Tag: Montpellier

  • Le festival Hype Occ célèbre les danses hip-hop et afro-urbaines

    Le festival Hype Occ célèbre les danses hip-hop et afro-urbaines

    « La culture hip-hop a donné naissance à une multitude d’esthétiques, toutes des danses sociales à la base. Il y a ensuite des formes annexes qui se sont créées dans les mêmes contextes urbains, sociétaux : bboying/bgirling, breaking, krump, waacking, house, électro, afro… C’est un panel de toutes ces esthétiques urbaines que propose de découvrir Hype Occ », explique Dirk Korell, fondateur de ce festival régional né en 2023 et porté par Camin Aktion, bureau de production et agence créative à plus-value solidaire basé à Montpellier.

    Du 6 au 15 novembre, Hype Occ est donc de retour dans sa ville natale. Une ultime étape qui marque la clôture d’un mois de circulation artistique à travers l’Occitanie, avec trente propositions dans cinq villes et onze lieux, dont plus de la moitié issue de compagnies régionales. « Aujourd’hui, cela s’améliore un peu, mais en région Occitanie notamment, ces cultures-là manquent cruellement de soutien », souligne Dirk Korell. D’où la dynamique de réseau dans laquelle s’inscrit le festival, la Ville de Tarbes ayant rejoint cette année les rangs des partenaires de la manifestation, aux côtés de camin aktion à Montpellier, l’Estive, scène nationale de Foix et la Casa Musicale à Perpignan.

    Jusque-là concentré au Théâtre d’O pour sa partie montpelliéraine, le festival se déploie, pour cette troisième édition, dans plusieurs lieux de la capitale héraultaise, reliant ainsi les quartiers de la Mosson, Figuerolles, Boutonnet et l’Écusson.

    La programmation montpelliéraine a débuté le 6 novembre au pôle chorégraphique Bernard-Glandier avec « #Mulunesh », l’un des portraits de la série « Histoire(s) Décoloniale(s) » de la chorégraphe franco-camerounaise Betty Tchomanga, interprété par la danseuse de Krump Adélaïde Desseauve.

    Elle se poursuit dimanche 9 novembre au cinéma Utopia (19h30-21h15) avec la projection de courts-métrages de danse et d’un documentaire immersif sur la communauté krump et ses codes.

    Le lendemain, 10 novembre, l’Agora, Cité internationale de la danse accueillera, de 20h à 21h45, deux spectacles proposés par la Cie Mazel Freten. Laura Defretin y proposera une exploration de la maternité et de la transformation du corps, suivie par une évocation des racines congolaises et de la paternité par Brandon Malboneige Masele, avec le langage de la danse électro.

    Le lendemain, 11 novembre, à l’Agora de la danse toujours (de 20h à 20h50), carte blanche à la chorégraphe Sarah Cerneaux, qui explore, avec le trio féminin de Hidden project, les stratégies de camouflage des femmes en zones urbaines sensibles et leur adaptation dans des environnements hostiles.

    Enfin, à ne pas manquer, le Battle all styles (hip-hop, house, krump, afro, jazz, contemporain…) organisé le 15 novembre de 18h à 23h au Hangar Théâtre pour la soirée de clôture, auquel les spectateurs sont invités à participer. Avec, en prime, des musiciens live, un DJ et des showcases « où nous valoriserons le travail que nous menons à l’année auprès de la jeunesse en précarité ».

    *Programme et réservations sur https://caminaktion.eu/hypeocc-montpellier/

  • Les retraités dénoncent une « vampirisation à tous les étages » dans le Gard et dans l’Hérault

    Les retraités dénoncent une « vampirisation à tous les étages » dans le Gard et dans l’Hérault

    Gel des pensions en 2026 et sous-indexation probablement jusqu’en 2030, suppression de l’abattement de 10% remplacé par un forfait de 2 000 euros, doublement des franchises médicales, gel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (minimum vieillesse des retraités les plus modestes)… Premiers concernés par les mesures austéritaires en rafale contenues dans le projet de loi de finances 2026 présenté par le gouvernement, les retraités sont descendus dans la rue ce 6 novembre pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un acharnement.

