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  • « Lever les yeux sur des objets ordinaires qui recèlent des histoires édifiantes »

    « Lever les yeux sur des objets ordinaires qui recèlent des histoires édifiantes »

    La Marseillaise : Quelles vertus ont ces JNA centrées, cette année, sur le quotidien ?

    Nicolas Memain : C’est l’occasion de lever les yeux sur des choses qu’on ne voit plus, qui ne sont ni monumentales, ni déjà enregistrées, labellisées, recommandées. C’est une hygiène morale, éthique, de rafraîchir le regard pour le poser sur des objets ordinaires, à portée de main et qui recèlent des histoires édifiantes, des sites remarquables dignes d’être des objets culturels. Une bordure de trottoir par exemple, cette chose si banale qu’elle a disparu de notre mentalité, en raconte beaucoup à Nîmes sur l’habitat ouvrier des anciens faubourgs au XIXe.

    Le regard se déplace aussi parce que la société change ?

    N.M. : L’architecture est polysémantique. Il y a un retour à la culture perdue de la simplicité, celle du monde préindustriel qui était très économe en énergie et en matériaux. Ce sont de vraies bonnes questions. Mes étudiants me font ressentir qu’ils sont dans le refus de la construction neuve en béton armé, de la démolition. On recherche la sobriété dans la construction, son entretien, mais aussi la sobriété intellectuelle, le refus des grands gestes, du spectaculaire. On va préférer s’émouvoir sur une réalisation de Fernand Pouillon et pas sur une médiathèque de Zaha Hadid. Car Pouillon applique, dans les années 50, des recettes antiques de blocs de maçonnerie, d’empilement de pierres et c’est une leçon qu’il nous donne.

    Ces journées rapprochent le grand public des architectes ?

    N.M. : Oui, car il y a un renouveau de cette culture du quotidien, de la proximité. La France n’a jamais vraiment eu une culture grand public de l’architecture. On a une culture des palais, une culture de la bourgeoisie qui imite l’aristocratie, une culture élitiste des hautes écoles, mais les gens se passionnent aussi pour les documentaires sur les maisons de campagne à retaper et c’est de la culture architecturale grand public. Déplacer le regard sur des objets culturels dignes d’être commentés, c’est ce qu’on fait au festival off des quartiers sud à Marseille, qui a commencé jeudi, à la Villa Luce. On va marcher 11 kilomètres jusqu’à Valmante pour contempler les cités, les grands ensembles, car il n’y a pas que la bastide de La Magalone et la Cité Radieuse de Le Corbusier.

    Il y a aussi les vagues de béton de la Rouvière ?

    N.M. : On va se retenir d’en dire du mal, car la nouvelle aventure intellectuelle, c’est qu’il faut tout aimer. Mais l’ensemble de la Rouvière a, en réalité, pas mal de qualités. C’est à la fois une utopie réalisée avec sa part de banalité affligeante, mais ça reste unique au monde, ces grandes planches verticales qui dansent sur la colline. Le soir, quand les barres s’éclairent, c’est un incendie, une partition de musique extrêmement belle, une émotion vraie.

    Quelle réalisation récente vous a subjugué ?

    N.M. : J’ai en tête une opération au sud du centre pénitentiaire de Luynes, en pierre massive porteuse [Les carrés Lenfant de l’agence Jean-Michel Battesti & Associés, 2019, Ndlr.]. Ce retour de la pierre comme matériau structurel est passionnant. On sait que la pierre va respirer, garder la fraîcheur l’été et la chaleur l’hiver. Et là, c’est vraiment très très beau. Une vraie émotion de voir de l’architecture.

  • À la rencontre des architectures du quotidien

    À la rencontre des architectures du quotidien

    La 10e édition des Journées nationales de l’architecture, organisées par le ministère de la Culture, ambitionne de mettre en lumière les « architectures du quotidien ». Plus de 100 événements sont déclinés en région, ce week-end, pour donner les clés de compréhension de ces bâtiments et équipements de tous les jours.

