Tag: Monde

  • COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    Alors que deux semaines de négociations s’ouvrent ce lundi 10 novembre à l’occasion de la COP30, à Belém, au Brésil, le « sommet des leaders » organisé en amont, où ont défilé des dizaines de ministres et quelques chefs d’État et de gouvernement, laisse déjà entrevoir des points d’achoppement. Le tout sur fond de climatoscepticisme assumé par certaines puissances parmi les plus gros pollueurs, comme les États-Unis de Trump qui a ouvertement boycotté le rendez-vous. Mais les chiffres sont têtus…

    Les décideurs ont été forcés de réconcilier leurs discours avec le fait que les onze dernières années sont les onze plus chaudes jamais mesurées, selon un rapport de l’ONU publié le 29 octobre. Et pour l’année 2025, de janvier à août, la moyenne était déjà de 1,42 degré au-dessus de la température pré-industrielle, ce qui devrait en faire la 2e ou 3e année la plus chaude de notre histoire, derrière 2024. Une chaleur dont on meurt.

    Selon The Lancet Coutdown 2025, publié également le 29 octobre par la revue médicale britannique éponyme, depuis les années 1990, le nombre de décès liés à la température a grimpé de 63%, atteignant en moyenne 546 000 morts par an entre 2012 et 2021, cite le Réseau action climat France. Soit une hausse de 23% si l’on tient compte de la croissance démographique mondiale. Les événements météorologiques extrêmes, canicules, inondations, tempêtes, et surtout le manque d’adaptation à ces derniers, ont causé au moins 16 000 morts et déplacé plus de 800 000 personnes en 2024.

    L’année 2025 marque aussi les dix ans de l’Accord de Paris, signé par 195 pays, qui posait des objectifs clairs et visiblement partagés, comme le maintien du réchauffement sous la barre des 1,5 degré. Tout le monde s’étant engagé à mettre en œuvre des plans climat plus ambitieux, au plus tard cette année, pour y parvenir.

    Une France pas

    très exemplaire

    Si les dirigeants ont aujourd’hui admis que le monde n’y parviendrait pas, sans pour autant se résigner à 2 degrés, l’autre limite négociée alors, selon les scénarios les plus pessimistes, le réchauffement serait contenu entre 2,6 et 2,8 degrés, contre 4 annoncés avant l’adoption de l’Accord, note néanmoins le réseau action climat France. L’accord « ne suffit pas encore mais il fonctionne », estime l’association Oxfam qui liste également des avancées juridiques comme la reconnaissance du principe de justice climatique ou une certaine prise de conscience ou pour le moins une réorientation du monde de la finance. Avec « des marchés désormais contraints d’intégrer les risques climatiques », qui « réorientent progressivement les investissements vers les énergies renouvelables et les solutions bas carbone ».

    Mais pour le reste, rien n’a vraiment été respecté, relevant d’autant les enjeux de cette COP30. Notamment en termes de financement. Les pays du Nord avaient accepté de mettre au pot 1 300 milliards supplémentaires lors de la COP29 à Bakou, pour convaincre les pays du Sud de mettre aussi la main à la poche. De quoi dégager 300 milliards de dollars par an, en théorie. La France, dont le président Emmanuel Macron s’est plu à positionner en véritable leader climatique, appelant encore ce 6 novembre à « l’action face au fatalisme », a vu stagner ses émissions depuis 2024. « Ses budgets verts sont en baisse et son gouvernement a reculé sur 43 mesures climatiques », pointe Oxfam. Alors que l’examen parlementaire du projet de loi de finances (PLF) 2026 a démarré, le budget du ministère de l’Écologie, de 24 milliards d’euros, s’affiche comme un parent pauvre quand les magistrats de la Cour des comptes ont estimé dans un rapport rendu public en septembre qu’« atteindre la neutralité carbone en 2050 suppose de doubler les investissements actuels d’ici 2030 », soit 110 milliards d’euros supplémentaires.