    Dans le Gard (Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze) comme dans l’Hérault (Montpellier, Béziers, Lunel, Clermont-l’Hérault et Bédarieux), ils ont répondu présent à l’appel national lancé par le « groupe des 8 » (CGT, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble et Solidaires). Une colère que n’a pas désamorcé le recul consenti, le 31 octobre, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’est dit prêt à revenir sur le gel des pensions de retraite et des minima sociaux. « Rien n’est acquis, d’autant qu’on ne sait même pas si le vote du budget ira jusqu’au bout. Si on devait passer par des ordonnances, c’est le budget initial qui serait remis sur la table, lequel prévoit le gel des pensions. À l’heure actuelle, on est dans le flou total, ce n’est pas le moment de se démobiliser », considère Jean-Yves Barbier, de la FSU retraités 34, qui dénonce « une vampirisation à tous les étages ».

    « On est vraiment

    le cœur de cible »

    « L’année blanche coûterait en moyenne 350 euros par an à un ménage dont la personne de référence est un retraité : 320 euros de baisse de pension, 20 euros de hausse d’impôt, 10 euros de baisse de prestations sociales. Un salarié, lui, perdra 105 euros et un chômeur, 180. Ce sont les retraités les plus touchés, on est vraiment le cœur de cible », dénonce assure Michel Andreu, de la CGT retraités 34. « Pour les pensionnés en dessous de la pension médiane (1 600 euros), qui sont souvent des personnes seules et parmi elles une majorité écrasante de femmes, perdre 300 euros par an est dramatique », insiste Jean-Yves Barbier. « La suppression de l’abattement fiscal de 10% au profit d’un abattement forfaitaire de 2 000 euros représente, quant à elle, des ponctions de 300 à 800 euros d’impôts supplémentaires pour les gens qui ont une pension supérieure à 1 600 euros. » Sans oublier, pour tous, le doublement des franchises médicales « qui augmente le reste à charge sur les médicaments, les consultations, les actes paramédicaux, les transports sanitaires ». Là encore, les personnes âgées, qui sont celles qui ont le plus besoin de se soigner, seront les premières pénalisées.

    « On nous fait passer pour des nantis, des inactifs qui coûtent. La solidarité devrait donc passer par des sacrifices de la part des retraités. C’est inadmissible », s’agace Michel Andreu. D’autant que « la plupart des retraités qui ont un peu de moyens aident déjà leurs enfants et parfois leurs petits-enfants. Les jeunes retraités sont aussi régulièrement les aidants de leurs propres parents », souligne Jean-Yves Barbier. « Il y a une accumulation de charges sur le retraité moyen qui est une réalité quotidienne et qui n’est absolument pas prise en compte. Sans oublier tout le bénévolat qui remplace des services publics défaillants. »

  • Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    La lutte a commencé à payer. Après une semaine à braver le froid, la trentaine de personnes (dont 15 enfants) expulsées d’un squat le 27 octobre et qui depuis dormaient dehors, ont enfin été mises à l’abri. Depuis mardi 4 novembre et jusqu’au jeudi 13, ces familles françaises, ukrainiennes, arméniennes, albanaises, angolaises, libériennes ou algériennes à la rue sont relogées dans un hôtel d’Euromédecine. « Un hôtel où vous n’iriez pas passer vos vacances », tempère Samuel Forest, de l’association Solidarité partagée. Mais qu’importe, il s’agit d’une première victoire collective arrachée de haute lutte. « On est très contents pour toutes ces personnes. Ce n’est pas possible qu’en France on laisse des enfants dormir à la rue ».

    Comme cela a été rappelé par le travailleur social Antoine Feletti (Sud santé sociaux) lors du rassemblement de soutien du lundi 3 novembre devant la préfecture de l’Hérault, il incombe à l’État de s’assurer que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » (article L345-2 du code de l’Action sociale et des familles).

