Tag: Marseille

  • Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Lancé pour la première fois en mai 2021, le rendez-vous s’est imposé au fil des mois et des années comme un incontournable qui aura marqué le premier mandat du Printemps marseillais. Des quatre coins de la ville, huit fois par an, entre 25 000 et 40 000 Marseillais se pressent le temps d’une journée au rendez-vous de la Voie est libre.

    Ce dimanche, la Corniche se vide une nouvelle fois de ses voitures et autres véhicules à moteur, et fait place nette pour accueillir sa 33e édition. La dernière de l’année 2025. La dernière sans doute avant les élections municipales de mars prochain. De 10h à 17h, ses trois kilomètres de bitume avec leur vue plongeante sur la grande bleue redeviennent un terrain de jeu pour piétons, cyclistes et familles, entre la plage des Catalans et la Marina olympique. À pied, à vélo, à trottinette, ou en rosalie triplettes, quadruplettes, tandems et duos, tous seront à la fête. Des voiturettes électriques faciliteront les déplacements des personnes à mobilité réduite.

    Plus de 200 000 promeneurs par an

    L’initiative qui voulait illustrer à sa création la volonté affichée de la municipalité de repenser ses mobilités et son rapport au littoral a trouvé son public. Un symbole fort pour la 2e ville de France, une commune où la voiture reste reine, une position renforcée par des transports en commun défaillants et des voies de circulation sous-équipées en pistes cyclables.

    Dans ce contexte, piétonniser la Corniche le temps d’une journée ne s’est finalement pas avéré si anodin. L’an dernier plus 230 000 personnes se sont promenées en toute liberté entre le Vallon des Auffes et David. Un engouement lié aussi au fait que la Voie est libre n’est pas qu’un simple laboratoire à ciel ouvert pour imaginer Marseille autrement, sans bruit ni pollution. C’est d’abord un rendez-vous festif.

    Entre randonnées patrimoniales, initiations sportives, concerts et spectacles en déambulation, le rendez-vous se veut animé et populaire. Ce dimanche les visiteurs pourront aussi découvrir la Fresque du climat et participer à des ateliers « Marseille 2030 », qui interrogeront l’avenir de la ville face aux défis environnementaux. Comme chaque fois, food-trucks et espaces ludiques ponctueront le parcours, tandis que des artistes comme les compagnies les Oiseaux perchés, Circula octopulse et Bayou l’animeront.

  • Les agents des Flamants interpellent le Préfet pour être regroupés sur Arenc

    Les agents des Flamants interpellent le Préfet pour être regroupés sur Arenc

    La voix est fatiguée mais la détermination reste entière. Après avoir occupé jusqu’à 4 heures du matin, vendredi, les anciens locaux de la Direction générale adjointe de la solidarité, à Arenc, les agents de la Maison départementale des Solidarités des Flamants ont repris leur travail depuis le siège du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. « On veut être relogé temporairement là-bas. Il y a quatre étages de libre, une salle d’attente, des bureaux, c’est l’idéal », explique une travailleuse sociale.

    « Unité de lieu protégeante »

    Le 13 octobre dernier, ces agents du Département s’étaient mis en grève après des menaces de mort proférées contre un membre de l’équipe par le réseau de narcotrafic implanté sur le secteur. Depuis, la structure était fermée l’après-midi. Puis un nouvel incident, début novembre, avait eu pour conséquence leur rapatriement à l’Hôtel du département. Mais les réponses apportées par le Conseil départemental, l’assurance de patrouilles de police, l’installation de caméras et le réaménagement de la liaison piétonne, ne satisfont personne. « Deux caméras… c’est une plaisanterie », glisse Valérie Marque, la responsable de la CGT.

