Tag: Marseille

  • Un homme abattu par la police municipale à Marseille, une enquête ouverte

    Un homme abattu par la police municipale à Marseille, une enquête ouverte

    Abattu jeudi en fin d’après-midi lors d’un contrôle routier boulevard des Libérateurs (11e), à côté de la déchetterie, par un équipage de la brigade cynophile de la police municipale, l’homme armé d’un couteau n’a pas survécu. La victime aurait tenté d’agresser les policiers municipaux indiquait le parquet, la Ville précisant qu’il était sorti de sa voiture muni d’une arme blanche, se dirigeant rapidement vers les agents, conduisant ces derniers à faire « usage de leur arme de service ».

    L’homme âgé de 25 ans, a priori défavorablement connu des services de police, sera touché par trois projectiles.

    Les policiers municipaux, « extrêmement choqués » ajoute la Ville, ont été orientés vers une cellule psychologique de l’hôpital de la Timone. Une enquête a été ouverte en flagrance et confiée à la direction de la criminalité territoriale (DCT). Le maire de Marseille a lui souligné « le courage des agents (…) face au danger [qui] assurent la sécurité des Marseillaises et des Marseillais au quotidien ».

    Ce fait divers remet également sur la table la question de l’armement de la police municipale. « Il est urgent de se demander : dans les villes où la police municipale doit être désarmée, auraient-ils eu une chance de survivre à une telle attaque ? » interroge le syndicat des cadres de la sécurité intérieure, sur les réseaux, appelant au « pragmatisme ». Près de 80% des polices municipales sont équipées d’armes, létales ou non, selon l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales.

  • Trois élus marseillais ont lancé le City Nature Challenge

    Trois élus marseillais ont lancé le City Nature Challenge

    Le lancement de quatre jours de découverte a été lancé, vendredi, au stade nautique Florence-Arthaud. Pour la 3e année consécutive, la Ville de Marseille relève le défi du City Nature Challenge, jusqu’à lundi. Un défi scientifique reconnu dans plus de 666 villes dans le monde, avec pour objectif de faire découvrir la faune et la flore marine et une volonté de préserver la biodiversité.

    Dans la continuité de 2025

    C’est un challenge que les habitants avaient grandement relevé, l’année dernière avec plus de 15 202 observations recensées, le double par rapport à 2024. Pour l’ouverture du City Nature Challenge, trois adjoints au maire de Marseille étaient présents, ce vendredi : Hervé Menchon, délégué à l’environnement et à la biodiversité, Perrine Prigent, déléguée aux espaces verts, à la nature en ville et aux cimetières, et Capucine Edou, déléguée à la mer et au littoral, à la transition écologique et énergétique.

    « C’est une 3e édition qui bénéficie de l’élan porté par les deux premières années et qui fait preuve de beaucoup plus de cohérence et qui est beaucoup plus attractive », affirme l’adjoint Hervé Menchon.

    Pour cette première journée du challenge, une pêche à la main était au programme avec une découverte des espèces vivantes que certains minots ont pu capturer. Au menu également, un débat sur l’initiation à ce défi et une projection sur le travail à réaliser à l’avenir. Ces quatre jours de challenge seront conclus par une restitution des espèces, le 22 mai, au Muséum d’histoire naturelle.

  • Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Les 73 conseillères et conseillers municipaux ont voté, à l’unanimité, la création d’un groupe unique de la majorité municipale », indique ce vendredi le Printemps marseillais, dans un communiqué. à cette occasion, c’est Arnaud Drouot, adjoint (PS) au maire de Marseille délégué au Bataillon de marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile, qui a été désigné pour en prendre la présidence.

    Faire vivre le groupe

    « Faire vivre l’unité et la diversité de notre rassemblement, promouvoir l’action du maire de Marseille Benoît Payan et des élus de la majorité municipale, sera la feuille de route du groupe », explique ce dernier, qui fut un temps directeur de cabinet de Benoît Payan sur la dernière mandature.

    Afin de « faire vivre ce groupe », un bureau représentant l’ensemble des sensibilités du Printemps marseillais a été créé. Un dispositif déjà mis en place en 2020, mais qui prend plus de consistance avec une majorité renforcée d’une vingtaine d’élus. Il est composé de sept membres : la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Thomas Roller (PS) pour les socialistes et apparentés, Amine Kessaci (EELV) pour les écologistes, Audrey Garino (PCF) pour les communistes, Éric Mery pour Mad Mars, et Pierre Huguet (G.s) qui retrouve à ses côtés des élus Debout ! et L’Après.

