Tag: Marseille

  • Roberto De Zerbi se montre incisif sur le plan médiatique

    Roberto De Zerbi se montre incisif sur le plan médiatique

    Au milieu du calendrier chargé de l’OM entre la Ligue 1, la Coupe de France et la Ligue des Champions, un homme a récemment cristallisé l’attention : Roberto De Zerbi. L’entraîneur italien s’est exprimé à de nombreuses reprises ces derniers jours sur divers sujets hors terrain, musclant quelque peu sa communication, tant à l’égard des journalistes que sur son envie de poursuivre l’aventure marseillaise.

    En effet, l’ancien coach de Brighton figure parmi les techniciens marseillais à avoir pleinement compris l’environnement dans lequel il a mis les pieds. L’an passé, il décrivait Marseille comme « une ville excessive, radicale, tranchée. Elle correspond à mon tempérament et à mon histoire ».

    Un tempérament que l’on peut qualifier d’imprévisible, parfois, de volcanique aussi, comme le stade qui accueille son équipe. Finalement, un personnage à l’image de la cité phocéenne. Pierre-Emile Hojbjerg, mardi dernier, n’a pas hésité à comparer la passion de son entraîneur à celle d’Antonio Conte, autre transalpin actif sur un banc de touche.

    L’OM met les choses

    au clair

    Ces dernières semaines, des rumeurs venues d’outre-Manche reliaient De Zerbi à Manchester United. Rien de concret et une information balayée très rapidement par le principal intéressé, lors de la conférence de presse avant la réception de Liverpool. « Non, il n’y a rien du tout. Je suis à 100% concentré sur l’OM », disait-il simplement. Lors d’une interview de 21 minutes accordée à la BBC, le natif de Brescia a confirmé sa confiance envers le club olympien : « Je suis très heureux à Marseille et je veux garder mon poste jusqu’à je ne sais quand ».

    Jusqu’à maintenant, Roberto De Zerbi ne s’était pas tellement attardé sur les critiques à son égard. Mais, ces sept derniers jours, il s’est donc montré plus virulent, jouant avec la presse et disant clairement le fond de sa pensée. « Personne ne parle de mes choix avant les matches, mais, vous les journalistes, vous ne faites que critiquer après les matches », lançait-il avant la rencontre face à Liverpool, sourire en coin. Concentré sur ses idées et sur le football, le coach italien a également expliqué qu’il n’avait « le numéro d’aucun journaliste. Quand il y a de la mauvaise foi, je reste à ma place, je ne dis rien ».

    Un communiqué de l’OM est venu appuyer les propos de son technicien, dimanche soir, mettant notamment en avant le fait que « l’Olympique de Marseille ne pratique ni boycott ni censure à l’égard des médias. Les décisions prises relèvent exclusivement de choix stratégiques du club, fondés sur l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution ». Le club fait également comprendre qu’il serait offensif s’il jugeait que des propos seraient diffamatoires à l’attention de l’OM. Une question d’image donc, celle que le duo Longoria-Benatia construit depuis son arrivée dans les Bouches-du-Rhône.

    Par ailleurs, Pierre Sage, toujours dans le juste sur le plan humain, a salué l’attitude des dirigeants marseillais. L’entraîneur du RC Lens a été particulièrement bien accueilli lorsqu’il s’est déplacé au stade Vélodrome, mercredi. En effet, il avait été invité pour observer l’équipe olympienne lors de son match de Ligue des Champions face aux Reds. « Être présent dans le stade permet de voir des choses qu’on peine parfois à percevoir derrière un écran. Je tiens à remercier l’Olympique de Marseille, parce qu’ils nous ont très bien accueillis, ils ont été très classes », a souligné l’ex-entraîneur de l’OL. Ce dernier et Roberto De Zerbi ont également échangé après la rencontre parfaitement maîtrisée par l’OM samedi soir contre Lens (3-1). Les deux hommes ont promis de s’appeler dans la semaine et le Lensois a également salué le comportement de son homologue envers lui.

    Beaucoup d’agitation donc ces derniers jours, alors que les événements s’enchaînent pour l’OM. Mercredi soir, à l’issue du match à Bruges, les Phocéens y verront plus clair quant à leur calendrier printanier. Avant d’enchaîner contre les deux clubs parisiens puis de recevoir Rennes pour un huitième de finale de Coupe de France qui s’annonce électrique.

    Mmadi officiellement prolongé

    L’Olympique de Marseille a annoncé, ce lundi, la prolongation de contrat jusqu’en 2029 de Tadjidine Mmadi. Le jeune marseillais d’origine comorienne a effectué ses débuts professionnels cette saison et a même marqué son premier but, en Coupe de France, à Bourg-en-Bresse.

