. Ensuite, les ruissellements sont beaucoup plus importants, à cause de l’imperméabilisation des sols. Je dis et je répète que le jour où l’Huveaune va se fâcher, il va y avoir de grandes conséquences. Sinon, bien sûr qu’il faut construire, mais pas n’importe où. Il faire des logements sociaux, oui, et de la mixité. Il y a aujourd’hui 3 000 à 4 000 demandes de logements sociaux à Aubagne.

    Quels changements souhaitez-vous apporter si vous êtes élu ?

    J.-P.S. : On a dévoilé cinq projets phares, il y en aura une dizaine en tout. L’un d’eux est une halle moderne, avec les producteurs de la région, mais ouverte à des animations. Ce bâtiment servirait pratiquement toute la journée. Il y aurait des concerts, des conférences, des ateliers manuels. On a ce projet car on veut revitaliser Aubagne et son centre-ville. S’il y a de la vie, tous les commerçants autour vont en bénéficier. Notre deuxième projet phare, c’est un parc urbain qui partirait de la piscine de Lattre, qu’on remettrait en état ou que l’on referait, et irait rejoindre le parc de la Botte. Notre troisième projet phare est une grande rénovation de toutes les écoles. On fera un audit et puis on mettra en conformité. C’est un gros chantier. Un autre grand projet, c’est de végétaliser la ville. Aujourd’hui, vous partez du cours Foch, l’esplanade de Gaulle, vous allez jusqu’au bout vers l’Huveaune, ce n’est que du goudron… Nous voulons construire un commissariat sur l’emplacement qui était prévu à l’origine, en haut de la rue de Verdun. Nous réfléchissons aussi à une journée festive qui représente Aubagne, mais il est trop tôt pour en parler.

    Certains ont été troublés par ce qui pourrait être interprété comme une comparaison entre Gérard Gazay et le Rassemblement national, évoquant « la peste et le choléra ». Que répondez-vous ?

    J.-P.S. : Non, je ne mets pas sur le même niveau Gérard Gazay et Joëlle Mélin [députée RN de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône et conseillère municipale, Ndlr.]. Moi, je suis Aubagnais, je ne suis pas politique. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, je suis pragmatique. Je suis citoyen et je sais compter. Gérard Gazay a été élu avec les voix du RN. Aux dernières élections législatives, en juin 2024, il n’était pas pour le front républicain.

  • Dans le Var, les communistes se forment pour les municipales

    Dans le Var, les communistes se forment pour les municipales

    Une journée de formation au cours de laquelle le conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun, André De Ubeda, a pu faire partager son expérience d’élu. Sylvie Vinceneux, membre du conseil national, est intervenue, elle, sur
    le thème du logement dans un département où la pénurie fait rage.

    Les participants sont repartis avec l’envie d’enrichir les programmes électoraux et de se battre pour que la gauche et les communistes puissent apporter des réponses
    aux grands besoins des habitants
    de leurs communes.

  • [Entretien] Gaëlle Lévêque : « L’image renvoyée par les politiques nationaux met à mal celle de l’élu local »

    [Entretien] Gaëlle Lévêque : « L’image renvoyée par les politiques nationaux met à mal celle de l’élu local »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir pris cette décision ?

    Gaëlle Lévêque : C’est le fruit d’une réflexion qui a été assez longue. C’est aussi le constat qu’être élue, c’est un engagement citoyen, un engagement qui est sur un temps donné. On n’est pas sur un métier mais sur une fonction liée à un territoire. J’arrive à la fin de mon troisième mandat d’élue à la ville de Lodève – j’étais adjointe sur les deux précédents [de 2008 à 2020, Ndlr.] – et c’est déjà un temps relativement conséquent. La fonction de maire est une fonction totale et absolue en termes d’investissement. On est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est bien quand c’est un temps de sa vie et pas toute sa vie.

    En 18 ans de mandat, avez-vous vu la fonction du maire évoluer ?

