Tag: Marseille

  • Sophie Camard : « Des fonctions exigeantes »

    Sophie Camard : « Des fonctions exigeantes »

    « C’est à lier avec un problème d’attractivité de ces fonctions-là et dans des campagnes de plus en plus dures. Au quotidien, ça demande beaucoup de temps et d’abnégation », soulève l’édile, avant d’ajouter : « Si vous ne jouez pas les grandes gueules, en poussant des coudes pour être sur la photo, le temps que vous mettez, quand vous êtes une femme, à gagner votre propre espace est beaucoup plus long. Je connais la politique à Marseille depuis près de 20 ans, donc j’ai appris à encaisser les coups. »

    Les partis progressistes ne sont pas exempts de critiques. « Les partis n’existent plus à gauche, tranche-t-elle, vu la violence que ça représente maintenant de faire des listes et de sélectionner la candidature, heureusement qu’il y a cette loi sur la parité ! », fait valoir Sophie Camard. Elle insiste : « Les femmes, nous ne sommes pas une minorité, mais 51% de la population, je le rappelle ! »

    Elle dénonce l’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie politique actuelle, entre harcèlement, brutalisation du débat et recherche de buzz permanent : « La gestion de la cité, les affaires publiques, les affaires municipales, ça demande du temps, ce n’est pas filmé. » Un paramètre à prendre en compte « quand vous êtes une femme, vous devez encore plus soigner votre image : votre façon de vous habiller et de parler (…). Même vous mettre en colère, il faut le maîtriser », souffle-t-elle.

  • États-Unis, Algérie… l’OM présent à l’international

    États-Unis, Algérie… l’OM présent à l’international

    Gerónimo Rulli

    Comme de nombreuses nations qualifiées pour la Coupe du monde, l’Argentine dispute deux matches amicaux lors de cette fenêtre internationale. L’Albiceleste de Gerónimo Rulli s’apprête à affronter pour la première fois la Mauritanie puis la Zambie. Les deux rencontres auront lieu à Buenos Aires.

    Le premier match, face aux Mauritaniens, se déroulera dans la nuit de vendredi à samedi (0h15, heure française). Les champions du monde en titre accueilleront ensuite la Zambie, dans la nuit de mardi à mercredi (1h15). Le gardien marseillais pourrait fêter sa 8e sélection s’il est titularisé par Lionel Scaloni.

    D’abord convoqué, le défenseur Leonardo Balerdi a finalement déclaré forfait en raison d’« une lésion au mollet droit », selon un communiqué médical de l’OM.

    Quinten Timber

    Comme son frère jumeau, Jurrien, joueur d’Arsenal, Quinten Timber est sélectionné pour les deux matches amicaux des Pays-Bas lors en cette fin de mois de mars. Deux rencontres sur le sol néerlandais pour les « Oranje ». Ce vendredi, ils reçoivent la Norvège d’Erling Haaland pour une affiche très attendue avant la grande échéance mondiale de l’été. Timber aura peut-être l’occasion de faire face à une autre nation montante de la planète football. Mardi 31 mars, l’Équateur des Pacho, Caicedo, Hincapié ou encore Ordonez débarque à Eindhoven, pour un autre match amical.

    Pierre-Emile Højbjerg

    Pierre-Emile Højbjerg est le seul Marseillais à participer aux barrages de la zone Europe. Le Danois jouait, ce jeudi, une demi-finale face à la Macédoine du Nord, à Copenhague. Une première étape qui doit mener le Danemark à la Coupe du monde.

    Le vainqueur de l’Euro 1992 a réussi à franchir ce cap (victoire 4-0, Højbjerg a joué tout le match) et affrontera l’Irlande ou la République Tchèque, mardi soir. En cas de qualification, les Danois seront placés dans le groupe A, très ouvert, en compagnie du Mexique, de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud.

    Timothy Weah

    Alors que l’équipe de France est actuellement aux États-Unis pour affronter le Brésil et la Colombie, les Américains se testent eux aussi sur leurs terres. à quelques mois de leur Coupe du monde, Timothy Weah et ses coéquipiers accueillent deux nations européennes, à Atlanta. Samedi à 20h30 heure française, la Belgique fera face aux Américains dans le très moderne Mercedes-Benz Stadium (71 000 places).

