Tag: Marseille

  • Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Au début du conseil d’arrondissements des 11-12, ce mardi soir, le maire (RN) du secteur Olivier Rioult interrompt brusquement l’appel. « Je dois porter à votre connaissance une modification dans la composition de notre conseil d’arrondissement, explique-t-il. J’ai reçu la démission de Madame Brigitte Barattucci en date du samedi 10 octobre. Cette démission est devenue définitive, j’en prends acte. » En ajoutant seulement que le candidat suivant sur la liste, Christelle Di Marino, n’a pu être convoqué au conseil d’arrondissements dans le délai légal.

    Envoyé à l’ensemble du conseil d’arrondissements, le courriel de démission a pourtant fait des vagues. L’élue y justifie sa démission par le refus d’un projet qu’elle portait au profit d’associations, par l’absence de réponses du maire de secteur face à ses alertes concernant des agressions sur le chemin du canal de Saint-Julien (12e arr.), et par les consignes d’aller « où le maire vous le demande ». Si « la politique c’est être menteur, manipulateur et hypocrite, très peu pour moi », lâche-t-elle en conclusion. Sollicité à l’issue du conseil, le maire RN refuse d’abord de répondre à La Marseillaise, en raison de son traitement de l’extrême droite. Puis accepte, face à la demande de nos confrères de La Provence. « C’est la vie d’une équipe municipale », évacue-t-il, estimant que « des gens se rendent compte que le travail d’élus n’est pas fait pour eux ». De quoi conclure une séance où il a dû reprendre un de ses collaborateurs qui reprenait violemment le micro à l’opposition, tandis que sa majorité refusait de soutenir des subventions aux associations de solidarité Weavers et Léo-Lagrange. « L’argent public n’a pas à financer la submersion migratoire », lâchait Martine Piazza face à une gauche « abasourdie » par ces « mots rances », réagissait Azad Balalas-Kazandjian.

  • À Marseille, une dératisation écologique grâce aux furets

    À Marseille, une dératisation écologique grâce aux furets

    Cette après-midi du mardi 13 octobre, la Ville de Marseille a convoqué une nouvelle action de la Fauconnerie Furetage Martel, une société qui dératise les parcs à l’aide de furets.

    Le principe est simple : les furets, prédateurs naturels des rats, sont déployés dans les terriers pour les déloger. Les rats peuvent être capturés à la sortie, et remis aux laboratoires d’analyses pour identifier les rongeurs porteurs de maladies transmissibles à l’Homme.

    Le danger de leptospirose

    Les laboratoires recherchent particulièrement les cas de leptospirose. « Un rat sur deux en est porteur en France », relève Bernard Davouste, vétérinaire à l’IHU Méditerranée Infection, en charge des analyses des animaux capturés dans les parcs marseillais. « Comme c’est une maladie qui se transmet par les urines, il y a un risque même sans contact direct avec le rat », alerte le vétérinaire. Une pathologie qui peut se traduire sous forme d’état grippal, mais qui présente un risque pour les reins des malades si elle n’est pas traitée rapidement.

    Pour protéger les habitants et la salubrité de l’espace public, la Ville de Marseille déploie un budget annuel de 300 000 euros, alloué à la dératisation et à la désinsectisation. Mise en place depuis 2024, cette méthode écologique par les furets veut réduire l’usage encore majoritaire des biocides. « Cela reste un enjeu de gestion des déchets », pointe Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire en charge de la santé. Il indique que « la solution la plus efficace pour lutter contre ces animaux réside dans la réduction des sources de nourriture ». « Chaque habitant est un peu concerné », conclu l’élu.

  • Les élèves de Thiers discutent d’engagement à « La Marseillaise »

    Les élèves de Thiers discutent d’engagement à « La Marseillaise »

    Dans le cadre d’un cours d’éducation aux médias, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, a engagé la discussion avec les élèves de seconde du lycée Thiers (1er). L’occasion de rappeler les origines du journal créé par les résistants à un public qui s’engage en ce moment aux côtés des revendications lycéennes nationales.

