Tag: Marseille

  • Le Premier ministre veut se tenir « aux côtés » de la Métropole

    Le Premier ministre veut se tenir « aux côtés » de la Métropole

    Deux jours après la décision des maires de la Métropole Aix-Marseille de ne pas voter le prochain budget de l’intercommunalité face aux coupes de l’État, le Premier ministre Sébastien Lecornu était attendu de pied ferme, à Marseille. Interrogé sur cette fronde des élus provençaux, le locataire de Matignon a reconnu en conférence de presse une copie « dure pour les intercommunalités ».

    « Il se trouve que la copie pour les collectivités locales du budget, c’est la copie de la majorité sénatoriale », justifiait-il, en précisant que « le choix politique qui a été fait par les sénateurs, c’est plutôt d’épargner les communes rurales, c’est de faire attention aux Départements ». Cela d’autant plus à proximité des élections sénatoriales, le 27 septembre prochain. Mais le Premier ministre regrette aussi les conséquences des orientations qu’il a fait passer par 49.3 pour des territoires confrontés au défi de la réindustrialisation. Alors il s’engage : « Il est certain que les intercommunalités devront faire l’objet d’une méthode complètement différente pour le budget de l’année prochaine, ou alors on viendrait abîmer des territoires où il y a des projets économiques. » Un engagement plus facile à prendre qu’à tenir, au vu de l’absence de majorité à l’Assemblée et des aléas qu’ont connu les précédents projets de loi de finances.

    Rien ne change pour l’instant

    Surtout, cette promesse ne change rien pour le budget qui sera présenté mardi prochain à l’hémicycle métropolitain. « Nous n’allons abandonner personne », avance Sébastien Lecornu. « Il ne faut pas empêcher le début du mandat à la Métropole, et donc, l’État va se tenir aux côtés des élus, mais avec un chemin de vérité sans démagogie, sans posture, sans promesses aussi qu’on ne peut pas tenir », poursuit le Premier ministre. Tandis que patronat comme maires lui demandaient de revenir sur les coupes budgétaires, il se défend : « Pour l’impôt, comme pour ces sommes d’argent qui sont importantes, il faut une loi de finances. » Et face au président de la Métropole, assis derrière les journalistes, le résident de Matignon assène que « les bons gestionnaires font des économies ». En invitant à piocher dans le fonds de roulement de la Métropole, sur lequel il veut « demander de la transparence » alors même que, du côté de l’intercommunalité, on glisse que l’État a reconnu une erreur d’analyse sur le sujet face à des réserves inexistantes.

    « Il soulève un point technique qui ne réglera pas le problème », balaie donc le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard. Qui pour autant tente de voir le verre à moitié plein dans la réponse faite par l’État et veut y voir « un début de solution ». « Nous avançons, nous pouvons être satisfaits d’avoir un Premier ministre qui comprend les difficultés, partage l’édile salonais. Dans la prochaine loi de finances, il faudra reconnaître le traitement infligé aux intercommunalités parce que dans la situation d’aujourd’hui nous ne pouvons pas porter de projets. »

    « Mais dans l’immédiateté, les problèmes sont toujours sur la table », reconnaît aussi Nicolas Isnard, même s’il comprend que le Premier ministre « n’a pas de baguette magique ». Alors malgré les rencontres et l’attention portée par l’État sur la Métropole, il persiste et signe : l’hémicycle métropolitain ne votera aucun budget, ni aucun taux d’imposition cette année. « J’ai été élu président avec un mandat sacré, protéger les communes et les deux millions d’habitants de ce territoire, insiste-t-il. Si la seule solution qui nous est donnée est d’assommer les contribuables, on ne le fera pas, ce ne sera pas nous. Je protégerai jusqu’au bout mes contribuables et mes communes, on ne touchera pas les attributions de compensations [l’argent reversé par la Métropole aux communes en héritage de la taxe professionnelle, Ndlr.] ni la fiscalité sur les ménages. » Une responsabilité dont il laisse l’État se charger, face aux 123 millions d’euros qui manquent pour boucler le budget. « C’est celui qui est à l’origine de cette déflagration qui assumera les conséquences, on ne peut pas assumer les décisions qui ne sont pas les nôtres », proteste le maire de Salon-de-Provence en insistant sur les 120 millions de coupes budgétaires de l’État en deux ans.

