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  • [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    La Marseillaise : Vous êtes un militant associatif très engagé. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

    Julien Guimard : Oui, d’autant que les réalisations d’aujourd’hui sont l’aboutissement de 20 ans de travail sur le terrain, que ce soit avec la foire bio que j’ai lancée en 2003, mais aussi par rapport à tout ce que j’ai mis en place pour créer du lien sur le territoire. Notamment avec l’association la Vallée du Gapeau en transition, qui a fait plein d’étincelles. Toujours dans cette idée de donner des moyens d’agir concrets aux acteurs d’un territoire. C’est comme ça qu’on a créé, entre autres, le magasin biocoopératif et la monnaie locale : la Fève.

    Et aujourd’hui, vous publiez
    «
     À l’aube de nos territoires »*, votre nouveau livre…

    J.G. : C’est un livre de portraits conçu à quatre mains avec des amis tout autant engagés, qui souhaitent, eux aussi, à leur échelle, répondre aux enjeux de notre époque. Je me suis occupé de l’écriture des textes, qui sont accompagnés des photographies de Virgil Prudhomme et des aquarelles de Canelle Mingo. L’ensemble a été construit, mis en page et articulé par Aurélien Prudhomme, designer graphique. J’ajoute qu’il a été imprimé dans la région. Il est le reflet de toutes ces années de militantisme pour montrer toutes les richesses du territoire, mettre en lien les consommateurs et les producteurs. C’est un petit peu l’actualité du moment.

    Que raconte ce livre ?

    J.G. : Nos rencontres avec des producteurs de la région, du département. Et parmi ces personnes, il y en a que je connais depuis 2 ans, 6 ans, 10 ans… Ce qui m’a permis de prendre le temps de vraiment avoir des discussions profondes avec eux.

    J’avais vraiment envie de raconter leur histoire et de montrer qu’ils ont un savoir-faire extraordinaire. On a l’une des meilleures permacultrices de France, un apiculteur formateur qui a une connaissance incroyable de l’abeille. Ou encore, par exemple, des gemmothérapeutes qui font du soin avec les bourgeons. Je voulais vraiment mettre en lumière tous ces gens-là. Sans cacher, bien sûr, leurs difficultés, mais on a souhaité surtout montrer de belles choses. Et je pense qu’à l’époque qu’on traverse, c’est important de montrer aussi de belles choses sur le territoire, de créer du lien et des rencontres plutôt que d’attiser les peurs. C’était ça, l’idée première.

    L’échelle locale trouve sa véritable valeur correctrice lorsque nous remettons en cause nos systèmes de production ravageurs et nos habitudes de consommation à outrance. Au-delà du simple « faire et consommer local », la dimension nourricière implique de réfléchir ensemble aux manières de produire et de se nourrir autrement, en respectant le vivant et les communs sur un territoire donné. Appuyés par des dynamiques citoyennes, de nombreuses villes et territoires prennent ainsi conscience des enjeux du système alimentaire, pour la prospérité des sociétés à venir, et tentent d’y répondre, affichant ainsi une volonté commune forte. L’objectif étant de mutualiser nos connaissances, agir d’une même voix, ici ou ailleurs, riches de nos origines, cultures ou situations socio-économiques variées. Vitaliser le territoire et réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain… Un programme vaste et motivant !

    J’imagine que ces alternatives seront au cœur de la prochaine foire bio de Signes…

    J.G. : Bien sûr, d’autant que, pour cette nouvelle édition qui va se dérouler les 23 et 24 mai, nous aurons comme invité d’honneur l’écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste Cyril Dion. Il donnera deux conférences ayant pour thème « D’un monde à l’autre : le péril écologique nous confronte aux limites de notre planète ». La première sur place le samedi à 11h et le soir au jardin remarquable de Baudouvin, à La Valette.

    L’occasion, là encore, de montrer que nous sommes au bout d’un modèle et qu’il reste une nouvelle société à inventer en remettant l’économie à sa juste place. En attendant, pendant deux jours 100 à 120 exposants seront présents, avec des producteurs bio, des artisans-créateurs et beaucoup d’associations. L’idée est de créer une bulle qui montre un petit peu tout ce qu’il y a sur le territoire en matière de savoir-faire et de créativité, tout en offrant des moyens d’agir à celles et ceux qui souhaitent s’engager.

