Tag: Marseille

  • [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    La Marseillaise : Quelle lecture faites-vous de ce sondage ?

    Benoît Payan : Il faut le voir comme un instant T, qui n’est pas la vérité du scrutin. Je regarde d’abord le premier tour, et les dynamiques. Quelque chose se cristallise, ce que je dis depuis un moment est en train d’arriver : on va vers une bataille face à l’extrême droite. Dans cette bataille, il y a aujourd’hui des gens qui comme Martine Vassal ont créé de toutes pièces la possibilité de Franck Allisio de se normaliser en reprenant ses mots, ses thèses. Elle n’a pas mesuré qu’un responsable politique a une responsabilité morale éminente dans une élection.

    Le RN semble pourtant atteindre un plafond de verre ?

    B.P. : Je reste très prudent. Pour l’instant tous les sondages m’ont donné gagnant au second tour, mais je reste challenger dans ma tête, parce que c’est ma nature. Je suis un militant, membre d’une aventure collective et cela me donne une responsabilité. Je prends cette campagne comme n’importe quelle autre, même si on a une dynamique exceptionnelle, que des gens que l’on avait jamais vus nous ont rejoint. Dans une élection où la France insoumise a donné ordre à tous ses candidats dans toute la France d’aller faire perdre la gauche, quelle responsabilité, au moment où la ville peut basculer au Rassemblement national, de jouer avec la vie des gens ! Cette manière de faire est un poison pour la démocratie.

    Quel message envoyez-vous à LFI pour le second tour ?

    B.P. : Je ne parle pas aux dirigeants, je parle aux Marseillais. Ce sont des gens intelligents, je leur dis : ne vous divisez pas. La question n’est pas le deuxième tour, c’est dès le premier tour rassemblez-vous parce qu’on a le Rassemblement national à nos portes et qu’il se peut en 2027 qu’il dirige ce pays. Nous devons devenir une ville qui protège tout le monde. L’ambition personnelle ne permet pas tout.

  • A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    La Métropole Aix-Marseille Provence est bien décidée à déplacer la fontaine Estrangin implantée depuis 135 ans devant la Caisse d’épargne et la Banque de France. L’édifice emblématique où trône en majesté l’allégorie de Marseille appuyée sur le Génie du commerce sur une Méditerranée source d’abondance, gène le tracé du futur tramway du Quatre Septembre pour lequel l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique n’a toujours pas eu lieu.

    Ce n’est certes pas le premier monument marseillais à devoir déménager. De l’Hôtel de Cabre (1954) à la fontaine Fossati (1825) en passant par l’obélisque de Mazargues (1911), les monuments historiques ont la bougeotte à Marseille. Pourtant l’ancienne ligne historique du tramway au siècle dernier contournait ce magnifique ouvrage sculpté inauguré en 1890 et qui a été inscrit en totalité au titre des monuments historiques en mars 2025.

    La fontaine s’apparente à une « table d’orfèvrerie » tant l’élégance de sa vasque et de ses groupes sculptés de plusieurs dizaines de tonne en pierre blanche de Lens et de son bassin en granit rose d’Écosse est affirmée. L’ouvrage néo-baroque a été réalisé par les meilleurs artistes marseillais de la Troisième République : l’architecte Joseph Letz et Gaudensi Allar pour les dessins et le sculpteur André Allar, Grand Prix de Rome en 1869, rappelle l’historien de l’art Laurent Noet dans le guide Fontaines de Marseille.

    Pour libérer la courbe et la contre-courbe des voies ferrées reliant le boulevard Paul Peytral au cours Pierre Puget, les bureaux d’études tablent sur un déplacement de 7,57 mètres de l’ensemble monumental pour le rapprocher de la Banque de France et de l’entrée du métro. L’opération est délicate sinon périlleuse. Une maîtrise d’œuvre est prévue sur 5 ans pour concevoir de A à Z cette délicate opération. Le choix de l’architecte en chef des monuments historiques pour la piloter sera déterminant.

    Le projet prévoit aussi l’abattage de la couronne d’arbres autour de la fontaine qui sera restituée par la suite. Le démontage minutieux durant 8 semaines du monument et de sa dalle de fondation aurait lieu en 2027. Il faudra décider si la restauration sur 16 mois qui inclut le système de fontainerie intégrée se fera in situ ou en atelier. Le repositionnement et le remontage pièce par pièce de la fontaine se feraient en 2028 sur une durée de 12 semaines.

