Tag: Marseille

  • La mandoline continue de faire vibrer ses cordes à Marseille

    La mandoline continue de faire vibrer ses cordes à Marseille

    Instrument au fort ADN méditerranéen, la mandoline a connu son apogée entre les XVIII et XXe siècles à Marseille, notamment avec « l’immigration massive des Napolitains et Siciliens ». Un essor couronné par la création en 1921, a coutume de rappeler le fondateur du Mandol’in Marseille festival, Vincent Beer-Demander, « de la première classe de
    mandoline au monde au conservatoire de Marseille
    ». Une riche histoire réactivée par cette manifestation
    dont la 6e édition offre, le 30 juin, un prélude aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, théâtre de Concertos en folie. Assurés par des solistes de l’Académie de mandoline et de guitare de Marseille, un répertoire aussi bien irrigué par Vivaldi, que Richard Galliano ou du compositeur Vladimir Cosma. « Nous allons fêter » ce musicien, 86 printemps et toujours actif, « dernier des grands dinosaures de la musique à l’image », prévient le directeur artistique du festival. Au menu, une soirée prévue le 3 juillet au conservatoire Pierre-Barbizet, en présence de ce chef d’orchestre et compositeur de musiques de films comme Le grand blond avec une chaussure noire, Les aventures de rabbi Jacob, ou encore L’as des as. Après une « conversation » avec le public à 19h, Vladimir Cosma assistera ensuite à un programme de trois de ses « créations récentes pour la mandoline », interprétées par l’Orchestre de chambre de Marseille ainsi que des élèves et professeurs des conservatoires de Marseille et d’Aubagne. Ce même conservatoire sera officiellement baptisé, le lendemain, du nom du compositeur de la musique de La gloire de mon père.

    Sauvée par une impro

    « Avec un succès populaire qui s’étoffe d’années en années », estime Maxime Vagner, directeur délégué de la compagnie VBD & Co qui porte le festival, « le pari de faire de Marseille une capitale de la mandoline est réussi ». Parmi les autres propositions de cette manifestation attendant « 2 500 spectateurs », on notera une « carte blanche » donnée au trio de Sam Karpienia, qui répand son répertoire occitan et français au rythme de la mandole algéroise. Le Musée d’histoire de Marseille abritera quant à lui, le 6 juillet, 1789. « Entre humour et virtuosité », situe Laure Soutenet, administratrice du festival, une création mettant aux prises le mandoliniste Vincent Beer-Demander et la violoncelliste Marine Rodallec. Tous deux font revivre une correspondance entre « Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres et grand protecteur des mandolinistes » qui « vota la mort du roi et fut lui aussi guillotiné pendant la Révolution française » et la marquise Hélène de Montgeroult, « brillante musicienne et compositrice qui n’échappa à la guillotine qu’en improvisant au pianoforte des variations sur la Marseillaise devant le tribunal révolutionnaire ».

  • La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    À une semaine de l’adoption du premier budget métropolitain de la mandature, avec quelque 123 millions d’euros à trouver pour équilibrer les comptes, la conférence métropolitaine des maires, qui se tient ce mardi après-midi au Pharo, aura du pain sur la planche. Une rencontre qui sera l’occasion de poser la première pierre de cette « Métropole des maires » que promettait son nouveau président (LR) Nicolas Isnard, et d’en éprouver la solidité des fondations.

    « Cette instance a pour ambition de fonder les piliers d’une gouvernance métropolitaine renouvelée, reposant sur la transparence et la reconnaissance pleine et entière du rôle des maires dans l’action publique locale », défend celui-ci dans le courrier d’invitation envoyé aux maires le 9 avril dernier.

    « Fenêtre d’opportunité »

    Mais, ce mardi, l’urgence budgétaire supplante le reste. « Ce temps d’échange nous permettra de réaliser un point de situation exhaustif sur les finances de notre institution (…) afin d’arrêter ensemble les décisions structurantes pour l’avenir », promet Nicolas Isnard dans son invitation.

