Tag: Monde

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • La Coupe du pire

    La Coupe du pire

    Le coup d’envoi ce soir de la 23e Coupe du monde de football (masculine) a d’ores et déjà un goût très amer. La « fête » planétaire est fondamentalement gâchée par l’exclusion de l’arbitre international somalien, Omar Abdulkadir Artan, du sol étasunien. Un acte raciste décidé par l’administration suprémaciste de Donald Trump. On aura beau se concentrer sur nos petites lucarnes pour admirer et encourager nos équipes favorites, cette injure à l’Afrique et à l’égalité entre tous les pays et les humains, ne passe pas. Ne doit pas passer. C’est pourtant passé sans aucun problème pour la FIFA et son président, le boursouflé Gianni Infantino qui pour s’endormir ne compte pas les ballons mais les dollars, par millions. L’alliance du fric et du racisme ce n’est pas le football que l’on aime, populaire et fraternel. Comment apprécier le spectacle dans les conditions de ce Mondial ?

    Berlin 1936, États-Unis 2026…

    En restant lucides et aux aguets face à ce qui va se jouer, sur et hors des terrains. En sachant aussi que parmi les 48 équipes en lice pour la première fois cette année, nombreuses partent avec des handicaps, parmi lesquels celui d’être les représentantes de petites nations, mal accueillies. Le sport et singulièrement le football ne sont pas hors-sol. Ils sont le reflet de leur époque, de leur siècle. Le football est instrumentalisé par les pays lauréats à l’instar de la Russie en 2018, du Qatar en 2022… Et des États-Unis de Trump cette année.

    Le visage actuel offert par les États-Unis n’est pas sans rappeler l’utilisation des Jeux olympiques pour ripoliner l’image, en 1936, du national-socialisme qui séduisit patronat et bourgeoisie. Nous connaissons ce qu’il en fut. À nous tous de résister, balle au pied !

  • Xavier Niel livre sa conception de l’investissement et de l’IA

    Xavier Niel livre sa conception de l’investissement et de l’IA

    Au Pharo, face aux professionnels de l’information venus du monde entier, c’est un milliardaire qui a clos les grandes plénières, ce mercredi. Xavier Niel, fondateur de Free et actionnaire du Monde, s’est prêté au jeu du « coin du feu », un entretien animé par Lisa McLeod, directrice éditoriale de FT Strategies.

    Xavier Niel entame la discussion en parlant, en anglais, de ses investissements dans les médias : « J’ai commencé à investir dans tous les services en ligne, y compris Mediapart, où j’ai fait cinq fois mon argent. » Sa version de l’entrée au capital du Monde, en 2010, semble presque altruiste : « Ils ont un énorme problème, ils vont finir en faillite. » Depuis, assure-t-il, il n’interfère jamais dans la ligne éditoriale. La preuve, selon lui : Le Monde Diplomatique, « très à gauche, contre le capitalisme », reste libre.

    Sur l’IA, Xavier Niel se veut pragmatique : il faut vivre avec son temps et les technologies qui vont avec. Il dit avoir vite signé un accord (sur l’entraînement des modèles et les services) avec le géant américain, OpenAI, sans attendre ses confrères éditeurs. « Nous ne sommes peut-être pas de bons partenaires pour les autres éditeurs français », note-t-il, dans un sourire. Interrogé sur ce qui le « garde éveillé la nuit », le milliardaire répond la « polarisation » des médias. Il regrette que le New York Times ait été « trop contre » Donald Trump. Concentration des médias, précarité dans les rédactions et désinformation n’ont pas été évoquées.

  • La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    À la tribune du 54e congrès de la CGT, pour cette deuxième journée de débats, on retrouve plus d’une douzaine de syndicalistes venus du monde entier : Amérique du Sud et du Nord, Asie, Afrique ou encore Europe. L’objectif est clair : « Nous construisons l’internationale du monde du travail face à l’internationale de la haine », comme le plaide Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

    Et que les syndicats s’enrichissent mutuellement de leurs expériences face au fascisme. Quand Maurizio Landini, pour le syndicat italien CGIL, juge que « toutes les dimensions de la mondialisation ont dégradé nos conditions de vies », son homologue espagnole, Christina Faciaben, pour la CCOO, abonde : « L’inégalité économique a été le terroir de l’extrême droite en Espagne. » Si le premier constate que « la concurrence entre les travailleurs se traduit par des divisions », la seconde note que l’extrême droite s’en nourrit et « polarise la société » pour mieux « défendre les élites ».