    Dans la nuit de mardi à mercredi, c’est cette fois le Portugal, sans Cristiano Ronaldo, blessé, qui se déplacera dans cette grande enceinte. Timothy Weah pourrait obtenir ses 48e et 49e sélections, s’il participe aux deux rencontres de son pays.

    Amine Gouiri

    Amine Gouiri retrouve les Fennecs pour la première fois depuis sa blessure à l’épaule. Le 14 octobre dernier, le buteur olympien était percuté de plein fouet par le gardien de l’Ouganda. Une sortie kamikaze qui avait envoyé à l’hôpital l’Algérien, formé à Lyon. Opéré de cette épaule droite, il avait manqué la Coupe d’Afrique des Nations et de nombreux matches avec l’OM. De retour en forme, l’attaquant jouera deux rencontres amicales en Italie, durant cette trêve internationale.

    Tout d’abord, l’Algérie affrontera le Guatemala pour la première fois de son histoire. Un face-à-face prévu ce vendredi à 20h45, au stade Luigi Ferraris de Gênes. Mardi soir, dans l’antre de la Juventus, les Algériens remettent le couvert, qui plus est face à une nation forte d’Amérique du Sud. L’Uruguay, menée par Marcelo Bielsa, affrontera donc les champions d’Afrique 2019, à Turin. Deux tests de calibres différents avant de faire face à l’Argentine, l’Autriche et la Jordanie lors de la Coupe du monde.

  • [Opéra] Émotions pour un grand dialogue lyrique

    [Opéra] Émotions pour un grand dialogue lyrique

    La première, mercredi soir, à l’Opéra de Marseille, de la nouvelle production de Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc emporte l’adhésion. Louis Désiré joue l’épure pour se concentrer sur la direction d’acteurs. Le décor est effacé au profit d’un espace neutre. Les costumes accentuent l’aspect intemporel du texte de Bernanos. Désiré place le drame dans un univers en noir et blanc, accentué de lumières rasantes. On pense au peintre Philippe de Champaigne.

    La distribution est homogène. Hélène Carpentier (Blanche) fait ressortir sa force de caractère, avec un très beau soprano. On oubliera difficilement l’agonie de la prieure, moment saisissant de théâtre et de musique où le puissant mezzo de Lucie Roche prend aux tripes. On retient Mère Marie de Eugénie Joneau, tourmentée par son vœu du martyre inaccompli, ni les voix d’Angélique Boudeville, Madame Lidoine tout en bienveillance ou Ana Escudero qui offre sa jolie voix à son personnage de Sœur Constance, oasis de joie de vivre dans ce monde mortifère. Laurence Janot (Mère Jeanne) et Esma Mehdaoui (Sœur Mathilde) ainsi que les voix féminines du Chœur de l’opéra soutiennent avec luxe cette distribution heureusement choisie. Léo Vermot-Desroches chante avec un ténor clair et distingué le jeune Marquis de la Force et le père noble a la silhouette et le talent de Marc Barrard. La direction musicale Debora Waldman mène l’Orchestre de Marseille, toujours impeccable avec des tempi ralentis qui laisse respirer le texte. Le message délivré par les voix souvent dans le medium et le grave avec quelques fulgurances dans l’aigu doit passer une masse orchestrale imposante. La cheffe sait parfaitement jouer de ce délicat équilibre.

    Dialogues des Carmélites est une œuvre exigeante mais toujours passionnante. Sans doute l’une des plus importantes de notre répertoire national.

  • À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    « Un court, un film, un débat. » C’est un refrain printanier qui résonne désormais depuis 10 ans à Marseille, faisant bourgeonner les œuvres cinématographiques comme autant de luttes à prolonger. Une petite longévité qui s’explique, selon Stéphane Rio, enseignant et membre de l’équipe du Printemps du film engagé, qui se tient du 27 mars au 3 avril, par « un besoin de débat. Notre programmation intéresse, mais les gens ont aussi besoin d’échanger ».

