Tag: Marseille

  • Une semaine de repas gratuits dans les restaurants universitaires

    Une semaine de repas gratuits dans les restaurants universitaires

    Il n’est pas encore 12h, mais devant le Crous de Gaston Berger sur le campus de Saint-Charles, la file est déjà longue. Pas étonnant puisque, ce mardi, les repas sont gratuits pour tous les étudiants à l’occasion de la « semaine d’accueil » organisée par la Ville et le Crous. Chaque jour, un restaurant universitaire offre le repas à tous les étudiants. Débuté lundi à Saint-Jerôme, puis Saint-Charles ce mardi, la semaine se poursuit à Luminy, Galinat et Centrale.

    « Cette semaine de gratuité est l’occasion pour le Crous de communiquer sur le repas à 1 euro pour les étudiants boursiers, explique Aurélie Biancarelli, adjointe (PCF) au maire chargé de l’enseignement supérieur. Mais aussi pour celles et ceux en situation de précarité qui peuvent déposer un dossier auprès des services sociaux du Crous pour bénéficier de ce prix », ajoute-t-elle.

    Une initiative importante alors que la précarité étudiante ne cesse de s’accroître. Cette année, la fédération des associations générales étudiantes (Fage) alerte sur l’augmentation du coût de la rentrée de 2,2% par rapport à 2024, revenant à 3 227 euros. « Cette situation de précarité est devenue structurelle au fil des années, insiste l’adjointe au maire. La période de la crise sanitaire l’a mise en exergue, mais je crois qu’aujourd’hui, il y a besoin de politiques publiques qui viennent les soutenir ».

    Certains étudiants sont d’ailleurs venus exprès à Saint-Charles, ce mardi, pour bénéficier du dispositif. C’est le cas de Léa, étudiante en sciences cognitives. « Je l’ai vu sur Instagram. Je n’avais pas cours aujourd’hui, mais je suis venue pour pouvoir profiter du repas, explique l’étudiante, habituée du Crous. J’arrive à m’en sortir parce que j’ai des aides : la bourse, le repas à 1 euro et la chambre au Crous. »

    Prince, en première année d’informatique, est lui venu comme tous les jours pour son repas à un euro. « je ne savais pas que c’était gratuit aujourd’hui. C’est juste que je viens tous les jours, parce que le repas à 1 euro, ça permet de réduire les dépenses, et la nourriture est bonne », affirme le jeune homme.

    Une action qui a aussi l’ambition de casser les clichés autour de la qualité des repas servis. « Certains ont une mauvaise image de la nourriture. Alors qu’on a diversifié l’offre avec des repas végétariens équilibrés et 20% de produits bios », affirme Marc Bruant, directeur du Crous Aix-Marseille Avignon.

  • L’OM, en démonstration, lessive un Ajax bien pâle

    L’OM, en démonstration, lessive un Ajax bien pâle

    Cette fois, les Olympiens ont réussi leur entrée en lice au Vélodrome. Lors des trois dernières campagnes de Ligue des champions, ils avaient eu droit à autant de défaites. Face à Arsenal (1 – 2), en 2013, Manchester City (0 – 3) en 2020 et Francfort (0 – 1) en 2023. Mais, face à l’Ajax, mardi soir, ils ont mis un terme à une trop longue disette.

    Il fallait remonter au 28 septembre 2011 pour voir l’OM gagner son premier match au Vélodrome dans l’épreuve reine. Dortmund, qui revenait dans la cour des grands d’Europe, avait été balayé 3-0. Cette fois, c’est l’Ajax, qui n’est plus que l’ombre de celui qui, avec Johan Cruyff aux commandes, avait donné une leçon de football total aux Marseillais de Bernard Bosquier.

    Le Virage sud avait rappelé cette correction, en 1971. Mais depuis, les deux clubs ont connu des fortunes diverses. Et les Amstellodamois étaient à des années-lumière du collectif flamboyant qui devait gagner trois Ligues des champions consécutives.

    Tandis que côté marseillais, avec la confiance engrangée lors des victoires contre le PSG et Strasbourg, ajoutée au sentiment de frustration ramené de leur voyage à Madrid, le groupe a montré que, malgré les importantes retouches effectuées par Roberto De Zerbi, la qualité était bien présente à tous les niveaux. Y compris chez ceux dont la titularisation au coup d’envoi pouvait surprendre.

