Tag: Marseille

  • Vague de soutien pour la CGT du port

    Vague de soutien pour la CGT du port

    Il n’est même pas huit heures du matin, ce mardi, que les fumigènes recouvrent déjà la place Monthyon qui fait face au palais de justice de Marseille, dans le 6e arrondissement de la ville. Des fumigènes qui dévoilent une marée de gilets rouges trépignant devant les grilles de l’institution.

    Ce sont plusieurs centaines de militants CGT du département et au-delà qui sont venus apporter un « soutien indéfectible » à Pascal Galéoté, le secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Ce dernier est convoqué pour une audience au tribunal correctionnel, aux côtés de Bernard Cristalli, ancien trésorier du Comité d’entreprise (CE, ancien nom du Comité social et économique) du port. Les deux sont accusés « d’abus de confiance » dans le cadre de la gestion des comptes du CSE du GPMM. Des comptes dans lesquels la cour des comptes a fourré son nez en 2021, avant que le Parquet de Marseille pointe, en 2025, « plusieurs anomalies constatées dans l’utilisation des moyens du comité d’entreprise ».

    De quoi provoquer une montée au créneau unanime d’une myriade d’organisations CGT de la région qui dénoncent une « répression judiciaire » qui s’abat sur une figure des luttes locales (lire notre article du 27/04). Rappelons que la CGT est historiquement majoritaire au port de Marseille, avec actuellement plus de 750 syndiqués, et logiquement largement majoritaire au CSE avec 17 des 24 sièges de titulaires et suppléants de l’instance représentative du personnel, dont Pascal Galéoté est secrétaire. Elle est surtout de tous les combats et régulièrement motrice des mobilisations dans le département. D’où les plusieurs dizaines d’appels à la mobilisation, de syndicats divers et variés, pour ce mardi. Même des agents portuaires du Havre, de Rouen ou de Dunkerque ont fait le déplacement.

    Entre liste à la Prévert

    et pêle-mêle

    Manque de pot, ou pas, l’audience est reportée à 13 heures. Le comité de soutien fait le pied de grue. Et à ladite heure, débute une audience fleuve qui ne prendra fin qu’à 20 heures passées. Le Port n’est pas partie civile, le CSE non plus. Seuls les syndicats minoritaires FO, sept agents, et le syndicat des cadres sont dans le coup. In fine, le débat porte aussi sur le fait que les élus des dits syndicats n’ont pas, ou peu, bénéficié d’une partie des dépenses. La Cour a ainsi décortiqué les comptes du CE de 2014 à 2018, questionnant « 264 000 euros de dépenses » reprochés aux deux prévenus. Parmi elles, la présidente pointe notamment 98 000 euros de frais de restauration ou encore plus de 50 000 euros de frais de déplacement.

    Elle s’attarde sur plusieurs cas largement repris par les avocats des syndicats concurrents : une facture de 75 euros dans un bar à cocktails à Paris à 1h20 du matin par-ci, une cinquantaine de billets de TGV pour un 1er mai à la capitale par-là… À la barre, Pascal Galéoté justifie point par point les faits : pour le premier cas, c’est une dépense dans le cadre d’une discussion qui s’est prolongée tardivement après une réunion, pour le deuxième un trajet pour une rencontre avec d’autres CE portuaires. Un stylo Montblanc supposément offert ? « Il est toujours dans le coffre du CE », assure le secrétaire général. En bref, il est fait « une liste à la Prévert », pendant laquelle Cour et partie civiles questionnent pêle-mêle la remise de colis à des agents, pratique somme toute classique d’un CE, jusqu’à des frais de bouche, dont des notes de restaurants de plusieurs milliers d’euros, supposément « sans justification ». Si les montants peuvent paraître élevés, Pascal Galéoté rappelle qu’on dénombrait plus de 80 délégués et élus dans les différentes commissions qui découlaient du CE. Forcément, ça monte vite dans les chiffres.