    Côté pile, les opposants aux projets métropolitains emblématiques que sont le Boulevard urbain Sud (BUS) et le tramway des Catalans espèrent obtenir enfin gain de cause. « Bien sûr qu’il y a des projets qui pourraient être revus », répondait Nicolas Isnard à l’issue du débat d’orientations budgétaires face à la presse. Dès le 16 avril, dix associations écologistes l’ont interpellé avec le maire de Marseille pour qu’ils se prononcent « pour l’arrêt immédiat du prolongement du Boulevard Urbain Sud ».

    « Il y a une fenêtre d’opportunité politique », reconnaît de son côté la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard, qui doit exprimer sa position sur l’extension du tramway jusqu’à la place du 4-Septembre en conseil d’arrondissement lundi. « Il faut vérifier le niveau d’engagement des dépenses et remettre la somme pour un autre projet de transports », défend-elle, alors que s’ouvre le 4 mai prochain une enquête publique.

    Côté face, la menace plane en particulier pour la gratuité dans les transports en commun, dans le pays d’Aubagne ainsi que pour les plus de 60 ans et moins de 11 ans sur le réseau RTM. « La gratuité elle n’existe pas », répète ainsi Nicolas Isnard.

    Reste donc à savoir si la conférence des maires aboutira sur un front uni pour demander à l’État une augmentation du plafond du versement mobilité que peut lever la Métropole, et si la promesse de son président qui assurait que « les attributions de compensations [les sommes reversées aux communes] sont intouchables » tiendra. Tout comme les promesses de campagne, notamment sur la propreté. « On fera avec les moyens qui sont les nôtres », répondait Nicolas Isnard, alors que reste en suspens la question de l’harmonisation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères entre Marseille et les autres communes.

  • Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Des commerces enfreignent, à Marseille, ouvertement les règles d’urbanisme et d’occupation du domaine public, envahissant l’espace de terrasses fermées, poussant toujours plus loin tables, chaises, parasols et jardinières. Les compétences étant partagées entre la Ville et la Métropole, leur autorité peine à s’affirmer se bornant à dresser des PV d’infraction qui échouent au parquet.

    Au bas de la rue Paradis, un « kiosque à fleurs » offre un exemple de cette dérive. À l’origine, en octobre 2005, une autorisation d’occupation temporaire (AOT), précaire et révocable du domaine public, est délivrée pour un kiosque de 8m², bien public. L’AOT a été reconduite tous les 5 ans, sans mise en concurrence, pour de la « vente de plantes et de fleurs, toutes autres activités sont interdites sur cet emplacement ».

    Vingt ans plus tard, une construction couverte en aluminium et bois envahit la place Émile-Sicard (8e). La véranda bâtie en 2018/2019 a englouti le kiosque et emprisonne trois arbres de voirie. En septembre 2008, Martine Vassal, alors adjointe aux emplacements publics, avait signé un arrêté autorisant le fleuriste à installer devant le kiosque un « étalage de fleurs et plantes » de 10m² et un « dépôt de marchandises » de 10m². Aujourd’hui c’est un magasin de déco de 120m².

    Le 11 avril 2025, la police municipale s’est déplacée pour constater un « débordement des métrages et installation d’une structure non autorisée ». Le PV de contravention que nous avons consulté a échoué au parquet. En attendant Godot, le commerçant est taxé d’office, la Ville nous disant percevoir « autour de 7 000 euros annuels pour 70m² d’étalage et 20m² de tente métallique projetée au sol ». La Métropole, qui ne veut pas révéler la redevance perçue, nous a renvoyé à son Guide des droits de voirie, ce qui ferait une part fixe de 38,51 euros par mois et par mètre carré, plus une part variable
    de 0,5% du chiffre d’affaires.