    Autre nouvelle avec le communiqué de l’OM à propos de l’interdiction de déplacement des supporters au Paris FC. Le club s’indigne de cette mesure et rappelle que les fans du PFC ont pu se rendre au Vélodrome, pour suivre leur équipe, en août dernier.

  • Maurel remet le couvert avec Durk et Prud’homme à La Marseillaise

    Maurel remet le couvert avec Durk et Prud’homme à La Marseillaise

    Quelques jours après l’ouverture des inscriptions pour la 65e édition du Mondial La Marseillaise à pétanque, Pierre Maurel a déjà lancé les hostilités. Le pointeur martégal, licencié au Case de Nice la saison passée et désormais pensionnaire du club de l’île Rousse, en Corse -pour évoluer aux côtés de Basil Jackel et Joseph Barbato- a annoncé qu’il se présentera au Parc Borély en compagnie des bombardiers Maison Durk et Kévin Prud’homme, demi-finaliste de la dernière édition. « On est des amis à la base », souligne le pointeur classé troisième au classement Passion pétanque française (PPF). « On a fini notre association par une finale (en 2021). On a toujours fait beaucoup de grands résultats ensemble. On pense qu’on est plus fort comme ça », poursuit-il.

    « Il faut que ce soit

    enfin la bonne »

    Sa dernière aventure au Mondial La Marseillaise, avec les jeunes Mayron Baudino et Adrien Delahaye, s’est soldée par une élimination en 8e de finale face à l’équipe d’un certain… Kévin Prud’homme. « On a toujours été parmi les favoris depuis que l’on joue ensemble, mais il faut que ce soit enfin la bonne », martèle Pierre Maurel.

  • [Entretien] Luc Tardif : « On a resserré l’écart entre le Top 4 et le reste de la Ligue »

    [Entretien] Luc Tardif : « On a resserré l’écart entre le Top 4 et le reste de la Ligue »

    La Marseillaise : Vous êtes cinquièmes du championnat (20 victoires et 15 défaites), après avoir passé les trois quarts de la saison régulière. Êtes-vous satisfait du rendement global de votre équipe jusqu’ici ?

    Luc Tardif : En termes de points, on est déjà bien au-dessus, en avance, par rapport aux années précédentes. L’objectif, c’était vraiment d’être proche du top 4. On l’est encore, même s’il y a un petit écart quand même qui s’est créé ces derniers matches avec Bordeaux. L’idée, c’était, jusqu’à la fin de l’année, d’essayer de pouvoir accrocher le Top 4. Donc, on est encore dans les clous sur ce point-là. C’est positif. Après, en termes de contenu de match, ça a manqué de constance cette année. Il y a des matches contre des équipes du Top 4 où on n’a pas été assez compétitifs. On va dire que c’est cet aspect-là qui me dérange un peu. Même si on a fait, par exemple, de grosses victoires contre Grenoble, je trouve que contre Bordeaux, contre Rouen, contre Angers, on n’a pas eu la compétitivité souhaitée en début d’année. Je dirais que je suis satisfait sur le plan comptable. Mais, je pense qu’on n’est pas encore à notre plein potentiel. Je pense qu’on est capable de faire mieux.

    Votre effectif a récemment été bouleversé avec trois départs de joueurs majeurs (Myllymaa, Lavoie et Thompson) et autant d’arrivées soudaines (Wong, Asten et Valtonen). Comment faites-vous pour gérer deux saisons en une ?

    L.T. : En début de saison, on avait des joueurs avec des qualités offensives. Des qualités vraiment intéressantes, comme Alexandre Lavoie ou Brad Thompson. Mais ça ne fitait pas sur d’autres aspects du jeu. J’ai une certaine exigence sur l’intensité, sur le grid, sur la partie défensive. Ce sont, pour moi, des éléments essentiels pour pouvoir performer et aller chercher des titres. Ça ne fitait pas. Ce n’est pas la question de savoir si ce n’étaient pas de bons joueurs. Bien sûr que c’étaient de bons joueurs et de bons professionnels. Je n’ai rien à leur reprocher, mais ça ne fitait pas avec ce que nous, on voulait faire. L’ajustement de l’équipe a été fait dans ce sens-là. Sur les 4-5 derniers matches, j’adore l’état d’esprit de l’équipe. On aura peut-être moins de talent que les équipes du top 4. Ce qu’on veut, c’est essayer d’avoir plus de grid, plus d’intensité, plus de vitesse. Essayer d’être plus compétitif.

