Tag: Montpellier

  • Face à l’impunité de l’ultra droite les élus de gauche s’inquiètent

    Face à l’impunité de l’ultra droite les élus de gauche s’inquiètent

    À la Ville, l’adjoint à la sécurité Sébastien Cote confirme le phénomène  : « Depuis un mois, la présence physique et symbolique de l’extrême droite est en pleine recrudescence à Montpellier. » Dans la rue, les passages à l’acte fascistes et les affiches racistes et homophobes sont généralement signés le Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous), les Jeunes d’Oc ou le Bloc Montpelliérain… Fin septembre, le prestataire municipal est venu à bout de plusieurs pochoirs « White lives matter », érigés contre un prétendu racisme anti-blanc. Plus récemment, il est aussi intervenu sur des pochoirs « Stop Immigration » revendiqués par le groupuscule les Jeunes d’Oc, et tagués sur des panneaux routiers. « Je pense que l’État doit en prendre toute la mesure et mener des investigations en ce sens », lâche Sébastien Cote, qui affirme avoir conservé les clichés et les tenir « à la disposition de la justice ».

    Point d’orgue de cette ambiance nauséabonde, l’intrusion violente d’un groupe de militants d’extrême droite dans la manif du 18 septembre, et l’agression perpétrée dans le quartier des Beaux-Arts ce même jour… Mais pour l’heure, pas de nouvelle de l’enquête malgré le signalement du maire PS Michaël Delafosse, et le courrier cosigné par les parlementaires socialistes Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi à destination du préfet. « Pourquoi, malgré la présence d’agents de la BAC et des escarmouches répétées, aucun ajustement des moyens n’a-t-il permis d’arrêter ou d’interpeller ces individus ? Y a-t-il eu une mauvaise évaluation de la dangerosité de ce groupe d’extrême droite ? », ont-ils interrogé, avant de réclamer une entrevue. Sans suite pour le moment.

    Le silence de la préfecture
    en question

    Une situation et un silence qui inquiètent l’ensemble des élus de gauche. Selon Fanny Dombre-Coste, ces méfaits « doivent questionner tous les républicains ». « Le souvenir des exactions à la fac de droit est encore vif dans nos mémoires. Nous ne devons tolérer aucune atteinte aux libertés publiques », réagit la députée, alarmée par les vidéos et le rapport détaillé de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM), qui a clairement pointé l’inertie policière dans ce document publié mi-octobre.

    Même sidération du côté du député écologiste Jean-Louis Roumegas, dont un collaborateur a été victime d’une agression « par des nervis d’extrême droite qui se croient tout permis  » lors des législatives de 2024. « C’est à la préfecture d’agir. Nous, élus, nous devons appuyer l’Observatoire des libertés et la Ligue des droits de l’Homme qui se sont mobilisés sur cette question. Si une action est organisée, nous la soutiendrons ! ».

    Si la Ville refuse quant à elle de commenter l’inaction policière du 18 septembre, elle partage globalement la position des deux élus cités. « À un moment il va falloir sans doute que les forces progressistes réagissent, ajoute Sébastien Cote. Elles trouveront toujours la Ville de Montpellier à leur côté. S’il faut aider une mobilisation nous le ferons... »

    « À un moment, il va falloir que les forces progressistes réagissent »

  • Montpellier tisse un réseau d’épiceries sociales et solidaires

    Montpellier tisse un réseau d’épiceries sociales et solidaires

    Avec 28% des habitants vivant sous le seuil de pauvreté, nombreux sont ceux qui, à Montpellier, recourent à l’aide alimentaire. « Il y a 5 ans, il y avait 3 millions de repas distribués par an sur la ville de Montpellier par les réseaux de soutien alimentaire », indique Michel Calvo, adjoint en charge de la solidarité. « C’est énorme. »

    En 2021, la municipalité fraîchement élue avait alors organisé des états généraux de la solidarité alimentaire réunissant associations, institutions, élus, chercheurs. À l’issue des concertations menées dans ce cadre, la délibération adoptée en conseil municipal en novembre 2021 proposait, entre autres mesures, de « constituer un réseau d’épiceries sociales et solidaires (ESS) et l’accompagner pour y améliorer la dignité des personnes, l’inclusion et la qualité des approvisionnements ».

    Quatre ans plus tard, ce maillage a pris forme, en s’appuyant sur des associations qui portent ces projets. « Actuellement, on a une épicerie sociale et solidaire dans les 7 grands quartiers de la ville », assure Michel Calvo. « Il y en a quatre qui sont fédérées par la Ville et qu’on soutient plus particulièrement. On leur donne 10 000 euros de subvention par an. Et il y en a quatre autres qui sont aussi des lieux de distribution alimentaire qu’on soutient, mais qui ne rentrent pas dans notre dispositif », détaille l’élu. « Nous incitons les ESS avec lesquelles nous travaillons à faire des efforts pour diffuser de l’alimentation de proximité et bio. On ne leur demande pas de ne faire que ça car on sait que c’est beaucoup plus cher, mais on cherche à faire évoluer les épiceries sociales vers des produits plus qualitatifs. »