    *Précommandes sur : ulule.com/alaubedenosterritoires

  • Menaces sur les ressources stratégiques

    Menaces sur les ressources stratégiques

    Les décimales des stations-service qui montent chaque jour depuis l’attaque israélo-états-unienne contre l’Iran, il y a un mois, sont ancrées dans le quotidien. Mais, derrière le spectaculaire de la flambée des carburants qui agite le spectre d’un nouveau choc pétrolier, l’accès à de nombreuses ressources cruciales se retrouve pris dans les conséquences du conflit, entre le bombardement des infrastructures et les menaces sur le passage stratégique du détroit d’Ormuz.

    C’est le cas pour le gaz naturel liquéfié, certes marginal dans l’approvisionnement global en gaz, mais dont 20% proviennent du Qatar, qui a vu sa principale usine de Ras Laffen à l’arrêt après une attaque de drones. De quoi faire flamber les factures dans certains pays d’Asie et d’Europe, pourtant avec une demande en baisse à la sortie de l’hiver. Une situation qui risque de faire grimper les prix de l’électricité indexés sur les coûts du gaz.

    Mais derrière cet arrêt, c’est la production d’hélium, sous-produit du gaz naturel liquéfié, qui est aussi stoppée. Avec un retour à la normale qui n’est pas attendu avant six à huit semaines, confirmait le ministre qatarien de l’Énergie. Le gaz noble est crucial dans les industries de pointe, dans la santé et surtout dans la production des semi-conducteurs. Et si des réserves sont stockées en Allemagne, elles ne peuvent être conservées plus de 40 jours et l’Europe dépend à 40% du Qatar, l’un des quatre principaux fournisseurs avec les États-Unis, l’Algérie et la Russie. Le 25 mars dernier, le groupe français s’alarmait d’une pénurie à court terme.

    Autre ressource cruciale produite dans le golfe, un tiers des engrais transitent par le détroit d’Ormuz, dont la moitié du soufre, un tiers de l’urée, un quart de l’ammoniac… En moins de deux semaines, l’urée a ainsi flambé de plus de 13%, menaçant les productions agricoles, notamment dans les pays de l’Est africain. Et s’ajoutent encore des augmentations des cours sur l’aluminium et les plastiques produits aussi dans la région. Un cocktail explosif pour l’économie mondiale.

  • [Tribune] Un Juif avec Benoît Payan

    [Tribune] Un Juif avec Benoît Payan

    Marseille n’est pas une ville comme une autre. Son histoire, depuis plus de 2600 ans, est basée sur l’immigration et la vie en société de femmes et d’hommes venant d’abord du bassin méditerranéen puis de contrées plus lointaines.

    Le vivre ensemble est un fait qui définit Marseille. Cette ville fait du bruit, crie, s’engueule, mais a une unité qui en fait sa spécificité mais aussi son attractivité. Et elle a l’OM qui fédère toutes et tous, marseillaises et marseillais d’ici et d’ailleurs. Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième « communauté » Juive de France. Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif.

    De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’état d’Israël après le 7 octobre.

    Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite.

    Ces personnes du siècle passé ont sur les mains au moins symboliquement par leurs actions, en ces temps sombres, le sang d’un nombre incalculable de juifs déportés pendant la deuxième guerre mondiale. Le RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille.

    Le repentir ou retour en hébreu se dit Techouva : la Techouva ne peut être réalisée que si 6 actions sont faites : Reconnaître ses fautes, Regretter ses fautes, Abandonner ses fautes, Se confesser verbalement, Promettre de ne pas recommencer, Réparer. Ce ne sont pas des larmes de crocodile coulées à Jérusalem qui suffiront à faire ce repentir.

    En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite.

    L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France.

  • [Entretien] Pierre Villard : « C’est le reflet d’un monde anxiogène »

    [Entretien] Pierre Villard : « C’est le reflet d’un monde anxiogène »

    La Marseillaise : Quels sont pour vous les principaux enseignements de cette enquête d’opinion ?

    Pierre Villard : Elle révèle des aspirations assez contradictoires des Français. Ce qui ressort fortement, c’est l’inquiétude vis-à-vis de l’armée nucléaire dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. La France dit toujours qu’il ne faut pas s’en inquiéter qu’on ne va pas s’en servir mais près de 80% des Français se disent inquiets de cette utilisation et ils la jugent probable à deux tiers.