    « Nous on reste sur nos positions. On n’a pas dormi de la nuit, on va voir avec les collègues, on agit au jour le jour, mais on n’a pas le choix », reprend cette dernière, précisant qu’une Assemblée générale est prévue lundi. « Elles répondent toujours au téléphone et essaient de se dépatouiller. Mais la Collectivité s’était engagée à nous mettre sur Arenc l’après-midi, c’est que c’est possible. »

    « On veut retourner aux Flamants mais le temps que cela se calme, on souhaite pouvoir travailler dans une unité de lieu protégeante. Les agents sont ciblés par le réseau, ils les connaissent ou leur ont fait des menaces et des intimidations. Des gardiens encore ont été menacés… Ils nous demandent de nous calmer parce que ça parasite leur trafic », explique encore la déléguée syndicale.

    Les services préfectoraux ont été saisis afin que le Préfet « intercède » auprès de Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental et de son cabinet. La situation serait presque un cas d’école alors que les pouvoirs ont le devoir de répondre au défi que lance les narcotrafiquants à la République assurait ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, venu à Marseille pour rassurer une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci.

    « On parle d’union sacrée depuis ce dramatique évènement, c’est le moment de voir ce qu’il en est », conclut Valérie Marque. « Pour que le service public dû aux habitants se fasse, il doit être garant d’un lieu. La visite d’un côté, les services de l’autre, ce n’est pas possible. Il faut une unité, c’est cela respecter les habitants. On est tous à Arenc, on reçoit tout le monde à Arenc. »

  • Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Confiés à l’Aide sociale, à leur sortie du dispositif lors de leur majorité, les enfants ont 70% de chances de quitter l’école sans diplôme, 45% de chances d’être au chômage et 40% d’être SDF. Pour que ces statistiques ne deviennent pas une fatalité, Les Ombres se positionnent en soutien des 25 000 éducateurs, qui ne comptent pas leurs heures en raison de sous-effectifs.

    « Nous menons un accompagnement académique et professionnel auprès de ces jeunes, nous mettons des mentors bénévoles et formés en contact avec des jeunes, afin de les accompagner dans leur recherche de formation ou d’emploi, la réalisation de CV, l’inscription sur Parcoursup… », explique Ana Baldy responsable de la communication. Malheureusement, les besoins augmentent et les bénévoles manquent, notamment à Marseille.

    De belles réussites sont à la clé. Sidiké, 18 ans, avait d’énormes lacunes en mathématiques. À raison de deux heures de soutien par semaine, « il a fait d’énormes progrès en quelques mois », témoigne Yousra, ingénieur en informatique, qui a rejoint l’association en juillet dernier et a trouvé dans cet accompagnement « un plaisir intense ». Il a intégré une formation en alternance en mécanique automobile et se révèle « très motivé et réceptif » aux enseignements, atteste cette bénévole marseillaise qui ne peut « qu’encourager » d’autres belles volontés à se manifester.

    Contact : les-ombres.com

  • Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une comédie musicale, un goûter de Noël, une distribution de cadeaux et de nombreuses animations en présence de personnalités engagées qui soutiennent l’association. C’est ce qu’ont contribué à mettre dans la hotte de ce père Noël solidaire, les bénévoles d’Enfance et Partage, pour la plupart éducateurs dans des foyers et maison d’enfants.

    Cet après-midi réunira des enfants issus de plusieurs maisons d’enfants du département, dont le plus jeune, âgé de 2 ans et demi. « Les enfants placés que nous accompagnons ont tous vécu des histoires marquées par la violence, le manque, les abandons, les déplacements incessants et l’insécurité affective, explique Corinne Aiache, la responsable de l’association, beaucoup n’ont jamais connu un vrai anniversaire, un Noël serein, une fête familiale ou un simple moment où ils pouvaient être des enfants comme les autres. Ils arrivent souvent avec peu d’affaires, peu de repères, peu de confiance, mais énormément de courage. » Ainsi les moments de joie, de respiration et de reconstruction que permet de leur procurer les actions de Sourire et partage se révèlent essentiels à leur équilibre. D’autant que « pour beaucoup, ce sera leur premier vrai Noël ».