    Arthur Vermeeren et Bilal Nadir ont montré qu’ils étaient plus que des joueurs de complément. En prenant le contrôle du milieu, épaulé par Matt O’Riley qui a un peu plus de bouteille, ils ont joué un rôle clef dans le départ tonitruant de l’OM.

    En moins d’une demi-heure, le temps pour Igor Paixão de marquer deux fois et Mason Greenwood d’enfoncer le clou, l’écart était creusé. Menant de trois buts, les Phocéens pouvaient lever un peu le pied. Sans jamais rien lâcher à des Néerlandais dépassés par les événements. L’OM s’était lancé sur la voie royale, celle qui devait confirmer les espoirs nés sur la pelouse de Santiago Bernabéu et qu’un généreux penalty accordé au Real avait quelque peu frustrés.

    Après s’être simplifié le travail, il restait aux Olympiens à le finir. Dans un match où ils n’auront jamais été mis en danger par un Ajax totalement lessivé par la maîtrise marseillaise. Afin de montrer que leurs ambitions en Ligue des champions n’étaient pas que d’y faire un petit tour et d’en partir après les huit matches de la phase principale.

    Présent en tribunes, Franck McCourt, le boss de Boston, aura apprécié le spectacle offert par ses joueurs.

    L’OM est lancé sur la voie royale, celle qui devait confirmer
    les espoirs nés à Santiago Bernabéu

  • Un travail de terrain à Marseille

    Un travail de terrain à Marseille

    Le calcul de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône est simple. « Plus on construit la mobilisation et la grève, plus on sera en capacité de faire reculer les politiques de casse sociale et de mettre en échec le gouvernement sur ce budget », explique Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation. D’où la volonté de maintenir la pression et de « monter le rapport de force », alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, tergiverse sur des annonces concrètes pour son budget : « On travaille à ancrer la grève dans la lignée du 18, elle est en débat dans les assemblées générales, dans les entreprises et dans les administrations ». Concrètement, la CGT prévoit une mobilisation d’un bon niveau. « On a des remontées d’appels à la grève dans tous les secteurs, on est un peu sur les mêmes taux que lors du 18. On est sur un travail de terrain pour mobiliser les salariés, avec des diffusions de la part des Unions locales, des syndicats ».

    S’il sera difficile de faire mieux que le 18, Jessica Jadé juge « qu’il y a la volonté d’avoir un processus de lutte pour aller à la gagne ». L’avis est partagé par Franck Balliot, co-secrétaire de la FSU 13 : « On a marqué des points en imposant un débat sur les recettes fiscales, en particulier sur les aides non contrôlées pour les entreprises et les taxes sur les plus riches. On se place donc sur une mobilisation sur le temps long ». Un temps long qui n’empêche pas de faire « un boulot de terrain dans les établissements et une tournée des services » en vue de ce jeudi.

    Reste que le syndicaliste n’anticipe pas un raz-de-marée de grévistes du côté des services publics et dans les collectivités territoriales pour cette date : « Les taux ne seront sans doute pas exceptionnels, il y a une forme d’attentisme puisque le gouvernement n’annonce rien de concret ».

  • Don surprise d’un chef d’œuvre caravagesque à la Ville de Marseille

    Don surprise d’un chef d’œuvre caravagesque à la Ville de Marseille

    Un gentleman offre à Marseille un chef d’œuvre caravagesque. Une générosité qu’on croyait ne pas pouvoir côtoyer, une histoire qu’il fallait vérifier étape par étape. Un personnage qui préfère conserver l’anonymat vient de faire donation d’une toile d’un artiste proche du Caravage, Louis Finson. Coût de l’opération, plus de 500 000 euros !

    Lumières et cruautés, corps en souffrance, reflets de bronze sur la peau, silence et début d’extase. Percé par treize flèches, Saint- Sébastien entamera une nouvelle vie vendredi 3 octobre, dans une salle du rez-de-chaussée du Palais Longchamp. On se hâtera de venir l’admirer. Après une brève présentation au public qui s’achèvera dimanche 5 octobre en soirée, ce martyr rejoindra pour quelques mois le CICRP, le Centre de Restauration du Patrimoine basé à la Belle de Mai. Plusieurs défauts de ce clair-obscur de beau format – 147 x 116 centimètres – impliquent des réparations.