    Or, c’est grâce à l’intervention de la Ville de Montpellier que cette solution provisoire a pu être trouvée. Reprochant à l’État ses carences, le maire M. Delafosse (PS) va lancer une procédure de remboursement auprès de ses services. « Nous saluons la proposition de la Mairie de Montpellier, qui a finalement pris ses responsabilités », se réjouit Un toit, un avenir.

    Soutien de députés

    Depuis le 27 octobre, l’ensemble des soutiens (citoyens, assos, syndicats, partis) dénoncent l’inertie des services déconcentrés de l’État. « Il y a une réelle volonté de ne pas prendre en charge. Tout le monde est choqué par cette situation », déclarait au micro Samuel Forest le 3 novembre devant les grilles de la préfecture. Un « choix politique » que Nathalie Oziol, députée LFI en campagne, attribue au gouvernement macroniste « qui avait promis qu’il n’y aurait plus un seul SDF ! ». Reproches semblables du côté de l’autre candidat aux Municipales, Jean-Louis Roumégas, qui pointe le manque d’un millier de places d’hébergement d’urgence. Le député écologiste s’inscrit en faux contre l’argument de la préfecture qui invoque le statut de personnes qui seraient sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). « Ce n’est pas la majorité des cas. Et quand des enfants dorment à la rue, on ne leur demande pas leurs papiers ».

    L’affaire qui fait grand bruit n’est pas close. « L’hébergement provisoire ne saurait remplacer un véritable relogement pérenne et digne », insiste Un toit, un avenir. « On espère un accompagnement de la part de la mairie avec des structures adaptées », confie Samuel Forest. Inquiet pour l’avenir de Solidarité partagée, il n’espère plus rien de la préfecture. Laquelle « défie quiconque de donner les leçons à l’État en la matière », dénonce une « instrumentalisation politique » et semble avoir l’association dans le viseur (saisine du procureur contre l’organisateur). Ce à quoi Samuel Forest rétorque : « Je leur demande juste de faire leur travail, si c’était le cas, nous n’aurions pas à nous occuper de ces familles ».

  • Plongée au cœur des profondeurs à Montpellier

    Plongée au cœur des profondeurs à Montpellier

    Une plongée au cœur des profondeurs aux côtés de ce natif de Montpellier passionné par le patrimoine marin, qui a bâti son œuvre en dialogue constant avec la Méditerranée, qu’il explore depuis plus de trente ans.

    Auteur de quatorze ouvrages photographiques et lauréat à quatre reprises du prestigieux prix Wildlife photographer of the year, décerné par le Museum d’histoire naturelle de Londres, Laurent Ballesta « incarne un regard à la fois scientifique et poétique sur le monde marin ».

    Présentée sur le stand de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, cette exposition constituée d’une trentaine de photographies propose une immersion dans des mondes marins proches comme l’étang de Thau ou la côte méditerranéenne, mais aussi lointains comme l’Antarctique ou la Polynésie. « Le titre, “Loin du ciel, et parfois près d’ici”, souligne l’idée que l’émerveillement ne réside pas nécessairement dans l’exotisme, mais peut se trouver à notre porte. Cette démarche rejoint la thématique d’Art Montpellier 2025, qui met le cap sur le voyage, en invitant les visiteurs à explorer de nouveaux horizons à travers l’art contemporain », expliquent les organisateurs de la manifestation. Être accueilli dans le milieu de l’art constitue, pour Laurent Ballesta, une reconnaissance particulière. « Si l’art peut sublimer la réalité, il existe aussi une réalité sublime, celle de la nature. Mes photos sont très figuratives parce que le monde sous-marin est déjà complexe à lire. Mon effort, c’est de rendre ces créatures visibles et compréhensibles, sans ajouter une couche d’interprétation qui risquerait de brouiller la lecture », précise-t-il. Cette exposition s’inscrit dans une série d’événements dédiés à l’art et à la nature, avec une exposition Mers et Mystères qui a été présentée jusqu’à fin septembre au Musée de la photographie Charles Nègre à Nice et une autre prévue au Festival international de la photo animalière et de nature de Montier-en-Der (20-23 novembre).

    * Parc des expositions de Montpellier.