    Pour autant une majorité de sondés soutiennent la modernisation des armes atomiques françaises.

    P.V. : Oui c’est l’aspect contradictoire dont je parlais. Cela nous inquiète et nous interroge. C’est un résultat à corréler avec un monde anxiogène et instable. En même temps, il n’y a pas plus de personnes opposées à la réduction des dépenses militaires aujourd’hui qu’il y a huit ans.

    L’enquête montre aussi un attachement fort au cadre multilatéral offert par les Nations unies. Comment l’analysez-vous ?

    P.V. : C’est positif, c’est même en progression. Dans ce contexte mondial fait d’inquiétudes, le soutien au multilatéralisme et l’attente d’une France qui prenne sa place dans le concert mondial pour la paix sont forts. Par ailleurs, deux tiers des Français – même si c’est en baisse par rapport aux études précédentes – sont favorables à une participation de la France au traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Pour les pacifistes c’est un point d’appui parce qu’on a un immense travail d’éducation populaire à faire sur ce traité.

    Avez-vous été surpris par les chiffres déclinés selon les tendances politiques ?

    P.V. : Oui, par exemple, l’électorat macroniste est très en faveur du cadre multilatéral des Nations unies alors même que le président de la République n’est pas franchement, dans sa pratique, sur cette orientation. On peut même s’inquiéter que sur certains items, l’électorat de gauche soit le plus frileux. C’est une invitation au mouvement pacifiste à s’adresser à l’intégralité de la population française. La France n’est pas signataire du traité sur l’interdiction des armes nucléaires mais nous souhaitons faire grandir l’idée qu’elle puisse être observatrice.

    N’est-ce pas naïf dans un contexte où de nombreux acteurs estiment que les menaces grandissantes doivent conduire à un « réarmement » de notre pays ?

    P.V. : C’est une hérésie de penser que des armes amènent à la paix. « Si tu veux la paix prépare la guerre », ça n’a jamais fonctionné. À force de préparer les guerres, on finit par les faire. C’est le développement de la culture de paix qui éloignera les guerres. Les Hommes sont voués à construire demain avec leurs ennemis d’aujourd’hui. Ils font se mettre autour de la table et faire taire les armes.

    Pierre Villard est l’auteur de
    «
     Pour en finir avec l’arme nucléaire ». Éditions La Dispute.

  • À Davos, Trump rage contre l’Europe

    À Davos, Trump rage contre l’Europe

    « J’aime l’Europe, et je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses. Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d’acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des « négociations immédiates » sur le sujet. « Les gens pensaient que j’utiliserai la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il poursuivi.

    « Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nation n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des États-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’« ingratitude ». « Les États-Unis sont le moteur économique de la planète », a-t-il aussi vanté, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. « Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il lancé.

    « Un morceau de glace pour protéger le monde »

    L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Jeudi, il fera la promotion de son « Conseil de la paix », considéré par beaucoup comme un rival de l’ONU. Donald Trump a déjà dit ne pas s’attendre à beaucoup de résistance des Européens et d’autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses. « Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire “oui”, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire “non”, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.

    « Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland », a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer. Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les États-Unis de représailles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ».

    Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines « inacceptables » de « subordonner l’Europe ». « Nous préférons le respect aux brutes », a-t-il déclaré. Des propos qui n’ont visiblement pas plu au milliardaire américain, qui, comme à son habitude, joue la carte de l’humiliation. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil (…) jouer le dur à cuire », s’est moqué le président américain.

  • « Une très forte tension entre aspiration à la paix et populisme »

    « Une très forte tension entre aspiration à la paix et populisme »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur ce conseil de paix créée de toutes pièces par Donald Trump ?