    G.L. : Ce qui est certain, c’est que ce mandat 2020-2026 a été marqué par une complexité plus grande. Déjà, il a démarré en plein Covid : plein de choses qu’on avait prévues n’ont pas été réalisées du fait des confinements, et puis de toutes les contraintes liées à la pandémie. Ce mandat a aussi été marqué par la crise énergétique, ce qui fait que dès 2022 on a été obligé de réorienter plein d’investissements qu’on voulait réaliser sur la ville pour se focaliser sur la baisse de la consommation énergétique. Nous avons effectué de gros travaux sur plusieurs bâtiments publics à isoler et des changements de chaudières, tout ça pour arriver à diminuer notre consommation d’électricité vu l’augmentation qu’il y avait eue au niveau des prix. Dernièrement, il y a enfin le contexte politique national, l’incertitude budgétaire depuis la fin d’année dernière et les annonces des gouvernements successifs sur la nécessité de réduire la dette publique, qui passerait par une réduction des dotations aux collectivités. Tout cela donne un mandat vraiment très difficile. On a du mal à se projeter.

    Au-delà de ces facteurs externes, l’image de l’élu a-t-elle changé ?

    G.L. : Elle se complexifie. L’image que renvoient les politiques nationaux sur le rôle d’élu, on le ressent au niveau local. Pourtant, je pense que ce sont des fonctions qui sont très différentes, vu que nous sommes au contact permanent de la population sur des projets qui touchent directement les habitants. Il y a quand même, je pense, une dégradation du sentiment de l’opinion publique vis-à-vis des élus en général, à cause des élus nationaux qui, à mon sens, donnent des très mauvais signaux. Les conséquences qu’on peut avoir sur le terrain, c’est qu’on a l’impression que les gens ont beaucoup moins de respect pour la fonction de l’élu et donc du maire, des adjoints, et des conseillers municipaux.

    Certains dénoncent des pressions, qui mènent parfois même à des violences de la part des administrés. Vous le constatez aussi ?

    G.L. : Oui, alors je n’ai jamais subi de violence. Mais en fait, on sent une telle angoisse chez les gens, une angoisse d’avenir, on est dans une situation qui est très tendue socialement, politiquement, économiquement, etc. Tout ça génère de l’angoisse. Et quand il y a de l’angoisse, il y a de l’agressivité. Et on nous met sur les épaules, nous élus locaux, des choses qui ne sont pas de notre ressort. Ce qui n’est pas très grave, mais on sent vraiment qu’il y a une tension. Il y a aussi le phénomène des réseaux sociaux, qui sont un sacré déversoir d’angoisse encore une fois, et on voit des mots qui sont un peu affolants quand même.

    Pour les élections municipales de 2026, beaucoup d’édiles ont annoncé ne pas se représenter et jeter l’éponge. Peut-on parler de crise de la vocation ?

    G.L. : Oui, je les comprends, et j’échange énormément avec des élus qui sont dépassés par rapport à tout ce que je viens de vous dire. On peut aussi ajouter le fait qu’on est dans une société qui a empilé les réglementations les unes sur les autres. Nous, sur le terrain, on doit à la fois les appliquer et les faire appliquer. Souvent, on a des injonctions contradictoires entre ce que la réglementation nous impose, et ce qui est attendu de nous. Et ça, tous les élus locaux le vivent.

    Comment voyez-vous la suite ?

    G.L. : Il y a une équipe en cours de construction, avec un programme en cours d’élaboration. Je les soutiendrai du mieux que je pourrai parce que c’est la continuité du travail qu’on a fait ensemble depuis 18 ans, donc je suis très attachée à cette manière de faire et d’envisager un mandat municipal. Et puis après, je suis conseillère départementale du canton de Lodève avec un mandat jusqu’en 2028, donc je resterai sur le terrain et auprès de Lodève et des Lodévois.

  • L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    L’Après se construit maintenant dans l’unité à La Seyne

    Après avoir largement expliqué, dans notre édition du 23 septembre, les raisons qui les amenaient à quitter la France insoumise avec une dizaine de leur coreligionnaires, c’est à la conférence de presse de L’Alliance pour la République écologique et sociale (L’Après), le mouvement de Clémentine Autain, que nous retrouvons les deux anciens animateurs locaux des insoumis.

    « On avait dit qu’on allait se réinventer ailleurs, c’est aujourd’hui chose faite », confirme sobrement Hervé Fechino. Et de poursuivre : « Nous voulons rester le trait d’union du rassemblement parce que la gauche ne peut pas se désunir pour battre la droite et l’extrême droite. » Et cela en continuant à s’appuyer sur le programme du Nouveau Front populaire.

    Une dynamique inchangée que les militants souhaitent continuer à faire vivre à La Seyne, pour les municipales, afin « de redonner confiance à l’électorat de gauche ».

