Tag: Montpellier

  • À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    Sélectionnée par la Ville de Montpellier dans le cadre d’un appel à projets, l’artiste sud-coréenne Mona Young-eun Kim présente une nouvelle exposition à l’espace Dominique-Bagouet rénové. Intitulée « La prophétie est une mémoire, la croyance est synthétique », celle-ci fait dialoguer les archives de la Ville concernant la médecine avec une vision contemporaine des questions médicales. Manuscrits médiévaux et documents fac-similés répondent aux images conçues par l’Intelligence artificielle (IA). « Elle a choisi de générer un récit à partir de l’évolution du corps en fonction de sa capacité à ingérer du plastique. C’est une préoccupation scientifique actuelle », détaille Marie-Caroline Allaire-Matte, commissaire de l’exposition. Une préoccupation faisant écho à celle observée par les médecins du Moyen-Âge lors des débuts de la chirurgie, des autopsies.

    Une manière de questionner le public sur le futur. « Son récit dystopique se base sur un fait objectif : manger du plastique. C’est comment la fiction se nourrit du réel et comment la fiction va engendrer une réflexion sur l’avenir de la condition humaine », poursuit la commissaire de l’exposition. Sans oublier de le mettre en perspective avec le passé, d’où le nom de l’exposition « la prophétie est une mémoire ». « On ne peut comprendre notre avenir et l’anticiper que quand on regarde ce que l’on sait déjà, c’est-à-dire la capacité que l’on a à mémoriser toutes les archives qui ont conditionné l’apprentissage de la science. »

    L’autre partie de l’exposition, « la croyance est synthétique », se concentre sur une vidéo réalisée par l’artiste dont 80% générée par l’IA, où un homme ingère -encore- du plastique et se transforme en quelque chose de monstrueux. « Cela montre également que la croyance ne se fait plus en dieu ou en une religion mais la croyance dans le progrès des outils numériques qui nous accompagnent tous les jours. La science est venue se substituer à une croyance religieuse », observe Marie-Caroline Allaire-Matte.

  • Hérault : bientôt une appli pour détecter le paludisme ?

    Hérault : bientôt une appli pour détecter le paludisme ?

    « Je trouvais l’application PlantNet [permettant l’identification de plantes à partir de photos, Ndlr.] géniale. Je me suis demandé si je pouvais appliquer ça à mon domaine de recherche où nous sommes amenés à faire des diagnostics d’infection au plasmodium, le parasite qui cause le paludisme », rembobine Grégoire Pasquier, praticien hospitalo-universitaire au laboratoire de parasitologie-mycologie au CHU de Montpellier. C’est ainsi que le chercheur planche, depuis 2021, sur Plasmo detect, une application pouvant identifier le type de parasite causant le paludisme en prenant une photo d’un frottis sanguin.

    « On a une base de données de 30 000 photos de frottis sanguins sur lesquels il y a différentes espèces de paludisme. Nous nous sommes focalisés sur l’identification de l’espèce de parasite, [une des étapes du diagnostic du paludisme, Nldr.]. Selon l’espèce de plasmodium – cinq peuvent infecter l’homme – ce n’est pas le même traitement. Nous avons annoté les images en fonction des globules rouges infectés. Nous avons ensuite entraîné un algorithme qui peut différencier les différents parasites », détaille Grégoire Pasquier. L’application peut détecter en temps réel l’infection et définit la bonne espèce dans 80% des cas. « L’objectif serait d’atteindre 90%, le niveau 1 des critères du manuel qualité de l’OMS », reprend le chercheur. Ce qui garantirait la qualité de la prestation réalisée en laboratoire. Une aubaine pour la médecine, d’autant que « certains espèces ont des formes parasitaires latentes au niveau du foie, sur lesquels les traitements habituels ne marchent pas et nécessitent un second traitement pour soigner le patient », note Grégoire Pasquier.

    Surtout, Plasmo detect permettrait de venir en aide aux centres en Afrique subsaharienne, qui concentre la majorité des cas de paludisme des 2,6 millions de personnes infectées chaque année dans le monde pour 600 000 décès. « Là bas, ils ne sont pas toujours formés à lire des frottis sanguins pour détecter le paludisme. » Cela permettrait une prise en charge plus rapide des patients.

  • Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    C’est Place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc» (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre, que les communistes de Montpellier ont rendu publiques ce lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies», introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée. Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Mickaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020.» résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Hervé Martin rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers…»

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes de Montpellier ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le projet municipal de la prochaine mandature. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix», quelle que soit sa forme : «une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental», insiste Hervé Martin.

    la deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule», explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer «on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits».

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. «Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances» annonce Hervé Martin. « On propose que la ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental».

    Alors que le maire sortant Mickaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes de Montpellier précise : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine», précise Hervé Martin.

  • Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Voilà plusieurs années que Raymond Depardon tisse un lien fort avec Montpellier. En 2022, le Pavillon populaire, avait déjà accueilli l’exposition « Communes », dans laquelle le célèbre photographe rendait hommage, en noir et blanc et à la chambre, à ces villages oubliés de l’arrière-pays méditerranéen menacés par un projet d’extraction de gaz de schiste. L’année suivante, en 2023, Raymond Depardon et son épouse Claudine Nougaret faisaient don, au musée Fabre, de près de 200 tirages issus de l’œuvre du photographe, permettant de faire entrer la photographie au sein des collections du musée montpelliérain.

    L’exposition « Extrême Hôtel », à découvrir depuis le 3 décembre au Pavillon populaire -dont elle marque la réouverture après plusieurs mois de travaux- vient encore renforcer ce lien et l’empreinte artistique de Raymond Depardon sur la ville.

    Cette carte blanche au célèbre photographe s’écrit, cette fois, en couleur. Co-commissaires de l’exposition, Simon Depardon, son fils -également photographe- et Marie Perennès, historienne de l’art spécialiste de la photographie, ont eu envie de faire découvrir aux visiteurs les archives couleur de celui qu’on connaît surtout pour ses clichés en noir et blanc. « Raymond a fait, dès 1960, beaucoup de photographies en couleur, or on s’est rendu compte qu’elles étaient très peu montrées », explique Simon Depardon. « On le connaît surtout pour des photoreportages importants, politiques, dans une actualité forte, mais on connaît moins les photographies qu’il a faites pour son plaisir. Celles qu’on montre ici sont, pour beaucoup, des photos plus personnelles, intimes, qu’il faisait pour lui dans une forme de douceur », livre le commissaire d’exposition. Un grand nombre des 150 clichés présentés n’ont d’ailleurs jamais été vus auparavant. « On a pu accéder à ses planches contacts et à ses négatifs pour sortir des inédits », confie son fils.

    Explorations solitaires

    C’est notamment le cas dans la série principale, « Extrême Hôtel », qui donne son nom à l’exposition. Celui d’un hôtel sans chichi à Addis-Abeba, où Raymond Depardon aimait séjourner lors de ses voyages en Éthiopie. Cette série réunit des images, pour beaucoup inédites, donc, réalisées dans différents endroits du monde entre 2004 et 2019, pour le plaisir. Une photographie de l’errance, éloignée des contraintes du photojournalisme.

    Organisée en différentes séries, l’exposition s’ouvre sur « La terre des paysans », un hommage de Depardon à la ruralité française, lui qui est né dans une exploitation agricole de la vallée de la Saône. Celui qui n’a jamais osé photographier ses parents immortalise en couleur, dans les années 2000, ces paysans qui disparaissent, la fin d’un monde.

    La séquence « Press color », elle, retrace le parcours de photojournaliste de Raymond Depardon, de l’Algérie au Vietnam, des Jeux olympiques à l’affaire Claustre. « À l’époque Raymond avait deux appareils photos. Un chargé en noir et blanc pour les reportages que lui commandait son agence, et l’autre en couleur pour tenter d’accrocher la couverture, qui était en couleur et qui était le Graal du photoreporter », rapporte Marie Perennès.

    D’autres séries, plus solitaires, intitulées Datar, USA, Glasgow, Carthagène, Tokyo ou encore Méditerranée complètent cette plongée tout en douceur dans le regard de Depardon. Attentif aux couleurs et à la lumière, il y photographie des lieux où il ne se passe rien, des scènes de vie ordinaires… Une exploration intime et intense du monde qui l’entoure.