    « Si on regarde d’autres villes, avoir un groupe est rare. Cela montre que le Printemps marseillais est bien plus qu’une alliance électorale. C’est un message important d’unité, note ce dernier. Pour le reste, on est plus sur des périmètres politiques nationaux et cela permet de s’organiser pour garantir plus de fluidité dans nos échanges. »

    « Ce sera plus simple de faire des réunions chaque semaine en bureau plutôt que des réunions de groupes à 73 », résume l’entourage du maire. « Charge à nous de bien faire le lien avec tous les élus », glisse Éric Mery (Mad Mars), le nouvel adjoint aux Sports de la ville, qui a pris la tête des conseillers de « sensibilité » citoyenne. Un « groupe » de dix, tous membres du mouvement Mad Mars, où figurent notamment quatre autres adjoints, Pierre-Marie Ganozzi, Julien Harounyan, Juliette Masson et Sophie Guérard, ainsi que la maire des 6-8, Olivia Fortin.

    Si cette représentativité ne devrait pas se traduire par un positionnement particulier sur les bancs de l’hémicycle Bargemon, les conseillers municipaux de la majorité, jusqu’ici assis par ordre alphabétique, pourraient se retrouver répartis par affinité de délégation, glisse un autre élu.

    Ces « groupes » de sensibilité ont commencé à prendre forme. Pascaline Lecorché (Place publique) a sans surprise rejoint les socialistes et apparentés. « On a fait la campagne européenne ensemble, un chemin collectif s’est déjà construit et c’est en cohérence avec nos positions nationales », explique cette dernière.

    Le « groupe » communiste présidé par l’adjointe au logement Audrey Garino, réunit le maire PCF des 15-16, Jean-Marc Coppola, Anthony Goncalves, le chef de file du PCF sur la campagne qui en prend la vice-présidence, ainsi que Nathalie Tessier, Hassan Guenfici, Ibrahim M’Ze, Mohamed Itrisso, Laure Rovera et quatre conseillers apparentés : Rebecca Bernardi (PM), Marie Batoux (PM), la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard et Patrick Amico.

  • À Marseille, des bureaux transformés temporairement en tiers-lieu

    À Marseille, des bureaux transformés temporairement en tiers-lieu

    Au 148 rue Sainte, à quelques pas de l’abbaye Saint-Victor l’association Yes we camp transforme temporairement les anciens bureaux de l’entreprise maritime Bourbon en tiers-lieu. Alors que les 4 200m2 de ce bâtiment devaient être vacants, le temps d’obtenir les autorisations pour être transformé en logements, l’association a décidé d’en faire « Rivage », lieu d’accueil pour associations et artistes. Un nouvel espace que Yes we camp inaugure ce vendredi soir.

    C’est également ici que le projet Gr1 a déménagé. Un lieu ressource solidaire pour jeunes exilés à Marseille, organisé en partenariat avec Médecins sans frontières, Just, la Ligue de l’enseignement, le Secours catholique et l’Armée du salut. 500m2 en rez-de-jardin sont ainsi devenu un espace d’accueil pour ces jeunes.

  • [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    La Marseillaise : Comment travailler la question du coût du logement ?

    Audrey Garino : Ce problème est la conséquence de problématiques qu’on doit travailler avec de la production évidemment de logements sociaux mais aussi sur son coût propre et donc l’encadrement des loyers. La ville le demande depuis longtemps et on sera proactif pour que le gouvernement l’accorde à Marseille. C’est un des premiers combats politiques que nous porterons. Cela s’inscrit aussi dans la question de la transparence et des critères d’attribution de logements sociaux, et la régulation des meublés de tourisme.

    Et en matière d’habitat indigne ?

    A.G. : Dans la continuité de ce qui a été engagé sur la réhabilitation du parc ancien, sur la lutte contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil, on souhaite faire avancer certaines mesures comme l’extension du permis de louer. Il y a aussi pour les copropriétés dégradées le suivi des Orcod-IN. Comme l’encadrement des loyers elles ont été demandées par la ville, pas par dogmatisme mais parce qu’on a besoin de ces outils pour permettre aux Marseillais de mieux se loger. Puis on parle souvent du parc privé mais il y a aussi le parc social qui est dégradé. C’est une préoccupation et une réflexion globale pour accompagner ces locataires et rétablir le rôle de gendarme de la Ville sur tous les lieux de vie.