    Une parenthèse dans un contexte dramatique

    L’opération intervient dans un contexte alarmant pour la protection de l’enfance. Depuis plusieurs mois, les professionnels de la protection de l’enfance, sclérosés par les injonctions contradictoires et le silence du Département, alertent : manque de moyens humains et matériels, structures saturées, difficultés à répondre aux besoins fondamentaux des jeunes, personnels épuisés, difficultés à recruter, situations de détresse qui se multiplient. « Et les enfants placés sont les premiers à en payer le prix », regrette Corinne Aiache. C’est d’ailleurs ce constat qui est à l’origine de la création de l’association, il y a un an et demi.

    Pour que l’événement soit des plus réussi, et qu’il ait lieu dans les meilleures conditions possibles, Sourire et Partage lance un appel urgent à la solidarité. « Chaque geste compte. Chaque don transforme réellement le quotidien d’un enfant. Sans la solidarité des citoyens, des entreprises et des médias, cet Arbre de Noël ne pourrait tout simplement pas exister. » Car c’est par des collectes réalisées toute l’année auprès d’entreprises et de particuliers pour réunir de quoi répondre aux besoins des enfants accueillis dans les Mecs, que fonctionne la jeune association.

    C’est ainsi qu’en mai dernier une grande fête avait pu avoir lieu dans le parc de Château-Fontainieu, réunissant près de 120 minots dans le 14e arrondissement. Sourire & Partage « remercie par avance toutes les personnes qui contribueront à offrir un Noël à ceux qui n’en ont jamais eu. Grâce à vous, nous pouvons écrire avec eux des pages plus douces, plus belles, plus humaines ».

    Pour des raisons de sécurité, de confidentialité et de protection des enfants placés, l’accès se fait uniquement sur confirmation préalable : corinne.elvi@hotmail.fr

  • Victime d’Hiroshima dans le ventre de sa mère

    Victime d’Hiroshima dans le ventre de sa mère

    L’arme nucléaire n’a pas sa place dans l’humanité », martèle Hideto Matsuura. Il est l’un des plus jeunes survivants de la bombe atomique. Le 6 août 1945, lorsque l’arme nucléaire est larguée par les États-Unis sur la ville d’Hiroshima, le bientôt octogénaire était dans le ventre de sa mère. Quelque 6 500 personnes ont été exposées de la même façon. Ils sont ce qu’on appelle des hibakusha, terme utilisé pour désigner les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

    Le jour où, sous ordre d’Harry S. Truman, les Américains ont lâché la bombe sur les terres nippones, la mère d’Hideto Matsuura était seule, à l’arrière de sa maison. Son père était déployé sur le front, où le Japon combattait au sein de l’Axe. « Elle a vu un flash bleu et en même temps un grondement venant de la terre. La première chose qu’elle a faite, c’est essayer de retourner dans la maison, mais en le faisant, elle s’est évanouie. » Lorsqu’elle reprend connaissance, un énorme morceau de verre est logé dans sa cuisse ensanglantée ainsi que dans sa tête, sur son visage. L’habitation est en ruines, les vitres sont brisées, le toit est détruit. « En une fraction de seconde, plusieurs dizaines de milliers de vies ont été prises », relate l’homme dans son costume noir à fines rayures. Au total, les victimes des bombardements sont estimées entre 100 000 et 200 000 morts.

    Sans compter celles qui ont subi des séquelles liées aux radiations. « L’arme nucléaire est terrifiante et cela ne s’arrête pas à la destruction qu’elle peut causer. Des gens qui avaient réussi à fuir sans une égratignure et sans aucune brûlure ont commencé du jour au lendemain à présenter des marques violettes et tomber malade. De plus en plus de gens ont commencé à mourir », rappelle-t-il et insiste « les radiations n’ont pas d’odeur, ni de couleur, on ne peut pas les sentir ni les voir ». « Par chance, je n’en ai aucune », confie celui qui fêtera dans quelques jours ses 80 ans.

