Tag: Marseille

  • Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Depuis quatre mois, une famille vit dans une chambre d’hôtel relogée en urgence à la suite de menaces. Le couple dénonce depuis plusieurs années l’indignité de leur logement suite à des fuites actives d’eaux qui ont entrainé des interventions des marins-pompiers, des fissurations des murs, des infestations de souris et de punaises, des courts-circuits et des surtensions qui détruisent l’électroménager, une ventilation insuffisante, un manque d’entretien générale des parties communes, une dégradation importante de la cage d’escaliers.

    La veille, le 5 février 2026, trois inconnus s’étaient présentés à leur domicile pour une expulsion sauvage. « Tu as jusqu’à lundi pour quitter les lieux sinon on met le feu à ton appartement et on te tue avec ta famille » consigne le dépôt de plainte. Le matin même, une audience s’était tenue devant le tribunal de proximité avec leur bailleur pour dénoncer l’indignité du logement.

    Après avoir déjà connu la difficile copropriété du Gyptis, la famille emménage en février 2014 dans un studio au 4e étage du 5 rue des frères Perez (3e) un immeuble ancien et dégradé en contrebas de la tour Bel Horizon, cette copropriété privée de grande hauteur dont un réseau de drogue a investi des parties communes. Le 5, rue Pérez compte 24 studios issus de division d’appartements sur 5 étages dont une grande partie sont à présent squattés. A noter que depuis janvier 2025, le « permis de louer » s’applique dans le secteur Hoche-Versailles.

    « Depuis trois ans, les problèmes se sont aggravés. J’avais monté un dossier à l’ADIL et porté plainte contre l’ancien propriétaire qui a fait ensuite des travaux mais de camouflage » raconte Djamila, la mère. « Le 6 février au soir, deux types armés et un troisième qui se tenait en bas sont venus frapper à la porte. Je vais te butter, je sais où ta fille va à l’école. Je leur ai répondu que je n’avais pas peur. Les policiers qui sont venus m’ont répondu « on n’est pas payé pour vous protéger ». La mère qui milite à la France insoumise, obtient l’intervention des députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard. La préfecture le trouve un refuge d’urgence. « On était en danger. C’est trop de peur. J’avais préparé de quoi partir rapidement. Mais même à l’hôtel, on n’est pas tranquille. Un gars en trottinette est venu il y a trois semaines à la laverie me menacer. On n’est pas en Colombie pourtant… »

    Leur immeuble appartenait jusqu’en juillet dernier à Louis Dalbert, 89 ans, qui l’a revendu à la société I.A 2022 dirigée par le marchand de biens Chouki Hedhiri pour la somme de 326 000 euros. Les baux et quittance de loyer étaient tamponnés par une obscure association dénommée « Un abri pour tous » que gérait l’octogénaire. Un montage singulier qui explique que huit locataires soient titulaires de baux de sous-location de six mois à un an pour un loyer mensuel, charges comprises, de 450 euros, que trois studios sans loués sans bail, le restant étant squatté.

    Suite à cette vente, la SPLA-IN a visité l’immeuble et repéré des « désordres extrêmement importants » dans cet immeuble aux « logements très dégradés » et procédé à un signalement immédiat à la Ville, laquelle a déclenché des visites les 10, 15 octobre et 20 novembre et engagé une procédure contradictoire avant mise en sécurité, faute de travaux. Le document a été un temps affiché à la porte de l’immeuble.

    La semaine dernière, la situation s’est accélérée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un commando d’une quinzaine d’individus cagoulés aurait fait irruption à 1h50 du matin dans l’immeuble, terrorisant les occupants, brisant les serrures pour les pousser au départ. « Ils étaient très nombreux. Ils ont cassé les serrures des logements. Mon appart est squatté alors qu’on a encore le bail. Ils ont frappé une personne » raconte Djamila sur la foi de contact gardé sur place. Une patrouille de policiers aurait alors interpellé 4 individus dont un jeune de 18 ans, les autres prenant la fuite vers la tour Bel Horizon Trois interventions policières ont eu lieu dans l’immeuble vendredi et dimanche pour des tentatives de squat. Contactés, ni le propriétaire, ni le syndic D’Agostino n’ont donné suite à nos requêtes.

