Tag: Marseille

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • [Entretien] Imany : « La liberté a toujours un prix. Et elle coûte souvent très cher »

    [Entretien] Imany : « La liberté a toujours un prix. Et elle coûte souvent très cher »

    La Marseillaise : Quels sont vos souvenirs de la Fiesta des Suds, où vous vous êtes produit pour la première fois en 2011 ?

    Imany : C’était au Dock des Suds. Je me rappelle de la sensation que j’avais eue de jouer pour la première fois à Marseille, où je garde de fortes attaches. On avait galéré avec le son, mais quelle ambiance… Le public marseillais n’est en général pas facile. Quand on arrive à le faire lever, on sait qu’on a fait quelque chose de bien. J’étais touchée aux larmes. Je me suis remémoré l’enfant que j’étais quand j’allais acheter le pain de l’autre côté du quartier, que je chantais à tue-tête car c’était le seul endroit où je me sentais libre de le faire.

    Votre père officiait dans l’armée de l’air. Vous avez vécu et grandi sur la base aérienne d’Istres. Un lieu où Emmanuel Macron était venu présenter ses vœux début 2026. Que vous inspire le climat actuel de guerre généralisée ?

    Imany : De la tristesse et de la colère. On oublie à chaque fois qu’il y a des individus derrière ces guerres, que c’est l’enfant de quelqu’un qui va se sacrifier. Moi, je suis fille de militaire, je suis allée en école militaire, je connais La Marseillaise par cœur que je chantais au son du clairon, de la levée du drapeau. Pour autant, je suis profondément antimilitariste et pour la diplomatie. Mais hélas, c’est toujours celui qui a le plus gros armement qui dicte sa loi.

    Une autre guerre, plus intime, vous a habité au moment de la création de votre dernier album « Women deserve rage ». Il parle de votre lent processus de souffrances, puis de libération, suite à une relation toxique avec votre ancien compagnon. Comment en êtes-vous ressortie ?

    Imany : Aujourd’hui, je vais très bien. J’ai construit l’album sur les pas du chemin que j’ai parcouru pour revoir enfin le jour. C’est un processus très compliqué que celui de se libérer d’une relation toxique. Déjà, c’est très difficile de l’identifier. Ensuite, c’est aussi dur de s’en échapper. Et enfin, il faut réussir à se désintoxiquer.

    Vous vous êtes libérée de cette prison mentale, mais à quel prix…

    Imany : La liberté a toujours un prix. Et elle coûte souvent très cher. On est obligés de traverser des épreuves difficiles pour accéder à sa propre profondeur. Sur le plan physique et émotionnel, on n’y échappe pas. Ceux qui y échappent, ce sont par exemple les gens qui se droguent ou se noient dans le travail pour ne pas avoir à y faire face. Mais pour les surmonter, il faut accepter la douleur qui vient. C’est le prix à payer.

    « Toutes les victimes sont dignes », chantez-vous sur le morceau « Ruling over ».
    Qu’est-ce que ça vous fait de voir que leurs paroles sont pourtant encore et toujours remises en cause
     ?

    Imany : Cela m’exaspère. Pour la manière dont les choses sont établies pour la justice, par exemple, c’est à la charge de la victime de prouver qu’elle a été victime. Dès lors, sa parole est forcément remise en doute car elle doit toujours prouver qu’elle est en fait victime. On voit que les statistiques sont plutôt du côté des victimes dans le sens où un infime pourcentage de déclarations sont s’avèrent fausses. Et au lieu de se ranger à l’écrasante majorité, on se dit que pour cet infime pourcentage, on va sacrifier le reste. Il y a tout un travail à faire autour de la protection et de l’écoute des victimes, déjà auprès des policiers car ils prennent la plainte en premier. Pour des violences familiales, par exemple, on peut mettre en doute la parole d’un enfant de 5 ans, alors qu’il n’a pas de raisons de raconter des histoires sur ses parents. Il faut d’abord être bienveillant envers les gens avant d’être méfiant.

    Parmi les genres que vous explorez, la musique soul, historiquement liée à la défense des opprimés. Ça vous fait quoi de voir l’extrême droite aux portes du pouvoir ?