    Bertrand Badie : C’est assez sidérant. Penser qu’un conseil de paix puisse être présidé de manière très autoritaire et unilatérale par le président d’une des puissances qui sont les plus impliquées dans la guerre, ce serait comme si on demandait à Al Capone de présider un conseil de lutte contre la mafia ! C’est un défi d’abord au multilatéralisme, dans le prolongement immédiat de propos extrêmement hostiles tenus à l’encontre des Nations Unies qui sont pourtant en grande partie une invention étasunienne. On entre dans un temps de subjectivation des normes internationales qui ne transcenderaient plus les logiques de puissance, mais seraient dans leur prolongement, ce qui est la négation même du droit. C’est ignorer ce qu’est la nature présente des nouveaux conflits internationaux qui ne sont pas liés à leur origine mais à un phénomène très préoccupant de décomposition sociale, économique, institutionnelle, donc qui implique, au contraire, une mobilisation des instruments de sécurité humaine. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que les premiers à se précipiter ont été Victor Orban, le roi du Maroc, le ministre des Affaires étrangères de Biélorussie et maintenant Netanyahu.

    Groenland, Venezuela, Iran : les appétits de Trump sont qualifiés d’impérialistes ou de néocolonialistes mais vous jugez ces termes inadaptés. Pourquoi ?

    B.B. : Je me méfie toujours du recyclage des vieux mots qui avaient été forgés pour décrire des situations historiques tout à fait différentes. Il était un temps où l’interventionnisme américain se comprenait dans le contexte de la rivalité Est/Ouest. C’était l’époque de la bipolarité et de la guerre froide. On intervenait au Vietnam pour contenir indirectement la menace venant du camp soviétique. Puis, lorsque le mur est tombé, on intervenait en Irak pour changer le régime, le convertir aux vertus de la démocratie et du libéralisme : ces fameuses guerres de conversion. Aujourd’hui, la puissance est autofinalisée. On intervient non pas dans un but précis, comme le prescrivait en son temps Clausewitz, mais tout simplement pour montrer sa puissance. Chacun sait que ni l’intervention indirecte à Gaza, directe au Venezuela, potentielle au Groenland, ne correspondent à des visions stratégiques ou de démocratisation des systèmes politiques concernés. On découvre une forme nouvelle de puissance, qui est nue, complètement coupée du droit et des valeurs. Elle n’a pour fonction que de faire écho à une crise de la société américaine qui se sent régresser, dépossédée, victime de la mondialisation et d’en faire un instrument de gouvernement en soi, indépendamment d’autres préoccupations. C’est devenu la puissance pour la puissance.

    Vous soulignez dans votre livre* que ces puissances ne gagnent plus les guerres qu’elles mènent.

    B.B. : Absolument. Les États-Unis ont été vaincus dans toutes les guerres qu’ils ont menées depuis 1945, sauf celles menées en 1991 sous mandat des Nations Unies. Ils ont été battus au Vietnam, Afghanistan, en Irak, en Somalie. Trump lui-même en tire les conséquences en s’agitant sur la scène internationale, en menaçant, en faisant de la musculation diplomatico-militaire, mais en évitant d’envoyer, comme on dit en anglais, « boots on the ground », c’est-à-dire des hommes sur le terrain.

    Emmanuel Macron qui affirme « pour être libre, il faut être craint ». Que vous inspire cette rhétorique ?

    B.B. : Ce n’est plus actuel, ni pertinent. Aujourd’hui, on a montré que la puissance n’impressionnait plus. Et de façon d’autant plus remarquable, que le plus souvent c’est le faible qui gagne sur le fort. Ce qui importe, ce n’est pas d’être craint, c’est d’être crédible. Dans notre monde tel qu’il est, toutes les forces et toutes les puissances brutes ne sont plus nécessairement craintes. En revanche, une force crédible, l’est à deux égards. Car, d’une part, il faut savoir convaincre que l’on a une proposition raisonnable de paix qui puisse susciter la confiance de l’adversaire, et ça, c’est ce qui manque à la diplomatie européenne. D’autre part, il faut montrer que l’on a une capacité d’action qui soit adaptée aux données et aux paramètres nouveaux des conflits, ce qui est loin d’être le cas.

    Face à cela, quel est le rôle de cette « mystérieuse énergie sociale » ?