    Un diagnostic patrimonial de la Ville de Marseille est attendu d’ici mars. Car c’est à sa ville natale que le négociant Henri Estrangin avait offert la fontaine. La future maîtrise d’ouvrage devra réaliser une étude de faisabilité et d’ingénierie structurelle pour élaborer la méthodologie du déplacement, sa conformité au protocole patrimonial fixé par la Conservation régionale des Monuments historiques qui délivrera l’autorisation de travaux. L’ardoise promet déjà d’être salée. L’enveloppe prévisionnelle des travaux table sur 672 000 euros TTC.

    Le projet inquiète l’association nationale Sites & Monuments pour qui « c’est une opération à haut risque patrimonial » et pour « un projet qui ne met pas en valeur la mémoire et la lecture historique des espaces urbains de Marseille ». Sa déléguée Sandrine Rolengo considère que « l’implantation du futur tramway sur cette place risque d’en altérer profondément la vocation paysagère, en substituant à un espace ouvert, lisible et patrimonial un aménagement principalement fonctionnel. Une telle transformation porterait atteinte à la qualité du cadre de vie ainsi qu’à la cohérence historique et esthétique du site ».

    « C’est une opération
    à haut risque patrimonial »

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.

  • Benoît Payan en tête d’un sondage, talonné par l’extrême droite

    Benoît Payan en tête d’un sondage, talonné par l’extrême droite

    Ce sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/La Provence/ Le Figaro a été réalisé entre le 9 au 16 février, sur un échantillon de 1 032 personnes représentatives de la population résidente de Marseille âgée de 18 ans et plus, dont 800 inscrits sur les listes électorales.

    Alors que les dernières enquêtes d’opinion donnaient une égalité entre la liste (Printemps marseillais) portée par Benoît Payan et celle de Franck Allisio (RN), avec 30% ou 31% des intentions de vote, ce dernier sondage, publié mercredi, redonne un léger avantage au maire sortant, au premier tour. Benoît Payan (DVG) est en tête (31%) avec deux points d’avance sur le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio.

    Cette enquête confirme un léger recul pour le candidat d’extrême droite (29%), par rapport aux derniers sondages. Mais ce résultat permet au chef de file RN de rester au coude-à-coude avec le maire sortant.

    Ce nouveau sondage confirme également un recul des intentions de vote pour Martine Vassal (DVD), créditée de 21% au premier tour. La candidate de la droite et du centre affichait 26% dans un sondage en décembre dernier(Ifop-Fiducial pour La Provence et Sud Radio) en décembre dernier, puis 23% dans celui paru le 12 janvier dans nos colonnes (La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA).

    Dans un communiqué de presse publié en réaction à ce sondage, mercredi, la liste menée par la présidente de la Métropole et du Département réaffirme que Martine Vassal est « la seule capable de gagner face à Benoît Payan ». Et d’affirmer : « Il n’y aura aucun retrait, ni accord. Martine Vassal se maintiendra. »

    Du côté de la liste de la France insoumise, le candidat Sébastien Delogu est crédité de 12% au premier tour. Le député des 15-16 élu dans les quartiers nord depuis 2022 compte deux points de moins que dans l’enquête d’opinion publiée par La Marseillaise, le 12 janvier.

    Le candidat Erwan Davoux (divers droite), qui se présente avec Nora Preziosi, et qui se positionne ouvertement contre Martine Vassal, affiche un score stable autour des 2% au premier tour. Rémy Bazzali ,de Lutte ouvrière, reste à 1% des intentions de vote. Le candidat de l’Écologie au centre ,Victor Hugo Espinosa, qui récolte 4% des intentions de vote, a déclaré, ce mercredi, se retirer, dénonçant « un coût de campagne » trop élevé et le danger « que Marseille bascule dans l’extrême droite ».

    Le sondage présente également quatre configurations possibles pour le second tour, en fonction des maintiens ou retraits de divers candidats en lice. Tous donnent la victoire à la tête de liste du Printemps marseillais, mais pas avec la même avance.