    Bien qu’emmenée par un Lula volontariste, le président brésilien se pose comme un pont entre Nord et Sud, cette COP30 s’inscrit aussi dans un contexte de fortes tensions entre guerre en Ukraine, éradication du peuple palestinien ou conflits sur les tarifs douaniers. Une atmosphère de crise que les nations vont devoir dépasser…

    Les objectifs de la COP régionale

    Un an après son lancement, les principaux acteurs s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de Région, fin octobre, pour un premier point d’avancement afin de bâtir « un plan régional de transformation énergétique et écologique ambitieux » et « atteignable ». Outre le diagnostic, les protagonistes ont fixé plusieurs enjeux visant à s’adapter au changement climatique : la baisse de la consommation énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une baisse de 10% de la consommation d’eau, le développement d’une économie circulaire ou encore la protection forte d’espaces naturels.

    REPÈRES

    540000

    morts par an entre 2012
    et 2021, victimes d’effets du réchauffement climatique ont été recensés par la revue médicale « The Lancet ».

    2,3%

    d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le monde continue à brûler avec toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon en 2024, selon l’ONU.

  • [Sciences] Océans sur Mars : des volcans de boue offrent de nouveaux indices

    [Sciences] Océans sur Mars : des volcans de boue offrent de nouveaux indices

    Ce sont des collines sur Mars qui intriguent depuis des années. On dirait des petits volcans : une forme conique, une dizaine de mètres de haut et un cratère au sommet. « Elles sont très énigmatiques, souligne Maxime Pineau, géologue et planétologue, anciennement au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. De nombreuses études ont essayé de comprendre ce qu’elles sont sans jamais vraiment y parvenir. » Pour la première fois, une étude dans Communications earth & environment est en mesure de confirmer qu’il s’agit de volcans sédimentaires, qui ne crachent pas de la lave en fusion mais de la boue ou du sable liquéfié. « Nous en connaissons sur Terre, notamment en Azerbaïdjan ou au fond des océans », précise le chercheur aujourd’hui à l’Université Claude-Bernard Lyon 1 et premier auteur de l’étude. Mais cela n’avait jamais été établi avec certitude sur Mars. Selon les estimations, ils auraient été actifs il y a deux à trois milliards d’années.

    Cette conclusion vient des minéraux à la surface de ces collines. Des sondes en orbite autour de Mars y ont détecté de la silice hydratée et des sulfates : des minéraux associés à l’eau. « Ils se sont donc formés en présence d’eau liquide, probablement à des températures inférieures à 60°C », souligne Maxime Pineau. Soit des températures basses n’ayant rien à voir avec l’hydrothermalisme –qui impliquerait des températures supérieures. « Cela confirme que ces structures coniques sont bien liées à du volcanisme sédimentaire et font remonter des matériaux enfouis dans des réservoirs profonds », ajoute le chercheur. À quelle profondeur ? « Quelques dizaines de mètres pour la silice hydratée et plusieurs centaines de mètres pour les sulfates selon nos calculs », précise-t-il.

    Reliques océaniques

    Des minéraux associés à l’eau, disponibles en surface, remontés des entrailles de Mars et donc potentiellement plus anciens que la période d’activité des volcans ? Il n’en fallait pas plus pour aiguiser l’intérêt des chercheurs : et si cela pouvait donner accès à des traces d’anciens océans martiens ? Des sédiments océaniques recouverts avec le temps refaisant surface via ces volcans ? « Notamment les sulfates, qui viennent de plus profond et pourraient être des sels évaporitiques liés à l’évaporation de l’eau », avance le chercheur. D’autant qu’ils ont été détectés dans la formation Vastitas Borealis : une vaste étendue de l’hémisphère nord parfois suggérée comme une relique d’anciens océans martiens. « C’est une hypothèse qu’il faut creuser », nuance toutefois Maxime Pineau, prudent. Car la question de l’existence passée d’océans martiens est un sujet ancien, épineux et encore très débattu. Pour l’heure, il est question d’en apprendre davantage sur les minéraux découverts, les volcans de boue et leurs réservoirs, notamment avec des données radar. Mais le sujet des océans martiens a bien refait surface.