    « Ça fait 30 ans qu’on est là. C’est la Ville qui m’a demandé d’occuper l’espace après avoir refait la place et je paye en conséquence », assure le commerçant Gilles Levy-Guedj qui dit « avoir les autorisations ». « J’ai des milliers de riverains qui sont contents, ça fleurit le quartier, ça empêche les voitures de se garer et les trafiquants de drogue d’être là. On rend les Marseillais heureux mais il y a quelques personnes mal intentionnées. » Selon lui, si la Métropole n’a pas remis en concurrence son kiosque, « c’est qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ».

    Toujours pas de mise

    en concurrence

    La mairie dit ne pouvoir poursuivre au pénal. La construction illicite serait prescrite plus de 6 ans après l’achèvement des travaux. C’est vite oublié que le domaine public est inaliénable et imprescriptible. La commune pourrait pourtant faire cesser à tout moment l’occupation illégale, y compris par la démolition des ouvrages. Mais aucune action en restitution du domaine public n’a à ce jour était diligentée. « Cela dépendra de l’analyse qui va être établie par le service juridique », dit-on en mairie. Mais le kiosquier a obtenu l’an dernier de la Métropole une nouvelle prolongation exceptionnelle de l’AOT « le temps d’initier une procédure de mise en concurrence ». Une prolongation des plus bienveillantes justifiée par le fait que « le bénéficiaire a respecté les conditions énoncées dans l’AOT initiale »…

    Interrogée, la Métropole nous dit avoir reçu le commerçant le 17 décembre 2024 en vue de prolonger son AOT abrogée en juin 2019. « Cet entretien a permis de s’assurer du maintien de l’activité de fleuriste (fleurs, plantes, sapins). (…) Au regard des premiers contrôles opérés sur l’acquittement des redevances dues, son AOT a donc été prorogée jusqu’en septembre 2026. Un constat d’huissier est d’ores et déjà diligenté. En cas de non-conformité aux obligations réglementaires, la procédure engagée pourra conduire à la résiliation définitive de son AOT. »

    Ajoutons au tableau que le commerçant a lancé en fin d’année une opération « déstockage avant fermeture » qu’il n’a pas déclarée en mairie. « La fermeture a été repoussée », nous dit le commerçant avant d’admettre qu’« on ne devait pas fermer ». La zone de chalandise ne doit pas être si mauvaise.

  • [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    La Marseillaise : Que pensez-vous du départ d’Olivier Nora ?

    Sylvie Tanette : Il souhaitait attendre la fin d’année avant de publier le nouveau livre de Boualem Sansal. Décision à laquelle Vincent Bolloré s’opposait, lui qui tenait fermement à ce que l’ouvrage soit publié début juin. En tant qu’actionnaire, Vincent Bolloré n’était pas en position de décider des dates de parution. Ce n’est pas son rôle, mais celui de l’éditeur Olivier Nora. Nous, auteurs et autrices signataires de la lettre commune, avons protesté contre cette éviction injustifiée. Licencier des salariés sur des désaccords, racheter des médias pour les contrôler… Ce sont des schémas plutôt classiques dans ce système de pensée bolloréen que nous ne soutenons pas.

    En quoi consiste, selon vous,
    ce «
     système » ?

    S.T. : C’est une volonté de mainmise du milliardaire Vincent Bolloré sur les maisons d’édition. Lors de son rachat du groupe Hachette, c’était sur la maison d’édition Fayard qu’il intervenait le plus. En seulement quelques mois, les ouvrages de plusieurs politiques d’extrême droite, comme Marion Maréchal, Éric Zemmour ou Jordan Bardella avaient été publiés.

    Dans cette lettre ouverte publiée mercredi dernier, plus d’une centaine d’écrivains ont annoncé leur départ de la maison d’édition. Vous aviez déjà quitté Grasset depuis 2023. Pourquoi ?

