Le bureau de vote 501, logé aux côtés des bureaux 451 et 502 dans l’école maternelle Saint-Vincent-de-Paul (4e), était au premier tour le meilleur élève marseillais : 27,54% d’abstention seulement, soit le plus faible taux de la cité phocéenne. À 19h50 dimanche, la tendance semblait se confirmer avec 70,73% de participation. « On n’a pas énormément d’inscrits, seulement 639, mais c’est vrai qu’ils sont au rendez-vous, note Michèle, présidente du bureau. Et on voit de tout : des jeunes, des vieux et des familles. » En sortie d’isoloir, les inscrits sont surpris de leur première place. « Je m’étonne mais je suis plutôt fier, s’enthousiasme Guillaume, dentiste de 40 ans. Après, nous sommes dans un quartier assez socialiste, avec un bon degré d’instruction, sans doute que ça aide ». Car l’abstention s’explique aussi peut-être par un manque de politique concertante, accessible. C’est en tout cas ce que suggère Pierre-Laurent, musicien de 55 ans installé dans le quartier depuis plus de 10 ans. « Je comprends aussi qu’apparaisse un certain ras-le-bol, une sensation d’impuissance, se désole-t-il. On peut avoir l’impression que ça tourne en rond, c’est un sentiment qu’on a tous déjà eu. » Gaspar, 19 ans, qui votait ce dimanche pour la deuxième fois, comprend lui aussi quelques-uns des arguments abstentionnistes. « J’ai deux trois amis qui ne voulaient pas voter. Ils disent que les politiciens sont tous pareils. Je suis un peu d’accord, mais je pense qu’il faut quand même venir, même pour mettre un bulletin blanc, défend-il. Bon, finalement, j’ai convaincu un de mes potes, qui est même allé voter motivé au deuxième tour. » Installés juste à quelques mètres, les bureaux 451 et 502 avaient mobilisé au premier tour 67,48 et 67,01% des inscrits.
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À Marseille, l’impression d’un « bureau fantôme » au Parc Kalliste
« Quatre votants entre 8h et 9h. Je suis choquée, je n’ai jamais vu ça de ma vie », n’en revient toujours pas Nassima, en indiquant le tableau de suivi de participation. Secrétaire adjointe du bureau de vote 1581, établi en ce dimanche 22 mars dans l’école élémentaire du Parc Kalliste, elle en a pourtant écumé et supervisé depuis une vingtaine d’années, des lieux où la désaffection des électeurs symbolise le sentiment d’abandon qu’ils nourrissent vis-à-vis des politiques. « Mais pas à ce point-là. On a l’impression que c’est un bureau fantôme », exprime avec dépit l’une des secrétaires de ce bureau de vote qui a concentré, lors du premier tour des élections municipales, il y a une semaine, le plus fort taux d’abstention de tout Marseille. Sur 819 inscrits, y ont été dénombrés 172 votants, soit une participation de 21%. Au cœur de cette copropriété dégradée du 15e arrondissement, dans le quartier Notre-Dame-Limite, il est 16h en ce jour de second tour et le tableau affiche 158 votants. « Les gens n’ont pas envie de venir. Ils n’ont plus du tout confiance en la politique », ne peut qu’observer, comme une majorité de présents, Linda Boadis, secrétaire générale d’un bureau dont les assesseurs s’enthousiasment à chaque arrivée d’un nouveau votant. « Tu votes ici pour la mairie centrale, puis tu fais le tour et tu fais la même chose avec la mairie de secteur. C’est bien que vous soyez venus », s’adresse-t-elle en direction de deux jeunes qui font leur devoir de citoyen pour la première fois.
« Tant de promesses »Une satisfaction hélas trop rare tout au long de cette journée où le peu d’enveloppes bleues et marron des deux urnes se comptent aussi peu que les bus 97 qui passent dans le quartier. Le désert. « On nous fait tant de promesses ici depuis l’époque de nos grands-parents qu’ils n’ont plus du tout confiance. Des promesses de logements, de transports, d’écoles, de travail », estime Marco, la trentaine, qui a tout de même fait l’effort de se déplacer à Kalliste depuis le 10e arrondissement où il habite désormais. Quelques minutes après lui, Ounaya et Saira Sidi, deux jeunes sœurs résidant à Kalliste depuis une vingtaine d’années, lui emboîtent le pas. « C’est mon frère qui m’a convaincue de venir. Il m’a parlé de ce qu’il s’est passé au premier tour et qu’il fallait absolument que je vote », explique la cadette qui déplore entre autres le trop « grand nombre d’enfants dans les rues et le quartier qui se vide avec les destructions et travaux de certains bâtiments ».