    Repères

    Paleosilica

    C’est le projet financé par l’Agence nationale de la recherche entre 2021 et 2025 dansle cadre duquel a été menée cette étude. Le but était d’étudier des silices hydratées sur Mars et sur Terre.Ces travaux se poursuivent aujourd’hui avec le projet européen Oceanid.

    VBF

    Pour Vastitas Borealis Formation. Cette vaste étendue sans relief de l’hémisphère nord de Mars se serait formée il y a 3,75 à 3,4 milliards d’années. Elle forme une large cuvette que certains scientifiques imaginent comme le vestige d’un ancien océan.

    Noachien

    Cette époque de la géologie martiennese situe entre -4,1 et-3,8 milliards (Md) d’années. Un climat chaud et humide aurait permis à l’eau liquide d’exister. Il y a 3,8 à 3,6 Md d’années, Mars a perdu une grande partie deson atmosphère, entraînant la disparition de l’eau liquide et un climat plus froid et aride.

  • [Entretien] Daniel Durand : « Le risque de guerre mondiale est réel, mais il faut garder son sang-froid »

    [Entretien] Daniel Durand : « Le risque de guerre mondiale est réel, mais il faut garder son sang-froid »

    La Marseillaise : Ce 80e anniversaire est célébré dans un contexte inquiétant, de « menace existentielle pour l’Onu ». Faut-il craindre le pire ?

    Daniel Durand : Nous sommes dans une période difficile, inquiétante à de nombreux égards où le risque de guerre mondiale est réel. Mais il faut garder son sang-froid. Il y a déjà eu, ces quatre-vingts dernières années, des périodes extrêmes : les années 1960, avec les missiles russes à Cuba, les années 1980, avec les euromissiles et les risques d’affrontements en Europe, pour ne citer qu’eux. Il y a 80 ans on crée les Nations Unies, on établit une charte qui est censée régir les rapports des nations. Dès le départ, il y a deux conceptions qui vont s’affronter. Il y a l’espoir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’idée qu’on peut essayer de construire une humanité débarrassée de la violence, qui se traduit dans le texte fondateur par ce magnifique préambule « Nous, peuple des Nations Unies ». Et puis, il y a une autre conception qui traverse la charte de manière souterraine, c’est l’accord entre les deux vainqueurs de la guerre, l’Union Soviétique et les États-Unis, qui, pour régler leurs relations, privilégient le plan des rapports de force, et donc négocient entre eux le règlement au Conseil de Sécurité. Ce qu’on appelle le droit veto et la création de membres permanents. D’un côté, on a « nous, les peuples », et de l’autre, on a « nous, les États ». Cette opposition traverse l’histoire des 80 ans qui viennent de s’écouler.

    Dans votre livre vous saluez la place que tient désormais le droit international grâce à l’Onu. Comment cela a été rendu possible ?

    D.D. : Dans les dernières années, il y a eu des évolutions profondes notamment concernant le droit international qui est devenu une question politique de premier plan. En 2024, à deux reprises, la Cour internationale de justice (CIJ) s’est prononcée sur le risque de génocide à Gaza et sur la légalité ou non de l’occupation israélienne. Ça n’avait jamais été tranché de manière claire depuis 1967. La CIJ a statué que « non », il n’y a pas de doute, l’occupation israélienne des territoires occupés est illégale et Israël doit s’en retirer. Ces décisions ou ces avis sont rejetés, contestés par les États-Unis, par Israël, mais elles posent un problème politique et c’est un appui pour tous ceux qui veulent construire un monde où il y ait des véritables normes. Donc, on est vraiment dans un débat.