    À l’époque, les autorités minimisent : « Étant donné que les bombardements faisaient partie de la guerre avec les États-Unis, le gouvernement japonais ne les a rapportés que comme des bombardements, comme il y en avait tant d’autres lors de la guerre, et a interdit tout autre communiqué », raconte Hideto Matsuura. Les hibakushas vivent dans l’extrême précarité, peinent à trouver de quoi se nourrir, se soigner. Pointés du doigt car considérés comme contagieux, ils vivent comme des marginaux. Ces derniers fondent en 1956 Nihon Hidankyo, la confédération japonaise des organisations de victimes des bombes A et H, dont M. Matsuura est membre du conseil exécutif. Ce combat inlassable pour interdire l’arme nucléaire leur a valu de remporter le Prix Nobel de la paix en 2024. Son récit et celui des derniers hibakushas, précieux et rares, seront partagés en Paca et en Occitanie à l’occasion de leur tournée française*. « Continuons à lutter ensemble jusqu’à ce que le monde soit débarrassé des armes nucléaires », clame-t-il.

  • Enki Bilal : « La liberté de création est mon moteur »

    Enki Bilal : « La liberté de création est mon moteur »

    La Marseillaise : Comment résumer l’histoire de Bug pour un lecteur qui prendrait l’histoire en cours ?

    Enki Bilal : Il faut absolument commencer par le tome 1 ou alors on ne comprendra pas grand-chose ! Pour moi, c’est un travail sur de longues années, je vais vers quelque chose qui va avoir un véritable sens, un vrai questionnement sur l’état de la société mondiale, de nos dépendances au numérique avec l’arrivée de l’intelligence artificielle et sur l’état de notre mémoire. C’est un travail que je prends très au sérieux et qu’il faut lire dans la continuité. Là, ce nouveau tome est différent des trois premiers car simplement il met en situation le binarisme qui est la lutte du bien contre le mal avec le personnage principal qui est « possédé » par ce bug dont on saura qui il est et pourquoi il est là à la fin du 5 sur lequel je suis en train de travailler. Graphiquement, il est plus spectaculaire, je sors du récit classique pour entrer dans quelque chose de plus métaphysique.

    Vous abordez de front la question du numérique qui déshabille l’Homme de ses compétences ?

    E.B. : Oui, je me pose des questions sur ce futur qui arrive à une grande vitesse. L’intelligence artificielle, on savait que ça allait venir, que c’est un des grands sujets de l’évolution de l’humain, elle est là. Dans l’histoire, ce « bug » nous en prive par une entité extraterrestre, ça vient de l’espace et ça souligne notre dépendance à cet outil qui est par ailleurs exceptionnel. Je ne suis absolument pas contre le numérique et l’IA, ça fait partie de la grande aventure humaine mais on doit se poser la question de la régulation de tout ça. Ça me met dans une situation narrative et graphique intéressante.

    La question de la mémoire est un thème qui revient dans toute votre œuvre, comment l’abordez-vous à l’heure des réseaux sociaux et de la capacité d’attention qui diminue ?

    E.B. : Ça me rend triste mais personne ne peut rien faire contre ça. Peut-être que l’éducation, les parents peuvent dire « attention, ne deviens pas addict, il faut gérer »… Je pense que les nouvelles générations vont y arriver après une période d’addiction, qu’elles auront plus de recul et qu’elles sauront utiliser cet outil exceptionnel qu’est le numérique. Tout est chamboulé en ce moment, la politique, la géopolitique, et je pense que c’est lié à la vitesse du numérique qui nous prend de court car le cerveau humain a sa vitesse propre. J’aime les oxymores en général, mais l’intelligence artificielle est un oxymore, l’intelligence est par essence naturelle. Avec l’IA, on joue avec le feu mais l’on sait que l’on ne peut pas éviter le progrès. Le danger est que la mémoire vive des ordinateurs que l’Homme a inventés est en train de supplanter la mémoire vivante des cerveaux. Avec l’IA générative, on joue aussi avec le feu, mais il faut jouer, essayer, tester… l’IA peut faire gagner du temps, mais c’est dangereux car ça rend de plus en plus paresseux : le résultat est rapide, on est juste commanditaire et non plus l’exécutant ou l’artiste. Naîtront de nouvelles formes d’art, mais je continue de penser que la sensibilité, la sensualité et l’originalité proviennent principalement de l’humain.

