Tag: Marseille

  • De Marseille à Berlin pour témoigner

    De Marseille à Berlin pour témoigner

    Gérard Agresti

    Fils de Roger Agresti (1921-2005) déporté rescapé du camp

    « Roger, mon père avait 21 ans. Il est revenu vivant de Sachsenhausen. Il était du convoi du 28 avril depuis Compiègne. Il a fait partie des “marches de la mort” jusqu’au bois de Criwitz avec un petit groupe de Marseillais qui ont cheminé vers l’ouest jusqu’à rencontrer des soldats américains le 2 mai 1945 aux environs de Schwerin. Arrivé gare Saint Charles, un marin lui est tombé dans les bras. C’était mon frère qui a dû lui annoncer que son père était mort. Papa parlait peu de sa déportation car les petits n’ont pas à entendre des choses atroces. Il nous avait écrit son témoignage en 1995. Quand il allait dans les collèges, c’était pour dire ce qu’il avait vécu mais aussi ce qui peut advenir. Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si mon père humaniste voyait qu’autant de peuples se font massacrer aujourd’hui en Europe et au Moyen-Orient. »

    Fernand Riberi

    Petit-fils de Francesco Commentale, mort à Sachsenhausen

    « Les jeunes Allemands à qui j’ai raconté le sort tragique de mon grand-père sur lequel l’Histoire s’est acharnée ont posé beaucoup de questions. Le peuple allemand est très investi dans ce travail de mémoire. Ils ont un besoin de rédemption je crois. Ils nous renvoient l’image positive d’une jeunesse qui veut tirer les leçons de l’Histoire. Ces récits tragiques qu’on leur fait découvrir des rafles de Marseille de 1943, c’est une histoire qui leur appartient aujourd’hui. Vu le contexte international des conflits qui éclatent de l’Ukraine, à l’Iran et au Moyen Orient, c’est important. Si vous oubliez l’Histoire, elle ne vous oublie pas. Je leur ai dit à ces jeunes, vous êtes dépositaires aujourd’hui d’une mémoire qu’il vous appartient de transmettre. On espère que parmi eux, certains s’en empareront. On aura alors gagné notre pari. »

    Pascal Luongo

    Avocat qui a rédigé la plainte pour crime contre l’humanité

    « La mission du collectif est de transmettre cette mémoire afin qu’elle résonne au présent, portée par ceux qui l’ont vécu, en la replaçant dans la notion de crime contre l’humanité. Cette page tragique du quartier de Saint-Jean doit être racontée et enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt les 16 et 17 juillet 1942 par les mêmes acteurs. Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que 250 Marseillais y sont passés, certains y sont morts, tous victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy. Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain, côté français et d’Hitler, côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Il faut transmettre la mémoire entre Marseille et Berlin de ce qu’a produit la collaboration et le nazisme, une page pas bien écrite, en tout cas pas lue et pas retenue. »

    Antoine Mignemi

    Président du collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, raflé à 5 ans

    « Je suis un des derniers survivants de la rafle. J’avais 5 ans. J‘ai toujours porté au fond de moi cette tragédie. J’en garde des souvenirs d’enfant. Je revois le visage de ma mère marqué par l’angoisse quand on nous emmène le jour de la rafle. Mon père avait fui Mussolini. Nous étions pauvres mais heureux dans cette Petite Naples. Il y avait beaucoup de solidarité entre les gens. Mon père avait un salon de coiffure au 140 quai du Port. Nous habitions 66 rue Saint-Laurent là où je suis né le 24 novembre 1937 et qui a été rasé en février 1944. Quand on est revenu de Fréjus, ça a été la misère. Mon vécu a toujours été marqué par l’injustice permanente surtout sociale. J’ai des convictions sur la lutte des classes et je sais aussi qu’un pouvoir politique même démocratique peut arriver à imposer des injustices. Heureusement que la plainte pour crime contre l’humanité en 2019 a fait ressurgir cette rafle du 24 janvier 1943. »

  • La recette des pommes de terre boulangères

    La recette des pommes de terre boulangères

    C’est une recette à fois fondante et réconfortante que vous propose le chef Henri. Les pommes de terre boulangères se rapprochent du gratin dauphinois avec plus de légèreté.