  • La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    Le parrainage républicain est une tradition qui remonte à la Révolution française. À l’époque, deux citoyens en parrainaient un troisième, l’accueillant ainsi au sein de la République française. Aujourd’hui, ce trinôme, composé d’une personne migrante (ou d’une famille), d’un citoyen et d’un élu, « contribue à sensibiliser l’opinion publique sur le droit à la citoyenneté des sans-papiers, des exilés et réfugiés et s’inscrit dans une volonté commune de mettre en place une autre politique d’immigration et d’accueil. Cet événement a une dimension chaleureuse, festive, mais aussi politique et médiatique : il s’agit de montrer que les citoyens de notre pays tiennent à ce que l’on reste une terre d’asile », détaille dans un communiqué la Ville de Montpellier. Jusqu’au 21 novembre, la collectivité lance un appel à volontaires auprès de la population montpelliéraine souhaitant rejoindre cette démarche coordonnée par l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) à l’occasion de la journée internationale des migrants, en décembre. Une initiative à laquelle s’associent également les élus de la collectivité volontaires et les bénévoles des associations mobilisées, qui orientent les personnes à parrainer.

    « Il y a des parrains citoyens qui proposent de recevoir la personne à manger, de faire des courses ensemble, d’aller au cinéma, voir des matchs de foot, des spectacles… Chaque parrainage dépend de ce que chacun y met, c’est très ouvert », décrit Michel Calvo, délégué à la ville fraternelle et solidaire. « Les personnes migrantes, durant les premières années sur le territoire, ne voient bien souvent que des gens spécialisés dans l’obtention d’un titre de séjour. L’idée du parrainage, c’est d’offrir un accompagnement d’humanité plus que de spécialiste », résume l’élu.

    Une première rencontre se tiendra le jeudi 27 novembre à 18h à la Maison des relations internationales de Montpellier pour que les trinômes se forment en vue de la cérémonie de parrainage républicain, qui aura lieu mercredi 17 décembre à l’hôtel de ville à l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes.

    * Pour candidater,
    une adresse mail a été créée
     : parrainagesrepublicains@montpellier.fr Via ce mail, il s’agit simplement d’exprimer
    son souhait de parrainer et d’indiquer son nom, prénom, adresse et numéro de téléphone.

  • Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Le secteur du funéraire est soumis à de fortes pressions concurrentielles, si bien que les familles endeuillées voient grimper le prix des obsèques de leurs proches », explique Éliane Lloret, maire de Sussargues et présidente des services funéraires de la Métropole.

    Face à ce constat et désireuse d’avoir les mains libres pour mener la politique qui lui paraît la bonne en matière de funéraire, la collectivité a décidé de procéder à un changement de statut juridique des Services funéraires de Montpellier Méditerranée Métropole (SFMA), adopté en conseil métropolitain le 14 octobre. D’une Société d’économie mixte (depuis 2015) qui comptait des actionnaires privés – la Métropole étant toutefois déjà largement majoritaire (82%) – la SFMA est devenue une Société publique locale (SPL). Un choix politique fort qui « découle d’une volonté de maîtrise d’un service public du funéraire de qualité, avec le maintien d’une juste tarification », insiste Éliane Lloret.

    Confrontée à une « démographie galopante, qui fait qu’on a vraiment une demande de plus en plus forte en termes de funéraire », la Métropole a déjà entrepris une extension du complexe de Grammont, dont les travaux ont débuté. De manière générale, la mortalité en France s’accélère et les prévisions démographiques démontrent un accroissement fort du nombre de décès à compter de 2030 et 2040.

    Un début des travaux prévu en janvier 2026

    Aussi, afin de « rééquilibrer le territoire en matière de service funéraire pour les familles de l’ouest de la métropole », la collectivité a décidé de créer un nouveau complexe funéraire à Juvignac, « dont la réalisation, la gestion et l’exploitation seront confiées à une structure dont la Métropole restera actionnaire principal, dans le cadre d’une future procédure de délégation de service public, sans mise en concurrence ».