    Quadrangulaire

    ou triangulaire serrée

    Dans le cas de figure d’une quadrangulaire, sans désistement, le sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/ La Provence / Le Figaro donne la victoire au maire sortant, mais avec seulement 34% des intentions de vote, contre 32% pour le candidat RN. Martine Vassal gagnerait quant à elle un seul point (22%),et Sébastien Delogu resterait au même score (12%).

    Dans l’hypothèse d’un retrait de la présidente du Département, peu probable au dire de son communiqué, Benoît Payan l’emporterait avec 44%, Franck Allisio suivrait avec 42% et Sébastien Delogu gagnerait 2 points, passant à 14%.

    Dans le cas d’un désistement du candidat insoumis, le Printemps marseillais se démarquerait du candidat d’extrême droite. Dans le cas de cette triangulaire, le maire sortant recueillerait 45%, contre 32% pour Franck Allisio et 23% pour Martine Vassal.

    Dans le cas d’un duel entre le leader du Printemps marseillais et celui Rassemblement national, la liste de Benoît Payan l’emporterait avec 56% des intentions de votes, contre 44% pour le candidat d’extrême droite.

  • Un pastis collaboratif à déguster dans le panier

    Un pastis collaboratif à déguster dans le panier

    On voulait faire un pastis de quartier à la recette unique », confie Guillaume Ferroni devant une petite foule venue par curiosité pour l’ouverture de l’enseigne.

    Cet entrepreneur passionné d’histoire des spiritueux a créé un pastis qu’il veut ancrer localement dans le Panier : « tous les habitants qui le souhaitent peuvent contribuer », explique-t-il. Il a pour projet de créer un réseau de récolteurs urbains qui cultivera des plantes aromatiques, lesquelles contribueront à la fabrication du spiritueux. En échange, les contributeurs se verront réserver une cuvée exclusive et des ateliers autour du spiritueux deux fois par an. L’enseigne s’engage également à réaliser des donations aux associations œuvrant dans l’embellissement et la végétalisation du quartier.

    Espace muséal et culturel

    Le passionné d’histoire a mis en œuvre un petit musée sur l’un des murs de sa boutique, retraçant l’histoire des spiritueux qu’il détaille pour l’occasion. On y apprend que le pastis est apparu après l’interdiction de l’absinthe, crée au XIXe siècle, pour combler le vide laissé chez les consommateurs. « Des dégustations commentées, des ateliers pour apprendre à élaborer son propre pastis ou encore des initiations au rituel de l’absinthe seront organisés plusieurs fois par an », conclut Guillaume Ferroni, fier de présenter le premier pastis du Panier.

    Le pastis du Panier,
    4 place des 13
     cantons.

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • L’appropriation de la croix de Lorraine par le RN contestée

    L’appropriation de la croix de Lorraine par le RN contestée

    En bas des affiches de Franck Allisio, tête de liste du RN pour les municipales à Marseille, un logo, celui du RPR, avec la croix de Lorraine. À rebours de l’Histoire, le candidat du parti héritier de l’OAS (Organisation armée secrète, organisation terroriste pro-Algérie française qui a tenté d’assassiner le général de Gaulle) fait figurer dans ses soutiens le sigle du parti gaulliste. Le parlementaire s’était en effet approprié le nom en 2023 pour en faire une antichambre du RN à destination des transfuges de droite (notre édition du 24/06/2023). Mais son utilisation est désormais ciblée par un recours du président (Ren.) de Région devant l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). « Renaud Muselier depuis longtemps combat cette utilisation, il est le petit-fils de l’amiral Muselier qui avait donné avec l’amiral d’Argenlieu la croix de Lorraine à la France libre », rappelle son directeur de cabinet Romain Simmarano, désormais porte-parole de la candidate de la droite Martine Vassal. Mais si le combat n’est pas nouveau, de nouveaux arguments juridiques ont convaincu de lancer une procédure de nullité des marques au mois d’octobre dernier. « On considère que c’est une utilisation mensongère du sigle RPR, qui correspondait à une période, à un courant d’idées », souligne Romain Simmarano. Franck Allisio cependant ne devrait pas avoir à le retirer de ses affiches : la décision de l’INPI est attendue en avril. « Le RN a fait traîner les choses », déplore le directeur de cabinet.