    C’est par ailleurs la pression des ONG qui a permis la création de la Cour pénale internationale (CPI). Celle-ci peut lancer des mandats d’arrêt contre quelqu’un comme Vladimir Poutine, le dirigeant d’une puissance membre permanent du conseil de sécurité.

    Depuis trois ans [et l’invasion russe en Ukraine, Ndlr], Poutine ne peut plus se déplacer comme il le veut. Cela concerne aussi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu qui a été contraint de modifier son itinéraire de vol en se rendant à Washington pour ne pas survoler des pays comme l’Espagne ou autres, où il risquait d’être arrêté.

    Vous appelez à une réduction drastique des dépenses d’armement dans le monde. C’est bien le contraire qui se déroule actuellement…

    D.D. : Il faut être extrêmement inquiet et mobilisé sur ce qui est en train de se passer, notamment sur l’augmentation considérable des dépenses d’armement. On va sans doute approcher à la fin de cette année des 3 000 milliards de dollars de dépenses d’armement. À la fin de la Guerre froide, en 1989, on était à 900 milliards de dollars. On sait que des armes, un jour ou l’autre, sont faites pour servir. On assiste à deux phénomènes inquiétants : l’accumulation d’armes dans de nouvelles parties du globe, par exemple au Moyen-Orient, dans les pays du pétrole et en Europe avec la volonté des différents pays européens maintenant de dépasser les 3% du PIB et d’aller à 5%.

    La semaine dernière, le secrétaire général de l’Otan, a lui-même dit que l’augmentation des dépenses militaires se fait aux dépens des dépenses de développement, des dépenses sociales, etc. C’est le danger principal et immédiat auquel il faut faire face. Il ne faut pas lâcher sur le renforcement et l’élargissement des traités.

    Comment rester optimiste ?

    D.D. : Il faut avoir un regard intériorisé par rapport à ce que représentent les Nations Unies. Les problèmes qui sont en face de nous que ce soit le climat, l’eau, les migrations, sont globaux et on ne les réglera que si on les ressent comme des problèmes touchant l’ensemble de notre communauté.

  • L’ONU, une maison commune menacée

    L’ONU, une maison commune menacée

    « Nous, peuples des nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Il y a quatre-vingts ans jour pour jour, la charte des Nations Unies était ratifiée par la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’URSS, les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale aux côtés de 46 autres états. L’idée étant d’empêcher un nouveau conflit mondial dévastateur. Cette volonté d’une communauté internationale avait déjà émergé au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec Société des nations (SDN) créée en 1919 et qui se solde par un échec après 25 ans d’engagement.

    L’Organisation des Nations Unies (ONU) est donc fondée sur quatre missions : maintenir la paix et la sécurité internationale, favoriser la coopération internationale, lutter contre la pauvreté et assurer le respect des droits de l’homme. Deux ans après la ratification de la charte, le drapeau est adopté, fond bleu et rameau d’olivier, symboles de la paix.

    Quatre-vingts ans plus tard, l’institution est critiquée, les attaques fusent. Dans son texte fondateur, il est notifié dès l’article 2 que « l’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres ». Si ce principe s’applique pour l’Assemblée générale et ses 193 États membres, ce n’est pas le cas du Conseil de sécurité, organe exécutif de l’Onu, dont seuls les cinq membres permanents ont un droit de veto. Cette hiérarchie, issue de la guerre, pose question au fil des ans et des conflits qui éclatent. Ces lignes ne suffiront pas à tous les lister… Le génocide à Gaza en est un exemple criant. Les États-Unis, allié indéfectible d’Israël, ont, en deux ans seulement, opposé à six reprises leur veto sur des projets de résolutions exigeant la fin immédiate et permanente de la guerre sur le territoire palestinien. « La 10 000e réunion du Conseil de sécurité se solde par un veto, symbole de sa paralysie », se désolait le 18 septembre dernier le site d’information onusien. L’organisation reste, à ce jour, la seule garante du multilatéralisme. Et fait face à l’une de ses plus grandes menaces à ce jour en la personne de Donald Trump.