    « Pas d’enrichissement personnel »

    Malgré les explications des prévenus, il n’en faut pas plus pour que le procureur cible « un budget utilisé en dehors de l’intérêt et des activités du CE ». En clair, des dépenses qui outrepassent le cadre du fonctionnement de l’instance comme des « déplacements de nature syndicale ». Il requiert 18 mois de prison contre les deux, assorti d’un sursis, de 5 000 euros d’amende contre Pascal Galéoté et 3 000 pour Bernard Cristalli. Mais également d’une peine de 5 ans d’inéligibilité. « Rien n’est démontré dans cette affaire, la somme reprochée correspond à quasiment toutes les dépenses du CE », plaide Maître Tom Bonnifay. Il explique que la justice a « confondu rapport de la Cour des comptes et enquête pénale » et note que la présidente du port de l’époque n’a même pas été entendue. Ou que l’on reproche à des militants de ne plus savoir ce qu’ils faisaient tel jour telle heure, 11 ans après les faits. « Il n’y a pas une liste de dépenses qui est imputable à l’un ou à l’autre (…) il n’y a pas d’enrichissement personnel », appuie-t-il.

    À la sortie de l’audience, Pascal Galéoté sort sous les applaudissements de ses camarades. Il résume la problématique : « On est tous les deux accusés d’avoir dépensé la même somme, pas au même moment et pas avec les mêmes dépenses mais la même somme quand même. » Avant de développer : « Il y a peut-être des dépenses, à la marge, où l’on a commis quelques erreurs. Par exemple des cocktails un soir, même si l’on explique que ça peut arriver de débattre tardivement de sujets, c’est pour eux difficile à entendre. On a essayé de répondre à toutes les factures. » Et se désole du fond de l’affaire : « C’est pour les syndicats minoritaires une opportunité de nous voir condamner. On aurait détourné 264 000 euros mais ils ne demandent rien à part l’inéligibilité ! C’est bien une attaque contre la CGT. »

    La décision sera rendue le 1er juin prochain.

    ILS DÉFENDENT L’ACTION SYNDICALE

    Romane Massip Adjointe PCF à la mairie des 1-7

    « Le capital est en crise. La CGT déplore 500 plans de suppression de poste dans l’industrie. Et ils souhaitent mettre à terre les travailleurs. Ce procès en est un exemple de plus. C’est un dossier de longue date avec des ré-accusations en chaîne d’abord parce que Pascal Galéoté est secrétaire de la CGT du Port. »

    Didace Galéoté USR CGT 13

    « Les syndicalistes, ici présents, viennent du Havre, de Dunkerque, et de Calais. Toutes les professions portuaires se sont mobilisées pour le soutenir. Le patronat n’a jamais supporté que les travailleurs s’unissent. Il tente aujourd’hui de briser les derniers maillons qu’il reste pour défendre la classe ouvrière. C’est un procès politique qui vise à évincer ceux qui gênent. »

    Eddy Bartolini, CGT GPMM

    « Ce procès fait suite aux accusations d’une plainte déposée par Force ouvrière en 2017, un syndicat moins représenté, qui nourrit une certaine rancœur envers nous. Nous sommes majoritaires dans les institutions et les commissions, ce qui les dérange. Ils tentent, par conséquent, de déstabiliser notre syndicat à travers un procès, même symbolique, c’est un peu extrême. »

    Véronique Dolot, CGT Métropole

    « Nous possédons des outils puissants, nous sommes présents forts et déterminés. Ils tremblent, et c’est ce qui fait notre force. Plus ils avanceront, plus la colère montera. Nous sommes les derniers debout. Les derniers qui ne cesseront de se battre pour l’ensemble de la classe ouvrière, les précaires, et les retraités sans jamais se satisfaire d’un simple compromis. »

    Virginie Akliouat, FSU

    « Ce n’est pas la première fois que nous sommes attaqués pour notre rôle de contre-pouvoir. Ces pratiques se multiplient, on le constate aussi au niveau des mouvements lycéens et la répression récurrente des forces de l’ordre sur les jeunes militants. Le pouvoir en place étouffe les voix des salariés et affaiblit celles des plus jeunes, afin de fragiliser les consciences politiques. »

    Maoudj Bader, SAP-CGT

    « Ces accusations sont diffamatoires. Le port est notre emblème, les portuaires nous ont toujours accompagnés, notamment lors d’agressions et de meurtres dans notre branche.