Jugement sur pièceAu sein de cet ensemble construit dès 1958 pour accueillir à l’origine les rapatriés français d’Indochine, les problèmes se sont accumulés : de l’insalubrité à la violence en passant par les squats sur lesquels les marchands de sommeil se sont goinfrés. Des travaux de démolition du bâtiment G de la cité ont démarré il y a plus d’un mois. Bailleur social de la Ville, Marseille Habitat a racheté au fil du temps ses 129 logements pour y parvenir. Un chantier dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain qui prévoit notamment un parc, aire de jeux pour minots, écoles ou encore la reconstruction de logements privés et sociaux. « On ne peut pas se contenter de la situation actuelle mais les choses sont en train de se faire, personne ne peut le nier. Les crédits sont lancés », réagit Hedi Ramdane (DVG), adjoint au maire en charge de la jeunesse et élu des 15-16. « Il y a eu quelques évolutions, mais ça a pris énormément de temps. J’ai vu les plans de ce que le quartier allait devenir. Ça me plaît sur le papier. Mais je ne demande qu’à voir. Est-ce que tout cela va marcher et être tenu ? », s’interroge Louiza, ici depuis 33 ans. Il est 20h. Le bureau ferme. La participation atteint cette fois 23,96%, soit 196 votants.
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Martine Vassal et la droite marseillaise finissent par s’effondrer
Une certitude ce dimanche soir, Martine Vassal (DVD) jouait les outsiders. Arrivée en troisième position au 1er tour avec 12,41% des voix, la candidate de la droite et du centre avait eu du mal à digérer ce revers mais avait fait le choix de se maintenir.
La chute sera plus dure encore au second tour, cette dernière rassemblant selon les estimations au mieux moitié moins de suffrages, avec 6,3% des voix. C’est très émue que Martine Vassal a pris la parole. Respectant « le choix des Marseillaises et des Marseillais », elle estime qu’il s’agit là d’« un moment de vérité », dénonçant une campagne « difficile » et les effets de la loi PLM qui a entraîné de la « confusion ». Ce chiffre résulte pour elle d’une « fatigue démocratique ».
Finie la métropoleUn score qui lui permettrait de remporter 5 sièges au maximum au conseil municipal. En dessous des 5%, son parti en serait exclu. Martine Vassal a annoncé dans la foulée qu’elle ne se présenterait pas à la tête de la collectivité, « un choix de cohérence et de responsabilité ». « Je n’ai jamais trahi les maires le savent » a-t-elle commenté des sanglots dans la voix. Et de promettre de concentrer « toute [son] énergie au Conseil départemental ».
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Franck Allisio et le RN largement défaits
La vague brune n’a pas submergé les remparts républicains de la cité phocéenne.
Franck Allisio, qui conduisait la liste du Rassemblement National pour la mairie de Marseille, arrive deuxième autour de 40% des suffrages exprimés, selon les estimations disponibles à l’heure où nous écrivons ces lignes. « La réalité s’impose, Benoît Payan sera maire et je serai le leader de l’opposition », annonce-t-il en milieu de soirée, avec le sourire de façade de circonstance. Le retard de l’extrême droite dans le scrutin est tel qu’il n’attend pas le dépouillement total des bureaux. Et a déjà une excuse toute trouvée pour justifier sa défaite : « S’il y a un naufrage, c’est celui de Vassal et Muselier, par leur maintien, ils ont brisé la dynamique de changement pour notre ville ». Autour de lui, pas d’effusion de joie ni de mines déconfites, les militants restent de marbre et tentent de voir le verre à moitié plein. « Nous remportons deux à trois mairies de secteurs à l’heure où je vous parle, soit l’équivalent de 400 000 Marseillais », vante le leader de l’extrême droite marseillaise.