    « On s’engage par solidarité », a réagi Sarah*. « On est bien conscient d’être le lycée avec le plus de moyens à Marseille, on se mobilise pour soutenir ceux qui ne sont pas dans notre cas ». « À Thiers on est bien, il y a quelques instabilités, mais ailleurs c’est pire », confirme Rose*. Les élèves dénoncent par ailleurs la création d’une « classe de défense » à Thiers, en partenariat avec la Marine nationale. « C’est une normalisation de l’idée de la guerre chez une tranche d’âge qui n’a pas l’âge d’y penser », défend Sarah*. Les élèves de seconde ont dénoncé « la mauvaise attribution des moyens par l’État », qui favorise selon eux « l’armée et la police plutôt que l’éducation et la jeunesse ».

    Faire face aux pressions

    Certains y voient un problème plus global, relatif au modèle de la société française actuelle : « On vit dans un système capitaliste qui valorise la guerre. » Restitutions de moyens, approfondissement d’une politique concernant la santé mentale des jeunes, remplacement des professeurs, fin de Parcoursup et de la surcharge des emplois du temps, rénovation énergétique du bâtiment, garantie du droit de grève et de réunion pour tous les élèves, gratuité des transports pour les étudiants… Les multiples revendications des lycéens figurent sur les tracts que certains sont partis distribuer aux Réformés, dans la manifestation de ce mardi 13 octobre.

    Comment obtenir gain de cause auprès des pouvoirs publics ? Les lycéens répondent à ce questionnement crucial en encourageant le mouvement à prendre plus d’ampleur. « Il faut que les travailleurs nous rejoignent » appelle Margot*, appuyée par ses camarades qui soutiennent « la nécessité d’une grève générale ». Pas convaincus par le « plan d’urgence » pour remplacer les professeurs absents, annoncé par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, les secondes de Thiers placent beaucoup d’espoir en l’appel à la mobilisation générale prévue le 17 octobre, premier jour de leurs vacances scolaires. « On aura toujours les mêmes revendications, elles ne vont pas s’arrêter parce que c’est les vacances », assure Margot*. Et ils ne manquent pas d’idées pour encourager le mouvement à s’étendre : « Il faut organiser plus de manifestations », « dépasser les lycées et bloquer les infrastructures plus générales »… Les propositions fusent chez ces lycéens qui disent tout de même s’inquiéter pour leur avenir face à leurs absences relevées alors qu’une partie des cours se poursuit en visioconférence.

    « À Thiers, on est hyperpacifistes, mais les médias ne montrent que les images des dégradations », proteste Sarah*. La jeune fille dénonce notamment les chaînes de télévision CNews et BFMTV, qui ont « relayé en boucle les images du bus qui a brûlé plutôt que de parler de nos revendications ». Les critiques du traitement médiatique des mobilisations lycéennes sont majoritaires au sein de cette classe de seconde, qui déplore l’utilisation des images de casse par les médias dominants. Les lycéens de Thiers se sont également dits choqués de la répression policière dans certains mouvements, en particulier face à aux arrestations violentes dont ont été victimes leurs amis. « La violence policière entraîne la violence des lycéens », a observé Loan*.

    *les prénoms ont été modifiés

  • Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    « Au niveau social, sans les associations, tout s’effondre », campe Giorgia, travailleuse sociale pour Habitat Alternatif Social, une association se battant pour l’accès au logement des plus précaires. « Nous, si on arrêtait, on enverrait des personnes avec de multiples problèmes de santé à la rue », poursuit-elle, faisant référence aux 7 femmes qu’elle accompagne au quotidien dans une pension de famille située dans la rue d’Aubagne, à Marseille.

    Ce mardi matin, dans le cadre de la mobilisation associative nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? » pour dénoncer les baisses de financement dans le budget examiné depuis ce jour par les députés, des locataires de la pension de famille et des membres de l’association organisaient une vente de vêtements et de nourriture. Une initiative à double objectif : alerter sur la situation financière de la structure et récolter des fonds pour financer les activités des résidents.