    Ils nous ont permis d’acquérir davantage de droits, d’augmentations financières et parfois même pour certains de retrouver leur travail. »

    Marie-Jo Cermolacce, PCF

    « Les syndicalistes comme Pascal Galéoté, ont permis pendant 20 ans, de soutenir l’industrie, et les acteurs du grand port. Ensemble, nous avons défendu les salariés, et nous sommes battus contre les trafics illicites. La CGT est la seule organisation qui se bat contre le libéralisme à outrance sur le port. Ce n’est pas pour rien qu’elle est aujourd’hui attaquée par le patronat. »

    Rémy Hours, CGT Cheminots

    « L’action que la justice entreprend est une criminalisation de l’action syndicale. Ce n’est pas un acte isolé. On constate ces mêmes méthodes de partout sur le territoire. Il est le quatrième haut responsable de notre organisation traîné devant les tribunaux pour des motifs fallacieux. Leur objectif est de discréditer l’organisation syndicale dans les consciences collectives.»

    Nathalie Tessier, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Je suis venue en soutien de notre camarade qui est mis en accusation et soutenir la CGT. Ce procès est injuste, Pascal Galéoté subit cet acharnement car c’est un grand représentant d’un grand syndicat. La CGT du port est une organisation puissante qui défend le droit du travail et la classe ouvrière de Marseille. »

    Jean-Michel Roccasalva, CGT Centrale de Gardanne

    « Nous réclamons l’absence de condamnation, même symbolique, ainsi qu’une clôture définitive du dossier. Ces actes prouvent malgré tout que nos démarches dérangent, une motivation suffisante pour ne pas lâcher, redoubler d’efforts, notamment dans le département. »

    Marc Pietrosino, secrétaire général UD CGT 13

    « Le gouvernement tente d’éliminer la CGT du Port car c’est un lieu où les salariés ont des droits qu’ils ont acquis par la lutte. Aujourd’hui des accusations totalement fallacieuses sont prises à charge contre le premier dirigeant du syndicat du Port de Marseille. S’en prendre à nos camarades, c’est attenter à un bastion ouvrier, qui a toujours su résister. »

    Thierry Camusso, CGT Filpac La Provence

    « L’avenir s’annonce compliqué avec le RN aux portes du pouvoir. En tant que syndicat nous avons besoin de ces élans de solidarité. Certains canards dénoncent Pascal Galéoté pour des affaires qui n’ont pas encore été jugées, notamment sur des détournements de fonds du CSE, ces accusations ne respectent pas la présomption d’innocence. »

  • Solidaires et en colère

    Solidaires et en colère

    Ils étaient nombreux, hier, devant le palais Monthyon à Marseille pour dire leur soutien à Pascal Galéoté, figure de la CGT du Grand port maritime et son camarade Bernard Cristalli.

    Le report d’audience de 8h à 13h n’aura pas entamé leur détermination ni leur conviction dans la probité des deux militants.

    Pour eux la chose est entendue : il s’agit d’un acharnement visant un des secteurs les plus combatifs de la CGT.

    Les précédents épisodes de cette affaire qui remonte à plus de 10 ans alimentent en effet la suspicion sur la sincérité de la démarche judiciaire. À l’origine, la très libérale Cour des comptes s’émeut de la gestion du CSE du Port. Le parquet s’est ensuite saisi tardivement du dossier sur fond de rivalité syndicale, ni le Port ni le CSE n’étant parties civiles.

    Empressement à salir

    Avant son procès Pascal Galéoté, a été entendu par la police. Une garde à vue annoncée par un journal proche du pouvoir avant même qu’il ne le sache lui-même… Puis c’est une Une sur les « grands procès à venir » cette année qui le fait figurer à côté du chef du clan Yoda, un criminel de niveau international… lui, le militant syndical portuaire qui fait partie des premiers signataires de « l’Appel de Marseille » contre le narcotrafic.

    Pourquoi cet empressement à salir ? Son avocat a martelé à l’audience qu’il n’y avait pas d’enrichissement personnel. La justice a promis de trancher le 1er juin. En attendant, la frénésie politico-médiatique qui entoure ce procès témoigne d’un fait. La bourgeoisie de ce pays n’a jamais digéré que les salariés aient arraché la possibilité de gérer une partie du fruit de leur travail.

  • Marseille : toujours mobilisés contre un data center à Saint-André

    Marseille : toujours mobilisés contre un data center à Saint-André

    « Le tramway, la première chose positive depuis bien longtemps dans le quartier, va passer là. Et on veut ajouter des camions ? » Venus de l’Estaque gare, Riaux ou de Saint-André, des habitants se sont de nouveau mobilisés, ce mardi 28 avril, devant le 90, chemin de Ruisseau-Mirabeau (16e). C’est là, sur 6 hectares de la friche industrielle de TCSI, qu’un data center, d’une puissance de 33 mégawatts, et une plateforme logistique de 34 000 m2 sur trois étages, devraient être construits si le projet porté par le groupe britannique Segro est validé.

