Tag: Montpellier

  • Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Des délais d’attente de plus en plus longs pour accéder aux soins. Des services d’urgence régulièrement saturés. Des structures médico-sociales incapables de répondre aux besoins des personnes âgées, en situation de handicap ou en situation de précarité. Une aggravation des inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins… telles sont les conséquences, dans l’Hérault comme ailleurs, des politiques conduites depuis plusieurs années en matière de santé et d’action sociale par les gouvernements successifs.

    Alors que la France s’enfonce dans la crise politique au lendemain de la démission, quelques heures seulement après avoir formé une partie de son gouvernement, du Premier ministre Sébastien Lecornu, les professionnels du sanitaire, du social et du médico-social ont manifesté, jeudi 9 octobre, leur vive inquiétude des moyens qui seront alloués à la santé et la protection sociale dans le budget qui tarde à venir. À Montpellier, les manifestants, partis en cortège de la place de France, à Odysseum, se sont rendus devant les locaux de l’Agence régionale de santé (ARS) de l’Hérault.

    « Théoriquement, cette manifestation s’inscrivait dans le cadre du dépôt du PLF (projet de loi de finances) et du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui tout ça est en suspens, mais le seul projet qui existe à l’heure actuelle est celui de François Bayrou, qui propose une cure d’austérité inédite [des dépenses de santé contenues à 5 milliards d’euros au lieu de 10, Ndlr.] », estime Lénaïc Berger, secrétaire générale USD CGT santé action sociale de l’Hérault.

    « Un épuisement massif des personnels »

    « De toute façon un Ondam (objectif national de dépenses d’assurance maladie) inférieur à 5%, ça ne tient pas. Or là il est très inférieur. Qu’est-ce que cela traduit ? Que la santé continue de s’effondrer », poursuit-il. « On continue à fermer des lits, on est toujours en manque de personnels, surtout sur les petits centres hospitaliers locaux majoritairement ruraux, qui ont énormément de mal à recruter. Avec, à la clé, un épuisement massif des personnels  », assure Lénaïc Berger. « Dans l’établissement où je travaille par exemple, le foyer départemental enfance et famille, rien que pour 2024, sur 370 agents, 20 sont en disponibilité ou en détachement. Or c’est rare de quitter sa structure quand on y est bien : ce sont majoritairement des agents qui partent parce qu’ils n’en peuvent plus. Cela représente plus de 5% de la masse salariale. Ce sont des chiffres en pleine explosion sur l’ensemble des établissements  ».

    Quant à la Sécurité sociale, qui fête cette année ses 80 ans, « il y a de moins en moins de médicaments remboursés, on fait de plus en plus la chasse aux arrêts maladie prétendument frauduleux, il y a de moins en moins de maintien de salaire… et le trou de la Sécu continue de se creuser. C’est bien la preuve que ce que le gouvernement propose ne règle rien », insiste le cégétiste héraultais dont le syndicat défend l’instauration d’« un service public de la santé et de l’action sociale, avec une sécurité sociale universelle.  »

  • Les avocats sont des porteurs de voix

    Les avocats sont des porteurs de voix

    Créé en 1974, le Syndicat des Avocat.e.s de France (SAF) est un groupement de porteurs de voix ; celles des justiciables mais aussi celles des avocats qui luttent et travaillent pour combattre tout ce qui s’apparenterait à une crise de la Justice, phénomène dénoncé depuis longue date. Au fil des époques, de nombreux arguments ont été avancés pour justifier cette crise persistante. Aucun pourtant ne doit permettre de légitimer l’atteinte flagrante aux droits de la défense et aux droits fondamentaux des citoyens.

    Le SAF a donc des objectifs clairs : défendre les intérêts professionnels des avocats et toujours placer le justiciable au cœur de sa réflexion. La défense des intérêts de cette profession repose essentiellement sur la sauvegarde de l’indépendance de ses acteurs et sur la promotion d’une justice plus démocratique.

    Encore aujourd’hui les avocats doivent lutter pour légitimer leur exercice et défendre leur indépendance. Protection du secret professionnel, respect de la déontologie, recherche d’égalité au sein de la profession, perception d’une rémunération juste, sont autant de sujets sur lesquels il est important de veiller.