    S.T. : Le rachat, en 2023, des éditions Grasset par le groupe Hachette, m’a rapidement inquiété. Ainsi, j’ai préféré partir avant de me retrouver dans un système qui ne me convient pas. Je craignais notamment ce qu’il est en train de se produire actuellement, avec l’arrivée d’un financier à la tête de la direction. Avant, Grasset était une maison avec un agenda de parution réfléchi par des professionnels. Leurs choix étaient littéraires. L’arrivée du gestionnaire Jean-Christophe Thiery marque l’arrivée de futurs choix éditoriaux qui seront avant tout politiques et commerciaux.

    Vincent Bolloré a qualifié,
    dans le «
     JDD » ce dimanche,
    les signataires de «
     petite caste
    qui se croit au-dessus de tout et
    de tous
     ». Que pensez-vous de cette contre-attaque ?

    S.T. : C’est extrêmement choquant. J’ai grandi dans les quartiers Nord, m’accuser de faire partie d’une caste est très mal venu. Il peut y avoir de l’entre-soi, mais comme dans d’autres milieux. C’est une attaque très vulgaire, une tentative de ramener la population à soi.

    300 auteurs appellent à la création d’une « clause de conscience » pour les maisons d’édition. Pourquoi n’avez-vous pas signé cette tribune publiée par « la Tribune Dimanche » ?

    S.T. : Dans l’idée, je suis complètement d’accord avec cette tribune, mais j’avais peur qu’elle soit précipitée. Cela faisait à peine deux jours que la première lettre commune avait été portée. Concernant la suite, nous continuons de nous parler, entre auteurs, pour réfléchir à ces éventuelles clauses de conscience qui, je l’espère, porteront leurs fruits.

    Propos recueillis par Calypso Sadousty

    Deux éditeurs de la région livrent leurs analyses

    David Gaussen Directeur éditorial des éditions Gaussen, à Marseille

    « Contrairement à ce que les gens pensent, la réglementation du marché du livre, en France, ne favorise pas du tout la diversité. Elle avantage surtout les grosses machines. Le clivage idéologique est en marche depuis plusieurs années. Je pense que les librairies ne sont plus des lieux neutres. ça pose un problème en poussant à des productions de plus en plus marquées idéologiquement, d’un côté ou de l’autre. »

    Propos recueillis par M.-L.T.

    Marion Mazauric, Directrice des éditions Au Diable Vauvert, à Vauvert (Gard)

    « Bolloré est un industriel qui mise sur la culture pour contrôler les textes, après avoir investi dans les médias. Il fait une double concentration horizontale et verticale pour tenir, d’un point de vue idéologique, la fabrication des idées, des manuels scolaires, des télés, la fabrication de l’opinion. C’est gravissime. Il y a cinq ans, je contribuais au collectif Stop Bolloré, on n’a pas été assez entendu, y compris dans les professions éditoriales. On n’a pas été capables de mettre des lois de régulation. »

    Propos recueillis par M.-L.T.

  • OM : Habib Beye serre la vis et songe à appeler les jeunes

    OM : Habib Beye serre la vis et songe à appeler les jeunes

    Ce que redoutait Habib Beye quelques minutes après l’humiliation de Lorient s’est produit.

    À quatre journées de la fin, alors que son équipe aurait pu se retrouver en position de force, l’OM a rétrogradé à la sixième place. Et s’ils restent à deux longueurs du podium, dont la dernière marche est désormais occupée par Lyon, les Olympiens ont perdu le contrôle de la situation.

    Alors qu’il pensait que la semaine à Marbella aurait eu à Lorient la même conclusion que face à Lyon, l’apathie marseillaise et une visible résignation après la claque ont poussé le staff à réagir de manière cinglante.