    Il a déjà franchi, le 27 mars, l’étape de l’enquête publique avec des avis favorables. « Un Coderst [Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques Ndlr.] doit se tenir demain matin. Nous demandons à ce qu’il soit repoussé jusqu’à ce que soit faite une étude sérieuse sur le plan de circulation », pose Patrick Robert, président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de l’Estaque Gare et vice-président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement. Une centaine de poids lourds transitent déjà, chaque jour, pour desservir la quarantaine d’entreprises de logistique domiciliées à cette adresse.

    « Prédation foncière »

    En ajouter davantage paraît intenable pour les riverains. « On a proposé de changer la destination du plan local d’urbanisme et de faire des logements, on en manque. Au CIQ Saint-André, on réclame l’arrêt total de ce projet », insistent Denis et Élisabeth Pelliccio, vice-président et présidente du CIQ en question. De son côté, Stéphane Coppey, délégué au juridique, aux transports et à la mobilité au sein de l’association France nature environnement (FNE) Bouches-du-Rhône, sera présent au Coderst. « Nous porterons la voix des CIQ », promet-il.

    Pour Antoine Devillet, du collectif « Le nuage était sous nos pieds », la perspective de cet énième data center, quand Marseille en compte déjà cinq sur son port, et qu’outre celui de Saint-André, un autre bâtiment serait prévu sur le site de Saint-Louis Sucre, pose problème. Ces installations « prennent la place d’autres projets, pour pratiquement aucun emploi. C’est de la prédation foncière », estime-t-il, quand environ 400 postes, dont 129 pour le data center, sont évoqués. Il pointe une « empreinte écologique énorme ». Autant de raisons pour lesquelles les habitants seront aussi devant le conseil municipal, ce mercredi à 8h, pour alerter les élus. À noter que dans l’enquête publique, Samia Ghali (DVG), maire adjointe, indiquait être « en désaccord avec le projet (…) dans les conditions actuellement proposées ».

  • Le Festival de Marseille jette des ponts entre les cultures

    Le Festival de Marseille jette des ponts entre les cultures

    Dans cette époque de conflits, où les libertés sont remises en cause et le dialogue devient difficile, des moments de rencontres comme le Festival de Marseille sont indispensables », introduit Julie Chénot, présidente de son conseil d’administration, à l’heure de dévoiler la programmation de sa 31e édition. Le rendez-vous se déploie du 14 juin au 8 juillet sur « 14 sites de la ville, du plus au Sud avec le Théâtre des Calanques jusqu’au Nord avec le Théâtre de la Sucrière ».

    Fort « d’un taux de remplissage qui a approché les 100% » en 2025, notamment à travers ses actions de médiation et d’un tarif unique à 10 euros, le Festival de Marseille remet le couvert avec une soixantaine d’événements. Et ce, dans le cadre d’une « programmation principalement internationale », situe sa directrice, Marie Didier, dont un certain nombre de projets qui jettent des « ponts entre les cultures », comme pourra en attester Urban Gnawa project. Imaginée par le chorégraphe Khalid Benghrib et réunissant « 250 participants amateurs » à la Friche Belle de Mai, campe Julie Moreira-Miguel, responsable des relations avec les publics, une « fête électro-populaire » d’ouverture qui donnera le la d’un festival fertile en mélanges de disciplines et d’influences.

    Dans Border Dance, Taoufiq Izeddiou se jouera des « frontières entre les cultures flamenco, gnawa et danses contemporaines » au Théâtre Joliette. Klap, Maison pour la danse, accueillera quant à elle Fandango reloaded. Créée par la Valencienne Inka Romani, une plongée dans cette danse « qui a failli disparaître pendant la période franquiste et dont elle dit qu’elle a résisté à la censure et au fascisme car elle était cachée dans le corps de nos grands-mères », détaille Marie Didier. La Friche Belle de Mai sera aussi le théâtre de Nouba-ti, performance décloisonnant les disciplines et imaginée par dix artistes femmes du bassin méditerranéen, qui s’inscrivent « dans le sillage » du film La Nouba des femmes du mont Chenoua, réalisé par Assia Djebar en 1979. « Nous nous interrogeons sur la façon de faire de l’art dans un monde où la cruauté est partout, afin de construire d’autres imaginaires », explique l’une de ses trois conceptrices, la Palestinienne Samaa Wakim.