    Vers quel type de final se dirige-t-on dans le tome 5 qui paraîtra dans deux ans ?

    E.B. : La seule chose que je peux dire, c’est que la forme du livre sera très différente des quatre premiers. Ce sera un livre plus épais, hybride, qui détonnera parce que le sujet est très important pour moi : un voyage à travers le temps et la mémoire de l’humain qui m’aura pris dix ans.

    Comment jugez-vous l’évolution de votre graphisme qui est toujours reconnaissable au premier regard ?

    E.B. : Je me sens libre, j’essaye de chercher et trouver la liberté, l’adéquation avec les thèmes que j’aborde. Dans ce quatrième volet, il y a plus de peintures, je ne sais pas si je fais encore partie de ce monde de la bande dessinée que je vois évoluer même si j’ai toujours une affection pour cet art. La liberté de création est mon moteur.

    Plusieurs scènes des tomes précédents de Bug se déroulent à Marseille, quel rapport avez-vous avec la ville ?

    E.B. : Je la trouve belle, j’adore ce rapport à la mer, à la Méditerranée qui est un peu le berceau de l’humanité même si ce n’est pas tout à fait exact sur le plan historique. Mais il y a cette ouverture sur l’Afrique du Nord, sur la Corse, des lumières magnifiques, les calanques… Tout ça est très, très beau. C’est une ville qui est en évolution, qui est en souffrance, une ville d’aujourd’hui qu’il faut essayer de maîtriser.

    On vous connaît aussi comme un amoureux du football, quel regard portez-vous sur ce sport aujourd’hui ?

    E.B. : L’OM a un très bon entraîneur qui réussit à créer une alchimie avec ses joueurs, tant mieux pour le championnat de France. J’aime toujours le football, je trouve très intéressant le football féminin parce qu’il a mois d’impact physique, moins de vitesse, de « violence »… Par contre, j’ai évidemment un regard un peu critique sur l’argent qui semble dominer tout, le triomphe du capitalisme avec des clubs constitués de joueurs qui n’ont rien à voir avec la ville, voire le pays. Je suis né en Yougoslavie où les clubs étaient vraiment où on était des autochtones, dans un football à l’ancienne.

    Bug, Tome 4, chez Casterman, 20 €

  • Julien Loiseau, historien connecté avec la Méditerranée et l’Éthiopie

    Julien Loiseau, historien connecté avec la Méditerranée et l’Éthiopie

    Un environnement familial chaleureux et cultivé, un père qui aimait se déplacer et qui avait eu des fonctions au Sahara, et puis des champs d’études orientés à l’École normale supérieure de Saint-Cloud par un jeune historien de 30 ans qui fut par la suite élu professeur au Collège de France, Patrick Boucheron, on peut expliquer ainsi les réussites et le bonheur au travail de ce professeur d’histoire du monde islamique médiéval de l’université d’Aix-Marseille.

    Comme Samuel Paty, Julien Loiseau est né en 1973. L’histoire qu’il pratique est aiguisée par de multiples séjours et voyages sur les terrains de ses investigations. Son premier poste d’agrégé l’implanta au lycée de Casablanca. Occasion pour mieux parler l’arabe, cette langue « merveilleusement riche » dont il aime « les saveurs et les accents ». L’époque médiévale dont il est spécialiste lui permet de regarder autrement le présent et de mieux comprendre dans sa longue durée « la véritable enfance de notre monde ». Étudier les itinéraires de la Peste Noire qui extermina au XIVe siècle 52 millions d’Européens, écrire un article dans le magazine de L’Histoire à propos des anéantissements que cette tueuse provoqua en Égypte, oblige à faire face aux effrois que suscitent les pandémies. Simultanément quand on scrute les comptages en habitants du Caire qui fut décimés mais qui revécut grâce à l’exode rural, on mesure les capacités de résilience d’une grande capitale.