    Il y a eu les propos de Medhi Benatia (voir sur www.lamarseillaise.fr), évoquant les prochains entraînements. « Je leur ai dit [aux joueurs] de rien prévoir pour les quatre prochaines semaines. Nous allons passer un peu plus de temps ensemble, à la Commanderie pour bosser. »

    Hôtel 5 étoiles

    Les mots sont devenus des actes. Au retour de Lorient, les joueurs devaient avoir un jour de repos, lundi. Cela s’est transformé en entraînement à la Commanderie. Une Commanderie où ils vont passer plus de temps que ces dernières semaines. Habib Beye a prévu une double dose de travail, jusqu’à jeudi. Celle-ci sera suivie d’une mise au vert, également à la Commanderie, où les joueurs vont vivre en conclave jusqu’à la réception de Nice, dimanche.

    Cela peut sembler brutal comme réaction. Mais vu la prestation collective au Moustoir, alors que les joueurs avaient bénéficié de conditions de préparation plutôt enviables dans le cocon de Marbella, se retrouver à la Commanderie n’est pas non plus un enfer.

    Le lieu de vie est conçu sur la base d’un hôtel cinq étoiles. Certes, les joueurs ne seront pas en chambre individuelle, mais c’est largement mieux qu’un hostel pour routard. Et la cantine y est bien meilleure que dans certains restaurants d’hôtel.

    Habib Beye et son staff vont donc tenter de remettre de l’ordre dans la maison. Certains joueurs pourront même réfléchir aux propos de leur entraîneur après la sortie à Lorient, où il a tenté un coup tactique, dicté par les forfaits de dernière minute de Quinten Timber et Tochukwu Nnadi. « Certains n’ont pas saisi l’occasion de marquer les esprits. Je ne veux plus voir ce que j’ai vu et j’espère que les joueurs auront conscience de leurs fautes. »

    Il a également placé une phrase qui en dit long. « S’il le faut, je ferai jouer les jeunes. » À Lorient, il a fait appel à Hilan Hamzaoui, Emmanuel Lago, Nouhoum Kamissoko et Ugo Lamare. Ce dernier est même entré en jeu à la place de Pierre-Emerick Aubameyang pour le dernier quart d’heure.

    La semaine en cours, avec la perspective de recevoir une équipe de Nice qui lutte pour éviter les barrages, doit être celle d’une prise de conscience collective.

    Vers un OM sans défense à Nantes, le match décalé

    Même s’ils ont été assez inefficaces à Lorient, samedi, deux défenseurs olympiens ont reçu un carton jaune. Il s’agit de Benjamin Pavard et Timothy Weah. Tous deux étaient sous la menace d’une suspension, pour accumulation de cinq cartons jaunes. Celui du Moustoir était le cinquième. Ils vont donc purger un match de suspension automatique. Cette sanction va concerner le déplacement à Nantes, prévu le vendredi 1er mai, mais finalement fixé au samedi 2 mai à 15h, à la demande de la préfecture. Ces deux absences vont provoquer un déficit dans ce secteur, car CJ Egan-Riley et Nayef Aguerd sont toujours aux soins pour blessure. Et il n’est pas certain qu’ils soient aptes d’ici le déplacement en Bretagne.

  • Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Ici, l’état a investi 480 millions d’euros, complétés par les 180 millions des collectivités, et « on voit que ça marche, ça avance », s’est félicité Stéphanie Rist en entamant son tour d’horizon par le chantier de modernisation du pôle d’excellence de l’hôpital Nord. Un bâtiment dédié à la cardiologie vasculaire, dont la construction a été lancée en 2022, avec une rénovation du site historique qui sont au cœur du projet Marseille en Grand. « Avec un enjeu fort pour tout l’ouest du département et les quartiers nord de Marseille », a souligné François Crémieux, directeur général de l’établissement : « Quand l’état finance, ça va plus vite. »

    Le nouveau bâtiment, composé d’un bloc opératoire, de quatre salles, d’un bloc de soins intensifs et de 16 chambres, devrait ouvrir d’ici un an. Une « prouesse de planning » pour les 50 ouvriers de ce chantier, qui travaillent sur site occupé « avec les passages d’hélicoptères », témoigne Manuel Lopes, maître compagnon sur le chantier principal. Ce nouvel équipement permettra un « appel d’air » pour les autres services du bâtiment de 1965, également rénové, se réjouit un cardiologue, heureux pour ses patients de passer de « une à 25 douches ».

