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  • Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Les mines sont graves et les gorges, nouées. Au 31 décembre, l’action menée depuis 10 ans par Area auprès des habitants des bidonvilles de Montpellier prendra fin. Le temps qu’un autre opérateur prenne le relais, 400 personnes en situation de grande précarité se retrouveront donc sans accompagnement social. Et les dix salariés de l’association, en liquidation judiciaire, seront licenciés.

    Ainsi en a décidé la préfecture de l’Hérault en ne renouvelant pas la convention annuelle qui la lie à Area. Un arrêt du financement de l’État qui entraîne la perte de l’ensemble des autres subventions (Fonds social européen, mairie, CAF, ARS, Drac) adossées à cette mission sur les bidonvilles.

    Entourée de représentants du monde associatif et de personnes accompagnées venus la soutenir, l’équipe a tenu à dénoncer publiquement, le 26 novembre, cette décision lors d’une conférence de presse où se sont tour à tour exprimées colère, inquiétude et émotion. Car « il ne s’agit pas d’un choix budgétaire, mais d’une décision politique de rétorsion », souligne Catherine Vassaux, administratrice et ancienne directrice d’Area. « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », assure-t-elle.

    « Vous m’avez indiqué que l’association se positionne dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats », écrit le directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault dans un courrier en date du 30 septembre – dans lequel il reconnaît la qualité du travail de l’association. « Aujourd’hui votre posture sur l’opération de résorption du bidonville de Jasse de Maurin ainsi que vos déclarations dans la presse et celles de votre équipe démontrent l’incompatibilité de votre position avec un financement de l’État », poursuit-il. Trop critique, donc.

    « Les pouvoirs publics

    en donneurs d’ordre »

    « Cette décision est prise aux dépens du travail social », déplore Catherine Vassaux. L’État finance en effet six des dix postes d’Area (les 4 autres dépendent d’autres subventions). « Ça veut dire que si une association ou un opérateur prend la suite de notre action, il y aura moins d’accompagnement social, puisqu’il y aura pratiquement 40% de financements en moins. » Selon l’ancienne directrice de la structure, ce qui arrive à Area n’est pas un cas isolé. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin dernier un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration. »

    « Longtemps, dans le travail social, les projets ont été portés par les associations sur la base de ce que qu’elles constataient sur le terrain. Les pouvoirs publics, eux, finançaient ces projets et leur mise en œuvre. Désormais, ils se positionnent en donneurs d’ordre qui attendent des associations qu’elles soient des prestataires », dénonce Damien Nantes, administrateur d’Area. « Ça a des conséquences directes sur le travail social, car on a des dispositifs imaginés par des personnes éloignées du terrain, qui demandent aux associations de les appliquer à la lettre. Or l’accompagnement social est le fruit d’une interaction entre les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées. Les dispositifs doivent s’adapter aux besoins des gens. Aujourd’hui on fait l’inverse : on demande aux travailleurs sociaux d’adapter les personnes aux dispositifs », s’agace-t-il. L’association a donc pointé, au cours de ses dix années d’expérience sur les bidonvilles, ce qu’elle estimait être des erreurs, des points faibles ou des manquements. « 10 ans de tensions permanentes sur des sujets récurrents », soupire le directeur de l’association, José Lagorce, visiblement éprouvé. « On nous dit qu’on est une association militante. Mais ce que fait Area, c’est simplement utiliser Légifrance pour demander l’application d’un droit », poursuit-il. « Sur le bidonville de l’avenue de Maurin, par exemple, il y a des personnes qui relevaient de la stabilisation ou du CHRS auxquelles on a refusé l’entrée dans ces dispositifs en raison de l’irrégularité de leur séjour, alors que cette question ne devait pas se poser. Ça veut dire qu’on laisse en errance des gens qui n’auront d’autre choix que d’aller reconstruire un bidonville ailleurs. Ces exemples se multiplient », assure José Lagorce. « Ce qui nous arrive et arrive à d’autres associations en France va se multiplier. Il faut faire en sorte que notre exemple ne provoque pas de la peur, mais donne envie de résister. »

