Tag: mémoire

  • Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    « Alfred Nakache était un nageur juif déporté à Auschwitz. Il y a perdu toute sa famille. » À la fin de guerre, « il est revenu nager au Cercle des nageurs et y a battu un record du monde », rappelle Christina, 13 ans. Cette élève du collège Notre-Dame de la Major se dit très « fière » d’avoir participé à ce relais de natation inter-collèges dans une « super ambiance ». La 4e édition du prix Alfred-Nakache s’est tenue jeudi au Cercle des nageurs de Marseille (CNM), sur l’initiative du Fonds social juif unifié (FSJU) en collaboration avec le Département.

    « Le but est d’inscrire des initiatives dans la cité, nous tenons aux valeurs de laïcité et de République. L’éducation est majeure tout comme la culture et les valeurs universelles du sport », explique Lionel Stora, président du FSJU. Cette année la compétition a réuni six collèges et 79 élèves. Les vainqueurs pourront offrir à quatre élèves ne sachant pas ou peu nager, des cours collectifs pendant un an au CNM. « Chaque année, ils savent qu’ils ne gagnent pas pour eux mais ils s’arrachent », décrit fièrement la professeure d’EPS du collège Gaston-Defferre, entre deux cris d’encouragement. Avec une moyenne de 2 minutes 31 pour 50 m, son établissement termine deuxième derrière Gyptis. Tous se félicitent sous les applaudissements. « Un prix pour celui qui nage le plus vite mais surtout qui s’allie avec un devoir de mémoire », affirme Martine Vassal, présidente (DVD) du Département. Chaque élève a pu repartir avec Le nageur de Pierre Assouline, une biographie d’Alfred Nakache. Sa présence « permet de nourrir la réflexion et met la littérature de haut niveau à la portée des collégiens », estime Lionel Stora.

    Dans une ville où un jeune sur trois ne sait pas nager, la solidarité est à l’honneur pour la nouvelle génération.

  • Mort de Mehdi Kessaci : pourquoi ils marcheront samedi

    Mort de Mehdi Kessaci : pourquoi ils marcheront samedi

    Robin Renucci, directeur du théâtre de La Criée

    « L’Appel de Marseille que j’ai signé reflète la diversité d’une société civile solidaire et aujourd’hui aux côtés d’Amine et sa famille. Si on veut que les choses bougent, il faut comprendre le diagnostic porté depuis des années. J’ai envie qu’on rappelle les causes de cette violence qui prospère sur le chômage, la pauvreté, l’absence de perspective. [Je veux] parler d’éducation nationale, artistique, populaire, qui doit offrir à chaque jeune des savoirs émancipateurs. Parler aussi de l’accès aux transports, à la santé, de la réduction des inégalités sociales ou culturelles. À la Criée, nous menons des actions qui permettent à la population de nous rejoindre, de la représenter. La question c’est que faire pour que ces quartiers, invisibles, puissent s’asseoir à la table de la démocratie, et rompre le cycle du désespoir. »

    Audrey Cermolacce, membre du conseil national du PCF

    « Je trouve Amine très courageux, je veux lui dire qu’il n’est pas seul. On l’accompagnera, comme on accompagne toutes les victimes liées de près ou de loin à ce fléau. Je partage son avis de remettre de la République dans les quartiers, qu’il faut travailler contre l’échec scolaire, qu’il faut plus de services publics, de médiation. Je suis sûre qu’in fine c’est la solution, on ne peut pas parler que de répression même si l’aspect sécuritaire doit y être. Née dans le 15e, je suis issue des quartiers populaires. Le premier meurtre auquel j’ai eu affaire j’avais 18 ans, c’était le frère de ma meilleure amie. Et ça m’avait touché. Il aura fallu que le frère d’un militant politique soit assassiné pour que l’Élysée réagisse, c’est dramatique. J’espère aussi que le Parquet national anti-criminalité ne sera pas qu’une vitrine. »