    David Coquille

  • Seule candidate, Samia Ghali élue présidente de la RTM

    Seule candidate, Samia Ghali élue présidente de la RTM

    Elle était la seule candidate. Samia Ghali (DVG), maire adjointe à la Ville a été élue par les 23 autres membres du conseil d’administration de la RTM ce lundi 27 avril. Une responsabilité qui « nous oblige dans la réussite que nous devons à cette mission de service public de transport et de mobilité » a-t-elle déclaré pour sa première intervention à ce poste.

    Interrogée plus tard sur ses priorités, la nouvelle présidente de la Régie a convenu des difficultés financières de la métropole qui vont impacter son action, 123 millions d’euros manquant pour boucler le budget de la collectivité. « On verra demain ce qui se passera [lors du conseil métropolitain, Ndlr.], la RTM ne doit pas subir la mauvaise gestion du passé », a-t-elle estimé.

    Un état des lieux

    Et de promettre d’aller « chercher l’argent où il le faut, que ce soit à l’État, aux collectivités territoriales, chacun doit prendre sa part, les entreprises aussi ». Sur ses axes de travail, notamment la gratuité pour les moins de 26 ans évoquée lors de la campagne des municipales, elle préfère attendre les résultats d’un audit qu’elle va lancer pour se prononcer. « J’aurai une discussion avec le président de la métropole et le maire de Marseille sur ces questions-là, mais en leur donnant les éléments factuels de ce qu’est la réalité de la RTM », précise-t-elle avant d’esquisser quelques pistes : « Faire en sorte que les agents qui travaillent à la RTM puissent le faire en toute sécurité, que le matériel roulant soit de bonne qualité », pour les usagers.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un souvenir de Rembrandt

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un souvenir de Rembrandt

    Puisqu’il ne s’agit pas d’une fugitive hallucination, puisque les qualités picturales de cette toile sont indéniables, on imagine une malicieuse provocation du conservateur du musée, les simulacres maladroitement reproduits d’une mise en scène de théâtre, Courteline ou bien Labiche. L’énorme masse adipeuse, les courtes pattes et le groin plus ou moins débonnaires d’un porc occupent un grand tiers de la composition. La bête fut brutalement assommée, le sang n’a pas coulé. Les figurants qui ne sont pas des gens d’abattoir ni des charcutiers sont perplexes. À gauche, voici un barbichu doté d’une loupe ; à droite le comique porteur d’une lame de scalpel est un incapable. Grâce au cartel de ce tableau de 1855 qui a pour titre « Recherches sur la trichine » on comprend que le peintre évoque ironiquement les travaux sans trop d’avenir des vétérinaires de nos provinces. Sans microscope, deux émules besogneuses de Louis Pasteur, Bouvard et Pecuchet entreprennent d’identifier un parasite rongeur dont ils retrouveraient la trace sur le cadavre d’un porc. L’impeccable Docteur Knox de Louis Jouvet leur succédera.

    Sans pouvoir effacer la donne burlesque de ce début d’intrigue, on se reporte vers des références plus solides. Ce peintre pince-sans-rire s’est souvenu d’un tableau du Rijksmuseum. On revoit la Leçon d’anatomie de Rembrandt, les muscles d’un bras et les tendons d’un corps sobrement étendu sur une table de dissection. On oublie la vision du porcelet transporté sur un banc de pierre, on reconstitue mentalement l’audacieuse commande de la Guilde des Chirurgiens d’Amsterdam.

    L’auteur de cette énigmatique facétie s’appelle Stanislas Torrents (1839-1916). Ce peintre marseillais formé à Paris par Thomas Couture avait le talent d’un virtuose. Grand format onéreux et rigoureusement inclassable, canular invendable, sa « Trichine » est la plus intrigante toile de sa carrière : issu d’ascendants catalans, Torrents avait passionnément regardé Vélasquez, Ribera, et Édouard Manet.