    Son credo ? Ne pas céder au fatalisme, comme l’indique le thème de la mouture 2026, La vie est à nous, empruntée au film réalisé en 1936 – et sorti 33 ans plus tard – par Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois, qui sera projeté le 2 avril au Vidéodrome2 (entrée libre). Une plongée au cœur de la campagne électorale et des victoires du Front populaire, destinée à rappeler « comment se remobiliser pour lutter contre la pensée réactionnaire et raciste. Avec l’idée de ne pas se soumettre, comme l’a montré le peuple en 1936, alors que les années 1930 étaient propices aux fascistes », explique-t-il. Des échos avec notre époque attestant que « la pensée critique et le mouvement social a encore toute sa place ».

    Global et local

    De la cause palestinienne, il sera aussi beaucoup question avec l’avant-première, vendredi 27 mars au Gyptis, du documentaire de Pierre Carles, L’affaire Abdallah, autour de Georges Ibrahim Abdallah, ce militant communiste libanais emprisonné pendant 41 ans. « Une enquête très fouillée montrant que ce prisonnier politique a été accusé à tort. Et, en même temps, un film qui retrace le combat pour les droits du peuple palestinien depuis les années 1960 », résume Stéphane Rio. S’ensuivra un débat intitulé « Pourquoi un tel acharnement contre les combattants palestiniens », en présence du politiste au CNRS Vincent Geisser et du militant de longue date pour la libération d’Abdallah, Charles Hoareau. Le lendemain, le Gyptis accueillera « une grosse soirée pour dénoncer les massacres » d’Israël, avec une sélection de courts-métrages réalisés par des Gazaouis, avant la diffusion d’Occupations, film sorti en 2025 qui documente le mouvement des étudiants de Columbia, aux États-Unis, pour « faire pression sur leur université liée à des entreprises d’armement américaines et israéliennes ». Des représentants de la flottille « qui partira les 4 et 5 avril pour Gaza » seront présents.

    Parmi la vingtaine de propositions du festival, les luttes locales ne seront pas non plus oubliées, comme pourront l’illustrer La réalité est là…, « lecture théâtralisée » de six mineurs non accompagnés, qui portent sur scène « leur ressenti en France et leur invisibilisation », ou encore Je suis la nuit en plein midi, en clôture du festival à La Baleine. Un documentaire performé politico-poétique qui suit un Don Quichotte et son Sancho Panza des temps modernes venant pourfendre les murs des ensembles résidentiels fermés qui pullulent à Marseille.

  • Une manifestation en soutien au peuple palestinien, samedi à Marseille

    Une manifestation en soutien au peuple palestinien, samedi à Marseille

    À l’occasion de la Journée de la Terre, des manifestations sont prévues dans dix-sept régions, le samedi 28 mars, pour la défense des droits du peuple palestinien. Un événement à l’initiative de l’association France Palestine Solidarité (AFPS). À Marseille, la mobilisation s’ancre, selon les organisateurs, « contre l’armement et la complicité locale des entreprises avec le génocide », à l’appel de la coalition Guerre à la Guerre, mais aussi de nombreux collectifs mobilisés. Le départ sera donné à 14h, place de la Joliette (2e). « Il ne suffit pas d’être en solidarité avec la Palestine, il faut aussi être en opposition face à la guerre et l’impérialisme », affirme Anti, membre de la coalition Guerre à la Guerre.

    Convergence

    Leur but : faire converger les dynamiques. Parmi elles, la mobilisation contre l’usine d’armement Eurolinks, le soutien à la flottille mouvement Thousand Madleens to Gaza qui s’élancera le 4 avril depuis l’Estaque (lire notre édition du 9 mars et ci-dessus), ou encore « la campagne BDS » contre la compagnie israélienne de transport ZIM.

    Plus largement, au niveau national, des rendez-vous sont organisés à l’appel de 90 organisations syndicales, associatives et politiques. Avec des revendications identiques : « L’autodétermination du peuple palestinien ; la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid ; la prise de sanctions contre Israël. » En région Paca, des départs collectifs sont prévus depuis Nice ou Aix-en-Provence, par exemple, pour rejoindre la mobilisation marseillaise.

    Le lundi 30 mars marque les 50 ans de la Journée de la Terre palestinienne, en mémoire d’une grève, réprimée par Israël, contre la confiscation de terres qui a conduit à la mort de six Palestiniens, en 1976.