    « Moi en l’état, je ne voterai pas un budget tel qu’il a été construit », abonde le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, qui rappelle qu’il ne l’avait pas non plus voté les années précédentes. Face à une Métropole « fiscalement injuste », il appelle de ses vœux un nouveau pacte financier et fiscal entre les communes. « On vit dans une ligne où on a deux lignes de métro alors qu’on fait deux fois et demi Paris et cinq fois Lyon, ce n’est pas parce qu’on l’a décidé, l’argent y est, mais il sert à faire autre chose », proteste-t-il. Au risque de laisser la chambre régionale des comptes faire table rase pour reconstruire par-dessus.

  • Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, la question du logement reste brûlante dans une ville touchée comme le reste du pays par la crise de la construction. Avec ici un gros enjeu : répondre à l’urgence sociale. Si la Métropole détient la compétence logement, la municipalité de gauche, l’origine des États généraux du logement en 2022, a activé plusieurs leviers depuis 2020.

    Objectif de 4 500 logements par an

    En matière de lutte contre l’habitat indigne, elle agit d’abord avec le pouvoir de police du maire. Plus de 3 300 signalements de logements potentiellement dangereux ont été traités par la Ville en 2024 pour un total 254 arrêtés de mise en sécurité, 220 arrêtés de mainlevée, 45 arrêtés d’insalubrité et 900 mises en demeure pour non-respect du règlement sanitaire, conduisant à la mise en conformité de 700 logements.

    Pour garantir la sécurité des habitants, Marseille recourt aussi aux travaux d’office lorsque les propriétaires défaillants n’agissent pas. En 2024, 102 procédures ont été engagées, pour un investissement de 3,9 millions d’euros. Depuis 2025, la baisse de ces procédures témoigne, selon la Ville, d’un effet dissuasif auprès des copropriétaires et bailleurs concernés.

    La lutte contre les marchands de sommeil constitue un autre pilier de l’action municipale. 194 propriétaires ont été signalés au procureur de la République et la Ville s’est constituée partie civile dans 14 affaires. Depuis 2020, 29 marchands de sommeil ont été condamnés.

    La transformation de l’habitat passe aussi par une rénovation urbaine de grande ampleur. À Marseille le programme est doté de 2,5 milliards d’euros, dont 650 millions de subventions Anru. Il concerne 14 quartiers NPNRU et 41 quartiers prioritaires, avec 3 450 logements à réhabiliter, 3 600 logements reconstruits pour compenser 3 000 démolitions. Parallèlement, plus de 32 millions d’euros de travaux urgents ont été engagés depuis 2023 sur des copropriétés dégradées. Fin 2025, les décrets déclarant d’intérêt national des opérations de requalification des copropriétés du Mail, des Rosiers, de la Maurelette et de Consolat, ont enfin été signés. Ils étaient attendus depuis 2022.

    Sur le volet de la production, la Ville s’est engagée à atteindre 4 500 logements par an. En 2024, 3 340 logements ont été autorisés, et 1 315 logements sociaux ont été agréés.

    Enfin, afin de contenir la tension locative, la Ville a renforcé la régulation des meublés touristiques. En 2024, 80% des 800 demandes de changement d’usage ont été refusées et 130 boîtes à clés illégales, retirées de l’espace public. En février, deux propriétaires à plus de 255 000 euros d’amendes pour des locations illégales. En parallèle, l’encadrement des loyers, en attente de validation ministérielle, constitue l’un des leviers majeurs envisagés pour préserver l’accès au logement des Marseillais.