    De quoi faire écho à l’analyse de l’Amérique sous Trump par Nick Allen, pour l’organisation syndicale états-unienne SEUI : « Les digues sautent tous les jours : les milliardaires américains sont aux astres, l’état de droit perdure à peine. » Mais il n’est pas désabusé pour autant : « Un syndicat fort est la seule chose qui compte lorsque tout s’écroule. L’offensive, c’est garder le cap de la construction d’un syndicat capable d’imposer de la démocratie sociale. » Le cheminement est le même pour le militant brésilien Antonio Lisboa, de la CUT : « L’extrême droite est en recrudescence depuis 2008, cette crise structurelle du capitalisme. C’est la raison pour laquelle on a une alliance entre le monde financier et l’autoritarisme. Pour contrer le fascisme, il faut donc s’attaquer aux maux du capitalisme. »

    Une alliance mondiale

    Une chose est sûre, c’est que tous s’accordent pour un travail commun contre cette montée. « L’extrême droite est un défi mondial, il est essentiel de mettre l’accent sur les alliances des syndicats à l’international », réclame Christina Faciaben. Son homologue italien est d’ailleurs venu avec une série de propositions : « Le monde du travail doit réinventer une nouvelle vision à l’international. Le capitalisme a des approches radicales, nous devons l’être aussi. » Encore une fois, Nick Allen fait la synthèse : « L’antidote à ce poison est un programme de justice économique et sociale international. Ce congrès est un pas de plus dans la construction d’une internationale ouvrière. » Il s’appuie sans doute sur le constat réalisé par Magdalena Chojnowska, pour le syndicat polonais Opzz : « Un travailleur à Varsovie a plus de points communs avec un travailleur à Marseille qu’avec ceux qui cherchent à nous diviser. Il faut une coopération internationale plus forte. »

    Ce sont les représentants de deux pays du Sud qui résument l’envie partagée de ce meeting. « Les droites s’unissent par intérêt, ne nous divisons plus », tonne Roberto Baradel pour le syndicat argentin CTA-A, quand son camarade indien Gautham Modi, du NTUI, appelle à « construire une coalition syndicale à travers le monde ».

    La Palestine mise à l’honneur

    C’est toute la CGT qui a fait corps avec le peuple palestinien, ce mardi, à l’occasion de prises de paroles de Youssef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France. « Notre relation est historique, ancienne, ancrée dans la lutte du peuple palestinien pour ses droits. Nous avons des valeurs communes », a loué cette dernière.

    La délégation a été reçue avec la manière : applaudissements à tout rompre par l’ensemble des délégués debout.

  • La gauche en reconquête de l’Andalousie

    La gauche en reconquête de l’Andalousie

    La législature devait se terminer fin juin, mais le président de la région en a décidé autrement en prononçant la dissolution du parlement andalou, et en convoquant les élections pour ce dimanche. Juan Manuel Moreno Bonilla (Parti populaire) avait été élu à la présidence de cette communauté autonome le 19 juin 2022, en obtenant la majorité absolue. Le mode de scrutin étant proportionnel et plurinominal.

    La droite va donc tenter dans ces élections de garder la majorité. Celle-ci avait déjà fait tomber la gauche une première fois aux élections de 2018. Le Parti socialiste avait auparavant assuré la gouvernance en Andalousie pendant 36 ans. Le parti d’extrême droite Vox, qui a émergé cette dernière décennie dans le paysage politique régional et national, pourrait être faiseur de roi. Créé en 2013, le parti d’extrême droite s’est fortement implanté en Andalousie, de 0,45% aux élections de 2015 ce parti a obtenu 10,87% en 2018, puis 13,46% en 2022. Pour ces élections, les sondages créditent Vox de 14%. Le Parti populaire (PP) est donné à 42,8% et espère obtenir la majorité absolue pour éviter une alliance avec Vox mais cette hypothèse est sérieusement envisagée, le PP pourrait donc s’allier avec l’extrême droite pour garder la région et la faire entrer dans l’exécutif.