    Dans ses travaux, Loiseau a plusieurs fois changé de focale. Pendant les récentes années, il a développé depuis Aix la structure du projet européen HornEast qui inventorie par le biais de chantiers archéologiques la présence de communautés musulmanes en Éthiopie : en ligne https://images.cnrs.fr/video/6838 on peut assister aux très émouvantes découvertes de stèles oubliées dont il commente la cruciale importance. De 2001 à 2006, Julien Loiseau était membre de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, ensuite pendant trois ans directeur du Centre de recherche français à Jérusalem. Avant de s’établir en 2017 dans le centre-ville d’Aix-en-Provence, il enseigna à Montpellier. Issu de sa thèse soutenue en 2013, son livre majeur concerne le récit de la suprématie des Mamelouks sur l’Égypte et la Syrie du XIIIe au XVIe siècle : Julien Loiseau connaît admirablement les arts de la guerre, le régime des califes, les routes caravanières, l’urbanisme et les monuments du Caire, ou bien la philosophie d’Ibn Kaldhun.

    Un gage de vitalité,
    les ateliers collectifs

    Patrick Boucheron l’a convié pour donner des textes aux ouvrages qu’il coordonne à propos de l’Histoire mondiale de la France ainsi que pour l’Histoire mondiale du XVe siècle. De même Vincent Lemire le sollicita pour rédiger en compagnie d’Yves Potin des chapitres de Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, des origines à nos jours. L’un des plaisirs de Julien Loiseau est de participer aussi souvent que possible à Paris au comité de rédaction de la revue L’Histoire qui lui permet de rencontrer des historiens d’une autre génération comme Annette Wieviorka, Jean-Noël Jeanneney, Philippe Joutard et Michel Winock ; grâce aux multiples thématiques de ce magazine, il peut contribuer à l’Histoire des Croisades ou bien à l’étude de la littérature érotique des pays arabes. Dans ses conditions, le fonctionnement choral et non individualiste du comité de programmation des Rencontres d’Averroès lui convient parfaitement : c’est une structure de travail mutualiste où s’entrecroisent des problématiques et des compétences, on y découvre des questionnements inattendus.

    Dans cette trajectoire qu’on peut légitimement qualifier d’heureuse –la discrète dédicace des Mamelouks salue « les princesses » de sa vie, l’aînée de ses trois filles a déjà 30 ans- on discerne pourtant une vive part d’inquiétude. Sans illusion ni idéalisme, Julien Loiseau voudrait secouer le tapis de son monde, rencontrer un public qui ne serait pas celui de ses lecteurs et de ses étudiants. Il a volontiers participé aux activités du Collège de Méditerranée qui propose des conférences, dans des lieux non conventionnels comme le Centre social de Montredon, la Médiathèque de Vitrolles, le Centre Emmaüs de Saint-Marcel. En 2025, la baisse des subventions a terriblement amoindri ces initiatives : à propos de « la Grèce ancienne dans la pensée arabe classique », une seule conférence fut donnée en octobre, dans la Citadelle du Fort Saint-Nicolas.

  • [#OnPasseATable] Velouté de légumes rôtis et panure dorée

    [#OnPasseATable] Velouté de légumes rôtis et panure dorée

    C’est une recette qui est parfaite pour les froides soirées d’hiver. Avec ses épices de Noël, ce velouté vous apportera réconfort et chaleur, à partager en famille.

    De beaux légumes rôtis

    Pour débuter la recette, épluchez et coupez vos légumes en morceaux grossiers. Inutile de peler la courge vous enlèverez sa peau une fois cuite. Si les carottes sont bio, c’est la même chose. Gardez les épluchures dans un petit plat pour en faire un bouillon si vous le souhaitez. Pour les légumes, déposez-les dans un grand plat qui passe au four avec les échalotes et les gousses d’ail. Ajoutez le bouquet de thym, les feuilles de laurier et arrosez d’un filet d’huile d’olive puis du sel et du poivre. Enfin, deux petites pincées de votre mélange 4 épices. Enfournez 45 minutes à 180°.