    Ces intérêts professionnels doivent donc être préservés pour sauvegarder la confiance que l’avocat doit inspirer.

    Une confiance de la part des justiciables, qui confient à leur conseil la défense de leurs intérêts, et une confiance de la part des institutions, qui ne doivent plus douter de l’investissement sérieux et honnête des avocats.

    Syndicat national, le SAF permet à ses membres de réfléchir, construire et lutter ensemble autour de causes communes. Il est aussi une force d’action dans les procédures judiciaires où la profession est menacée.

    Plus que jamais il semble nécessaire de communiquer sur ces causes communes et c’est la raison qui conduit notre Syndicat, à s’exprimer, à compter de ce jour dans les colonnes de La Marseillaise afin de faire vivre ces engagements, ces combats et ces voix que nous défendons.

    Dans son exercice, l’avocat assiste, représente et conseille ; ainsi, nous sommes les garants de ceux que nous défendons en utilisant le Droit comme rempart contre les situations du quotidien ou contre les décisions politiques qui vont à l’encontre de la dignité des personnes. Placer les justiciables au cœur de chacune des réflexions du syndicat est un moyen pour nous de faire savoir à chacun des citoyens que leur défense mérite d’être assurée, qu’elle soit individuelle ou collective.

    Le SAF lutte donc pour que toutes les voix soient entendues, pour ceux qui sont défendus et pour ceux qui défendent.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • « L’Allégorie de la poésie » rejoint le musée Fabre

    « L’Allégorie de la poésie » rejoint le musée Fabre

    L’Allégorie de la poésie, signée et datée de 1774, a fait son entrée dans les collections du musée Fabre. Grâce au soutien de la Fondation d’entreprises du musée et à une subvention exceptionnelle du Fonds du patrimoine, l’établissement culturel montpelliérain a acquis par exercice du droit de préemption cette œuvre d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) lors de la vente Artcurial à Paris, le 23 septembre. Il s’agit d’une peinture précoce, atypique et ambitieuse d’une artiste essentiellement connue pour son activité de portraitiste.

    La peintre officielle de Marie-Antoinette

    Formée par son père le pastelliste Louis Vigée, puis par le peintre Gabriel Briard, la jeune Elisabeth Louise Vigée est très tôt remarquée et soutenue par les peintres Gabriel François Doyen et Joseph Vernet. Elle produit ses premières peintures au début des années 1770, sans être rattachée à une corporation professionnelle. En 1774, elle est obligée de rejoindre la corporation de l’Académie de Saint-Luc, communauté des peintres et sculpteurs de Paris, afin de pouvoir poursuivre son activité. Elle expose au Salon de l’Académie de Saint-Luc plusieurs portraits et études de têtes, ainsi que trois allégories de la peinture, de la poésie et de la musique. L’Allégorie de la poésie témoigne ainsi des débuts de sa prestigieuse carrière. Quatre ans plus tard, Élisabeth Louise Vigée Le Brun devient en effet peintre officiel de la reine Marie-Antoinette, dont elle exécuta plusieurs portraits.

    Cette œuvre atypique permet aussi de renforcer, au sein des collections, la présence des femmes artistes du XVIIIe siècle avec un nom emblématique venu rejoindre Marie Thérèse Reboul et Adélaïde Labille-Guiard. Jusqu’à ce jour, Élisabeth Louise Vigée Le Brun n’était évoquée dans la collection que par la copie d’un portrait légué au musée par Alfred Bruyas en 1876.

  • Un hommage en images à la force des femmes

    Un hommage en images à la force des femmes

    Ce projet est né d’un désir profond de rendre hommage aux femmes qui traversent cette épreuve avec courage et dignité », confie Karine Louarn. « J’avais envie de leur témoigner un message de solidarité, de sororité. Mais je souhaitais aussi mettre en lumière celles qui tendent la main, qui accompagnent, qui aiment, qui soutiennent dans l’ombre : amies, sœurs, mères, bénévoles… »

    À l’occasion d’Octobre rose, mois dédié à la prévention du cancer du sein, cette Montpelliéraine de 55 ans a imaginé un calendrier intitulé « Les Divines ». Chaque mois, des anonymes incarnent ces visages de la solidarité, sœurs de l’ombre invitées à prendre la lumière.

