Tag: Marseille

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »

  • [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    Les soins de support permettent de soutenir le patient en parallèle de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de sa pathologie cancéreuse. « Il existe neuf soins de supports définis comme la nutrition, l’activité physique, ou encore la douleur, entre autres », explique le docteur Braticevic gériatre et directrice du Comité de liaison en alimentation et nutrition au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. « Les soins de support sont les mêmes que l’on soit jeune ou moins jeune. Par contre, il y a un aspect supplémentaire à prendre en compte pour les personnes âgées, ce sont les comorbidités, c’est-à-dire d’autres pathologies qui auraient pu se développer avec l’avancée en âge. »

    Activité physique et maintien de la nutrition sont essentiels

    C’est au moment du diagnostic que les évaluations ont lieu, au début donc de la prise en charge pour ensuite adapter au mieux les soins de support en fonction des besoins du patient soigné. « Lors d’un bilan oncogériatrique nous faisons particulièrement attention à l’activité physique et à la nutrition », souligne-t-elle. « Une personne qui a une activité physique – à ne pas confondre avec du sport – tolérera mieux les traitements, sera moins fatiguée et cela permet, pour certains types de cancer, d’éviter le risque de récidives. » Et de continuer, « L’aspect nutritionnel ne doit également pas être négligé car on sait que la plupart des médicaments dans le sang se fixent sur les protéines. Sauf que, quand on maigrit on baisse son taux de protéines, donc les médicaments se fixent moins bien et de fait fonctionnent moins bien. » Les professionnels de santé proposent donc aux patients traités pour un cancer un enrichissement de l’alimentation en calories et en protéines. L’objectif étant de maintenir l’état nutritionnel pour que les traitements fonctionnent au mieux tout en préservant un bien-être global. « L’essence même de notre métier c’est de soigner au mieux un patient tout en préservant sa qualité de vie parce que souvent quand on avance en âge c’est ce qui importe le plus. Il ne faut donc pas sous-traiter quelqu’un sous prétexte qu’il est âgé mais il ne faut pas le surtraiter non plus. Tout l’enjeu étant de prendre la juste mesure », ajoute Cécile Braticevic.

    En somme, un patient qu’il soit âgé ou non ne doit pas perdre de poids au cours de son hospitalisation. Ce poids perdu correspondant à de la masse musculaire surtout chez un sujet âgé. « Les personnes âgées sont davantage touchées car quand on vieillit, on a tendance à diminuer sa masse maigre au profit de sa masse grasse. Pour donner un exemple, quelqu’un de 80 ans qui perd un kilo perd en fait 800 g de muscles, la dénutrition est donc la bête noire du patient », renchérit-elle. « 40% des patients hospitalisés chez nous sont dénutris et pour certains types de cancers, cela monte à 70% il y a donc une nécessité d’assurer un suivi tout au long du processus de soins avec si besoin, un partenariat pour des hospitalisations à domicile. »

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, l’énigme de Françoise Duparc

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, l’énigme de Françoise Duparc

    Les gender studies, des livres à propos des femmes peintres les ont remarquées : Pierre Rosenberg les emmena en 1975 entre Tolède, Chicago et Ottawa, lors d’une exposition de la Peinture française du siècle de Louis XV.

    Trois publications – « L’Histoire des Hommes illustres de Provence » de Claude-François Achard, un article de l’archiviste Joseph Billioud et un chapitre de Luc Georget dans le catalogue « Marseille au XVIIIe siècle » – rassemblent de minces informations. Naissance de Françoise en Espagne, à Murcie, octobre 1726. Une mère espagnole, le grand-père Albert et son père Antoine Duparc sont des sculpteurs, auteurs pour les églises de Marseille de décors de bois ou bien de marbre. La peste de 1720 aurait poussé Antoine à quitter Marseille ; il revient en 1730.