    Arithmétiquement, la droite aidée par l’extrême droite pourrait rester majoritaire selon les sondages. La gauche engagée dans une nouvelle dynamique grâce à une campagne offensive et unitaire de Izquierda Unida et Podemos, est en légère progression dans les derniers sondages et espère reconquérir la région. Ce qui donnerait à Pedro Sanchez au plan national une bouffée d’air à un an des prochaines élections générales de 2027. Le chef du gouvernement, qui bénéficie d’un énorme capital sympathie sur le plan international avec ses prises de position anti Trump notamment, et en faveur du peuple palestinien, subi les assauts incessants de la droite et de l’extrême droite sur sa politique intérieure et contre son entourage proche. Une politique intérieure qui pourtant est marquée par de nombreuses avancées sociales, souvent portées par les communistes au gouvernement au sein de la coalition Sumar.

    Le PSOE, selon les derniers sondages serait à 23%, « Por Andalucia » la coalition menée par Izquierda Unida et Podemos à 8% et « Adelante Andalucia », une formation de gauche radicale et régionaliste à 6,9%. À gauche, bien que la tâche de reconquête reste difficile, une nouvelle dynamique s’est mise en place avec l’alliance de Izquierda Unida (IU) et Podemos impulsée le coordinateur et candidat de IU Antonio Maillo. Dans Mundo Obrero, le mensuel du PCE, celui-ci dans une interview se réjouit de l’union entre Izquierda Unida et Podemos « nous sommes à un moment clé, la gauche doit assumer que la fragmentation fragilise et que la classe des travailleurs ne demande pas autre chose que coopération, maturité et projet partagé. Tout cela n’est pas de la tactique, il s’agit de construire une alternative réelle au modèle de Moreno Bonilla [l’actuel président PP, Ndlr]. Pour cela, chaque pas en direction de l’unité est essentiel. En Andalousie avec ce qui se passe dans le secteur de la santé, du logement ou de l’emploi, l’utilité de la gauche passe par la nécessité d’être ensemble et offrir une alternative crédible. » Pour Antonio Maillo, les trois priorités du programme de « Por Andalucia » sont : renforcer la santé publique, garantir l’accès au logement et combattre la précarité au travail, il s’agit, dit-il, « de priorités qui ont une incidence directe sur la vie des gens ».

    Ce dimanche les Andalous vont choisir la politique qu’ils veulent pour les quatre années à venir.

    « L’utilité de
    la gauche passe par la nécessité d’être ensemble
    et offrir une alternative crédible. »

  • [Chroniques Méditerranéennes] Corse… ici aussi

    [Chroniques Méditerranéennes] Corse… ici aussi

    Pour beaucoup, la Corse est d’abord une histoire familiale, faite de filiations, de villages d’origine, de trajectoires entre l’île et le continent. Elle vit dans les récits, les habitudes, les traditions, une manière d’être au monde qui dépasse la seule géographie. Mais cette transmission reste partielle : une langue souvent entendue plus que maîtrisée, une culture héritée sans toujours être pleinement vécue.

    Ce parcours, je le connais. Née à Marseille de deux parents corses, j’ai grandi avec cette présence constante de l’île. Du côté de mon père, mon grand-père était Corse du Panier. Du côté de ma mère, mes grands-parents sont nés en Corse, lui du Cap Corse, elle du sud. La Corse a donc toujours été présente. Elle a toujours été là, transmise, racontée, vécue.

    Le lien est fort, évident, sans relever du folklore ni d’une simple attache sentimentale.

    Grandir ailleurs, c’est entretenir un rapport à la fois proche et distant avec l’île. Une terre que l’on connaît bien sans en partager pleinement le quotidien, mais à laquelle on reste profondément attaché.

    Cela pose forcément une question : que signifie être Corse lorsque l’on n’y est pas né, lorsque l’on n’y vit pas en permanence ? La réponse tient sans doute dans l’essentiel : l’identité ne se limite pas à un territoire, elle se construit aussi dans la transmission, les pratiques culturelles ou l’engagement. À Marseille, la présence corse participe depuis longtemps à la vie sociale et associative et prouve qu’une identité peut vivre au-delà de ses frontières.

    Être Corse ailleurs c’est faire vivre ce lien, simplement, sans jamais le perdre. Grandir entre deux identités n’est donc pas selon moi une contradiction mais une richesse. D’où que l’on vienne.

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »

  • La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    Traduire un petit mot n’a jamais été aussi simple, à l’ère de la multitude d’applications existantes, avec plus ou moins de réussite. Mais traduire une œuvre littéraire entière, avec ses tournures de phrases, ses subtilités et ses expressions qui ne se transposent pas mécaniquement d’une langue à l’autre, est une tout autre affaire. Un défi auquel s’attellent des milliers de traducteurs dans l’Hexagone. Et c’est cette pratique ancestrale que souhaite inscrire au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, entre autres, Laurent Lombard, vice-président de l’Université d’Avignon.