    Si l’hôpital perd des lits à l’échelle globale, Philippe Amabile, chef du service de chirurgie vasculaire, insiste : « On modifie notre façon de travailler en le construisant sur le circuit du patient. On peut faire tous les gestes de la chirurgie conventionnelle en ambulatoire. » Moins long pour le patient et moins cher pour la Sécu, c’est aussi « du temps dégagé pour les personnels ».

    Une ouverture « attendue de longue date », précise le professeur Roche, pour un bâtiment moderne « au service à la fois des soins de proximité et de recours » des treize hôpitaux du GHT (groupement hospitalier de territoire). Le site devient aussi « une source d’attractivité pour des étudiants » de la faculté de cardiologie, qui complète le site. Et un nouveau Samu accueille femmes, parents et enfants. « Quand Aix dévisse en pédiatrie, c’est à Nord que les patients arrivent, indique le Dr Jouve, directeur de la commission médicale. On a une hausse régulière de 5% par an de recours aux urgences. »

    Punir les agresseurs

    Si ce dernier salue « une remontée de l’attractivité » à Nord, avec « une cible atteinte sur le non-médical, bien qu’il subsiste quelques difficultés sur le personnel médical », la situation est tout autre en psychiatrie. L’hôpital Edouard-Toulouse n’échappe pas à cette pénurie de médecins. Les syndicats ont alerté sur les fermetures de lits et les conditions de sécurité. Dimanche 12 avril, un infirmier y a été attaqué au couteau par un patient dangereux et souffrant d’addiction, placé par les services de l’état en hospitalisation complète. « On agit au national et on a renforcé les termes pour les agresseurs lors des plaintes portées par les patients », a réagi Stéphanie Rist. La ministre annonce préparer « un décret dans lequel il est prévu de punir sévèrement les auteurs ». à l’AP-HM, où Wanda Wrona, directrice de la sécurité, relève « 230 agressions physiques sur l’année, l’administration finance, depuis janvier 2025, un poste de policier qui se déplace sur l’ensemble des sites ». Le week-end dernier, « un agresseur a fait six victimes avec une béquille, il a été interpellé, placé en garde à vue et défférré ». Si l’employeur accompagne déjà les personnels dans leur plainte, dans le cadre de désorganisation du service, « la plainte pourra désormais se faire en son nom ».

    Quant à la perte de lits à l’hôpitalpychiatrique Edouard-Toulouse, la ministre considére « qu’il faut faire les choses dans l’ordre ». Dans sa mission, la ministre pense au portefeuille. « La question est de savoir comment financer le système », a-t-elle rappelé. Pas plus enthousiaste sur l’ouverture d’une halte soins adddictions (HSA) qui fait débat à Marseille, elle a balayé : « Une HSA ne peut pas résoudre tout le problème. »

  • Mehdi Kessaci : la piste de l’erreur de cible étudiée

    Mehdi Kessaci : la piste de l’erreur de cible étudiée

    Le « crime d’intimidation » annoncé par le procureur puis le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, quelques jours après l’assassinat de Mehdi Kessaci le 13 novembre dernier, le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste et désormais adjoint au maire de Marseille, n’en serait peut-être pas un…

    Inconnu de la police et de la justice, Mehdi, 20 ans a été abattu par un commando à moto alors devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Un assassinat qui a provoqué une vague d’indignation dans tout le pays, alors que son demi-frère, Brahim, 22 ans, impliqué dans le narcotrafic, avait été retrouvé fin 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture.

    Le combat continue

    Selon Le Parisien, la piste de l’erreur sur la personne, les tueurs pensant s’en prendre directement à Amine, est désormais sérieusement étudiée. Même si elle demande encore à être vérifiée. Pendant plusieurs jours, des « petites mains », chargées de surveiller les déplacements d’Amine auraient suivi son frère.