  • La préfecture de nouveau épinglée pour des lenteurs sur les titres de séjour

    La préfecture de nouveau épinglée pour des lenteurs sur les titres de séjour

    Cinq cents euros d’indemnités par jour de retard. C’est la sanction exemplaire prononcée par le tribunal administratif de Marseille à l’encontre de la préfecture des Bouches-du-Rhône, pour son retard de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour de Monsieur A., vendredi 17 avril. Une sanction efficace, car dès le lundi, l’intéressé a reçu son nouveau justificatif d’instruction en cours.

    « C’est très fréquent que l’on soit obligé de saisir l’administration ou le juge pour la demande d’une attestation de prolongation d’instruction. Normalement, ça devrait se faire automatiquement par la préfecture », se désole l’avocat de Monsieur A., Me Raphael Koffivi-Ifouale Gnaledome.

    Arrivé en France légalement début 2024 dans le cadre de ses études, Monsieur A., ressortissant togolais, a fait une demande de titre de séjour de travail, en octobre 2025. Le Togolais avait par ailleurs effectué une action auprès du juge des référés, magistrat du tribunal administratif, pour obtenir un récépissé justifiant de sa demande de titre de séjour. L’attestation lui avait été fournie. Mais fin mars, alors que son justificatif était expiré depuis deux semaines, Monsieur A. retourne devant le tribunal administratif, qui exige de la préfecture de lui délivrer une nouvelle attestation, avec 50 euros d’indemnité par jour de retard. En l’absence de nouveau retour de la préfecture, il sollicite à nouveau le tribunal administratif, le 17 avril, pour augmenter l’indemnité à 500 euros par jour. Une action judiciaire qui porte ses fruits, puisque trois jours plus tard, il reçoit un nouveau récépissé de trois mois. « Cette situation rend la vie de mon client difficile. Il a par exemple dû quitter son logement et doit être hébergé car avec ce titre précaire, il ne peut pas trouver de location », explique son avocat.

    500 embauches pour faire face aux délais

    Des délais que la Cimade, une association d’accompagnement et de défense des personnes exilées, dénonçait déjà, en février dernier, dans les Bouches-du-Rhône. Des blocages remarqués depuis septembre, qui poussent certaines personnes dans la précarité, n’ayant plus de papiers et ne pouvant donc plus travailler légalement.

    Des lenteurs que la préfecture des Bouches-du-Rhône reconnaît. En février, elle assurait déjà être « confrontée à une forte augmentation des demandes de renouvellement des titres de séjour conduisant à un allongement des délais d’instruction », et assurait avoir mis en place « une mobilisation renforcée des services ».

    Face à ses difficultés, qui ne se limitent aux Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé au début du mois d’avril dans Ouest France, l’embauche de 500 vacataires à temps plein pour renforcer les effectifs des services séjour de certaines préfectures. Contactée, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas pu répondre avant notre bouclage.

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Une troisième vague de rénovation urbaine

    Une troisième vague de rénovation urbaine

    Dans le salon de la Paix de la préfecture de région à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas attendu, comme il était prévu, la fin du second comité de pilotage national du logement pour faire sa principale annonce. « Nous allons avoir une troisième édition de l’Anru [les opérations de renouvellement urbain, Ndlr.] », lâchait-il tout de go face aux acteurs nationaux du logement social, de l’immobilier, du bâtiment réunis là. Une nouvelle vague de rénovations qu’il a souhaité lancer en urgence avant la présidentielle, « pour nous adapter aux rythmes des mandats municipaux ». De quoi accompagner les mesures qui figureront dans le projet de loi présenté en première lecture, avant l’été, pour faciliter la production de logements et atteindre un objectif de 2 millions d’ici l’horizon 2030.