    « Affirmations »

    Si le 31e Festival de Marseille joue à fond la carte de l’art briseur de frontières, il n’en demeure pas moins lieu des échos de sociétés qui naviguent entre « soumission et soulèvements », plante Julie Moreira-Miguel. Illustration suprême avec Fucking future, de Marco da Silva Ferreira, qui, au son « des tambours et de la techno », déglingue « les codes de la virilité, de la violence, de la soif de pouvoir et de l’oppression ».

    De rébellion, il sera aussi question à la Cité radieuse du Corbusier, à l’Alcazar et au Mucem, avec un « temps fort autour du mahraganat, mouvement culturel apparu dans les rues du Caire dans les années 2000 » et qui se veut l’expression « d’une attitude contestataire vis-à-vis du pouvoir et de la religion ». De « l’intime au politique », autant de révoltes qui appellent aussi parfois à « l’affirmation de soi quand on ne se situe pas dans la norme », précise la directrice du Festival de Marseille. Preuve en sera notamment avec XXL de Sofiane Chalal qui convoque avec trois autres danseurs les préjugés liés à leur surpoids pour les transformer en puissance créatrice, Parc d’Eric Minh Cuong Castaing « qui réunit dans un même espace de jeu public, danseurs et enfants atteints de troubles moteurs, soignants et robots commandés à distance », ou encore Version(s) de Dorothée Munyaneza, « hommage au boxeur marseillais Christian Nka, marqué par la lutte et la violence avec et contre laquelle il s’est construit ».

  • Schneider condamné pour harcèlement

    Schneider condamné pour harcèlement

    « Le prévenu a passablement énervé le jury et une peine très sévère, maximale, a été prononcée. » La défense d’Erick Schneider n’a pas du tout convaincu le tribunal, ce lundi matin, et la sentence est lourde. L’ex-président du district de Provence a été condamné à 18 mois de prison dont 6 ferme. 3 000 euros d’amende viennent s’ajouter et une interdiction d’exercer pendant 5 ans au sein d’un bureau associatif. Il réalisera ses six mois sous bracelet électronique, après avoir été reconnu coupable de harcèlement moral et propos homophobes.

    Neuf personnes ont attaqué en justice Erick Schneider

    Durant ses deux ans à la tête du football amateur local (2020-2022), Erick Schneider a semé la terreur avec des pressions pour baisser le salaire de ses employés, en menaçant de licencier et en tenant des propos dégradants et homophobes, notamment envers un arbitre viré, selon lui, à cause de son orientation sexuelle. Le tribunal a retenu un « autoritarisme hors de contrôle », en soulignant que des « effets sur la santé du personnel sont établis ».

    Six plaintes avaient été déposées dans un premier temps, avant que trois autres complètent cette liste de victimes. D’abord suspendu à titre conservatoire par la Fédération française de football, l’ex-président du district de Provence n’avait pas reçu de sanction en interne. Finalement, la justice est d’un autre avis.

    En mars dernier, la procureure Irina Ternova avait requis une peine de 18 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Le tribunal a donc poussé la barre plus haut en donnant du ferme au prévenu de 65 ans. Notons également que la décision devra également être placardée au siège du district et sera publiée dans le journal L’Équipe, « quelque chose de plutôt rare », selon le procureur. Eric Schneider a maintenant 10 jours pour faire appel.

  • Romane Moulai en argent au Brésil

    Romane Moulai en argent au Brésil

    Elle aurait voulu l’or, mais Romane Moulai est repartie du Brésil avec une belle médaille d’argent. La première étape de la Coupe du monde se disputait dans un luxueux hôtel de Foz do Iguaçu, à l’extrême sud du pays. La Marseillaise s’est hissée jusqu’en finale chez les -51 kg, nouvelle catégorie olympique. Lors de ce dernier combat, elle affrontait la Chinoise Xinyu Qi et a été battue aux points. Après un très bon premier round, la Française de 26 ans a perdu à l’unanimité la deuxième reprise. Malgré ses efforts dans ce dernier round, la boxeuse chinoise a eu les faveurs des juges et s’est donc imposée à l’issue de cette finale.