    Cette programmation éclectique reflète la richesse, la multiplicité des lieux de notre quotidien, que ce soit nos maisons, écoles, équipements sportifs, commerces, lieux de travail, infrastructures publiques, etc. mais aussi des tiers-lieux, des jardins partagés, des habitats participatifs. L’architecture est plurielle, elle croise les styles, les époques, elle façonne notre cadre de vie. Une édition qui fait résonance avec le choix du prix Pritzker, qui récompense cette année l’architecte chinois Liu Jiakun pour « une architecture affirmée qui célèbre la vie des citoyens ordinaires ».

    Ces journées appréciées du public sont l’occasion de balades urbaines, de visites inédites de chantiers, d’expositions, de projections, de débats, d’ateliers. Retenons, par exemple, que la ville de Martigues propose une lecture architecturale de l’école maternelle de Ferrières, ouverte en 1952. Cet équipement inscrit aux monuments historiques est le fruit de la collaboration des architectes Alphonse Arati, Marius Boyer, Charles Lestrade et des Ateliers Jean Prouvé qui l’ont construit.

    René Egger et Luminy

    à Marseille, les portes de l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, place Jules-Guesde, s’ouvrent au public pour dévoiler, depuis son entrée jusqu’à son dernier étage, son forum, ses amphithéâtres, ses grands ateliers, mais aussi le point de vue qu’offre cet équipement public inauguré en 2023 sur le grand paysage de Marseille. Une table ronde y est organisée sur la sortie du livre d’Elise Guillerm, consacré à l’architecte marseillais René Egger (1915-2016) et à la construction des écoles supérieures d’art et d’architecture, à Luminy. Ces dernières sont ouvertes samedi à 15h pour deux visites : l’une sur leur histoire architecturale, la seconde sur les enjeux de leur reconnaissance patrimoniale, en 2024, au titre de monument historique.

    à Toulon, la direction régionale des Affaires culturelles, l’association Architectures en Ligne, Image de Ville et le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Var organisent la projection du film documentaire Penser l’incertitude, au cinéma Le Royal. Dans ce film, le réalisateur, Christian Barani, part à la rencontre des 24 lauréats du concours 2023 des Albums des Jeunes architectes et paysagistes. Il en résulte le portrait d’une nouvelle génération qui dévoile ses valeurs et ses espoirs, fait preuve d’un engagement à prendre soin des territoires, de celles et ceux qui y vivent.

    À Arles, une visite commentée de la Tour LUMA, conçue par Frank Gehry, propose une immersion dans les coulisses de sa conception, de sa construction à son aménagement, en mettant en lumière les défis techniques qui ont façonné ce bâtiment phare, inauguré en 2021.

    À Aix, la Compagnie des rêves urbains propose un carnet spécial pour découvrir sur un itinéraire de ballade jusqu’à huit bâtiments d’architecture contemporaine : le Grand théâtre de Provence, le Pavillon Noir, le Conservatoire, le Palais Victor Hugo, la Cité du Livre, etc.

    À Avignon, SNCF Gares & Connexions organise quatre expositions photographiques sur des biens labellisés « Architecture contemporaine remarquable » dans les gares de Rennes, Avignon TGV, Lille Europe et Strasbourg. C’est aussi l’occasion de découvrir les architectes qui se cachent derrière ces réalisations et qui, par leurs expérimentations et leur audace, ont renouvelé les techniques constructives et architecturales.

    La friche Duclos

    À Septèmes les Vallons, il sera question, samedi à la médiathèque, du futur écoquartier sur la friche industrielle Duclos recyclée. à Mimet, pour comprendre comment se conçoit et se réalise l’architecture publique au plus près du terrain, les équipes de maîtrise d’œuvre proposent une visite exceptionnelle du chantier d’extension et de modernisation du centre de secours.

