Tag: Marseille

  • Un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à sa fille

    Un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à sa fille

    Le jugement prononcé par la chambre de la famille du tribunal correctionnel de Marseille ne laisse place au doute. Dépassant les réquisitions de 4 ans de prison avec sursis probatoire du procureur qui avait même proposé de requalifier les faits en mise en danger, les juges ont condamné, hier, Samantha M., absente au délibéré, à la peine de 4 ans de prison dont un an ferme avec un sursis probatoire renforcé de 3 ans, à la déchéance de l’autorité parentale, à l’obligation de suivre des soins psychiatriques et à ne pas entrer en contact avec sa fille placée. La peine est assortie de l’exécution provisoire.

    Les juges ont été emportés par la conviction que cette mère de 50 ans qui vit à Toulon était bel et bien coupable en dépit de ses farouches dénégations, d’avoir volontairement et activement administré de la cocaïne en 2022 à sa fille de 10 ans atteinte d’une maladie neurogénique rare. La fillette avait été hospitalisée le 14 février 2022 dans le service de neurologie de la Timone Enfants. Son état n’avait cessé de se dégrader pour plonger dans le coma le 11 mars, nécessitant une réanimation. Pressentant une possible intoxication, des analyses étaient réalisées qui démontraient la présence de cocaïne et de Fentanyl dans le sang, les urines et les cheveux et jusque dans des prélèvements du liquide céphalo-rachidien conservé en 2020 par l’hôpital et qui révélaient déjà des traces de cocaïne. Aucun médicament morphinique ou opioïdes n’entrait pourtant dans son traitement.

    « J’étais la coupable d’avance »

    Dénonçant à l’audience du 20 mai « une machination » de son ex-conjoint qui a obtenu la garde de la fillette et qui se dit « sûr et certain qu’elle l’a droguée », la mère n’a eu de cesse de protester de son innocence. « J’étais la coupable d’avance parce que j’avais consommé et que ça fait de moi une mauvaise mère », s’est-elle défendue, lançant même au tribunal : « Vous pouvez me mettre mille ans en prison, ce qui me fait de la peine, c’est qu’on dise que je lui ai fait du mal. »

    Le 17 mars 2022, l’hôpital de la Timone avait procédé à un signalement au parquet. Les enquêteurs trouvaient 3,4 grammes de cocaïne dans le portefeuille de la mère et des résidus de cocaïne sur l’étagère de la chambre d’hôpital. Placée en garde à vue, elle était positive à la cocaïne, la méthamphétamine, le THC, l’amphétamine et à l’opium. Elle reconnaissait avoir consommé de la coke dans la salle de bains de la chambre. Les expertises ordonnées par la juge d’instruction concluaient que « l’aggravation de l’état de la fillette était très certainement liée à des interactions médicamenteuses causées par l’administration indue de cocaïne, combinée à son traitement ».

    À la suite de son placement provisoire, l’enfant n’avait plus reçu de visite. Son état de santé s’était amélioré, avec notamment une reprise de la marche et de la parole. Le juge des enfants relevait chez la mère des traits laissant penser à un syndrome de Münchhausen par procuration, ce qu’observait aussi le psychiatre s’agissant de cette forme de maltraitance parentale consistant à exagérer ou provoquer délibérément des signes de maladie sur son propre enfant dans l’optique de susciter l’attention, la compassion ou la reconnaissance, l’adulte se positionnant en figure héroïque. Auprès des professionnels de l’aide sociale à l’enfance, la mère se présentait comme sauveuse de sa fille : « Avec tout ce que j’ai lu et appris j’aurais pu faire médecin. Je lui ai sauvé la vie au moins sept fois. Je sais mieux que les médecins. »

    La thèse de la « contamination passive »

    L’expert psychiatre a relevé le besoin de la mère à susciter la compassion et d’être admirée dans son dévouement pour sa fille. Un type de fonctionnement qui renvoie à ce syndrome et questionne sur sa possibilité de tenir des propos mensongers, la mère ayant fait croire autour d’elle qu’elle avait une tumeur au cerveau. Autre élément retenu à charge : un dessin de la fillette représentant sa mère, un pot de sel apporté par cette dernière à l’hôpital, son père et un cœur brisé. Les investigations ont montré qu’un flacon de verre contenant de la cocaïne a été trouvé dans la veste de la mère dans la chambre d’hôpital.