    Sortie de parcours de prostitution, accidents de vie, troubles d’addictions, décès familiaux… Âgées de 35 à 65 ans, « les femmes qui viennent ici sont isolées socialement et dans une situation de grande précarité », précise Mathilde, seconde travailleuse sociale du lieu. Ici, chacune bénéficie d’un logement privé à des loyers très réduits, tandis que des espaces communs permettent d’accueillir des activités collectives au rez-de-chaussée. Alors qu’elle alpague des passants au stand de vente, Alexandra, locataire depuis 9 ans, se confie : « Je me sens carrément bien ici, c’est comme une grande coloc. » Elle apprécie l’approche bienveillante de l’association, notamment sur la réduction des risques : « On a le droit de consommer de l’alcool dans les espaces communs sans se faire culpabiliser, par exemple ».

    Insuffisance de personnel

    Mais la bonne humeur régnant en cette matinée ne saurait cacher les inquiétudes du personnel associatif.

    Si le manque de financement des activités pose problème, c’est surtout l’absence de soutien médical auprès de résidentes souffrant parfois de troubles psychiques qui inquiète. « Il nous faudrait a minima un infirmier. On a eu une décompensation psychique il y a pas longtemps, on a dû appeler les pompiers », déplore Mathilde.

    « On a un gros turnover et beaucoup de difficultés à pérenniser les postes à cause du manque de moyens », se désole également Joëlle Fage, la responsable financière d’Habitat Alternatif Social.

  • L’OM face aux clubs grecs : historiquement une réussite

    L’OM face aux clubs grecs : historiquement une réussite

    L’amour entre Marseille et la Grèce ne date pas d’aujourd’hui. Historiquement, bien entendu, les liens sont étroits, mais une relation footballistique s’est tissée depuis la fin des années 1980. À travers ses nombreuses joutes européennes, l’OM a croisé à 14 reprises des clubs grecs et une statistique ressort de ces différentes confrontations. Dix victoires et 71% de réussite, ceci représente le meilleur ratio des Olympiens face à une nation de l’UEFA.

    Club ami des ultras marseillais, l’AEK Athènes est la première équipe hellène croisée sur les terrains continentaux. C’était en 1989 à l’occasion des huitièmes de finale de la Coupe des clubs champions. Après une victoire 2-0 au Vélodrome, les Phocéens ont assuré le coup en Grèce avec un match nul (1-1). Il a fallu attendre 34 années supplémentaires pour recroiser les Jaunes et Noirs. Placés dans le même groupe en Ligue Europa, les hommes de Gennaro Gattuso n’avaient pas tremblé pour battre leurs homologues 3-1 puis 2-0. Mbemba, Ismaïla Sarr ou Veretout étaient les buteurs.

    Toujours aussi récemment, lors de la saison 2021-2022, l’OM a également affronté le PAOK, club de Salonique. Lors des quarts de finale de la Ligue Conférence, les Phocéens ont aussi fait le boulot. 2-1 au match aller, sur le boulevard Michelet, dont un but de Dimitri Payet qui a frôlé le Prix Puskas de plus belle réalisation de l’année. Pour le retour dans le nord de la Grèce, le Réunionnais était encore buteur (1-0), alors qu’Amine Harit, titulaire, est le seul survivant de cette époque.

    Le Panathinaïkos, blessure ouverte

    Le match OM-Olympiakos, jeudi, sera la 7e confrontation entre les deux formations. Le bilan face au club du Pirée, le grand port athénien, est de 4 victoires pour 2 défaites. Tout avait commencé en 1994, quelques mois après l’affaire VA-OM, ayant rétrogradé l’équipe de Bernard Tapie en deuxième division. Malgré tout qualifiés pour la Coupe UEFA, les Marseillais découvrent l’Olympiakos et le match aller-retour marque les esprits. 5-1 au cumulé, des buts de Jean-Christophe Marquet ou encore Tony Cascarino permettent aux Ciel et Blanc de passer un tour supplémentaire.