    Une nouvelle épicerie inaugurée en décembre

    Deux ESS directement aidées par la Ville ont été inaugurées dernièrement. Tout d’abord l’épicerie « Soleil », début septembre. Créée dès 1993 par l’association Solidarité DOM-TOM Hérault au cœur du quartier de la Mosson, elle a fait l’objet d’une vaste rénovation prise en charge par la collectivité et le bailleur social ACM. La structure compte aujourd’hui 443 bénéficiaires dont 76 étudiants, soit environ 113 foyers montpelliérains. La seconde épicerie, inaugurée début octobre est, elle, située route de Mende, tout près de la faculté Paul Valéry, dans des locaux mis à disposition par la Ville. Dédiée aux 18 à 25 ans, étudiants ou non, en situation de précarité, Rayon 34 -portée par la Banque alimentaire- a pour objectif d’accompagner jusqu’à 300 jeunes par semaine. Une autre ESS du réseau de la Ville « doit ouvrir en décembre rue Draparnaud, dans le quartier des Arceaux, au terme de deux ans de gros travaux. Elle sera gérée directement par le CCAS », informe Michel Calvo.

  • [Quoi de neuf] Boris Chenaud : « La physique quantique on ne la comprend pas mais on s’habitue ! »

    [Quoi de neuf] Boris Chenaud : « La physique quantique on ne la comprend pas mais on s’habitue ! »

    Le prix Nobel de physique 2025 a été décerné mardi 7 octobre au Britannique John Clarke, à l’Américain John M. Martinis et au Français Michel H. Devoret pour leurs travaux dans la mécanique quantique. Un Nobel qui a mis en joie Montpellier et l’équipe métrologie quantique du Laboratoire Charles Coulomb dont le domaine de recherche porte également sur les circuits quantiques, de l’effet tunnel aux qubits. Explication avec le physicien Boris Chenaud*.

    Françoise Verna : Ce prix Nobel de physique est l’aboutissement d’une recherche fondamentale qui remonte à combien de temps ? Et, question complémentaire, dans quel domaine on se situe avec cette découverte, je cite, « de l’effet tunnel quantique macroscopique et de la quantification de l’énergie dans un circuit électrique » ?

    Boris Chenaud : Cette recherche remonte au moins à une trentaine d’années ce qui montre que les choses se construisent petit à petit, brique après brique. Avec cette découverte, nous sommes vraiment à la frontière entre le monde classique et le monde quantique. Avec les circuits électriques et électroniques dont on parle là. La physique quantique, on l’étudie à l’échelle atomique. Pour donner un ordre de grandeur : la taille d’un atome c’est très très petit. Si vous avez une barre d’un mètre, vous pouvez mettre 10 000 milliards d’atomes côté à côté pour montrer comment ils sont petits. Avec ces circuits électriques, on est de l’ordre du micro-mètre, six ordres de grandeur en dessous du mètre. Mais on arrive quand même à voir des effets quantiques parce que l’on travaille à très basse température. On a les moyens expérimentaux avec des frigos un peu spéciaux, des cryostats à dilution.

    Olivier Notalle : Pourquoi faut-il une température très très basse pour étudier ces phénomènes quantiques ?

    Boris Chenaud : Parce que dans la température il y a des énergies que l’on appelle d’agitation thermique, c’est des choses qui expliquent, par exemple, le mouvement brownien, Albert Einstein avait fait un article magnifique sur ces questions en 1905. Et donc la température c’est l’agitation des atomes, des molécules. Or, si vous voulez percevoir, mesurer des phénomènes quantiques, il ne faut pas être perturbé par l’extérieur, l’environnement avec des températures trop hautes. C’est l’inverse de la physique des accélérateurs de particules. Là, on essaie d’avoir des signatures très fines de phénomènes quantiques qui ont des niveaux d’énergie très fins.

    Françoise Verna : Qu’ont pu observer les lauréats du prix Nobel de physique ?

    Boris Chenaud : Ce qu’ils ont réussi à faire il y a trente ans c’est l’électronique à un électron. C’est-à-dire de manipuler les électrons un par un pour les mettre dans des boîtes qu’on appelle des transistors à un électron et ce pour pouvoir gérer la quantité d’électrons qu’il y a dans ces boîtes. Cela a été la brique de base de leur travail qui après a donné les qubits.

    Olivier Nottale : En quoi c’est exceptionnel ?

    Boris Chenaud : L’expérience montée par les trois lauréats qui a vraiment mis le pied à l’étrier à tout un domaine, celui de l’électronique quantique où on essaie de mesurer des effets quantiques, que cela soit sur la conduction, l’inductance, l’énergie de ces circuits électriques et de les utiliser un peu comme des atomes, ce qui va nous permettre de les manipuler et d’en faire des qbits, c’est-à-dire la brique de base des ordinateurs quantiques.