    Pour ce faire, la Métropole va acquérir un terrain de 4 000m², adjacent à l’actuel cimetière communal de Juvignac. « Les travaux devraient débuter à partir de janvier 2026 et il faut compter environ 3 ans pour que le nouveau complexe funéraire soit opérationnel », indique Gilbert Saintemarie, directeur général des services funéraires de la Métropole.

    Le site de Juvignac « proposera les mêmes services que le complexe funéraire de Grammont, mais à une échelle moindre », développe Gilbert Saintemarie. « A priori, il y aura des salons de présentation où les défunts pourront être présentés à leur famille et veillés jusqu’au jour des obsèques ; deux salles de cérémonie ; un espace de crémation et la possibilité d’en créer un second ou bien de le consacrer à un nouveau mode de sépulture ; un espace de convivialité où les familles pourront se retrouver après la cérémonie ; enfin il y aura également un service funéraire dédié à l’accueil des familles pour organiser les obsèques », énumère le directeur général des services funéraires de la Métropole.

    « On a été confrontés, pendant le Covid ou plus récemment en janvier dernier, à des pics de décès. C’est dans ces moments-là qu’on mesure combien apporter ce service à l’ouest de la métropole sera utile pour réduire les délais entre le moment du décès et celui de la crémation ou de l’inhumation, afin d’éviter aux familles d’attendre 9,10, 14 jours pour rendre hommage à leur défunt. »

  • Après Mazan, l’évidence du consentement

    Après Mazan, l’évidence du consentement

    « Nous souhaitons que les victimes puissent reprendre confiance en la justice et que cette loi embarque la société toute entière vers la culture du consentement », a lancé la députée écologiste Marie-Charlotte Garin devant l’Assemblée nationale le jeudi 23 octobre. « Quand c’est oui, ça doit être un vrai oui, un oui qui n’a pas peur, un oui libre et céder ne sera plus jamais consentir. »

    Après deux ans de travail, la proposition de loi introduisant la notion de consentement dans la définition du viol a été définitivement adoptée par les parlementaires le mercredi 29 octobre. Une redéfinition largement boostée par l’ère post-Mazan, après que l’affaire des viols par soumission chimique de Gisèle Pelicot a glacé la France entière.

    « La justice n’est pas à la hauteur »

    Jusqu’ici, seuls les contextes de violence, contrainte, menace ou « surprise » étaient mentionnés dans la loi. Ce qui laissait peu de place aux phénomènes de sidération et d’emprise par exemple. Un angle mort que cette nouvelle mention pourrait participer à combler.

    C’est en tout cas le souhait des associations féministes.

    « Cette loi acte quelque chose d’important et dont il n’avait jamais été question avant. Jusqu’à présent, s’il n’y avait pas de violence directe, de contrainte, de menace, ou de surprise, on pouvait subir un acte sans le vouloir. Là on se demande enfin si la femme est d’accord ou si elle ne l’est pas. On n’est pas juste un animal à disposition, et à qui on peut tout faire. Cette loi nous rapproche un peu plus du statut d’être humain », salue Vigdis Morisse-Herrera, fondatrice de l’association des Tricoteuses hystériques et de la plateforme Opale.care, pour aider les femmes victimes de violences conjugales à en prendre conscience.

    Principal bémol pour la plupart des associations féministes : cet ajout ne servira à rien sans un changement majeur dans la formation des agents et dans la prise en charge des plaintes.Car en termes de consentement, des dispositifs de sensibilisation existaient déjà, « mais dans les tribunaux et dans les commissariats, on n’est pas toujours à l’écoute des victimes », estime la militante, elle-même à l’origine d’une plainte pour viol conjugal, classée sans suite en 2024. « Si c’est à la victime de prouver qu’elle n’était pas consentante ou qu’elle a changé d’avis, cela rendrait les choses encore plus complexes », ajoute Vigdis Morisse-Herrera. « À l’heure actuelle, la justice n’est pas à la hauteur… C’est uniquement ce qu’elle en fera qui pourra changer les choses. Sinon cette loi ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. »

  • La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    Mettre les arts méditerranéens à l’honneur. Tel est le credo de la Biennale des arts de la scène en Méditerranée, qui s’ouvre dès le 6 novembre dans une pluralité de lieux héraultais : Montpellier, Sète, Juvignac, Villeneuve-lès-Maguelone. Théâtre, danse, musique, lecture, une diversité d’arts est représentée. Tout comme un subtil équilibre géographique : la plupart des pays du bassin méditerranéen seront présents pendant ces trois semaines de manifestations culturelles.

