Tag: Marseille

  • [Recette] La bouillabaisse pas comme les autres de Christian Qui

    [Recette] La bouillabaisse pas comme les autres de Christian Qui

    Les ingrédients

    Il vous faudra :

    – Des pommes de terre, du paprika fumé, du gros sel

    – Des tranches de pain, de l’huile d’olive, de l’ail, des tomates séchées, du poivre

    – Des oignons, des carottes, du concentré de tomates, une pincée de safran

    – Des poissons frais selon arrivage chez les pêcheurs du Vieux-Port, ici du poulpe et du congre

    – Un jaune d’œuf, du piment doux, des écorces de citrons séchées, de la spiruline, des verts de poireaux, du vinaigre et des piments verts.

    Une recette à adapter en fonction de vos goûts, de vos envies mais aussi des poissons frais qui s’offrent à vous sur l’étal des pêcheurs.

    Commencez la veille par préparer un bouillon avec de l’eau, des carottes, des oignons, de l’ail, du concentré de tomates et tous les restes de poissons que vous aurez. Les têtes, queues, arrêtes etc. Faites bien cuire le tout et laissez refroidir. Une nuit au frais pour laisser infuser puis filtrer et mixez. Le lendemain faites réchauffer et ajoutez à la fin le safran.

    Innovation et saveurs

    Pour le poisson, levez les filets de congre, en l’occurrence et coupez les poulpes en lamelles pour avoir une texture agréable en bouche. Mais vous pouvez utiliser le poisson de votre choix que vous aurez poché dans le bouillon. Faites cuire vos pommes de terre à l’eau, à part puis assaisonnez-les avec du paprika fumé et du gros sel. Coupez-les en quartiers.

    Pour la rouille faites une émulsion, comme une mayonnaise en mixant jaune d’œuf, ail, tomates séchées, piment doux et montez à l’huile d’olive et à l’huile neutre. Pour les croûtons, faites un mélange à base d’huile d’olive, de tomates, d’ail et de poivre, frottez le pain au pinceau et passez au four. Réservez.

    Si vous voulez réaliser une bouillabaisse à l’image de celle de Christian, préparez une poudre avec des piments doux, des tomates séchées, les écorces de citrons, du poivre et mixez le tout. Pour le dressage, déposez trois croûtons, quelques pommes de terre, votre poisson et une lamelle de poulpe. Puis une cuillère à soupe de rouille, saupoudrez avec la poudre et disposez quelques baies roses. Enfin, versez le bouillon et dégustez. Bon appétit.

  • Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    C’est sans surprise que ce samedi, lors du conseil d’installation, les nouveaux conseillers municipaux de Marseille ont officiellement élu Benoît Payan (DVG), maire de Marseille. Il a été élu avec 73 voix, soit l’ensemble des suffrages de la liste d’union de gauche, contre 38 bulletins nuls ou blancs. Le conseil a également tranché sur le nombre d’adjoints au maire. Leur élection a eu lieu dans la foulée.

    Sur les 111 votants :

    – 38 bulletins blancs ou nuls

    – 73 suffrages exprimés

    – 73 suffrages pour Benoît Payan

    Les adjoints :

    1ère Adjointe : Michèle RUBIROLA

    2ème Adjoint : Joël CANICAVE

    3ème Adjointe, maire adjointe : Samia GHALI

    4ème Adjoint : Amine KESSACI

    5ème Adjointe : Audrey GARINO

    6ème Adjoint : Arnaud DROUOT

    7ème Adjointe: Pascaline LECORCHE

    8ème Adjoint : Pierre HUGUET

    9ème Adjointe : Hanifa TAGUELMINT

    10ème Adjoint : Eric MERY

    11ème Adjointe : Nassera BENMARNIA

    12ème Adjoint : Hervé MENCHON

    13ème Adjointe : Marie BATOUX

    14ème Adjoint : Julien HAROUNYAN

    15ème Adjointe : Audrey GATIAN

    16ème Adjoint : Pierre Marie GANOZZI

    17ème Adjointe : Perrine PRIGENT

    18ème Adjoint : Anthony GONCALVES

    19ème Adjointe : Josette FURACE

    20ème Adjoint : Karim TOUCHE

    21ème Adjointe : Capucine EDOU

    22ème Adjoint : Gwenael RICHEROLLE

    23ème Adjointe : Chahidati SOILIHI

    24ème Adjoint : Hassan GUENFICI

    25ème Adjointe : Sophie GUERARD

    26ème Adjoint : Yoan LEVY

    27ème Adjointe : Clara JABOULAY

    28ème Adjoint : Ahmed HEDDADI

    29ème Adjointe : Nathalie TESSIER

    30ème Adjoint : Hedi RAMDANE

    31ème Adjointe : Rebecca BERNARDI

    32ème Adjoint : Yannick OHANESSIAN

    33ème Adjointe : Juliette MASSON

    Les résultats :

    109 votants

    2 procurations

    73 suffrages exprimés

    36 bulletins nuls ou blancs

    Majorité absolue : 55

    Nombre de suffrages obtenus : 73

  • OM féminines : un rêve nommé Vélodrome

    OM féminines : un rêve nommé Vélodrome

    C’est un jour à marquer d’une pierre blanche. Les Marseillaises vont disputer pour la première fois de leur histoire un match de championnat au stade Vélodrome, ce samedi à 18h30, à l’occasion de la 19e journée d’Arkema Première Ligue, le plus haut niveau du football féminin français, face à leurs voisines de Montpellier.