    Reste l’énorme gâchis humain causé par cette décision brutale. Car « au-delà de la vacance de l’accompagnement, c’est aussi un lien qui va être perdu. Un lien de confiance, ça ne se crée pas en quelques jours parce qu’on signe un financement avec un prestataire quelconque. Ça se construit dans le temps », insiste Damien Nantes. La preuve par les témoignages émus livrés à la fin de la conférence de presse. « J’ai 27 ans. Voilà plus de 10 ans que je suis accompagnée par Area. Ils font partie de mon histoire. J’ai habité plusieurs années sur le bidonville du Zénith. Ils m’ont aidée à trouver du travail et un logement. Je suis là pour les remercier », déclare une jeune femme au bord des larmes. « Mes premiers pas à l’école, c’était avec eux. Grâce à eux, je suis allé jusqu’au bac, alors que je voulais arrêter. Ils m’ont trouvé un logement social. Ça fait des années qu’ils suivent ma famille, qu’ils se battent pour nous. Ce sont des éducateurs exceptionnels. Je n’arrive pas à croire que le travail de cette association s’arrête », renchérit un jeune homme. Le cri du cœur. Le plus bel adieu.

  • La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    Sept ans après la création de l’hebdo de La Marseillaise, qui avait succédé au quotidien l’Hérault du jour, c’est une nouvelle page du journal qui s’ouvre en Occitanie. Vendredi soir, au 56, rue de l’Industrie à Montpellier, La Marseillaise a confirmé son assise dans l’Hérault et le Gard en s’installant à sa nouvelle adresse. Lieu de travail, débats et rencontres, cette maison constitue aussi un « pôle médias » avec nos confrères de Divergence et Radio Clapas.

    Devant une centaine de
    fidèles lecteurs, de personnalités du monde syndical et
    associatif, des amis de La Marseillaise et d’élus de Montpellier, du Département et de la Région, la rédactrice en cheffe adjointe, Françoise Verna, a insisté, à trois mois des municipales, sur l’ambition d’être « le journal du débat public au service du droit à l’information plurielle ».

    Face aux « vents mauvais » de l’extrême droite, le directeur éditorial et président, Léo Purguette, a lui réaffirmé les valeurs progressistes de notre titre, né pour contrer l’occupation nazie. « Nous sommes le journal de la paix ». Face à la prédation des forces de l’argent et aux « fake news », il a rappelé son attachement à la « liberté de la presse, à une information vérifiée, de qualité pour éclairer les citoyens ».

    ILS ONT DIT

    Hervé Martin, adjoint au maire de Montpellier

    « La Marseillaise je l’ai connue il y a bien longtemps avec l’Hérault du jour, rue Durand, puis rue de la République. Aujourd’hui, elle s’installe dans ce quartier Restanque en plein renouveau. Ce journal est toujours resté fidèle à la parole de ceux qui sont en lutte.

    Dans les mouvements sociaux, on entend dire “enfin un média qui nous écoute sans nous tordre”. »

    Clara Gimenez, vice-présidente Montpellier Métropole

    « La Marseillaise est un journal précieux dans un contexte guerrier. On a besoin d’un journal qui défende les idées de lutte, de progrès.

    Être fidèle à ses valeurs, ne pas tordre le cou à la réalité, nous aider à défendre l’idée d’une société plus belle, un monde plus juste et pourquoi pas de nouveaux jours heureux. Bonne route et longue vie avec ce nouveau QG ! »

    Christian Bastid, vice-président Département du Gard

    « C’est un journal qui connecte les deux rives du Vidourle et avec qui nous partageons les mêmes valeurs.