    C’est au siège new-yorkais de l’institution, à la tribune de la grande salle recouverte de marbre vert qu’ont été prononcés les discours parmi les plus marquants de notre histoire récente. De Harry Truman à Yasser Arafat, Thomas Sankara, Fidel Castro en passant par Nelson Mandela, Mouammar Kadhafi, Vladimir Poutine. Ces murs ont été le théâtre de la diplomatie mondiale. Pour le meilleur et parfois, le pire. « L’ONU ne règle pas les problèmes (…), elle en crée de nouveaux que nous devons résoudre », c’est ce qu’a avancé l’actuel président américain le 25 septembre dernier. Depuis le retour du milliardaire républicain au pouvoir en janvier, les États-Unis, premier contributeur de l’ONU, ont suspendu leur financement. C’est 1,5 milliard de dollars de cotisés qui n’avaient pas été payés au 30 septembre, dont 300 millions de dettes cumulées au fil des années selon un rapport de l’ONG Service international pour les droits de l’Homme (ISHR), publié ce mardi.

    À cela s’ajoutent les manœuvres de la Chine et de la Russie pour couper les financements de certains organismes qui déplaisent à ces deux puissances. « À l’heure où l’ONU est en pleine réforme et où la crise financière la frappe durement, ces efforts (…) constituent une menace existentielle pour le système des droits humains », note l’ONG suisse.

    Une catastrophe pour l’ONU qui prévoit d’ores et déjà une réduction de 15% de son budget ordinaire pour 2026, qui va nécessairement impacter les 38 000 personnes travaillant pour le Secrétariat et les 112 000 agents sur le terrain. Et des millions de personnes dans le monde.

    CHRONOLOGIE

    24 octobre 1945 : Ratification de la charte

    La charte de l’Organisation des Nations Unies est ratifiée et acte sa création officielle. Les cinq membres permanents, vainqueurs de la Seconde guerre mondiale sont signataires aux côtés de 46 autres États.

    10 décembre 1948 : Déclaration universelle des droits de l’Homme

    Les 58 États qui siègent alors au sein de l’Assemblée générale adoptent la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

    22 novembre 1967 : La résolution 242

    Après la guerre des Six Jours le Conseil de Sécurité adopte la résolution 242 censée servir de base à la paix au Moyen Orient. Le texte demande, déjà, le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés».

    13 novembre 1974 : Arafat, le rameau d’olivier et le fusil

    Le leader de l’Organisation de libération de la Palestine, Yasser Arafat, s’exprime pour la première fois devant l’Assemblée générale, dans ce qui était alors considéré comme un tournant.

    4 octobre 1984 : Sankara à la tribune

    Dans la célèbre salle de marbre vert, le président burkinabé lance un vibrant discours contre les grandes puissances impérialistes qui restera dans l’histoire.

    31 janvier 1992 : Première réunion du conseil de sécurité

    Le Conseil de sécurité tient la première réunion de son histoire au niveau des chefs d’État ou de gouvernement dans son siège new-yorkais. Ce rendez-vous posera les bases d’un rapport du Secrétaire général intitulé « Agenda pour la paix ».

    5 février 2003 : Colin Powell et la fiole

    Pour justifier d’une intervention militaire en Irak, le secrétaire d’État américain Colin Powell présente de fausses preuves d’armes de destruction massives retrouvées sur le sol irakien. Le discours du Français Dominique de Villepin restera aussi un moment fort de l’opposition à cette guerre basée sur ce mensonge.

    12 décembre 2015 : Accord de Paris

    Lors de la COP21 de Paris, 195 partis signent un accord et universel sur le climat.