    À Salin-de-Giraud, dimanche, des conteuses raconteront l’histoire de deux entreprises et de leurs cités ouvrières avec ses bains-douches, la place Carle-Naudot, autant de lieux qui gardent la mémoire des Salinières et des Saliniers, preuve que l’architecture est ancrée dans l’humain.

    Programme complet sur journeesarchitecture.culture.gouv.fr

    « L’architecture doit être un révélateur, c’est-à-dire être en mesure de capter puis exprimer l’essence d’un lieu et des personnes qui y habitent.  »

  • Le restaurant Le République doit déposer le bilan

    Le restaurant Le République doit déposer le bilan

    « C’est avec le cœur gros et une énorme émotion que j’ai pris la décision de déposer le bilan de l’association La petite Lili, qui porte le restaurant à Marseille. Je suis chef d’entreprise, j’ai des obligations », lâche Sébastien Richard, chef cuisinier et président de l’association La petite Lili. Il poursuit : « Je dois payer les salariés et honorer mes engagements. » Le restaurant emploie 18 personnes, dont 7 en parcours d’insertion.

    Solidaire et social

    Il y a cinq ans, Sébastien Richard lançait l’association La petite Lili avec un défi : réunir dans un lieu au même moment des clients traditionnels et des bénéficiaires d’aide alimentaire, attablés côte à côte. « Aller au restaurant, c’est une démarche, il ne s’agit pas uniquement de se nourrir », expliquait-il. Car, manger au restaurant Le République, c’est alors aider à créer des emplois et permettre à tout le monde de profiter d’un vrai moment à table, avec une alimentation saine et sourcée.

    Ce restaurant unique en France, grâce à son association, permet de faire manger des bénéficiaires de minima sociaux pour 1 euro. Il finance aussi des formations via l’École marseillaise de l’alimentation et l’hôtellerie par inclusion (Emahi). Actuellement, les formations continuent et sont dispensées ici, au restaurant. « Mais d’autres solutions sont possibles, toutes les histoires ne s’arrêtent pas, et heureusement », rassure Sébastien Richard. Avant de rappeler : « Le restaurant reste ouvert. Et si le tribunal demain me dit “on continue”, alors je continuerai. »

  • Misère, quand les institutions maltraitent

    Misère, quand les institutions maltraitent

    « Nous devons insister sur ce qu’on est et ce qu’on n’est pas », enrage Julien Moisan, chargé de plaidoyer du Secours catholique en accueillant à l’ADJ de la rue Malaval à Marseille, entièrement refait à neuf. « Nous en avons assez de pallier les carences des pouvoirs publics. Notre mission n’est ni la distribution alimentaire, ni les douches publiques, mais d’offrir un espace confortable aux personnes dans le besoin et de prendre le temps d’échanger avec eux. »

    Il est 9h, les tables sont déjà toutes occupées et Eva et Saïd ne sont pas trop de deux pour offrir cafés, thés et parts de cake aux arrivants. Ils sont ainsi plus d’une centaine à venir se poser, discuter ou chercher une aide administrative, un accompagnement vers l’emploi, un accès aux droits, consulter le médecin ou le podologue, prendre rendez-vous avec le coiffeur, participer à l’atelier de français ou à celui d’initiation à l’informatique, chacun des quatre jours d’ouverture hebdomadaire. « Pour sortir de l’isolement », ajoute un monsieur hébergé dans un foyer Adoma. Et pour répondre au manque de bains publics, l’accueil dispose de deux douches. Les associatifs, notamment depuis la crise Covid, ont bien multiplié les points de distribution alimentaire, mais « où peut-on manger assis, dignement ? interroge Julien Moisan, de même que pour l’hébergement ou l’hygiène, dans la réalité, il n’y a plus de dispositif d’accueil inconditionnel ».