    La formation qu’elle reçoit de sa famille est complétée par l’aixois Jean-Baptiste Van Loo. Elle travaille à Paris, séjourne à Londres qui indique Achard, « fut le théâtre de sa gloire : on y admira ses talents, on y enleva sa production ». Elle n’a pas d’époux, les deuils de sa sœur et de son frère l’affectent. Quand elle revient à Marseille, elle est « hors d’état de pouvoir manier le pinceau». 52 ans, son décès survient le 17 octobre 1778.

    Les meilleurs noms, Le Nain et Chardin sont avancés pour définir le silence et la grâce de ses portraits. Puisqu’elle représente – avec rigueur et discrétion, comme l’historienne Arlette Farge – gens du peuple et petits métiers, on situe Duparc en raccord avec Louis-Sébastien Mercier et Bouchardon. On n’a pas traces de ses toiles dispersées à Londres, les tableaux de Longchamp ne sont pas signés. D’autres toiles pas encore identifiées figurent certainement en mains privées. La chance et l’improbable dorment quelque part, le commerce de l’art les réveillera.

    À propos de ce qui bouleverse quand on scrute la finesse de La Marchande de tisane, les miracles s’accumulent. Regard qui rêve et visage de porcelaine, en proximité avec Van Eyck. Son baudrier or et rouge précède Delacroix. Pour esquiver ces références, on admire les rayures de son fichu, les ombres de sa fontaine en étain, le petit mortier qu’elle actionne.

  • Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Au beau milieu de la végétation du groupe scolaire Rose la Garde dans le 13e arrondissement de Marseille, les engins de chantiers sont discrets. Pourtant, depuis lundi, des ouvriers sont à l’œuvre pour rénover le bâtiment de l’école maternelle. Ce vendredi, la nouvelle adjointe (PM) déléguée au bâti scolaire, Nassera Benmarnia, y faisait sa première visite officielle, accompagnée de la nouvelle maire (PM) du secteur, Tina Biard-Sansonetti.

    Le bâtiment, construit dans les années 70, avait des problèmes d’infiltrations lors d’épisodes de grosses pluies. Pendant les vacances scolaires, la ville a donc entamé une rénovation pour 400 000 euros. « Il s’agit de travaux d’urgence en attendant des travaux plus globaux », précise Tina Biard-Sansonetti, maire de secteur du 13-14. Le but étant d’assurer l’étanchéité et mieux isoler le bâtiment, en mettant de nouveaux drains pour que l’eau puisse s’écouler plus facilement, et ne pas s’infiltrer dans les murs. Des travaux d’autant plus nécessaires que 400 nouveaux logements doivent être construits dans le quartier.

    Comme l’établissement Rose La Garde, ce sont 117 écoles qui sont en train d’être rénovées par la mairie, pour une enveloppe globale de 2,3 millions d’euros. « Il y a des programmations de travaux dans toutes les écoles de Marseille, de manière équitable sur tous les secteurs et pas uniquement les secteurs acquis à la gauche, martèle la nouvelle adjointe au bâti scolaire, au plan école et à la rénovation et construction des écoles. On [la municipalité] rattrape, on rénove, on construit de nouvelles écoles. Ce n’est pas facile, ce n’est pas simple, mais la volonté est là. »

  • En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    Ce jeudi 9 avril sur ses réseaux sociaux, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, célébrait « une grande avancée dans notre projet de construction d’un nouveau palais judiciaire à Marseille et pour le service public de la Justice dans les Bouches-du-Rhône ». Deux mois après avoir demandé aux collectivités de mettre au pot, le ministère annonçait avoir bouclé son tour de table pour réunir les 10 millions d’euros nécessaires aux études préalables pour construire la future cité judiciaire à Arenc (dont 3 millions des collectivités). Un projet à 300 millions d’euros, qui ne doit pas voir le jour avant 2031.