    Votre délégation comporte aussi la question de l’hébergement ?

    A.G. : Elle intègre les sujets d’hébergement d’urgence. Cela pose la question de l’adaptation du logement et ouvre la réflexion sur un véritable parcours dans le logement aux différentes étapes de la vie. Tout ça fait partie d’un plan d’action vaste avec une vraie réflexion sur un parcours de la rue jusqu’au logement. On a, à Marseille une réalité de sans-abrisme extrêmement forte, il faut adapter la réponse politique. Il ne faut pas simplement créer des places d’hébergement d’urgence, et on le fera parce que ça fait partie de nos engagements, mais aussi voir évoluer certains dispositifs comme Logement d’abord. Tout ça fait partie d’un plan d’action d’ensemble. Le fil rouge, c’est le droit au logement. Le logement est un droit dans la loi mais malheureusement pas un droit dans les faits. L’ensemble de nos réflexions doivent concourir à ce qu’il le devienne.

  • « 435.1 m’a tué » : une loi ciblée, des morts et l’art pour dénoncer

    « 435.1 m’a tué » : une loi ciblée, des morts et l’art pour dénoncer

    « Au fur et à mesure, c’est la vérité qui se dilue », déplorait, en juin 2025 devant l’Assemblée nationale, Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, dont la vie s’est arrêtée à 19 ans, le 4 août 2021 à 18h, à la Belle de mai, dans le 3e arrondissement. La balle d’un policier l’a atteint au thorax, lors d’un contrôle routier au croisement des rues Bonnardel et Fortuné-Jourdan.

    Souheil, Rayanna, Olivio, Luis… Quatre portraits de jeunes victimes de violences policières, des noms, des dates. En tout, sept panneaux grand format affichés en pleine rue pour une chronologie « de l’impunité ». À Paris, le 18 avril, à Saint-Denis le 19, à Marseille le 26, puis à Rennes et Lilles en juin, « 435.1 m’a tué.e » tourne dans l’espace public. C’est le premier projet de sensibilisation de Save pour faire bouger le droit. L’exposition collective rend visible les vies brisées que les familles estiment liées à l’article L.435-1 du Code de la Sécurité intérieure (CSI). Elle met en relief des enquêtes qu’elles jugent « biaisées dès le départ » ou qui, après des années, « aboutissent à des non-lieux ».

    Une exposition sur le fil

    En 2017, l’article L.435-1 élargit les conditions d’usage des armes à feu par la police. « Dans les mois qui suivent, les tirs augmentent de 50% », souligne l’association, qui tire le fil rouge politique des engrenages qui amènent à l’impunité, l’injustice. Les familles de ces victimes refusent de se résoudre à voir la vie de leur proche tomber dans les oubliettes, elles exigent que la vérité soit mise à jour car, à leur douleur, s’ajoute « l’impossibilité de faire le deuil ».

    Le 4 août 2021, après la mort de Souheil, commence un marathon judiciaire. Une vidéo perdue par l’IGPN, une procédure qui s’éternise, neufs scellés qui avaient pourtant été versés au dossier disparus, puis retrouvés après la menace d’une inspection (une enquête a été ouverte et dépaysée au tribunal d’Aix). Rien n’est encore clos, puisqu’une « information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire, le 8 octobre 2022, contre le policier auteur du tir mortel et l’instruction est toujours en cours », rappelle le parquet de Marseille.

    Pour la famille, ce qu’elle traverse n’a rien d’un cas isolé : ailleurs, les mêmes violences, le même déni, la même impunité. « 435-1 m’a tué.e » est un projet militant qui utilise l’art pour mettre en question une loi, dénoncer ses conséquences. L’exigence des familles réunies au sein de Save et qui travaillent avec d’autres collectifs, comme Flagrant Déni, et des avocats, est d’obtenir « l’abrogation de l’article L.435-1 du CSI. Pour que ça n’arrive plus ». « Parler, créer, lutter, c’est le fil rouge d’une même résistance », défend Save. Déjà, en 1994, Maurice Rajfus, auteur de nombreuses œuvres portant sur la police et les atteintes aux libertés, avait fondé l’Observatoire des libertés publiques.