    « Pour moi, c’est un rêve d’enfant », lance Tess Laplacette, capitaine de la formation phocéenne. « Si on m’avait dit ça il y a huit ans, je n’y aurais pas cru. C’est quelque chose d’incroyable, le club en plus a mis les petits plats dans les grands. C’est ce qui fait aussi rêver tout le vestiaire et on a très hâte d’y aller », poursuit la défenseure hyéroise de 26 ans, consciente qu’elle va évoluer devant près de 50 000 spectateurs. « Je pense que pendant deux secondes, on n’aura pas les pieds sur terre », surenchérit celle qui a disputé le plus de minutes cette saison (1 521). « Dès la première seconde du match, ça va être important d’être concentrées, de faire abstraction de tout ce qui va se passer autour, et je pense que les supporters vont nous pousser, vont nous aider à garder les pieds sur terre et à nous motiver pour ce match à pression », ajoute-t-elle, en appréhendant tout de même les frissons que procure l’entrée dans le tunnel. Une atmosphère électrique qu’a bien connue Corinne Diacre lors de ses deux précédentes expériences au stade Vélodrome : le 16 août 2000 (1-0 contre l’Angleterre) en tant que joueuse de l’équipe de France et le 20 janvier 2018 (1-1 contre l’Italie) en tant que sélectionneuse. « Comme j’ai affaire à des joueuses qui ont très peu l’habitude de vivre ce genre d’événements, il faut que je puisse leur apporter mon expérience et surtout leur donner un peu de sérénité. Parce qu’on ne va pas se cacher, c’est un peu difficile pour certaines en ce moment d’appréhender ce match », révèle l’entraîneure marseillaise, en poste depuis le 6 octobre 2025, persuadée que ses protégées répondront présentes au rendez-vous. « Ce match a un enjeu particulier pour nous puisque si on bat Montpellier demain, on est à 90% assurées d’être maintenues en Arkema Première Ligue la saison prochaine », résume la technicienne de 51 ans.

    Neuvièmes du championnat avec sept points d’avance sur la lanterne rouge, les Marseillaises s’apprêtent à affronter une équipe héraultaise en grande difficulté à la dernière place et au bord d’une relégation assurée. « Je préfère être à ma place quand même qu’à la leur », souligne Diacre, qui souhaite avant tout que ses joueuses soient « efficaces » avant d’être « belles ».

    Repères

    Record battu

    Près de 50 000 personnes ont pris un billet pour assister à cette grande première historique au stade Vélodrome. Un record dans l’histoire du football féminin français, qui bat celui établi en avril 2022, lors de la demi-finale retour de Ligue des champions entre le PSG et lOL (1-2) au Parc des Princes, avec 43 254 spectateurs présents.

    Des animations toute la journée

    Dès la matinée, la fête du football féminin débutera au Stade Delort, avec un tournoi des catégories U8F à U10F réunissant les jeunes joueuses de la région, de 10h à 16h. Dès 14h45, le parvis Ganay s’anime avec de nombreuses activités accessibles à tous avant le préfiltrage, dans une ambiance festive et populaire. Sans compter les animations prévues au sein de l’enceinte.

    Le pari stratégique du directeur Petruzzo

    En début de saison, Stefano Petruzzo, directeur général des Marseillaises, s’interrogeait sur l’affiche la plus pertinente pour faire évoluer ses joueuses sur la mythique pelouse du Vélodrome. Plutôt que d’opter pour un choc face à l’une des grosses écuries du championnat, comme Lyon ou Paris, avec le risque d’un revers sévère, comme lors de récentes confrontations, le dirigeant italo-argentin a préféré miser sur une rencontre offrant une réelle chance de l’emporter. L’objectif : proposer un beau spectacle aux spectateurs. « Dès le moment où l’on a décidé de faire le match au Vélodrome, on a étudié toutes les dates et toutes les options possibles. On a voulu donner une visibilité maximale à l’équipe féminine. On a donc choisi la trêve internationale des garçons. C’est l’une des raisons », explique-t-il, enthousiaste à l’idée de vivre ce moment historique, avant de se projeter déjà vers l’avenir. « On a envie de pérenniser un rendez-vous au Vélodrome chaque saison », martèle l’ancien directeur de la stratégie au club anglais de Liverpool.

  • Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    L’ambiance est festive dans la salle du conseil de la mairie des 2e et 3earrondissements. Une centaine de personnes est rassemblée, ce jeudi 26 mars, pour fêter le Nouvel an kurde, appelé le Newroz. Cette soirée inaugurait la quatrième édition du Newroz Marseille, organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence.

    « Nous pensons à nos sœurs et nos frères kurdes, à celles et ceux qui se battent sous les balles », amorce Anthony Krehmeier, maire réélu du 2e et 3earrondissements, en remerciant les participants pour leur présence. « Ici, nous les mettons à l’honneur », poursuit-il.

    Inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2009, cette fête ancestrale de la culture kurde, signifie le jour nouveau et célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence, rappelle que le Newroz est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité », et également « l’emblème de la résistance ». Sous les applaudissements chaleureux, elle lance les festivités : « Que ce Newroz soit synonyme de paix et de solidarité. »

    Moment convivial et festif

    Vêtues de robes aux broderies pailletées et colorées et de ceintures dorées à la taille, un groupe de jeunes filles dansent le Govend, une danse traditionnelle kurde. Aux retentissements des grelots attachés aux robes se mêlent les claquements de mains des participants, enthousiastes. Deux musiciens ont offert au public une performance de daf, un instrument de percussion, typique de la culture kurde. « À l’origine, c’est un instrument religieux joué exclusivement par les femmes pour saluer le lever du soleil », explique Deriz, un des percussionnistes.

    Les murs de la salle exposent les planches d’un manuscrit exceptionnel. Publié en 2016, cet ouvrage a été entièrement illustré et édité à la main depuis la prison de femmes de Mardin, en Turquie. Accompagnés de leurs traductions, ces récits poignants témoignent du quotidien des détenues, dénonçant leurs conditions de vie et les violations répétées de leurs droits. L’exposition est à découvrir jusqu’au mercredi 1er avril.

    Le festival organise d’autres événements et soirées. Une projection du film Lire Lolita à Téhéran, sorti en 2024, adapté du livre éponyme de l’écrivaine iranienne Azar Nafisi, est organisée le vendredi 3 avril, à 19h30 au cinéma Le Gyptis (3e). Une rencontre suivie d’un échange sur l’ouvrage. « Nous vous écrivons depuis la révolution – Récits de femmes internationalistes du Rojava », publié aux éditions Syllepse en 2021, se déroulera aux Rotatives de La Marseillaise (1er), le samedi 4 avril à partir de 17h. En présence de Sarah Marcha, Marie, Mireille Court, coautrices du livre et de Yasmina Touaibia, docteure en science politique. Un moment convivial avec un buffet clôturera le festival.

  • L’école Longchamp rouvre lundi après le sinistre

    L’école Longchamp rouvre lundi après le sinistre

    « Nous sommes rassurés par la réouverture », témoigne Héloïse Delastre, l’une des représentantes de parents d’élèves de l’école Longchamp (4e). Les enfants pourront de nouveau courir dans la cour de l’école dès ce lundi 30 mars.

    Un incendie s’est déclaré au niveau de la charpente de la chapelle Buffon, dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars. L’édifice, construit en 1837, était déjà frappé d’un arrêté de péril. Situé à proximité directe de l’école, les services de la Ville ont décidé de fermer l’accès à l’établissement par mesure de sécurité.

    « Nous avons appris avec surprise que l’école était totalement fermée au matin du lundi 23 mars. Pendant deux jours, nous n’avons pas eu d’informations sur les solutions de prise en charge pour la garde de nos enfants », raconte Héloïse Delastre. Dès jeudi, les élèves ont cependant pu être accueillis au Centre municipal d’animation Jeanne d’Arc (5e) « aux mêmes horaires et encadrés par leurs enseignants et les Atsem de l’école », précise la Ville de Marseille. Une réunion s’est également tenue jeudi soir, en présence des différents services de la municipalité, de l’équipe pédagogique de l’école et de parents d’élèves. Ces derniers affirment que « la réunion a permis de lever les doutes et les inquiétudes ».

    Des travaux pour sécuriser

    La Ville explique que les bâtiments seront rouverts partiellement dans un premier temps : « Une à deux classes seront réparties au sein des autres classes, jusqu’aux vacances de Pâques. » Elle annonce que « les vacances seront mises à profit pour permettre des interventions sur le site pour un retour à un fonctionnement normal dès la rentrée suivant les congés ». Les parents d’élèves attendent quant à eux « une réunion d’étape à la rentrée des vacances, qui permettra de faire le point sur l’avancée des travaux ».

  • L’État mise sur une « douane de combat »

    L’État mise sur une « douane de combat »

    Un scanner à basse intensité, un poids lourd qui déploie carrément un portique de contrôle, une fouille de conteneur plein d’abricots d’Ouzbékistan, dits « bio », en provenance de Turquie, avec Vertige, labrador d’un an et demi, à la traque aux stupéfiants… Pour la venue de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ce vendredi, la direction régionale de la douane déploie tout son savoir-faire.

    « Ce moyen nous a permis de vraiment diversifier nos méthodes de contrôle de fret. C’est un petit scanner qui tourne autour de ce qu’on souhaite contrôler, donc essentiellement des conteneurs comme aujourd’hui », explique Michael Lachaux, son directeur, à bonne distance d’un petit camion blanc. « Cette marchandise est projetée sur l’ordinateur qui se trouve à l’intérieur », le tout en deux minutes à peine poursuit-il. « Les collègues vont faire un comparatif entre ce qui nous est déclaré et ce qui est projeté à l’image, voir s’il y a des anomalies, des incohérences. L’image est en fait similaire à une radio d’un membre du corps. C’est très facile d’interprétation », ajoute Michael Lachaux. Tandis qu’un agent démonte des trappes qui cachent les moteurs du conteneur, il précise que c’est là, planqués dans les ventilateurs, que plus de 67 kg de cocaïne ont été trouvés en janvier.