    Me Frédérique Chartier, son avocate, plaidait la « contamination environnementale passive » au regard de la consommation de cocaïne de la mère. À l’issue du délibéré, elle a rappelé qu’« aucune expertise toxicologique n’a été menée sur le père et que ce n’est que 18 mois plus tard qu’on a découvert que lui aussi était consommateur de cocaïne. Cette enquête a été menée à charge. Je vais conseiller à ma cliente de faire appel. »

  • Un réquisitoire tout politique pour l’avocat de Félix Bingui

    Un réquisitoire tout politique pour l’avocat de Félix Bingui

    « Seize ans, c’est une peine d’assises qui est requise », a dénoncé Philippe Ohayon, avocat de Félix Bingui, dirigeant présumé du clan Yoda, en charge notamment du point de deal de la Paternelle selon les enquêteurs. Enquêteurs dont la défense n’a eu de cesse de mettre le travail en doute tout au long des plaidoiries de ce mercredi 3 juin, au tribunal correctionnel de Marseille. Car il n’a pas échappé aux avocats que les trois policiers en charge de la vidéosurveillance et des écoutes du dossier Bingui sont mis en examen dans le cadre de l’affaire Trident dont les dessous ont été révélés en octobre 2025 par Libération et Mediapart. Avec des « sonorisations illégales » rappelle maître Ohayon, « ils ont pris des risques déontologiques incroyables pour faire tomber un dénommé “Mimo”, [ce] qui a raté ».

    « La procédure est construite sur une pyramide à la gloire de Monsieur Bingui dont on se demande si elle n’est pas un hologramme, et dont tous les éléments ont pour but de le mettre en cause », poursuit l’avocat qui martèle : « Les constatations policières en matière délictuelle ne valent qu’information. » Pour lui, dans ce dossier basé sur une « quinzaine de déclarations éparses », issues de « centaines d’heures d’écoutes », il n’y a « rien de précis sur le trafic de stupéfiants. Même pas des éléments déductifs. Moins il y a de preuves, plus [Bingui] est coupable ».

    Un procès sous pression gouvernementale

    Il enchaîne : « Ce que nous savons c’est qu’il y a des parties de cartes, de barboute [jeu de dés, Ndlr] ou je ne sais pas quoi » dans un local attenant à une alimentation rue Thubaneau, « un sac plastique donné devant cette épicerie et c’est le trafic de drogue. C’est le sac plastique conspiratif… ».

    L’avocat déplore également que dans ses réquisitions « le ministère public ait si peu évoqué les débats » de ces trois semaines d’audience, comme s’il y avait « un mur de culpabilités, de certitudes, de convictions ». Il s’inquiète du contexte de « guerre » contre le narcotrafic, « une pression gouvernementale » qui pèse lourd dans la balance de la justice estime-t-il, « alors qu’à Marseille il y a de vrais sujets, que nous parlons plus en France de trafic que d’éducation, de progrès ». Il n’ose imaginer qu’il s’agit dans ce procès de « faire de la politique ».

    Puis de nuancer : « Nous ne sommes pas là pour faire passer Monsieur Bingui pour une victime, il y a 35 éléments à charge. » Abordant son train de vie, qui pour le procureur « ne correspond pas à une activité légale », Philippe Ohayon admet que « la non-justification de ressources » est « possible ». « Nous ne nions pas que ces dépenses soient liées à d’autres activités délictuelles, mais quel lien avec la Paternelle ? » interroge-t-il. Sur son patrimoine immobilier dont un appartement à Dubaï dont il serait propriétaire, « nous avons fait la demande. Les Émirats arabes unis n’ont toujours pas répondu », assure l’avocat.