    Un plat réconfortant

    Pour débuter cette recette, épluchez vos oignons, taillez-les, émincez-les puis lancez une compotée en utilisant une casserole. Au fond, nappez d’huile d’olive et déposez vos oignons que vous laisserez cuire à feu doux, en surveillant de temps en temps pour ne pas qu’ils accrochent. Le chef vous conseille d’essayer de couper vos oignons à peu près à taille égale pour une cuisson uniforme. Une fois la compotée lancée, lavez vos pommes de terre, la variété Agria est intéressante dans cette recette pour sa chair ferme. Inutile de les éplucher, mais coupez les deux extrémités au couteau puis faites de fines lamelles à la mandoline pour avoir des tranches identiques et ainsi favoriser la cuisson recherchée, c’est-à-dire fondante.

    Vous pouvez également lancer, en parallèle, un bouillon de poule en mettant dans une casserole des restes de poulet ou de poisson que vous mouillez à hauteur. Si vous n’en avez pas la possibilité, un bouillon Kub dans de l’eau fera l’affaire. L’important étant de ne pas réaliser un bouillon de légumes, car le collagène de la viande ou du poisson sera utile pour la sauce du gratin.

    Un nappage brillant

    Coupez le beurre en petits cubes et effeuillez vos herbes fraîches, évitez de garder les tiges pour ne pas qu’il y ait d’amertume. Réservez le tout.

    Une fois que tous vos éléments sont prêts, déposez en fond de plat la moitié de la compotée d’oignons. Faites ensuite une rosace avec les tranches de pommes de terre en partant de l’extérieur du plat vers l’intérieur. Quand vous arrivez à la fin de la rosace, le chef vous conseille de soulever la première tranche déposée pour y glisser la dernière, afin d’avoir un rendu joli. Assaisonnez avec du sel, du poivre et quelques herbes. Refaites un étage. Mouillez le tout avec le bouillon, à hauteur. Assaisonnez de nouveau, éparpillez les dés de beurre et enfournez à 170° pendant une heure. Bon appétit !

    Pour 2 ou 3 personnes il vous faudra :

    – 3 oignons jaunes
    ou blancs

    – 4 pommes de terre Agria

    – Un bouquet
    de sarriette,
    de marjolaine
    et de thym frais

    – Du bouillon de poule maison ou avec
    un bouillon Kub

    – 10g de beurre

    – De l’huile d’olive

    – Du sel et du poivre

  • Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    En Italie, le 25 avril marque la célébration de la libération du nazisme et du fascisme. La fin d’une dictature, le point de départ de la démocratie. Ce jour-là, il y a quatre-vingt-un ans, furent posés les fondements historiques de la Constitution.

    Cette année, le 25 avril revêt une signification particulière. Car, avec le référendum sur la justice du 23 mars, les Italiens furent, de fait, appelés à défendre les valeurs de la Charte constitutionnelle. Supprimer certaines dispositions aurait porté atteinte à certains des principes fondamentaux du droit qui régit notre démocratie.

    Contre toute attente, 58,9% des Italiens se sont rendus aux urnes. 53% ont rejeté la réforme.

    Mais le revirement spectaculaire ne résidait pas seulement dans la victoire du Non. C’était aussi le fait que 61% des jeunes de 18 à 34 ans aient voté « non ».

    Un chiffre frappant, inattendu, inimaginable. Il a soulevé de nombreuses questions, tant à droite qu’à gauche. Et un coup dur pour Giorgia Meloni et sa coalition. Car ces jeunes qu’elle imaginait hypnotisés par leurs écrans de téléphone portable, donc influençables et soumis, se sont mobilisés pour défendre la liberté.

    Où étaient-ils cachés ? se demandaient Giorgia Meloni et Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate. Sans oublier les analystes de la société italienne qui les imaginaient survivre péniblement, dans leur situation précaire, pour un salaire de misère.

    Pourtant, un signe était là. Lors des grandes manifestations pour Gaza en octobre dernier, qui ont rassemblé deux millions de personnes dans les rues, on a remarqué une forte présence des moins de 30 ans.

    Les jeunes sont donc là. Invisibles en politique, mais présents dans le grand chœur italien qui n’a pas oublié les accents de Bella Ciao !

    « Les jeunes nous ont sauvés ! », ont commenté de nombreux partisans du Non.