    Un indice fiable aura confirmé les expertises du Cabinet parisien Eric Turquin. En bas à gauche, sa signature mentionne en majuscules son auteur «Aloisus Finsonius fecit» et sa date, 1612. Ce tableau qui appartenait à une famille aixoise fut proposé aux enchères chez Drouot le 18 juin, par la maison de Ventes Ader. Son estimation était raisonnable, 40 à 60 000 euros. Alerté et très motivé, le conservateur du musée Longchamp Luc Georget avait obtenu de la Ville de Marseille des crédits conséquents : 300 000 euros avaient été provisionnés, la possibilité d’une préemption semblait envisageable.

    La déception de Luc Georget fut immense. Au téléphone et dans la salle d’autres concurrents du secteur privé surenchérissaient, le marteau final enregistra un implacable dépassement de prévision : 416.000 euros ! Frais compris, l’acquisition de Saint Sébastien par une galerie italienne voisina 500 000 euros. Quand il reprit son train pour Marseille, le conservateur de Longchamp ne pouvait pas anticiper le miracle qui survint une vingtaine de jours plus tard…

    Vœu de silence

    Surprises et joies, la Ville et les musées furent informés de la volonté d’un ultime acquéreur de la toile : il l’avait rachetée et avait résolu d’en faire donation à Marseille ! Au milieu de cette soudaine clarté, un très respectable point d’obscurité : ce mystérieux donateur exigeait de garder l’anonymat. Mis à part Benoît Payan, Jean-Marc Coppola et les directeurs des musées qui gardent très légitimement pour eux ce secret, personne ne peut révéler l’identité de ce donateur : notre gratitude ne s’exprimera pas directement.

    Ce taiseux n’est pas uniquement un riche bienfaiteur, ce mécène admire des expositions et des tableaux liés au destin de Marseille. On imaginera qu’il a souvent consulté le catalogue de l’exposition de la Peinture en Provence au XVII° siècle, programmée en 1978 au Palais Longchamp. Dans ce catalogue Jacques Thuillier raconte que Louis Finsonius (1578-1617) fut proche du Caravage qu’il hébergea dans son atelier de Naples. Auteur de tableaux qu’on aime dans les cathédrales d’Aix et d’Arles, Finson fut invité en Provence par l’érudit et collectionneur aixois Nicolas Peiresc. D’ordinaire visible à Longchamp, son chef d’œuvre, une copie de La Madeleine en extase du Caravage, est actuellement présenté dans l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

    Le tableau, après avoir bénéficié d’une restauration complète pendant plusieurs mois rejoindra ensuite les collections permanentes du musée en 2026, dans un accrochage valorisant les écoles italienne et provençale du XVIIe siècle.

    Alain Paire

  • Le terminal des croisières de luxe prend encore l’eau

    Le terminal des croisières de luxe prend encore l’eau

    La croisière ne s’amuse plus. Sept mois après la publication par le Grand port maritime de Marseille d’un avis de concession pour aménager l’esplanade du J4, qui jouxte le Mucem, afin d’y installer un terminal dédié aux croisières de luxe, aucun candidat ne s’est présenté avant la date butoir, le 15 septembre dernier. Malgré la promesse d’accueillir 90 escales cette année, puis 126 en 2026, soit quelque 90 000 croisiéristes en deux ans, l’avis de résultats publié mercredi dernier n’a pu que constater : « Aucun lauréat n’a été choisi et la mise en concurrence est close. »

    Comme un goût de déjà-vu. En décembre dernier, en effet, le Grand port maritime avait été contraint de revoir sa copie. Un consortium pourtant s’était formé suite à un premier appel d’offres publié en décembre 2021, pour y aménager cette gare maritime haut de gamme au pied de la Major, sur un terre-plein de 20 000 m². Celui-ci avait même déjà obtenu l’avis de l’architecte des bâtiments de France. Mais l’Américain Royal Caribbean, engagé à travers sa filiale Silversea, a finalement jeté l’éponge, pour des raisons économiques. De quoi décourager ses partenaires Ponant et Viking Cruises, qui à leur tour avaient abandonné le projet, ne pouvant assumer la centaine d’escales réclamées et les 15 millions d’euros nécessaires d’investissements. Sans rebuter les autorités du port, qui promettaient déjà un nouveau projet dans la même veine, garantissant de « rendre le projet plus attractif aux yeux des investisseurs ».