    Philippe Ohayon en rajoute une louche sur la sévérité de la peine d’emprisonnement requise. « Seize ans pour trafic de cannabis est-ce bien sérieux ? Nous sommes dans l’inversion des valeurs » s’indigne-t-il, où « la tête de Félix Bingui sur une pique, c’est le sort qu’on réserve à tous les trafiquants de drogue, voilà le message de la justice ». Citant des vers d’Aragon, « rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force. Ni sa faiblesse, ni son cœur », il assène : « Félix Bingui a un avenir. » Reste à savoir lequel. Délibéré ce vendredi 5 juin.

  • Bruno Genesio se rapproche à grands pas du banc de l’OM

    Bruno Genesio se rapproche à grands pas du banc de l’OM

    Bruno Genesio et l’Olympique de Marseille sont sur le point de s’unir. L’accord avec l’ancien entraîneur du Losc est quasiment bouclé, selon RMC Sport et Foot Mercato, ce mercredi. Seuls quelques derniers détails resteraient à régler, comme la question du staff, mais, sauf retournement de situation, le technicien de 59 ans sera sur le banc olympien à la reprise. Seulement quelques jours après l’intronisation de Grégory Lorenzi au poste de directeur sportif, l’OM tient son nouveau trio. La page Longoria-Benatia-De Zerbi est définitivement tournée avec l’installation de Stéphane Richard à la présidence et l’arrivée des deux hommes précédemment cités.

    Franciser la direction sportive était une volonté du futur président, qui doit officiellement prendre ses fonctions début juillet. Les premiers contacts avec Bruno Genesio semblent avoir été positifs. Leur vision du projet marseillais est commune et les deux parties se sentent prêtes à relancer une machine à l’arrêt après une saison façon grand 8. S’attacher les services du Lyonnais d’origine s’inscrit également dans une logique de stabilisation. La Commanderie a souvent brûlé, au sens figuré, ces dernières années, et le profil de Genesio pourrait contribuer à apaiser le club.

    Par ailleurs, l’entraîneur connaît bien la Ligue 1 après ses passages plutôt positifs à l’OL, à Rennes puis à Lille, entité qu’il a officiellement quittée le lundi 25 mai. Sa capacité à fédérer un groupe et à valoriser les jeunes talents a également séduit la direction olympienne. La stabilisation du secteur sportif devrait désormais permettre d’enclencher la phase suivante : celle du mercato. Un casse-tête XXL à résoudre, tant du côté des départs que des arrivées.

    Forgé par la Ligue 1

    Bientôt âgé de 60 ans – il les aura le 1er septembre –, Bruno Genesio est un homme d’expérience. Avant d’être entraîneur, il a également été un milieu de terrain de Division 1 durant de nombreuses années. Natif de Lyon, c’est dans la capitale des Gaules qu’il a évolué une majeure partie de sa carrière. Entre 1985 et 1995, Bruno Genesio a notamment croisé Rémi Garde sur les pelouses lyonnaises. Durant un prêt à Nice, lors de la saison 1993-1994, il décroche également un titre de champion de D2. Sa venue dans les Bouches-du-Rhône ne sera pas une totale nouveauté. À 29 ans, sa carrière se termine au FC Martigues, alors que le club finit lanterne rouge et quitte l’élite du foot français.

    C’est également à l’OL que sa seconde carrière va décoller. Coach de la réserve durant deux saisons, il est propulsé entraîneur adjoint d’un certain Rémi Garde, puis de Hubert Fournier. C’est justement après le limogeage de ce dernier, à l’hiver 2015, que Bruno Genesio obtient sa première expérience sur un banc professionnel. 2e pour sa première saison en L1, il atteint ensuite les demi-finales de l’Europa Ligue, battu par l’Ajax. Outre Rennes et Lille, où son potentiel a été confirmé, le Rhodanien a vécu un court moment en Chine. Le technicien a été la tête du Beijing Guoan, durant la période Covid-19. Ses valises vont cette fois se poser à Marseille, dans un environnement différent de ses précédentes expériences.