    Françoise Verna: La recherche fondamentale se déroule essentiellement dans le secteur public. On sait que l’enjeu est de développer l’ordinateur quantique. Cela existe déjà ?

    Boris Chenaud : Oui et la grosse course actuelle est d’avoir le plus de qubits, le plus de cellules actives possibles. Nous, au laboratoire Charles Coulomb de Montpellier, nous avons accès grâce à un partenariat avec IBM à des ordinateurs quantiques qui ont 5 ou 9 qubits. Mais il y a des programmes de recherche avec plusieurs centaines voire quelques milliers de qubits avec d’autres grandes entreprises. Cela demande beaucoup de moyens.

    Olivier Nottale : La physique quantique a des applications en astrophysique mais votre domaine c’est la métrologie. C’est-à-dire ?

    Boris Chenaud : On participe au mouvement international qui a pour but de définir des unités le plus précisément possible. Nous ne le faisons pas comme avant avec des objets mais à partir des constantes fondamentales que sont la charge de l’électron, la constante de Planck etc.

    Françoise Verna : Quels sont vos outils pour enseigner la physique quantique difficile à conceptualiser ?

    Boris Chenaud : On dit souvent à nos étudiants, la physique quantique, comme la relativité, on ne la comprend pas vraiment mais on s’y habitue ! Notre rôle d’enseignants c’est d’essayer d’habituer nos étudiants à ces phénomènes que l’on ne croise pas au quotidien car nous sommes baignés dans le monde classique.

    * Boris Chenaud est l’auteur
    de l’ouvrage «
     1905, l’année miraculeuse d’Einstein ». Éditions ellipses.

    À écouter ici

  • [Entretien] Eddie Jacquemart : « La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant gagnant »

    [Entretien] Eddie Jacquemart : « La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant gagnant »

    La Marseillaise : Dans quelle ambiance s’est déroulé ce congrès ?

    Eddie Jacquemart : Nous avons eu des débats très intéressants qui étaient globalement assez techniques. Mais il y a de l’inquiétude autour des financements et notamment du financement de l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr]. C’est un secteur où il y a beaucoup d’idées mais où les acteurs se sentent freinés par le poids de l’État.

    Comment qualifieriez-vous
    la situation du logement aujourd’hui ?

    E.J. : La situation du logement est dramatique. Ceux qui galèrent au niveau du boulot, au niveau du pouvoir d’achat, sont désabusés parce que personne ne répond à leur problème. Nous avons un Président qui veut finir le boulot qu’il a commencé au lendemain de sa première élection quand il voulait baisser de 5 euros les APL.

    Que pensez-vous de Vincent Jeanbrun, le nouveau ministre du Logement ?

    E.J. : Il est dans la lignée de Guillaume Kasbarian, qui voulait virer les pauvres des HLM pour mettre des gens encore plus pauvres. Malgré le résultat des élections après la dissolution, le Président ne change pas de politique. On sait donc ce que ça va donner avec un gouvernement qui repart bien à droite et ça m’inquiète pour la situation du logement.

    Qu’allez-vous lui demander ?

    E.J. : Nous allons lui demander de supprimer la RLS (Réduction de loyer de solidarité) qui est une ponction de 1,3 milliard sur les budgets des organismes sociaux. Si on redonne 1,3 milliard d’oxygène aux bailleurs sociaux, ils ne vont pas les mettre de côté. Ils vont construire, entretenir, rénover et ça va donc relancer la machine économique. Aujourd’hui, nous sommes dans un moment où il faut relancer la machine économique et quoi de mieux que d’investir dans le logement pour cela ? Si l’on construit beaucoup, on va avoir des entreprises du bâtiment qui vont avoir du boulot, des ouvriers locaux qui vont pouvoir travailler, il va y avoir du chiffre d’affaires et du PIB. Donc allons-y ! Construisons du logement social. On va résoudre à la fois la crise du logement et la crise économique. Mais pour cela, il faut accepter de faire de l’investissement.

    Que proposez-vous contre les maires qui ne respectent pas le nombre légal de logements sociaux ?

    E.J. : Aujourd’hui, la loi de la République prévoit des amendes. Je pense qu’il faut supprimer la possibilité d’amende et mettre en place l’inéligibilité des maires récalcitrants. Il faut les obliger à construire. Il faut changer la loi SRU pour enlever la possibilité de payer des amendes, sauf dans les cas exceptionnels de villes de littoral qui n’ont plus de terrain par exemple. Nous avons donné consigne à nos fédérations d’être très attentives sur cette question lors des prochaines élections municipales.

    Comment fonctionnerait la sécurité sociale du logement que vous portez ?