    Une nouvelle ère technologique

    Un second camion, plus gros, dispose d’un portique pour faire passer les camions dessous et passer au crible leur chargement. Un « investissement, mais on voit en quelques années comment est-ce qu’on a pu gagner en productivité », estime Michael Lachaux. C’est justement sur le renforcement de la technologie que mise le ministre pour « entrer dans un nouvel âge de la douane ».

    Pour armer cette « douane de combat », il prévoit, dans le cadre d’un « plan douane massif demandé par le président de la République », d’installer un scanner fixe à Marseille à partir de l’année 2027, « qui permettra de scanner beaucoup plus de conteneurs ». Un investissement qui dépassera les dix millions d’euros, financés par l’État et par les collectivités locales. Il devrait être implanté sur le terminal conteneur du bassin ouest.

    L’objectif : doubler le volume d’images recueillies sur l’ensemble du territoire, quel que soit le type de marchandise contrôlée, et tripler le volume d’images scannées sur les conteneurs dans les ports.

    « La technologie doit changer de camp » ose-t-il, alors que « la mondialisation vole en éclats » au profit des narcotrafiquants mais aussi « des entreprises établies qui se jouent de nos règles et de nos normes ». « Certaines plateformes extra-européennes, en particulier venant de Chine, ont multiplié les petits colis avec, on l’a vu, un nombre considérable d’infractions » balance-t-il devant Christophe Castaner, un temps conseiller Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez Shein, aujourd’hui président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos.

    Interrogé sur un éventuel renfort d’effectifs, il assure qu’il faudra aussi en passer par là, conscient qu’il faut des agents derrière les machines, pour procéder au contrôle en cas de détection, réaliser la procédure, poursuivre les investigations avec les forces de police et de gendarmerie, et collecter en amont le renseignement nécessaire pour orienter les contrôles. Les « besoins » devraient être évalués lors de la préparation du budget 2027.

    Mireille Roubaud

  • [Rue de la République] Tina Biard-Sansonetti : « J’installerai un conseil d’arrondissements citoyen dans les 13-14 »

    [Rue de la République] Tina Biard-Sansonetti : « J’installerai un conseil d’arrondissements citoyen dans les 13-14 »

    la victoire du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Après la victoire
    face au RN, il va falloir tenir les promesses du Printemps marseillais…

    … Des engagements ! Ce sont des engagements que nous avons pris devant les Marseillaises et les Marseillais. Nous allons nous attacher à transformer la ville, à la rassembler et donc à tenir nos engagements. C’est une belle victoire qui démontre la volonté de Marseille d’être rassemblée et fraternelle. C’est aussi l’installation d’un RN à un niveau important. Il va falloir prouver pendant les sept prochaines années aux Marseillaises et aux Marseillais que la politique peut être belle et noble quand elle est bien faite. C’est ce que nous avons fait ces six dernières années et c’est que nous allons continuer de faire. Nous voulons changer concrètement la vie des gens, c’est la meilleure façon de lutter contre le RN.

    Didier Gesualdi : La campagne a été assez rude. On a peu parlé programme. Ça laisse des traces dans la population ?

    Nous nous sommes attachés à parler programme. Benoît Payan a dessiné un avenir pour Marseille tout au long de sa campagne comme moi j’ai pu le faire pour les 13e et 14e arrondissements. Je pense que ces propositions, cet avenir que l’on propose, ont aussi fait le résultat du Printemps marseillais.

    Léo Purguette : L’enjeu était très fort dans les 13-14, secteur le plus peuplé de la ville. Vous avez bénéficié d’un retrait du candidat insoumis Mohamed Bensaada, est-ce que cela a pesé ? Vous l’avez eu depuis ?

    Oui ça a pesé dans le résultat mais ce résultat est le fruit d’une mobilisation importante des habitants des 13e et 14e arrondissements puisqu’au-delà des reports de voix, c’est près de 5 000 personnes supplémentaires qui se sont déplacées entre le 1er et le 2nd tour. Concernant M. Bensaada, oui j’ai eu un échange à l’issue du 2nd tour où il m’a adressé ses félicitations.

    Didier Gesualdi : Pas d’élus insoumis au conseil municipal, il faudra tenir compte des aspirations de leurs électeurs même si les relations sont dures avec Benoît Payan ?

    Sans revenir sur cette campagne où la France insoumise a fait le choix de ne pas aller sur l’union de la gauche au premier tour et où, effectivement, ça a tapé fort sur la gauche, ce que l’on va défendre les sept prochaines années c’est notre programme. Dans les 13e et 14e arrondissements cela veut dire rassembler ce secteur, le réparer et le transformer. Nous voulons que le premier secteur de la ville retrouve la place qu’il mérite.

    LE RASSEMBLEMENT NATIONAL

    Léo Purguette : Le RN a réalisé un score très important. N’y a-t-il pas là un échec de la majorité sortante à contenir ce vote de colère ?

    Un échec non. Sur les 13e et 14e arrondissements, si nous avons gagné face au RN, c’est aussi parce qu’ils ont gouverné ce secteur et que les habitants ne voulaient plus subir ce qu’ils avaient subi précédemment. Cela nous oblige. Je mesure la responsabilité qui est la mienne. C’est d’abord la responsabilité de ne pas décevoir les électeurs qui m’ont fait confiance et qui se sont mobilisés. Mais aussi la responsabilité, effectivement, de faire baisser le Rassemblement national. Y parvenir, c’est prouver aux gens que la politique peut changer la vie, c’est tenir ses engagements, c’est améliorer le quotidien des personnes. C’est la meilleure façon de démontrer que la division, l’idée que le problème c’est l’autre, ce n’est pas la bonne solution. La solution, c’est d’être rassemblés et de porter collectivement une transformation.