    Françoise Risterucci, responsable CGT des territoriaux de la Ville de Marseille

    « J’ai mal pour Amine, sa famille. Le narcotrafic découle de l’abandon des quartiers, il n’y a plus de social, de services publics, plus ce lien. Les gamins n’ont plus rien. Je travaille dans des écoles où quand on leur demande ce qu’ils veulent faire plus tard, ils nous répondent chouf. Des petits de 10 ans ! Tout ça parce que ces gens leur permettent d’acheter des bonbons ou d’aller à la piscine. Il faut leur permettre de rêver et cela doit être une cause nationale. »

    Horiya Mekrelouf, présidente du Mrap 13

    « Il ne faut pas se taire, la mafia c’est le fascisme. Cela veut dire que quand on défend une cause juste, on peut être assassiné. Il n’y a pas de mot assez fort pour dire que nous sommes dans une bascule. On est dans un état de sidération, dans un contexte de racisme, d’antisémitisme et de racisme anti-musulman. Il faut qu’on se parle. Nous militants sommes conscients de ce contexte, mais sommes-nous crus ? Quand pendant des années, on a criminalisé toutes les associations des droits humains ? »

  • La mémoire antifranquiste de Ramon Morales

    La mémoire antifranquiste de Ramon Morales

    « Nous avons été arrêtés le 8 février 1969 à Mataro pendant l’état d’urgence qui avait été décrété par le régime franquiste et par le tristement célèbre ministre de l’information Manuel Fraga Iribarne. Le régime voyait monter avec inquiétude la contestation notamment dans les universités. Cette arrestation eut lieu suite à une manifestation organisée par la Jeunesse communiste de Mataro et les Commissions ouvrières de la jeunesse (COJ) devant l’Institut de formation professionnelle (IFP) pour revendiquer l’éducation gratuite et la fin de l’état d’urgence. Une trentaine de jeunes venait de poser une banderole sur un mur de l’IFP quand le chef de la Phalange de la localité exigea que nous la retirions. L’effet de cette intervention fut immédiat, nous avons crié encore plus fort éducation gratuite oui ! État d’exception non ! » Ramon raconte alors que deux membres de la très redoutée brigade politico sociale (BPS) le commissaire José Maria Martin Carretero accompagné d’un nommé Aguilar tentent de les arrêter vainement c’est alors qu’ils sortent leurs armes. « Ils se sont agenouillés et ont commencé à nous tirer dessus, les balles sifflaient au-dessus de nos têtes sans nous atteindre, nous étions déjà loin. Quelques heures plus tard, nous étions finalement arrêtés par des membres de la BPS du poste de police de Mataro. Nous avons alors subi coups de poing, insultes et vexations. »

    Le groupe de jeunes militants antifranquistes fut transféré ensuite au quartier général de la police Via Laietania à Barcelone. Les treize jeunes hommes étaient attendus. « Nous avons subi la torture infligée par les frères Creix et d’autres spécialement formés par la Gestapo, ils faisaient partie des policiers les plus sanguinaires dont le régime fasciste disposait pour réprimer les combattants pour les libertés démocratiques, la justice et la paix. Après treize jours de torture, nous avons été transférés à la prison Modèle de Barcelone, où nous avons été détenus au secret pendant deux semaines dans des conditions inhumaines, sans pouvoir changer de vêtements ni prendre une douche… »

    Ramon sera condamné avec son frère par la suite à vingt ans de prison et réussira à se sauver et passer en France où il s’installera pendant quelques années à Béziers.

    Le livre « Surcos de mi Memoria », mémoires du militant antifranquiste Ramon Morales, est édité par Nous Horitzons et en souscription sur la plateforme Verkami.com

  • [Entretien] Emilio Silva : « Il y a besoin de véritables politiques de mémoire »

    [Entretien] Emilio Silva : « Il y a besoin de véritables politiques de mémoire »

    La Marseillaise : « Espagne en liberté, 50 ans » c’est le slogan du gouvernement cinq décennies après la mort de Franco. Que pensez-vous de cette affirmation ?