    En 2011 et 2020, retrouvailles en phase de poules de la Ligue des Champions avec, cette fois, un statu quo. Au début de la décennie 2010, les Grecs iront gagner à Marseille, Marseille ira gagner en Grèce, Lucho Gonzalez étant le seul buteur phocéen. L’OM tombera cette année en quarts de finale face au Bayern (0-4), futur finaliste. En pleine crise Covid, devant des tribunes vides, les hommes de Villas-Boas s’imposeront au Vel (2-1), après une défaite à Athènes (0-1).

    Le Panathinaïkos, affronté au cœur de l’été 2023, en 3e tour préliminaire de la Ligue des Champions, reste un crève-cœur important pour les fans olympiens. Dans sa quête de phase de groupes, l’OM va buter en Grèce, non sans de nombreuses polémiques arbitrales, avant d’aller jusqu’à la séance de tirs au but au retour. L’ambiance du Vélodrome n’y changera rien et Marseille est douché par le club au trèfle (2-2, 5-3 aux t.a.b.). Un épisode jamais vraiment digéré, le coach espagnol Marcelino tombera peu après.

    La préfecture de police rétropédale

    La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a sérieusement cafouillé en interdisant, dans un premier temps, par un arrêté rendu public mardi matin, aux supporters de l’Olympiakos et de l’Étoile Rouge de Belgrade d’assister au match au stade Vélodrome et de se déplacer dans le centre-ville. Une annonce vivement critiquée. Quelques heures plus tard ce mardi, la préfecture de police se contredit et a rendu un arrêté « portant abrogation » du précédent arrêté d’interdiction. Elle autorise donc « toute personne se prévalant de la qualité de supporter [de l’Olympiakos] et de l’Étoile rouge de Belgrade prise en charge par les effectifs de police d’accéder au stade Cepac Vélodrome de Marseille, le jeudi 15 octobre 2026 ». Il est vrai que plus de 3 000 supporters grecs ont leur billet en poche et certains sont déjà arrivés.

  • À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    « Notre devoir est d’écouter et de comprendre, et à la jeunesse mobilisée je veux dire simplement que je vous ai entendu, que je vous comprends et que je vous soutiens », lance Didier Jau, maire écologiste des 4e et 5e arrondissements de Marseille en préambule de la séance, mardi soir. Il confirme par ailleurs que des espaces municipaux seront ouverts, à la demande, durant les vacances d’automne. L’édile a glissé un mot pour Enzo, élève du lycée Marie Curie « blessé mercredi dernier alors qu’il se mobilisait pacifiquement aux côtés des enseignants ».

    Face aux élus et aux habitants présents, Antonin prend la parole au nom de ses camarades : « nos attentes sont les mêmes que les élèves de Saint-Exupéry dans le 15e arrondissement de Marseille, de Saint-Denis en banlieue parisienne, de Lyon, ainsi que de tous les autres établissements mobilisés dans ce mouvement : travailler dans des conditions dignes et saines ». C’est en ce sens que vient la question de la rénovation du bâti : « Que devons-nous attendre ? Que des élèves fassent des malaises de chaleur dans les classes l’été ? Que nos toits perforés finissent par nous tomber sur la tête ? Que des étudiants tombent malades dans des classes dépourvues de quelque chaleur que ce soit l’hiver ? ». Et demande, à la mairie d’arrondissement d’accorder des subventions à son lycée.