    Pendant ce temps, mettez à chauffer dans une petite poêle un généreux filet d’huile d’olive et la noisette de beurre, à feu doux pour ne pas que le beurre brûle. Quand tout a fondu, versez la panure panko et ne cessez pas de remuer pour ne pas qu’elle accroche et noircisse. Assaisonnez avec du sel et du poivre, si vous le souhaitez quelques herbes, à votre convenance.

    Une panure croustillante

    Quand elle est bien dorée et que la matière grasse est absorbée, sortez du feu et débarrassez dans un plat. En cas de surplus de graisse, déposez un essuie-tout au fond du plat.

    Sortez les légumes du four après 45 minutes. Plantez une lame de couteau dans la courge, si elle ressort facilement alors c’est prêt. Laissez légèrement refroidir, enlever la peau de la courge à la cuillère, mettez le tout dans un blinder avec de l’eau ou du bouillon et mixez. Si besoin, recommencez l’opération en ajoutant une pointe de crème pour plus de douceur. Servez dans un bol et disposez sur le dessus la panure.
    Bon appétit !

    Il vous faudra :

    – 2 tomates, 1 poivron rouge, 4 carottes

    – Quelques beaux morceaux de courge

    – 2 échalotes et 3 gousses d’ail

    – De la crème fraîche

    – Un mélange 4 épices en poudre (cannelle, gingembre, clou de girofle et noix de muscade)

    – Un bouquet de thym et 2 feuilles de laurier

    – Du bouillon de légumes

    – De la chapelure Panko

    – Une noisette de beurre, du sel, du poivre et de l’huile d’olive

  • [#Kalliste] « Contre la mafia, l’exigence d’État : Marseille et la Corse unies »

    [#Kalliste] « Contre la mafia, l’exigence d’État : Marseille et la Corse unies »

    Mehdi est mort pour rien. Pour une logique de terreur qui s’impose dans les quartiers populaires de Marseille comme ailleurs.

    Notre association tient à exprimer un soutien profond à sa famille et à ses proches. Chaque fois qu’un jeune tombe, ce sont nos espoirs qui vacillent et ce qui se passe à Marseille fait tristement écho à ce que nous connaissons en Corse : l’emprise des réseaux criminels, la peur diffuse, une jeunesse devenue cible.

    On le voit aujourd’hui : de la Corse à Marseille, ce sont les mêmes voix qui refusent l’emprise mafieuse. Des collectifs citoyens, ici comme là-bas, appellent à soutenir la marche blanche de ce samedi 22 novembre et rappellent d’une même voix une urgence : que l’État prenne ses responsabilités et mette réellement les moyens pour lutter contre ce fléau.

    Failles sociales

    Car les mêmes dangers rodent : Marseille, Bastia, Ajaccio, quartiers Nord ou villages du centre corse… les lieux changent, pas les menaces. Les réseaux prospèrent sur les failles sociales, imposent le silence, testent la peur.

    Face à cette réalité partagée, une même demande s’impose : il faut des moyens réels et durables. Prévenir, protéger, accompagner. Faire vivre la présence humaine, soutenir les familles, offrir des espaces et des perspectives à la jeunesse. Sans cela, aucune reconstruction n’est possible car on ne bâtit pas une société digne en laissant une génération exposée à la violence et au fatalisme.

    Notre association, depuis quarante ans, s’est toujours tenue du côté de la paix, de la culture, du lien, du refus de la violence. Aujourd’hui, nous le redisons : nous sommes avec ceux qui se lèvent. Avec la famille de Mehdi. Avec les citoyens qui marchent. Avec tous ceux qui veulent préserver la jeunesse, parce que c’est là que tout commence, et que tout peut encore se réparer.