    « On a démissionné pour favoriser cette union, c’est bien pour cela qu’on se reconnaît tout à fait dans les termes d’Alliance pour la République écologique et sociale », précise Isabelle Renier.

    Mais attention, rappelle-t-elle, « pas une union à n’importe quel prix, on n’acceptera pas les Macron-compatibles, c’est-à-dire Place publique ».

    L’union pour battre la droite et l’extrême droite

    C’est de cette façon que L’Après souhaite peser dans les rencontres avec les autres partis de gauche. En attendant, le mouvement dénonce le démantèlement des services publics en France et, bien sûr, dans le Var. Avec les fermetures de bureaux de poste et le désengagement de l’État dans les hôpitaux, comme à Hyères ou Draguignan. Sans compter la précarisation massive des travailleurs, notamment dans le tourisme et le BTP, comme l’explique Laurent Gilbert.

    Et de continuer : « Pendant ce temps, le Rassemblement national avance masqué, instrumentalisant la colère sociale pour imposer son projet de division et de régression. »

    Face à cette situation, L’Après 83 propose la voie de l’unité et de la rupture. « Nous refusons de nous résigner, de laisser le Var et la France se faire broyer entre les mâchoires du piège présidentialiste. » Les militants défendent donc un projet social, écologique et démocratique pour les municipales de 2026.

    Dans lequel il s’agit, par exemple, tout à la fois de s’opposer à la spéculation des promoteurs pour lutter contre la pénurie de logements et en les rendant plus accessibles, tout en s’opposant aux « grands projets inutiles » et à « la bétonisation du littoral ».

    Pour ce qui est des transports en commun, les militants rappellent que le Bus à haut niveau de service (BHNS) ne doit pas se faire au détriment du tramway, seul capable de répondre aux besoins de la métropole.

    Et de conclure : « Nous refusons l’idée de gauches irréconciliables étant donné que les divisions ne profitent qu’à nos adversaires. Et tendons la main à tous les partenaires du Nouveau Front populaire. »

    On ne voit pas trop ce qui pourrait faire obstacle à l’union. Si ce n’est, ce qui est complètement impensable, le refus de reprendre la ville.

  • La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    Dans un département qui a envoyé lors du dernier scrutin électoral six députés RN sur sept à l’Assemblée nationale, la menace de l’extrême droite plane sur pas mal de clochers varois. D’autant que les digues sont en train de sauter sous l’effet de prises de parole chez LR allant plus dans le sens de l’union des droites que du front républicain dynamité par Bruno Retailleau lui-même. Le Rassemblement national espère donc profiter de cette ambiance délétère pour jouer les trouble-fêtes partout où il le pourra. Avec hélas des chances de succès dans les deux plus grandes villes du Var que sont Toulon et La Seyne, si l’on n’y prend garde.

    Dans le Port du Levant pour commencer, la seule circonscription qui ne soit pas tombée dans le giron du parti à la flamme fasciste, c’est Laure Lavalette, l’une des porte-parole de Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle, qui entend bien prendre la ville. Habituée des plateaux télé et bénéficiant d’un public dans la ville préfecture qui l’interpelle par son prénom, elle compte bien cacher derrière son sourire tout ce qui pourrait l’empêcher de briser le plafond de verre, y compris l’idéologie de son parti.

    Pour y faire face, à droite, le candidat LR Michel Bonnus, sorti du bois très tôt, souhaite lui aussi capitaliser sur son capital sympathie plutôt que de s’aligner sur Paris, pour essayer d’attirer au-delà de son propre camp. Pour ce faire, il vient la semaine dernière sous la pression de la gauche de clarifier sa position, en précisant que face au RN il voterait sans hésiter pour un candidat socialiste contrairement à son mentor et secrétaire général du parti Les Républicains.

    Il faudra également compter avec la participation de la maire sortante sans étiquette Josée Massi qui continue à gérer la ville mais n’a probablement pas dit son dernier mot. Elle est en effet à même de créer la surprise avec une liste renouvelée en entraînant derrière elle un électorat centriste rassuré par la rigueur et la loyauté de celle qui a su dans la tourmente rester droite dans ses bottes. Et lui reconnaissant aussi, son aptitude à écouter son opposition progressiste.