    Lycéens, enseignants et personnels de l’établissement ont déjà arraché une première victoire et pas des moindres. La vice-présidente de la Région en charge des lycées s’est engagée, la veille, à faire voter une enveloppe de 53 millions d’euros pour la restructuration de l’établissement. « Je ne sais pas si vous mesurez ce que ça représente dans le budget lycée de la Région. C’est à peu près la moitié. C’est la preuve que seule la lutte paye ! », pousse Imrane Trocmé, élu insoumis du secteur. « Si nous voulons que ce mouvement authentiquement social puisse porter et faire aboutir ses revendications, nous devons l’accompagner », renchérit William Leday, adjoint Génération.s, au maire. Les élus d’extrême droite n’ont, quant à eu, pas adressé un mot aux lycéens

  • À Marseille, les lycéens focus sur leurs revendications

    À Marseille, les lycéens focus sur leurs revendications

    Après trois semaines intenses de mobilisation, les lycéens ont de nouveau fait entendre leur voix dans les rues de Marseille. Avec une énergie intacte. Ils étaient 35 000 selon l’interlycéenne, 3 800 selon la préfecture de police, à réclamer mardi des moyens pour l’éducation, bien encadrés par les forces syndicales et soutenus par de nombreux enseignants et parents. 5 000 de plus qu’il y a une semaine. Signe de cette forte participation, c’est le trajet long de la manifestation qui a été retenu entre les Réformés et la porte d’Aix.

    Un cortège joyeux et pacifique, improvisant une « battle d’aura » et s’ambiançant sur des morceaux de Jul avant le départ. Le rappeur marseillais a apporté jeudi « La force à la jeunesse de France » dans un massage ponctué d’un poing levé sur les réseaux. De la force les lycéens n’en manquent pas malgré la fatigue qui s’accumule. Certains après la dispersion de la manifestation, repartiront d’ailleurs encore marcher dans les rues de la ville tout l’après-midi, jouant au chat et à la souris avec les CRS.

    « Le mouvement ne s’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut : dix milliards pour l’éducation », martèle Malo en tête de cortège. Consciente que les vacances peuvent « pauser la mobilisation », elle y voit aussi une opportunité de souffler. « Ça nous laissera du temps pour s’organiser », reprend l’élève en terminale à Montgrand (1er) où mardi les élèves ont fait une chaîne humaine pour garder leur lycée fermé. « Ça fait trois semaines qu’on est mobilisé, on est dehors toute la journée, il y a les manifs, les AG, les réunions dans les lycées, à la préfecture, la mairie… »

    « Les vacances peuvent calmer le mouvement, il n’y a aura pas de blocus, sans doute pas de manif même si on ne sait pas ce qui peut se passer avec les gilets jaunes, mais on a espoir que ça reparte après », abonde Ange, en terminale au lycée Périer, après avoir posé le mégaphone.

    Si une AG de l’interlycéenne doit fixer la suite du mouvement, la plupart ont en tête la date de samedi 17 octobre, « avec les gilets jaunes », et celle du 5 novembre, journée de grève nationale interprofessionnelle lancée par les syndicats pour la rentrée. D’ici là de nouveau blocus sont prévus.

    « On a créé un lien »

    « Vu qu’il n’y a eu aucune réponse du gouvernement si ce n’est la répression, ça peut repartir », estime Eustache, élève au lycée Montgrand où une mobilisation au printemps, déjà, s’était essoufflée avec les vacances. « Contrairement à la dernière fois, nous sommes en train de créer un lien avec les professeurs, les personnels de l’éducation et le monde du travail. On a leur soutien. »

    « Il y a l’appel à la grève le 5 novembre, la jeunesse est encore en colère, on n’a obtenu aucune revendication, 1 500 postes profs vont être supprimés, je ne pense pas que ça s’arrête », enchaîne Ange. Lui est étudiant. À l’université, les vacances ne dureront qu’une semaine. « C’est intense, ça fatigue, il y a beaucoup de réveils à 5h pour les blocus. Mais si les établissements sont ouverts, on sera là pour les banaliser, on veut mettre fin au distanciel, on se bat pour tout le monde », assure Emre, étudiant en fac de droit à Canebière.