Le RN devient l’opposition principaleIl évoque là le passage de deux secteurs dans les mains du RN : « Victoire dans les mairies des 9e et 10e arrondissements avec Eléonore Bez, victoire dans les mairies du 11e et 12e arrondissements ». D’autant que les militants attendent encore les résultats pour les 13e et 14e arrondissements. Secteur où Sandrine d’Angio, ancienne maire de 2016 à 2020 avait réalisé 39,8% au premier tour. De quoi illustrer l’arrivée en force du RN au conseil municipal de la Ville comme première force d’opposition au Printemps Marseillais, et dans les conseils d’arrondissements. « C’est un résultat sans précédent, jamais depuis 1983 un candidat de la droite ou du camp national n’avait réuni autant de suffrages à Marseille », développe Franck Allisio. Avant de se rassurer comme il peut : « Rien ne sera plus jamais comme avant. […] Il y aura d’autres échéances. Bientôt nous serons victorieux ».
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Marseille fait front derrière le Printemps
Après la pluie vient toujours le beau temps avait lancé Benoît Payan, le 26 janvier, lors de la pluvieuse inauguration de son QG de campagne sur la Canebière. Deux mois plus tard, la pluie était encore de la partie à Marseille, mais qu’importe. Le Printemps s’annonce. Un printemps pluvieux, mais un printemps heureux.
Le risque de voir la deuxième ville de France tomber dans l’escarcelle du Rassemblement national a été écarté. Alors que de nombreux bureaux restaient à dépouiller, les premières estimations sorties des urnes ont levé tout suspense en donnant Benoît Payan largement en tête. Entre 54 et 56% selon les instituts. Il devance le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio, crédité pour sa part de 39 à 41% des suffrages.
« Une victoire claire »Un score qui devrait permettre à la majorité sortante du Printemps marseillais de renforcer sa présence au conseil municipal avec aux alentours de 75 élus dans l’hémicycle de Bargemon. Le RN en aurait, lui, une trentaine. Crédité de 5 à 6%, Martine Vassal (DVD), la présidente de la Métropole et du Département, aurait elle autour de 5 sièges. Sous la barre des 5%, elle n’en aura aucun… Le conseil municipal d’installation aura lieu samedi prochain.
Au cours de la soirée, à l’annonce des premiers résultats consolidés, les visages se sont décrispés au local de campagne du maire (DVG) sortant. Ils s’étaient déjà détendus dans la journée en voyant que le mauvais temps n’avait pas empêché les électeurs de se rendre aux urnes.
Cette participation, annoncée en légère hausse au fil de la journée, promettait une soirée joyeuse. La tendance s’est confirmée. À midi, la participation était de 22,7%, trois points de plus que la semaine précédente (19,15%). À 18h, elle était de 50,4%, toujours trois points plus haute. Finalement, elle a atteint les 56% à la clôture. Quatre points de plus que le 15 mars.
En fin de matinée, Benoît Payan s’était rendu dans son bureau de vote, à l’école Saccoman de Pont de Vivaux (10e) pour glisser dans l’urne, face aux caméras, son bulletin et celui de Pierre Huguet, candidat (G.s) du Printemps marseillais dans les 9-10. Après un petit tour des bureaux de vote, il a filé dans son local rejoindre sa direction de campagne pour suivre la participation et les résultats jusqu’au soir. Il est apparu une première fois devant les journalistes aux alentours de 22h dans le sous-sol du local surchauffé par une nuée de journalistes. Il est revenu quelques minutes plus tard pour une première prise de parole.
« Je veux remercier sincèrement et du fond du cœur les Marseillaises et les Marseillais, qui se sont rendus nombreux aux urnes. Ils viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message de paix, de concorde et de rassemblement, a réagi Benoît Payan. Ce soir, c’est l’unité et le rassemblement qui l’ont emporté face à celles et ceux qui voulaient nous diviser ».