    E.J. : La sécurité sociale du logement ne coûtera quasiment rien à l’État car il y a deux volets. Le premier se compose d’une caisse de solidarité nationale comme pour la sécurité sociale de la santé. Nous la finançons en centralisant tous les dispositifs qui existent actuellement comme le Fonds de solidarité logement (FSL) des départements, l’argent des CCAS ou celui des bailleurs sociaux qui ont aussi des fonds de solidarité. On rajoute une petite taxe sur les bailleurs : de 2% pour le privé et 1% pour le conventionné. On va ensuite donner une indemnité sociale aux locataires qui seront dans des situations d’accident de la vie comme la perte d’un proche, perte d’un travail, maladie grave, arrêt de travail de plus de X mois. Cette aide est dégressive tous les six mois car en parallèle, on aide le locataire à trouver une solution à sa situation. Ça coûtera bien moins cher que l’hébergement hors structure et permettra de limiter l’hébergement d’urgence qui coûte très cher à la société. Le deuxième volet consiste à sanctuariser tous les dispositifs existants qui sont protecteurs pour l’habitant, comme l’encadrement des loyers, les DPE (Diagnostic de performance énergétique), le permis de louer, etc. pour créer un véritable service public du logement. La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant-gagnant pour tout le monde.

  • À Montpellier, les deux gares enfin connectées

    À Montpellier, les deux gares enfin connectées

    Exit la gare « fantôme » Montpellier Sud de France. Inaugurée au milieu des champs en juillet 2018 au sud-ouest d’Odysseum, la gare TGV va être enfin connectée à sa jumelle Saint-Roch en centre-ville.

    Samedi 18 octobre, une extension de la ligne 1 de tramway depuis Odysseum fera du parvis de Sud de France, au cœur du quartier naissant Cambacérès, le nouveau terminus des rames bleues aux hirondelles. « Avec autour bientôt 8 000 étudiants et 15 000 salariés, les halles Nova et de l’innovation ou le Purple Campus, on ne pourra plus parler de gare fantôme », insiste Julie Frêche (PS). « L’abandon du dernier mandat va être réparé », ajoute la vice-présidente de la Métropole aux mobilités qui reproche à l’ancien président Philippe Saurel son inaction passée (2014-2020).

    Depuis le 29 septembre, la marche à blanc du tramway fonctionne sans encombre, ce qui laisse augurer, samedi 18 octobre, d’une inauguration réussie qui sera égayée d’une « touche artistique ».

    Saint-Roch et Sud de France reliées en 20 min

    Cette extension de 1,3 km devrait permettre à la ligne 1 qui transporte chaque jour en moyenne quelque 150 000 voyageurs d’en acquérir 3 800 supplémentaires. En heures de pointe, toutes les 4 minutes une rame reliera les deux gares « en 20 petites minutes ».

    Connectée à Odysseum, qui attirait 14 millions de visiteurs par an avant même l’arrivée de Primark, Sud de France n’est plus qu’une simple gare, selon Julie Frêche. « C’est une aire d’influence de Montpellier à Sète avec l’autoroute à proximité et deux vélos lignes qui connectent au centre-ville. » L’élue socialiste ajoute que le VéloBox, via l’application M’Ticket, sera connecté.

    Bientôt la ligne de bustram numéro 2 passera par là, en lieu et place de l’actuelle ligne 15 de bus. Des stations Modulauto d’autopartage vont également être ajoutées aux abords de la gare TGV ainsi qu’une nouvelle station de taxis sur le parvis nord, face au nouveau terminus du tramway.

    Enfin et c’est un scoop, Julie Frêche annonce que fin 2026 la gare routière actuellement située à Sabines sera déplacée au Sud (côté Boirargues) de la gare TGV. La nouvelle gare routière accueillera notamment les « bus Macron » et les bus Lio du réseau régional développé par Carole Delga (PS).

  • Montpellier en route vers l’Europe, Sète en pleine reconstruction

    Montpellier en route vers l’Europe, Sète en pleine reconstruction

    Un trou d’air. Les Bleus ont traversé le Mondial aux Philippines comme une météore. Habitués à la haute altitude et aux parcours au long cours, les doubles champions olympiques ont écourté leur séjour en Asie. Les Montpelliérains Nicolas Le Goff et Quentin Jouffroy ont rejoint très vite leurs partenaires de club sur les hauts de Castelnau et ont pris part à la préparation d’une saison qui débute le mardi 21 octobre face à Cannes.

    Les clubs engagés en Coupe d’Europe peuvent-ils prendre le relais de l’équipe de France, effacer la défaillance des Bleus et montrer la vitalité du volley français ? Tours, plus grand club français du moment, et Montpellier porteront ce challenge sur leurs épaules tout au long d’une saison à l’allure d’un marathon.

    Pour la seconde fois de son histoire, le MHSC-Volley, placé sous le contrôle de la famille Nicollin depuis 2021, s’apprête à participer à l’épreuve continentale. Il va croiser ce qu’il se fait de mieux sur la scène européenne en affrontant
    un club polonais : Projekt Varsovie, un club italien
    de la région des Marches : Civitanova et le club belge de Louvain. Son président Jean-Charles Caylar vise une place en quarts de finale, à savoir l’une des deux premières places d’une poule relevée.