  • À l’Hôpital européen, l’opéra comme une parenthèse de douceur

    À l’Hôpital européen, l’opéra comme une parenthèse de douceur

    Lundi 27 avril, de 15h à 16h, quatre solistes et un pianiste de l’Opéra interpréteront gratuitement une dizaine d’extraits d’opérette pour les patients, usagers et professionnels de l’hôpital. L’Hôpital européen s’attache à favoriser l’accès à la culture pour ses usagers et professionnels. L’objectif étant de rendre la culture accessible à tous, mais aussi de lui reconnaître une dimension thérapeutique : non pas dans la guérison, mais dans la création d’un espace de relation humaine, d’écoute et d’accompagnement.

  • « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons »

    « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons »

    « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons. » C’est par cette formule que l’illustre avocat Thierry Levy a intitulé un petit essai dans lequel il critiquait la centralité de la prison en écrivant : « Lorsqu’elle échoue dans l’objectif de réinsertion qu’elle proclame, elle réussit à étancher la passion vengeresse et à infliger une cruauté qu’elle camoufle. » Avec 86 229 personnes détenues au 1er décembre 2025, soit un taux d’occupation globale de 136% la passion vengeresse qu’évoque l’auteur paraît assouvie. Face à cette situation critique du système carcéral français, l’actuel ministre de la justice cherche des solutions sans renier son paradigme sécuritaire. Après avoir pensé à louer des places de prisons à des voisins européens, il s’est inspiré de l’Allemagne pour proposer la construction de 3 000 nouvelles places de prison dites modulaires c’est-à-dire sous la forme de préfabriqués. Plus vite et moins cher serait la devise du ministère. Il y a pourtant 5 ans et demi, lorsque la France sortait du confinement, la population carcérale passait sous la barre des 100% d’occupation sans construire de nouvelles cellules. Comment ? Dans une France confinée, la ministre Nicole Belloubet a d’abord envisagé la suppression des parloirs famille pour les personnes détenues. Mais, face à la crainte de mutinerie, cette dernière s’est résolue à envisager des mécanismes de régulation carcérale. Les juges de l’application des peines ont été incités à employer de manière anticipée les mécanismes d’aménagement de peine pour les personnes condamnées à de courtes peines. Résultat : en 2021, la population carcérale baisse de 70 730 à 62 673 détenus ce qui fait revenir le taux d’occupation juste au-dessous des 100%. Malgré le succès de ces mécanismes, et en dépit de leur caractère peu coûteux, aucun enseignement n’en a été tiré et seulement cinq ans et demi plus tard, la France a battu son record de personne écrouées.

    En effet, le personnel politique n’entend pas porter ce type de mesure en raison du coût électoral réel ou supposé. La CGPL raconte : « Je rencontre beaucoup de députés qui me disent qu’ils sont d’accord avec moi, mais qu’ils n’ont pas l’opinion avec eux. » Autrement dit une telle mesure n’est pas à l’ordre du jour faute de courage politique… Ainsi, la politique ministérielle de constructions de prisons modulaires permet au ministre d’espérer concilier une volonté répressive, supposée provenir de l’opinion publique, et un système carcéral au bord de l’explosion. Pourtant l’échec de la politique capacitaire est largement documenté car plus il y a de places disponibles plus on a recours à l’incarcération, notamment en détention provisoire. Nul doute que la tête du ministre est plus dure que les murs des prisons.

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  • [Entretien] Faf Larage : « Il suffit d’écouter le rap pour prendre la température d’une époque »

    [Entretien] Faf Larage : « Il suffit d’écouter le rap pour prendre la température d’une époque »

    La Marseillaise : Vous n’aviez jamais été en duo sur un titre avec Shurik’n avant 1997. C’est à la suite d’une remarque d’Imhotep (producteur d’IAM et de plusieurs classiques du rap marseillais) que vous vous lancez alors pour « La garde meurt mais ne se rend pas »…

    Faf Larage : Exactement. C’est l’équipe de son label Kif-kif production qui nous a sollicités pour qu’on fasse un maxi [format musical se situant entre le single et l’album, Ndlr] ensemble.