  • [Entretien] Cyril Zimmermann : « Marseille devient une capitale du cinéma »

    [Entretien] Cyril Zimmermann : « Marseille devient une capitale du cinéma »

    Les deux journées du festival Marseille fait son cinéma, créé par la Plateforme en association avec l’Alhambra, mettent à l’honneur le cinéma phocéen, une filière en pleine évolution. Au programme : conférences, projections et ateliers participatifs. Des rencontres avec des professionnels auront lieu, permettant aux visiteurs de se familiariser avec le processus de création d’un film.

    La Marseillaise : Pourquoi mettre à l’honneur le cinéma marseillais ?

    Cyril Zimmermann : Marseille est une ville où, historiquement, il y a beaucoup de choses qui se sont passées dans le domaine du cinéma. Elle est devenue une ville de tournage dans les vingt dernières années et, plus récemment, s’est dotée d’écoles dans la filière du cinéma : Kourtrajmé, CinéFabrique, la Satis, les AIS. Il y a eu une croissance de l’offre de formation pour les jeunes. Il y a aussi de nouvelles infrastructures qui se sont créées, avec la base logistique de Gèze, ou Provence Studio à Martigues. La cinémathèque française va aussi bientôt s’installer à Marseille. On est donc, collectivement, en train de s’équiper en talents, en formations, en infrastructures. Avec Marseille fait son cinéma, nous voulons faire un état des lieux de Marseille, qui devient une capitale du cinéma, française, européenne et méditerranéenne. Il y a à la fois une évolution assez monumentale ces dernières années, couplée à notre envie, en tant qu’établissement d’enseignement supérieur, de fédérer autour de nous les acteurs de l’univers du cinéma. Nous voulons nous regrouper ensemble pour nous donner, collectivement, le maximum de visibilité vis-à-vis des publics informés, des professionnels, de façon à ce que cela crée un effet cumulatif, un cercle vertueux.

    Comment avez-vous pensé la programmation ? À quoi peuvent s’attendre les visiteurs ?

    C.Z. : On a bien choisi notre nom : la programmation est pensée pour mettre à l’honneur Marseille et le travail qui y est fait dans la filière du cinéma. On a monté la programmation en trois parties : dans l’espace Plaza, il y aura des activités pédagogiques plutôt pour les jeunes publics. Les écoles de cinéma, notamment les AIS ou la Satis, vont délocaliser des ateliers pour montrer à des adolescents comment on crée l’image, comment on monte un film, comment on produit du son. Dans la salle des sucres, seront diffusés en permanence des films réalisés par des élèves des différentes écoles de cinéma de la métropole. Dans l’espace cabaret, il y aura, le vendredi 27 et le samedi 28, des rencontres menées par des professionnels de l’univers du cinéma. Robert Guédiguian va raconter sa relation avec Marseille et les tournages. Seront aussi présents Karim Dridi et Margaux Fournier, qui vient de recevoir un César pour Le bain des dames. L’idée est de réunir des personnes importantes du paysage du cinéma marseillais. Nous voulons donner aux gens l’envie d’essayer de faire du cinéma, montrer que ce n’est pas inaccessible. L’idée est d’être aspirant et enthousiasmant.

    Après cette première édition, souhaitez-vous réitérer ces journées de rencontres ?

    C.Z. : Nous voulons créer un rendez-vous du cinéma marseillais, une fois par an. Notre volonté est d’attirer de plus en plus de curieux et de passionnés dans ce lieu festif.

    12 rue Urbain V, 13002 Marseille.
    Entrée gratuite.

  • Un deuxième navire au GNL pour Corsica linéa à Marseille

    Un deuxième navire au GNL pour Corsica linéa à Marseille

    La cérémonie s’est tenue au chantier naval chinois CMJL Jinling, à Weihai, aux côtés du partenaire industriel de la compagnie, Stena RoRo et marque l’achèvement de la construction du navire RoPax menée avec succès depuis la pose de la quille en février 2025. Le Capu Rossu rejoindra la France en mai avant d’être baptisé lors de deux cérémonies : le 11 juin à Marseille et le 12 juin à Ajaccio.