    Slimane, 65 ans, retraité du BTP, happe Danièle, qui gère l’aide administrative, au passage : « Je dors depuis plus d’un mois à l’aéroport. Le 115, c’est une fois oui, vingt fois non. Je ne sais plus où aller. » La bénévole confirme : « C’est de plus en plus difficile. Et avec les nouvelles réformes, il y a beaucoup de sorties de droits. Un manquement à la CAF et l’aide est coupée dès le 3e mois, un contrôle expéditif et l’allocation handicapé saute. On récupère les gens à la petite cuillère. » Un jeune étudiant étranger ressort d’un bureau soulagé. « Ils vont m’aider pour faire changer mes lunettes. Mon droit à l’AME avait été remis en cause. Il faut renouveler le dossier », indique-t-il.

    Des vies cadenassées

    À l’étage, la salle informatique est très sollicitée. Bien que le défenseur des droits ait déjà alerté sur le fait que la dématérialisation des services publics éloigne les plus fragiles de l’accès aux droits, on note ici peu d’amélioration. Une mère de famille est en panique. Son mot de passe est refusé sur son espace CAF. Arrivé à son secours, Julien Moisan réalise, après plusieurs tentatives, qu’un 3e code a été mis en place. « Pour protéger vos données », précise le site sur l’écran. « C’est un verrou de plus à une administration cadenassée, qui a déjà fermé ses accueils physiques. On supprime le lien humain, on met des algorithmes sous prétexte de lutte contre la fraude. En réalité, on cadenasse des vies !  » réagit-il.

    Au-delà des baisses budgétaires, ce responsable associatif pointe un grave recul des politiques publiques dans ses réponses à l’urgence sociale : « Il y a une priorité donnée au parcours d’insertion dans les dispositifs d’urgence. » Conséquence : « Ceux qui ne sont pas entrés dans un dispositif se retrouvent devant des portes fermées. On met des précarités en concurrence. » Et sur le terrain, la pauvreté ne recule pas, mais s’invisibilise : « Les plus isolés, les plus fragiles, les enfants, les femmes enceintes continuent de l’être. Le nombre de mineurs non pris en charge par l’aide sociale à l’enfance reste impressionnant. De même, le parcours de la sortie d’hospitalisation est si mal pensé que le retour à la rue est monnaie courante. »

    Au milieu de l’accueil, une petite fille court des bras de son père aux genoux de sa mère. Débouté de sa demande de droit d’asile, le couple, dont un des enfants est né en France, a dû libérer du jour au lendemain sa place en Cada. Un recours doit être mis en place, mais pour l’instant, c’est la rue qui les attend. Bien consciente que tous les dispositifs sont sous-dotés, Danièle a cependant contacté les centres d’hébergement, sans succès. « À partir de là qu’est-ce qu’on fait ? Le plus terrible, c’est de ne pas pouvoir apporter de solution », regrette-t-elle. L’heure de fermeture approche, l’accueil se vide lentement.

  • Les forains de la Plaine en colère

    Les forains de la Plaine en colère

    Partis de la Plaine vers 14h, près de 120 forains se sont tanqués avec leurs camions sur le rond-point du Prado, après avoir circulé en convoi sur Sakakini, Baille et Castellane. L’objet de leur courroux ? Les arrêtés d’occupation remis par la Ville en 2022 au retour du marché sur la place Jean-Jaurès (4e). Ces nouveaux arrêtés n’étaient valables que trois ans contrairement aux anciens qui, comme à Noailles encore, n’avaient pas de limite. Depuis mai, seuls 18 forains ont reçu leur nouvel arrêté. « Les relations avec les services de la Ville sont très difficiles », explique Naema Zemmour, présidente du syndicat des commerçants non-sédentaires. « Les marchés sont livrés à eux-mêmes, c’est l’anarchie, il n’y a pas de formations, pas de bons placés, il n’y a plus de règles, le service juridique met des mois à répondre, et la direction des emplacements est sourde. » Après une première manifestation le 4 octobre, les forains ont prévu de redescendre dans la rue le 4 novembre.