    Emilio Silva : Il ne s’agit pas de 50 ans de liberté, car le 21 novembre 1975 il y avait encore des prisonniers politiques et malgré deux grâces, en 1979 il y avait des homosexuels encore emprisonnés. C’est comme si l’Espagne s’était endormie le 19 novembre 1975 en noir et blanc et se serait réveillée le lendemain en couleur.

    Avec la loi sur la mémoire démocratique il y a tout
    de même eu des progrès ?

    E.S. : Pour l’Association pour la récupération de la mémoire historique, les choses n’ont pas vraiment changé. Non loin de la résidence de l’actuel chef du gouvernement et de tous les présidents qu’a eus l’Espagne depuis 1977, il y a un monument qui célèbre la victoire de Franco, d’Hitler et de Mussolini. Les trois armées qui défilèrent dans Madrid le 19 mai 1939.

    Qu’est-ce qui a changé ?

    E.S. : Ils ont créé ce qu’ils appellent des lieux de mémoire, mais si vous lisez les plaques qu’ils posent, elles n’expliquent rien. Cette loi est dans la ligne de la transition, c’est une loi qui prend un peu en compte les victimes mais qui laisse les bourreaux tranquilles. Il n’est pas fait référence une seule fois à l’Église catholique alors qu’elle était en symbiose avec Franco et la Phalange, elle a été partie prenante de la dictature.

    La droite et l’extrême droite veulent montrer une image positive

    de Franco, comment combattre
    ce révisionnisme ?

    E.S. : Ce que veut la droite c’est qu’on continue à ne pas toucher aux monuments, et que les manuels scolaires continuent à occulter les atteintes aux droits de l’Homme de la part de la dictature. Il y a besoin de beaucoup d’enseignement de l’histoire dans les écoles et de véritables politiques de mémoire.

  • Cinquante ans d’impunité du franquisme

    Cinquante ans d’impunité du franquisme

    Le 20 novembre 1975 mourrait Franco. Quelques semaines plus tôt, cinq antifranquistes étaient passés par les armes, cinq parmi les centaines de milliers exécutés depuis 1936. L’homme qui mena le soulèvement contre la République espagnole en juillet 1936, qui réussit à l’abattre le 31 mars 1939 après trois années de guerre bénéficia de l’aide du fascisme international. Hitler et Mussolini engagèrent hommes et armement dès le début de la guerre. De leurs côtés, la France et l’Angleterre décidaient d’un pacte de non-intervention qui contribua à la défaite de la République espagnole. Un demi-million d’Espagnols prit le chemin de l’exil, majoritairement vers la France.

    Cette France de la Troisième République enferma aussitôt les républicains espagnols dans les camps de concentration. L’engagement par la suite, de milliers d’entre eux dans les combats pour libérer le pays, qui les avaient si mal accueillis, du joug nazi fut total. Après la Libération, l’espoir de voir les alliés renverser Franco s’éloigna. La France, l’Angleterre et les États-Unis souhaitant préserver leurs relations avec Franco pour des intérêts économiques et géopolitiques. La dictature pouvait alors s’installer durablement.

    Le gouvernement espagnol a donc décidé de faire de 2025 une année de célébrations sur le thème « Espagne en liberté, 50 ans ». Les associations mémorielles estiment pour leur part, que la mort de Franco il y a cinquante ans n’a pas mis fin au franquisme automatiquement. Aujourd’hui, subsistent partout en Espagne, des symboles du franquisme sur de nombreux monuments, et des milliers de disparus gisent encore dans des fosses ou des fossés. On estime le nombre total de fosses à 6 000 réparties sur tout le territoire. Faisant référence aux initiatives annoncées par le gouvernement, l’Association de récupération de la mémoire historique dénonce « des paroles et peu d’actes concrets ». Elle déplore également le manque de moyens mis en place pour les recherches des disparus, notamment en matière de tests ADN et aussi l’absence de cette histoire dans les manuels scolaires.