    * À découvrir jusqu’au 12 avril. Entrée libre et gratuite.

  • L’exil du « Grand Charles » vers l’Allemagne

    L’exil du « Grand Charles » vers l’Allemagne

    Il y a des terreaux où le talent pousse mieux qu’ailleurs. À Frontignan, le hand bénéficie d’un microclimat et d’un terrain de jeu fertile depuis près de quarante ans. Un jour, Branko Karabatic, père de Nikola et Luka, y a posé ses valises au bout d’un voyage d’affaires entamé à Trogir, dans l’ex-Yougoslavie.

    Dans le sillage de cet homme au regard aussi doux qu’au goût de l’effort féroce, s’est forgé une culture du sport, du hand en particulier. Avant d’être un éducateur exigeant, il fut un gardien international à Nis, terre natale de Nikola, ou avec la sélection yougoslave.

    Le dernier héritier de Branko, décédé en mai 2011 à l’âge de 55 ans, ne pouvait être qu’un gardien de but. En l’occurrence Charles Bolzinger, jeune portier de Montpellier Handball sur le point de s’envoler vers la Bundesliga.

    Bolzinger (24 ans), filleul de Branko, a refusé l’offre de prolongation de contrat de son club formateur, comme l’a annoncé Midi Libre. Comme d’autres avant lui, comme Nikola Karabatic (Kiel, 2005), Ludovic Fabregas (Barcelone, 2018), cet autre produit-maison du MHB veut vivre les choses en grand. Veut façonner sa légende, pour le moins construire une carrière, suivre peut-être la trace de Thierry Omeyer, meilleur gardien de l’histoire du handball français.

    En 2006, en écho à un Euro en Suisse exceptionnel, coup d’envoi du règne des « Experts », Omeyer avait prolongé son contrat au MHB, avant d’accepter quelques mois plus tard l’offre de Kiel, l’un des maîtres de la Bundesliga et de l’Europe.

    Charles Bolzinger s’apprête à son tour à quitter Montpellier au plus tard en 2027, terme de son contrat, peut-être dès l’été prochain, pour un club prestigieux de ce championnat référent, où le handball génère une popularité, un engouement et une attente incomparables. Selon divers médias, Flensburg, sur les bords de la Baltique, et Berlin convoitent le gardien héraultais.

    Dans le Nord de l’Allemagne, il pourrait suppléer le Bosnien Benjamin Buric (35 ans).

    À Montpellier, rejoint à l’âge de 15 ans et demi, ce gardien longiligne (1,98 m, 100 kg) a fait toutes ses classes. Et, il a très vite sauté les marches pour s’installer au côté de Rémi Desbonnet, arrivé de Nîmes, dans l’effectif de Patrice Canayer, alors manager.

    Dans l’insouciance et l’euphorie de ses débuts en première division, lors de la saison 2022-23, le jeune gardien a affiché son envergure et sa marque de fabrique pour bousculer la hiérarchie. « Certains observateurs préconisaient que Charles devait être prêté pour avoir du temps de jeu. Il est resté et a été le numéro 1 quasiment toute la saison. L’émulation est un très bon vecteur pour faire avancer les gens. Il avait terminé la première moitié de saison à 39% d’arrêts, avec neuf points d’avance sur le second. Cela ne pouvait pas durer. Il a connu la grâce divine, aujourd’hui, il doit trouver la grâce. La grâce divine, je ne suis pas sûr qu’elle revienne. Il est encore en phase d’apprentissage. C’est plus facile d’apprendre quand tu débutes que quand tu es connu » expliquait alors l’ancien manager Patrice Canayer.

    « Le grand Charles » ne va pas partir comme ça. Le Frontignanais va devoir couper les ponts, rompre le cordon ombilical avec son club formateur, où sa personnalité a séduit tout Bougnol. Facétieux, accessible et populaire, il entretient des liens étroits avec les « Blue Fox », club de supporters influent.

    L’international (26 sélections) va partir de Montpellier et à la chasse d’une place vacante chez les Bleus depuis 2024 et les JO. Vincent Gérard, successeur contesté de Thierry Omeyer, avait étiré sa carrière jusqu’à l’échéance olympique avant de tirer sa référence.