    Didier Gesualdi : Il y a 4 électeurs sur 10 qui ne sont pas d’accord avec ce que vous dites.

    Mais je comprends la colère légitime des habitants des 13e et 14e arrondissements. Pendant des décennies, ils n’ont pas été considérés, pas respectés. On a construit n’importe comment dans ce secteur. On n’a pas fait les infrastructures qui allaient avec. On a dit aux habitants que la politique c’était des échanges individuels « tu me donnes, je te donne ». Or ce n’est pas ça la politique. Je comprends cette résignation, ce désespoir. J’habite le secteur et quand je sors de chez moi, il n’y a pas de trottoirs, les poubelles ne sont pas ramassées. Quand je vais dans un noyau villageois où les commerces ferment les uns après les autres, je peux comprendre cette colère. La solution à ces problématiques ce n’est pas le RN, c’est nous qui la portons.

    LA METROPOLE

    Léo Purguette : Vous parlez beaucoup des compétences de la Métropole. Avez-vous un candidat ou une candidate pour en prendre la présidence ?

    Avant de parler de candidat, il faut parler de projet. On l’a défendu pendant cette campagne : ce qu’on réclame c’est simplement l’égalité de traitement pour les Marseillaises et les Marseillais. Ce que l’on veut, c’est un même nombre de collectes de déchets, que nos places de villages soient nettoyées régulièrement comme elles le sont ailleurs dans la Métropole. On souhaite les mêmes budgets pour refaire notre voirie et l’entretenir. Et on souhaite un développement des transports à la hauteur de la deuxième ville de France. C’est cela que l’on va défendre au sein de la Métropole.

    Didier Gesualdi : Sur les transports, comment souhaitez-vous agir ?

    Nous voulons enclencher le tramway jusqu’à Saint-Jérôme. On met 10 ans à construire un tramway donc il faut démarrer tout de suite, réfléchir à la création de nouvelles lignes. Je pense à une ligne vers Saint-Joseph ou à une ligne qui travers les 13-14 pour aller vers le 12e, certains l’appellent le tramway des collines. Et je demande immédiatement l’augmentation de la fréquence des bus aux heures de pointe, c’est une vraie problématique.

    Léo Purguette : Quel président de la Métropole pour faire tout cela. Un Marseillais ? Une Aixoise ? Un Salonais ?

    Pour moi, le président de la Métropole doit avoir une seule qualité : la question de l’intérêt général de l’ensemble des communes et donc de traiter Marseille enfin à égalité. Une personne qui est en dehors des jeux politiques marseillais.

    SON PARCOURS

    Didier Gesualdi : Vous êtes un nouveau visage de la politique marseillaise. On dit que vous avez un profil techno, on a parlé d’apparatchik. Qu’est-ce que vous répondez à cela ?

    Il est vrai que je me suis engagée depuis longtemps, le 21 avril 2002 quand j’ai vu Jean-Marie Le Pen au 2nd tour de l’élection présidentielle. J’avais alors 14 ou 15 ans. J’ai toujours été une militante de l’égalité. Je n’ai jamais brigué de mandat auparavant. Je me définirais plus comme une personne de terrain que comme une apparatchik.

    Didier Gesualdi : Vous avez été au cabinet de Benoît Payan mais pas seulement.

    J’ai été directrice d’un centre social dans le 14e arrondissement, à Saint-Joseph. J’ai aussi été au cabinet du maire, notamment sur les sujets de politique de la ville. J’ai été plus souvent sur le terrain auprès des associations que dans mon bureau.

    LES 13-14

    Léo Purguette : En 2020, le retrait de la gauche pour battre l’extrême droite dans les 13-14 l’a privée d’élus. Vous êtes vous-même une nouvelle élue, à la tête d’une équipe renouvelée, êtes-vous prête ? Entourée ?

    J’ai plusieurs points d’appuis. D’abord mes colistiers, issus, pour la grande majorité de la société civile et qui ont travaillé sur ce territoire en étant engagés dans des CIQ, des associations, des clubs sportifs. Ils font aujourd’hui partie de la majorité municipale. J’ai aussi l’appui de l’ensemble des forces vives de ce secteur qui se sont mobilisées à l’occasion de cette élection. C’est de cette manière-là que je souhaite gouverner ce secteur, co-construire l’avenir des 13e et 14e arrondissements. C’est pour ça que j’installerai un conseil d’arrondissements citoyen.

    Léo Purguette : Comment sera-t-il composé ?

    Essentiellement par des représentants de ce que l’on appelle les corps intermédiaires, c’est-à-dire les personnes qui font vivre ce territoire au quotidien.

    Didier Gesualdi : Votre secteur est très hétérogène. Sa partie la plus défavorisée cumule beaucoup de difficultés. Pour les résoudre vous misez sur les services publics ?