    Un hebdo qui dit non à la guerre dévastatrice, oui à la paix. Nous sommes engagés sur des projets de conquête et reconquête pour les habitants et savons qu’on peut compter sur les forces vives de La Marseillaise pour lutter contre les mauvaises idées du RN. »

    Jean Almarcha, conseiller départemental de l’Hérault

    « Le président Mesquida vous avait reçus pour un débat “Protéger la République de proximité”. C’est un grand journal qui a combattu le nazisme, le fascisme et qui continue à s’engager pour la justice sociale, les libertés, la paix. À l’heure de la concentration des médias, la frontière entre l’info et la manipulation est très fine. Ce journal a toujours pris la défense des plus fragiles. »

    Christian Assaf, conseil régional d’Occitanie

    « C’est un moment joyeux et grave dans un moment dangereux. Partout où l’information disparaît, c’est la désinformation qui gagne. Les regroupements de presse aux mains de magnats comme Bolloré sont un danger pour la démocratie locale, notre République et la gauche. La Marseillaise, l’Huma ou Mediapart, qui sont du côté des invisibilisés, nous font honneur. »

  • Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    À l’occasion de la tenue du Sitevi (Salon international des filières vitivinicoles), qui se déroulait à Montpellier du 25 au 27 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard était attendue de pied ferme par les viticulteurs pour répondre à la crise que traverse le secteur. En effet, dix jours plus tôt, entre 4 000 et 7 000 vignerons avaient exprimé leur colère dans les rues de Béziers. La veille de l’inauguration du salon, la locataire de la rue de Varenne s’était entretenue avec les représentants syndicaux afin de présenter un énième paquet de mesures pour relever la viticulture française.

    Au premier rang desquelles une enveloppe de 130 millions d’euros destinés à l’arrachage. « La viticulture française souffre à la fois de surproduction et de déconsommation, ce qui est source de grands déséquilibres économiques. Il nous faut donc, dans certaines régions, pas partout, diminuer le potentiel de production », souligne Annie Genevard. 70 millions devraient être déployés en 2026, « on fera à ce moment-là une première évaluation pour déployer le reste ensuite », poursuit la ministre, faisant valoir le fait qu’il « n’y a absolument aucun doute sur la somme sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». À deux conditions néanmoins : un budget doit être adopté par les parlementaires et le « paquet vin » -permettant l’arrachage- doit être validé par l’UE.

    Suspendus à Bruxelles

    « Ce dispositif d’arrachage était attendu par une grosse partie de la viticulture, notamment ceux qui sont à bout et ceux qui doivent se restructurer », se félicite Jérôme Despey, numéro 2 de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Le dispositif devrait concerner 34 000 hectares dans toute la France. Si la FNSEA semble satisfaite de cette principale mesure, c’est un tout autre son de cloche du côté de la Coordination rurale (CR). « On poursuit une solution qui ne fonctionne pas depuis des années et qui coûte beaucoup d’argent, c’est encore un pansement sur une hémorragie », soutient Laurent Crouzet, coprésident de la CR34, craignant « ne pas être au rendez-vous quand le marché va reprendre, laissant plus de place aux importations ».

    À cela s’ajoutent 15 millions d’allègements de cotisations ainsi qu’une demande de fonds européens pour la distillation de crise. Comme souvent, les viticulteurs se retrouvent tributaires de Bruxelles. « Cela nous permettrait de répondre aux difficultés géopolitiques, comme les taxes Trump ou encore le conflit avec la Chine. Nous avons besoin immédiatement de cette réponse de l’UE. On n’est pas au rendez-vous », reprend Jérôme Despey. Une manière, selon lui, de faire remonter les prix en aval du fait « de ce plan qui élimine les excédents. J’appelle à la responsabilisation de la part des metteurs en marché et de la distribution. » Après la main invisible, la bouteille invisible ?

  • Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Fort du succès de ses deux premières éditions, le 2030 festival entend s’imposer un peu plus dans le monde culturel montpelliérain en revenant dans la capitale héraultaise, du 30 novembre au 7 décembre. Un « nouvel acte » faisant toujours la part belle au festivalier puisque ce dernier est au cœur de la manifestation. « En 2023, lors de la première édition, on avait fait le constat qu’il y a plein de lieux, de structures, d’associations, de personnes engagés sur des sujets écologiques, sociétaux, de solidarité. Mais il n’y avait aucun événement qui réunissait toutes ces personnes pour se donner de la force. L’idée de ce festival était de co-construire ensemble avec des personnes et des structures de la ville », souligne Jean-Paul Deniaud, cofondateur du festival.