    Aujourd’hui, Charles Bolzinger va devoir assumer aussi cette lourde succession. Le prochain championnat d’Europe (15 janvier – 1er février), au Danemark, Norvège et Suède sera un excellent tremplin pour afficher un nouveau statut. Et dérouler le tapis rouge vers Flensburg, ville frontalière du Danemark, ou vers Berlin.

  • « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    Claire Teillet : Nous savons qu’elle joue un rôle mais il y a encore beaucoup à comprendre sur ces interactions et les implications en matière de santé publique. Le mâle a besoin de la végétation pour se nourrir du nectar des plantes. Et la femelle –qui nous pique pour obtenir les protéines nécessaires à ses œufs– en a aussi besoin pour se nourrir et se mettre à l’abri pendant les périodes de repos. La végétation apporte de l’humidité et de la fraîcheur qui conservent l’eau. Et la femelle peut y pondre ses œufs.

    Il lui faut vraiment de l’eau stagnante ?

    C.T. : Oui, car après l’éclosion de l’œuf -pondu sur les rebords asséchés du récipient et immergé quand l’eau monte avec la pluie ou l’arrosage-, la larve se développe dans l’eau puis se transforme en nymphe. Ces stades ont besoin d’eau pour exister. Mais des œufs peuvent rester même si l’eau s’évapore. Ils entrent dans une sorte de dormance –la diapause– pour passer l’hiver. Quand l’eau revient et que les conditions sont plus propices –comme au printemps-, ils peuvent éclore.

    Chasser l’eau stagnante est donc crucial pour limiter la présence du moustique tigre, en été, et le risque de transmission de maladies ?

    C.T. : Oui, et notamment dans nos espaces privés qui sont les zones produisant souvent le plus de moustiques tigres. Ils peuvent pondre dans n’importe quel objet pouvant retenir de l’eau. C’est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite.

  • [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    Originaire du Sud-Est asiatique, le moustique tigre est vecteur de maladies comme la dengue, chikungunya ou Zika. Arrivé en France métropolitaine en 2004, il a aujourd’hui colonisé presque tous les départements. Il ne provoque pas encore d’épidémies récurrentes dans l’Hexagone, mais les cas autochtones se multiplient. « Il est important de s’attaquer au problème avant que des épidémies ne surviennent régulièrement », insiste Claire Teillet.

    Quartiers résidentiels

    L’étude montre que la végétation augmente la probabilité de trouver des larves dans les chambres télécoms et collecteurs d’eau pluviale à proximité. « Une densité de végétation très élevée semble toutefois diminuer la probabilité de présence », note la chercheuse. De plus, la végétation associée à des structures urbaines influence cette probabilité de présence : « Elle est plus forte dans des environnements organisés autour d’objets urbains et de zones végétalisées, ainsi qu’à proximité de grands espaces verts », précise-t-elle. Autrement dit, dans des quartiers résidentiels composés d’habitations avec jardin et de parcs.

    Les images satellites ont été associées à des modèles de distribution d’espèces. Des données recueillies sur le terrain par l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen ont permis d’identifier des gîtes larvaires privilégiés pour calibrer les modèles et pouvoir prédire la probabilité d’en trouver ailleurs. « Ce n’est pas la première fois que l’imagerie satellitaire est utilisée pour mener ce type d’étude, précise Claire Teillet. Mais nous avons utilisé une méthode particulière permettant d’extraire de l’information quant à l’arrangement spatial des éléments dans une image. »

    La chercheuse voit dans cet outil un moyen d’identifier les zones prioritaires à inspecter dans l’espace public. « C’est maintenant aux politiques et aux acteurs en charge de la lutte de s’en emparer », pointe-t-elle, rappelant que les principaux gîtes larvaires ne sont pas dans l’espace public mais privé – dans les coupelles et autres récipients dans les jardins.