    Fin mars, l’enquête avait connu un développement majeur, avec l’interpellation dans la région marseillaise et dans l’Hérault de dix individus, 8 hommes et 2 femmes. Six d’entre eux sont soupçonnés d’avoir fourni aux tueurs l’arme et le véhicule et également d’avoir aidé aux repérages des lieux. D’autres sont suspectés d’avoir détruit la moto indique par ailleurs Le Parisien.

    Mis sous protection depuis août 2025, Amine Kessaci, fondateur de Conscience et adjoint à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement, a promis de poursuivre la bataille contre le narcotrafic, dès le lendemain de son élection. Il devrait cette semaine réunir les services de prévention et de délinquance et réaffirme son intention de créer une association des maires qui luttent contre ce fléau au niveau européen, a-t-il indiqué à La Provence. Conscience poursuit aussi son objectif, certains de ses représentants se sont rendus le 20 mars, à Turin, pour participer, aux côtés de familles italiennes frappées par les mafias, à une rencontre européenne dans le cadre d’un programme Erasmus soutenu par la Commission européenne.

  • Un accord « gagnant-gagnant » pour les femmes de chambre

    Un accord « gagnant-gagnant » pour les femmes de chambre

    Ce lundi, devant l’hôtel Saint-Charles qui fait face à la gare du même nom à Marseille, les sourires et les accolades ont remplacé le bruit des casseroles qui étaient présentes pendant les plusieurs semaines de grève d’une partie du personnel.

    « On signe aujourd’hui un protocole de fin de conflit. La lutte a payé », campe Gaëlle Barbero, défenseure syndicale et juriste de la CNT-SO 13, la joie sur son visage. Une conclusion heureuse pour un conflit qui remonte à la fin décembre dernier (lire notre article du 18/04), où femmes de chambre et plusieurs salariés de cet ex-Holiday Inn avaient entamé une grève de plus de 15 jours contre une vague de « licenciements économiques », dont le bien-fondé était contesté. Si ces derniers n’ont pas été empêchés, reste que l’accord trouvé est plus que favorable aux petites mains du mouvement. « Après plusieurs semaines d’attente, on a réussi à trouver une solution qui arrange les deux parties, c’est gagnant-gagnant », résume Toufiq Ghodbane, ex-employé de l’hôtel et délégué syndical de la CNT-SO. Ce dernier fait partie des six licenciés économiques. S’il a « un goût amer », il « part la tête haute » : « Sans la lutte, sans le courage des camarades femmes de chambre, sans le rapport de force et le travail de la CNT-SO, je n’aurais pas eu autant. »

    Et pour cause : l’accord entre direction et syndicat « accorde des sommes très avantageuses aux salariés licenciés, via des dommages et intérêts », explique Gaëlle Barbero. Avant de développer : « Pour les anciens grévistes qui sont toujours en poste, on a obtenu une protection de deux ans et l’assurance qu’ils ne seront pas licenciés pour deux ans. » Cerise sur le gâteau : « On a aussi négocié des ruptures conventionnelles qui seront accordées si les femmes de chambre souhaitent partir d’ici mars 2027 et le paiement des jours de grève à 50%. »

    Un chemin sinueux

    Un dernier point qui n’est pas anodin : « Comme la moitié de l’équipe a été licenciée, si elles sont en surcharge de travail, il y a cette porte de sortie », ajoute-t-elle. On comprend mieux l’importance de ces négociations : « Il y a plus de travail qu’avant », dénonce Dibaros, femme de chambre toujours en poste sur l’établissement. Si elle se dit « mécontente » pour ses collègues licenciés, elle voit aussi le positif de cette fin de conflit : « Ça fait plaisir ! » D’autant que le chemin a été sinueux : « Les négociations n’avaient rien donné après les 15 premiers jours de grève », se remémore Gaëlle Barbero. Puis l’établissement a fermé ses portes pour travaux avant de rouvrir le 2 avril dernier, le mouvement social avait été suspendu. C’est finalement la menace d’une reprise de la grève qui aura permis cette fin de conflit. Présente sur place, la directrice de l’établissement n’a pas souhaité faire de commentaires.

  • [Entretien] Matthias Pelgrin : « Un montant de 150 euros à dépenser dans trois commerces conventionnés »

    [Entretien] Matthias Pelgrin : « Un montant de 150 euros à dépenser dans trois commerces conventionnés »

    La Marseillaise : Quelle forme a la Sécurité sociale de l’alimentation de Cadenet ?

    Matthias Pelgrin : C’est une caisse autogérée, qui fonctionne grâce au financement de la Fondation de France. Cela nous permet d’avoir 35 personnes qui puissent être remboursées à hauteur de 150 euros par mois [pour l’alimentation] dans des magasins conventionnés.

    Comment ça fonctionne concrètement ?

    M.P. : Vous avez un montant de 150 euros à dépenser dans les trois commerces conventionnés et sur certains produits. Donc, vous allez faire vos courses, comme n’importe qui, en gardant bien vos tickets de caisse. À la fin du mois, on calcule ce que vous avez dépensé, pour les produits conventionnés, et on vous rembourse à la hauteur de 150 euros. Les aliments remboursés ont tous été choisis par les usagers de la caisse. Leur remboursement va de 30% à 100% suivant des critères de santé, écologiques, sociaux et de proximité.

    Vous souhaitez étendre cette sécurité sociale ?

    M.P. : Comme l’association de Marseille, la Clac fait partie du collectif national pour une Sécurité sociale de l’alimentation. L’idée est de se baser sur la forme de la Sécurité sociale construite dans les années 40. C’est aller chercher des financements chez la production agroalimentaire pour permettre à tout le monde de manger à sa faim et que ça ne soit plus un luxe de choisir son alimentation. Cela permettrait à l’état de limiter ses dépenses pour réparer les erreurs du système agroalimentaire sur la santé et l’écologie. Souvent, les personnes précaires se rabattent sur ce qui est le moins cher et qui n’est pas forcément le meilleur pour la santé. C’est donc une refonte totale du système alimentaire que l’on aimerait amener.

  • À Marseille, un pacte local des solidarités pour les travailleurs pauvres

    À Marseille, un pacte local des solidarités pour les travailleurs pauvres

    « On propose un suivi social et professionnel. On aide les gens à réclamer leurs aides ou à trouver des solutions en les redirigeant vers les bons organismes sociaux », présente Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de la région Paca. Parmi les démarches récurrentes liées au pacte local des solidarités, « la demande de la prime d’activité ». Parmi les autres accompagnements : proposer des solutions aux parents qui doivent faire garder leurs enfants lorsqu’ils travaillent.

    Trente personnes suivies

    Pour construire ce projet, « on a réuni des acteurs économiques, de l’emploi et du logement », explique Yolande Eskenazi. Le dispositif regroupe aussi bien des agents économiques, comme le Medef Sud, que trois collectivités locales que sont la Ville, la Métropole et le Département. L’État agit également en poussant des partenariats avec France Travail, la CAF ou encore l’Assurance maladie. « Le projet met autour de la table toutes sortes d’acteurs qui peuvent apporter leur soutien d’une quelconque manière », détaille la commissaire.

    Concrètement, pour agir, ce pacte s’appuie sur un opérateur, en l’occurrence l’association Soliha. Celle-ci suit actuellement 30 personnes à Marseille pour mieux déterminer « les besoins, les raisons et donc les solutions ». Le secteur de l’intérim représente également un enjeu essentiel. « C’est un levier d’action, ça permet de compléter des volumes d’heures en temps partiel », complète la commissaire.

    En vigueur depuis un an et demi, le projet doit encore gagner en visibilité : « On se mobilise pour que les entreprises orientent vers nous des salariés qui auraient des difficultés. »