    B.B. : Pendant des siècles, les sociétés étaient tenues en dehors des relations internationales qui étaient, comme disait Raymond Aron, l’affaire du diplomate et du soldat. Or aujourd’hui, et depuis que la mondialisation est en marche, que la communication sociale s’est généralisée, on assiste progressivement à une appropriation sociale des relations internationales. De plus en plus, les forces sociales entrent sur la scène internationale et pèsent un poids remarquable sur celle-ci. La résilience sociale du peuple ukrainien a été l’un des facteurs majeurs d’échec de l’armée russe qui n’a pas réussi à conquérir Kiev au bout de quatre ans. Pour Gaza, l’opinion publique internationale s’est très fortement mobilisée, notamment sur les campus, la thématique palestinienne s’est insérée dans les revendications sociales des personnes, obligeant les gouvernements d’Europe occidentale à reconnaître l’État de Palestine, les États-Unis et même Israël, à mettre fin à une boucherie qui avait atteint pourtant déjà les 100 000 morts. C’est l’avenir des relations internationales : cette capacité de créer de l’empathie, de voir s’unir, se confondre les souffrances internationales.

    Les réseaux sociaux favorisent cela ?

    B.B. : C’est l’explication de cette insertion fulgurante de la nouvelle génération, la Gen Z, dans les affaires politiques mondiales. D’abord au Sri Lanka, au Bangladesh, au Népal, puis ensuite à Madagascar et au Maroc, tout ça renvoie à une nouvelle génération qui ne ressemble pas aux précédentes, qui est surconnectée. Vous avez dans le monde 3 milliards d’individus qui sont connectés, y compris jusque dans les bidonvilles africains. Il y a une visibilité du monde qui suscite l’empathie, l’intérêt pour des causes extérieures et quelquefois lointaines, qu’autrefois, les individus n’auraient même pas connu.

    Le sondage Ifop (lire p.2) publié ce jour témoigne des tensions qui traversent notre société…

    B.B. : Vous avez dans la société une très forte tension entre une aspiration à la paix qui est puissante, transhistorique, que vous retrouviez même à l’époque de la guerre froide et, simultanément, une vague néopopuliste qui se construit autour d’une peur de la mondialisation, d’un sentiment croissant de rétraction nationale et identitaire. Elle s’exprime notamment par une hostilité à l’égard de la migration, du commerce mondial, une volonté protectionniste, souverainiste, de repli national. Cela conduit, paradoxalement, à rendre très impopulaire un personnage comme Donald Trump, mais à le rendre également fascinant, avec le désir secret de faire la même chose chez soi. C’est tout le danger du national-populisme aujourd’hui que de créer en même temps un appétit de paix et une demande sociale de puissance pour se rassurer face aux incertitudes imaginées de la mondialisation.

    *Aux éditions Odile Jacob

  • Pour 2026, le Mouvement de la paix mise sur la solidarité

    Pour 2026, le Mouvement de la paix mise sur la solidarité

    « Cette année 2026 exigera de nous des efforts considérables pour préserver le monde du terrible fléau de la guerre. » Ce lundi soir au sein de la Maison des associations à Marseille, Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix 13, entend envoyer un message aux militants et partenaires de l’organisation à l’occasion des vœux pour la nouvelle année. « Notre seul bouclier est fait de l’alliage du droit et de la solidarité. Mais ce bouclier est aujourd’hui ébréché », tonne-t-il. Avant de faire référence au « génocide perpétré par Israël et soutenu par ses alliés en Palestine, l’agression contre le Venezuela » ou encore « la guerre en Ukraine ». Il dépeint l’année 2025 comme un temps de « deux poids deux mesures à l’application du droit international ». Et s’inquiète « des ouragans de rage qui détruisent 80 années d’efforts pour bâtir les défenses de la paix ». Un terrible mais factuel constat qui pousse les militants du Mouvement à l’action pour 2026. « Elle doit être l’année d’un sursaut pacifiste, qui débutera ici à Marseille », martèle-t-il. Un sursaut qui s’appuie sur le triptyque « désarmement, progrès du droit international et promotion de culture de paix ». De quoi faire face aux « idéologies d’extrême droite qui prospèrent, le racisme et la xénophobie qui progressent » en France.

    Et le travail de l’organisation est déjà lancé : une conférence sur « Quelle démocratie pour construire ensemble une société de paix » se déroulait ce lundi avant ses vœux. Animée par Jérôme Devillard, auteur de Repenser la démocratie, une réflexion commune pour un modèle commun, les militants questionnaient déjà « la notion de démocratie dans le cadre d’une culture de paix ». Le tout, en présence de plusieurs partenaires de l’organisation à l’instar de Naky Sy Savane, directrice du groupe d’action contre les mutilations féminines et les mariages forcés ou encore Charles Hoareau pour l’ANC.