    C’était parti pour un morceau
    et ça a fini trois ans plus tard
    en album avec «
     La garde »…

    Faf Larage : Ça s’est construit au fil du temps. Quand cela a été un peu plus calme pour mon frère avec IAM et de mon côté, on a décidé de faire un album tous les deux pour se faire plaisir.

    Comment a surgi l’idée de cet album, qui est un exercice de style hip-hop où vous réunissez vos univers respectifs d’héroic fantasy et de samouraï ?

    Faf Larage : L’idée est venue assez rapidement. Dès le premier morceau qu’on a fait, on avait déjà cette réflexion en tête. Quand on voit le clip du titre La garde meurt mais ne se rend pas, c’est assez flagrant. De mon côté, ma référence était simple. Avant La garde, le premier maxi solo que j’avais fait chez Kif-Kif s’appelait Stormbringer. C’est une épée d’une saga d’héroïc fantasy [elle apparaît dans Le cycle d’Elric, écrite entre les années 1960 et 80 par l’écrivain anglais Michael Moorcock, Ndlr.]. J’avais déjà ces références très tôt donc, quand on part sur La garde, il y a déjà tout cet univers d’héroïc fantasy qui est présent.

    « La garde meurt mais ne se rend pas » sample un titre écrit par le compositeur italien de musique de films Pino Donaggio (issu du film réalisé en 1980 par Brian de Palma, « Pulsions »)…

    Faf Larage : Pour la petite histoire, cette instru, c’est mon frère qui l’a faite. Un son Shurik’n. On reste dans l’école. J’ai tout de suite validé.

    Dans votre album en commun, vous puisez aussi dans des boucles du trompettiste de jazz Donald Byrd pour « Old man » et celles du maestro soul Roy Ayers pour « Ça m’saoule ». À cette époque, le sample était roi, contrairement à aujourd’hui pour des raisons juridiques et économiques. Pour vous, est-ce que cela a participé à l’appauvrissement de la musicalité du rap ?

    Faf Larage : Bien sûr. C’est logique. Nous-mêmes, on a commencé à le vivre. À l’époque, quand les samples ont commencé à être payants, qu’il y a eu la chasse aux samples – et même si aujourd’hui, avec du recul, je trouve ça complètement normal car on leur prend une musique sans leur demander leur autorisation – on s’est retrouvés avec des producteurs comme Swizz Beatz qui sont arrivés avec les synthétiseurs cordes. Au début des années 2000, on a commencé à voir arriver tout le son Ruff ryders (label où était signé le Mc aboyeur DMX). On se rend alors compte que la musique commence à être plus pauvre qu’au moment des samples. Même pour de gros artistes comme les Jay-Z et autres, ça devient beaucoup plus pauvre en termes de musicalité. Après, on a trouvé notre truc ailleurs, en se situant plus dans l’énergie. Mais la musique en a quand même pris un coup.

    En 2000, dans « La garde », vos paroles comme votre musique donnent un côté cinématographique à l’album. Imhotep disait à « La Marseillaise » il y a plusieurs mois que « le rap a toujours été la bande originale de son époque ». À ce compte, qu’est-ce que le rap actuel dit de notre société selon vous ?

    Faf Larage : Imhotep a raison. Il suffit d’écouter le rap pour replonger dans une époque et en prendre la température. Pourquoi le rap est-il le reflet de ce qu’il se passe dans notre société et d’une certaine jeunesse ? Car c’est la bande originale de notre époque. Les anciens disent souvent que les morceaux d’aujourd’hui ne font que 2 minutes. Bien sûr, mais c’est parce qu’on vit dans un monde de clics. Tout va très vite. Tout ce qu’on fait ne doit pas durer. On n’est pas dans l’idée de prendre le temps. Les morceaux sont à cette image. Même dans les paroles, on n’a plus le temps de s’installer dans un thème. Aujourd’hui, il y a 10 thèmes dans un couplet, encore à l’image de ce qu’il se passe aujourd’hui : dans les infos, le fait de scroller sur les téléphones. Les gens ne s’attardent plus sur un sujet.

    Sur « J’ai pas envie », vous rappiez : « T’as pas envie que des puissants ou des fanatiques déterminent sur des cartes ce qui t’appartient ou pas. » Le rap, c’est la BO d’une époque mais ça peut aussi résonner drôlement à nos oreilles aujourd’hui…

    Faf Larage : Tout à fait. Et malheureusement.