    Tout à fait. Il y a besoin de services publics de très grande proximité. C’est la compétence de la mairie de secteur, je pense notamment aux maisons de quartiers. Par exemple, le RN avait rasé purement et simplement celle des Oliviers A lorsqu’il était aux affaires. Aujourd’hui, c’est l’un des quartiers qui concentre le plus de difficultés. Ce secteur a aussi besoin de grandes infrastructures publiques. On n’a très peu d’infrastructures culturelles par exemple à part une mini-bibliothèque dans le centre urbain du Merlan qui n’a pas de fenêtre. Il va falloir faire pousser aussi un second commissariat de police municipale. On a pris nos responsabilités sur la police municipale et on va continuer. J’attends beaucoup de l’État sur la sécurité, sur la multiplication des commissariats de police nationale. Sur mon territoire on en avait deux, on n’en a plus qu’un. Certes, il est grand et beau mais il n’y en a plus qu’un seul. J’attends aussi des moyens supplémentaires pour notre justice.

    Léo Purguette : Sur le narcotrafic qu’est-il possible de faire à votre niveau ?

    Les comptes n’y sont pas sur les effectifs de la police nationale et de la justice. Mais pour faire reculer le narcotrafic il y a aussi le besoin de faire revenir du service public, d’accompagner les familles de victimes, de miser sur la réussite éducative, l’aide aux devoirs, la prise en charge des jeunes en accueil du soir. Pour cela les mairies de secteur ont toute leur place.

    LA DROITE

    Léo Purguette : La droite républicaine est très affaiblie, elle disparaît quasiment dans votre secteur. N’est-ce pas une difficulté pour le fonctionnement du débat démocratique ?

    C’est toujours une difficulté dans l’organisation du débat démocratique, après, la démocratie c’est aussi l’expression des habitantes et des habitants. Ils se sont exprimés et ils ont sanctionné la droite locale. Elle a dirigé la Métropole et s’occupe d’énormément de problématiques du quotidien. Je pense que cette défaite est à la fois le fruit de celle et, le maire l’a dit dans la campagne, du fait que lorsque l’on court après le Rassemblement national, les gens préfèrent toujours l’original à la copie. Courir après le RN n’a jamais fonctionné, nulle part, et quand on ne fait pas son travail, on est sanctionné. C’est légitime et c’est normal.

    Didier Gesualdi : Si on vous suit, ça ne sera pas trop dur de passer après en tant que jeune élue ?

    Non, je pense que tout est question de travail et de volonté.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Denis :

    Bonjour Madame quelle sera votre première mesure de gauche pour le 13-14 ?

    Il y en aura beaucoup mais une qui me tient particulièrement à cœur, c’est l’installation, en mairie de secteur, des défenseurs des droits des locataires. L’objectif c’est d’accompagner et de défendre l’ensemble des locataires et notamment ceux du parc social, qui sont victimes aujourd’hui de non-défense dans leur logement.

    Les défenseurs des droits des locataires sera nommé, et ce sera une personne qui aura pour mission de faire de la médiation entre les locataires et les propriétaires qu’ils soient publics ou privés. Si cela est nécessaire, si la médiation ne donne pas satisfaction aux locataires, il pourra les accompagner en justice.

    La République c’est quoi ?

    Tina Biard-Sansonetti : « La République pour moi, c’est d’abord faire vivre les valeurs qui la définissent : la Liberté, l’Égalité, la Fraternité.

    Je pense que dans mon secteur, la question de l’égalité est particulièrement centrale. L’égalité entre l’ensemble des habitants de ce secteur, l’égalité entre ces secteurs et les autres secteurs de la ville. Je pense, bien sûr, à la jeunesse de ce secteur, de l’égalité de droits, c’est pour moi un sujet crucial et ce sera un élément majeur de mon mandat. »

  • À Marseille, la bataille idéologique contre l’extrême droite est lancée

    À Marseille, la bataille idéologique contre l’extrême droite est lancée

    Si la vague brune n’a pas submergé la mairie centrale, Marseille s’est réveillée le 22 mars avec deux secteurs passés sous contrôle du Rassemblement national. Plus de 250 000 habitants des 9e, 10e, 11e et 12e arrondissements vivent désormais sous l’autorité d’un maire de secteur d’extrême droite. Leur installation en conseil d’arrondissement est prévue le 5 avril.

    Un basculement qui rappelle 2014 et l’arrivée de Stéphane Ravier (RN) à la tête de la mairie de Saint-Joseph dans les 13e et 14e arrondissements. Le « dictateur nord phocéen » avait profité de la désunion de la gauche et s’était servi de cette élection comme marchepied vers le Sénat. Bilan : six années de mandat marquées par les crises et la conflictualité.

    « Le plus choquant, là où on a senti leur idéologie d’extrême droite, c’est dans l’attaque contre la programmation de l’espace culturel Busserine. Ils ont interdit aux professionnels de faire leur travail. C’est un domaine dans lequel l’ancienne municipalité ne s’était jamais immiscée », observe Stéphane Mari, alors conseiller d’arrondissement d’opposition dans les 13-14, et premier adjoint au maire (PS) Garo Hovsepian sous les mandats précédents.

    « Servir l’intérêt général »

    Douze ans plus tard, les chefs de file du Printemps marseillais battus le 22 mars misent sur une opposition présente, structurée, vigilante et offensive pour contrecarrer les plans de l’extrême droite. Dans les 11-12, où il a recueilli 36,9% des voix, Yannick Ohanessian (PS) promet une large mobilisation collective face à la majorité d’Olivier Rioult : « On est huit élus en mairie mais la résistance va au-delà. Des centaines de militants et sympathisants veulent s’inscrire dans la démarche et être présents sur le secteur, dans les noyaux villageois comme les quartiers populaires, afin de travailler avec ceux qui souhaitent que le changement initié par le Printemps marseillais se poursuive. Je serai la vigie des 17 500 femmes et hommes qui nous ont fait confiance.»

    Dans le secteur voisin, Pierre Huguet entend, lui aussi, mener la bataille « sur le terrain, en direction des habitants ». Avec 40,95% des voix, sa liste d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens réalise l’un des meilleurs scores de gauche depuis des décennies. Même si cela n’a pas suffi pour barrer la route de la Maison Blanche à Éléonore Bez (RN), il insiste sur la nécessité d’une opposition « déterminée » pour protéger les habitants « des politiques d’extrême droite qui pourraient y être développées ». Dans son viseur, « les politiques discriminatoires qui consistent à trier les habitants ». Le « pass anti-racailles » pour les plages marseillaises par Franck Allisio (RN) résonne encore dans les têtes.

    Les équipements publics constituent l’un des lieux possibles de dérives : « S’ils voulaient le faire pour les plages, ils peuvent le faire pour des équipements de la mairie de secteur, on peut au moins le supposer. Donc on va être extrêmement vigilants. Les gymnases rattachés aux écoles, les maisons de quartier doivent servir l’intérêt général et être utiles aux habitants », prévient ce dernier.

    Les 13-14 ont, là aussi, servi de cas d’école, se rappelle Stéphane Mari, qui évoque une « casse du service public » organisée. « Une mairie de secteur gère peu d’équipements mais confronté à du vandalisme, l’ancien maire de secteur n’a jamais cédé : la théorie du carreau cassé ! On le remplace et on rouvre dès le lendemain », raconte-t-il. « Le RN a profité d’actes de vandalisme, certes réels mais comme il y en a dans toutes les villes, pour les fermer. Ici une piscine, là le centre d’animation des Oliviers… Ce n’était pas innocent : ils n’ont pas fermé dans les noyaux villageois mais dans les quartiers populaires. »

    « Ministère de la parole »

    Une stratégie que redoute évidemment Pierre Huguet, qui rappelle l’état de délabrement des équipements publics laissé par l’équipe RN en 2020 lorsque le Printemps marseillais a récupéré la mairie centrale : « On a trouvé des équipements de mairie de secteur dans un état catastrophique. Ils n’étaient plus entretenus et, à la fin, ils voulaient juste les fermer. »

    Pour lui comme pour Yannick Ohanessian, l’enjeu dépasse l’arène institutionnelle : il s’agit de maintenir une présence sur le terrain, auprès des associations, dans les écoles, les comités de quartier. « C’est important d’être le porte-parole des revendications des populations du secteur, pas seulement des quartiers populaires. Il faut suivre tous les dossiers, parce qu’il peut y avoir des choses à défendre partout », observe Samy Johsua.

    Une bataille de terrain autant que d’idées. Un combat qui, pour ce conseiller d’arrondissement Front de gauche des 13-14 de 2014 à 2020, n’a qu’une règle : ne pas céder un bout de terrain. « L’idée était de ne rien laisser passer sur les questions idéologiques, les services publics, le racisme ou les sujets de sécurité. Il faut batailler et le faire savoir, ça a son effet », explique-t-il. « Il faut mener la bataille idéologique partout, surtout si ceux qui arrivent se présentent davantage comme des gestionnaires. Il ne faut rien laisser passer parce que ça imprime. »

    « Leurs valeurs sont l’antithèse de celles que l’on défend », reprend Yannick Ohanessian. « Olivier Rioult assume d’être au Rassemblement national, il assume son histoire, son héritage, et en cela il est aux antipodes de ce que l’on porte. » « Je n’admets pas que l’on dise que l’extrême droite est policée. L’extrême droite reste l’extrême droite », insiste Pierre Huguet.

    « En 2014, le RN distribuait des tracts pour mettre en scène ses votes. Avec une mairie centrale de gauche, les tensions risquent d’être plus fortes, il faudra expliquer clairement les positions défendues », reprend Samy Joshua. « Ils ont fait campagne sur la sécurité, un domaine où ils n’ont pas de prise en mairie de secteur. Mais ils vont avoir, comme l’ont toujours les maires de secteur, le ministère de la parole : des communiqués, des grandes déclarations pour expliquer que la mairie centrale n’a pas donné suite, que l’État n’a pas envoyé assez de policiers nationaux pour répondre aux enjeux du secteur. Mais cela a ses limites », conclut Stéphane Mari.

  • Une plongée dans les coulisses des municipales à Marseille

    Une plongée dans les coulisses des municipales à Marseille

    Avec le documentaire La bataille de Marseille, Azzeddine Ahmed-Chaouch et Youssef Khemane proposent un autre regard sur les municipales de Marseille. « Je voulais observer au plus près les candidats, les laisser vivre, avec des microcravates. On a une autre approche, assez intime et sincère », développe le journaliste.