    L’homme, qui porte le club depuis 2011, attend par ailleurs beaucoup mieux sur la scène hexagonale. L’an passé, l’équipe dirigée par Loïc Le Marrec a laissé un sérieux goût d’inachevé. Après avoir réussi son approche des sommets, avec une première place au bout de la saison régulière, elle a calé sur les pentes raides du play-off. Elle a chuté en demi-finale dans le combat des chefs face à Tours, futur champion de France, mais aussi en finale de la Coupe de France face à Tourcoing.

    Montpellier n’a pas tout chamboulé pour autant. Au cours de l’été, il a élargi son effectif pour défier Tours et tenir son rang en Coupe d’Europe. Dans un premier temps, il a reconduit les contrats de ses leaders : Le Goff, Palacios…, puis densifié son banc, avec par exemple le dernier renfort du central canadien Jordan Schnitzer.

    « On a atteint cet objectif »

    « La première étape du projet était de faire en sorte que le MHSC VB soit un club reconnu et respecté dans le volley-ball national. On a atteint cet objectif. La deuxième étape est de franchir les frontières pour que le club soit reconnu au niveau européen. Cela demande d’autres moyens et du temps. L’idée est de s’appuyer sur des joueurs cadres, on a donc voulu prolonger ces garçons qui s’inscrivent dans le projet. C’est avec eux qu’on y arrivera », expliquait récemment le président Jean-Charles Caylar.

    Champion de France en 2022, après une disette d’un demi-siècle, Montpellier veut aller plus loin et prendre le relais de certains clubs dans le creux de la vague, comme le Montpellier Hérault tombé en Ligue 2, ou Montpellier rugby, absent de la phase finale depuis trois ans. Longtemps parent pauvre du sport collectif de la Métropole, il creuse le sillon de sa renommée nouvelle.

    Afficher son ambition, c’est une belle audace, mais cela peut être aussi casse-gueule. L’Arago Sète a payé la saison passée pour le savoir et éviter de tomber dans le même piège. La tête de gondole du sport sétois a vécu une saison cauchemardesque. Pas de play-off, saison bouclée à la 10e place loin de l’objectif du quatuor de tête, changement d’entraîneur et remplacement de Luc Marquet, icône sétoise, et air de déjà vu.

    L’Arago se cherche un après-Duflos. Ou plutôt un successeur au manager Patrick Duflos. L’ancien passeur international (59 ans) a réussi ses trois passages (2004-07, 2009-16, 2019-22) à la tête de l’équipe sétoise. Et, dans les intervalles, personne n’a fait mieux que l’actuel entraîneur toulousain.

    L’Arago Sète a renouvelé son effectif, confié l’équipe à un entraîneur italien : Fulvio Bertini et réappris l’humilité pour repartir de l’avant. Pour relancer la machine, il attend surtout la fin des travaux de la Halle du Barrou, espérée pour fin décembre. Contrainte de jouer dans la salle Vié, d’un autre temps, de s’exiler à Béziers ou ailleurs, l’équipe sétoise n’a jamais pu s’appuyer sur son chaudron. Aujourd’hui, elle espère pour le moins échapper à un nouveau trou d’air.

  • [Le Grand entretien] Juliette Trey : « Un des plus grands musées en région »

    [Le Grand entretien] Juliette Trey : « Un des plus grands musées en région »

    Parcours

    La Marseillaise : Quel est votre parcours avant votre arrivée
    au musée Fabre ?

    J.T. : En tant que conservatrice du patrimoine de la fonction publique d’État, j’ai jusqu’ici toujours travaillé dans les grands établissements publics du ministère de la culture : au château de Versailles, au musée du Louvre puis, à partir de 2019, à l’Institut national d’histoire de l’art (Inha), où j’ai supervisé des projets de recherche en histoire de l’art.

    Parallèlement, j’ai assuré le commissariat de plusieurs expositions en France mais aussi à l’étranger (en Pologne) ou en collaboration avec des musées étrangers. J’ai pour autant toujours eu envie de travailler en région, dans une collectivité territoriale. C’est pour ça que j’avais envie de rejoindre Montpellier.

    L’identité du musée

    La Marseillaise : Le musée Fabre a-t-il une identité particulière ?

    Juliette Trey : C’est important de noter que ce n’est pas le musée des Beaux-Arts de Montpellier. Il porte le nom de son grand fondateur et collectionneur, François-Xavier Fabre, qui a fait sa donation en 1825. C’est pour cela qu’on fête le bicentenaire du musée en ce moment pour les 3 prochaines années, le musée ayant ouvert en 1828. Cette donation Fabre a donné le tempo de toute une série de donations. C’est ça qui fait l’identité de ce musée : il est forgé par ses donateurs, avec notamment une collection d’art néoclassique extrêmement riche. On a également une collection Support-surface très importante, parce que les artistes qui ont créé le mouvement étaient très liés à Montpellier et ont fait énormément de donations. Sans oublier la donation Soulages, en 2005.

    L’an dernier, la donation Depardon a aussi fait entrer la photo dans les collections ?