    Dans « Je me dois de représenter », vous attaquiez le morceau en disant : « On va conjurer le sort qu’ils nous réservent (…) on veut entendre si des gens d’en bas réussissent. » 25 ans après, vous vous dites que la mission est réussie ou cela vous laisse plutôt un goût amer en bouche ?

    Faf Larage : Je suis mitigé. Évidemment qu’il y a aujourd’hui des gens qui viennent d’en bas et qui réussissent. Mais on a pris vraiment un modèle américain avec tout le côté de rêve, de se dire qu’on peut partir de quartiers et devenir millionnaires. Et en même temps, il y a toujours ce côté très américain dans le sens où il y a cette possibilité mais ça reste un rêve. C’est le loto. Tout le monde peut jouer et gagner, mais quand on regarde de plus près, on se rend compte que la majorité de ceux qui réussissent ont plus de chances que d’autres et sont avantagés dès le départ. On reste dans une société qui maintient les gens d’en bas toujours en bas. Il y a un plafond de verre. Tu peux grimper, mais uniquement jusqu’à un certain stade. Je parle en termes de masse. On peut s’élever jusqu’à un certain stade, puis c’est fini. Après, ça concerne l’élite et ce n’est plus pour nous.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

    Rimes phocéennes au Fonky festival de Mars

    Comme le rappelait DJ Djel, son chef d’orchestre, au moment du lancement du Fonky festival de Mars il y a trois ans, l’idée est de « promouvoir les artistes de la ville et des alentours pour leur donner l’occasion de défendre leurs projets sur scène, sachant qu’aucun festival de rap mettant en avant les talents marseillais n’existait ». Un juste combat qui en est désormais à sa 3e édition et se tient vendredi 24 et samedi 25 avril, à la Friche Belle de Mai. Parrainée par Soprano, une mouture où sont annoncés des artistes et groupes comme Missan, Carpe Diem, Dilome, Sako, Kyzi, L’Amir’al, Berreta, Maze, Derk16, Sirrine LV, Zbig, Zicler, Toadzzy, Fokca, Benefils, Dj Rebel, Idazerrr, Creestal, Kayla et L’Ami Caccio.

    Programme et billets sur lafriche.org et shotgun.live/fr/festivals/fonky-festival-de-mars-3

  • Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Pas moins de dix lieux totems accueilleront les 72 heures de l’écologie à Aubagne et à Marseille, un événement porté par La Cité des Transitions.

    Cette nouvelle édition rassemble de nombreuses associations, avec la participation des villes de Marseille et d’Aubagne, ainsi que d’acteurs de la Métropole Aix-Marseille‑Provence. L’accès est gratuit et ouvert au grand public.

    L’événement se veut engagé

    « C’est un événement important parce que la filière de tous nos acteurs est particulièrement dynamique et c’est l’occasion d’aller à leur rencontre et de connaître leurs actions », explique Marianne Morini, responsable de la Cité des transitions. L’événement permet également de faire redécouvrir des lieux parfois oubliés des Marseillais, comme le stade nautique Florence-Arthaud, ancienne marina olympique habituellement fermée au public.

    Marianne Morini annonce : « C’est aussi l’occasion de faire changer un peu les regards, parce qu’on fait souvent croire que l’écologie et la solidarité sont des façons un peu austères d’aborder le changement qui est nécessaire, et là on montre que c’est tout l’inverse. »

    Ce rendez-vous annuel est proposé par des organisations engagées avec des associations locales, des structures de l’ESS (l’économie sociale et solidaire), des collectifs et des institutions. Des noms comme les Shifters, Enercoop Paca et Banlieue Santé.

    « Notre association est un réseau d’acteurs engagés dans les transitions écologiques et sociales. Ces mêmes acteurs qui organisent les 72 heures de l’écologie », explique-t-elle.

    Une nouveauté permet aussi d’augmenter l’ampleur de l’événement. En effet, la Cité des transitions s’est associée avec le Jour de la Terre, le 22 avril, qui est aussi une journée primordiale pour les acteurs engagés dans l’écologie, notamment à Marseille. « Entre la thématique et les lieux, c’est obligé de trouver un intérêt, en plus c’est gratuit », insiste Marianne Morini.

    Les 72 heures de l’écologie
    à Marseille et Aubagne,
    du vendredi 24 au dimanche 26
     avril. Programme
    sur citedestransitions.org