  • Samia Ghali élue présidente de la RTM

    Samia Ghali élue présidente de la RTM

    Samia Ghali a été élue présidente de la RTM ce lundi 27 avril, «à l’unanimité et à la majorité absolue». Elle était la seule candidate en lice.

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce mardi.

  • Des familles confrontées à un deuil mobilisées contre l’article L.435.1

    Des familles confrontées à un deuil mobilisées contre l’article L.435.1

    La formule « L’435.1 m’a tué-e », affichée en grosses lettres, attire les regards. Elle côtoie une série de panneaux retraçant le parcours douloureux des familles de personnes tuées par des tirs policiers, engagées dans une longue quête de vérité. Objectif : « Raconter, informer, décrypter » et exiger « l’abrogation de l’article L.435.1 », qui encadre l’usage des armes par les forces de l’ordre.

    « C’est un permis de tuer », dénonce Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, devant le texte de loi, en invitant un groupe d’une trentaine de personnes à le suivre sur la ligne rouge ponctuée de tableaux retraçant la chronologie du drame. Le 4 août 2021, à 18h30, la vie de ce Marseillais de 19 ans, tout jeune papa, s’est arrêtée net. Une balle tirée par un policier lui troue le thorax lors d’un contrôle routier à la Belle de Mai (3e). « Dès le début, Souheil est criminalisé, mais rien ne colle », estime son père à propos des circonstances de sa mort et de ce qui a conduit le policier à faire usage de son arme létale.

    Au fil de l’enquête, que la famille juge marquée par des erreurs et des zones d’ombre, le doute s’installe. La recherche de la vérité devient alors « la seule chose qui nous permet de continuer à vivre », explique Issam El Khalfaoui. Le dossier est toujours en cours d’instruction.

    Samia, tante de Souheil, Fouzia, sa mère, et plusieurs familles confrontées à des situations similaires ont décidé de se serrer les coudes au sein de Save, pour que toute la lumière soit faite. Pour demander « justice », et faire disparaître un article jugé inique. Car « les frais de justice sont élevés et l’état joue la montre pour nous épuiser dans ce combat », déplore ce papa.

  • OM-Nice : un pénalty qui vient gâcher la soirée

    OM-Nice : un pénalty qui vient gâcher la soirée

    Son système devait permettre à l’OM de relever la tête. Avec un duo Vermeeren-Timber inédit pour épauler Pierre-Emerick Aubameyang qui envoyait Mason Greenwood sur le banc. Et la première titularisation de Tochukwu Nnadi dans le but de redynamiser un milieu devenu trop prévisible.

    Le jeu se concentrait aux abords de la surface azuréenne. Avec de très rares incursions visiteuses dans la moitié de terrain marseillaise. Malgré cela, les occasions de mettre en danger Yehvann Diouf demeuraient trop rares.

    Après l’heure de jeu, un coup d’accélérateur de Tochukwu Nnadi devait placer l’OM sur la voie de la victoire, grâce à la tête victorieuse de Pierre-Emile Höjbjerg. Les clignotants revenaient au vert. Pour quelques minutes seulement, puisque dans le money time, Jonathan Clauss obtenait un penalty, transformé par Elye Wahi, anéantissant les espoirs d’une rédemption marseillaise.

  • [Entretien] Pascal Rousseau : « Je me dis que je devais être quelqu’un de bien »

    [Entretien] Pascal Rousseau : « Je me dis que je devais être quelqu’un de bien »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé en 2019 ?

    Pascal Rousseau : J’ai fait un malaise et à mon réveil, ma mémoire était vide. Tous mes souvenirs d’une vie de 57 ans avaient disparu. J’avais une mémoire immédiate, j’avais conservé mes capacités d’analyse. Mais, pour ce qui est du reste, c’était le grand vide !

    Savez-vous ce qu’il vous est arrivé ?

    P.R. : J’ai fait ce qui s’appelle une dissociation. Tous les événements gravés dans ma mémoire ont été effacés. Pour les retrouver, j’ai fait des recherches, sur Internet, j’ai retrouvé des articles de journaux, des amis, des inconnus qui me croisaient dans la rue et me reconnaissaient m’ont ainsi aidé à retrouver une partie de mon histoire personnelle. À ce sujet, Franck Lebœuf, un ancien coéquipier, a été incroyable.