    150 quartiers concernés

    « Jean-Pierre Raffarin avait décidé d’un premier Anru, avec le parti pris de venir traiter l’ensemble des logements d’après-guerre, Manuel Valls avait décidé d’un deuxième Anru tourné vers la mixité sociale. Il nous appartient de lancer cette troisième génération, qui permettra de traiter la période 2030-2040 », décrit le Premier ministre, face à la presse. La feuille de route esquissée lors du comité national prévoit cette fois d’intégrer aussi bien les enjeux de sécurité que de changement climatique, d’électrification des logements pour ne plus exposer leurs locataires aux flambées du prix du gaz, d’accès aux soins et aux différents services. « Jusqu’ici, l’Anru se basait uniquement sur un diagnostic bâtimentaire, explicitait le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun. Si on y met un critère fort de sécurité, un bâtiment qui crée de l’impasse, favorise le narcotrafic, on peut se dire que ça vaut le coup de le démolir. »

    Au total, quelque 150 quartiers à l’échelle nationale pourraient être concernés par cette nouvelle vague de renouvellement urbain, avec une ambition de pouvoir adapter les périmètres pour toucher les petites villes de moins de 25 000 habitants. Parmi les dossiers qui doivent être déposés avant l’automne, le Premier ministre évoque « 3, 4 ou 5 quartiers dans une ville comme Marseille ».

    C’est que son maire (DVG), Benoît Payan, a profité de ce comité de pilotage pour rappeler que « pendant des années, les acteurs locaux ont eu du mal à présenter des dossiers, avec des dossiers parfois inconsistants ». Et des centaines de millions d’euros de perdus derrière. Alors il accueille avec un large sourire cette nouvelle vague. « On sait qu’à Marseille, il y a des milliers et des milliers de logements indignes, qu’il y a des bailleurs sociaux qui ne font pas le travail, qu’il y a des copropriétés qui sont lourdement dégradées et notamment sous l’impulsion malsaine et malfaisante des marchands de sommeil », insiste-t-il face à la presse. Après la validation, en décembre, de quatre opérations d’intérêt national pour la requalification des copropriétés dégradées (Orcod-IN) à Marseille, il a profité de ce comité de pilotage pour défendre un renforcement de l’arsenal législatif. S’il est trop tôt pour indiquer où se porteront cette fois les chantiers du renouvellement urbain, il n’en souligne pas moins : « Il y a la question du centre-ville qui est très dégradé, et c’est vrai aussi pour le 3e arrondissement, mais il y a aussi des poches de pauvreté très fortes dans le 9e arrondissement. »

    Derrière l’annonce de la rénovation urbaine, le Premier ministre compte aussi, à travers son projet de loi, redonner la main aux intercommunalités sur les aides à la pierre et à la rénovation, donner le pouvoir aux communes de peser davantage sur les critères d’attributions de logements sociaux, y compris avec un veto sur celles-ci « qui puisse absolument être justifié par un trouble à l’ordre public ». C’est aussi la promesse de pouvoir créer des opérations d’intérêt local pour accélérer drastiquement les procédures administratives et restreindre les recours en justice en les unissant, l’allègement des critères d’aides pour la rénovation. Et le recul pour trois ans de l’interdiction des passoires thermiques, pourvu que les propriétaires promettent d’y faire des travaux. « Des propriétaires devraient dire à plus de 2 millions de personnes de sortir de leur logement, ce sera dramatique », justifie Vincent Jeanbrun. Dans une ville qui ne connaît que trop bien l’indécence de ces logements.

  • Un avenir à bâtir

    Un avenir à bâtir

    Sébastien Lecornu a dévoilé un projet de loi destiné à atteindre l’objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030, soit « 100 000 de plus par an que ce qui est construit aujourd’hui », en additionnant des incitations et des simplifications de procédure. Le Premier ministre a annoncé également une troisième vague de rénovation urbaine jusqu’en 2040.

    C’est une bonne nouvelle et pour tout dire une décision qui s’impose au regard de l’état du secteur du logement dans tout le pays.

    Que l’hôte de Matignon choisisse Marseille pour faire ces annonces n’est pas anodin. Ici, la crise du logement – ou plutôt ceux qui en profitent – a des morts sur la conscience.

    Paradoxe

    On ne le répétera jamais assez. Non, ce n’est pas la pluie qui a tué rue d’Aubagne. C’est la rapacité des uns et la complicité des autres.

    Oui, il y a besoin de construire, de rénover, d’isoler les logements massivement ici et dans toute la France.