    30 janvier 2020 : Épidémie mondiale

    Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé déclare l’épidémie de Covid-19 urgence de santé publique de portée internationale.

  • 80 bougies dans la tempête

    80 bougies dans la tempête

    Les Nations Unies. Le terme, cher au président américain Franklin Delano Roosevelt (30 janvier 1882-12 avril 1945) a donné son nom à l’unique organisation mondiale réunissant l’ensemble des pays de la planète. C’est le lieu de la discussion, de la confrontation, de traités et de chartes donnant à la communauté humaine un socle commun d’actions et de valeurs. Cette visée idéaliste n’est pas une utopie. L’ONU et tous les organismes qui s’y rattachent, sont une lueur d’espoir pour les peuples. Ceux qui fustigent son existence, ses prises de position, sont les autocrates, les partisans de la guerre, de la force.

    Droit international

    C’est grâce à l’ONU que le droit international surnage dans un océan de conflits et parmi les prédateurs. Un droit international qui est piétiné non parce qu’il est faible mais parce qu’il n’est pas respecté faute de courage politique.

    Faire primer le droit international c’est ne pas reculer et sanctionner ceux qui se rendent coupables de guerres et d’agressions territoriales à l’instar de la Russie de Poutine et du gouvernement de Netanyahu en Israël.

    La menace pèse sur l’ONU comme elle pèse sur les démocraties, les peuples. Le danger le plus terrible est celui de la guerre. Née sur l’idée du « plus jamais ça », après les millions de morts du second conflit mondial, l’ONU doit faire face à la frénésie militariste. 3 000 milliards de dollars de dépenses d’armement seront atteints d’ici la fin de l’année. Cette folie est justifiée au nom de la défense des uns contre les autres. Une manne pour les complexes militaro-industriels. Dans ce contexte, l’ONU est, en dépit, de ses défauts, plus que jamais indispensable.

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Une éolienne en papier à la main, des écoliers de primaire quittent, le sourire aux lèvres, la place Bargemon. Derrière eux, un village des sciences, organisé par l’association des Petits débrouillards, a pris place tout autour de la mairie centrale de Marseille, depuis vendredi matin. Réservés vendredi aux scolaires, de la primaire au BTS, les stands montés à l’occasion de la fête nationale de la science ouvrent gratuitement leurs portes au public, ce week-end.

    Reconstitution de crânes, éprouvettes, microscopes et camp de base pour aller sur la Lune ont envahi l’hôtel Puget, la place et l’espace Bargemon jusqu’à dimanche. La soixantaine de stands, tenus par des laboratoires, associations ou entreprises innovantes sont réunis par thématiques. « Il y a d’abord un pôle autour du thème de la fête de cette année, qui est “intelligences”. Il y a des neurosciences, l’étude des intelligences animales ou sur l’intelligence artificielle, explique Lucille Rombi, chargée de mission fête de la science de l’association des Petits débrouillards. Il y a ensuite un pôle environnement, astronomie, mathématiques, santé et sciences sociales. »

    Chaque stand propose des activités différentes et ludiques en rapport à son domaine. La classe de CM1 de l’école de la Corderie (7e) a, par exemple, pu sentir et observer des champignons grâce à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). « C’était la première fois que je regardais dans un microscope, sourit l’une des écolières. C’était trop cool. »

    « Le but de cet événement organisé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est de regrouper autour d’événements des acteurs du monde scientifique et le grand public de façon ludique, explique Lucille Rombi, de l’association de médiation scientifique des Petits débrouillards. Les stands sont faits pour tout le monde : les enfants, avec des espaces pour les tout-petits, mais aussi les adultes. C’est vraiment pour tous les curieux », insiste l’organisatrice. En plus des activités proposées sur les stands, des spectacles et des visites sont prévus, avec des inscriptions sur place. L’espace agora permettra également la tenue de conférences et d’une émission radio.