    Ainsi, qu’avez-vous appris ?

    P.R. : Comme Franck Lebœuf me l’a dit, j’ai eu une carrière de footballeur professionnel. Avec plus de 600 matches quand même, dont je n’ai aucun souvenir ! J’ai ainsi appris que j’ai débuté au Paris FC, que j’ai joué à Lille, qu’avec Rennes, j’ai fait partie de l’équipe qui s’est ancrée en Ligue 1 à partir de 1994. Et que j’ai même été champion de France avec l’OM. Je trouvais cela incroyable. Mais que des supporters marseillais me téléphonent pour m’en parler, je trouve ça exceptionnel.

    Vous ne vous souvenez donc d’aucun moment de votre carrière, ni de votre vie avant vos 57 ans ?

    P.R. : J’ai tout oublié. Ce que je retrouve, c’est grâce aux témoignages de gens qui me racontent ce qu’ils ont partagé avec moi. Comme, par exemple, mon premier match au Vélodrome, c’était un OM-Bordeaux, le jour où Claude Bez est arrivé au stade en Cadillac. J’imagine que j’ai dû vivre quelque chose de dingue. À Rennes, j’ai retrouvé les capos du kop, qui m’ont rappelé que nous regardions ensemble les matches de Ligue des Champions, chez moi. Ainsi, de ce que j’entends dire sur moi, je me dis que je devais être quelqu’un de bien. Mais tout est effacé.

    Pour vous, ce livre est une autre forme de thérapie ?

    P.R. : Ce n’est pas mon idée. Mais des proches m’ont suggéré de l’écrire, pour en faire une thérapie et, surtout, faire connaître la dissociation. Certains ont encore du mal à croire ce que je vis. En témoignant, cela va permettre d’essayer de comprendre. Même si je sais, sept ans après, que seuls les témoignages m’ont aidé. Sans cela, ma mémoire serait repartie à mes 57 ans, le reste aurait totalement disparu.

    Avez-vous des projets ?

    P.R. : Grâce à Franck Lebœuf, je vais en faire un seul en scène, dans lequel je vais me raconter. J’aimerais le tester dans les salons des stades des clubs où j’ai joué.

    « Amnésique », avec Florence Bouté.
    City éditions, 256 pages

  • L’OM rate encore son final

    L’OM rate encore son final

    S’ils étaient toujours sixièmes au coup d’envoi, les résultats des matches précédents plaçaient les Olympiens face à un impératif.

    La victoire contre Nice constituait la seule possibilité de rester au contact de Lyon, Lille et Rennes, vainqueurs respectivement d’Auxerre, Paris et Nantes. Seul Monaco, tenu en échec à Toulouse, avait raté l’occasion de doubler provisoirement les Marseillais.

    Des Marseillais qui n’avaient pas d’autre choix que gagner le derby de toutes les angoisses, face à des Niçois revigorés par leur qualification en finale de la Coupe de France. Mais aussi par les mésaventures auxerroises à Lyon et nantaise à Rennes. Ce qui devait compliquer la mission d’un OM attendu au tournant par ses supporters.

    Un OM qui, pendant une grosse dizaine de minutes, donnait le sentiment d’avoir retrouvé un certain allant. Mais hormis une reprise de la tête d’Arthur Vermeeren, obligeant Yehvann Diouf à un arrêt réflexe, le seul fait marquant de la première période restera l’intrusion d’un supporter, venu du sud, et qui avait le temps de taper sur les épaules de Quinten Timber puis Pierre-Emerick Aubameyang avant d’être maîtrisé.

    C’était trop peu pour mettre le feu à un Vélodrome pourtant encore mobilisé. Un Vélodrome qui devait attendre l’heure de jeu pour, enfin, vibrer. Fallait-il y voir un rapport de cause à effet ? Toujours est-il que c’est quelques secondes après l’entrée de Mason Greenwood que l’attaque phocéenne faisait parler la poudre. L’Anglais n’y était pour rien, c’est le tandem Nnadi- Höjbjerg qui faisait voler en éclats la défense azuréenne.