    Une année chargée

    en initiatives

    Et le Mouvement entend passer à la vitesse supérieure avec une série d’initiatives. Dès avril, Michel Dolot évoque « une grande mobilisation marseillaise pour la paix » avec d’autres organisations. Cela sera suivi dans la foulée par « En mai, les arts en paix », la quatrième édition du festival « d’éducation populaire et de solidarité créative ».

    Côté interne, le congrès national se tiendra dans le département voisin du Var, en octobre. Et ce quelques mois après le congrès départemental dans une optique de « renouvellement et renforcement des instances et du mouvement ». De quoi bien préparer la Journée internationale de la paix, le 21 septembre. Laquelle aura forcément un écho bien singulier avec ce contexte de tensions mondiales.

  • Les impacts de la base navale sur les populations

    Les impacts de la base navale sur les populations

    Durant la réunion du Comité d’information qui s’est réuni en préfecture le 8 janvier, le sujet de l’application du plan particulier d’intervention nucléaire du port militaire, et la mise à disposition en juin dernier des comprimés d’iode dans les pharmacies des communes concernées, ont été abordés. La FNE remerciant pour cette « étape importante qui a été appréciée ».

    Mais des précisions ont été demandées au niveau de la surveillance radiologique, en précisant que l’autorité de sûreté pour la surveillance des sites civils demande l’installation de stations de mesure à la périphérie des sites suivant les points cardinaux et sous l’influence des vents dominants. L’océanographe Dominique Calmet relevant que les stations de la base navale sont installées au Nord, à l’Est et l’Ouest du site mais qu’aucune pour l’heure n’est installée au Sud, dans l’axe du Mistral, à Saint-Mandrier.

    Les autorités ont expliqué que l’installation d’une balise de surveillance en territoire civil relève de l’Autorité de sûreté nucléaire mais que le sujet reste à l’étude.

    Le responsable associatif a rappelé également l’accident survenu sur le chantier de refonte d’un appontement de la zone Milhaud, le 18 août dernier, au cours duquel quatre salariés d’une entreprise sous-traitante de la Défense présents sur une barge ont été blessés. Parmi les causes envisagées, l’explosion d’un obus datant de la Seconde Guerre mondiale dans les sédiments.

    Risques neutralisés ?

    « Si cette hypothèse est confirmée, un risque d’explosion d’anciennes munitions existe donc pour les navires à propulsion nucléaire à quai ou manœuvrant à proximité des quais », s’inquiète l’APE.

    Ce que l’on sait c’est qu’une enquête technique est en cours et qu’« il n’y aura pas de reprise des travaux dans cette zone avant d’en connaître les conclusions ». Mais qu’« il n’y a eu aucun impact sur les activités nucléaires du port ».

    L’autre sujet important évoqué par Dominique Calmet concerne les épaves toujours présentes le long du littoral du site de stockage des hydrocarbures du Lazaret. Une mise en œuvre, comme cela a été fait sur la partie civile, très attendue a précisé Dominique Calmet en pointant que la zone de ces échouages se trouve à proximité des tables de mytilicultures et piscicoles ce qui présente une menace de pollutions chimiques.

    Là encore la réponse a été rassurante avec une action qui devrait être réalisée rapidement.

  • Un esprit d’équipe qui permet de relever tous les défis à Toulon

    Un esprit d’équipe qui permet de relever tous les défis à Toulon

    À quelques jours seulement de l’annonce de sa décision concernant sa plus que probable candidature, à laquelle à La Marseillaise nous n’avons jamais douté, tout le monde essaie de décrypter le moindre signe ou de lire entre les lignes. Mais bien sûr rien ne transparaît dans les propos de la maire sortante sans étiquette Josée Massi ce mardi matin en salle des fêtes. À moins que…

    « Soyons honnêtes, l’année 2025 n’a pas été simple. Elle a comporté son lot de difficultés et d’incertitude », commence-t-elle, en expliquant qu’elle ne souhaite pas s’appesantir dessus. Et pourtant il y aurait eu matière. Et d’expliquer : « Ce que j’en retiens, c’est que notre ville, une fois encore, a su faire face. »

    Une capacité de résilience face aux lourdes péripéties traversées pendant ce mandat qu’il est en effet bon de souligner. La première étant la déflagration qu’a provoqué la condamnation de son prédécesseur Hubert Falco. Le contexte économique, la cure d’austérité imposée par l’État aux collectivités et l’instabilité politique au niveau national faisant le reste. Sans compter l’adversité locale. Mais de tout cela Josée Massi maire de Toulon ne dira mot. Elle préfère voir plutôt « la solidité de l’administration mise en lumière par les défis relevés, avec professionnalisme ».