    Il s’agit maintenant d’aller de l’avant. D’élaborer des propositions politiques pour reconquérir ces énergies, qui ont prouvé qu’elles étaient loin d’être indifférentes.

    La droite tente de rectifier le tir en revoyant certaines positions qui se sont révélées contre-productives, à commencer par son soutien au trumpisme.

    La gauche commet la grave erreur de se poser la question des candidatures futures, sans saisir pleinement le message qui, grâce à l’appel du syndicaliste Maurizio Landini, est émané de la grande marche pour Gaza, où la jeunesse « invisible » s’est manifestée pour la première fois.

    Dans cette Italie, outragée par Trump, qui insulte même le Pape, et qui paie et paiera le prix de certaines amitiés malheureuses, pouvons-nous renouer avec le débat politique ? Et surtout, nous adresser aux jeunes ?

    Le 25 avril sera une nouvelle occasion cruciale de le comprendre. Ces événements surviennent alors que Giorgia Meloni rencontre Edi Rama, le Premier ministre albanais, pour renforcer la coopération en matière d’immigration et d’infrastructures. Alors que les centres de détention en Albanie demeurent un échec coûteux et illégal, dénoncé par les manifestations et les tribunaux. Alors que le pays, chiffres à l’appui, est englué dans une pauvreté qui touche également la classe moyenne. Alors que les 18% de jeunes ni en études ni en emploi représentent le deuxième taux le plus élevé d’Europe, cela souligne une crise profonde.

    C’est pourquoi le 25 avril ne sera pas seulement le Jour de la Libération. Ce sera aussi un jour de résistance qui, après 81 ans, est nécessaire pour défendre les valeurs de paix et de liberté. Un acte indispensable dans un monde devenu fou, où seuls ces jeunes, privés même du droit de rêver, peuvent nous sauver.

  • Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Pour une fois, les Marseillais n’ont pas besoin de se déplacer jusqu’au Technosport de Luminy pour voir évoluer l’équipe fanion de la section basket du Stade marseillais université club (Smuc). Cette dernière dispute, ce samedi, le premier match de son histoire au Palais des Sports de Marseille, à l’occasion de la 24e journée de Nationale 2 face à l’USO Rognonas. Une délocalisation inédite qui s’inscrit comme la première pierre du grand projet, officiellement présenté le mois dernier, destiné à doter la cité phocéenne d’un grand club.

    « C’est un premier pas, un test et un risque doit montrer le chemin que doit prendre notre projet », souligne Alexandre Fassi, vice-président de la société Marseille Basketball. Cette nouvelle marque va toutefois se baser sur le vécu du Smuc Basket comme point de départ du projet. « La section a toujours fourni un travail de qualité, voire d’excellence, dans la formation des jeunes. Aujourd’hui, on veut se servir de toutes les bonnes forces marseillaises du basket pour permettre aux jeunes attachés à notre ville d’y rester », lance l’entrepreneur local, conscient que les prodiges du territoire, à l’instar de Bastien Grasshoff (voir ci-dessous), s’envolent rapidement vers de nouveaux horizons dans l’espoir de devenir professionnel.

    Bascule entre le monde amateur et professionnel

    En bénéficiant des droits du Smuc, Marseille Basketball débutera son aventure en Nationale 2 la saison prochaine. Avec l’ambition d’arriver dès l’année suivante en Nationale 1. « C’est cette bascule-là qu’il faut savoir bien gérer, et c’est une étape fondamentale. Elle n’est pas simple, on le voit à tous les niveaux, parce qu’il faut aligner les compteurs à tous les niveaux. Au niveau sportif, organisationnel, marketing, économique et de l’image qu’on va renvoyer », détaille Alexandre Fassi, persuadé qu’une ville comme Marseille, et par extension sa métropole, possède trop d’atouts pour ne pas se lancer.

    Si l’objectif, d’un point de vue sportif, est d’atteindre la Betclic Elite d’ici 2031, le projet Marseille Basketball cherche avant tout à réunir le territoire métropolitain autour de la pratique de balle orange. Surtout chez les plus jeunes. « On veut aller à la rencontre des jeunes du 8e arrondissement comme des jeunes des quartiers Nord. Des gamins qui sont à la fac comme ceux qui sont à l’école de la seconde chance », indique le dirigeant phocéen. Ce dernier insiste sur le fait que le projet appartient à tous les Marseillais.