    Cette troisième édition pousse la coopération un peu plus loin. « On a construit la programmation avec des associations de Montpellier. On leur a demandé à chacune de se dire : qu’est-ce que ça donnerait si vous donniez le meilleur de vous-même au même moment, pendant une semaine dans différents lieux de la ville ? Et en fait c’est vraiment ça le projet du 2030 Festival, c’est à l’inverse d’un festival classique de production verticale où on vient chercher des moyens supplémentaires, des financements extérieurs », fait valoir Jean-Paul Deniaud. Par ces actions, le but affiché de ce festival célébrant l’engagement citoyen est de laisser une trace durable, un impact réel sur Montpellier. « Si on réussit, on arrête le festival en 2030 », promet le cofondateur.

    Et pour marquer durablement son empreinte sur le territoire de Montpellier, le 2030 festival célèbre la semaine de l’engagement du 1er au 5 décembre.

    Yann Tiersen invité

    « On a proposé cette année des formulaires d’inscription pour que des personnes proposent des activités en lien avec l’écologie, le social ou la culture. Il va y avoir des ateliers, des balades et visites. On repropose cette année notamment la balade philosophique dans les Jardins des Plantes [le 2 décembre, Ndlr] avec Denis Nespoulous et Guillaume Bagnolini, deux chercheurs, pour aller à la rencontre de la nature mais de manière double, à la fois très scientifique et philosophique », détaille Pierre Kimpe, coordinateur du 2030 festival. Également au programme, des ateliers pour apprendre à économiser l’eau (03.12, à 18h) ou une journée découverte de l’agroforesterie avec l’Oasis Citadine (03.12, 10h).

    Cette sensibilisation à l’engagement passe également par la culture. « On est sur un triptyque « mise en action, sensibilisation et célébration », insiste Pierre Kimpe. Pour ce faire, le festival a invité l’artiste engagé Yann Tiersen qui inaugurera cette troisième édition, le 30 novembre à la Halle tropisme. « La musique et la culture en général sont porteuses d’un engagement historique pour certains. Du coup il y a plein de petits moments comme ça qui vont illustrer cette chose-là. Venir écouter Yann Tiersen parler de son engagement, c’est fort. On a aussi besoin d’autre chose que des messages universitaires », soutient Jean-Paul Deniaud. Au vu des deux dernières éditions, la formule semble fonctionner.

    Programmation complète à retrouver sur 2030festival.org.

  • [Entretien] Enola Kraemer : « La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante »

    [Entretien] Enola Kraemer : « La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante »

    Majoritaire dans l’académie avec 4 élus étudiants sur 7 et un vice-président étudiant au Crous, le Scum, né en 2014, entend « poursuivre et engager plus en avant le travail qu’il fait depuis plusieurs années au service des étudiantes et étudiants de l’université Paul-Valéry ».

    La Marseillaise : Comment le Scum lutte-t-il contre la précarité étudiante, l’un de ses principaux chevaux de bataille ?

    Enola Kraemer : La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante. Le Scum la combat grâce à différentes actions de solidarité, au premier rang desquelles les distributions alimentaires. Durant l’année universitaire 2024-2025, nous avons distribué plus de 15 000 colis alimentaires, avec au moins 300 étudiants présents à chaque distribution. Le 7 novembre, ils étaient même 380 à faire la queue pendant deux heures… On a également ouvert, fin septembre, une épicerie gratuite au centre universitaire Du Guesclin, antenne de l’université Paul-Valéry à Béziers. Des produits alimentaires y sont proposés en libre service et sans conditions. On se bat aussi contre la précarité menstruelle en organisant de façon ponctuelle des distributions de protections périodiques bio et lavables, car on sait que ça représente chaque mois une part non négligeable du budget des personnes menstruées.