    « Toulon ne pourrait rien sans vous »

    La première magistrate a donc salué « l’esprit de responsabilité dont chacun a su faire part ». Celle aussi « des services, qui ont assuré la continuité des missions, dans des conditions parfois complexes ». Tout comme « les équipes de terrain, Ville et Antennes, qui maintiennent ce lien de proximité absolument indispensable avec la population ».

    Sans compter aussi l’esprit de responsabilité des élus, qui ont travaillé en étroite coordination avec les agents territoriaux pour garantir la cohérence et la stabilité de l’action publique.

    Et de poursuivre : « Dans ces moments, une évidence s’impose : Toulon ne pourrait rien sans vous. Votre engagement, votre expertise, votre sens du devoir et votre attachement au service public constituent la plus grande force de notre collectivité. »

    Une reconnaissance des missions accomplies qui a visiblement touché le personnel venu nombreux assister à ces vœux.

    Et la maire de Toulon de conclure : « J’en suis persuadée, on n’arrive à rien tout seul. L’esprit d’équipe est un atout précieux : cette coopération entre les services, la capacité à se soutenir, à partager les connaissances, à trouver des solutions ensemble, ont été déterminantes tout au long de l’année, et elles le resteront. En ce début de nouvelle année, je formule le vœu que la Ville poursuive dans cette voie : celle de la cohésion, de la rigueur, de l’écoute, du dialogue, du respect des valeurs du service public. »

    Presqu’un programme.

  • [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    La Marseillaise : Est-ce que l’intervention des États-Unis marque une rupture pour un Donald Trump qui se disait isolationniste ?

    Christophe Ventura : Il y a une rupture, qui s’inscrit dans une tradition. C’est la première fois que les États-Unis interviennent militairement dans un pays sud-américain, même s’ils sont intervenus moult fois en Amérique centrale et dans les îles caribéennes, et la première fois depuis la fin de la guerre froide qu’ils y emploient la force militaire en enlevant le chef d’un État en poste. Mais cette politique s’inscrit dans une longue tradition américaine, celle de la doctrine Monroe, à laquelle il a adjoint son propre corollaire Trump. Il le décrit dans son document de stratégie nationale publié le 5 décembre dernier, une stratégie de retour impérial assumé des États-Unis comme puissance dominante dans toute la région, du Groenland à la Terre de Feu.

    On a l’impression d’une graduation continue, entre les sanctions et pressions sur les différents scrutins sud-américains…

    C.V. : On parle beaucoup de Trump, mais il faut aussi parler de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, ou de Maurio Calver-Carone [ex-envoyé spécial en Amérique latine, Ndlr.] qui ont un agenda pour l’Amérique latine. Marco Rubio est beaucoup à la manœuvre, l’objectif, c’est de faire d’une pierre deux coups et derrière cela d’en finir avec Cuba.

    Les menaces contre Cuba, la Colombie, le Groenland peuvent-elles augurer d’autres interventions ?

    C.V. : On ne peut pas le savoir. En termes d’intervention, le Groenland est en haut de la liste, Donald Trump en a aussi promis une deuxième au Venezuela s’il n’y a pas de terrain d’entente avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Pour la Colombie, nous sommes au stade des menaces, je ne vois pas les États-Unis y intervenir et à Cuba, la stratégie c’est une asphyxie définitive de l’économie cubaine en pensant que le gouvernement va s’effondrer.

    Les institutions vénézuéliennes, qu’elles soient politiques ou militaires, apparaissent-elles toujours comme légitimes ?