    Même si son scénario avait été compliqué, la victoire était à portée de main. Et avec elle l’entretien de la flamme d’une qualification en Ligue des Champions. Malheureusement, Jonathan Clauss et Elye Wahi, anciens Phocéens, se ligaient pour arracher le pénalty de l’égalisation azuréenne.

    La malédiction du money time refaisant surface au plus mauvais moment, l’OM laissait filer deux nouveaux points sur sa pelouse.

    OM 1 (0) NICE 1 (0)

    31e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (60 021 spectateurs)

    Arbitre : W. Delajod

    Buts : Höjbjerg (66) pour l’OM, Wahi (88 sp) pour Nice.

    Avertissements : Emerson (29), Medina (44) à l’OM, Wahi (44) à Nice.

    OM : Rulli – Pavard, Balerdi, Medina – Weah, Höjbjerg ( c ), Nnadi (Kamissoko, 80), Emerson (Mmadi,63) – Timber (Abdelli, 80), Aubameyang – Vermeeren (Greenwood, 63).

    Entraîneur : H. Beye.

    NICE : Diouf – Clauss, Mendy, Bah, Oppong, Bard (Abdi, 80) – Abdul-Samed (Carlos, 80), Boudaoui – Cho (Boudache, 66), Wahi (Vanhoutte, 90), Sanson ( c, Diop, 46 ).

    Entraîneur : C. Puel.

    Le fait de match

    Messages interpellant joueurs et dirigeants, bâches renversées… Les Virages ont fait part de leur colère après les derniers résultats.

    Néanmoins, la ferveur a repris le dessus chaque fois que Willy Delajod a donné le coup d’envoi d’une mi-temps. Avec, toutefois, une bronca de mécontentement face à la stérilité du jeu proposé sur le terrain.

  • Le carnaval, ce monstre de féerie qui a fait le plein sur le Vieux-Port

    Le carnaval, ce monstre de féerie qui a fait le plein sur le Vieux-Port

    Une pluie de confettis et de fantaisie a inondé le Lacydon et la foule en a pris plein les mirettes, pour son plus grand bonheur. Avec pour thème, l’extravagance, « à Marseille, t’es comme un poisson dans l’eau », assurait le vieux Dédé, au comptoir du bar de la Marine, à deux pas du départ du défilé.

    Vers 14h, le public s’entassait déjà sur le quai de Rive Neuve lorsque de drôles d’hippocampes ont ouvert le bal avec, à leur suite, les percussions du Vacarme Orchestra. D’aériennes méduses, virevoltant autour d’un char de constellations argentées, leur emboîtaient le pas. Des étoiles dans les yeux, les deux enfants de Gaby, Parisienne en vacances, se faufilaient un passage à travers la foule dense pour ne pas en rater une miette. « Ils ont entendu les fanfares et ont fait des pieds et des mains pour voir le spectacle. Ils s’éclatent ! Ce n’était pas prévu, mais je modifie le programme de la journée pour les laisser profiter », réajuste la maman, enchantée de leur offrir « un moment magique ».

    Un lien magique

    Derrière le char confectionné par les minots des centres sociaux, échappées d’une école de comédie musicale, des princesses jettent des pétales de rose, précédant une boîte à musique qui crache des confettis sur un air lyrique. « C’est trop la fête ! », hurle Libel, 12 ans, aux anges, essayant d’en attraper au vol. Au passage d’un char punk-rock, Akim, qui veille sur son petit-fils, se laisse aller à quelques pas de danse. « Je suis en week-end chez mon fils et j’ai vu ça sur les réseaux. C’est beau, ce lien social que ça crée dans la ville, il y a une mixité fabuleuse ici. »

    « C’est incroyable ! », commente encore Baptiste, en parlant de la mante religieuse géante qui clôt la parade, deux voltigeuses suspendues à ses mandibules. Juchée sur les épaules de son père, sa petite sœur craint quand même que le monstre « mange les petites mouches ».