    « Le calendrier, pour moi, est quelque chose de très féminin, car beaucoup de femmes l’utilisent pour des choses du quotidien. Avec, en outre, ce côté “cycle”, dans lequel nous vivons beaucoup, nous autres femmes », explique cette artiste peintre et photographe amateure, également accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) dans un collège de Montpellier et sophrologue.

    « J’ai fait appel à mes connaissances. Beaucoup de femmes m’ont répondu. J’ai aussi eu un jeune homme qui a eu envie de s’associer au projet car sa maman est partie d’un cancer du sein. J’ai donc photographié 19 femmes et 1 homme. J’ai dû refuser des propositions, mais ce n’est que partie remise car chaque année je réaliserai un calendrier au profit d’une association différente », poursuit-elle.

    Ce calendrier solidaire ressemblera moins à un calendrier traditionnel qu’à un magazine dont les 36 pages contiendront, outre les portraits des « Divines », des textes sensibilisants, des témoignages ou encore des méditations vidéo accessibles via un QR code.

    Les fonds récoltés grâce à la vente en ligne* (15 euros l‘unité) seront en grande partie reversés, cette année, au Montpellier institut du sein (MIS), réseau de spécialistes destiné aux femmes touchées par un cancer du sein. Le lancement du projet aura lieu le 11 octobre au château de Flaugergues, de 9h45 à 12h. À une présentation du calendrier et du MIS succéderont une conférence sur la prévention du cancer du sein et des témoignages de femmes ayant traversé cette épreuve.

    La remise du chèque, prévue en janvier 2026, s’accompagnera d’une exposition de tableaux réalisés par Karine Louarn, mêlant la peinture aux photographies des « Divines » réalisées pour le calendrier.

  • L’Afrique à l’honneur avec une nouvelle biennale Euro-Africa

    L’Afrique à l’honneur avec une nouvelle biennale Euro-Africa

    Montpellier met à l’honneur les relations entre l’Europe et l’Afrique. Après un sommet Afrique-France en 2021 puis une première biennale euro-africa de Montpellier en 2023, c’est une seconde édition qui s’ouvre à partir du 6 octobre, sur le thème du mouvement.

    La manifestation semble avoir passé la vitesse supérieure puisque plus de 130 événements faisant intervenir pas moins de 300 artistes, scientifiques, sportifs, penseurs, etc. sont programmés. Avec, comme parrain de cette édition, l’historien et politologue camerounais Achille Mbembé, qui donnera une conférence sur la coopération internationale de demain (7 octobre, 19h30 au Corum).

    Se voulant « un point de jonction entre l’Europe et l’Afrique » et « fière d’être une ville cosmopolite », Montpellier entend jouer un rôle primordial dans les liens qui unissent l’Europe et l’Afrique, d’autant plus dans le contexte actuel. « Le discours de Trump à l’ONU nous oblige à lui répondre. À ceux qui se vantent de vouloir ériger des murs, nous opposons que notre devoir est d’ériger des ponts. À ceux qui s’efforcent de cultiver les peurs, nous devons montrer que l’autre peut nous enrichir et que ce dialogue est indispensable. À Montpellier, nous avons une chance inouïe : il existe des diasporas. Des compatriotes qui ont la double nationalité s’engagent dans la ville pour nous aider à renforcer ces ponts », souligne le président PS de la Métropole de Montpellier, Michaël Delafosse.

    Les diasporas à l’honneur

    Des diasporas africaines à l’honneur puisque sera lancée au cours de la biennale une « Assemblée des diasporas ». « Nous allons réaliser une charte pour une coopération inclusive que nous allons proposer à la ratification des grands bailleurs qui sont à nos côtés. C’est unique en France », précise Claire Hart, vice-présidente déléguée au rayonnement international et à la coopération européenne. Qui confie plancher sur une « déclaration de Montpellier » rassemblant les préconisations des représentants des différentes diasporas africaines.