    C’est un paradoxe : cette ambition est très difficilement compatible avec la politique d’austérité que le Premier ministre mène.

    Elle pourrait même être à la source d’un changement de politique profond en constituant le cœur d’un plan de relance fondé sur la réponse aux besoins humains et la transition écologique.

    Même contradiction sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille Provence : le développement impératif des transports exige des moyens que l’État rechigne à aligner.

    Et pourtant, l’argent existe à condition de vouloir le trouver lorsqu’on a un avenir à bâtir. La France est championne d’Europe du versement des dividendes.

  • Chasse aux déchets, place aux rochers

    Chasse aux déchets, place aux rochers

    La mobilisation aura lieu ce samedi 25 avril entre la Côte Bleue et La Ciotat pour un ramassage collectif de déchets. Le dispositif réunit des centaines de citoyens et dizaines d’associations, collectivités et entreprises autour d’un même objectif : nettoyer le littoral et ainsi combattre la pollution. En 2025, 50 structures avaient participé à l’événement, coordonné par l’association Mer-Terre. Cette année, il se déploiera sur plus de 39 zones de Marseille, dont l’Huveaune et les Aygalades, pour collecter un maximum de déchets qui seront ensuite triés et analysés afin de renforcer les actions de prévention.

    Plus d’infos sur : mer-terre.org

  • Aix-Marseille : des finances « contraires à la réglementation » pour les transports

    Aix-Marseille : des finances « contraires à la réglementation » pour les transports

    Le projet de budget annexe des transports le reconnaît explicitement : « Le déséquilibre de la section d’exploitation et le défaut de couverture du remboursement du capital emprunté par des ressources propres sont contraires à la réglementation en vigueur pour l’établissement d’un budget annexe par une collectivité locale. »

    Après l’annonce, lors du débat d’orientation budgétaires le 16 avril, qu’il manquait 123 millions d’euros pour boucler le budget, après la décision par les maires du territoire de ne pas le voter le 28 avril pour protester contre les coupes budgétaires de l’état, la Métropole a donc fait le choix délibéré de présenter une délibération illégale pour ses transports. Rejetant la responsabilité des arbitrages vers la chambre régionale des comptes et la préfecture.

    Le nouvel exécutif métropolitain a beau avoir réalisé des coupes dans leur fonctionnement à hauteur de 15 millions d’euros environ, les charges d’exploitation des transports augmentent de 64 millions d’euros face à la mise en service des nouvelles lignes de bus et l’extension du tramway. D’autant plus que l’extension de la gratuité représente 10 millions d’euros de manque à gagner, et la subvention du budget principal reste inchangée pour l’équilibrer face aux baisses de dotations de l’État, de 60 millions d’euros. Résultat : il manque 78 millions d’euros pour assurer le fonctionnement et 45 millions pour rembourser les emprunts.

    De quoi plaider, comme l’ont fait les maires, pour augmenter le plafond du versement mobilité payé par les entreprises.

  • Miss Lulu fait chavirer tous les cœurs de 7 à 77 ans

    Miss Lulu fait chavirer tous les cœurs de 7 à 77 ans

    « Miss Lulu pose ses valises à Marseille le temps d’un récital. C’est une diva très fantasque qui a su traverser les âges et le temps », explique son créateur et interprète, Olivier de Narnaud. Il poursuit : « Contre-ténor, je suis aussi passé par le Théâtre du Soleil. Mon personnage inspiré de ma grand-mère est né de ce mélange, il y a bientôt 10 ans. Enfin, j’ai beaucoup d’affection pour les chansons réalistes des années 20, 30, 40 du siècle dernier. »

    Jamais sans P’tit Pierre

    Passée par chez Michou à Paris, Miss Lulu fait partie de la revue du Cabaret de l’étoile bleue depuis deux ans. Le personnage vit son propre spectacle avec son accordéoniste P’tit Pierre. Le public va de 7 à 77 ans. « Les enfants sont scotchés par la voix, les costumes, par ce personnage qui chante, danse, raconte des histoires d’aujourd’hui », témoigne l’interprète, qui n’a jamais oublié cette petite fille habillée en princesse venue à sa rencontre en fin de soirée. « Nous n’arrivions plus à nous quitter » relate-t-il avec émotion.