    La gauche a de son côté, avec Toulon en Commun, l’atout de l’unité, avec sous sa bannière le rassemblement de toutes les composantes des partis qui s’en réclament (hormis LFI, pour l’instant) élargie aux forces syndicales, associatives et citoyennes. Une équipe menée par la socialiste Magali Brunel désignée par l’Assemblée populaire souveraine. C’est l’instance où toutes les décisions sont prises dans la transparence. Une liste solidaire, écologiste et citoyenne à même de rassembler largement au-delà du camp des progressistes.

    À La Seyne, en revanche, le rassemblement de ce côté de l’échiquier politique n’est pas pour l’heure complètement scellé. Mais on voit mal la gauche, alors qu’elle est capable de reconquérir l’ex-Cité des Chantiers, s’embourber dans des querelles d’ego. Gageons que l’esprit de responsabilité guide les pas de tout le monde.

  • Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    En mars, 151 conseils municipaux seront renouvelés dans le Vaucluse. Sans faire injure à Saint-Léger-du-Ventoux et sa trentaine d’habitants, les regards se tourneront ailleurs. Dans la préfecture Avignon, les jeux sont très ouverts depuis l’annonce surprise de Cécile Helle, maire (PS) depuis 2014, de ne pas briguer un 3e mandat. Sa majorité sortante se divise pour l’heure entre plusieurs candidats possibles : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) tandis que le Premier adjoint, Claude Nahoum soutient le néophyte Benoît Belvalette (Place publique). Tous martèlent que l’union est indispensable. Mais derrière qui ? Chez les insoumis, Mathilde Louvain a été désignée tête de liste. Le camp du centre et de la droite est aussi éclaté avec Olivier Galzi (SE), Stephan Fiori (DVD) – qui sont candidats officiels – et les deux Julien, Paudoie (bloc macroniste) et Aubert (LR) qui lambinent. Enfin, la cheffe de file de l’opposition RN, Anne-Sophie Rigault a de nouveau été investie.

    L’extrême droite, après avoir soutenu 13 candidats en 2020, compte bien tripler ses représentants. Le RN a ainsi investi Christian Richaud à Carpentras, Franck Marest à Bollène et a dévoilé des représentants à Monteux, Vedène ou Entraigues-sur-la-Sorgue, où le sortant (PCF) Guy Moureau ne s’est pas encore prononcé. Autant de communes susceptibles de basculer comme avant elles Le Pontet, Camaret puis Morières. Les trois maires RN sortants se représentent. Au Pontet, un front républicain du PCF au centre droit se construit derrière Jean-Firmin Bardisa. Le sortant RN Joris Hébrard affrontera aussi son 1er adjoint, Patrick Suisse… À Morières, Annick Dubois (PS) est pressentie pour mener l’union de la gauche. Fief de l’extrême droite depuis 1995 avec les Bompard père puis fils, Orange est suspendue à une décision de justice prévue en décembre, qui pourrait rendre inéligible le maire (Ligue du sud) Yann Bompard et la toujours députée RN Marie-France Lorho. En froid, les deux élus sont des candidats potentiels. En face, une tentative de large alliance gauche et droite a échoué cet été. À Carpentras, le maire (DVG) Serge Andrieu a été donné en tête d’un récent sondage, talonné par son prédécesseur Francis Adolphe (ex-PS). L’extrême droite est divisée avec la candidature de l’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, (ex-RN et Reconquête). À Bollène aussi, l’extrême droite devrait partir à plusieurs entre le RN et possiblement l’ex-maire Marie-Claude Bompard. Le maire (SE) Anthony Zilio devrait se représenter. À Cavaillon, c’est encore morne plaine pour tenter de succéder à Gérard Daudet (LR) qui n’a pas fait connaître ses intentions. Enfin, à Apt, la droite cherche un successeur à la maire sortante LR Véronique Arnaud-Deloy qui ne se représente pas. Céline Celce (Génération.s) incarnera l’union de la gauche.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Au fil des semaines et des déclarations successives de candidature, la poussière retombe progressivement sur les municipales dans les Bouches-du-Rhône. À commencer par sa ville centre, Marseille, où la campagne est déjà bien engagée alors que doit s’appliquer un nouveau mode de scrutin avec deux urnes. L’extrême droite a dégainé en premier, avec la candidature dès le mois de juin du député RN de Marignane, Franck Allisio, jouant sur la normalisation du parti lepéniste et les débauchages d’élus de secteur à droite qui se poursuivent de mois en mois.