  • Une ombrière pour la carrière antique de la Corderie

    Une ombrière pour la carrière antique de la Corderie

    L’installation est destinée à présenter aux scolaires « les parties sommitales affleurantes d’un front de taille » de ce qui était une exceptionnelle carrière gréco-archaïque et hellénistique, premier témoin de la fondation de Massalia par les Phocéens au VIe av. JC. Huit ans de bataille politique pour accoucher d’une cahute en planches de chez Leroy-Merlin et honorer formellement la promesse de « visibilité, accessibilité et transmission » lancée par la ministre de la Culture de l’époque, Françoise Nyssen. On se languit de découvrir le fac-similé d’un élément du pressoir à huile qui doit compléter « l’évocation du site antique » dans le jardin rénové de Saint-Nicolas.

  • Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    « On veut continuer à travailler dans les quartiers Nord, ce n’est pas normal de se retrouver devant la préfecture », confient les travailleurs de la Maison des solidarités des Flamants (14e), en grève, et reçus en délégation jeudi matin, en préfecture puis au Département. Après 1h30 d’entretien avec la commissaire divisionnaire affectée à la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord, Sarah Tournemire, les représentants font état d’un échange globalement positif, quoiqu’insuffisant. « Ils ne peuvent pas mettre des équipes à demeure. La géographie des Flamants est difficile à sécuriser », relate Valérie Marque, secrétaire générale CGT au Département. Elle poursuit : « Ils annoncent, à la rentrée des vacances, des réunions sur tout le territoire. » Pour l’heure, la CGT envisage aussi son AG.

  • Petite séance publique pour le conseil départemental

    Petite séance publique pour le conseil départemental

    Une poignée de rapports dont le menu complet n’a même pas été rendu public, et une invitation laconique, où l’on apprend que lors de cette séance « sera notamment abordée la décision modificative n° 2 »… Merci. Au revoir. La manière dont l’exécutif du conseil départemental, plus de 2 millions d’habitants et plus de trois milliards de budget, anime le débat public sur le territoire, continue d’interroger.

    Collège, canal et tourisme

    Si 143 rapports seront examinés dans le huis clos de la commission permanente aux alentours de 13h, l’hémicycle discutera dans la matinée de seulement 17 rapports. Parmi les dossiers abordés en public : les dotations aux 137 collèges publics pour 2026, d’un montant global de plus de 9,6 millions d’euros en fonctionnement et 1,2 million en équipement, le rapport annuel de la Société du canal de Provence qui assure la desserte en eau brute de la majeure partie de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ; ou bien encore le rapport financier de l’association Provence tourisme financée à hauteur de 5,3 millions d’euros, et pour laquelle la collectivité mettra encore la main à la poche.

    Une dizaine de rapports concerneront enfin les finances de la collectivité. La fameuse modificative n° 2. Mais pas de trace du Débat d’orientation budgétaire. Préalable au vote du budget primitif de décembre, l’exercice de style, présente habituellement en octobre les grandes orientations de l’année à venir. L’absence de budget de l’État, dont la présentation par le gouvernement Lecornu I a été retardée après la sortie du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR), ayant entraîné sa démission, n’a pas dû aider à cette stabilité réclamée par beaucoup.

  • Le République doit déposer le bilan

    Le République doit déposer le bilan

    « C’est avec le cœur gros et une énorme émotion que j’ai pris la décision de déposer le bilan de l’association La petite Lili, qui porte le restaurant à Marseille. Je suis chef d’entreprise, j’ai des obligations », lâche Sébastien Richard, chef cuisinier et président de l’association La petite Lili. Il poursuit : « Je dois payer les salariés et honorer mes engagements. » Le restaurant emploie 18 personnes, dont 7 en parcours d’insertion.