    Cela s’illustre notamment par la campagne de « Socios Capital », où les supporters auront la possibilité de devenir actionnaire du club. Une grande première dans le sport professionnel français dont le lancement opérationnel aura lieu ce samedi au Palais des Sports.

  • Benoît Payan alerte sur le risque de tutelle pour la Métropole

    Benoît Payan alerte sur le risque de tutelle pour la Métropole

    Sous les ors de la République, Emmanuel Macron pouvait bien promettre aux quelque 500 maires conviés à la suite de la séquence des municipales, « vous m’aurez toujours à vos côtés ». À l’Élysée ce jeudi soir, le président de la République leur a beaucoup parlé de simplification, « qui va nous permettre d’aller plus vite sur le terrain », de décentralisation aussi, « avec des idées en matière de logement en particulier, assez radicales », pour les prochaines semaines, et surtout d’indépendance stratégique. Et à peine des coupes imposées par l’État dans les budgets que doivent adopter toutes ces municipalités, n’évoquant que du bout des lèvres le fait « qu’on est dans une période plus difficile budgétairement ».

    Le sujet a pourtant été mis sous le feu des projecteurs ce jeudi, dans la deuxième Métropole du pays, l’une des plus impactées par les réductions des dotations de l’État. « À ce jour, il faut que nous trouvions 123 millions d’euros d’ici au 28 avril pour boucler le budget pour 2026 », alertait le vice-président (LR) délégué aux finances David Ytier (notre édition du 17/04). « Il faut que l’État prenne aussi ses responsabilités et nous aide », insistait auprès de la presse le président (LR) du conseil métropolitain, Nicolas Isnard. « Nous allons faire remonter ce mécontentement et nous avons déjà commencé », poursuivait-il, incluant l’ensemble des maires de l’hémicycle. « Le premier d’entre eux Benoît Payan est aussi à la manœuvre », glissait-il.

    La menace d’une fronde

    Absent de l’hémicycle métropolitain jeudi après-midi, le maire de Marseille faisait en effet partie de la dizaine de maires provençaux conviés à l’Élysée. Un déplacement « pour parler de Marseille, de la préoccupation des maires vis-à-vis du pouvoir d’achat et du budget », confiait son entourage. Après le long discours du président de la République, les deux hommes ont ainsi parlé de la nouvelle donne métropolitaine, placée sous le signe de l’entente et de l’espoir de pouvoir accélérer les nouveaux projets. Et de sa situation financière, de la difficulté à boucler son budget, des leviers pour y arriver tant dans les investissements à réaliser que pour subvenir à son fonctionnement. « La possibilité d’une tutelle a été abordée », reconnaît-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. Benoît Payan l’a rappelé dès ce vendredi, sur les ondes de France info. « C’est non seulement un risque, mais un problème : si la deuxième Métropole de France était mise sous tutelle, il y aurait des conséquences en cascade, répondait le maire, indiquant qu’il avait averti l’État. Cela pourrait déclencher une forme de fronde des élus locaux. » En cas de refus de l’hémicycle métropolitain de voter le budget, le préfet serait contraint de prendre la main pour exécuter ses compétences obligatoires, expliquait-il. « Mais par exemple, les investissements, l’aide aux associations, les questions hors des compétences classiques vont être découpées. » Surtout, l’exemple d’un tel refus de voter le budget pourrait inspirer d’autres collectivités territoriales. « Ça commence chez moi, ce n’est pas un territoire anodin », appuyait Benoît Payan.

  • Bastien Grasshoff est passé pro au Mans

    Bastien Grasshoff est passé pro au Mans

    Dans la lignée des Kylian Michée, Maxime Galin, Ladji Kanté ou encore Ilias Kamardine, pour ne citer qu’eux, Bastien Grasshoff fait à son tour le saut dans la cour des grands. L’arrière marseillais de 18 ans, formé au Smuc Basket en compagnie de son grand frère Loïs, champion du monde U18 de basket 3×3 en 2022, a signé au début du mois d’avril son premier contrat professionnel avec Le Mans Sarthe Basket, club de Betclic Elite qu’il a rejoint en 2022.