Dimanche dernier, au premier tour, sur 283 074 suffrages exprimés, Benoît Payan était arrivé en tête avec 36,69% (103 883 voix), talonné de très près par Franck Allisio, crédité de 35,02% (99 137 voix). La progression de ce dernier entre les deux tours est faible. Plus loin, Martine Vassal (DVD) devançait d’une courte tête avec 12,41% (35 131 voix) le député (LFI) des quartiers Nord de Marseille, Sébastien Delogu, à 11,94 % (33 808 voix). L’analyse détaillée des chiffres bureau par bureau permettra de voir si le retrait de Sébastien Delogu a bénéficié au Printemps marseillais et si les voix de certains électeurs du centre se sont reportées sur le Printemps marseillais. Mais tout laisse à penser que oui.
Malgré les demandes insistantes des insoumis, allant jusqu’à organiser, lundi dernier, une manifestation devant le QG de campagne du Printemps marseillais pour demander une fusion des listes sur fond de front antifasciste, le maire de Marseille n’a pas cédé. Fidèle à la ligne édictée depuis son entrée en campagne, il a refusé la main tendue qui l’a cogné fort durant plusieurs mois. Un pari gagnant sans doute. Sur ce scrutin en tout cas.
Sans effrayer l’électorat centriste rebuté par la campagne outrageusement droitière de la droite républicaine marseillaise, le retrait de Sébastien Delogu dans l’entre-deux tours lui a offert une réserve de voix non négligeable sur sa gauche. Martine Vassal, elle, a continué son interminable chute. Une position qui au passage, quel que soit le score final, signait la fin de sa présidence à la Métropole. Elle a d’ailleurs annoncé en milieu de soirée qu’elle ne s’y représenterait pas.
« L’union et la concorde »Dans le sillage de cette campagne ratée, le grand remplacement de la droite par son extrême s’est poursuivi. Car si la menace du RN a été écartée sur la mairie centrale, Benoît Payan et son équipe ont désormais sept ans pour poursuivre leur transformation de Marseille et faire reculer l’extrême droite. La digue a tenu, cette fois encore, mais le mal est profond. « Je mesure l’ampleur de la tâche et l’honneur qui m’est fait ce soir, je mesure la responsabilité qui, dans la situation actuelle du pays, est la mienne ici et la nôtre à Marseille », ne cachait d’ailleurs pas Benoît Payan, face aux caméras. « Notre devoir est de nous rassembler, nous les femmes et les hommes de progrès, nous les humanistes, et de refuser sans cesse les voix qui portent et poussent à la division ».
En fin de soirée, à l’heure où nous bouclions, deux des trois mairies de secteurs que la droite avait conservées en 2020 étaient données au RN : celles des 9-10 et celle des 11-12. Dans la troisième, la mairie du 7e secteur (13e et 14e arrondissements), le Printemps marseillais restait à la lutte. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que je suis fier d’eux, que ce soir ils nous honorent, ils m’honorent et que je donnerai tout ce que j’ai, que je me montrerais digne de leur confiance, et que les sept ans qui viennent seront pour moi ce chemin qu’ils nous ont indiqué ce soir, le chemin du rassemblement et de l’union, de la concorde. Nous nous sommes adressés aux avec un programme d’une clarté absolue : rassembler, protéger et préparer l’avenir. Et les Marseillais y ont adhéré dans des proportions, importantes, ce soir ce n’est pas une petite victoire ! », conclut Benoît Payan.
RéactionsRenaud Muselier, président de la Région Sud
« Pas de raz-de-marée des extrêmes » se félicite dans un communiqué Renaud Muselier (Ren.). À Marseille, « Benoît Payan reste maire, et la métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique. Il n’y a pas de bouleversement majeur et le RN n’a pas pris la ville » analyse-t-il, remerciant au passage « Martine Vassal pour son combat courageux, contre toutes les tempêtes dans ce scrutin difficile. » À Toulon, « l’union autour de Josée Massi a permis de l’emporter au second tour » se félicitant que « la vague RN annoncée depuis des mois n’a pas eu lieu. » En Avignon, « la victoire d’Olivier Galzi est une bonne nouvelle » se réjouit le président de la Région.
Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise
« La France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer » a commenté le député de Marseille et coordinateur de LFI. Et de se projeter sur la présidentielle : « J’appelle le peuple de France à nous rejoindre pour mener cette bataille. L’année prochaine, la nouvelle France peut balayer les politiques de malheur de la macronie. »
Sébastien Barles, collectif Vaï
Le fondateur du collectif écologiste Vaï Marseille et tête de liste insoumise dans les 1-7, Sébastien Barles, s’est réjouit que le RN échoue à prendre Marseille. « Face à la haine et à la peur, nous opposerons toujours la justice sociale et la solidarité » promet-il.
Pascaline Lécorché, cheffe de file Place publique Marseille
« On ne peut que se réjouir, face au RN, les Marseillais ont tranché. Je salue le geste de Sébastien Delogu. J’avais appelé à ce désistement républicain. »
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Appel à l’union sacrée avant OM – Lille
D’un côté, Habib Beye, entouré de Medhi Benatia et Alban Juster. De l’autre, les représentants des groupes de supporters. Ce sont les acteurs de la rencontre qui s’est tenue à la Commanderie, samedi, en amont du match OM – Lille, comme indiqué par nos confrères de RMC Sport. Cette prise de contact était programmée avant la réception d’Auxerre, mais les clubs de supporters n’avaient pas souhaité y prendre part.
Cette fois, l’entraîneur, le directeur du football et le président par intérim de l’OM ont pu donner leurs points de vue sur les besoins d’un soutien sans faille du peuple du Vélodrome, tandis que les portes paroles des supporters ont exprimé leurs inquiétudes et frustrations. Ces derniers attendent de connaître les intentions réelles de Frank McCourt, qui devrait rvenir à Marseille en fin de saison.
Quant à Habib Beye, il a lancé un appel à l’union sacrée pour aider ses joueurs dans leur quête de qualification en Ligue des Champions.
L’OM reçoit Lille, dimanche à 17h15, pour le compte de la 27e journée de Ligue 1
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Chaque voix va compter
Dans de nombreuses communes de notre région les résultats du premier tour des élections municipales témoignent de situations très ouvertes.
Les trois blocs qui ont émergé des législatives anticipées par la dissolution voulue par Emmanuel Macron en 2024, sont encore là : gauche, bloc central et extrême droite. Selon les communes, le tiercé n’est pas arrivé dans le même ordre et les réserves de voix des uns et des autres ne sont pas identiques mais les rapports de force demeurent incertains.
Partout l’extrême droite doit être battue
L’extrême droite, plus conquérante que jamais, veut transformer l’essai de la vague brune qui a déferlé sur notre région en 2024 en faisant élire le maximum de maires RN. Objectif : enraciner sa présence dans la proximité et renforcer sa crédibilité en constituant un réseau d’élus sur lequel s’appuyer pour tenter de conquérir l’Élysée.
Dans de nombreuses communes de notre région, elle croit en ses chances : Marseille, Carpentras, Toulon, Avignon, La Seyne, Aubagne, Martigues, Draguignan…
Partout son idéologie haineuse doit être battue par des listes d’union des progressistes et lorsque la configuration du second tour l’impose, par des listes de démocrates et de républicains sincères.
Selon les résultats de dimanche notre région, notre pays, auront un visage très différent.
Rarement une élection municipale n’aura revêtu un sens politique si fort.
Rien n’est écrit d’avance et la participation sera l’une des clés du scrutin.
Chaque voix va compter.
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Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais
Interrogé au moment de sa candidature sur les secteurs que visait le Printemps marseillais, le maire (DVG) sortant Benoît Payan assurait : « Tous. » Mais l’effondrement de la droite et la percée du RN rebattent les cartes. « Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter quatre arrondissements », reconnaît-il désormais, en soulignant aussi l’enjeu « fort » des 13e et 14e. De quoi confirmer ce qu’annonçait à l’automne dernier le candidat de l’extrême droite Franck Allisio, déclarant que sa priorité était « les Marseillais du 9e au 13e arrondissement».
1er secteur
1er et 7e arrondissementsAvec le maintien de Sébastien Barles pour le second tour, les équilibres politiques issus des urnes au soir du dimanche 15 mars ont de bonne chance d’être maintenus. Dans cette quadrangulaire, la maire sortante Sophie Camard (GRS) possède une très large avance avec 43,2% des voix, le double de Clémence Parodi candidate pour le RN (21,6%) qui la suit. Derrière, l’écologiste dissident Sébastien Barles sous les couleurs de LFI (18,6%) et le porte-parole (Ren.) de Martine Vassal, Romain Simmaran (13,9%) complètent l’affiche.