    « Nous rentrons donc à la maison avec une médaille d’argent. C’était le premier tournoi majeur international de la saison, nous avons réalisé quatre combats solides contre des adversaires difficiles. Évidemment, j’aurais préféré l’or, parce que je suis une compétitrice, mais c’est très encourageant pour la suite », a-t-elle déclaré sur ses réseaux sociaux.

    En Chine pour la suite

    de la saison

    Romane Moulai a réalisé la meilleure performance française de cette première étape de la Coupe du monde. Chez les hommes, Lounès Hamraoui et Makan Traoré sont eux aussi montés sur le podium dans leur catégorie respective, en prenant deux médailles de bronze. Les Bleus vont désormais se préparer pour la suite de la saison mondiale. Du 15 au 21 juin, Guiyang City (Chine) sera la deuxième escale du circuit mondial.

  • Le village d’enfants SOS recrute plusieurs éducateurs

    Le village d’enfants SOS recrute plusieurs éducateurs

    « C’est un métier magnifique, mais c’est un choix de vie, car la mission est exigeante et demande un savoir-être et un savoir-faire non négligeables », décrit Antoine Vallet, chef de service à SOS Village d’enfants du Roy d’Espagne, dans le 8e arrondissement. C’est pour accueillir au mieux les enfants placés par décision de justice que la structure organise cette journée d’information.

    Dans le secteur de l’aide sociale à l’enfance, les besoins sont énormes et les recrutements difficiles, le métier souffrant d’un manque d’attrait principalement lié à sa faible rémunération au regard de l’engagement personnel qu’il demande. Pour autant, l’objectif premier du village et des professionnels qui y travaillent ne déroge pas à l’impératif de répondre aux besoins des enfants, tout en leur assurant un accompagnement de qualité. L’environnement calme, à proximité des calanques mais non loin des écoles, au cœur de la pinède du parc du Roy d’Espagne, en fait partie. La structure y a implanté en 1972 ses 11 maisons familiales de 150 à 200m2 qui accueillent chacune 4 à 5 enfants, sa maison commune et ses deux appartements.

    « Le village, c’est un jardin, considère Aurélie, à chaque pouce qui arrive on trouve son espace. Autour, tout un écosystème est nécessaire, avec les bons outils. » Éducatrice familiale, elle envisage son rôle avec « cœur et patience » pour que les enfants aux fragilités diverses confiés reprennent confiance en l’avenir. Parmi les outils proposés, le village dispose également d’une Maison des familles qui permet aux enfants et à leurs parents de se rencontrer dans un lieu agréable et adapté, d’un « Espace de transition » dédié aux adolescents de 14 à 17 ans. De même qu’un dispositif « jeunes majeurs » avec quatre studios autonomes, en ville, vise à les accompagner au mieux dans l’acquisition progressive d’autonomie et leur intégration socio-économique.

    Un travail d’équipe

    Ici, ce sont les binômes d’éducateur familial et d’aide familiale qui habitent chez les enfants en pension complète. Ils se relaient à raison de 21 jours par mois pour le premier et 10 jours pour le second, qui peut également intervenir en remplacement d’un poste vacant sur d’autres maisons. Ils sont épaulés par une équipe d’éducateurs et de psychologues. « Ce que l’on recherche surtout, c’est une véritable motivation, un engagement sérieux, car le village s’est concentré sur l’accueil de fratries et des placements à long terme », précise Antoine Vallet.

  • Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    « On se bat pour notre survie. » Le ton employé par Thomas Forner, responsable régional du syndicat Ufap-Unsa est sans équivoque à l’heure de la mobilisation nationale des agents pénitentiaires.

    Depuis 5h lundi matin, le syndicat, qui est majoritaire à la Maison centrale d’Arles, bloque les entrées et sorties car la situation « n’est plus tenable » selon le syndicaliste. « Nous avons d’un côté la surpopulation et de l’autre la sous-dotation. Il nous manque 13 agents à la maison centrale, c’est une équipe complète », détaille-t-il. « Certains agents font jusqu’à 90h supplémentaires par mois, quand arrivera l’accident à la sortie du travail ? Ne pas avoir les moyens de faire nos missions entraîne frustration puis énervement, puis agression », analyse Thomas Forner. « Il ne se passe pas une journée en France sans qu’un collègue finisse à terre. On joue sa vie à la prise du service et à l’extérieur de l’établissement. Mais en pas d’agression qui viendra nous sauver ? », se demande le responsable.