    « On s’est rendu compte, avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de l’intérêt hallucinant qu’il y a pour la traduction », explique celui qui est aussi enseignant-chercheur et qui a traduit pas moins de 150 œuvres du français vers l’italien et vice et versa. « L’idée est de montrer l’importance de la traduction dans l’histoire de l’humanité. Cela a jalonné l’histoire de nos pays et créé un dialogue dans nos disciplines sans lequel on serait dans un monde bien différent », poursuit-il. L’expression italienne traditore o traduttore, en français « traître ou traducteur », illustre ainsi, pour l’universitaire, l’art qu’est la traduction.

    Les premières actions pour faire avancer le projet ont d’ailleurs déjà commencé. Plusieurs événements et colloques réunissant traducteurs, universitaires et scientifiques ont été organisés, tandis que les initiatives se multiplient. « Il faudra aussi que d’autres structures d’autres pays s’engagent pour renforcer le dossier », souligne Laurent Lombard.

    Ouverture d’esprit

    Une démarche lancée également avec la Cité internationale de la langue française. C’est d’ailleurs un discours du président de la République, prononcé lors de l’inauguration du lieu, qui a fait germer l’idée. « L’Europe est le continent dont la langue, pour paraphraser Umberto Eco [philosophe, sémioticien et écrivain italien, Ndlr], n’est ni le français, ni l’anglais, ni l’allemand, ne cherchons pas la compétition. La langue de l’Europe est la traduction, disait-il, c’est-à-dire ce point de passage de l’une à l’autre », déclarait-il alors. Estimant que « la traduction du français dans des langues étrangères devient, dans beaucoup d’endroits, une forme de combat politique », Emmanuel Macron appelait notamment à « multiplier ces traductions, mais surtout à les rendre accessibles ».

    « Des gens sont morts et meurent encore aujourd’hui car ils traduisent. Cela symbolise aussi une ouverture d’esprit, ce que certains ne supportent pas », conclut Laurent Lombard avec passion.

  • [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    La Marseillaise : Vous êtes un militant associatif très engagé. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

    Julien Guimard : Oui, d’autant que les réalisations d’aujourd’hui sont l’aboutissement de 20 ans de travail sur le terrain, que ce soit avec la foire bio que j’ai lancée en 2003, mais aussi par rapport à tout ce que j’ai mis en place pour créer du lien sur le territoire. Notamment avec l’association la Vallée du Gapeau en transition, qui a fait plein d’étincelles. Toujours dans cette idée de donner des moyens d’agir concrets aux acteurs d’un territoire. C’est comme ça qu’on a créé, entre autres, le magasin biocoopératif et la monnaie locale : la Fève.

    Et aujourd’hui, vous publiez
    «
     À l’aube de nos territoires »*, votre nouveau livre…

    J.G. : C’est un livre de portraits conçu à quatre mains avec des amis tout autant engagés, qui souhaitent, eux aussi, à leur échelle, répondre aux enjeux de notre époque. Je me suis occupé de l’écriture des textes, qui sont accompagnés des photographies de Virgil Prudhomme et des aquarelles de Canelle Mingo. L’ensemble a été construit, mis en page et articulé par Aurélien Prudhomme, designer graphique. J’ajoute qu’il a été imprimé dans la région. Il est le reflet de toutes ces années de militantisme pour montrer toutes les richesses du territoire, mettre en lien les consommateurs et les producteurs. C’est un petit peu l’actualité du moment.

    Que raconte ce livre ?

    J.G. : Nos rencontres avec des producteurs de la région, du département. Et parmi ces personnes, il y en a que je connais depuis 2 ans, 6 ans, 10 ans… Ce qui m’a permis de prendre le temps de vraiment avoir des discussions profondes avec eux.

    J’avais vraiment envie de raconter leur histoire et de montrer qu’ils ont un savoir-faire extraordinaire. On a l’une des meilleures permacultrices de France, un apiculteur formateur qui a une connaissance incroyable de l’abeille. Ou encore, par exemple, des gemmothérapeutes qui font du soin avec les bourgeons. Je voulais vraiment mettre en lumière tous ces gens-là. Sans cacher, bien sûr, leurs difficultés, mais on a souhaité surtout montrer de belles choses. Et je pense qu’à l’époque qu’on traverse, c’est important de montrer aussi de belles choses sur le territoire, de créer du lien et des rencontres plutôt que d’attiser les peurs. C’était ça, l’idée première.