    Mais, d’ici là, les magistrats doivent encore un peu se serrer. Depuis la loi de programmation pour la justice, les renforts commencent en effet à arriver dans la juridiction marseillaise. Une dizaine d’agents supplémentaires sont ainsi attendus à l’automne 2026, avant que quinze autres personnes n’arrivent à l’horizon 2027. Si les effectifs sont encore insuffisants aux yeux des magistrats du siège (notre édition du 15/10/2025), l’espace manque déjà pour les accueillir. En catastrophe, le ministère de la Justice doit donc lancer une étude, avec une « livraison urgente » avant l’été, insiste en caractères gras soulignés son cahier des charges, pour créer ces vingt-cinq postes de travail supplémentaires au cours du mois d’août prochain. « Malgré un travail d’optimisation effectué par la juridiction sur son bâtiment, les surfaces sont insuffisantes pour accueillir les agents dans de bonnes conditions et conformément aux surfaces préconisées », détaille le ministère de la Justice, qui regrette que « les différents services judiciaires, répartis sur plusieurs bâtiments, souffrent aujourd’hui d’un manque de surface important ».

    Les renforts dans

    les archives

    Alors le service de l’immobilier ministériel veut dessiner un nouveau schéma de réorganisation des services entre l’emblématique palais Monthyon, le palais Fortia désormais inscrit aux Monuments historiques et surtout le palais Autran. Parmi les priorités, le ministère table ainsi sur une transformation du local d’archives au 2e étage du palais Autran en bureaux et espaces de travail. Et espère surtout « avoir le coût le plus rationalisé possible ». « Les investissements sur les bâtiments actuels doivent être limités à l’essentiel dans l’attente de la nouvelle cité judiciaire », explique le cahier des charges. Reste que si la place manque encore, le site rue Edouard-Delanglade pourrait aussi accueillir les nouveaux effectifs.

    Surtout, le ministère réfléchit à une étude plus élargie pour accueillir les nouveaux effectifs sur ce site Delanglade et dans la caserne du Muy, voire en louant ou achetant un nouveau bâtiment… à l’horizon 2037. De quoi anticiper un retard de livraison significatif pour la cité judiciaire.

  • A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    Si tous les licenciements ne sont pas évités, la lutte a permis des conditions de départs bien supérieures à ce qui était proposé, des garanties sur la protection, le maintien des droits et acquis du personnel et le paiement de la moitié des jours de grève », se félicite leur syndicat CNT-SO. Un rassemblement de soutien est prévu lundi 20 avril à 9h devant l’hôtel, avant la signature du protocole.

    Les femmes de chambre et équipiers de l’Hôtel Marseille Centre Gare Saint-Charles s’étaient mis en grève, le lundi 29 décembre 2025, jusqu’au 12 janvier 2026. Ces salariés du groupe Alboran dénonçaient une vague de licenciements « sous prétexte de travaux de rénovation ». L’hôtel a réouvert partiellement ce 2 avril. Alors que les femmes de chambre et les équipiers affectés à la propreté s’apprêtaient à reprendre leur mobilisation, le groupe Alboran a préféré négocier un accord de fin de conflit.

    Le mouvement de grève a mis en lumière « les pratiques inacceptables du groupe Alboran et de l’Hôtel marseillais : licenciements injustifiés, mépris des travailleurs et remise en cause de droits élémentaires », rappelle le syndicat. Déterminés à faire valoir leurs droits, les salariés ont tenu un piquet de grève devant l’hôtel durant plusieurs jours et obtenu un accord de sortie de crise. Les grévistes arrachent des avancées majeures : « Dommages et intérêts pour les licenciés largement supérieurs aux premières propositions de la direction, paiement de 50% des jours de grève, garantie de reprise de l’ensemble des avantages acquis en cas de changement de sous-traitant, garantie de non-licenciement économique des grévistes jusqu’à fin 2028 », précise la CNT-SO, qui remercie les soutiens apportés aux grévistes durant cette courageuse lutte.

  • Catherine Lara : « L’enrichissement vient de la différence »

    Catherine Lara : « L’enrichissement vient de la différence »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement sur scène avec la compagnie Kumo pour le spectacle « Identités ». À quoi doit-on s’attendre ?