    « Cette procédure dure depuis des mois », balaie de son côté le porte-parole et directeur de campagne du RN, Olivier Rioult. Et d’appuyer : « Nous avons déjà gagné deux procédures à l’encontre de Monsieur Muselier à l’INPI. » Le 17 octobre puis le 7 novembre 2024, Franck Allisio avait en effet réussi à s’opposer aux dépôts de marque « RPR » par le président de Région. Piétinant l’histoire gaulliste.

  • Sandrine d’Angio reste en lice malgré sa condamnation

    Sandrine d’Angio reste en lice malgré sa condamnation

    Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale », estimaient les juges. Après avoir été condamnée ce mardi en première instance à 5 000 euros d’amende et un an d’inéligibilité sans exécution provisoire pour favoritisme, l’ex-maire (RN) des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Sandrine d’Angio, a annoncé qu’elle comptait bien maintenir sa candidature dans ce secteur. Avec son oncle et prédécesseur Stéphane Ravier (ex-RN), elle avait été jugée pour avoir artificiellement fractionné trois marchés publics afin de les attribuer sans mise en concurrence. « Madame d’Angio a fait appel de cette décision, précise le directeur de campagne et porte-parole de Franck Allisio, Olivier Rioult, dans les colonnes de La Provence. Elle est donc présumée innocente. Elle a tout notre soutien. » Peu importent les casseroles de l’extrême droite dans le seul secteur qu’elle a dirigé à Marseille, entre 2014 et 2020, et qui ont aussi valu à Stéphane Ravier d’être condamné en appel pour prise illégale d’intérêts pour avoir embauché son fils (notre édition du 11/02).

    « Exemplarité »

    « Et ils prétendent vouloir remettre Marseille en ordre », ironisait ce mardi le coordinateur national de LFI Manuel Bompard. Sans faire la moindre distinction entre l’extrême droite et les autres candidats, il appelle donc à « dégager le système » en votant pour Sébastien Delogu.

    « Les habitants des 13e et 14e arrondissements méritent mieux que d’avoir des personnes qui n’ont rien fait pour développer ce secteur et sont aujourd’hui condamnées par la justice », déplore pour sa part Tina Biard-Sansonetti, la candidate (DVG) du Printemps marseillais dans le secteur. Si elle ne veut pas s’étendre davantage sur la décision, « le respect passe aussi par l’exemplarité », glisse-t-elle, rappelant aussi la fermeture de services publics de proximité par l’extrême droite au pouvoir. « Je n’ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice », répond de son côté la maire sortante (DVD) Marion Bareille. Avant de préciser : « Ce qui ressort du terrain, c’est de la déception. Nous avons des élus RN qui se sont servis de la mairie de secteur comme d’un tremplin, quand ils ont pu avoir d’autres mandats ils ont abandonné le secteur. »

    Les autres candidats de leur côté ont préféré ne pas commenter le maintien de la candidate d’extrême droite.

  • Beye devient officiellement le nouvel entraîneur de l’OM

    Beye devient officiellement le nouvel entraîneur de l’OM

    Courtisé depuis plusieurs jours, Habib Beye est officiellement le nouvel entraîneur de l’Olympique de Marseille. Les deux parties avaient trouvé un accord de principe, mercredi après-midi, après avoir été officiellement libéré de son contrat avec le Stade Rennais, comme l’avait révélé RMC Sport. L’institution marseillaise a officialisé la nomination de son ancien joueur au travers d’un communiqué rendu public en fin de soirée. « Ce mardi 18 février 2018 marque le retour d’Habib Beye à l’Olympique de Marseille. De la verte pelouse de l’Orange Vélodrome au banc de touche de l’enceinte du boulevard Michelet, la boucle semble bouclée mais le plus dur est probablement face à lui avec un fil conducteur identique à celui qui a accompagné sa carrière de joueur : leadership, travail et passion », a souligné le club phare de la cité phocéenne. Le technicien franco-sénégalais paraphe ainsi un contrat de 18 mois. Ce qui signifie que le club olympien compte sur ses services pour l’exercice 2026-2027.

    Freiné dans son élan par un litige contractuel avec le club breton, qu’il avait dirigé du 30 janvier 2025 au 9 février 2026, Habib Beye réclamait auprès de ses « anciens » employeurs un an et demi de salaire en indemnités, estimant que Rennes occupait la sixième place du championnat au moment de son éviction. Les deux parties avaient été réunies, mardi, par la Commission juridique de la Ligue de football professionnel (LFP) afin de parvenir à une conciliation. Cette dernière n’avait pas abouti et la procédure suivait son cours.