    Coûte que coûte

    Ainsi, au-delà de la seule gare maritime haut de gamme projetée sur l’esplanade, le bâtiment de 1 000  m² prévoyait « des activités liées à l’hospitalité, à la culture et à l’événementiel » qui « assureront la viabilité et la rentabilité du projet présenté ». Le tout « en cohérence avec la clientèle des navires de croisière haut de gamme accostés au J4 ». Si l’investissement de 8 millions d’euros minimum devait être porté par le délégataire, celui-ci pouvait occuper le site pour une durée allant de dix-sept à vingt-cinq ans, reversant cependant 3 % de son chiffre d’affaires au Port. Des conditions qui n’ont pas suffi à convaincre.

    Le Grand port maritime, malgré tout, souhaite maintenir ce projet. « Nous voulons qu’il y ait une activité économique liée à la croisière sur cet espace », fait-on savoir auprès du site. Un autre appel d’offres, donc, devrait être lancé dans le même sens. « Nous verrons sous quelles modalités dans la prochaine semaine », nous précise-t-on.

  • « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    La Marseillaise : En 1999, vous cofondez l’entreprise Ipsogen de diagnostic in vitro, qui devient HalioDx, avant d’être rachetée en 2021 par Veracyte. Lorsqu’en 2025, cette entreprise américaine lâche le site, que se passe-t-il pour vous ?

    Stéphane Debono : Avec l’autre cofondateur d’Ipsogen, Vincent Fert, on voulait créer une société pour aider les innovateurs du diagnostic en santé humaine à concevoir, industrialiser, produire et expédier à leurs clients leurs innovations. On avait ce projet en tête quand on a vu que Veracyte cherchait un repreneur pour le site marseillais. Ça nous semblait une très bonne idée de reprendre une partie de l’activité de notre ancien site. On n’est pas revenus en grands sauveurs d’emplois, mais parce qu’on a un projet qui fait sens. Avoir pu récupérer une équipe avec 25 ans de réalisation nous permet de démarrer avec des fondations solides.

    Ce sont donc 38 postes, sur les 164 que comptait Veracyte, que votre offre a permis de préserver ?

    S.D. : Oui, c’est l’offre faite au tribunal : 38 immédiatement avec un engagement d’embaucher six personnes supplémentaires et créer deux postes de direction.

    Pourquoi ne pas avoir repris toute l’activité ?

    S.D. : Après le rachat en 2021 par Veracyte, les activités sur le site à Marseille ont évolué. Notamment avec une grosse activité de développement de produits pour des sociétés pharmaceutiques ou spécifiques à cette entreprise. Ce sont ces activités qu’on ne reprend pas parce qu’elles sont trop formatées pour Veracyte. Le projet d’Hélio Diagnostics, c’est de proposer notre savoir-faire de 25 ans d’expérience pour aider à développer des diagnostics en oncologie, mais aussi en maladies infectieuses, dans le domaine du vétérinaire ou l’agroalimentaire. Il n’y a pas de limite à ce projet.

    Pourquoi reprendre le site marseillais ?

    S.D. : D’abord, pour hériter d’une expérience de 25 ans. Puis, c’est bien de pouvoir renforcer l’image européenne de l’innovation et de l’industrie du diagnostic. On est impliqués dans l’écosystème marseillais depuis 25 ans et cet impact local est important. Et puis c’est beau ce qui a été construit à Marseille, cette dynamique du pôle santé régional. Si on peut contribuer à tout ça, on en est fiers.

  • Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

    Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

    Marseille

    C’est le terme d’un combat de longue haleine pour les droits des travailleurs précaires. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a rendu justice, le 26 septembre dernier, à 18 intérimaires qui travaillaient à la Sad, filiale régionale de Presstalis, la messagerie de presse française, après plus de cinq années de procédure.