    Catherine Lara : C’est un spectacle à base de danses urbaines, c’est la culture du hip-hop, du trip-hop aussi, mais c’est avant tout de la danse contemporaine. La compagnie Kumo, ce sont des performers, des danseurs remarquables. J’ai un peu l’impression d’avoir des chats autour de moi, tout est très chorégraphié, c’est incroyable. C’est un spectacle très ouvert basé sur les choses de la vie, la violence, le racisme etc. Tout y est, mais on traite ça avec poésie, on ne fait pas de la politique, nous ne sommes pas là pour donner des leçons à qui que ce soit. Moi, je joue du violon, je bouge avec eux, c’est une danse à ma façon et eux bougent sur une musique que j’ai créée spécifiquement pour eux. Une musique du monde, séduisante et qui se veut très accessible. Ce n’est pas un spectacle élitiste, on n’aurait pas cette prétention-là, heureusement. D’abord parce que j’ai horreur de ça, mais aussi parce que je revendique d’être une artiste populaire, du moins je l’espère, et eux aussi. On vient de tous azimuts et on s’en fout, l’important est d’emmener les gens dans notre voyage.

    Justement, vous parlez de voyage. C’est une rencontre entre deux univers. Comment est née l’envie de cette collaboration qui bouscule les codes ?

    C.L. : J’ai quatre fois 20 ans et eux ont entre 25 et 30 ans, donc, sur le papier, on se dit « mais qu’est-ce qu’ils foutent ensemble ! » (rires). Mais ensemble, on a 15 ans, on a gardé notre âme d’enfant et une seule envie, faire rêver les gens. Je les ai rencontrés en les voyant sur scène et j’ai eu un coup de cœur, un peu comme quand on tombe en amour, on ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est comme ça. En sortant, j’avais les larmes aux yeux tellement qu’ils m’ont touchée. Ce sont des artistes très impliqués par ce qu’ils font. Ce n’est pas seulement de la danse esthétique, c’est rempli de messages, d’émotions au travers de leurs gestes, leur corps… Je suis allée les voir pour leur proposer de faire quelque chose ensemble et on a flirté dans notre amitié pour donner naissance à ce beau spectacle qu’est Identités. Sur scène, on est complice, on se regarde beaucoup, on communique énormément et ça passe quoi !

    « Identités » se décline en trois grands actes : notre relation aux réseaux sociaux, notre place dans la société et notre rapport à l’autre, à la tolérance. Pourquoi avoir mis ces thèmes-là en avant ?

    C.L. : Parce que je trouve que l’on vit dans un monde où la tolérance, la bienveillance, sont presque des notions désuètes, voire démodées. J’en ai marre des réseaux sociaux, de voir toute cette méchanceté, je suis fatiguée de ça. Et Dieu sait que j’aime la modernité, même du haut de mes 80 balais, et cette méchanceté est ce qui me frappe le plus. On avait donc tous besoin d’en parler, de délivrer un message de paix. Notre idée, c’est d’être pacifiques avant tout. On a besoin de ça aujourd’hui, dans tous ces temps de guerres infernaux. Je lisais d’ailleurs un message du Pape, qui était en Algérie, et qui disait qu’il y en a marre de ces gens comme Trump qui veulent toujours être des guerriers. L’intérêt de la vie, ce sont nos différences et il faut les aimer. Aimer que l’autre n’ait pas la même couleur de peau, aimer que les gens ne soient pas comme vous, aimer qu’on n’ait pas la même religion. Les gens sont tombés dans un trip d’ego où il faut absolument leur ressembler, sinon, on est de la merde, donc je me bats pour la différence et pour aimer cette différence.

    Justement, est-ce grâce à cette différence que l’on arrive à trouver son ou ses identités ?

    C.L. : Bien sûr ! Vous savez, l’identité est une immense richesse que l’on a chacun. Et il n’y en a pas un qui ressemble à l’autre, Dieu merci ! C’est affreux la pensée unique ou les troupeaux de moutons. Moi, ce que j’adore, c’est de m’entourer au maximum de gens qui ne me ressemblent pas parce que l’enrichissement vient de la différence avec les autres. Je ne recherche que ça. Dans ce spectacle, au niveau des différences, on ne pouvait pas faire mieux, on n’a pas le même âge, pas les mêmes nationalités, je viens d’une grande école musicale alors qu’eux, leur musique et leur inspiration viennent de la rue. Finalement, on est tellement opposés qu’on a fini par se rejoindre et c’est là que l’amour naît, dans la différence.

    Vous accompagnez la troupe de danseurs sur scène avec votre violon, un instrument que vous pratiquez depuis l’âge de 5 ans. Peut-on dire qu’il est le prolongement de vous-même et qu’il vous permet de garder votre âme d’enfant ?

    C.L. : C’est surtout le grand amour de ma vie. Je crois que c’est d’abord un instrument extrêmement difficile qu’il a fallu travailler longtemps, c’est aussi l’école du courage. Quand on est petit, qu’on a 12 ou 13 ans, qu’on voit ses frères et sœurs aller à la plage et que moi je restais des heures à travailler des gammes et à essayer de comprendre ce qu’était cet instrument si difficile… Eh bien, je ne regrette pas. Cette école m’a donné le goût d’une certaine perfection, je ne me contente pas du minimum et je ne baisse jamais les bras. Quelle que soit la chose que j’entreprends, je fais tout ce que je peux pour donner le meilleur à chaque fois, même si c’est pour cuisiner un plat. Au fond, cette école-là est merveilleuse parce qu’elle nous donne l’amour du beau.

  • 4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    Dans les années 1990 à Marseille, des archéologues mènent des fouilles sur la rive nord du Vieux-Port. Ils y découvrent des pépins de raisin particulièrement bien conservés. Leur âge ? Environ 2 600 ans. Soit la date à laquelle remonte l’arrivée de la viticulture en France via Marseille, sous l’influence des Grecs, selon les écrits historiques et l’archéologie. « Nous connaissions beaucoup de choses sur la production du vin et les échanges, mais très peu sur la nature des vignes utilisées, précise Laurent Bouby, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Nous avons maintenant des outils paléogénomiques puissants ». Et les réponses commencent à tomber, notamment grâce à l’ADN ancien contenu dans ces pépins marseillais et d’autres découverts sur des sites archéologiques français. « Cela permet de retracer l’arbre généalogique de la vigne en France et l’origine des cépages actuels », résume le chercheur, coauteur d’une étude parue dans Nature Communications.

    L’étude confirme des éléments connus. Par exemple que les plus vieux pépins découverts en France, à Nîmes et âgés de 4 000 ans, sont bien issus de plantes sauvages. « Des populations similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui », précise Laurent Bouby. Les habitants utilisaient et consommaient les baies. « Nous ne savons pas s’ils la cultivaient », nuance-t-il. La culture arrive avec l’introduction de vignes domestiques, il y a 2 600 ans à Marseille. « Cela marque vraiment le début de la viticulture », souligne le chercheur. Et l’étude montre que ces premières vignes domestiques ont des liens de parenté avec des cépages d’aujourd’hui.

    Clonage

    Comme cela avait déjà été observé en Italie, il y a eu des croisements entre vignes sauvages et domestiques. « Cela a été un moteur important pour l’évolution de la vigne cultivée au cours de sa diffusion en Méditerranée et en Europe », résume Laurent Bouby. Peut-être pour faire émerger des variétés adaptées à certaines conditions écologiques et climatiques. Et ainsi permettre à la viticulture de se répandre vers le nord de la France, dès le Ier siècle de notre ère, jusqu’à Valenciennes.

    Enfin, l’étude montre la maîtrise des techniques de clonage et de greffe, probablement dès l’arrivée de la vigne domestique, il y a 2 600 ans. « C’est important pour reproduire des individus à l’identique, souligne Laurent Bouby. Nous nous doutions que ces techniques étaient maîtrisées car les textes antiques en parlent. Nous l’attestons ici avec la paléogénomique ».

    À quoi ressemblaient ces vignes ? Étaient-elles précoces ou tardives ? Les baies étaient-elles blanches ou noires ? Grosses ou petites ? « Ce sont les questions qui nous occupent maintenant », glisse Laurent Bouby. L’ADN ancien contenu dans les pépins a encore des choses à dire quant aux pratiques et aux choix des premiers viticulteurs en France.