    L’année dernière, le village des sciences avait réuni environ 10 000 personnes sur les deux jours, à Marseille.

    Plus d’info sur fetedelascience.fr

  • La paix maintenant

    La paix maintenant

    La signature par « toutes les parties » d’un accord de cessez-le-feu prévoyant la libération de tous les otages israéliens et de nombreux prisonniers palestiniens est un soulagement pour tous les peuples du Proche-Orient. Cela peut être une première étape vers l’arrêt du conflit.

    La paix n’est pas l’absence de guerre, « c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice », écrivait à juste raison Spinoza. Après tant d’horreurs vécues depuis le 7 octobre, tant de sang versé depuis des décennies, la paix ne pourra se faire que dans la justice, dans le respect du droit international, dans la reconnaissance mutuelle.

    Un État palestinien viable, sur la base des frontières de 1967, aux côtés de l’État d’Israël, est une nécessité. C’est la condition d’une paix juste et durable. Le poids de la France s’ajoute désormais aux 151 pays qui ont déjà reconnu l’État palestinien, à la différence des États-Unis.

    Sociétés civiles

    Il faudra aussi des femmes et des hommes pour faire la paix. Les sociétés civiles palestiniennes et israéliennes ont la ressource pour prendre le dessus sur les extrémistes religieux, les terroristes islamistes, les colons messianiques, à condition que des figures de paix émergent.

    Dans les deux peuples, seule la voie démocratique peut y parvenir. Dans cet esprit, Marwan Barghouti doit être libéré pour une Palestine libre, démocratique et laïque.

    Enfin, la solidarité internationale sera essentielle pour panser les plaies de la guerre et accompagner les efforts de paix dans une région du monde où une seule étincelle peut les réduire à néant.

  • Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une heure de cours en plus par semaine pour apprendre à lire des cartes maritimes, les vents ou découvrir les métiers de la mer. C’est ce à quoi se sont engagés les élèves de troisième de cette première classe baptisée Bimer, au collège Vieux-Port. Créé en 2018 au sein de l’académie de Nice, ce Brevet d’initiation à la mer (Bimer) veut faire découvrir aux collégiens les métiers de la navigation, ainsi que la base scientifique et technique maritime.

    Cette année, c’est au collège Vieux-Port qu’a ouvert la 28e classe Bimer de l’académie Aix-Marseille. Cette classe « est aussi le moyen de montrer que sur notre territoire, à 500 mètres du collège, il y a le Grand Port maritime (GPMM) qui propose un vaste panel de métiers inconnus, explique Patrick Maddalone, directeur des ressources humaines du GPMM. L’idée est aussi de leur montrer toutes les opportunités qu’ils pourraient avoir sur leur projet professionnel et leur vie future. » Ainsi, à la fin de l’année, les collégiens passeront un examen sur les connaissances acquises au cours de l’année autour de la construction des navires, la météo, les réglementations maritimes et enfin les enjeux géopolitiques.

    « Ce type de brevet vous différenciera par rapport aux autres élèves », insiste le recteur de l’académie Aix-Marseille, Benoit Delaunay, devant une vingtaine d’élèves. Le brevet peut d’ailleurs être repassé plusieurs fois pour avoir des qualifications différentes : débutant, maîtrise, avancé et expert. Des élèves qui ne semblent pourtant pas novices : quand le recteur présente des questions types, ils sont deux ou trois à lever le doigt pour répondre.

    Des activités ludiques

    C’est grâce à une classe ouverte, en avril dernier, que les élèves ont pu découvrir la classe Bimer. Ils ont notamment pu voir le Port center, lancé en septembre 2024 par le port. Un moyen pour le Grand port de faire connaître aux scolaires et au grand public le travail qui est fait chaque jour. « On a pu découvrir la carte du port, un conteneur et les différents postes qui existent », explique Sarah, élève dans la classe. C’est lors de cette visite, que le Port Center a pu fêter sa 10 000e visiteuse, Mélissa, maintenant inscrite pour passer son Brevet d’initiation à la mer.