    Mais la biennale laisse également la part belle à la culture. Le premier rendez-vous est donné avec le danseur et chorégraphe Salia Sanou, le 5 octobre. « Il sera le trait d’union entre l’événement 25 [manifestation culturelle organisée à Montpellier juste avant l’événement, Ndlr] et la biennale. Salia fera un bal chorégraphié participatif sur l’esplanade, en clôture de l’Événement 25. Cela fera office de passage de témoin avec la biennale », précise Vincent Cavaroc, directeur artistique de la biennale et co-gérant du tiers lieu la Halle tropisme. Le début d’une semaine d’expositions, de spectacles vivants, de concerts, de danse, etc. Notamment l’exposition Mix and match de la fondation béninoise Zinsou « qui regroupe une vingtaine d’artistes contemporains africains autour d’un medium, le tissage, le fil. Et avec cette histoire de tissage, on peut créer plein de passerelles entre différents pays, artistes », poursuit Vincent Cavaroc. Côté littérature, plusieurs temps forts rythmeront la semaine, telle la rencontre avec l’auteur sud-africain Albie Sachs (6 octobre, 18h au Corum).

    La coopération est le maître mot de cette biennale. En ce sens est également organisé un congrès les 6 et 7 octobre, autour des défis environnementaux à relever entre l’Afrique et l’Europe. Résilience climatique, question de l’eau, de la dégradation des sols, autant de thèmes sur lesquels vont plancher près de 400 congressistes. Un programme chargé mais destiné à inscrire Montpellier comme « point de jonction entre l’Afrique et l’Europe ».

  • Le départ de la Mosson tombe à l’eau

    Le départ de la Mosson tombe à l’eau

    De la Mosson à la Mosson. Depuis 2014 et les inondations dévastatrices de la Mosson, rivière éponyme, qui borde le stade, Montpellier va de projet de déménagement en projet de déménagement pour s’inscrire dans la modernité du football du XXIe siècle. Il a imaginé un stade Louis-Nicollin novateur dans le quartier Cambacérès, à proximité d’Odysseum, de la nouvelle gare, de l’autoroute…

    à défaut de ce site idéal, Laurent Nicollin et toute son équipe ont envisagé une implantation sur le site d’Ode à la mer, puis plus récemment aux abords du Parc des Expos. Par la faute de normes aériennes, du renoncement de la Banque des territoires ou de volonté politique, la porte s’est refermée.

    Mercredi 1er octobre, sur le parvis du stade de la Mosson, en marge de la photo officielle, le président du MHSC a acté le retour à la case départ au côté du maire Michaël Delafosse, désireux d’engager des travaux de rénovation du stade et de poursuivre la transformation du quartier. « Dans la vie, j’ai toujours estimé que c’était important pour le club d’avoir un nouvel outil pour pouvoir développer et pérenniser le club. On ne va pas s’arc-bouter et s’entêter à faire des projets qui ne sont pas possibles sur le plan financier. Dans la vie, quand tu peux t’acheter une baguette de pain, tu n’en achètes pas quatre. Il y a des choses qui sont possibles de faire, d’autres qui ne sont pas possibles. C’est une déception d’autant que le groupe [Nicollin, Ndlr] a mis beaucoup d’argent », constate Laurent Nicollin, qui vient par ailleurs de vendre la section féminine à un groupe anglais : Crux Football, fondée par Bex Smith (lire aussi ci-contre).

    À six mois des prochaines municipales (15 et 22 mars), le maire Michaël Delafosse reprend l’affaire en main et veut rénover le stade de la Mosson, « dans son jus » depuis 1998 et l’accueil de la Coupe du monde de football. Sans évoquer le montant de l’investissement nécessaire, il veut remettre à neuf cette enceinte, enclavée au bout du quartier de la Paillade.

    « On doit être au côté

    du club »

    « On doit être au côté du club et de la famille Nicollin. Cela consiste à porter un projet ambitieux pour accompagner le projet sportif du club. Ce stade est dans son jus depuis 98. à l’exception des loges et de la pelouse, il n’y a pas eu d’investissement. Il va donc y avoir des investissements sur le stade. Il y a le stade en lui-même, et puis il faut donner à nos supporters, à nos spectateurs une expérience. Il faut que ça devienne un lieu de vie. Donc, on va épaissir 15 000 mètres carrés. On va écouter les demandes du club pour voir comment ils peuvent mieux recevoir pour accompagner le modèle économique du club. Évidemment, on va se lancer dans ce projet-là qui s’inscrit dans la transformation du quartier », détaille Michaël Delafosse.