    Indissociable de Miss Lulu, P’tit Pierre est son accordéoniste, mais aussi l’un de ses amours, et son souffre-douleur qui subit toutes ses colères. « Un musicien de formation classique, avec une prédilection pour le jazz, notamment manouche. Il est capable de produire 10 000 couleurs, car il joue de tous les instruments en un seul », détaille Olivier de Narnaud.

    Le 24 avril à 19h à l’étoile bleue. 107 bis, bd Jeanne-d’Arc à Marseille (5e). Réservation
    au 06.48.14.83.40.

  • À Marseille, 130 écrivains s’effeuillent avec les beaux jours

    À Marseille, 130 écrivains s’effeuillent avec les beaux jours

    « Dans le fracas du monde, le tumulte éditorial que nous connaissons en France et les atteintes à la liberté d’expression et de création, d’autres voix s’élèvent, celles de mots, ici à Marseille », amorce Vincent Schneegans, président de l’association Des livres comme des idées, productrice d’Oh les beaux jours ! qui effeuille sa 10e édition dans certains lieux culturels de la ville du 26 au 31 mai.

    à l’heure de la main de fer du milliardaire d’extrême droite Bolloré sur le monde de l’édition, et du récent licenciement d’Olivier Nora de Grasset, ce festival continue d’établir des ponts entre le monde des lettres et les différentes formes d’arts. « Depuis 10 ans, on essaye de montrer comment la littérature est une manière d’habiter autrement ce monde qui tangue. Une manière de faire entendre des voix multiples dans une époque où tout pousse à simplifier, accélérer et opposer », estime Nadia Champesme, co-directrice d’Oh les beaux jours, aux côtés de son alter ego Fabienne Pavia, qui s’alarme des résultats de « la dernière étude du Centre national du livre qui dit que les Français lisent de moins en moins. La lecture quotidienne n’a jamais été aussi basse depuis qu’on la mesure ». Des signaux d’alerte accentués par « la loi de finance 2026 qui acte une baisse historique des moyens consacrés aux librairies et à la création », précise-t-elle.

    Guiraudie, de Luca, Sfar…

    Illustrant que « la littérature n’est pas un refuge à l’état du monde », mais plutôt une prise à la société qui ouvre le champ des possibles, la 10e édition du festival proposera ses traditionnels grands entretiens avec des plumes renommées. La Criée accueillera ainsi des conversations avec le cinéaste et écrivain qui « explore les troubles du désir » Alain Guiraudie, l’immense auteur napolitain Erri de Luca et Delphine de Vigan. Le Mucem abritera pour sa part une rencontre littéraire avec le Cubain Leonardo Padura. Six jours durant, 130 auteurs sont invités au cours de 80 rencontres de « frictions littéraires ».

    Parmi ce flot de propositions, Joann Sfar donnera un concert dessiné autour de son ouvrage Terre de sang, restitution d’un voyage en Cisjordanie, « après le 7 octobre et la guerre à Gaza », où il a recueilli des paroles « de Palestiniens, Israéliens, Bédouins, journalistes, étudiants et artistes ; des voix palestiniennes surtout, traversées par la peur, la colère, l’injustice, l’épuisement et le sentiment d’un avenir confisqué ». Séquencé en plusieurs thématiques, des « corps » aux « contes (et légendes) », en passant par la « désintégration des systèmes sociaux, politiques et intimes », le programme ausculte les secousses du monde dans les yeux d’écrivains qui se livrent aussi bien par les mots et les dessins que le cinéma et la musique. Une édition qui marque les 10 ans d’Oh les beaux jours !, entre autres fêtée dignement le 30 mai au Conservatoire par une soirée lors de laquelle de nombreux auteurs de faire part de leurs « péchés mignons » culturels, avant un temps fort musical.