    La Marseillaise : Quid des frais d’inscription ?

    E.K. : Ils ont augmenté de 4,71% en licence et 4,53% en master depuis 2023. Comme les années précédentes, nous aidons les non-boursiers à constituer des dossiers de demandes de remboursement de frais d’inscription auprès de la commission d’exonération.

    La Marseillaise : La crise du logement accentue également les difficultés financières des étudiants…

    E.K. : La question du logement est un de nos gros sujets de rentrée. Chaque année, entre 100 et 200 étudiants viennent nous trouver car ils sont dans l’incapacité de se loger. Les logements Crous, dont nous dénonçons l’augmentation des loyers, ne peuvent accueillir que 10% des étudiants montpelliérains. Quant au parc privé, les loyers sont inaccessibles, au point que ce poste représente environ 70% du budget étudiant. Il y a un besoin urgent de construire massivement des logements étudiants publics à des prix abordables.

    La Marseillaise : Le Scum est également à l’origine de la mise en place, depuis septembre, d’un congé menstruel à l’université Paul Valéry ?

    E.K. : C’est une grosse avancée, car les règles douloureuses peuvent entraîner des absences considérées comme “non-justifiées” pouvant avoir des conséquences sur le cursus universitaires des personnes concernées. Ce congé menstruel consiste en une autorisation d’absence valable pour les cours et les examens, plafonnée à 10 jours par an à raison d’un à deux jours par mois pour toutes les personnes menstruées. Sans justificatif médical.

    La Marseillaise : Le Scum se mobilise également chaque année, à la rentrée, aux côtés des « sans fac »

    E.K. : C’est une de nos campagnes principales. Chaque année des étudiants se retrouvent sans licence ou sans master alors qu’ils ont eu leur Bac ou validé leur licence. Ce principe de sélection est une violation du droit à la poursuite d’études. Nous nous mobilisons donc à chaque rentrée pour que ces
    « sans fac » puissent s’inscrire dans la filière de leur choix. Sur une soixantaine d’étudiants dans cette situation cette année, on a réussi à en faire inscrire à peu près la moitié, grâce à des recours gracieux ou en allant voir les enseignants à la tête des masters. Mais on s’est heurté à une plus grosse répression de la part des universités.

    La Marseillaise : Outre la poursuite de ces combats, le Scum porte-t-il de nouveaux projets ?

    E.K. : On souhaiterait mettre en place des distributeurs de produits d’hygiène (brosse à dents, gel douche, shampooing…), comme ça a été le cas par exemple à l’université de Toulouse. Quelque chose de très concret là aussi pour lutter contre le précarité étudiante. On aimerait également mettre en place une véritable épicerie gratuite sur le campus (actuellement elle fonctionne sur critères sociaux), obtenir la mise en ligne de l’intégralité des supports de cours et faire en sorte que l’IVG médicamenteuse soit possible au sein des services de médecine préventive sur les campus.

  • Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Avec 80 000 visiteurs depuis son ouverture le 27 juin dernier, l’exposition « Pierre Soulages. La rencontre », à découvrir jusqu’au 4 janvier, connaît un franc succès. Un engouement « fruit d’un dynamisme retrouvé à l’occasion de la célébration du bicentenaire du musée Fabre et d’une politique volontariste déployée par les équipes », se félicite la Ville de Montpellier.

    L’exposition consacrée au maître de l’outrenoir se déploie sur plus de 1 000m2 et crée une continuité entre les salles d’exposition et les salles Soulages permanentes du musée. Avec 120 toiles, œuvres sur papier, cuivres, bronzes et verres, elle donne à voir les rencontres plastiques, formelles, théoriques et amicales de Soulages avec l’histoire de l’art et l’art de son temps.

    Au fil du parcours, le visiteur découvre ainsi une sélection de toiles signées de grands noms de l’histoire de l’art qui le précèdent – comme Rembrandt, Zurbarán, Courbet, Cézanne, Van Gogh, Mondrian, Picasso -, autant que des rencontres significatives qui ont émaillé la vie de l’artiste – telles Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Pierrette Bloch ou encore Zao Wou-Ki.