    Un choix qui interroge

    Les Bretons, eux, n’avaient pas perdu plus de temps en officialisant, mercredi en début d’après-midi, la signature de Franck Haise. L’ancien coach de Lens et Nice, passé par la formation rennaise entre 2006 et 2012, s’est engagé jusqu’en 2027.

    Un temps dans les petits papiers pour devenir le prochain entraîneur de l’OM, Franck Haise a déjà dirigé son premier entraînement sous les couleurs rouges et noires. La balle était alors clairement dans le camp du Stade Rennais, qui avait théoriquement jusqu’au 12 mars prochain pour envoyer la lettre de rupture de contrat, soit un mois après l’entretien préalable avec Habib Beye. Autant dire une éternité à trois mois de la fin du championnat, où, entre-temps, un Olympico (face à l’Olympique Lyonnais) à domicile et un quart de finale de Coupe de France, à la maison également, se profilent comme des rendez-vous décisifs de cet exercice 2025-2026.

    Le choix de l’ex-consultant de Canal+ suscite toujours quelques interrogations, notamment suite à son aventure rennaise qui s’est soldée par un bilan mitigé. Avec 44,4% de victoires, où seul Bruno Genesio a fait mieux depuis les années 2010, les résultats ont été au rendez-vous. Mais son management a pu laisser à désirer et a été vivement critiqué. À l’OM, il n’aura pas le droit à l’erreur.

  • Les riverains veulent reporter la construction de 1 000 logements à Marseille

    Les riverains veulent reporter la construction de 1 000 logements à Marseille

    Ce n’est pour le moment qu’un carré de pelouse au carrefour du Cabot et de Sainte-Marguerite (9e), mais c’est ici que 1 000 nouveaux logements devraient sortir de terre. « Trop tôt » pour les comités d’intérêts de quartier de Sainte-Marguerite, Cabot et Vallon Régny qui exigent que le boulevard urbain Sud soit terminé avant que les constructions ne débutent. Fin janvier, six mois après la concertation organisée par la Métropole sur l’avenir du quartier, ces trois CIQ ont lancé une pétition, récoltant déjà plus de 1 100 signataires.

    « 1 000 nouveaux logements, ce sont plus que de 2 000 voitures supplémentaires qui vont arriver. Sans le boulevard urbain Sud, on s’assure de la saturation complète des rues », s’indigne Richard Prudhon, président du CIQ de Sainte-Marguerite. Les CIQ réclament ainsi « un moratoire sur toute délivrance de nouveaux permis de construire et ordres de travaux immobiliers tant que le prolongement du boulevard urbain Sud n’est pas achevé et que des aménagements urbains adaptés et dimensionnés ne sont pas réalisés ».

    Nouveau quartier

    Ces logements s’inscrivent dans le projet de zone d’aménagement concerté (ZAC), lancé en 2005 par la Ville de Marseille, puis repris par la Métropole en 2016 et mis en œuvre par la Soleam, entreprise publique locale d’équipement et d’aménagement de l’aire métropolitaine. Le but est de créer un nouveau quartier et de nouveaux logements, alors que la zone possède encore du foncier. Si certains équipements de la ZAC ont déjà été livrés, comme le groupe scolaire collège Denise-Torros-Marter, c’est la crainte d’un nouveau flux d’habitants qui crispe les riverains.

    Pour l’ancien maire de secteur (Ren.), Lionel Royer-Perreaut, les mobilités n’ont pas été assez pensées pour accueillir autant de monde. « Avec le boulevard urbain Sud, on est loin d’avoir trouvé la solution, les travaux du tramway sont un apport en termes de services publics, mais génèrent beaucoup d’autres problèmes, et il y a un manque de parking relais. […] Il faut que les candidats pour les municipales à Marseille s’expriment dessus. »

    La mobilité ne semble pas être la seule raison qui refroidit les signataires de la pétition : « Comme les bailleurs n’arrivent pas à vendre les appartements, ils se disent qu’ils vont en faire des logements sociaux, ajoute le président du CIQ de Sainte-Marguerite. Je n’ai rien contre cela, mais il faut pas non plus que ça dépasse un certain quota. » Contactées par La Marseillaise, la Métropole et la Soleam n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations.