Tag: Marseille

  • Privés d’ascenseur les habitants se font porter

    Privés d’ascenseur les habitants se font porter

    « J’avais annulé tous mes rendez-vous chez le neurologue parce que je suis tombée deux fois dans les escaliers, explique Danièle, locataire du 7e étage que l’accompagnateur de SAMV aide à s’installer dans le « vertimove », un fauteuil monte-escaliers électrique. Maintenant, je peux y retourner, puisqu’Enzo me remonte. » Depuis huit mois, les locataires des 26 appartements du bâtiment 31 étaient privés d’ascenseurs.

    Enzo manie le fauteuil avec prudence pour conduire Danièle à l’extérieur. « Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas le prendre pour aller m’amuser en bas », rassure la dame. Mais au 31 de cette cité du 15e arrondissement, on ne rigole pas vraiment depuis huit mois. Comme dans beaucoup d’autres immeubles, « les pannes, on connaît, mais longues comme ça, on n’en peut plus », souffle une autre locataire dans le hall. Elle a déposé ses quatre sacs de courses dans en attendant l’aide de son mari pour grimper les étages les bras chargés. « On a bien tenté d’appeler le numéro, mais ils ne sont pas venus, explique-t-elle en désignant une affiche. Et c’est compliqué de s’organiser pour dire quand on arrive avec les commissions. »

    « Une aide au portage de courses est aussi proposée, mais par la Régie de quartier », souligne le directeur technique de 13 Habitat. Il souhaite coordonner les services d’aide aux personnes à mobilité réduite, au portage ou à la descente des ordures ménagères « sur un seul numéro d’appel, pour plus de simplicité ». Quand une panne s’éternise, « qu’on ait des problèmes de santé ou qu’on soit valide, à partir du 3e ça devient pénible », reconnaît la responsable de l’agence Belvédère. Elle n’a pourtant enregistré « que trois demandes » depuis la mise place du service, le 20 août dernier, parce que « les gens n’osent pas et il faut le temps que l’information passe… ».

    Pannes d’ascensoristes

    « C’est inhumain d’être assigné à résidence », convient Damien Vanoverschelde. Le directeur général de 13 Habitat est venu assister à l’expérimentation de cette aide à la mobilité. « C’est une première pour 13 Habitat, mais ce système a déjà été expérimenté ailleurs. Nous souhaitons le déployer sur tout le département quand il y a des pannes ou quand il y a une mise à l’arrêt pour des travaux programmés », précise-t-il. Il convient que le délai de réparation est particulièrement long sur cet appareil : « Il y a eu un incendie criminel qui a détruit le hall et la cage en janvier. La police avait mis des scellés. Puis on a remis le hall en état. Mi-juin, on a demandé le rétablissement de l’électricité. Enedis n’a répondu que le 22 juillet, puis est intervenu le 12 août. L’ascensoriste va pouvoir lancer les travaux ».

    Mais la problématique des pannes récurrentes d’ascenseurs est plus large. C’est « sur ce constat » que s’est créée l’association, puis la société de services SAMV, explique son directeur, Fouad Ben-Ahmed, qui développe depuis 10 ans les services de portage et commence à constituer une équipe à Marseille. « On est intervenu sur plusieurs résidences sociales et copropriétés, comme au Mail dans le 14e. Le fauteuil passe aussi dans l’escalier en colimaçon ». Pour lui, les ascensoristes « n’ont plus de stock depuis le Covid, car c’est cher. C’est pour ça qu’il y a des délais pour les pièces manquantes ».

    « Oui, il y a un vrai sujet sur les ascenseurs, admet Damien Vanoverschelde. Quand il y a une panne, on est tributaire des pièces. Elles sont en métal ou avec des composants électronique qui proviennent de Chine. Le blocage du détroit d’Ormuz n’a pas arrangé les choses. » Il reste qu’au XXIe siècle, remettre au goût du jour la chaise à porteurs, tout électrique soit-elle, pour remédier à un souci national du marché des ascensoristes, ça vous scotche aux escaliers ! Quid de la loi visant à contraindre toute la chaîne de responsabilité à agir sans délai, proposée par le député PS des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhardit, et adopté il y a un an par l’Assemblée nationale ?

  • Un marché d’été sans recrue pour un OM diminué

    Un marché d’été sans recrue pour un OM diminué

    Les dirigeants olympiens ont toujours été actifs le dernier jour du mercato. Que ce soit le 31 août ou le 1er septembre, les heures avant la clôture n’ont jamais été de tout repos pour les fans marseillais. Chacun était scotché devant son écran, attendant les infos sur une nouvelle arrivée. Il y a 9 ans, ils étaient tous si bien ensemble que l’annonce du « grantatakan », Kostas Mitroglou, avait été faite après minuit, alors horaire de fermeture du marché des transferts. Pas plus tard qu’en 2025, Benjamin Pavard, Matt O’Riley et Arthur Vermeeren ont eu la permission de débarquer à Marignane ce fameux dernier jour.

    Le contexte est différent en cette fin d’été 2026. L’OM avait jusqu’à 19h59, ce mardi, pour enregistrer une recrue, mais sans surprise : le néant. Les départs n’ont pas été assez conséquents et Frank McCourt n’a pas pu mettre la main à la poche, la DNCG bloquant toute transaction. Les Phocéens peuvent encore ajouter un ou plusieurs joueurs à leur effectif grâce aux transferts nationaux libres, mais pas plus. Karl Toko Ekambi est le nom sortant du chapeau, l’ex-Lyonnais pourrait arriver libre dans les prochains jours. L’occasion de renforcer une attaque peu dense, comptant les titulaires Gouiri, Harit et Paixão, plus les jeunes Mmadi et Abdallah.

    Ce dernier jour du marché des transferts pouvait accoucher de départs. Plusieurs éléments à forte valeur marchande et/ou salaires élevés auraient pu quitter le navire : Højbjerg, Paixão, Emerson, Kondogbia. à noter qu’un départ de Quinten Timber semblait à l’étude, mardi soir, avec la piste Crystal Palace, revenu à la charge pour enrôler le milieu de 25 ans, le marché anglais se concluant à minuit (après notre bouclage). Deux visions se sont opposées : celle du propriétaire Frank McCourt, désireux de générer un maximum de rentrées d’argent, et celle du secteur sportif, avec Genesio et Lorenzi en tête, qui souhaitaient conserver un effectif compétitif avant les échéances importantes de l’automne.

    Que des départs

    Les hommes de terrain ont donc fait pencher la balance de leur côté, avec Igor Paixão qui n’a pas rejoint l’Angleterre, alors que Pierre-Emile Højbjerg n’est pas parti en Angleterre ou en Italie. Attention, des départs sont toujours possibles puisque certains marchés restent ouverts cette semaine [voir ci-contre]. Le bilan est simple : aucun joueur n’a signé à l’OM durant l’été, une situation inédite pour un club français engagé dans une compétition européenne. Ils ont tout de même été nombreux à quitter les Bouches-du-Rhône depuis le mois de juin. Dix au total, en comptant les fins de prêts de Nwaneri, Pavard et Vermeeren et le départ libre de Bilal Nadir vers Hambourg.

    Officiellement, trois joueurs ont été définitivement achetés avec le capitaine Timothy Weah, Facundo Medina et Hamed Junior Traoré, mais les deux derniers cités sont déjà repartis sous d’autres cieux. C’est aussi le cas pour Pierre-Emerick Aubameyang (La Corogne), Gerónimo Rulli (Manchester City), Leonardo Balerdi (AS Roma) et bien sûr Mason Greenwood (Fenerbahçe), dont l’OM ne verra que 60% des 39 millions d’euros récoltés. Un amincissement forcé, et le serrage de ceinture est toujours de mise.

    Le mercato encore ouvert dans certains pays

    Dans les cinq grands championnats, le marché des transferts s’est clos ce mardi 1er septembre. C’était à 19h59 pour la France, 20h pour l’Italie et l’Allemagne, minuit pour l’Espagne et l’Angleterre. D’autres pays ont choisi d’étirer ce mercato pour quelques jours supplémentaires.

    C’est le cas pour les Pays-Bas et les États-Unis (mercredi soir), la Belgique et le Qatar (jeudi soir) et le Portugal et la Turquie (vendredi 23h59).

    Les départs vers l’Arabie Saoudite sont encore possibles pour une longue période. Les Saoudiens ne fermeront le marché pas avant le 12 octobre prochain. En Europe, ce dernier ouvrira à nouveau le 1er janvier 2027.

  • L’indignité des Baumettes face au tribunal administratif

    L’indignité des Baumettes face au tribunal administratif

    À Marseille, il y a deux palais : le palais de justice, où l’on rend la justice des hommes, et ce que les Marseillais appellent le Palais pour parler des Baumettes, où on entre avec une odeur d’égouts et d’urine qui vous prend à la gorge », résumait Me Emmanuel Docteur, intervenant pour le barreau de Marseille. Ce mardi, le tribunal administratif de Marseille examinait le référé-liberté déposé par le Syndicat des avocats de France et l’Observatoire international des prisons pour « faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées aux libertés fondamentales des personnes détenues » aux Baumettes, une semaine après la même procédure pour Luynes.

    « Tous les deux jours, une personne meurt en prison à cause de la manière dont on le traite », insiste ainsi Me Zaïneb Moumen, qui présentait la requête, en s’alarmant d’une « apathie collective ». Alors que la France est le pire élève d’Europe en matière de surpopulation carcérale, elle souligne que Marseille est le seul établissement pénitentiaire qui, en 2024, avait encore des matelas au sol. Et d’insister sur l’impossibilité pour certains détenus d’accéder à une eau fraîche, des cours intérieures avec 50 °C au sol enregistrés. Une note interne prescrivait pourtant un accès à l’eau fraîche, à des ventilateurs, un entretien de l’aération face à la canicule. « Une administration qui n’applique pas la doctrine qu’elle s’impose à elle-même, c’est tout de même curieux », ironise Me Emmanuel Docteur, qui s’inquiète de l’impossibilité pour des détenus de pouvoir faire appel, faute de pouvoir joindre le greffe.

    « Dire que l’ouverture des Baumettes 3 n’a pas eu d’impact sur les conditions de détention est objectivement faux », répond le directeur du centre pénitentiaire, Jean-Marie Landais, qui promet la suppression des matelas au sol avec l’ouverture du dernier quartier dans trois semaines. Il met aussi en avant le protocole de régulation carcérale signé le 30 juin dernier, avec des examens de réduction des peines anticipés à partir d’un taux d’occupation de 150%. Le juge des référés de son côté s’arrête davantage sur les possibilités de déposer le courrier pour solliciter le greffe. Face à la vingtaine de mesures réclamées, il avertit : « Très franchement, il ne faut pas vous attendre à un miracle. Ce n’est pas au tribunal administratif de lutter contre la surpopulation carcérale. » En soulignant qu’il doit viser « ce qui est suffisamment grave et manifestement illégal ».

    La clôture de l’instruction est fixée pour ce mercredi matin.

  • À Marseille, la rentrée met l’accent sur le pouvoir d’achat

    À Marseille, la rentrée met l’accent sur le pouvoir d’achat

    Au milieu de la cour récemment refaite de l’école Clair-Soleil, dans le quartier de Bon Secours (14e arrondissement), les élèves s’empruntent de déballer les fournitures distribuées par les élus, mardi, en cette matinée de rentrée scolaire. « Ils nous ont mis bien, je n’avais pas ça en CM1 », commente Myriam en sortant les nouveaux compas, rapporteurs, équerres de son sac frappé aux armoiries de la Ville. Se faisant du haut de ses 10 ans et demi l’ambassadrice des nouveautés proposées par la municipalité pour cette rentrée, la première de ce nouveau mandat du Printemps marseillais.

    Pour le premier conseil municipal de cette saison 2 au mois d’avril, la majorité de gauche largement renforcée avait en effet approuvé une augmentation de 2 millions d’euros pour les fournitures scolaires des écoliers. De quoi adapter désormais le contenu du kit scolaire à chaque niveau de classe. « Quand on est en CP, on n’a pas les mêmes besoins qu’en CM2, commente le maire (DVG) Benoît Payan, après être allé à la rencontre des écoliers. Et nous avons des kits dont le prix a augmenté : ils valaient à peu près 80 euros, aujourd’hui, ce sont 110 euros par élève, qui vont leur permettre de pouvoir rentrer à l’école avec les mêmes chances. » La mesure a du sens dans cette école, la troisième la plus pauvre de la ville : lorsque le maire demande combien d’élèves ont vu la mer cet été, à peine la moitié lève la main. Elle contraste d’autant plus pour cette rentrée où d’autres municipalités ont elles fait le choix de supprimer les fournitures gratuites, que ce soit la majorité de droite d’Avignon ou celle d’extrême droite à Nice.

    Renforcer le périscolaire

    Avec cette rentrée entre également en vigueur la nouvelle grille tarifaire des cantines, votée lors du dernier conseil municipal le 26 juin, qui doit permettre d’étendre la gratuité à 5 000 écoliers supplémentaires, ainsi que la distribution de petits-déjeuners étendue à neuf écoles. « Des promesses de campagne », rappelle l’adjointe (Place publique) à l’éducation Pascaline Lécorché, tandis que le maire garde le regard dans le rétroviseur : « Je me souviens encore, conseiller municipal, arpenter les écoles de la ville et voir des centaines d’enfants qui n’étaient pas inscrits. Il y avait un problème énorme qu’il a fallu résoudre. »

    D’autres encore restent sur la table. Dans un courrier adressé ce lundi au maire, les élus d’opposition Romain Simmarano (Ren.) et Stéphane Pichon (DVD) pointent les difficultés du périscolaire. « La pause méridienne, qui concerne neuf enfants sur dix, demeure trop souvent dégradée », écrivent-ils, réclamant notamment un taux d’encadrement plancher. « Si la Région et le Département nous aident, on le fera très volontiers », évacue Benoît Payan. « Le périscolaire va être une des pierres angulaires du mandat », promet Pascaline Lécorché, qui affiche son ambition de structurer davantage la filière animation, alors qu’un marché a été lancé cet été, qui prévoit l’extension des horaires d’accueil dès 2027.

  • [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    À Marseille la référence majeure, c’est depuis le début des années 1990 la place de l’Opéra. Pionnière pour sa création en novembre 1989, l’association les Trottoirs de Marseille actuellement présidée par Michel Raous avait obtenu l’autorisation de la mairie pour investir cet espace. Installer la sono, des tables conviviales pour les pauses et les rafraîchissements est une évidence de l’été : excepté pendant la Covid, cette tradition s’est rarement interrompue.

    Pour les balades urbaines, une danse idéale.

    Jeudi 13 août, 80 ou 100 danseurs, les couples se succédaient. Olga Chalica, DJ venue d’Alicante, accompagnait les séquences. Cinq ou six couples « meilleurs » que d’autres donnaient le ton de la soirée. Les danseurs pensent avec leur corps et ne savent pas exactement de quoi ils sont capables. Leur ressenti, ce peut être un sentiment brusquement intense, un mystérieux mixte d’intimité, de technique et de musicalité. Chacun connaît sa grammaire personnelle tout en restant à l’écoute des intuitions et des mouvements d’autrui. Talons hauts et jupes fendues ne sont pas fréquents. Point de machisme abusif, la domination masculine et le consentement féminin s’estompent. Presque aussi souvent que les hommes, les femmes font les premiers pas pour changer de partenaire. Dans de nombreuses configurations, le guide du couple est à présent une femme. Des couples queer, hommes et femmes viennent volontiers danser. Dans un récent article, le sociologue marseillais Christophe Apprill a raconté cette évolution.

    Chez tout danseur de tango on peut approcher une partie de son histoire. Chercheur au CNRS, Michel Raous affectionne dans les textes de tango une exagération proche du meilleur humour. Lily estime que sans tango, sa vie n’aurait pas la même saveur. Par ailleurs requise par la photographie, Estelle Doehr a voulu approfondir les amitiés et les rencontres que lui procura cette danse en animant avec d’autres, entre 2005 et 2011, l’association Rue du Tango. Elle a produit des milongas en compagnie de la géographe Élisabeth Dorier qui a inventé pour les danseurs des itinéraires pas du tout conventionnels, du côté du Racati, de Saint-Barnabé ou bien de Gèze.

  • [Présidentielle] Yannick Ohanessian porte-parole d’Olivier Faure

    [Présidentielle] Yannick Ohanessian porte-parole d’Olivier Faure

    «J’ai toujours été fidèle à ce qu’il portait dans le parti, explique-t-il. Étant déjà porte-parole du Parti socialiste pour porter la ligne majoritaire d’union de la gauche, il était naturel pour lui que je fasse partie des portes-parole de la primaire pour les six semaines à venir.» En particulier, l’adjoint marseillais viendra porter les sujets de protection, «à la fois sur les enjeux de sécurité civile, mais aussi sur les aspects de la santé, de l’alimentation, de l’habitabilité…» S’il était partisan d’un coût de participation plus bas que les 15 euros demandés, «nous sommes les seuls à porter l’idée d’une primaire», souligne-t-il alors que Place publique et la Gauche républicaine et sociale (GRS) s’y joignent. Si Olivier Faure l’emporte, «il y a de fortes chances» que Yannick Ohanessian joue un rôle dans sa campagne, glisse-t-il.

  • [Rentrée des classes] Martine Vassal en visite dans le collège André Chenier

    [Rentrée des classes] Martine Vassal en visite dans le collège André Chenier

    Les kits scolaires, comprenant un ordinateur, une calculatrice scientifique et une carte C-jeune ont été distribués aux élèves qui profitent cette année d’un établissement rénové.

  • Face aux pollutions persistantes, bras de fer autour du tunnel du Soulat à Marseille

    Face aux pollutions persistantes, bras de fer autour du tunnel du Soulat à Marseille

    Il n’y a plus aucune pollution créée par la production de Satys, nous avons fait des investissements importants pour étanchéifier le site », insiste le directeur général de Satys Coatings, Thierry Cotelle. Un mois après le nouvel arrêté préfectoral encadrant la gestion des pollutions du site du chemin de la Madrague-Ville dans le 15e arrondissement de Marseille (notre édition du 22/08), le dirigeant de l’entreprise de peinture aéronautique a tenu à présenter l’action menée face à la présence persistante de chrome VI, cancérigène, issue de l’ancienne activité industrielle. Un dossier dont a hérité l’entreprise qui, en 2023, a fait le choix de conserver cette implantation dans les quartiers Nord avec 120 emplois à la clé, au lieu de délocaliser en Hongrie. Les actions de pompages ont ainsi été lancées, 200 mètres cubes de terre excavés après la démolition en juillet du bâtiment où était présent le chrome.

    Mais les fuites persistent à l’extérieur. Des investigations vont donc être lancées pour capter le ruissellement de la fontaine encore polluée de la résidence voisine du Fil de lin, même si « le filet d’eau qui s’en va vers les Aygalades est tellement fin qu’on n’y constate aucune augmentation de pollution ».

    Surtout, du côté du tunnel du Soulat, une concentration de 6 mg/L, soit 60 fois la norme, est encore mesurée dans les résurgences. « La concentration a baissé, mais nous sommes maintenant sur une asymptote, il doit y avoir une poche dans la roche où il y a encore du chrome », avance Thierry Cotelle. Les eaux sont toutefois drainées et traitées avant d’être rejetées dans l’assainissement. « Tout est sous contrôle », assure-t-il. Alors que le tunnel doit accueillir le fret ferroviaire en provenance du terminal de Mourepiane, il assure qu’il est désormais exploitable. « Nous avons fait une étude sanitaire qui montre qu’il est possible de travailler à l’intérieur », explique le directeur général. Sans convaincre la SNCF Réseau, qui a dressé une contravention de grande voirie à l’encontre de l’ancien propriétaire du site ainsi qu’à l’actuel, et l’exploitant Satys. « Nous avons fait ce que nous avions à faire », confirme le gestionnaire du réseau qui refuse de s’exprimer davantage. Face à la « somme importante » réclamée, qui « mettrait à mal l’activité », l’industriel a refusé de payer, et la conteste en justice. « Puisque la pollution perdurera, la solution alternative est celle mise en place », insiste le directeur général.

  • À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    À Marseille, le data center de Saint-Louis s’ouvre au débat

    Les premières contributions sont déjà publiées sur le registre mis en ligne, toutes négatives pour l’instant. Depuis le 24 août est ouverte l’enquête publique pour l’installation, d’ici à la fin de l’année 2028 d’un nouveau centre de données à Marseille, sur les emprises de la friche de Saint-Louis Sucre (15e arr.). Un projet de taille : avec 300 millions d’euros d’investis pour une puissance de 20 mégawatts sur 21 900 m² de surface de plancher, il n’est dépassé à Marseille que par le MRS6 de Digital Realty en voie d’achèvement le long de l’A55. De quoi animer le débat, alors que se tient une première réunion publique ce jeudi, à 18h, en mairie de secteur.

    Un temps prévu pour accueillir une zone logistique, le site industriel historique dont il ne reste que l’activité de sucre liquide a finalement été destiné à accueillir les installations du martégal Provence Studio. « Ils n’avaient pas les reins assez solides pour pouvoir rénover la totalité du site et en faire quelque chose de viable, alors on nous a proposé de “backupper” ça par une activité qui pourrait aider à supporter le modèle économique, et donc un data center », retrace Guillaume Zaimeche, le directeur de projets d’Edged Enery, qui a remporté l’appel d’offres des studios au mois de mars 2025. En échange, la société devra payer un loyer sur cinquante ans à la Foncière Saint-Louis, la société montée par Provence Studios pour racheter le site, pour un montant inférieur aux 43 millions d’euros évoqués par nos confrères de Marsactu selon le directeur de projets, qui vante les synergies des deux projets : « Ils ont besoin de stocker, de traiter les rushs, de potentiellement faire de la création assistée par ordinateur ».

    Avis défavorables

    Face aux levées de boucliers des opposants, il présente un système de refroidissement « extrêmement efficient comparé aux autres », sans autre consommation d’eau que pour le nettoyage et les sanitaires, et sans nuisance sonore supplémentaire ni îlot de chaleur promet-il. Avec quarante emplois directs, le double en sous-traitance. Reste qu’avec une puissance projetée de 20 mégawatts, en plein quartier d’habitation, le centre de donnée dépasse allègrement le plafond de 12 mégawatts en « tissu urbain dense » inscrit dans les orientations d’aménagement de la Métropole (notre édition du 8 août). Des orientations qui restent un tigre de papier, faute de transcription dans les documents d’urbanisme. « Cela n’a pas attiré de problématique particulière puisque nous nous inscrivons dans l’orientation d’une revalorisation de friche industrielle », explique Guillaume Zaimeche.