    En guise d’épilogue à l’exposition, le Musée Fabre propose aux visiteurs, dans un espace adapté, de découvrir différents aspects de l’œuvre de Pierre Soulages grâce à la réalité virtuelle, à travers une expérience immersive d’une quinzaine de minutes, coproduite par Lucid Realities. Depuis son atelier de Conques et en passant par les salles permanentes du Musée Fabre, les visiteurs sont transportés poétiquement dans l’univers de l’artiste, accompagnés de ses propres mots sur l’art (prononcés par Isabelle Huppert) et sur sa carrière.

  • Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Quel rôle pour les entreprises face aux violences faites aux femmes ? Un sujet important qui sera au centre de tables rondes*, le 25 novembre, au siège d’IBM à Montpellier. Portée par l’association Les créateurs d’énergies positives, la journée sera l’occasion de sensibiliser directions et salariés à ce fléau présent aussi bien dans la sphère privée que professionnelle.

    Une première table ronde sera consacrée aux violences conjugales. « Elles ont un impact sur la vie professionnelle, il s’agit de voir comment les entreprises peuvent aider », soutient Sandrine Musel, directrice de l’association. Satya Goetz Lancel, responsable du programme de protection des salariés victimes de violences conjugales des Magasins U, y partagera son expérience. Confrontée à plusieurs féminicides de salariées, cette dernière a mis au point une bopite à outils interne à l’entreprise. « C’est un dispositif de “droits exceptionnels” – qui n’existe pas dans le droit du travail – ne coûtant rien. Le temps de travail peut être aménagé avec plus ou moins de télétravail, on peut avoir des autorisations spéciales pour aller à l’audience de son agresseur, une mobilité géographique d’urgence, etc. », énumère celle qui est aussi membre de l’association organisatrice. Des propositions reprises dans un guide de l’Association nationale des DRH, mis à disposition des entreprises.

    Mais ces violences se retrouvent également au sein de l’entreprise, sujet qui fera l’objet d’une seconde table ronde. « Des règles juridiques existent, pour autant, ça n’est pas suffisant, parfois ces comportements sexistes ne sont pas bien identifiés. On met en place des méthodes soft, voire ludiques – comme des formations – pour faire passer des messages de prévention et d’éradication de ces comportements », détaille Michèle Tisseyre, membre de l’asso et présidente de Face Occitanie, soulignant le caractère « volontaire » de certaines entreprises. Les outils sont là, il n’y a plus qu’à.

    * Ouverts à tous, billetterie, infos sur lescreateursdemotionspositives.com.

  • Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    « Je suis tellement en colère et triste que Trump détruise la science américaine. Je pense que peu de gens pourront partir, mais beaucoup de ceux qui auraient émigré aux États-Unis ne le feront pas. Parallèlement, les programmes qui encouragent les talents locaux sont supprimés, car Trump n’est pas seulement contre l’immigration et la science, mais aussi contre l’enseignement supérieur en général. La science, la technologie et la santé en pâtiront », écrit sur son blog Pleuni Pennings, qui vient de commencer une nouvelle vie en France.

    Professeure en écologie, spécialiste de la bio-informatique et de l’IA appliquée à la santé, la chercheuse, qui étudie la résistance des microbes et virus aux traitements (sida, paludisme, E.coli), a quitté l’Université de San Francisco pour rejoindre, le 1er octobre, l’Université de Montpellier, avec laquelle elle a signé un contrat de trois ans. « Je vais travailler sur mon sujet de recherche préféré (l’évolution de la résistance aux médicaments) à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Cet hiver, je vais postuler au CNRS dans l’espoir qu’ils m’accordent un poste de chercheuse permanente dans le même institut », se réjouit-elle.