    « Un ultimatum »

    La mobilisation lancée par l’Unsa a été rejointe par la CGT au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille. Fin des postes vacants, fin des 6 500 matelas au sol, stop à l’épuisement : la CGT pénitentiaire place ces enjeux non plus comme des revendications, mais comme « un ultimatum » au regard d’un système carcéral qui « implosera faute de moyens ».

    Le syndicat Force ouvrière, dans un communiqué lapidaire, parle de « comédie syndicale » à propos de la mobilisation et n’y participe pas, y voyant « une stratégie électorale » à l’approche des élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre.

  • L’OM piétine face à Nice et n’a plus son destin en main

    L’OM piétine face à Nice et n’a plus son destin en main

    Rien n’est encore joué, mais la troisième place s’éloigne petit à petit pour les Marseillais. Ces derniers, tenus en échec dimanche soir au Vélodrome face à un OGC Nice peu dangereux (1-1), ont désormais quatre points de retard sur l’Olympique Lyonnais et Lille, tous deux victorieux ce week-end. « Ne pas se résigner », lance comme message Habib Beye, après la désillusion face aux Aiglons. « Il reste neuf points à prendre. Aujourd’hui, on n’a plus notre destin en main, mais tant que rien n’est fini, on ne peut pas baisser la tête. La dynamique n’est pas bonne, c’est évident, mais il faut continuer à travailler et ne rien lâcher. Ce club mérite qu’on reste concentrés jusqu’au bout. Ce soir est difficile à accepter, car il y a eu une réaction après Lorient. On a mis de l’agressivité, récupéré des ballons hauts et créé des situations. Mais on ne maîtrise pas certains détails et on se punit avec ce penalty », ajoute le technicien franco-sénégalais. La non-titularisation du fer de lance Mason Greenwood a eu un impact significatif sur l’animation offensive olympienne. « Ce n’était pas un choix sportif », indique Beye. « Depuis le choc reçu contre Lille, il souffre d’une lésion et n’a pas retrouvé la mobilité de sa cuisse. Toute la semaine, on a ajusté sa situation. Il a été très honnête, y compris ce matin, en disant qu’il ne se sentait pas capable de débuter. C’était donc une décision prise pour préserver sa santé », poursuit-il, persuadé que l’état d’esprit global de l’équipe était « irréprochable », mais que certains entrants n’ont pas eu l’impact attendu en fin de match.

    Une saison difficile

    sur le plan mental

    La prestation du milieu international algérien Himad Abdelli, débarqué dans la cité phocéenne lors du dernier mercato d’hiver et loin d’être aussi performant qu’à Angers, est particulièrement mis en cause. « C’est une saison très, très dure pour nous, très, très compliquée au niveau mental. Pas sur le plan physique, mais plus mental », insiste Gerónimo Rulli, conscient que les trois prochaines journées seront décisives dans la course à la fameuse troisième place, qualificative pour la prochaine édition de la Ligue des Champions. Le sprint final débutera dès ce samedi (à 15h) au stade de la Beaujoire, face au FC Nantes, avant-dernier et en grand danger de relégation. S’en suivra le déplacement au Havre, installé dans le ventre mou du championnat et assuré de ne pas descendre en Ligue 2, puis la réception du Stade Rennais, qui compte à ce jour trois points d’avance sur les Olympiens. Un dernier duel qui décidera du sort européen, ou non, de la formation marseillaise pour la saison prochaine. « Quand on joue pour l’Olympique de Marseille, on n’a pas le droit d’être résigné. C’est difficile à vivre pour moi aujourd’hui, car j’ai le sentiment de ne pas amener ce club là où il doit être. Mais on ne va pas lâcher. Il reste trois matchs : soit on abandonne et on subit, soit on reste concentrés et on va challenger tout le monde. Il faut gagner nos matchs, c’est la seule vérité », martèle Habib Beye.

    Le rendement catastrophique d’Habib Beye

    Arrivé à la tête des Olympiens au mois de février, afin de succéder à Roberto De Zerbi, Habib Beye affiche des résultats plus que décevants. Le technicien marseillais ne totalise que 13 points après ses 9 premiers matchs officiels sur le banc de l’OM en Ligue 1, soit les pires débuts pour un entraîneur arrivé en cours de saison au club phocéen dans l’élite depuis Franck Passi en 2016 (13). Avec 40% de victoires, il s’apprête à connaître la pire saison de sa courte carrière d’entraîneur. En cas de succès sur les trois dernières journées, son taux de réussite remonterait à 54%. Ce qui resterait toutefois insuffisant compte tenu des hauts objectifs que se fixe annuellement l’OM, avec des recrutements massifs à chaque mercato.