    L’OM toujours dans l’attente de l’UEFA

    L’Olympique de Marseille ne sait pas encore s’il pourra bien participer à la prochaine édition de la Ligue Europa. L’UEFA menace le club d’exclusion de toutes compétitions européennes pour la saison prochaine. Une décision pourrait être prise avant la fin de la semaine. L’instance européenne n’est pas satisfaite de la gestion financière de l’OM, sachant que les deux parties avaient scellé un accord, en 2022, pour revenir à l’équilibre financièrement.

    Une exclusion profiterait à Monaco, 7e de Ligue 1, qui hériterait de la place en phase de ligue des Olympiens. Par le passé, l’AC Milan avait connu pareille sanction. En 2018, l’équipe lombarde avait également été exclue de la Ligue Europa par l’UEFA.

  • [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    La trêve des municipales passées, les chantiers reprennent. À travers un arrêté préfectoral signé le 20 mai et publié vendredi dernier, la préfecture a accordé une double autorisation d’exploitation au groupe Segro pour son projet de data center couplé à une plateforme logistique, sur la zone Actisud, dans le quartier de Saint-André (16e arrondissement de Marseille).

    Sur cette parcelle de 5 hectares, le géant du foncier logistique prévoit de construire, à l’horizon 2025, un entrepôt sur trois étages pouvant accueillir quelque 20 000 tonnes de marchandises, avec 45 quais de livraison jouxtant un parking silo à proximité immédiate de l’A55. Le centre de données, de son côté, doit s’élever sur cinq étages, avec une emprise au sol de 18 000 m², pour une consommation électrique annuelle de 220 GWh. Soit plus que ce que consomment les habitants d’Arles. Face à la saturation des installations électriques à Marseille, notamment avec le branchement à quai des navires, une nouvelle ligne souterraine doit donc être tirée par le gestionnaire du réseau RTE sur plus de 9 km pour être raccordée au poste de Septèmes-les-Vallons. De quoi repousser la mise en service au moins en 2030.

    Crainte d’îlot de chaleur

    Situé à proximité immédiate d’habitations, ce projet d’ampleur avait suscité une fronde de riverains. À diverses reprises, ils avaient manifesté contre son implantation, la dernière fois à la veille du Coderst (Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se tenait le 29 avril. « Ce n’est pas neutre un data center au milieu des habitations et nous avons la double peine avec l’entrepôt logistique », s’inquiète le président du CIQ de l’Estaque, Patrick Robert. « Face aux canicules, le data center va rejeter de la chaleur. Et avec l’entrepôt, plus de 300 camions supplémentaires vont débarquer chez nous ! » Les études de circulation réclamées par les riverains n’ont jamais été transmises, tandis que le gestionnaire du réseau électrique a déjà été autorisé à pénétrer dans les propriétés privées pour réaliser les études nécessaires au raccordement. Malgré ces inquiétudes, après les avis favorables rendus par le commissaire enquêteur le 28 mars 2025, la préfecture juge que « les consultations effectuées n’ont pas mis en évidence la nécessité de faire évoluer le projet initial et les mesures imposées à l’exploitant sont de nature à prévenir les nuisances et les risques présentés par les installations ».

    Les associations contestataires, après s’être réunies lundi, ont déjà contacté des juristes et pensent à attaquer cette décision. « Mais, en dernier recours, c’est la mairie qui décide », pointe Patrick Robert, appelant la municipalité à refuser le permis de construire. « Le permis est déposé et en cours d’instruction », confirme l’adjointe (PS) à l’urbanisme Audrey Gatian, indiquant que la municipalité, pour l’heure, ne s’exprimait pas sur l’opportunité du projet. Lors de la concertation, la maire adjointe (DVG), Samia Ghali, avait dit son opposition au projet « dans les conditions actuellement proposées ». Sollicitée, la société Segro n’a pas donné suite.