    « Grâce à Trump, mon département a perdu les subventions de formation du NIH qui soutenaient les étudiants de mon laboratoire depuis dix ans. Et s’il était déjà difficile d’obtenir des fonds pour la recherche avant Trump, cela semble désormais impossible », assure-t-elle. Le fait que son « travail déjà stressant à San Francisco le devienne encore plus en raison du programme anti-DEI (diversité, équité et inclusion) et anti-science de Trump », a poussé Pleuni Pennings, confie-t-elle toujours dans son blog, à saisir la main tendue par l’Université de Montpellier.

    Dans le cadre des programmes « Choose Montpellier » et « Toulouse Safe Place for Science », les universités des deux principales villes occitanes ont en effet lancé des appels à candidatures via leurs réseaux et partenaires pour accueillir une quinzaine de chercheurs basés aux États-Unis. Dès le mois de mai, la Région Occitanie s’est engagée à leurs côtés en mobilisant une aide de 2 millions d’euros, « pour notamment participer à la prise en charge de leurs salaires, aux recrutements ou à l’acquisition d’équipements ».

    « L’esprit de résistance et de solidarité scientifique »

    Car les effets du second mandat de Donald Trump se font déjà sentir outre-Atlantique, en particulier auprès de la communauté scientifique et des universités américaines qui subissent de plein fouet les coupes budgétaires et l’arrêt des financements. « Ce sont environ 6 000 suppressions de postes qui sont intervenues, touchant des domaines stratégiques comme le climat, la préservation de la biodiversité, la santé et les maladies émergentes, ou encore les sciences sociales », souligne la Région. Outre Pleuni Pennings à Montpellier, quatre autres chercheuses en provenance des États-Unis rejoindront l’Université de Toulouse d’ici l’été prochain : Ankita Jha, chercheuse en biologie cellulaire, Cecily Sunday, ingénieure mécanicienne et docteure en astrophysique, Alexandra E. Hui, historienne des sciences, du son et de l’environnement et Caroline Sequin, historienne, spécialiste de l’histoire sociale et politique de la France et de l’Empire.

    « En choisissant de poursuivre leurs travaux en Occitanie, elles incarnent l’esprit de résistance et de solidarité scientifique que nous défendons. Leurs compétences viendront renforcer nos dynamiques dans des domaines stratégiques : lutte contre le changement climatique, énergies renouvelables, santé et maladies émergentes, sciences humaines et sociales… L’Occitanie se place à l’avant-garde de la défense des libertés académiques et de la coopération scientifique internationale », estime la présidente socialiste de la Région, Carole Delga.

  • Montpellier lance le programme Adaptoneau

    Montpellier lance le programme Adaptoneau

    « Il s’agit de mener une action territoriale plus poussée sur des zones expérimentales dans lesquelles on va mener une politique coordonnée pour adapter l’usage de l’eau au changement climatique », explique René Revol, délégué à la gestion raisonnée, écologique et solidaire de l’eau et président de la Régie publique des eaux de la Métropole.

    Retenu dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le projet Adaptoneau, porté par la Métropole de Montpellier, consiste à décliner un plan pour l’eau et l’adaptation au changement climatique sur un territoire regroupant les quartiers Mosson/Cévennes/
    CHRU/Bouisses. Situé à l’ouest de Montpellier, ce territoire regroupe des quartiers prioritaires de la ville, des quartiers avec des habitats construits dans les années 50-70, des hôpitaux, des universités, lycées et collèges, des zones d’activités et des zones d’habitations plus récentes (ZAC). Ainsi que des espaces aquatiques naturels, puisque la Mosson et le Verdanson traversent la zone.

    Lancé officiellement le 13 novembre, ce programme d’actions d’un montant global de près de 4 millions d’euros financés pour moitié par l’Agence de l’eau s’étalera sur 3 ans, jusqu’en 2028. Il s’articule autour de cinq axes principaux.

    Lutte contre les inondations, les fuites…

    Tout d’abord « la lutte contre les inondations par la renaturation des cours d’eau », Mosson et Verdanson. « L’eau, quand elle abonde, déborde sur des zones urbanisées. Il faut au contraire lui permettre de s’étendre sur des zones naturelles. » Une démarche qui va de pair avec la désimperméabilisation des sols, « pour que l’eau ruisselle moins et pénètre davantage les sols », notamment en accompagnement du renouvellement urbain sur les secteurs Anru Mosson et Cévennes.