  • Sans promesses sur l’avenir, la Métropole lance sa fronde

    Sans promesses sur l’avenir, la Métropole lance sa fronde

    Au moment d’inscrire leur vote ce mardi après-midi sur leur pupitre numérique, les 238 conseillers de la Métropole Aix-Marseille-Provence vont s’engager sur un chemin inédit. Selon toute probabilité, comme l’ont maintenu le président (LR) de l’institution Nicolas Isnard et le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, après avoir rencontré Sébastien Lecornu ce jeudi (notre édition du 24/04), ceux-ci devraient, pour la première fois de la brève histoire métropolitaine, refuser de voter les budgets qui leur sont présentés.

    « On arrive au bout de l’exercice, nous faisons face à la même muraille, constate le vice-président (LR) aux finances, David Ytier, dix jours après avoir alerté lors du débat d’orientations budgétaires sur les 123 millions d’euros manquants pour boucler le budget. Nous constatons deux choses : nous ne sommes pas en capacité de dégager une majorité pour voter des coupes massives dans les dépenses et des hausses massives des taxes, et de l’autre côté, l’État n’a pas réellement avancé, sauf à tendre l’oreille. » Interpellé par la presse en marge du comité de pilotage national consacré au logement à Marseille, le Premier ministre reconnaissait une copie « dure pour les intercommunalités » mais sans s’engager à débloquer de nouveaux leviers de financement, et en particulier le déplafonnement du versement mobilité payé par les entreprises, afin d’atteindre le niveau de l’Île-de-France. Ce qui aurait permis de financer le fonctionnement des nouvelles infrastructures du plan Marseille en grand. « Cela nous aurait envoyé un message, bouclez votre budget 2026 dans la douleur mais on vous donne un remède pour 2027 », déplore le vice-président.

    Alors les conseillers métropolitains devraient aller jusqu’au bout du bras de fer en refusant de voter le budget. Un geste déjà réalisé par le Département de Seine-Saint-Denis, en 2010, auquel il manquait 75 millions d’euros pour boucler le budget. « Et l’État avait commencé à créer de nouveaux fonds de dotations », rappelle David Ytier, soulignant la rareté d’un tel geste unanime.

    « L’État n’a pas payé ce qu’il devait payer, il doit investir dans la deuxième Métropole de France pour qu’elle soit à la hauteur d’enjeux européens, voire mondiaux. Nous avons des transports qui ne sont pas à la hauteur de Paris », appuie ainsi le maire (PCF) du Rove Paul Sabatino, qui devrait prendre la tête d’un groupe communistes et apparentés au sein d’un inter-groupe plus large de la gauche métropolitaine, tandis que se constituent plusieurs groupes à droite de l’hémicycle.

    Equation intenable

    S’il insiste sur le déplafonnement du versement mobilité et salue la méthode métropolitaine, il tient aussi à défendre la gratuité des transports dont la chambre de commerce et d’industrie veut la peau en échange d’une augmentation des taxes payées par le patronat. « Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement pour la planète, pour la liberté de se déplacer », argumente-t-il.

    Pour la Métropole, l’absence de budget lancera une procédure où la chambre régionale des comptes et la préfecture devraient reprendre la main (notre édition du 23/04), avec pour principale contrainte l’impossibilité de voter tout nouvel investissement. « Nous n’allons pas considérer que nous sommes déchargés, qu’ils doivent se débrouiller, nous allons coopérer avec l’État, nous aurons des propositions à leur soumettre », s’engage David Ytier. Qui répète que les attributions de compensations, l’argent reversé par la Métropole aux communes sur la base de l’ancienne taxe professionnelle, ne peuvent pas être touchées. « Nous avons travaillé avec des juristes, ce sont des dépenses obligatoires », confirme-t-il. Surtout, il pointe les marges d’actions plus restreintes qu’attendues. « Pendant une semaine, on nous a dit de puiser dans nos excédents, il a fallu une réunion au plus haut sommet pour qu’ils conviennent qu’on n’a pas de fonds de roulement », soupire l’argentier. Et d‘espérer : « Cette procédure aura une vertu, l’État va se rendre compte que l’équation est intenable, sauf à activer des leviers supplémentaires. »