    Plus loin dans le cortège, Gauthier et ses amis ont aussi en tête la date du 31 octobre. Mercredi passé, au lendemain d’une première mobilisation massive, le Premier ministre, avait promis des décisions pour la fin du mois. Ces réponses, ils ne les attendent pas forcément pour leur quotidien mais pour « les lycées les plus précaires, de manière solidaire », expliquent ces élèves aux Remparts. « Si on arrête, les gens vont nous voir comme des branleurs qui ne voulaient juste pas aller en cours. Mais on se bat pour notre avenir », estime de son côté Adame, lycéenne en classe de terminale à la cité Jacques Chirac (2e).

    Parcoursup, pression scolaire, revalorisation du métier de professeur et d’AESH, Gillian, élève en terminale au lycée Saint-Vincent de Paul, se sent, elle aussi, concernée. Elle a participé à beaucoup de blocus et de manifestations, avec ce trait d’union qui réunit cette jeunesse : le refus de la violente réponse policière faite à leurs revendications.

    « J’arrive plus facilement à accepter des égarements de lycéens encore en apprentissage dans leur parcours éducatif ou citoyen, que de policiers censés être formés à ce genre de choses et à faire moins d’écarts que nous », juge la jeune fille. « C’est mal dit et mal organisé par le gouvernement. Le mouvement continue parce qu’ils ne nous écoutent pas. Ça renforce notre détermination et ça durera tant que notre parole ne sera pas prise en compte. »

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »

  • Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    « Ils nous donnent une belle leçon. Quand je vois les lycéens, les étudiants et les adultes qui sont là aujourd’hui, ça promet des jours heureux ». Gilet blanc de la Ligue des Droits de l’Homme sur le dos, Bernard Eynaud, co-président de l’organisation pour les Bouches-du-Rhône a plus que l’habitude de battre le pavé et en a vu des défilés sur la Canebière. Pourtant, ce mardi, il a des étoiles dans les yeux devant la fougue et la ténacité de la jeunesse : « Ils portent des revendications importantes qu’il faut prendre au sérieux. Si j’étais jeune aujourd’hui, je serais également très inquiet ». Leurs revendications le concernent malgré l’écart générationnel : « Au-delà des questions factuelles, comme l’état des établissements, c’est l’inquiétude autour du dérèglement climatique, c’est le fascisme qui n’est pas loin ».

    Avis partagé par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT 13 qui juge le soutien des travailleurs au mouvement lycéen plus que nécessaire : « On doit leur permettre de porter leurs revendications qu’on trouve justes ». Et sur le fond, il juge que les syndicats des travailleurs « ont les mêmes revendications » que la jeunesse. « Pas besoin d’être syndicaliste pour vouloir la fin de Parcoursup : c’est une usine à inégalités, c’est du stress pour les enfants comme pour les parents », martèle-t-il. Justement, les syndicats d’enseignants étaient encore de la partie ce mardi avec des appels à la grève. « La FSU appelle à la grève car les revendications des lycéens et étudiants sont également celles que nous portons : rénovation du bâti scolaire, des moyens humains en nombre dans tous les métiers, fin de Parcoursup… », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13.

    « C’est notre place »

    Plus que les enseignants, c’est tout un pan du monde du travail qui a défilé aux côtés de la jeunesse, à l’image de plusieurs agents hospitaliers marseillais aux blouses blanches colorées d’un badge rouge de la CGT AP-HM et aux pancartes limpides : « Arrêtez de mutiler les enfants, on a déjà assez de travail ! ». Même des élus locaux ont apporté leur pierre à l’édifice, à l’image de Marie Batoux (DVG), adjointe au maire de Marseille (DVG) en charge de la lutte contre les discriminations : « Je défends le service public comme projet de société fondamental. On doit converger largement dans cet objectif-là ». Et certains travailleurs viennent aussi, et surtout, avec la casquette de parent. « C’est évidemment notre place d’être dans les manifs ! On soutient les revendications des lycéens car on les porte depuis des années », conclut Christophe Merlino, président de la FCPE 13.