    Une ville aux enjeux forts

    Azzeddine Ahmed-Chaouch explique le choix de couvrir Marseille, une « ville aux enjeux municipaux majeurs », où se manifestent les préoccupations nationales. « Ici, il y a toutes les problématiques françaises : l’insécurité, le trafic de drogue, le logement, la paupérisation, la question de l’immigration », détaille-t-il. Une ville qui cristallise les enjeux du pays et qui synthétise aussi son paysage politique : « Même s’il y a des différences, il y a la montée du RN, l’affaiblissement de la droite, la division de la gauche. » Avant même le tournage, le journaliste affirme avoir « déjà vu pointer la grande répétition avant l’Élysée ». Il observe un Benoît Payan « fin tacticien », une Martine Vassal « fermée » ou un Sebastien Delogu « qui ouvre son appartement », laissant place à « des moments d’intimité intéressants ». Mais Azzeddine Ahmed-Chaouch n’oublie pas non plus « un RN qui réalise un score historique, et qui, avec un candidat un peu plus éloquent, continuera sur sa lancée ». Cette proximité avec les candidats permet aussi une nouvelle approche des politiques, une nécessité pour le journaliste, qui affirme « vouloir offrir ça aux Marseillais, parce que, de plus en plus, il y a une distance, qu’il faut absolument réduire ».

    La bataille de Marseille disponible sur France.tv

  • Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Le conseil municipal d’installation qui se tient ce samedi (9h15) à l’Hôtel de ville de Marseille s’annonce plus serein que cet interminable samedi 4 juillet 2020, lorsqu’il y a six ans, le Printemps marseillais avait repris la mairie à la droite après 25 années de gestion Gaudin. Michèle Rubirola sa cheffe de file ne disposait alors que de 42 sièges, loin de la majorité absolue dans un hémicycle comptant 101 élus.

    La candidature au 1er tour de Samia Ghali et le retrait à droite de celle de Lionel Royer-Perreaut, avaient semé le doute même si le départ fracassant de Stéphane Ravier et des neuf élus RN avait ramené la majorité à 47 voix. Au 1er tour de scrutin, Rubirola avait obtenu 42 soutiens, contre 41 pour Guy Teissier (LR), tandis que Samia Ghali recueillait huit voix. Après deux heures d’interruption et de tractations, Michèle Rubirola, finalement soutenue par les ghalistes, avait été élue maire avec 51 voix… Elle devenait la première femme à occuper cette fonction mais passera la main quelques mois plus tard à Benoît Payan.

    Composition de l’exécutif

    Aujourd’hui, réforme de la loi PLM oblige, l’hémicycle compte 111 conseillers municipaux et le Printemps marseillais peut s’appuyer sur une base solide de 73 sièges. À l’autre bout de l’hémicycle, le RN dispose de 34 élus. La droite républicaine n’a plus que quatre représentants. Ils ne seront d’ailleurs que deux samedi. Shabbat oblige, Fabienne Bendayan (3e sur la liste de Martine Vassal) ne sera pas présente. Stéphane Pichon (4e) ne sera pas là non plus. Le président de l’Ordre des Pharmaciens de la Région est en déplacement. Un voyage prévu depuis un an et demi.

    Comme le veut l’exercice, c’est le jeune écologiste Amine Kessaci, le benjamin (22 ans) de l’assemblée qui devrait procéder à l’appel. Benoît Payan, le maire sortant, cédera alors la présidence au doyen de l’hémicycle : la députée d’extrême droite, Gisèle Lelouis (RN), âgée de 74 ans. C’est elle qui déclarera la séance d’installation ouverte et la présidera jusqu’à l’élection du maire dont elle proclamera les résultats. Le vote, un scrutin uninominal, pouvant aller jusqu’à 3 tours, se fait à bulletin secret.

    Outre l’élection du maire qui ne souffrira d’aucun suspense, l’élection des adjoints sera l’autre gros morceau du jour. La loi autorise jusqu’à un tiers d’adjoints. Sur la dernière mandature, l’exécutif en comptait 30. Ils pourraient être jusqu’à 36 cette fois. Leur nombre sera voté en séance. Avec des interrogations : Michèle Rubriola restera-t-elle 1ere adjointe ? Samia Ghali conservera-t-elle le rang spécifique de maire-adjointe ? Les délégations, elles, seront attribuées plus tard par un arrêté signé du maire. « Ça viendra dans un second temps en fonction sans doute de l’évolution de l’exécutif métropolitain », glisse-t-on dans la majorité. Sa date n’est pas encore fixée mais le conseil métropolitain devrait se tenir après le long week-end pascal, les 7 ou 8 avril.

    Autre question en suspens : l’organisation de la majorité municipale au sein de l’hémicycle. Sera-t-elle formée d’un seul ou plusieurs groupes, comme c’est le cas dans l’opposition au conseil départemental ? Les choses devraient se décanter d’ici la prochaine séance.

    La droite, elle, a priori n’en aura pas. « À ce stade du règlement intérieur, il ne semble pas possible de composer un groupe. Nous venons de vivre une lourde défaite, nous sommes restés unis et soudés mais nous n’avons que quatre élus », note Romain Simmarano (Ren.). « C’est au maire de Marseille qui a été légitimé par cette élection, de déterminer comment il entend faire vivre la démocratie. Mais nous ferons entendre la voix de nos sensibilités à l’intérieur autant que ce sera possible comme à l’extérieur. »