    Le Top 4 est d’ores et déjà qualifié pour les playoffs. Ça devrait être bientôt votre tour…

    L.T. : Je n’ai pas fait des comptes par rapport à ça. Il ne nous faut pas grand-chose pour être qualifié pour les playoffs. De toute façon, notre objectif, c’était ça. Évidemment, on avait en tête de se placer le mieux possible. Pourquoi pas essayer d’accrocher un Top 4 pour avoir l’avantage de la glace. Ce que je trouve positif, c’est qu’on a toujours été dans le groupe pour ce Top 4. On l’est toujours encore, même s’il y a un petit écart qui s’est créé avec Bordeaux. On l’est quand même toujours encore. Ça, c’est une grosse différence par rapport à l’année dernière et l’année d’avant. L’année d’avant, il y avait un gros écart entre le Top 4 et le reste. Là, on l’a resserré. Ça, c’est positif. Je pense que ça vient d’une plus grande constance dans nos résultats, notamment dans les équipes qui se sont placées derrière nous. Comme je disais, la déception pour moi, c’est qu’on n’a pas été assez compétitifs dans les matchs, dans les confrontations directes face à ces équipes du top 4, excepté Grenoble, où la balance est positive. Le reste, la balance est négative. Mais on est encore dans le coup.

  • Hommages à Henri-Frédéric Blanc à Marseille et Septèmes

    Hommages à Henri-Frédéric Blanc à Marseille et Septèmes

    Décédé il y a un an, Henri-Frédéric Blanc laisse derrière lui une bibliographie au verbe truculent, taquin et incisif amorcée à la fin des années 1980. Un funambule de la langue auquel certains de ses compagnons de route font un clin d’œil appuyé vendredi 30 janvier à l’Espace Jean-Ferrat. Rien de plus logique pour cet auteur et poète, parmi les fondateurs, avec Gilles Ascaride, de l’Overlittérature, un beau jour de novembre 2008 « autour d’une pizza et d’un rosé de Provence », à Septèmes. La capitale de ce genre littéraire qui tient autant de la galéjade de quartier que du sérieux de l’universalisme.

    « Pas dans le folklore »

    L’une des comédies écrites par Henri-Frédéric Blanc, Nuit gravement au salut sera jouée dans une mise en scène d’Hervé Fassy. « Une pièce qui permettra de redécouvrir l’humour grinçant et la satire sociale qui lui étaient chers », situent ses amis. La représentation sera précédée par des lectures de ses textes par Gilles Ascaride et Marie Fabre. « On n’est pas dans le régionalisme, le pittoresque et le folklore. On considère que l’esprit marseillais a des choses à dire au reste du monde », précisait fin 2019 Henri-Frédéric Blanc, à La Marseillaise, au moment de la sortie de son Épître aux Marseillais. Un hommage littéraire lui sera aussi rendu à Marseille, bibliothèque de l’Alcazar jeudi 29 janvier à 17h30, par le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus, l’historienne Chantal Champet, le comédien Thierry Audibert et l’auteur Jean Contrucci.

  • Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    « Des plannings qui nous contraignent à des amplitudes horaires intenables et de plus nombreuses permanences le week-end, ce n’est pas tenable ! ». Devant les grilles de la Maison d’enfants à caractère social (Mecs), les personnels éducatifs dénoncent une réorganisation intenable suite à la suspension, en décembre, de l’activité de l’unité pour enfants et du service autonomie pour les majeurs de Bois Fleuri.

    La fermeture temporaire d’un mois avait été motivée par de graves dysfonctionnements : une agression d’un enfant pris en charge par un autre, ainsi qu’une gestion déficitaire de 750 000 euros. Dans un nouvel arrêté daté du 21 janvier, le directeur du service Solidarité du Département a prorogé cette fermeture jusqu’au 22 février. L’autorité tutélaire considère que la réorganisation du service autonomie, « persistante », conduit à « l’absence de mise en œuvre des injonctions du service d’inspection » et que les travaux entrepris dans le service des tout-petits ne sont pas achevés.

    Des décisions hors-sol

    Devant l’établissement, la colère est intense chez les personnels. Shaima, jeune adulte prise en charge, est venue en soutien : « On nous a demandé de quitter les appartements en urgence le 22 décembre. On a été replacés dans d’autres structures, mais mon budget repas est passé de 70 euros mensuels à 45 euros ». Du côté des salariés, on dénonce « des décisions prises d’en haut, déconnectées des besoins réels » et un rythme de travail qui mène à « l’épuisement ». Maxence Lamy, délégué CGT, rappelle que la Mecs en est à son « 5e changement de direction en deux ans, avec aujourd’hui un mandat de gestion ». Il déplore également « un serpent qui se mord la queue avec le CD 13 qui doit financer l’association pour que nos salaires soient payés, alors qu’il a procédé à une baisse des tarifs journaliers de 189 euros à 70 euros ».