    Un travail de longue haleine opéré par les 14 structures organisatrices de l’événement comme le théâtre des 13 Vents de Montpellier, le théâtre Molière à Sète ou encore la scène conventionnée d’intérêt national juvignacoise L’atelline. « Chaque structure a des missions particulières, des disciplines auxquelles elle s’attache, donc la programmation dans son aspect pluridisciplinaire reflète aussi la diversité des partenaires », souligne Olivier Saccomano, codirecteur du théâtre des 13 Vents.

    Dialoguer entre artistes

    Ainsi, en fonction des disciplines et des pays, des artistes sont sélectionnés et ont carte blanche pour présenter leurs projets. « Le travail artistique nous intéresse et après les artistes sont parfaitement libres -heureusement- de travailler sur le sujet qui leur importe. Parfois, c’est assez proche de l’actualité, parfois c’est beaucoup plus lointain. La Méditerranée n’est pas une thématique de travail. C’est une situation géographique, politique, historique dans laquelle des artistes travaillent », reprend Olivier Saccomano. Et le codirecteur d’insister sur le dialogue offert entre les artistes, qui pourront partager leurs expériences. Le public n’en est pas oublié pour autant puisque plusieurs rencontres avec les artistes sont organisées tout au long de la Biennale.

    Certains axeront ce dialogue sur la question des migrations – tragiquement importante en Méditerranée – notamment la compagnie italienne Kepler-452, venue présenter « A place of safety, voyage en Méditerranée centrale » (13/11 à 19h et 14/11 à 21h au théâtre des 13 Vents). Une pièce documentaire s’inspirant de l’expérience des metteurs en scène Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, qui ont suivi des humanitaires à bord du Sea-watch 5 et ont pu recueillir des témoignages de migrants ou de sauveteurs en mer. Dans cette période de troubles internationaux, le Proche-Orient n’est jamais bien loin. C’est le cas dans la pièce « Dans l’ombre du martyr », écrite par le fondateur du théâtre palestinien François Abu Salem juste avant son suicide, qui sera jouée pour la première fois en France (15/11, à 21h au théâtre des 13 Vents). Retraçant le témoignage du frère d’un martyr de la seconde intifada, la pièce « est rejouée par l’acteur orignal, Waseem Khair, en respectant la mise en scène d’origine, les costumes, c’est une espèce d’archive vivante », détaille Olivier Saccomano.

    D’autres font le choix de délaisser l’actualité internationale, comme Nicolas Heredia qui présentera « On fera mieux la prochaine fois » (12/11 à 21h, 13/11 et 14/11 à 19h à la Bulle bleue), pièce dans laquelle les comédiens de la Compagnie de la Bulle bleue réinterprètent des interviews d’acteurs de cinéma. En somme, une programmation éclectique qui reflète la diversité de la culture méditerranéenne.

    * Programme complet à retrouver sur : www.13vents.fr/basm-2025/le-programme25.

  • Baptiste Erdocio en première ligne

    Baptiste Erdocio en première ligne

    Ils gravitent autour des Bleus. Autour de l’une des plus belles générations de l’équipe de France. Depuis quelques étés, ils interpellent le sélectionneur Fabien Galthié, toujours en éveil sur le renouvellement du quinze de France à deux ans de la Coupe du monde en Australie (1er octobre-13 novembre 2027).

    La relève de Montpellier formée du 3e ligne Lenni Nouchi et du pilier gauche Baptiste Erdocio se greffe à un groupe appelé à disputer les trois tests de l’automne devant l’Afrique du Sud, les Fidji et l’Australie. Pour l’heure, le premier, champion du monde U20, patiente en salle d’attente après une lésion à une cuisse. Sans savoir s’il peut revenir à temps, en sachant que la concurrence à son poste est vive.