    Dans ce contexte, la montée du parti d’extrême droite, VOX, s’accompagne d’un blanchiment du franquisme, au point qu’un récent sondage indique que 21,3% des Espagnols, dont beaucoup de jeunes, pensent que la dictature a fait de bonnes choses. L’historien Julian Casanova estime qu’aujourd’hui que « la propagande a remplacé l’analyse historique et fait sortir du silence dans lequel se trouvaient depuis la transition, ceux qui avaient eu des liens idéologiques et sociaux avec la dictature. Ceux-là commencent à répandre l’histoire révisée : Franco et la dictature ont été une bonne chose pour l’Espagne. »

    Ce 50e anniversaire de la mort de Franco va être ces jours-ci l’occasion pour tout ce que compte l’Espagne de groupes nostalgiques du franquisme et néonazis, d’organiser des hommages et des messes. Le journal en ligne Publico.es affirme qu’une vingtaine de manifestations auront lieu en hommage au dictateur malgré la loi de Mémoire Démocratique.

    Un demi-siècle après la mort de Franco, l’Espagne n’en a pas fini avec le franquisme. La politique en faveur de la mémoire historique et démocratique, en ne condamnant pas concrètement, ni jugeant et punissant les crimes du régime franquiste, maintient de fait leur impunité. Une faiblesse qui ne peut que contribuer à renforcer l’extrême droite.

    EN CHIFFRES

    35 000

    volontaires internationaux venus de 53 pays ont pris part aux combats aux côtés des républicains espagnols

    200 000

    exécutions sommaires perpétrées par le régime de Franco.

    6 000

    fosses sont réparties sur tout le territoire espagnol.

    8 941

    corps ont été exhumés depuis 2019, seuls 70 ont été identifiés par l’ADN faute de moyens.

    500 000

    Entre janvier et février 1939, un demi-million de réfugiés s’exilent en France. 15 000 participeront à la Résistance.

    250 000

    seront internés dans les camps de concentration. 15 000 vont y décéder.

    25 000

    réfugiés ont été accueillis au Mexique entre 1939 et 1942 et des milliers d’autres dans d’autres pays d’Amérique latine et en URSS.

    927

    réfugiés espagnols ont constitué le premier convoi de déportés vers Mauthausen le 20 août 1940.

  • Marchons unis

    Marchons unis

    Les narcotrafiquants voulaient le faire taire. C’est raté. Touché au cœur par l’assassinat de son petit frère, Amine Kessaci ne leur offrira pas cette victoire.

    En prenant la parole au lendemain de l’enterrement du jeune Mehdi, assassiné pour semer la terreur, il fait preuve d’un courage remarquable et d’une détermination exemplaire.

    C’est désormais à nous tous, habitants de Marseille et du sud de la France de nous exprimer. Refusons, haut et fort, que l’on puisse assassiner des innocents pour laisser perdurer un business qui n’engendre que souffrance et violence. Refusons, haut et fort, d’être réduits au silence par une mafia les mains pleines de sang. Refusons, haut et fort, la drogue et le crime comme seul horizon proposé à la jeunesse des quartiers populaires.

    Non à la loi de la pègre

    Dans son appel à la marche blanche de ce samedi à 15h au départ du rond-point Claudie-Darcy, la famille Kessaci réclame « Justice pour Mehdi, 20 ans, mort pour rien ». Il est en effet mort sans être coupable de rien.

    Charge à nous tous de faire qu’il ne soit pas mort pour rien en envoyant aux narcotrafiquants un message d’unité populaire plus fort que les armes et l’appât du gain mais aussi un message d’exigence de résultats à l’État.

    La Marseillaise appelle à participer en grand nombre à cette marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci et pour dire non à la loi de la pègre.

    Marchons unis. La tête haute. Sans crainte. Nous avons le pouvoir de dire stop. Amine Kessaci a raison. « On ne peut pas tuer tout un peuple. » Ce sont les masses qui font l’histoire.