    Sur les grilles, des banderoles dénoncent une « maltraitance institutionnelle » qui s’est « généralisée », précise un éducateur de Saralogisol, venu, comme l’UL CGT Timone, la CGT Araimc et Solidaires, soutenir le mouvement. Contactée, la direction n’a pas donné suite.

  • Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Sur la scène du palais des congrès du parc Chanot, ce lundi soir, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence ne pouvait s’empêcher de renverser les propos de l’ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « La politique n’est pas tout, mais la politique est partout », sourit Jean-Luc Chauvin face aux 1 500 personnes venues assister aux vœux du monde économique. En cette année de scrutins municipaux, c’est en effet sous le thème de l’engagement que les 179 organisations patronales du collectif Tous acteurs avaient placé cette soirée.

    « Pour moi l’engagement, c’est le dépassement de soi, de son propre intérêt pour faire bouger les lignes et avancer », lance-t-il à l’issue d’une série de tables rondes célébrant mécénat de compétences et fonds de dotations entre quelques citations de Mandela ou Saint-Ex. Et le président de la CCI d’aller dans le concret : 42 propositions ont été élaborées par ce consortium de réseaux consulaires, syndicaux patronaux ou associations commerçantes, qui seront dévoilées dans une semaine. « Le monde économique a un grand rôle à jouer, pour répartir la richesse il faut d’abord la créer », interpelle Jean-Luc Chauvin. Et d’insister : « Les entrepreneurs ne sauraient être étrangers au débat qui s’ouvre. »

    L’extrême droite absente

    Mais pour peser sur les choix des décideurs qui seront élus dans moins de sept semaines, encore faut-il parler d’une même voix. « La voix des entreprises est plus forte lorsque le monde économique est uni », réclame le président de la chambre consulaire. Alors il ne se hasarde pas au moindre propos polémique, pas même pour dénoncer la menace d’une extrême droite qui désormais s’affiche ostensiblement « pro-business », espérant mordre davantage sur ce qui reste d’une droite républicaine. Assise dans les premiers rangs, la candidate (DVD) Martine Vassal ne manque d’ailleurs pas de répliquer, pointant l’absence du chef de file du RN, Franck Allisio, malgré l’invitation de la CCI. « L’économie locale ne l’intéresse pas », tweete-t-elle dès la fin des discours.

    La politique cependant se décide aussi à un échelon national toujours pris dans les turbulences de la dissolution. « Cela a des incidences, beaucoup de projets sont bloqués, il y a un manque d’investissements », s’inquiète la présidente du directoire de Onet Émilie de Lombarès, administratrice du Club Top 20, qui rassemble les plus grosses entreprises du territoire. « Les effets de l’attentisme sont là », alerte-t-elle. La seule demande exprimée dans la soirée pourtant est celle de plus de dérégulation. « Le monde économique ne demande pas de privilège, mais simplement qu’on ne lui mette pas de freins inutiles », réclame la présidente de l’union des entreprises de proximité des Bouches-du-Rhône, Catherine Vales. Comme pour mettre des mots sur le « CCI blues » improvisé sur scène par le saxophoniste Raphaël Imbert.

  • Les énergéticiens contre la répression et la vie chère à Marseille

    Les énergéticiens contre la répression et la vie chère à Marseille

    « La montée de la répression, des licenciements et des sanctions disciplinaires arbitraires devient monnaie courante », dénonce la CGT énergie de Marseille, qui avait lancé l’appel à se mobiliser devant la station d’épuration des Calanques. En grève depuis le 22 janvier, les gaziers et les électriciens maintiendront la pression « jusqu’à la connaissance des décisions qui devraient intervenir dans la semaine », a précisé le secrétaire général du syndicat.