  • La Nuit des champions en star à Marseille

    La Nuit des champions en star à Marseille

    La Nuit des Champions incarne la passion, le respect et l’excellence des sports de combat. Au-delà des titres et des victoires, c’est avant tout une aventure humaine et sportive qui continue d’écrire son histoire. » C’est avec ces mots que l’organisateur Erick Roméas présente son événement. La Nuit des Champions revient, ce samedi soir au Palais des Sports de Marseille, pour une 32e édition qui s’annonce brûlante. Au programme en 2025, pas moins de 11 combats.

    Du kickboxing à foison, avec deux ceintures décernées en fin de soirée. Pour la première fois, un tournoi des lourds se tiendra au cœur de l’événement. Quatre combattants se feront face et un seul ressortira vainqueur. Le Marseillais Karim Zeghad sera opposé au vétéran ivoirien Fabrice Gnédré avant, potentiellement, d’affronter l’Italien Yuri Farcas ou l’Algérien Naim Hebbar durant la finale, placée en 10e position. « Il est à moi ce tournoi ! » a dit, avec confiance, le Phocéen âgé de 31 ans.

    Loisi vs Parra, combat

    au sommet à Marseille

    Le Main Event (combat principal, en VF) sera le clou du spectacle, dernier moment d’une longue soirée de sports de combat pour les quelques 5 000 spectateurs. Cette année, la ceinture des -60 kg est en jeu, comme en 2024, et le détenteur est un local. Fabio Loisi, originaire de Châteauneuf-les-Martigues, aura fort à faire face au Catalan Remi Parra. 24 victoires et 3 défaites pour le challenger, qui est déjà reconnu à l’international malgré son jeune âge (24 ans). Champion du monde ISKA (l’une des associations mondiales de la discipline), il est également le vainqueur du K-1 World Grand Prix au Japon. Une prestigieuse compétition qu’il a dominé de la tête et des épaules. Parra est même le tout premier français à s’imposer sur le ring nippon.

    Les deux jeunes hommes ont montré un respect mutuel lors de la conférence de presse officielle. Ils sont reconnaissants d’être mis en avant de la sorte lors de l’un des événements majeurs de l’année en kickboxing. « C’est un très grand boxeur. La NDC m’a toujours offert des combats difficiles. Faire le Main Event était un rêve et maintenant il devient réalité. J’en ai des frissons » décrit Fabio Loisi, bras recouverts de tatouages impressionnants. Son adversaire prédit « un très beau combat » lors d’une soirée « qui est la référence en France ». « L’année dernière, j’ai été repêché pour participer au tournoi à quatre. J’ai eu cette chance et je me suis imposé, mais, derrière, c’était beaucoup de travail. J’ai hâte de combattre Fabio, ça va être une belle guerre », répète Remi Parra.

    Premier combat pro

    pour Piemonte

    D’autres locaux monteront sur le ring à l’occasion de cette Nuit des Champions, 32e du nom. À commencer par Alessandro Piemonte, jeune boxeur membre du Full Contact Academy, le club organisant l’événement. Il ouvrira le bal sur les coups de 19h30 et a déclaré : « Je m’entraîne comme un fou », pour ce qui sera son premier combat professionnel. Trois Bucco-rhôdaniens suivront avec Jean-Daniel Wolny en -95 kg, Mickaël Pignolo en -70 kg puis Dawson Delys chez les -75 kg.

    La soirée approchera de son terme lorsque l’Istréen Matthan Choinard entrera pour combattre. Placé en numéro 8, lui aussi ex-champion ISKA, il affrontera le redoutable marocain Abdellah Filali. Une seule défaite en 21 combats pour ce dernier, avec cinq succès avant la limite. Également spécialiste du muay thaï, il sera un coriace adversaire pour le Français de 29 ans, vaincu par 8 fois en 36 combats. Assurément l’un des duels à suivre lors de cette riche nuit marseillaise.