    Autre objectif contenu dans ce plan : la sécurisation de la distribution d’eau potable et la lutte contre les fuites. « La zone urbaine ciblée a des tuyaux qui datent des années 50-60, donc il faut les changer. Partout où le tram est passé ça a été fait mais pas ailleurs. Il y a donc tout un programme de lutte contre les fuites et de remplacement des réseaux », indique le président de la Régie.

    Le développement de l’agroécologie constitue également l’un des volets du projet, avec notamment les expérimentations de cultures économes en eau sur l’agriparc des Bouisses. Enfin, le programme comporte un axe pédagogique autour de la sobriété des usages de l’eau. « La stratégie de la Régie, avec les 15 premiers mètres cube gratuits puis une progressivité qui sanctionne ceux qui gaspillent trop d’eau, sera soutenue par l’Agence de l’eau dans le cadre de ce programme. On va également mener des actions de sensibilisation aux économies d’eau sur ces quartiers. On peut aussi offrir des mousseurs, qui font diminuer le débit d’eau », détaille René Revol.

  • « Manger comme on sème » dans l’Hérault : nouvelle saison

    « Manger comme on sème » dans l’Hérault : nouvelle saison

    Ciné-débats, ateliers, visites de fermes, balades, marchés, dégustations… Du 22 novembre au 7 décembre, l’édition automne-hiver 2025 de « Manger comme on sème, le festival des 4 saisons » propose près de 90 événements destinés à promouvoir l’agroécologie paysanne et les circuits courts, sensibiliser aux enjeux de sécurité alimentaire, valoriser les agriculteurs du territoire ainsi que tous les acteurs engagés dans une alimentation durable.

    Initialement impulsée par la Métropole de Montpellier, « cette dynamique a gagné les communautés de communes voisines » (Pays de l’Or Agglomération, Pays Cœur d’Hérault et la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup), aujourd’hui partenaires. À raison de deux éditions par an, au printemps/été et à l’automne/hiver, les agriculteurs du territoire et les acteurs engagés pour une alimentation durable proposent, durant deux semaines, de nombreux rendez-vous. Objectif : « Sensibiliser, pour que ça diffuse et que ça devienne une évidence », explique Isabelle Touzard, vice-présidente de la Métropole en charge de l’agroécologie et de l’alimentation. « Les citoyens sont demandeurs de ces rencontres avec des maraîchers, des personnes qui élèvent des animaux, qui font du pain… Sans oublier la notion de convivialité, à laquelle l’alimentation est très associée », poursuit l’élue.

    « On s’ouvre à la pêche »

    Parmi la multitude de propositions recensées en ligne sur le site de la plateforme Bocal*, qui offre une vision globale de l’offre alimentaire durable sur les quatre territoires partenaires du festival ainsi que le Syndicat mixte du Bassin de Thau, on retient une nouveauté cette saison : « On s’ouvre à la pêche », explique l’élue.

    Le vendredi 28 novembre, une rencontre est ainsi organisée de 18h30 à 20h à la médiathèque de Palavas-les-Flots autour des « petits métiers », du poisson de saison en circuit court et de la ressource halieutique (gratuit, sans inscription). Un atelier ludique et pédagogique à destination des enfants de 7 à 12 ans sera également proposé, toujours à la médiathèque, les 28 et 29 novembre pour découvrir les différentes techniques de pêche et évoquer l’intérêt nutritionnel des aliments de la mer (gratuit, sur inscription au 04.67.50.42.49). Autre temps fort, autre suggestion : la Maison pour tous Jean-Pierre Caillens, future Maison de l’alimentation solidaire de Tournezy, à Montpellier, organise le 5 décembre, de 9h à 14h, des ateliers de cuisine d’ici et d’ailleurs suivis d’un repas partagé !