    L’échelle locale trouve sa véritable valeur correctrice lorsque nous remettons en cause nos systèmes de production ravageurs et nos habitudes de consommation à outrance. Au-delà du simple « faire et consommer local », la dimension nourricière implique de réfléchir ensemble aux manières de produire et de se nourrir autrement, en respectant le vivant et les communs sur un territoire donné. Appuyés par des dynamiques citoyennes, de nombreuses villes et territoires prennent ainsi conscience des enjeux du système alimentaire, pour la prospérité des sociétés à venir, et tentent d’y répondre, affichant ainsi une volonté commune forte. L’objectif étant de mutualiser nos connaissances, agir d’une même voix, ici ou ailleurs, riches de nos origines, cultures ou situations socio-économiques variées. Vitaliser le territoire et réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain… Un programme vaste et motivant !

    J’imagine que ces alternatives seront au cœur de la prochaine foire bio de Signes…

    J.G. : Bien sûr, d’autant que, pour cette nouvelle édition qui va se dérouler les 23 et 24 mai, nous aurons comme invité d’honneur l’écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste Cyril Dion. Il donnera deux conférences ayant pour thème « D’un monde à l’autre : le péril écologique nous confronte aux limites de notre planète ». La première sur place le samedi à 11h et le soir au jardin remarquable de Baudouvin, à La Valette.

    L’occasion, là encore, de montrer que nous sommes au bout d’un modèle et qu’il reste une nouvelle société à inventer en remettant l’économie à sa juste place. En attendant, pendant deux jours 100 à 120 exposants seront présents, avec des producteurs bio, des artisans-créateurs et beaucoup d’associations. L’idée est de créer une bulle qui montre un petit peu tout ce qu’il y a sur le territoire en matière de savoir-faire et de créativité, tout en offrant des moyens d’agir à celles et ceux qui souhaitent s’engager.

    *Précommandes sur : ulule.com/alaubedenosterritoires

  • Menaces sur les ressources stratégiques

    Menaces sur les ressources stratégiques

    Les décimales des stations-service qui montent chaque jour depuis l’attaque israélo-états-unienne contre l’Iran, il y a un mois, sont ancrées dans le quotidien. Mais, derrière le spectaculaire de la flambée des carburants qui agite le spectre d’un nouveau choc pétrolier, l’accès à de nombreuses ressources cruciales se retrouve pris dans les conséquences du conflit, entre le bombardement des infrastructures et les menaces sur le passage stratégique du détroit d’Ormuz.

    C’est le cas pour le gaz naturel liquéfié, certes marginal dans l’approvisionnement global en gaz, mais dont 20% proviennent du Qatar, qui a vu sa principale usine de Ras Laffen à l’arrêt après une attaque de drones. De quoi faire flamber les factures dans certains pays d’Asie et d’Europe, pourtant avec une demande en baisse à la sortie de l’hiver. Une situation qui risque de faire grimper les prix de l’électricité indexés sur les coûts du gaz.

    Mais derrière cet arrêt, c’est la production d’hélium, sous-produit du gaz naturel liquéfié, qui est aussi stoppée. Avec un retour à la normale qui n’est pas attendu avant six à huit semaines, confirmait le ministre qatarien de l’Énergie. Le gaz noble est crucial dans les industries de pointe, dans la santé et surtout dans la production des semi-conducteurs. Et si des réserves sont stockées en Allemagne, elles ne peuvent être conservées plus de 40 jours et l’Europe dépend à 40% du Qatar, l’un des quatre principaux fournisseurs avec les États-Unis, l’Algérie et la Russie. Le 25 mars dernier, le groupe français s’alarmait d’une pénurie à court terme.

    Autre ressource cruciale produite dans le golfe, un tiers des engrais transitent par le détroit d’Ormuz, dont la moitié du soufre, un tiers de l’urée, un quart de l’ammoniac… En moins de deux semaines, l’urée a ainsi flambé de plus de 13%, menaçant les productions agricoles, notamment dans les pays de l’Est africain. Et s’ajoutent encore des augmentations des cours sur l’aluminium et les plastiques produits aussi dans la région. Un cocktail explosif pour l’économie mondiale.