    J.T. : C’est vrai que le musée Fabre est essentiellement un musée de peinture. On a très peu de sculptures, pas de photos. Une belle collection de dessins, c’est vrai. Un peu d’arts décoratifs également, avec l’hôtel Sabatier d’Espeyran. Ce sont des aspects qu’on voudrait développer : les arts décoratifs jusqu’au design, la photo, la sculpture… pour donner à voir la création d’une manière plus large.

    Que représente le musée Fabre au niveau national ?

    J.T. : C’est un des plus grands musées en région. C’est celui qui a le plus important budget d’acquisition et il est extrêmement dynamique sur le marché de l’art. Il a un rayonnement national et international important. Et c’est dans cette dynamique que je voudrais continuer à travailler.

    Diversifier les publics

    La Marseillaise : Vous affichez votre volonté d’attirer de nouveaux publics…

    J.T. : Oui, renouveler les publics et faire évoluer l’image du musée. On a la chance que 33% de nos visiteurs aient entre 18 et 24 ans. C’est à l’image de la population à Montpellier, qui est une ville très étudiante. Mais on a plus de difficulté à toucher les trentenaires et les adolescents. C’est donc important de montrer que tout le monde peut trouver sa place au musée. À travers les expositions, bien sûr, comme celle de l’été prochain autour de Pierre Paulin, qui sera la première expo de design présentée au musée Fabre, mais aussi à travers tout ce qu’on fait avec le service des publics.

    Le musée Fabre est un musée très engagé vers le jeune public…

    J.T. : On a vraiment une expertise pour la petite enfance (0-6 ans). On a développé des visites très tôt pour les tout-petits. On a également un projet spécifique à Montpellier sur le jeune public qui s’appelle les enfants ambassadeurs.

    C’est la deuxième année qu’on le met en place. Il permet à chaque classe ou groupe d’enfants (cela peut aussi concerner les crèches ou les centres de loisirs) d’adopter ou de parrainer une œuvre. En début d’année, chaque groupe choisit une œuvre. On fournit un kit pédagogique à destination des enseignants pour présenter cette œuvre et bien sûr, on accueille les classes au musée. Les enfants imaginent une manière de présenter l’œuvre ou de se l’approprier : dessins, rédaction de cartels, création dansée… Et au printemps, on les invite tous, le temps d’une journée, à venir présenter leur restitution. L’objectif étant de toucher les publics qui n’ont pas l’habitude de venir au musée. C’est important que les enfants s’approprient le musée dès leur plus jeune âge et deviennent nos petits ambassadeurs.

    Extension et grandes expos

    La Marseillaise : En quoi consiste le projet d’extension dont les travaux doivent débuter en 2027 ?

    J.T. : Il y a eu une première rénovation entre 2002 et 2007 qui a déjà métamorphosé le musée. Mais les collections se sont considérablement enrichies depuis 20 ans (12 000 œuvres actuellement, dont 1 500 à 2 000 sont exposées en permanence) et on est un peu à l’étroit, surtout pour la partie art moderne et contemporain. Le projet d’extension est donc le suivant : déplacer la salle temporaire actuelle en en creusant une nouvelle sous le parvis du musée, c’est-à-dire sous l’œuvre de Buren qui conduit les visiteurs jusqu’à l’entrée. Cela va nous faire gagner presque 1 000m² d’exposition temporaire et la salle d’exposition temporaire actuelle sera, elle, utilisée pour déployer de façon permanente nos collections d’art moderne et contemporain.

    Quelle est votre ligne directrice pour les expositions
    à venir ?

    J.T. : Je voudrais continuer à porter des expositions ambitieuses l’été, idéalement avec des coproductions avec d’autres institutions françaises ou étrangères, pour faire connaître le musée des touristes étrangers qui viennent Montpellier mais aussi attirer des visiteurs français sur la route des vacances. Ces expositions seront monographiques ou traiteront de grands courants d’histoire de l’art. L’été prochain, par exemple, on proposera une exposition de design autour de Pierre Paulin. Les expositions d’hiver, elles, seront plutôt thématiques, transchronologiques. Elles s’adresseront peut-être à un public plus local. On montrera comment l’histoire de l’art ou les œuvres qu’on trouve dans les musées nous permettent de comprendre notre société contemporaine.

    PARTENARIATS PRESTIGIEUX

    J.T. : Nous avons signé un accord-cadre avec le musée du Louvre, qui nous accompagnera sur plusieurs projets  : l’exposition de l’été 2027 autour des antiquités orientales, pour montrer comment cette civilisation antique a construit notre civilisation actuelle : invention des villes, de l’État de droit, de la médecine… ; mais aussi une exposition autour de Delacroix et de la modernité, qui aura lieu en 2030.

    On espère également nouer un partenariat avec le Van Gogh museum d’Amsterdam pour une expo prévue en 2028 sur Gauguin et Van Gogh, qui étaient en 1888 à Arles et qui sont venus à Montpellier visiter le musée Fabre, avant, chacun, de se nourrir des œuvres qu’ils y ont vues.