  • Une journée pour une agriculture paysanne à taille humaine

    Une journée pour une agriculture paysanne à taille humaine

    Marché paysan, projection débat, diffusion de podcast, table ronde ou encore boum… Le programme est chargé pour cette 3e édition de la journée de l’agriculture paysanne. Co-organisée par huit associations, dont la Confédération paysanne et les Paniers marseillais, l’événement aura lieu toute la journée du samedi au sein de la ferme pédagogique du Roy d’Espagne à Marseille (9e).

    « Le but de cette journée est pouvoir parler de la culture paysanne et de ses spécificités et mettre en avant qu’il y a encore de la culture paysanne aux abords des villes, surtout dans les Bouches-du-Rhône, explique Jean-Charles Bureau, secrétaire de la Confédération paysanne 13 et apiculteur. Et d’inciter les gens à changer leurs pratiques de consommation, en leur montrant qu’il y a des points de vente et la qualité de nos productions », ajoute-t-il. Un marché paysan et un repas fait avec les produits locaux permettront notamment aux curieux de découvrir la richesse de l’agriculture paysanne du département.

    Le village des associations permettra également à chacun de découvrir les initiatives mises en place à l’échelle locale pour promouvoir les circuits courts, comme l’association des Paniers marseillais, ou l’expérimentation de la sécurité sociale de l’alimentation portée par la Comac.

    Pression foncière

    L’occasion aussi pour les associations organisatrices de promouvoir cette forme d’agriculture comme nécessaire à la mise en place d’une réelle souveraineté alimentaire française. « Car l’agriculture paysanne repose sur des petites fermes, à taille humaine, qui sont donc généralement plus directement liées aux consommateurs, explique Clément Gauthier, animateur de réseau pour l’association des paniers marseillais. Et ils reposent plus sur des pratiques agroécologiques moins dépendantes des intrants de synthèse produits à partir de gaz importé. Ils permettent donc une meilleure autonomie alimentaire des territoires. [car pas dépendant du court des énergies internationales ]. »

    La question de la pression foncière sur les exploitations agricoles sera aussi au cœur des débats de cette journée. Car pour Jean-Charles Bureau, « la pression foncière et la bétonisation sont un gros souci [ pour l’agriculture]. Car si les terres des agriculteurs qui partent à la retraite ne sont pas gardées pour les paysans futurs, alors elles sont perdues. Et pour avoir une autonomie alimentaire, il nous faut des terres arables ». C’est pourquoi, les associations défendent le projet d’un million de paysans d’ici 2050.

  • Le « ras-le-bol général » des enseignants face aux suppressions de postes

    Le « ras-le-bol général » des enseignants face aux suppressions de postes

    « Le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) a mis sur la table, mercredi, 168 suppressions de postes pour seulement 94 ouvertures, dans les Bouches-du-Rhône pour le 1er degré », explique, mécontent, Franck Neff, professeur des écoles et membre de la FSU-SNUipp 13. Il poursuit : « On se mobilise aussi avec le second degré, il y a un ras-le-bol général et des classes surchargées. Ils vont nous imposer une carte scolaire, le 2 avril, mais nous n’en voulons pas. » La carte scolaire désigne à la fois l’affectation des élèves dans les établissements, selon leur lieu de résidence, et la répartition des moyens, comme les ouvertures ou fermetures de classes. Elle doit favoriser la mixité sociale en répartissant les élèves d’un même territoire.

    Moins de moyens pour les REP

    Une professeure d’anglais du lycée Victor-Hugo, membre de Solidaires, décrit une réalité bien différente : « Victor-Hugo est situé dans un quartier défavorisé où la mixité sociale est quasi inexistante. Les élèves viennent de collèges classés Réseau d’éducation prioritaire (REP). » Depuis la réforme de l’éducation prioritaire menée en 2014-2015 par Vincent Peillon, alors ministre de l’Éducation nationale, les lycées ont été exclus du dispositif REP et REP+. « Nous allons avoir des classes plus chargées et moins de moyens, alors que nous devrions être prioritaires pour accompagner nos élèves et leur offrir les mêmes chances que ceux des quartiers plus favorisés », déplore l’enseignante.