    Le second, lui, avance sans bruit, s’approche même d’un premier test devant les rugueux Sud-afs. Selon les premiers entraînements effectués lors de la semaine de préparation à Marcoussis, Erdocio est pressenti pour débuter aux dépens du Toulonnais Jean-Bapiste Gros (37 sélections) pour affronter les champions du monde à l’occasion de la revanche d’un quart de finale du Mondial en France.

    Baptiste Erdocio (25 ans, deux sélections) vient d’une terre de rugby. Ou plutôt d’une terre de piliers, où l’on cultive le goût de la force. Tout comme l’ex-pilier international Fabien Barcella, son modèle, Pierre Dospital, la figure d’Espelette, Pascal Ondarts et tant d’autres…, il est un produit du Pays basque. Né à Bidart à l’aube du siècle, il s’éprend très vite du ballon ovale et du défi de la mêlée, au cœur d’une famille passionnée de rugby.

    À l’âge de 14 ans, il suit presque une progression linéaire et rejoint le BO (Biarritz Olympique). Même si le club magnifié par Serge Blanco vit des heures sombres, dans l’ombre de Bayonne et avant la mainmise nébuleuse de Pierre-Edouard Stérin, il fait son chemin. Intègre le centre de formation à l’âge de 18 ans, avant de jouer en Pro D2, presque naturellement.

    « C’est le bon équipier »

    À l’été 2023, Baptiste Erdocio débarque à Montpellier. Dans une équipe qui flirte avec la relégation en Pro D2, va de tempête en tempête, il se fait sa place aux dépens du Catalan Enzo Forletta. Depuis plus d’un an, sous l’autorité de Didier Bès, il fait de la mêlée du MHR l’une de ses armes secrètes et l’une des plus redoutées du Top 14. « C’est le bon équipier, qui a du caractère, qui est dur au mal. Il n’est jamais blessé. Et, en mêlée, il est vraiment très intéressant. Et surtout, il adore ça », assure le manager du MHR Joan Caudullo, ancien talonneur.

    Avec son profil râblé (1,75 m, 115 kg), le pilier basque met souvent au supplice son adversaire, provoque des pénalités et se complaît dans ce rôle obscur. Et séduit l’exigeant staff des Bleus et notamment Fabien Galthié.

    Cet été, pendant que Lenni Nouchi rumine sur son canapé en raison d’une blessure de fin de saison, Erdocio file en Nouvelle-Zélande pour participer à une tournée controversée. Au bout du monde, malgré l’agacement des All Blacks, il saisit une fois encore sa chance pour être titulaire lors des deux principaux tests. Et se fait une place dans le groupe par sa bonne humeur, sa jovialité, les parties de carte, les chants basques…

    Au retour de la Nouvelle-Zélande, après seulement trois semaines de vacances, Baptiste Erdocio a anticipé son retour à l’entraînement au sein de l’effectif de Montpellier. Pour être prêt pour la reprise et notamment un déplacement à Bayonne. Pour marquer les esprits au plus vite.

    Pendant que les Bleus compilent les blessures au bout de saisons usantes et traumatiques, pendant que William Servat, entraîneur en charge des avants, cherche des alternatives à ses deux têtes de pont Uini Atonio, pilier droit rochelais incontournable, et le Toulousain Cyril Baille, référence à son poste, Baptiste Erdocio pointe son nez au bon moment.

    Une porte s’ouvre. Si le Toulonnais Jean-Baptiste Gros, tout aussi discret, prend le relais de Baille, les autres candidats comme Reda Wardi ou Dany Priso semblent aujourd’hui en retrait et laissent une ouverture au jeune Toulousain Benjamin Bertrand et donc à Baptiste Erdocio. À ce poste de pilier, quand on est parmi les vingt-trois appelés, même si on ne débute pas, on sait que l’on aura du temps de jeu. Quand on est pressenti pour être titulaire face à l’Afrique du Sud et ses piliers de fer, c’est une nouvelle vie qui se dessine.