  • Régularisations : une file d’attente symbolique pour dénoncer le système

    Régularisations : une file d’attente symbolique pour dénoncer le système

    Scène inhabituelle ce jeudi 16 octobre au matin devant la préfecture de Montpellier, où s’est formée une longue file d’attente… Comme il en existait il y a plusieurs années, quand les démarches de régularisation avaient lieu en préfecture. Depuis, la dématérialisation est passée par là. Les files d’attente ont disparu, envolées. Est-ce à dire que le système s’est amélioré ? Que les parcours de régularisation ont gagné en efficacité, en fluidité, se sont apaisés ? Bien au contraire, assure la Cimade.

    Cette « action coup de poing  » nationale, déclinée en ex-Languedoc-Roussillon devant les préfectures de Montpellier et de Narbonne, lance la campagne annuelle de l’association autour des questions de régularisation. « L’objectif est à la fois de sensibiliser et de visibiliser ce qui est invisibilisé aujourd’hui : la violence et l’absurdité des procédures administratives qui maintiennent des milliers de personnes sans papiers dans l’irrégularité, les privant de droits et les condamnant à vivre en marge de la société », dénonce Marie Moretto, déléguée nationale de la Cimade en Languedoc-Roussillon.

    Depuis la mise en place de l’Anef (administration numérique pour les étrangers en France), site par lequel doivent désormais passer une grande partie des demandes de titres de séjour, « on voit arriver sur nos permanences énormément de gens qui ne venaient pas avant. Des gens en situation régulière, qui jusque-là renouvelaient leur titre de façon autonome depuis des années. Aujourd’hui, à cause de cette dématérialisation et des difficultés qu’elle pose, ils arrivent chez nous moins pour des questions d’accompagnement juridique que pour des questions d’accompagnement technique », assure Marie Moretto.

    « Mobiliser autour de la création des sans-papiers »

    La situation n’est pas plus simple pour les catégories ne relevant pas de l’Anef, « notamment les personnes qui demandent des papiers pour la première fois. Celles-là doivent prendre un rendez-vous en ligne. Or on a des gens qui attendent des mois, parfois des années pour décrocher le rendez-vous en question. On est même obligé, dans certains cas, d’aller en justice pour obtenir un rendez-vous. Ce sont ces files d’attente invisibles que nous voulons montrer », insiste la représentante de la Cimade.

    L’association souhaite également « mobiliser autour de la création des sans-papiers ». Marie Moretto donne l’exemple, édifiant, « d’une situation qu’on vient juste de dénouer ». Celle d’un jeune homme né en Allemagne, arrivé en France à 8 ou 9 ans et conjoint d’une personne réfugiée avec laquelle il a deux enfants scolarisés. « On a d’abord mis des années pour qu’il réussisse à obtenir un rendez-vous en préfecture. Il a fallu en passer par la justice. Une fois ce rendez-vous obtenu, la préfecture de l’Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour au motif qu’il ne ferait pas la preuve d’une vie privée et familiale en France. Nous avons donc attaqué cette décision devant le tribunal administratif, qui a dit pareil. Il a fallu aller jusqu’en cour d’appel à Toulouse pour que la préfecture soit condamnée à délivrer, enfin, un titre de séjour à ce jeune homme. Quatre ans de procédure ! Quatre ans durant lesquels la personne ne peut pas travailler, a peur de sortir de chez elle, ne peut pas bénéficier de tout un tas d’accompagnements à l’insertion. C’est extrêmement violent », dénonce Marie Moretto. « On parle très souvent du coût de l’immigration, mais j’aimerais qu’on regarde aussi le coût de la création des sans-papiers. Tout cet accompagnement, ces procédures, l’aide juridictionnelle qu’on doit déployer pour que ces droits soient respectés, c’est un gâchis terrible », insiste la représentante régionale de la Cimade. « On veut remettre des vies, des visages, des parcours sur ces situations. Car avec cette obsession de non-régularisation, on constate que les préfectures et même les tribunaux administratifs – c’est inquiétant – n’observent plus réellement les situations qu’on leur présente. Il y a des refus systématiques. Le cas qu’on vient de mentionner est emblématique. »

    C’est « cette dérive » que la Cimade dénonce, et plus globalement « l’absurdité d’un système où on demande aux personnes d’être intégrées, de travailler, de parler parfaitement français, d’être scolarisées, etc. avant de leur permettre d’avoir une stabilité. On inverse complètement l’ordre des choses. »

  • Montpellier : à la Paillade, un nouveau collectif d’entraide créé

    Montpellier : à la Paillade, un nouveau collectif d’entraide créé

    « Ici, comme dans tous les quartiers populaires de France, il y a globalement les mêmes problèmes autour du logement, de l’insalubrité, de charges. Il y a des plans de « rénovation » mis en place par l’État mais c’est de la gentrification. » Paul habite à la Paillade, quartier populaire de Montpellier. Du fait de l’abandon de ces quartiers par les pouvoirs publics, ces problèmes sont devenus récurrents et impactent le quotidien des habitants. Alors pour pallier cette situation, les riverains ont créé le comité populaire de lutte, d’entraide et de solidarité (CPES) de la Paillade.

    « Le but est d’unir le maximum d’habitants du quartier pour lutter collectivement sur des problèmes concrets, comme la question de rénovation, où il y a beaucoup de choses pas aux normes, illégales. On pourrait passer par des actions en justice mais il n’y a pas de lutte juridique sans lutte politique. Notre force est de réunir tous les habitants et faire quelque chose, ce qui permet de faire bouger l’État et les bailleurs. Nous allons d’abord nous concentrer sur des « petites luttes » comme les ascenseurs en panne, les charges abusives », poursuit Paul, co-fondateur du CPES de la Paillade.

    Si le collectif est une première de ce type dans la capitale héraultaise, d’autres villes ont déjà franchi le pas, à l’instar de Lyon, Toulouse. Et le (jeune) CPES de la Paillade de s’inspirer de mobilisations pour ses futures luttes. Ainsi, fin septembre, une quinzaine de personnes du collectif se sont mobilisées devant les grilles du bailleur social ACM. « Quand on est arrivé, ils ont fermé le local et deux voitures de police sont venues se garer à côté. Cela montre que, si on s’organise, on leur fait peur », reprend le Montpelliérain. La première action d’une longue série à venir, espère le CPES.

    Mais la structure ne se restreint pas à la question du logement. « Le but est aussi de créer du lien entre les gens du quartier. Dans d’autres CPES, ils organisent des événements culturels, des barbecues, des tournois de foot pour la Palestine, beaucoup de choses qui rassemblent. On veut faire discuter les gens entre eux », insiste Paul.

  • Raymond Depardon superstar du 47e Cinemed

    Raymond Depardon superstar du 47e Cinemed

    Une édition qui s’annonce haute en couleurs. Pour ses 47 bougies, le festival du cinéma méditerranéen de Montpellier Cinemed met la barre très haut. Il démarre sur les chapeaux de roues puisque dès la soirée d’ouverture, le 17 octobre, sera projeté L’Étranger, très attendu film de François Ozon (20h30, au Corum). « Je pense que les gens ne seront pas déçus car François Ozon réussit là où Luchino Visconti a échoué, c’est-à-dire adapter un monument de la littérature française en restant fidèle à Albert Camus mais en apportant une touche de modernité. C’est une réussite avec un formidable Benjamin Voisin dans le rôle de Meursault », sourit Christophe Leparc, directeur du Cinemed.

    Mais l’acmé du festival sera à n’en pas douter la présence de Raymond Depardon et de son épouse, la cinéaste Claudine Nougaret. Si le photographe est mondialement connu pour ses photographies, il l’est moins pour son œuvre cinématographique réalisée avec sa femme. Le Cinemed y remédie et programme une grande partie de sa filmographie (21 projections) avec notamment Journal de France, que le couple présentera au Corum (19/10, 14h). « Claudine Nougaret revient sur l’histoire du cinéma chez Depardon, elle retrouve des chutes de films non montés et brosse un portrait de lui absolument passionnant », précise Christophe Leparc. L’œuvre du photographe témoigne des bouleversements sociétaux depuis les années 70. « C’est un cinéaste à part entière qui a inventé son propre langage comme pour la photographie. C’est une œuvre assez foisonnante et éclectique. »

    Fidèle à son ADN, le Cinemed élargit sa focale sur le bassin méditerranéen et met à l’honneur l’Espagne, notamment, avec la venue du réalisateur Fernando León de Aranoa (rencontre le 24/10, 17h). « C’est un cinéaste plutôt intéressé par les petites gens, les conflits de classe. Son dernier film, El buen patrón, reflète la lutte sociale tout en étant caractérisé par l’humour et la tendresse des gens », souligne le directeur du Cinemed.

    Focus sur le cinéma syrien

    Mais le Cinemed ne s’emploie pas uniquement à mettre sur le devant de la scène des pointures de renommée nationale ou internationale. En ce sens, le festival met en lumière le jeune cinéma syrien, victime depuis dix ans de la guerre et aujourd’hui à un moment charnière de son histoire, depuis la chute du régime de Bachar al-Assad. « On se demandait quel était l’état de la production cinématographique syrienne. On s’est aperçu qu’il y avait beaucoup de choses intéressantes, une créativité foisonnante que ce soit en Syrie ou de la part des cinéastes en exil », précise Christophe Leparc. Une sélection de courts et longs métrages sera proposée – coconstruite avec le collectif d’artistes syriens Al-Ayoun – ainsi que plusieurs tables rondes pour dresser un état des lieux du cinéma syrien (22/10). « Il est important de leur donner la parole, de la visibilité. On leur permet de se rencontrer, de montrer leurs projets à des producteurs. »

    En somme, pléthore de films présentés dont la diversité est représentée sous toutes ses formes. « On a une volonté d’être un festival populaire puisqu’on n’aime pas une seule forme de cinéma, mais toutes les formes, les cinémas. »

    *Programme complet à retrouver sur cinemed.tm.fr