    « Il a prouvé qu’il était quelqu’un de professionnel dans le comportement, dans le quotidien de l’entraînement, dans les habitudes de travail, dans le travail individuel et dans sa concentration à l’entraînement. Petit à petit, il a su montrer qu’il avait les capacités pour jouer avec nous », développe Guillaume Vizade, entraîneur principal du Mans, en décrivant le benjamin de la famille Grasshoff comme « un garçon intelligent, mature et doté d’une palette offensive assez large ». Ce qui lui a permis de rapidement gravir les échelons au sein du club sarthois. Jusqu’à même gagner sa place dans le cinq majeur durant l’hiver.

    Pépite de la génération dorée

    Né en 2007, comme Dylan Hernandez et Loric Imbert, Bastien Grasshoff fait partie de la génération dorée du Smuc Basket. « C’est quelqu’un qui n’a jamais eu peur de rien », lance Carlos Cardoso, co-président du club universitaire, en se souvenant du jeune arrière comme un « casse-cou dans le bon sens du terme ». « Le Mans a réalisé un vrai projet autour de lui et il s’est donné les moyens de réussir », souligne le dirigeant marseillais.

  • La mémoire en photographies de Mauthausen aux Rotatives

    La mémoire en photographies de Mauthausen aux Rotatives

    Présenter, à l’appui des images, la mémoire de l’horreur. C’est ce que propose l’exposition « La part visible des camps », composée de photographies du camp de concentration nazi de Mauthausen (1938-1945) et installée du 4 au 8 mai dans la salle des Rotatives de La Marseillaise (2e). L’exposition présente « l’ensemble des fonds d’images existants » sur Mauthausen, où furent conduits plus de 200 000 hommes, et quelques milliers de femmes. On y retrouve : des clichés SS, des photos prises, sur les mêmes appareils, par des détenus libérés et enfin celles prises par des libérateurs américains. L’exposition, portée par les Amicales française et espagnole d’anciens déportés de Mauthausen, auxquelles se sont associées les autorités fédérales autrichiennes, compte quelque 500 clichés et circule en Europe depuis 2005. Entrée libre de 10h à 18h.

  • Du brouillard des Flandres à la côte de Provence

    Du brouillard des Flandres à la côte de Provence

    Une ronde endiablée fait tourner, sur un fond bleu des mouvements roses. À gauche une grande figure entraîne toute la chaîne ! Quelle ivresse ! Quelle bacchante ! Cette arabesque souveraine, cette courbe empoignante qui va de la tête tournée jusqu’à la hanche saillante descend le long de la jambe tendue » Cette description de La Danse, l’un des tableaux les plus connus de Henri Matisse, nous la devons à son ami Marcel Sembat, époux de Georgette Agutte, femme peintre pour laquelle nous marquons de la prédilection. Matisse, dont le critique d’art, Roger Marx, mort en 1913, a écrit qu’il préférait les épreuves de la lutte aux succès de la vogue, qu’il était toujours présent aux fêtes de la lumière et de la couleur, qu’il avait réussi à exprimer les accords du monde extérieur avec sa nature, passionnée et tendre.

    Une icône du fauvisme

    C’est cet artiste qu’Éric Sarner, écrivain qui aime à se définir comme un « voyageur-chroniqueur », nous présente dans ses sympathies affectives, son art, sa complicité avec sa mère et sa fille, ses débuts, ses voyages, son esthétique du bonheur, ses influences, ses émotions propres, sa rencontre avec Isidora Duncan, pionnière de la danse moderne. Mais surtout sa Danse, devenue une icône du fauvisme, et en laquelle Matisse (choyé à Moscou et encensé par la presse russe) voyait un sujet décoratif et musical, une danse plus vivante et moins formelle qu’un ballet classique, ainsi que le rappelle Sarner. Sa dernière grande réalisation fut la décoration de la chapelle du Rosaire à Vence. Un récit-enquête, parfaitement mené et fort bien écrit, qui fait honneur à la collection « Le roman d’un chef-d’œuvre ».

    HD, 14,90 euros

  • Du brouillard des Flandres à la côte de Provence

    Du brouillard des Flandres à la côte de Provence

    Une ronde endiablée fait tourner, sur un fond bleu des mouvements roses. À gauche une grande figure entraîne toute la chaîne ! Quelle ivresse ! Quelle bacchante ! Cette arabesque souveraine, cette courbe empoignante qui va de la tête tournée jusqu’à la hanche saillante descend le long de la jambe tendue » Cette description de La Danse, l’un des tableaux les plus connus de Henri Matisse, nous la devons à son ami Marcel Sembat, époux de Georgette Agutte, femme peintre pour laquelle nous marquons de la prédilection. Matisse, dont le critique d’art, Roger Marx, mort en 1913, a écrit qu’il préférait les épreuves de la lutte aux succès de la vogue, qu’il était toujours présent aux fêtes de la lumière et de la couleur, qu’il avait réussi à exprimer les accords du monde extérieur avec sa nature, passionnée et tendre.