    Solidaire et social

    Il y a cinq ans, Sébastien Richard lançait l’association La petite Lili avec un défi : réunir dans un lieu au même moment des clients traditionnels et des bénéficiaires d’aide alimentaire, attablés côte à côte. « Aller au restaurant, c’est une démarche, il ne s’agit pas uniquement de se nourrir », expliquait-il. Car, manger au restaurant Le République, c’est alors aider à créer des emplois et permettre à tout le monde de profiter d’un vrai moment à table, avec une alimentation saine et sourcée.

    Ce restaurant unique en France, grâce à son association, permet de faire manger des bénéficiaires de minima sociaux pour 1 euro. Il finance aussi des formations via l’École marseillaise de l’alimentation et l’hôtellerie par inclusion (Emahi). Actuellement, les formations continuent et sont dispensées ici, au restaurant. « Mais d’autres solutions sont possibles, toutes les histoires ne s’arrêtent pas, et heureusement », rassure Sébastien Richard. Avant de rappeler : « Le restaurant reste ouvert. Et si le tribunal demain me dit “on continue”, alors je continuerai. »

  • « Les sons du large » résonnent et déambulent sur la Canebière

    « Les sons du large » résonnent et déambulent sur la Canebière

    Série de spectacles et rendez-vous initiés ponctuellement depuis quelques années par la mairie des 1er et 7e arrondissements, la plupart du temps autour du cirque et des arts de la rue, Au bout la mer divague, dimanche 19 octobre, vers la musique. La Canebière et ses alentours résonneront au rythme de concerts et performances de treize groupes et ensembles qui se succéderont entre 10h et 18h, pour une journée dont la direction artistique a été confiée à La Clique Production.

    « On flatte l’âme de Marseille, ville-monde qui évoque les sons du large, forcément de la Méditerranée, mais aussi au-delà », explique son directeur, Arnaud Amat, à propos de cette « traversée musicale qui permet au public de naviguer entre plusieurs scènes et se laisser porter par différentes esthétiques », équipée de groupes locaux portés sur le son mondial. L’une des scènes sera installée à l’angle Canebière – Saint-Ferréol. à l’image de ce « carrefour », des projets qui croisent les rythmes traditionnels à la modernité en seront les emblèmes : Chu Chi Cha, tandem qui enrobe la cumbia d’électro, puis Benzine, duo qui « prend de la poésie bédouine, des instruments et samples de percussions traditionnelles algériennes pour les passer ensuite dans ce qu’ils appellent leur rai machine ».

    La culture à sa place

    « Que les gens se laissent emporter par ces rythmes », espère Arnaud Amat, avant d’affirmer : « la place de la culture, elle est là, dans l’espace urbain, avec un événement populaire, gratuit et fédérateur. On est sur un brassage culturel. C’est la force de ce projet. » Charge à la chorale latino-américaine, le duo accordéon-voix autour de chansons napolitaines, Nannani, ainsi que les fanfares Brass Koulé et Mudanza « d’accompagner le public entre les différentes scènes ». Parmi celles-ci, une, installée face au Palais de la Bourse, portée par le flot de « l’afro disco house » jouée avec des instruments recyclés de Fulu Miziki et les chansons du répertoire grec des années 1970, revivifiées par le groupe Deli Teli.

    Une veine plus acoustique et intimiste irriguera la scène installée sur le port antique, au Musée d’Histoire de Marseille, où résonnera un voyage polyphonique à travers la chorale de 20 femmes d’Arteteca, avant que le projet occitan-sicilien de Spartenza et Manu Théron ne propage l’écho de musiques méditerranéennes, mais pas que. La place du général-de-Gaulle sera, elle, davantage consacrée aux minots, notamment avec le conte musical Voyage au-delà des mers. Côté danse, le parvis de l’Opéra de Marseille sera le théâtre d’une « initiation à la sévillane et à la rumba », précise Arnaud Amat, puis de Récifs, « performance participative qui réunit 70 amateurs autour de la préservation de l’océan ».