    Développement de surfaces commerciales, de bars, recalibrage de l’avenue Heidelberg, pour créer un espace sécurisé pour accéder au stade en famille, création d’un parking relais, connecté avec la ligne 3 et la ligne 1 du tramway, mais aussi le futur COM (contournement Ouest de Montpellier) sont autant d’idées émises par Michaël Delafosse pour aboutir à l’horizon 2030.

    Seulement, le stade est exposé au risque d’inondation dans un monde en plein dérèglement climatique. Le 31 mai 2017, sa candidature pour être le site d’accueil du Mondial de rugby avait été recalée au bénéfice de Nice, hôte de l’Euro 2016 et du Mondial 2023.

    Il y a quelques semaines, le maire de Pérols Jean-Pierre Rico, furieux face à l’abandon du projet au Parc des Expos, avait mis en garde. « Conserver le stade à la Mosson, c’est tuer le MHSC. Je ne voterai pas, dans la prochaine mandature, pour jeter 70M d’euros dans un stade qui est en zone inondable. »

    La Métropole a engagé des études hydrauliques pour effectuer les travaux nécessaires et répondre à « la vulnérabilité inondation du stade ».

    À six mois du scrutin municipal, le maire de Montpellier, entouré de Christian Assaf et Hervé Martin, respectivement en charge des sports à la Métropole et à la mairie, étouffe presque dans l’œuf le probable débat autour de la Mosson. Sur son aile gauche, les Verts de Jean-Louis Roumégas, LFI de Nathalie Oziol ou le groupe d’opposition de la Mupes, présidé par Alenka Doulain, plaident tous pour rester à la Mosson. Et si, tout comme son illustre prédécesseur Georges Frêche, Michaël Delafosse n’avait jamais voulu quitter la Mosson ?

    Au fond, la rénovation du stade réjouit la gauche. Laurent Nicollin, peut-être un peu moins.

  • Montpellier. Cortège intergénérationnel politisé et fliqué

    Montpellier. Cortège intergénérationnel politisé et fliqué

    Après l’éviction de François Bayrou et avant que Sébastien Lecornu ne forme son gouvernement, le mouvement social reprend son souffle. Jeudi 2 octobre, l’intersyndicale a dénombré à Montpellier plus de 7 000 personnes (4 000 selon la police) qui ont défilé d’Albert 1er à la Comédie au lieu des 20 000 recensées le 18 septembre (10 000 d’après les autorités).

    À la CGT, Serge Ragazzacci fait valoir que « certains ont appelé à la grève sans venir manifester ». Quoi qu’il en soit, peu d’entreprises privées étaient présentes dans le cortège montpelliérain. La météo était pourtant au rendez-vous mais le départ précipité de l’union départementale FO a un peu dégraissé les rangs. En cause l’intrusion d’un groupe de manifestants au cœur du cortège intersyndical, dont l’UD FO déplore les slogans politiques « anti-juifs » (majoritairement contre Israël et pro-Gaza) et « anti-flics ». « Notre organisation a pour principes fondamentaux : la liberté, la liberté de pensée et de choix individuel, politique, philosophique et religieux de chaque militant. Nous ne pouvons cautionner et nous associer à de tels propos », argumente Franck Mary-Montlaur. Déjà dubitatif sur les « grèves saute-mouton », le secrétaire héraultais de Force ouvrière prévient : « On veut des manifestations syndicales, sinon ce sera sans nous. » FO 34 a déjà fait savoir qu’elle ne participera pas à journée du 9 octobre pour la santé et la Sécurité sociale.

    Ce second round social avait déjà pris une drôle de tournure la veille. Le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, avait signé un arrêté interdisant une nouvelle fois l’accès à l’Écusson, ultra-sécurisé par 350 CRS. Dans son article 2, le texte spécifiait aussi, fait inédit, l’interdiction au sein du cortège de « toute personne extérieure à la manifestation déclarée par l’intersyndicale, composée de ses adhérents, ses militants et ses sympathisants ». Une restriction floue et difficilement vérifiable sur le terrain, immédiatement contestée par des organisations (dont Solidaires) et associations (LDH) qui dénonçaient un « tri des manifestants ».