    Rappelons que la filiale avait été liquidée judiciairement, en 2020, privant la région de distribution de la presse pendant de longues semaines et mettant sur le carreau plus de 130 salariés, dont une partie d’intérimaires. « On était sur des CDI déguisés, il y avait une vraie exploitation de la précarité. On l’avait combattu à l’époque, avec un travail syndical pour l’embauche de 35 intérimaires en plusieurs vagues. Mais on n’avait pas pu finir ce qu’on avait commencé à cause de la liquidation, d’où la poursuite du combat via la justice », campe Nicolas Guglielmacci, ancien délégué syndical de la Sad, aujourd’hui secrétaire général de l’Union Locale CGT Vitrolles et figure de la CPMM, Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne. Cette dernière a repris l’activité de la Sad suite au combat des ex-salariés de la filiale pour le maintien de l’emploi après la liquidation.

    Les intérimaires « étaient indispensables, certains étaient à temps complet, sur des postes fixes ». Pire, « ils étaient en intérim depuis des années, le plus ancien depuis décembre 2013, le moins ancien depuis 2017 », selon Me Léa Talrich, avocate en charge du dossier, qui pointe des recours « abusifs ». D’où la victoire jugée « plus que symbolique » par la CGT et les ex-salariés de la Sad grâce à la décision de la cour d’appel d’Aix. « Elle reconnaît le besoin permanent de main-d’œuvre et requalifie les contrats à l’encontre de PSI, entreprise d’intérim, et de la Sad. Ils obtiennent donc des rappels de salaires sur la base du CDI qu’ils auraient dû avoir », développe Léa Talrich.

    « Certains travaillent actuellement chez nous »

    En clair, « la décision vient reconnaître qu’ils auraient dû être en CDI et qu’ils ont fait l’objet d’un licenciement abusif au moment de la liquidation judiciaire ». Et ils bénéficient « d’une reconstitution de carrière sur les trois dernières années avec les rappels de salaires, les cotisations… ». Comme le résume Nicolas Guglielmacci : « Ils ont enfin été rétablis dans leurs droits après des années de bataille. » De quoi boucler la boucle avec la reprise de l’activité de la Sad par la CPMM : « On a oublié personne ! Symboliquement, c’est peut-être le dernier combat sur la partie Sad Marseille. On a récupéré l’ensemble des travailleurs qui voulaient venir avec nous, de même que l’ensemble des prestataires, certains intérimaires travaillent actuellement chez nous. » Reste que Léa Talrich dénonce « des délais excessifs » pour le jugement et prévoit « un recours en responsabilité de l’État » sur le sujet.

  • Quand les seniors profitent de la foire gratuitement

    Quand les seniors profitent de la foire gratuitement

    « C’est sympa, on a la foire rien que pour nous », sourit Yves, 86 ans, à l’entrée du Parc Chanot (8e), qui accueille la 100e foire internationale de Marseille jusqu’au 6 octobre. En ce lundi 29 septembre, en effet, l’organisation de la foire a renouvelé son action « Journée Séniors », en invitant les plus de 60 ans à rendre visite aux exposants sans payer leur billet d’entrée, habituellement au tarif de 6 à 8 euros. Une initiative qui ne manque pas de ravir le public concerné.

    Des espaces dédiés à l’accueil des plus âgés

    Mettre à l’honneur les plus anciens, un engagement de longue date pour la foire de Marseille, qui organise des journées gratuites à destination des seniors depuis plus de six ans maintenant. Cette année, le repère des plus de 60 ans, l’Espace Séniors, comme indiqué sur le plan, se trouve dans le Hall 3, également dédié à l’habitat.

    L’espace, aménagé par l’association ES13, regroupe des stands institutionnels adaptés aux besoins de son public. « En plus de notre offre d’activités loisirs, nous accueillons ici des partenaires liés aux domaines de la santé ou des vacances, qui vont proposer des avantages pour nos adhérents tout au long de la foire », explique Luc, membre de l’équipe ES13, qui a suivi de près l’organisation de cet espace.