    Dans une ville où un tiers des électeurs, lors des derniers scrutins nationaux, votaient pour l’extrême droite, le sénateur Stéphane Ravier lui a enlevé une épine du pied en se retirant de la course début octobre pour lui apporter son soutien. À droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département Martine Vassal a précipité sa candidature à la rentrée, durcissant le discours pour prendre des voix à l’extrême droite. Jusqu’à créer des tensions avec l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, tandis que l’ex-maire des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé quitter la vie politique, refusant de la soutenir. Le docteur Frédéric Collart (DVD), candidat, se fait désormais discret. Les insoumis, approchés par l’adjoint écologiste Sébastien Barles et son collectif Vaï Marseille, ont de leur côté adapté leur calendrier au contexte national, même si le député Sébastien Delogu ne cache pas son ambition. Quant à la majorité bien en place, le Printemps marseillais retarde son entrée en campagne après une démonstration de force à la rentrée, mais a reçu le soutien des communistes et d’écologistes frappés par la mise en retrait de leur chef de file.

    Ailleurs, l’extrême droite ne cache pas ses ambitions après avoir ravi il y a un an la ville de Rognac gangrenée par les affaires, mais à l’issue seulement d’une improbable quadrangulaire. Pour débaucher maires et candidats, le RN a concocté un label « Provence qu’on aime », espérant élargir son ancrage territorial après les législatives. Dans les bastions ouvriers de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc, la droite locale a franchi le Rubicon en s’y ralliant. Mais à Marignane, le maire Eric Le Dissès qui s’est allié à Franck Allisio doit faire face à une large coalition menée par le maire (UCE) de Gignac, Christian Amiraty.

    Sur la Côte bleue, le maire (DVD) de Carry René-Francis Carpentier doit faire face à une multiplication de listes, dont la défection de son ex-adjointe Valérie Guarino, également vice-présidente (DVD) au Département. À Aix, Sophie Joissains (UDI) déjà candidate annoncée depuis longtemps tient encore le centre et la droite, sans autre liste face à elle dans son camp pour le moment, mais devra affronter la gauche unie, sans les insoumis.

    Ailleurs, la gauche espère conserver ses villes, notamment les bastions communistes comme Martigues où le RN se montre ambitieux. Surtout, elle espère reprendre les territoires perdus comme Arles, où Nicolas Koukas (PCF) avait réalisé de bons scores aux législatives, ou Gardanne, où elle espère l’union face à la candidature du maire (LR) sortant Hervé Granier.

  • Thierry Antoine : « Béziers mérite mieux que l’extrême droite »

    Thierry Antoine : « Béziers mérite mieux que l’extrême droite »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre à nos questions. Ce vendredi, Thierry Antoine, revient notamment sur la gestion par l’extrême droite de Béziers.

    Quel est votre parcours  ?

    Thierry Antoine : Je suis né dans le nord-est de la France et je suis arrivé à Béziers il y a 25 ans. Je suis bibliothécaire et j’ai toujours été sensible aux questions écologiques, aux questions sociales. La victoire de Robert Ménard a agi comme un électrochoc. C’est là que j’ai commencé à m’engager politiquement. J’ai vu que j’avais bien fait et qu’il fallait continuer parce qu’il faut absolument à Béziers un autre discours que celui de l’extrême droite. Parce que Béziers est une ville super attachante, mais c’est une ville qui est aussi en grande difficulté sociale pour presque la majorité des habitants. Elle mérite mieux qu’une politique d’extrême droite qui ne règle aucun problème.

    Parcours

    Printemps de Béziers

    Au vu du poids de l’extrême droite dans la ville, l’union de la gauche était nécessaire ?

    T.A. : Oui, on a vécu la désunion lors des dernières élections. Il n’est pas interdit d’apprendre dans la vie. On s’est tous rendu compte, je crois, qu’on s’était focalisé en réalité sur les différences qu’on avait entre nous alors qu’elles ne sont pas si nombreuses que ça et surtout on peut largement les mettre de côté quand on regarde ce qui nous rapproche et ce contre quoi on doit lutter ensemble. C’était mon premier mandat de conseiller municipal d’opposition donc ça m’a tout de même permis de gagner en compétence et de travailler avec les autres conseillers municipaux d’opposition, je pense notamment à Nicolas Cossange. On a bien vu au cours de ces années qu’on poussait dans le même sens et on s’est dit qu’il fallait continuer comme ça, c’est la solution.