  • Le 54e congrès de la CGT a adopté une motion de soutien à Pascal Galeoté et et Bernard Cristalli du GPMM

    Le 54e congrès de la CGT a adopté une motion de soutien à Pascal Galeoté et et Bernard Cristalli du GPMM

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    La motion dénonce : « Un procès partial, ou les objectifs politiques ont pris le pas sur la justice. Les fuites permanente dans la presse bourgeoise et la complicité d’organisations syndicales ont été les outils du pouvoir en place pour tenter d’écarter des représentants de la CGT qui est largement majoritaire sur le port. Cette décision inique témoigne de l’acharnement du gouvernement et du patronat à vouloir museler le monde du travail ». Votée à une très large majorité en même temps que d’autres motions, elle pointe aussi que cette condamnation « illustre la volonté du gouvernement et du patronat d’accélérer le démantèlement des activités industrielles et portuaires du département des Bouches du Rhône, et d’en finir avec tous ceux qui résistent et lutte pour travailler et vivre dignement dans notre pays ».

  • Deux demi-lignes mises en place par la RTM suite à un accident mortel avec le tramway

    Deux demi-lignes mises en place par la RTM suite à un accident mortel avec le tramway

    Un accident impliquant un tramway et un piéton s’est produit ce mercredi 3 juin, peu avant 16h, cours Belsunce à Marseille.

    Le piéton, grièvement blessé lors de la collision, est décédé malgré l’intervention rapide des secours.

    Une enquête a été ouverte et confiée aux services de police afin d’établir les circonstances précises de cet accident.

    Toutes les infos trafic.

  • Après l’éviction de Valérie Guarino, Jean-Marc Perrin reprend la délégation au handicap au Département

    Après l’éviction de Valérie Guarino, Jean-Marc Perrin reprend la délégation au handicap au Département

    C’est le conseiller départemental aixois délégué au Bel Age Jean-Marc Perrin (DVD), président du bailleur social 13 Habitat depuis le mois de juillet 2025, qui récupère les délégations du handicap et devrait occuper la présidence de la Maison départementales des personnes handicapées (MDPH). Des responsabilités confiées par la présidente (DVD) du Département Martine Vassal face à « la nécessité pour la bonne marche des affaires départementales », à travers un arrêté pris ce mercredi matin suite à l’éviction de la vice-présidente Valérie Guarino, dont le ralliement à l’extrême droite a été annoncé lundi.

    Restera cependant à réunir un conseil d’administration pour changer la présidence de la MDPH, qu’elle occupe toujours. Quant aux délégations aux routes et à l’aménagement du territoire, retirées à Marie-Pierre Callet et Laure-Agnès Caradec en ce début de semaine, leur faisant perdre leurs indemnités d’élues, elles restent pour l’heure aux mains de la présidente de la collectivité.

  • [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    « On dit souvent qu’il est possible de tirer du positif de toutes les catastrophes. Je crois que l’École du feu en est un exemple concret » : Nicolas de Monsabert est un habitant de la Pelouque dans le 16e arrondissement de Marseille. Son quartier de l’Estaque a été parmi les plus touchés par l’incendie qui a ravagé une partie des quartiers Nord de la ville à l’été 2025. Le 8 juillet, le feu se déclare aux Pennes-Mirabeau, à proximité de l’autoroute A55. Il parcourt finalement 750 hectares et détruit ou dégrade quelque 90 habitations. Dont celle de Nicolas.

    De cette catastrophe naît une volonté : lutter contre l’oubli, qui souvent fait suite aux événements traumatiques, en tentant d’apprendre à mieux appréhender le feu, inhérent à l’écosystème méditerranéen. Une ambition qui devient réalité lorsque le collectif de l’incendie du 8 juillet, créé au lendemain de la catastrophe, décide, en août, de fonder un sous-groupe de travail : l’École du feu, portée par les habitants, le Bureau des guides et plusieurs experts du feu. L’initiative reçoit, en décembre un financement de la part de la Fondation de France. De quoi monter, sur deux ans, un plan de « recherche-action ».

    Apprendre, transmettre, agir

    « Évidemment, la première étape est celle de la montée en compétences », souligne Julie De Muer. Pour accompagner cet apprentissage, notamment : Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et, depuis 12 ans, spécialiste de l’apport du paysage sur les risques incendies. Son rôle : « Sensibiliser à la fois les habitants et les pouvoirs publics aux manières dont on peut adapter nos constructions dans les zones à fort risque incendie ».