    Le choix du site était symbolique de la riposte des salariés face à deux nouvelles sanctions à l’encontre d’un gazier et d’un électricien. « C’est nous qui tenons l’outil de travail » ont rappelé les agents, alors qu’une procédure de danger grave et imminent est en cours pour risques psychosociaux et que la grève est reconduite. Ces actions interviennent dans un contexte de « hausses tarifaires que les usagers subissent tous et qui servent de prétexte à répression contre les agents », souligne Renaud Henry qui s’est rendu à Lyon en défense des agents convoqués. L’un est poussé à la retraite, l’autre est soupçonné de fraude sur un relevé considéré trop faible. L’esprit Robin des bois anime toujours les salariés et les organisations de l’énergie « réfléchissent à faire en sorte que les entreprises qui usent de mesures répressives soient pénalisées », prévient le syndicaliste. Contre la précarité énergétique qui sévit dans de nombreux foyers, la CGT énergie revendique toujours la baisse de la TVA à 5,5% et une augmentation des salaires.

  • Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu, lundi, l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Il a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 40 000 euros d’amende, la confiscation de 8 000 euros sur son compte bancaire et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ce qui le destitue immédiatement de ses trois mandats : maire, conseiller départemental et président de l’intercommunalité.

    « Devoir exacerbé d’exemplarité »

    « Il n’a cessé, au cours de l’enquête et de l’audience, d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics », énonce le tribunal, lui rappelant qu’élu de la République, il avait « au titre de ses trois mandats électifs un devoir exacerbé d’exemplarité ». Pour le tribunal, Yann Bompard s’est inscrit dans « une relation de travail inversée, instaurant sur celle qui était non seulement son employeur, mais aussi une élue du Parlement, une forme d’autorité du fait de sa filiation et de l’ancrage politique de son père et de sa mère ». Les faits ont un « caractère lucratif » ayant permis « l’enrichissement de celui qui était au départ un allié politique » de la députée et qui était déjà rémunéré 5 800 euros mensuels pour trois mandats.

    La députée du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée de la Ligue du Sud au Rassemblement national, écope de dix-huit mois avec sursis, 10 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics et subornation de témoin ayant fait pression sur un autre collaborateur pour mentir. L’écoute diffusée au procès était édifiante : « Bah vous êtes censé dire qu’il faisait les discours, qu’il a participé aux journaux, qu’il travaillait parce que sinon, on va être dans la merde hein. » Son collaborateur faisait aussitôt remarquer : « Vous comprenez que vous me demandez de mentir ? » – « Je sais, moi aussi je vais mentir », avait répliqué la députée. « C’est chaud quand même là. Ils vont voir que vous n’avez pas d’échanges de mails, de téléphone, y a aucun discours qui peut être justifié par lui, y a rien, y a rien, aucune trace de travail de part, donc faire une fausse déclaration là-dessus heu… », s’inquiétait son collaborateur bien conscient de la vacuité du travail de M. Bompard.

    « Alors que vous êtes une représentante du peuple, et non de vos électeurs, vous avez choisi de vous positionner, puis de vous maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Vous avez choisi de favoriser les intérêts financiers de sa famille, et ce partant de préserver votre propre avenir politique au détriment du bien public », a lancé le tribunal à la députée, seule présente, mais qui, une fois le jugement rendu, s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée pour ne pas affronter les micros et caméras.

    Les deux élus devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale partie civile la somme de 74 776 euros bruts de salaire de Yann Bompard, collaborateur parlementaire fictif.

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • Du courage

    Du courage

    C’est un sujet qui pourrit la vie de nombreux habitants de notre région et qui a pris une telle ampleur qu’il figure parmi les préoccupations des électeurs à l’approche des municipales des 15 et 22 mars : le narcotrafic. Et pourtant, c’est un sujet éminemment national, un problème dont les solutions se trouvent dans les moyens et la volonté politique de l’État.

    Néanmoins, sans élus locaux déterminés à faire face et à sortir les quartiers populaires de l’abandon dans lequel ils sont trop souvent laissés par les pouvoirs publics, la lutte contre le narcotrafic a peu de chance de regagner du terrain.

    La lutte contre le narcotrafic n’appartient pas à l’extrême droite

    À Marseille, l’onde de choc provoquée par l’assassinat de Mehdi Kessaci a touché tous les cœurs. Dans tous les quartiers et quelle que soit l’opinion politique.

    L’engagement réitéré de son frère, Amine, contre le narcotrafic, malgré cela, est un message d’intransigeance à l’égard des mafieux et des tueurs.

    Militant écologiste, il fait le choix du Printemps marseillais aux côtés de Benoît Payan. Un symbole fort démontrant que ce sujet n’appartient pas à l’extrême droite dont le candidat prétend placer Marseille en « état d’urgence », une sorte de punition collective sans rivage.

    Quand on veut être élu pour faire reculer le narcotrafic, il ne faut pas de coups de menton, pas de grandes déclarations, il faut d’abord du courage.

    Amine Kessaci n’en manque pas. En politique comme dans la vie.