    Une icône du fauvisme

    C’est cet artiste qu’Éric Sarner, écrivain qui aime à se définir comme un « voyageur-chroniqueur », nous présente dans ses sympathies affectives, son art, sa complicité avec sa mère et sa fille, ses débuts, ses voyages, son esthétique du bonheur, ses influences, ses émotions propres, sa rencontre avec Isidora Duncan, pionnière de la danse moderne. Mais surtout sa Danse, devenue une icône du fauvisme, et en laquelle Matisse (choyé à Moscou et encensé par la presse russe) voyait un sujet décoratif et musical, une danse plus vivante et moins formelle qu’un ballet classique, ainsi que le rappelle Sarner. Sa dernière grande réalisation fut la décoration de la chapelle du Rosaire à Vence. Un récit-enquête, parfaitement mené et fort bien écrit, qui fait honneur à la collection « Le roman d’un chef-d’œuvre ».

    HD, 14,90 euros

  • Lucien Molino. Le rôle décisif des travailleurs

    Lucien Molino. Le rôle décisif des travailleurs

    Je dois regretter que le groupe communiste, à part Raymonde Nédelec, ne se soit pas battu contre la loi du 11 août 1947, présentée par Germaine Poinsot-Chapuis, qui permettait aux patrons de toucher des indemnisations sur les bénéfices réalisés, ce qui était scandaleux : nous voulions qu’ils soient en totalité versés à l’État.

    Au cours des mois suivants prirent fin ces importantes expériences de gestion ouvrière. Aux ADN, la réquisition se termina par un accord, le 27 janvier 1948, entre le comité de gestion et les actionnaires. L’Union départementale était écartée par ces annulations du contrôle des entreprises régionales qui avaient été un exemple pour le relèvement de notre économie. Cette remise en cause laissait chez les travailleurs une colère et une profonde amertume, en particulier chez le directeur des ADN, Monsieur Comin qui avait tant travaillé pour la réussite de la gestion ouvrière.

    Les enseignements de trois années de gestion ouvrière

    Ce fut une expérience concluante. La production fut relancée et les entreprises réquisitionnées ont largement apporté leur contribution à l’effort de guerre, puis au redressement de l’économie nationale, justifiant les décisions qu’avait prises, sur notre demande Raymond Aubrac.

    Ces réquisitions ont bouleversé les normes du droit de propriété. Elles étaient pour nous I’annonce d’expropriations, de nationalisations, à terme d importants changements sociaux, c’était une révolution. Pour la première fois, les salariés accédaient à la gestion économique, c’était pour l’Union départementale des problèmes nouveaux auxquels nous avons fait face sans y être préparés et les résultats montrent que nous avons fait face aux difficultés, nous avons improvisé des solutions qui par la suite ont fait l’admiration du peuple marseillais.

    Mon grand regret, c’est que le contexte politique d’alors ne nous ait pas permis de tirer les leçons exemplaires d’une expérience unique qui certes au début, fut critiquée aussi bien par la Confédération générale du travail que par le Parti communiste. Je fus accusé de vouloir créer des soviets dans les entreprises à Marseille, ce qui n’était pas le cas.

    De fait, et c’est très important, les réquisitions ont permis le bon fonctionnement de la base alliée américaine qui avait besoin des services du Port et des moyens de communication. Je voudrais rappeler que ce qui pesait sur la France, c’était la main mise américaine.

    Nous avons évité que l’armée américaine prenne en main la gestion des affaires civile (AMGOT).

    Comme l’a écrit Raymond Aubrac, commissaire de la République, je crois sincèrement que cet épisode imprévu et imprévisible a joué un rôle positif dans la reprise de la vie de Marseille, dans l’effort de guerre français et dans la conscience collective des travailleurs marseillais. Ils peuvent être fiers de cette expérience, hélas oubliée.

    à suivre la semaine prochaine…