    À l’occasion des deux journées spéciales seniors, l’association de loisirs intervient également à l’extérieur, au niveau de la grande scène située sur le parvis du Hall 8. L’occasion de proposer des animations musicales et artistiques, et d’offrir quelques cadeaux, dont des entrées pour la grande nocturne du 3 octobre. Jean-Pierre et Catherine, deux Aveyronnais d’origine qui viennent pour la première fois à la foire de Marseille, font partie des heureux gagnants. « Nous avons déménagé en mars dernier, on ne connaissait pas du tout cet événement, c’est l’entrée gratuite qui nous a poussés à venir », expliquent-ils.

    Bien plus qu’un simple événement commercial, la foire de Marseille est, pour un grand nombre de seniors, une occasion de sortir, de voir du monde, de « se changer les idées », aussi, confie Adeline, souvent contrainte de limiter ses sorties en raison de son état de santé. À la sortie, Brigitte et Christian, venus spécialement de Vitrolles à l’occasion de cette journée, saluent également l’initiative. « La seule chose qui manque, d’autant plus pour les seniors, ce sont des espaces pour s’asseoir », regrette le couple.

  • La réouverture de la piscine du lycée Marseilleveyre fait plouf

    La réouverture de la piscine du lycée Marseilleveyre fait plouf

    Le tacle était appuyé. Le 5 septembre, lors de la rentrée scolaire, Renaud Muselier, le président (Ren) de la Région, accompagné de Martine Vassal, future candidate (DVD) à la mairie, inaugure la piscine de Marseilleveyre. Après des années de fermeture et 2,6 millions de travaux, le bassin, 25 m et 4 lignes, rouvre enfin.

    Le coup de ciseaux sur le ruban est symbolique et politique. « La dernière piscine ouverte à Marseille, c’était St-Charles en 2019. Puisque rien ne s’est fait depuis, je fais », tance Renaud Muselier, visant la municipalité de gauche. Dans ses pas, Sandra Blanchard (Une génération pour Marseille) lancée dans les municipales, s’enflamme sur le réseau X, et dénonce « la faillite totale de Benoît Payan sur les piscines ».

    « Défaillance de gestion »

    Mais le tacle était surtout glissant. Car depuis, le bassin est resté fermé. « Elle n’a jamais ouvert. Un souci technique dans la distribution de l’eau », avance un personnel de l’établissement. Un flou entoure le sujet. Même les associations de parents d’élèves peinent à être informées de la nature du problème et la durée de sa fermeture. Chaque lundi, un message Pronote informe juste les familles concernées que « la piscine n’est pas fonctionnelle ».

    « Un problème de communication interne », concède Robert Ciampi, à la tête de l’établissement depuis mars. « Quand vous inaugurez quelque chose, vous vous dites que c’est tout de suite fonctionnel mais c’est sous réserve. Il n’y a pas eu de cafouillage », assure-t-il, évoquant quatre créneaux reportés et un « décalage prévu » : « J’en ai pris la responsabilité, tant que les conditions optimales ne sont pas réunies, il n’est pas question que ça se fasse. »

    Sollicitée, la Région évoque « une défaillance de gestion des nouvelles installations techniques » ayant rendu l’eau du bassin trop froide. Elle a nécessité l’intervention d’une entreprise. « Lors de celle-ci, une vanne qui n’était pas correctement ouverte a généré une algue, et l’eau est devenue verte. Il a fallu la retraiter et remettre la piscine en eau », explique le proviseur, espérant que la température reste conforme pour les premiers cours, demain.

    « On a le feu vert mais, on ne sait pas dans quelles conditions », confirme une enseignante, posant en creux la question de la surveillance du bassin. Car depuis sa fermeture en 2019, la législation a changé : un enseignant doit être accompagné d’un titulaire du Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique. Un sujet qui n’est pas réglé.

    Des conventions partenariales avec cinq structures (Sardines triathlon, ASPTT, Staps, Smuc et Cercle des nageurs) prévoient notamment la mise à disposition de surveillants diplômés en échange de lignes d’eau. Mais elles sont en attente. Le conventionnement avec toutes les associations sera acté lors du conseil d’administration qui se tiendra à la rentrée des vacances de la Toussaint, indique la Région. « Jusqu’aux vacances, les cours se dérouleront en double surveillance avec un autre enseignant titulaire d’un brevet. S’il n’y en a pas, en attendant le CA, on le fera par une prestation à titre gracieux de nos partenaires », assure Robert Ciampi.