  • Distancés par Michaël Delafosse, ses opposants toujours divisés à Montpellier

    Distancés par Michaël Delafosse, ses opposants toujours divisés à Montpellier

    Un sondage n’est jamais une prédiction mais au vu des projections de celui de l’Ifop pour le Métropolitain, il va falloir aux opposants plus que des punchlines pour battre Michaël Delafosse en mars 2026.

    Selon une étude menée auprès d’un échantillon représentatif de 706 personnes, le maire socialiste de Montpellier serait largement en tête au 1er tour avec 36%. À l’instar de l’ancien maire Philippe Saurel (13%), du milliardaire Mohed Altrad (9%), du RN Thierry Tsagalos (9%) ou de la macroniste Patricia Mirallès (2%), pour l’heure non déclarés, ou encore d’Isabelle Perrein (8%) soutenue par la droite, les opposants de gauche du maire socialiste, sont distancés.

    Pour l’heure, la députée LFI Nathalie Oziol (16%), l’écologiste Jean-Louis Roumégas (4%) et Alenka Doulain (1%) font cavaliers seuls bien que portant un discours relativement proche. Au Printemps montpelliérain, Jean-Louis Roumégas critique la politique de « greenwashing » du maire et lui reproche son « étalement urbain ». Du côté des insoumis, Livia Jampy veut elle aussi « en finir avec les projets écocides (COM, Lien…) ». Rhany Slimane qualifie le maire sortant de « faux champion de la laïcité » qui a « une vision restrictive de la loi de 1905 ». Selon le natif de Saint-Martin, Michaël Delafosse (qu’il qualifie de « maire de la Comédie ») délaisse les quartiers populaires à l’instar de « l’un des plans Anru les plus ridicules de France » selon elle. Antoine Bertrand, le 3e co-chef de file de Nathalie Oziol, lance dans le même esprit un appel pour un « plan d’urgence sur le logement ».

    Ces critiques et propositions trouvent de l’écho chez le candidat de Révolution permanente, Max Muller, ou chez Cause commune. En vue de constituer une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition Alenka Doulain, Cause Commune va, samedi 6 décembre (14h) au parc Tastavin, à la rencontre des Montpelliérains qui veulent « rompre avec la baronnie socialiste et la politique des élites locales ».

    Les critiques comme dénominateur commun

    Osé pour celle qui en 2020 n’a pas hésité à faire alliance avec le milliardaire Mohed Altrad. Pour ce mouvement « Les quartiers populaires sont exclus du conseil municipal et n’ont aucun pouvoir de décision. On veut une liste qui nous ressemble, pas un empilement de féodalités », synthétise le porte-parole Soufyan Heutt. « On veut prendre le pouvoir et le redonner aux habitants » assène son homologue Anne Bisson. Mais à cette heure, si les critiques sont le dénominateur commun de tous ces candidats, l’union des anti-Delafosse est loin d’être acquise. « On est prêt à discuter avec LFI et le Printemps montpelliérain. Mais si ça ne se fait pas, on est armés et légitimes », prévient Marc Nougier de Cause commune. Côté LFI, Nathalie Oziol qui compte sur les électeurs dans les quartiers populaires (avec une campagne d’inscription sur les listes comme le pratique la FI dans d’autres villes de gauche à l’instar de Marseille), confirme que des discussions sont en cours avec Cause commune. « J’espère qu’Alenka Doulain sera sur notre liste » ajoute-t-elle.

    Avec Jean-Louis. Roumégas en revanche, les échanges restent indirects. « On a intérêt à faire liste commune pour être en tête au 1er tour », constate Nathalie Oziol.

  • « En 30 ans le regard que porte la société sur la pauvreté a changé »

    « En 30 ans le regard que porte la société sur la pauvreté a changé »

    La Marseillaise : Ce rapport met en lumière 30 ans d’augmentation de la pauvreté en France…

    Jean-Marie Brugeron : En effet la pauvreté s’est nettement intensifiée. Plusieurs chiffres en attestent : le niveau de vie médian des personnes que nous accueillions est passé de 658 euros en 2014 à 565 euros en 2024. 95% des ménages accueillis vivent sous le seuil de pauvreté (1 316 euros) et 74% sous le seuil d’extrême pauvreté (+11 pts entre 2017 et 2023). Nous recevons par ailleurs beaucoup plus de personnes sans aucune ressource : de 10% en 1994, leur proportion est passée à 26% (24% dans l’Hérault). Cela s’explique par les difficultés à bénéficier des aides, l’accès aux droits étant de plus en plus compliqué (38% de non-recours au RSA des ménages éligibles français en 2024) et par le fait, également, que de plus en plus de gens sont sans droits, notamment les étrangers, qui se présentent dans nos accueils car privés de tout moyen d’avoir un revenu quelconque.