    Un autre point a fait tiquer l’intercommunalité : la direction de l’aménagement des espaces publics a rendu un avis défavorable face à « l’impact significatif » sur l’extension du tramway, d’autant plus que les deux chantiers sont concomitants. « Les accès et l’implantation du projet sont incompatibles avec la refonte du plan de circulation », alertent les services face à la suppression de l’axe routier prévu entre la rue de Lyon et l’avenue Ibrahim-Ali. « Ils ont revu leur position », assure le directeur de projet. La direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pointe de son côté l’impact paysager d’un bâtiment haut de 33 mètres. « Le site existant est plus haut que la façade », objecte Guillaume Zaimeche. Qui écarte de même les objections sur la compatibilité avec un réseau de chaleur, avec seulement 30°C manquants, où celles de l’Agence régionale de santé face à l’absence de mesures « afin d’éviter ou de réduire ses rejets atmosphériques ». « On installe un dispositif qui permet d’éliminer 80% des émissions d’oxydes d’azote », répond-il.

    L’enquête publique doit s’achever le 24 novembre.

    « On nous
    a proposé
    de backupper
    le projet
    de Provence Studios »

  • Les Olympiens ont peut-être déjà atteint leurs limites

    Les Olympiens ont peut-être déjà atteint leurs limites

    C’est un Bruno Genesio résigné qui s’est présenté face à la presse, dans les entrailles d’un stade Louis II à l’image de son OM, en chantier.

    Avec une grosse différence. Car la date de rénovation de l’enceinte monégasque est connue. Alors que les travaux entrepris pour construire un groupe marseillais cohérent et compétitif sont à l’image de l’arrivée du nouveau métro de Marseille : hypothétiques.

    Après le feu d’artifice d’ouverture contre Strasbourg au Vélodrome, l’OM devait montrer sa capacité à enchaîner. En passant un test de niveau chez un adversaire a priori plus solide que les Alsaciens.

    « Même si le score est en notre défaveur et que nous sommes très déçus, il faut savoir prendre un peu de hauteur et regarder ce qui s’est passé dans le match ». Bruno Genesio a cherché le positif, dans une soirée où rien n’a semblé tourner en faveur de ses hommes. Il voit même « un match plutôt équilibré, quand on regarde bien au niveau statistique. La différence, c’est que Monaco a concrétisé ses temps forts, ce que nous n’avons pas réussi à faire ».

    Genesio assume

    Lors de l’ouverture, c’est après le repos que l’OM a trouvé les ouvertures, après avoir tenté de forcer le verrou alsacien. À Louis II dimanche, « où nous avons eu dix premières minutes encourageantes », estime l’entraîneur phocéen, rien n’est allé dans le sens des Marseillais.

    À commencer par le but encaissé sur la première occasion monégasque du match. « Il est un peu casquette ! » peste Bruno Genesio. Or, au-delà de semer le doute dans les esprits olympiens, la réussite de Paris Brunner a mis en lumière les limites actuelles du groupe marseillais.

    Avec un collectif qui a trop rapidement lâché prise. Certains joueurs ont donné le sentiment de renoncer à se battre, avant même la fin de la première période. À l’image de Geoffrey Kondogbia, maintenu en défense centrale et qui a raté sa soirée, ou Quinten Timber, fantomatique et remplacé à la pause par Keyliane Abdallah. « Peut-être ne l’ai-je pas placé dans les meilleures conditions ? » s’excuse Bruno Genesio, admettant surtout « qu’il faut assumer ses choix, quand ils sont bons, mais aussi mauvais ! »

    Le Néerlandais était peut-être taraudé par sa situation personnelle. Ne sachant pas s’il va rester, il est possible qu’il ait déjà eu la tête ailleurs.

    À Monaco, il y a donc eu la défaite. Mais aussi les sorties sur blessure de Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi. Le premier souffre d’une blessure musculaire et le second a été touché au genou. La durée de leur absence n’est pas encore connue, mais Bruno Genesio devra visiblement faire sans eux, au moins pour la réception du Paris FC, dimanche en clôture de la troisième journée.

    Avec la perspective d’autres départs à venir, et la probabilité qu’il n’y aura aucun renfort, il se montre fataliste. « Je devrais m’adapter à cet effectif et être capable d’en tirer le maximum. » Avant de soupirer, « je suis bien content que cela se termine », au sujet d’un marché des transferts atypique pour l’OM cette saison.