2e secteur
2e et 3e arrondissementsAprès avoir emporté ce secteur en 2014 en s’alliant à Lisette Narducci, la candidate de la droite Solange Biaggi (LR) n’a pas réussi à passer la barre des 10% pour se maintenir. C’est donc une triangulaire qui oppose le maire sortant Anthony Krehmeier (39,5%) au candidat LFI Alladine Abdallah Salim (27,6%) et à la responsable du RNJ Marie Bermejo (18,38%). Sans grosses réserves de voix, seul un changement dans la participation (59,8% d’abstention au premier tour) pourrait bousculer l’ordre d’arrivée.
3e secteur
4e et 5e arrondissementsAprès avoir arraché le secteur à la droite en 2020, le Printemps marseillais confirme son implantation dans le secteur : avec 38,9% des voix, le maire sortant Didier Jau (EELV) obtient presque deux fois de plus de suffrages que l’ancien responsable Reconquête dans la Drôme, Thomas Battesti (20,2%) pour cette quadrangulaire. L’ancien maire Bruno Gilles (Hor.) n’arrive que 3e (16,9%), à moins de 100 voix devant la candidate LFI Léa Bijaoui (16,6%) qui peut espérer le report des voix de Révolution permanente (7,3%). La scission du NPA, qui dit comprendre ceux qui feront le choix d’un vote RN, a apporté un soutien « critique et sans illusion » aux insoumis.
4e secteur
6e et 8e arrondissementsDans ce secteur où la participation est la plus élevée de toute la ville la maire sortante (MadMars) Olivia Fortin confirme son ancrage avec 36,6% des suffrages, faisant même progresser l’ensemble des voix de gauche. Elle peut compter sur les reports de voix de LFI qui reste juste en dessous la barre des 10%, de quoi lui offrir un boulevard de cette triangulaire qui l’oppose au co-responsable de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (32,2%), parmi les premiers ralliés au RN, et à la présidente LR du groupe d’opposition Catherine Pila qui résiste mais reste derrière avec 17,6% des voix.
5e secteur
9e et 10e arrondissementsLa droite vacille sérieusement dans son secteur d’élection, déjà passé à l’extrême droite lors des dernières législatives. La présidente de LR 13 Laure-Agnès Caradec n’y obtient que 16,5% des voix, mais se maintient. Si Eléonore Bez est loin en tête (44,9%), le candidat du Printemps marseillais Pierre Huguet (28,77%) peut compter sur un report des voix de LFI (8,1%) et surtout sur le soutien de l’ancien maire (Ren.) Lionel Royer-Perreaut, bien implanté sur le secteur, pour jouer la surprise.
6e secteur
11e et 12e arrondissementsDans son fief, le maire sortant (LR) Sylvain Souvestre réalise le meilleur score de la droite (23,47%), insuffisant cependant pour devancer le candidat Yannick Ohanessian (PS) (26,67%), encore moins pour menacer le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult loin devant (43,81%). À gauche, les 6% de LFI n’apportent que peu de réserves de voix.
7e secteur
13e et 14e arrondissementsC’est dans ce secteur que se joue la plus grande bataille. D’abord par le symbole : il est le seul à avoir été dirigé par le FN, et la gauche s’était désistée en 2020 pour permettre à la droite de battre l’extrême droite. Ensuite par les enjeux : le plus grand secteur de la ville par la population illustre aussi les difficultés de Marseille en matière de logements et de transports. L’ex-maire FN Sandrine d’Angio est loin devant (39,8%) mais la candidate du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,4%) peut compter sur les reports de voix de l’insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) qui s’est retiré, ainsi que de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortante (DVD) Marion Bareille (12,1%) s’est maintenue. Reste l’inconnue de la participation.