    C’est cette journée découverte et la diversité des activités proposées qui ont motivé la plupart des élèves. « Je suis venu pour les sorties bateaux et le voyage à Barcelone », s’amuse Mamadou. Une raison partagée par Sarah et Yannis. Un moyen de faire connaître de façon ludique un univers qu’ils et elles ne connaissent pas encore.

  • Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    « Cela fait depuis mars que l’on travaille pour faire une belle fête pour tous les Marseillais », se félicite Nacer Azzoug, directeur du centre social de la Rouguière. Sur le Vieux-Port, à côté de l’hôtel de ville, les centres sociaux vont investir l’espace pour proposer des animations et présenter à tous les Marseillais leur travail. De 11h30 à 20h30, des repas, spectacles, ateliers et DJ sets seront organisés sur la place Bargemon. Un emplacement stratégique pour Nacer Azzoug : « de la Solidarité à Bonneveine, on se retrouve au milieu et tout le monde se rencontre ».

    Lancé pour la première fois il y a trois ans à l’initiative de la ville de Marseille, cet événement est financé par la Municipalité, mais entièrement organisé par les centres sociaux. Après la ligue de l’enseignement et l’Ifac, c’est l’association Synergie family qui prend cette année en charge l’organisation en travail étroit avec les autres fédérations.

    « L’objectif de cet événement, c’est quand même de valoriser le travail qui est fait, qui est dans l’ombre, explique Joseph Richard-Cocher, délégué départemental de l’Union des centres sociaux. Parce que les centres sociaux ont toujours été au cœur des territoires et sont essentiels dans l’animation des quartiers. » Des villages santé, sport, culture ou encore petite enfance seront présents pour montrer les différentes facettes de ce travail.

    Diversité des activités

    Pour le délégué de l’Union des centres sociaux, la force de ces structures est leur diversité. « Tout le monde connaît les centres sociaux de son quartier, mais ils ne savent pas nécessairement tout ce qu’ils font de la garde d’enfant à l’informatique, en passant par la citoyenneté », insiste-t-il.

    Une soixantaine de centres sociaux seront présents. Un repas partagé « autour du monde » est prévu par les farandoleurs, avec des spécialités thaïlandaises, comoriennes, guyanaises et françaises. Chaque centre a pu inscrire 20 personnes pour participer gratuitement à ce repas « On aurait aimé faire plus mais en termes de logistique ça aurait été compliqué », sourit Nacer Azzoug. Pendant le repas un DJ set est prévu par The Only One Geemoney, ancien animateur en centres sociaux. À 15h30, ce sont d’autres talents issus de ces structures qui seront mis en avant grâce à une scène ouverte. Théâtre, humour, musique, de nombreux numéros d’environ huit minutes chacun vont s’enchaîner, créés par des jeunes qui fréquentent ces maisons pour tous.

    Casser les préjugés

    Pour l’adjoint (RDG) au maire chargé des Centres sociaux, Ahmed Heddadi, cet événement est aussi l’occasion de casser les préjugés qui entourent ces lieux. « Beaucoup pensent qu’ils sont réservés aux personnes précaires ou marginales. Mais ces maisons de quartiers sont pour tous les Marseillais », insiste-t-il. Il rappelle que bien qu’il y en ait plus « dans les quartiers prioritaires de la ville car ce sont des endroits où les populations sont précaires, il y en a dans tous les quartiers de la ville. Ils sont là pour tout le monde ».

    Pour le directeur de Synergie family, Frank Tortel, « c’est une belle journée qui s’annonce festive et conviviale. » Un événement qui prend chaque année un peu plus d’ampleur. Les organisateurs attendent ce samedi entre 3000 et 4000 participants sur le Vieux-Port.

    Plus d’informations sur l’Instagram @fetedesc.s.marseille