    C.V. : Je me garderai bien de toute certitude. Le coup est rude, officiellement le Venezuela demande la libération et le retour de M. Maduro. Ils essaient de montrer une continuité de l’État bolivarien dans le respect de la Constitution avec Delcy Rodriguez présidente par intérim pour trois mois. Le défi, c’est de garder cette unité, parce que Donald Trump fait un test de résistance à ce pouvoir civilo-militaire. Il y a ceux qui sont favorables à un deal pour conserver les pouvoirs régaliens et préparer une transition, négocier la meilleure sortie pour ne pas être éliminés physiquement ou finir leur vie en prison. La plupart des dirigeants ont sur leur tête des contrats, entre 15 et 30 millions de dollars, pour « narcotrafic ». Ils pourraient intégrer une partie de l’opposition dans un gouvernement dit national, et ouvrir aux Américains par la grande porte le retour de la pompe à pétrole. Delcy Rodriguez se dit prête à en discuter, à condition que ce ne soit pas une colonie, qu’ils soient respectés. Trump lui dit pour l’instant : tu n’as pas ton mot à dire. Mais au sein du pouvoir chaviste cela peut soit créer l’unité, soit créer une divergence entre un courant qui serait collaborationniste et un autre, peut-être avec les militaires, qui considérerait qu’il faut militariser le pouvoir pour résister. Vient s’ajouter à cela ce que peut faire l’opposition. Elle est elle-même divisée. Maria Corina Machado a été disqualifiée par Donald Trump pour prétendre diriger le pays. Est-ce que cette opposition va accepter de reprendre pied dans les institutions progressivement ou va profiter de cette situation pour prendre la rue et faire tomber le pouvoir une bonne fois pour toute ? Dans ce cas, on ne peut pas exclure que cela devienne un chaos généralisé.

    Le pétrole est-il la principale raison de l’intervention, ou les enjeux sont-ils plus géopolitiques ?

    C.V. : C’est indissociable. Trump veut récupérer la manne pétrolière qui est aujourd’hui exportée à 80% pour la Chine, et balayer d’Amérique latine les États « récalcitrants », en finir avec ce qu’il appelle les « communistes », tout ce qui est grosso modo de gauche et progressiste. C’est une stratégie de restauration impériale dans la région qui commence au Venezuela. Pour Donald Trump, les ressources latino-américaines doivent servir les chaînes de valeur qui servent les intérêts de l’économie américaine.

    Est-ce que cela risque d’entraîner des répliques dans les relations internationales ?

    C.V. : Le responsable de la principale puissance mondiale fait justice par soi-même et pour soi-même. C’est la vengeance érigée en principe de gouvernement et de diplomatie. Quand la première puissance mondiale a fait ça, que voulez-vous dire après à M. Poutine, à la Chine si demain elle voulait reprendre Taïwan ? Chacun désormais peut faire sa loi dans sa zone d’influence, c’est la vision de Donald Trump des relations internationales. Nous revenons à ce qui était la règle de la force, le retour de la politique de la canonnière, le monde d’avant la Première Guerre mondiale : ce sont les grandes puissances qui dirigent et s’arrangent entre elles quand il y a un problème.

    À quel point l’opposition est représentative de la population ?

    C.V. : L’opposition existe, elle est puissante. Il y a grosso modo trois tiers, avec un pôle chaviste qui reste, et qui peut être critique de Maduro, un tiers qui représente les oppositions, et un autre tiers de la population surtout qui n’est plus politisé, qui est fatigué, épuisé d’une crise multiforme qui agonise ce pays depuis dix ans, qui cherche à survivre au quotidien. Maria Corina Machado est beaucoup plus monétisée à l’international qu’elle ne l’est au Venezuela, cela Trump le sait. Elle n’a cessé de proposer pour en finir avec le chavisme des boycotts électoraux, des manifestations de rue, la violence politique ou la demande d’une intervention américaine. Mais elle n’incarne qu’un bout de l’opposition. Une bonne partie de l’opposition de droite veut aussi en finir avec le chavisme par une solution vénézuélienne sans ingérence des américains. Maria Corina Machado n’a pas les moyens de gouverner, parce qu’au Venezuela, on ne gouverne pas sans l’armée qui ne veut surtout pas d’elle puisqu’elle a fait sa carrière politique sur un coup d’État en 2002 visant à lui enlever le pouvoir.

    A lire : « Désocciden-talisation : Repenser l’ordre du monde », par Christophe Ventura et
    Didier Billion,
    Agone, 14
     euros.