8e secteur
15e et 16e arrondissementsDans le secteur où le candidat LFI Sébastien Delogu avait été élu dès le premier tour aux législatives grâce à l’union de la gauche, sa candidate Rabyata Boinaheri n’arrive qu’en 3e position avec 23,8% des voix. Dans son fief, Samia Ghali est bien en tête (37%), suivie par le RN (29,2%), quand la droite fait son plus bas score (5,2%). Reste à savoir comment pèsera la participation, la plus faible au premier tour de la toute la ville (38,6%).
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L’OM doit tracer son chemin
Au moment d’aborder la réception de Lille, dimanche, Pierre-Emile Höjbjerg résume les enjeux du duel à venir : « Nous sommes revenus sur le bon chemin. Le moment est venu de garder cette sérénité… Faire en sorte que dimanche, cela tourne en notre faveur. » Celui qui a été promu capitaine par Habib Beye souligne l’apport de l’ancien défenseur sur le collectif olympien : « Il a pris les choses en main. Il a apporté sa vision du jeu et nous montre le chemin à suivre ! »
L’OM, grâce à trois succès consécutifs (Lyon, Toulouse, Auxerre), chemine donc avec une certaine confiance. Après avoir montré sa capacité à renverser une situation qui semblait compromise. « Il y a trois semaines, à quinze minutes de la fin du match contre Lyon, nous étions à 8 points du podium. Aujourd’hui, nous y sommes, avec 2 points d’avance », relève le Danois.
Cette inversion des courbes, les Marseillais ont su la provoquer. Malgré une désillusion en Coupe de France. Et la fronde des supporters qui leur a fait prendre conscience qu’une remise en question était vitale. Les Olympiens ont fait en sorte de reprendre le contrôle de leur destin sportif en Ligue 1. Il leur reste à présent à prolonger la dynamique.
Pour y parvenir, Habib Beye a eu du temps. « J’ai eu dix jours pour préparer Lille », une aubaine pour lui. Et recevoir les Dogues, juste avant la trêve internationale, est vu comme une opportunité de passer deux semaines avec une avance encore plus confortable sur leurs poursuivants.
L’ancien défenseur a mis à profit ce laps de temps inédit « pour établir un socle de travail athlétique et bien aborder le match de Lille qui doit servir d’élan pour la suite de la saison ». Il a rythmé ses séances en montant le régime au fur et à mesure qu’approche l’échéance lilloise. Avec un constat. « L’équipe renvoie une énergie positive, aidée par les résultats. »
Quant au duel contre les Nordistes, il est qualifié de « primordial » par Pierre-Emile Höjbjerg. « Après notre série de trois victoires, il ressemble à un tournant, sans être pour autant décisif », admet Habib Beye.
L’entraîneur reconnaît que « le match contre Lyon nous a permis de nous accrocher au bon wagon. Celui de Lille peut nous offrir l’occasion de créer une distance supplémentaire par rapport à nous poursuivants. Ainsi qu’entretenir notre confiance. » Pour l’entraîneur phocéen, ce qui va se passer dimanche, en fin d’après-midi au Vélodrome, « peut changer beaucoup de choses ».
« Ce match ressemble à un tournant, sans être pour autant décisif »
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« L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »
Marseille n’est pas une ville comme une autre », c’est ainsi que Nicolas Vidal-Naquet débute son texte intitulé « Un juif avec Benoît Payan », et publié à quelques jours du second tour des municipales. 105e sur la liste de Benoît Payan, Nicolas Vidal-Naquet rappelle que l’histoire de Marseille est basée sur l’immigration.
« Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième “communauté” Juive de France », poursuit-il.
Petit-fils de Margot et Lucien Vidal-Naquet déportés et assassinés à Auschwitz-Birkenau, il est l’auteur du roman Un secret d’Auschwitz publié en juin 2025 aux éditions Z4éditions. Il y raconte son histoire familiale marquée par la déportation de ses grands-parents paternels depuis Marseille par les nazis.
Origines du RNDans son texte, il rappelle les origines du parti d’extrême droite, le Rassemblement national : « Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif. De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’État d’Israël après le 7 octobre. Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite. »
Nicolas Vidal-Naquet affirme que le « RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte-drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille ».
Et de conclure : « En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite. L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France. »
« Le RN est
le successeur légal du front national »