  • Le camp des Milles récompense les actions citoyennes contre le racisme

    Le camp des Milles récompense les actions citoyennes contre le racisme

    Pour résister à la haine, le Label Citoyen s’érige en rempart. La 7e rencontre du label a lieu ce mercredi à partir de 9h30 au camp des Milles. Misant sur la prévention et l’éducation, le dispositif national a été créé dans le cadre de la Chaire Unesco « Éducation à la citoyenneté, sciences de l’Homme et convergence des mémoires », portée conjointement par la Fondation du camp des Milles et Aix-Marseille Université. Inauguré en 2015 par François Hollande, ce projet lutte contre les extrémismes, les racismes, l’antisémitisme et les discriminations. C’est dans son prolongement que la Fondation du camp des Milles a tenu à mettre en place un dispositif national de labellisation citoyen qui récompense les initiatives agissant concrètement sur le terrain.

    Cette journée réunit tant des professionnels de l’éducation que des collectivités territoriales et associations du secteur public comme privé. Les différents acteurs échangeront autour de multiples tables rondes et de stands présentant les projets.

    Avant de soumettre leur projet au comité de sélection du label, les structures doivent suivre un processus d’accompagnement auprès de la Fondation du camp des Milles. Cette année huit projets principaux sont mis en avant dont celui de l’association marseillaise Melting Pot. Créée en 2022 pour les jeunes de 11 à 25 ans, la structure propose des débats et ateliers interactifs offrant des outils pour comprendre et participer activement à la démocratie.

  • Marchais, l’ouvrier devenu patron des communistes

    Marchais, l’ouvrier devenu patron des communistes

    Rien ne prédestinait ce fils d’agriculteurs, enfant de chœur, rêvant de devenir ouvrier, à être l’une des principales figure du communisme européen de la fin du XXe siècle. Accéder au poste de secrétaire général en 1972, ce n’était pas rien, du temps où le PCF, le plus puissant à gauche, très loin devant le PS revendiquait près d’un million de militants et avait la CGT dans sa poche. Il rendit possible le programme commun et la victoire de l’union de la gauche aux municipales de 1977 et ensuite en 1981.

    « Georges » à la stature imposante et au large sourire était un séducteur avec un côté foncièrement attachant pour l’avoir rencontré en août 1985 à Moscou lors du festival mondial des jeunes et des étudiants. Il avait aussi le cuir épais et il le fallait car, réquisitionné à 22 ans pour aller travailler au STO en Allemagne en 1942 ce lui fût reproché « de façon dégueulasse » par ses adversaires quarante ans plus tard comme si cela faisait du jeune Marchais victime des lois scélérates de Vichy un collabo ! Reproches lui furent fait aussi de se rapprocher du « grand frère » soviétique, allant jusqu’à juger son bilan « globalement positif » et justifier l’invasion de l’Afghanistan.

    Au final, il était un homme tout aussi charismatique que passionnant, tout en nuances, un dirigeant politique bien plus complexe qu’il n’y paraissait. Sincère et loyal dans ses combats, celui qui fut ouvrier ajusteur et qui défendait l’idée que le pouvoir ne devait pas appartenir à ceux qui se prétendent faits pour l’exercer. Ce que l’on sait moins c’est que cultivé, il était notamment fou de jazz, qu’il ne se lassait d’écouter et sur lequel il était intarissable.

    Et puis dans les années 70 les médias ne concevaient pas un débat politique sans lui et son sens de ce que l’on appelle aujourd’hui « la punchline ». Il avait le sens du spectacle et ses joutes avec les journalistes politiques restent gravées dans les mémoires notamment en 1980 alors en vacances lorsqu’il déclare à l’antenne : « J’ai dit à ma femme, François Mitterrand a décidé d’abandonner le programme commun, Liliane fait les valises, on rentre à Paris. »

  • 13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    Dix ans se sont écoulés, mais l’émotion demeure intacte. Ce jeudi 13 novembre, à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nîmes pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis. Autour du maire Jean-Paul Fournier, des élus et du préfet, une minute de silence a d’abord été observée, « un silence où se mêlent la peine et l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant la gravité de ces attentats qui ont « fait vaciller tout un pays », marqué une génération entière et transformé durablement l’approche nationale face au terrorisme. S’en est suivi l’hymne national, en mémoire des 132 morts et des centaines de blessés.