    « Les enseignants ont l’habitude de bricoler, mais ça ne peut pas durer », glisse une déléguée du Snes-Snep-FSU, regrettant ce « faux départ » après la fanfare politique de la rentrée. « C’est dommage que la Région qui l’a remis à neuf, ne mette pas de moyens pour surveiller la baignade et ne détache personne à l’entretien de la piscine ». Cette mission serait conventionnée avec le Cercle des nageurs.

    « La Région accompagnera le lycée pour trouver une solution pérenne en faveur des lycéens et autres utilisateurs afin que cet équipement fonctionne dès la semaine prochaine pour les élèves, dès novembre pour les associations », conclut la collectivité.

  • Au procès du Sictiam, tous les prévenus sont relaxés

    Au procès du Sictiam, tous les prévenus sont relaxés

    Relaxe générale, nette et précise au procès du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy (LR), 69 ans, proche d’Éric Ciotti auquel il a succédé en 2017, et de cinq coprévenus dont deux sociétés, jugés dans une affaire de favoritisme et de prise illégale d’intérêts sur des marchés du Sictiam, le syndicat mixte d’ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes et de la Méditerranée chargé de la transition numérique des communes.

    Les prévenus avaient comparu en juillet, à Marseille, sur la base des suspicions d’un rapport de l’inspection générale des services de la Région Sud signalé au parquet de Nice, en 2018, par son président Renaud Muselier, qui suspectait des irrégularités dans l’usage de plus de 5 millions d’euros de subventions versées entre 2014 et 2017, et en particulier lors des travaux d’aménagement du nouveau siège du Sictiam, dans un immeuble loué à Valbonne (06).

    Le parquet de Marseille avait requis 18 mois de prison avec sursis, 35 000 euros d’amende dont 5 000 avec sursis et 3 ans d’inéligibilité sans exécution provisoire contre Charles-Ange Ginésy, estimant que la moitié des 508 000 euros de travaux réalisés sur devis au siège du Sictiam, par un promoteur azuréen, aurait dû faire l’objet d’une mise en concurrence.

    « Contrairement aux suppositions formulées »

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a balayé, lundi, toutes les accusations, retenant que le contrat signé en mai 2017 avec l’entreprise prestataire était « un contrat mixte comprenant à la fois un bail et des travaux d’aménagement intérieur [qui sont] communs à toute société du secteur tertiaire ». Ce contrat mixte « constitue principalement un contrat de bail qui ne relève donc pas des règles de la commande publique de travaux », a tranché le tribunal.

    S’agissant du favoritisme reproché à Francis Kuhn, un ancien directeur général du Sictiam et actuel premier adjoint de Digne-les-Bains (04) sur des marchés publics à des entreprises de conseil, le tribunal le blanchit. « Contrairement à ce qu’ont avancé les inspecteurs de la Région », l’omission d’un montant maximum n’est qu’une « simple erreur matérielle » dans la mesure où, à aucun moment, le Sictiam n’envisageait de dépasser le plafond légal de 207 000 euros fixé par le Code des marchés publics. Le formulaire certifié mentionnait un montant maximum de 90 000 euros qui n’a pas été dépassé. « L’adoption d’un marché à procédure adaptée s’avère donc être bien fondée », ajoute le tribunal, qui conclut que « Francis Kuhn n’avait aucune volonté de violer les règles de la commande publique ».

    De même pour un autre prestataire accusé de favoritisme : « contrairement aux suppositions formulées par les inspecteurs de la Région et des enquêteurs » dit le tribunal, les devis transmis dans le cadre d’une demande de subventions européennes ne correspondent aucunement au marché attribué à cette entreprise, aucun marché n’ayant d’ailleurs été passé, le projet ayant été abandonné. L’office européen anti-fraude n’avait d’ailleurs rien trouvé à redire dans l’emploi des fonds Feder par le Sictiam.

    S’agissant de Sophie Houzet, ancienne directrice du Sictiam qui s’est dit « victime d’une affaire politique au plus haut niveau régional », le tribunal souligne qu’elle n’a « pas pu prendre, recevoir ou conserver directement ou indirectement un intérêt relativement à la convention litigieuse ». Ni elle, ni Francis Kuhn « n’ont eu la volonté de compromettre leur indépendance, leur objectivité et leur impartialité ».