    D’autres experts, comme Élise Boutié, anthropologue, proposent une approche moins technique et reviennent sur le rapport qu’entretiennent les sociétés avec le feu. Pour retenir toutes ces informations, des artistes, telle que Garance Maurer, qui produit depuis trois ans des travaux autour du feu, réfléchissent, toujours en collaboration avec les habitants, à des méthodes pour   accompagner la digestion collective des apprentissages ».

    Mais l’École du feu ne se veut pas que théorique, au contraire. Plusieurs « travaux pratiques » ont déjà été mis en place, comme la création d’une pépinière dans l’un des secteurs touchés par le feu. Parmi ses futures ambitions : mettre en place un « troupeau du feu », qui pourrait assurer un rôle de débroussaillage, essentiel pour limiter l’expansion d’un incendie. « C’est un vrai projet politique de vivre ensemble », apprécie Nicolas de Monsabert, très impliqué dans le groupe de travail.

    Une exposition retraçant la première année de travaux de l’École du feu se tiendra début juillet à l’Estaque.

    Margot Milhaud La Marseillaise

  • Un soutien indéfectible apporté à Christophe Gleizes

    Un soutien indéfectible apporté à Christophe Gleizes

    Après six mois passés sur la façade de l’hôtel du Département, la bâche de soutien à Christophe Gleizes a été installée, ce mardi, aux Archives et bibliothèque départementales de Marseille. Ce journaliste a été condamné en appel à sept ans de prison en Algérie, où il s’était rendu pour un reportage. Pour Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental, ce lieu dédié au savoir et à la transmission permet de rappeler qu’« un journaliste est injustement retenu loin des siens » et que la défense d’un journaliste revient à défendre « l’oxygène de notre démocratie ».

    Un concours dédié aux collégiens

    La cérémonie a aussi marqué le lancement de « Collégiens 13 Infos », concours de journalisme porté par le Département et le Club de la presse Marseille-Provence. Entre presse écrite, radio, vidéo et web, les élèves seront accompagnés par des professionnels afin de développer leur esprit critique face aux fake news et, peut-être, de susciter des vocations.

  • L’historien Marc Bloch au Panthéon et aux Rotatives

    L’historien Marc Bloch au Panthéon et aux Rotatives

    Historien et Résistant de la Seconde Guerre mondiale, Marc Bloch entrera au Panthéon le 23 juin. Yann Potin, archiviste historien, et les professeurs à l’université de Provence Aix-Marseille, Laure Verdon et Julien Loiseau, sont les invités du collectif, qui consacre une soirée au chercheur et chef de réseau, torturé et fusillé par la Gestapo en 1944.

    Histoire contemporaine

    Pour la première fois de son histoire, le Panthéon, sanctuaire de la mémoire nationale, accueille un historien qui fut aussi un grand Résistant, engagé dans la clandestinité, à Lyon, en 1943-1944. Liberté et esprit critique n’ont cessé de guider son parcours de chercheur et d’enseignant, fondateur de l’Histoire contemporaine par sa réflexion exigeante sur le métier d’historien. Témoin critique de son temps, Marc Bloch a contribué à la reconnaissance de l’histoire économique et sociale, défendant l’étude du temps long et le dialogue avec les autres disciplines. Ce statut d’historien engagé n’allait pas de soi. Son tempérament ambitieux agaçait certains pairs. Bien plus grave, l’antisémitisme des années 1930 n’a pas épargné son parcours.

    Son entrée au Panthéon le 23 juin, 82 ans après son exécution sommaire, honore à la fois le savant et le Résistant : un intellectuel engagé, cofondateur de la revue des Annales, qui était convaincu que comprendre le passé est une exigence pour éclairer le présent et défendre les valeurs républicaines. C’est sur cet héritage qu’il laisse à la pensée que les invités de la conférence reviendront ce jeudi.

    Les Rotatives, 19 Cours d’Estienne d’Orves, Marseille, 1er. Entrée libre.