    Monia Haddaoui, membre de la CGT Éduc’action 13, dénonce les critères utilisés par l’administration : « La direction académique se base désormais davantage sur l’indice de positionnement social et délaisse les dispositifs REP et REP+. » La CGT Éduc’action revendique des classes limitées à 20 élèves, et à 15 dans les zones prioritaires. « On se retrouve avec des fermetures de postes essentiels, des classes dédoublées en REP+, tandis que des postes sont créés dans les services administratifs », conclut-elle.

  • À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    Contre les suppressions d’heures, de classes et de postes, la contestation s’est étendue des lycéens aux collégiens, personnels enseignants, assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et parents d’élèves. Ils étaient 900 selon la police, plus de 3 000 pour d’autres observateurs, à manifester, ce jeudi, des Réformés jusqu’à l’Inspection académique, pour exiger un budget digne de l’éducation nationale. Une mobilisation aux côtés des syndicats MNL, FSU-SNUipp, Snes-FSU, FO, CGT, SUD, CFDT, et de militants de LFI, de la JC ou de Révolution permanente.

    « Déjà, on n’arrive pas à remplacer un prof absent, déplore une maman derrière la banderole FCPE 13. Ces nouvelles suppressions sont inadmissibles, injustifiables. » C’est le cas au collège de l’Estaque, dans le 15e arrondissement, où quatre classes n’ont plus cours de français depuis janvier. « Nous, c’est une classe de 3e qu’on perd et on sera à 30 au lieu de 25 par classe », ajoute Noa, 13 ans, en 4e à Jean-Malrieu, interrompu par l’arrivée en fanfare des « lycées des quartiers nord ».

    Ce jeudi, les collégiens et les parents sont venus rejoindre le mouvement des lycéens, initié il y a près d’un mois. Ensemble, ils protestent contre la baisse des dotations aux établissements, la suppression de 3 256 postes d’enseignants dans le pays, dont 2 200 dans le premier degré, annoncée en janvier par l’éducation nationale pour la rentrée 2026-2027.

    « Ouvrez les écoles, vous fermerez des prisons », affiche une pancarte. « La logique gouvernementale est absente, comme mon père », dénonce une autre, tendue par Femida et Sacha. Élèves à Diderot, ils précisent : « On nous enlève tout ce qui était mis en place pour permettre plus d’égalité. » Les jeunes venus des lycées Montgrand, Monticelli ou Diderot réclament davantage d’heures de cours. « Ce ne sont pas juste des heures, c’est des possibilités d’enseignements différents, de l’aide aux devoirs, du travail en demi-groupe », insiste Nina, militante MNL. « C’est notre avenir, notre formation qui sont en jeu, on perd deux heures par spécialité et toutes nos options », complète Andréas, élève de terminale à Nelson-Mandela. Des chiffres couperet tombent, lâchés par un militant syndical de la FSU : « 147 heures pour le lycée Marie-Curie, 100 heures pour Montgrand, 72 heures pour Victor-Hugo, 64 heures pour Diderot… »

    Touchés, dès le 1er degré

    Venues des écoles élémentaires Grenier et Lauriers de Malpassé (13e arrondissement), des enseignantes s’alarment également. « Nos groupes scolaires sont aussi touchés par les restrictions budgétaires. On a eu une année de CP à 15 élèves, et puis gros retour en arrière. Maintenant, on nous annonce une classe en moins, avec des niveaux en insertion bien chargés, on saborde les conditions d’enseignement », dénoncent Alicia et Sarah, alors que le cortège s’engage sur le boulevard Charles-Nédelec en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ».

    Parmi les drapeaux secoués par le Mistral, celui de la Palestine et celui de Cuba rappellent que « le mouvement est parti contre la guerre, souligne Inès. On demande que ce budget ne soit pas utilisé pour des armes, mais pour l’éducation nationale, pour des conditions d’études décentes, des classes où l’eau ne coule pas du plafond comme à Marie-Curie, ou pour que les étudiants en photo aient accès à du matériel à Blaise-Pascal ». Des jeunes déterminés à construire un avenir fait de solidarités.

    Devant le bâtiment de l’éducation nationale bardé de CRS, les syndicats appellent à une nouvelle journée nationale de grève et mobilisation, le 31 mars. Un nouveau comité social d’administration (CSA) se tiendra le 2 avril, au cours duquel l’administration doit annoncer ses décisions avant validation en préfecture.