    L’arrêté du préfet déjugé

    Saisi d’un référé liberté jeudi 2 octobre au matin, le juge administratif suspendait finalement le controversé article 2 de l’arrêté préfectoral juste avant le départ de la manifestation. Et le préfet F. Xavier-Lauch de prendre acte du camouflet sur X. « Je regrette que les mêmes qui depuis le 18 septembre critiquent ma prétendue inaction contre l’extrême droite me privent aujourd’hui d’un moyen de prévention de ces faits. » Un argument qui ne convainc pas la présidente de la LDH 34. « Seule la justice peut empêcher à une personne de manifester. Un royaliste opposé à l’austérité doit pouvoir venir. » Quant aux groupuscules d’extrême droite venus perturber la fin de manif du 18 septembre, Sophie Mazas rétorque : « Les agents de la BAC n’avaient qu’à les interpeller. »

    On en oublierait presque que le défilé du 2 octobre s’est déroulé sans incident et dans la bonne humeur. Étudiants, salariés ou retraités, le visage intergénérationnel du cortège atteste d’une solidarité tenace au sein d’une société mise à mal par l’austérité et l’inflation. « La réforme des retraites touche tout le monde. Des retraités vivent avec moins de 1 000 euros par mois. Ils souffrent aussi de la dématérialisation et du manque de moyens des services publics (hôpital, logements…) ou du prix des Ehpad », liste Bernard Delord, du bureau des retraités CGT de Montpellier. Très remontés contre Emmanuel Macron, son Premier ministre et l’extrême droite, les étudiants du Scum rappellent « qu’étudier est un droit, pas un privilège ». « Macron a commencé par baisser nos APL. On combat les budgets d’austérité, la sélection sociale et raciste… », insiste Karim de la fac de sciences bloquée. N’en déplaise à FO, la jeunesse aime à rappeler qu’elle « emmerde le Front national… »

  • À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clémente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.

  • La librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    La librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre

    avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clemente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.

  • Labsud Montpellier, le numérique à portée de tous

    Labsud Montpellier, le numérique à portée de tous

    Au Labsud, on découpe, on imprime, on façonne. Mais surtout, on apprend et on partage. Né dans les années 2000 au Massachusetts Institute of Technology (MIT), le concept de Fablab, repose sur un principe simple : mettre à disposition des outils numériques de pointe pour créer, prototyper et apprendre.

    À Montpellier, le Labsud incarne parfaitement cette philosophie. Situé en plein cœur de la ville, il est considéré comme l’un des plus grands Fablabs de France, ouvert toute la semaine « du matin au soir », souligne Fast, dirigeant du lieu. Dans cet espace collaboratif, les adhérents ont accès plusieurs machines : imprimantes 3D, fraiseuses numériques, découpe laser, et bientôt un atelier complet pour travailler le bois et le métal.

    L’accès se fait via une adhésion annuelle : 45 euros pour les particuliers et 300 euros pour les pros. Mais au-delà des machines, c’est surtout l’accompagnement qui fait la différence. « Tu viens, tu ne sais pas faire, on t’apprend et on t’assiste. »

    Récemment, le Labsud a franchi un nouveau cap dans sa volonté de démocratisation en réduisant le tarif horaire des imprimantes 3D : de 4 euros à seulement 1 euro. Une initiative qui vise à favoriser l’accès aux machines, plutôt que de les limiter à un cercle restreint. « Les machines sont amorties, notre but ce n’est pas de faire de l’argent, mais que les gens s’en servent », explique Fast.

    Cette baisse ouvre de nouvelles perspectives : fabriquer une pièce de rechange, tester un prototype, ou simplement s’initier à l’impression 3D devient bien plus abordable. Là où quelques heures pouvaient représenter un budget conséquent, elles sont désormais accessibles au plus grand nombre. Une manière concrète pour le Labsud de rester fidèle à sa mission : mettre l’innovation à portée de tous.