    Les femmes et les enfants sont en première ligne de cette pauvreté ?

    J-M.B. : En 2024, les femmes représentent 56% des personnes rencontrées (58% dans l’Hérault). Elles étaient déjà majoritaires en 1994, mais on enregistre une augmentation de + 5 points en 30 ans. Dans l’Hérault, on compte 27% de mères isolées, dont les trois-quarts vivent dans l’extrême pauvreté. Les enfants, qui représentent 39% des personnes soutenues, sont ainsi les premières victimes de la pauvreté subie. Le rapport montre également une pauvreté davantage liée à des problèmes de santé ou de handicap. En 1999, 15% des personnes qui se présentaient avaient des problèmes de santé ; elles sont 23% en 2024.

    Ces 30 dernières années,
    la pauvreté a également
    pris de nouveaux visages…

    J.-M.B. : Oui, on a notamment vu apparaître une nouvelle catégorie qui n’existait pas en 1994 : les travailleurs pauvres. Auparavant, les personnes qui avaient un travail arrivaient à peu près à subvenir aux besoins de leur famille. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, à cause des temps partiels, de l’intérim, des saisonniers… Mais même un CDI ne vous exonère pas d’être pauvre : 28% des personnes accueillies en 2024 ont un CDI (17% dans l’Hérault, contre 5% en 2000).

    Par ailleurs les ménages étrangers sont de plus en plus nombreux (52,7% des adultes accueillis en 2024 contre 20% en 1994), de même que les seniors, dont la part a plus que doublé en 30 ans (de 3% en 1994 à 7% en 2024). Enfin, la pauvreté rurale a gagné du terrain. Ce sont souvent des personnes âgées, mais ce aussi des jeunes qui, on le voit bien dans l’arrière-pays héraultais, vont chercher des logements moins chers.

    La pauvreté n’est pourtant pas une fatalité ?

    J.-M.B. : On est passé, en 30 ans, d’une pauvreté conjoncturelle à une pauvreté structurelle. Cette évolution est en lien avec les politiques publiques. Selon la Cour des comptes, sans redistribution le taux de pauvreté ne serait pas de 15,4% en France, mais de 21,7%. Donc les politiques de redistribution fonctionnent. Mais lorsqu’on réforme le chômage dans le sens où cela a été fait, ça provoque une hausse des personnes non indemnisées. Lorsqu’on interdit aux sans-papiers de travailler, ça accroît la précarité. La société aujourd’hui est plus dure pour les plus fragiles et le regard qu’elle porte sur la pauvreté a changé.

    Qu’est-ce qui a changé ?

    J.-M.B. : En 1994, on considérait qu’on se devait d’aider les pauvres, qui étaient les laissés-pour-compte de la croissance.

    Aujourd’hui, on considère que s’ils sont pauvres, c’est de leur faute. On culpabilise les pauvres et on dénonce les étrangers. Le paradoxe dans tout ça, c’est que les Français sont tout de même attachés à la solidarité nationale, puisque 53 % d’entre eux se disent favorables à une augmentation du RSA. Reste qu’il y a un changement de regard qui est profond.

    Quelles sont les actions proposées par le Secours catholique ?

    J.-M.B. : On agit sur différents leviers : le soutien scolaire, les cours de français pour les personnes étrangères ; l’accès à une alimentation digne ; la lutte contre l’isolement à travers les cafés solidaires pour les migrants ou les actions dans les Ehpad ; la lutte contre le non recours aux droits ; et l’accueil des SDF, notamment sur Montpellier avec la Halte solidarité qui fait l’objet d’un gros projet de rénovation. Ce qu’on souhaite, c’est montrer qu’un autre regard est possible pour mieux vivre ensemble.

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.