    Le maire a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire collective : « Dix ans ont passé, mais la France n’oublie pas. Elle se recueille et elle tient debout. Et ici comme ailleurs, nous faisons vivre ce qui a été attaqué : la liberté, la fraternité, la laïcité. » Le préfet Jérôme Bonet, présent à ses côtés, a salué l’engagement des forces de secours mobilisées en 2015 et la responsabilité de chacun dans la défense des valeurs républicaines.

    Se souvenir ensemble

    À Montpellier, un hommage s’est tenu à 14h30 au Monument aux morts, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Élus, habitants et représentants des institutions y ont participé, dans la continuité des commémorations organisées dans tout le pays. Là aussi, la sobriété et le recueillement ont dominé. Le maire Michaël Delafosse a rappelé que « le 13 novembre 2015, le fanatisme islamiste arrache les vies humaines au Bataclan, sur les terrasses ». Pour lui, l’hommage est aussi un engagement : « Notre pays affronte l’épreuve, en se tenant debout pour protéger nos valeurs de liberté et de fraternité. Les victimes sont indéfectiblement dans nos mémoires. Elles nous obligent, Montpellier se souvient. »

    À Nîmes et à Montpellier comme partout dans l’Hexagone, l’émotion était la même : une douleur encore sensible, mais aussi la nécessité de rester vigilant face à la menace et la volonté de rester unis. Dix ans après le 13 novembre, la région a réaffirmé une certitude : la mémoire continue de rassembler.

  • Courir pour la Mémoire bat les records d’inscriptions

    Courir pour la Mémoire bat les records d’inscriptions

    Pascal Chamassian n’en revient pas : « 900 inscriptions en 2024. Sold out cette année ! Si on avait continué à prendre les demandes, on atteignait les 3 000 ! » L’association dont il est le président d’honneur et fondateur, Courir pour la Mémoire, est organisatrice de cet événement sportif créé en 2015 à Marseille à l’occasion des 100 ans du génocide arménien.

    Un succès fulgurant qu’il faudra « analyser la tête froide », selon Gérard Kirkorian, président de l’association, encore tout occupé aux préparatifs de la course. Il avance cependant des premières pistes : « Un regain d’intérêt pour la course à pieds chez les moins de 30 ans, la régularité de ce rendez-vous » et le bénéfice « d’être chapeauté par la Drajes ».

    Cette année, les 5 et 10 km de la Mémoire sont en effet inscrits dans un partenariat placé sous l’égide de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), qui réunit quatre courses marseillaises (avec Marseille en rose, Algernon et Marseille-Cassis) à fort caractère inclusif et citoyen, qui se déroulent en octobre. « Marseille est la première Ville à concrétiser l’inclusion avec une action par le sport », souligne André Giraud, l’ex-président de la fédération d’athlétisme. D’autant plus heureux que cet événement sportif, qui porte haut la volonté « de ne pas laisser un nouveau génocide se reproduire en toute impunité », rappelle Pascal Chamassian, se décline dans dix villes, à l’international, cette année.

    Portée à l’international

    Initialement prévue le 19 octobre, la course, qui bénéficie du parcours et de la sécurité du dispositif de la Ville, La Voie libre, a dû être décalée en novembre. Le parcours reste inchangé, avec un départ à 8h45 depuis le village installé sur le parking de la plage du Prophète, pour longer le « plus beau balcon suspendu au monde », en direction l’anse de Malmousque, avant un demi-tour pour revenir au village, avec deux tours pour les 10 km.