    Seule LFI manque à l’appel, les tractations continuent ?

    T. A. : Pour l’instant, on les a reçus, on leur a écrit plusieurs fois, on continue à se croiser dans les manifestations, les mobilisations. Je crois que le problème n’est pas forcément local avec LFI. Je ne sais pas qui a les clés pour déverrouiller la situation. Moi, ce que je sais, c’est qu’il y a des gens très bien chez LFI et qu’il y a une capacité de travailler avec eux. Les modalités, on verra bien. C’est à eux qu’il faut poser la question, la balle est dans leur camp. On a réussi à faire l’union avec neuf partis, ce n’est pas facile tous les jours, c’est normal, c’est comme ça. Et ça marche bien même avec des différences, etc. On continue à être ouverts, c’est la démarche de toute façon du Printemps de Béziers et on la garde jusqu’au bout.

    Ménard

    Depuis son arrivée, l’état de Béziers n’a cessé de se dégrader…

    T. A. : Si on excepte les allées et une partie de l’hypercentre, qui a été refait à neuf, le reste continue à se paupériser, à cumuler les difficultés. Il y a des difficultés au sein des familles, le trafic de drogue s’installe, l’habitat se dégrade, on voit bien la spirale dans laquelle certains quartiers sont en train de s’enfoncer. Face à cela, il y a une réponse qui n’est même pas sécuritaire parce que ça ne marche pas, il y a une réponse de communication.

    Vous l’appelez d’ailleurs le maire de BFM car il est plus occupé à soigner sa com’ ?

    T. A. : Je me dis « tiens, j’ai croisé le maire de BFM à Béziers ». On le voit plus souvent sur BFM que sur Béziers. Pour moi, ça rejoint la question de la brigade anti-stups, on est vraiment dans l’illustration parfaite. Une partie de la police municipale va être spécialement dédiée à la lutte contre les dealers, mais ils ne peuvent rien faire, ils n’ont pas le droit d’enquêter, ils vont juste être là pour essayer de les déranger. Ce qui ne sert à rien, tout le monde le reconnaît même les policiers nationaux, le procureur. C’est l’illustration parfaite de l’œuvre politique de Robert Ménard, des mesures qui ne servent à rien, mais qui plaisent à une partie de la population. Je trouve que c’est assez terrible, c’est vraiment une vision particulière du mandat politique. C’est-à-dire que Ménard n’est pas là pour essayer de régler les problèmes, il est là pour servir des mesures qui vont plaire à une partie de la population, notamment ses électeurs. C’est son seul objectif.

    Comment expliquer la dichotomie entre cette demande des citoyens et ces politiques publiques mises en place ?

    T.A. : Malheureusement, ce n’est pas nouveau que les politiques soient en retard sur l’évolution de la société, on l’a vu dans plein de domaines. Sur l’écologie, je pense que c’est pareil, avec une couche supplémentaire, c’est que l’écologie devrait être, et c’est, un outil formidable pour les classes moyennes et populaires. C’est une manière à nouveau de réclamer des droits, de la redistribution, de réclamer tout simplement un partage, pas des richesses produites mais un partage de la qualité de vie. Mais avec un gouvernement macroniste, ce n’est pas forcément ce qui est souhaité. Ce qui me met hors de moi : l’écologie dite « bobo », ce n’est absolument pas vrai. À Béziers, si on isolait les logements et notamment les logements sociaux, c’est un gain direct sur la facture d’énergie pour les gens. C’est un outil vraiment au service des classes moyennes et populaires. Les gens qui se moquent de l’écologie ou qui expliquent que ce n’est pas réaliste sont ceux qui vivent dans des logements isolés et qui mangent bio. Même chose pour la lutte contre le changement climatique. Les gens qui gagnent 5 000 euros par mois, ils sauront se protéger contre la chaleur.

    Écologie

    T.A. : Béziers est une ville moyenne. On a un groupe de militants qui est raisonnable mais pas comparable à ce qu’on trouve à Toulouse ou à Montpellier. Par contre, on a pas mal de militants dans les villages et notamment dans le Piémont-Biterrois. Ce sont parfois des néo-ruraux avec une vision un peu différente de la vie rurale, qui nous apportent beaucoup, on aurait tout intérêt à écouter ces gens-là et à travailler différemment. Je pense que c’est vraiment une des forces et un des axes de développement de l’écologie dans les villages et les petites villes.