  • L’autorisation délivrée, le projet du COM bientôt lancé ?

    L’autorisation délivrée, le projet du COM bientôt lancé ?

    Serpent de mer héraultais, le Contournement ouest de Montpellier (COM) finira-t-il par voir le jour ? Une nouvelle étape vient d’être franchie pour ce projet routier censé relier l’A709 à l’A750 dans le but de diminuer le trafic routier et la pollution à Montpellier.

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch a délivré l’autorisation environnementale le 30 octobre, actant dans les prochains mois les opérations de déviation d’ouvrage et de réseaux, suivies de fouilles archéologiques avant un début du chantier espéré en 2027. Une décision motivée par l’avis favorable de l’enquête publique, rendu en septembre. « Chacun a fait le constat qu’entre le projet prévu à la déclaration d’utilité publique (DUP) et celui qu’a présenté Vinci aujourd’hui, il y a un certain nombre d’aménagements qui vont dans le bon sens – notamment le viaduc sur la Mosson, ouvrage qui n’existe pas tel quel dans la DUP et qui, écologiquement, est très important puisqu’il permet [au COM] d’éviter un certain nombre de zones humides – y compris pour les opposants au projet », souligne François-Xavier Lauch.

    Pourtant, chez les opposants justement, le compte n’y est pas. Ces derniers contestent notamment l’impact climatique des études réalisées lors de l’enquête.

    Trois recours déposés

    « Les auteurs considèrent les kilomètres de route en plus prévus pour le COM mais ne clarifient pas le type de route utilisé, or entre une autoroute et une route, le trafic n’est pas le même. De plus, leur travail de modélisation se base sur les objectifs de report modal fixés par la Métropole de Montpellier. Mais le COM va impacter ces objectifs », observent les Shifters du Languedoc. Et de craindre une augmentation du nombre de véhicules, qui « va conduire à une hausse des émissions de CO2 de 2 à 8% », au risque de compromettre les objectifs fixés par les accords de Paris.

    Également en ligne de mire, « les nuisances du projet ne sont pas prises en compte, la ligne 2 de tramway sera bloquée pour deux ans, les travaux vont durer quatre ans », fait valoir Céline Scornavacca, porte-parole du collectif AutreCOM. Ce dernier milite pour une alternative à 70km/h, permettant une emprise au sol moindre et donc un impact environnemental plus faible. L’alternative avait été prise en compte lors de l’enquête mais jugée non sérieuse, selon AutreCOM. « Selon le commissaire, il faut plus de foncier pour un projet à 70km/h qu’à 90. Mais c’est faux, plus on va vite, plus les rayons de courbure doivent être larges et demandent de foncier. Et ça ne coûte pas le même prix », soupire Céline Scornavacca.

    Des arguments balayés par François-Xavier Lauch, ne croyant pas « à l’explosion du trafic sur le COM à son ouverture. On a d’autres exemples en France, comme le contournement ouest de Strasbourg [GCO, Ndlr] où les premières données démontrent que le trafic induit qui avait été annoncé par les opposants n’est pas là. » Un exemple néanmoins contredit par une tribune publiée par le collectif GCO non merci. Pour autant, le préfet se veut rassurant. « Je présiderai la première réunion d’un comité de suivi des mesures compensatoires. L’État fera en sorte évidemment que ces compensations soient mises en œuvre. Il est hors de question de faire n’importe quoi au plan écologique », soutient François-Xavier Lauch.

    De quoi calmer les plus réfractaires ? Pas vraiment, à en juger par les actions en justice. « Nous attendons toujours la réponse de l’appel contre la DUP. Dès que le préfet donnera l’autorisation, nous déposerons un nouveau recours. Nous contestons aussi l’étude à 70km/h qui a été bâclée », précise Céline Scornavacca. « Je donne rendez-vous aux opposants au moment où le COM ouvrira pour démontrer que le trafic induit n’est certainement pas celui qu’ils indiquent », rétorque François-Xavier Lauch. Le COM n’a pas fini de faire parler de lui.