    Imany : La polarisation des opinions s’affirme, mais elle est toujours rentable pour les pouvoirs en place. Tant qu’on se divise, qu’on pense que le problème vient de l’extérieur : c’est beaucoup plus dur de déplacer une foule quand elle se tient la main que quand elle se pointe du doigt. C’est un système vieux comme le monde depuis les Romains. Les réseaux sociaux et algorithmes donnent l’impression d’être attaqué par les autres en permanence : les noirs, les étrangers, les musulmans, les jeunes… Mais pour faire un pont avec mon album, quand on ne dresse pas sa colère, et bien cette dernière se retourne contre nous et on est plus facilement manipulable. C’est ensemble qu’on est plus fort. Je sais que ça semble être une phrase sortie d’un poster à la con. Moi, je chante dans le monde entier, dans des endroits où les chanteurs français ne vont pas : au Kazakhstan, en Lituanie… Là, je reviens d’Arménie, un peuple qui n’a jamais été tranquille tout au long de l’histoire car il est attaqué constamment. Quand je chante dans ces pays, je me rends compte que les gens vibrent au même endroit. Non pas que je sois une chanteuse exceptionnelle, mais ça veut dire qu’on veut tous fondamentalement la même chose : la sécurité, la paix, la douceur.

  • La manne des parkings va-t-elle rester au privé ?

    La manne des parkings va-t-elle rester au privé ?

    Les caisses automatiques des parkings souterrains de la Métropole Aix-Marseille sont de véritables machines à sous pour certains. Malgré une année marquée par les sinistres avec l’incendie du parking République au mois de janvier et les changements de gestionnaires, les 5,7 millions de passages dans les parcs de stationnements d’intérêt métropolitains, en 2024, ont rapporté quelque 4,5 millions d’euros (avant impôts) à leurs gestionnaires, sur un chiffre d’affaires de 42,5 millions d’euros.

    C’est dire l’enjeu qui se profile avec la fin de six délégations de service publique d’ici à la fin du mois de mars 2029, sur les seize encore en vigueur sur le territoire métropolitain. Au total, quelque 5 021 places de stationnement dans quatorze parkings sont susceptibles de changer de délégataire.

    Quel mode

    de gestion ?

    Le contrat pour la gestion des parkings de La Ciotat (Verdun et Port de Plaisance) s’achève le 14 mai 2028, celui de l’hôtel de ville de Marseille, le 14 juin suivant. Viennent ensuite, à Marseille, les parkings République, Phocéens, Timone, Blancarde, Docks, Espercieux, le 30 novembre 2028. Puis, le 23 mars 2029, les parkings cassidains. Des échéances que la Métropole prépare avec soin.

    Ce vendredi, elle a commencé à consulter les entreprises pour réaliser des missions d’assistance technique, juridique et financière afin d’accompagner la fin des délégations actuelles, et surtout préparer leur renouvellement. « Chaque fois qu’un contrat de concession arrive à échéance, il est de la responsabilité du conseil métropolitain de choisir le mode de gestion le plus adapté en fonction du contexte et du plan d’investissement à porter », explique l’institution. « Les prestataires seront sollicités en tant que de besoin pour analyser la pérennité des atouts et de la pertinence de la délégation de l’exploitation de ce service public », assure aussi le cahier des charges.

    À Aix-en-Provence, le choix avait été fait de reprendre en régie sept des très lucratifs parkings de la ville, à la fin du mois de juin 2023. À Marseille, c’est le parking du cours d’Estienne-d’Orves qui, depuis le 1er juillet dernier, est repris par la régie des parkings métropolitains. Pour la raison inverse : les recettes de la délégation ne suffisaient pas à couvrir les redevances à payer à la Métropole.

    Optimiser les redevances

    Mais les fiches techniques qui encadrent les missions d’assistance laissent peu de mystère sur le choix de la Métropole. Dans son cahier des charges, l’intercommunalité rappelle les « avantages » de la délégation de service public face à la nécessité de garder ouverts ses parkings 24h/24, sept jours sur sept, et aux investissements à réaliser, laissés à la charge des gestionnaires.

    Après avoir dû largement financer la sécurisation des parkings marseillais, renforcée à la fin du dernier mandat, la Métropole espère désormais un « retour sur investissement » en intégrant d’emblée cette question dans les futurs contrats. Il s’agit aussi de « proposer un programme de travaux pertinent et efficient » qui devra être porté par les délégataires, à l’image des 5,6 millions d’investissements réalisés en 2024 sur la totalité des parkings délégués, des travaux structurels aux dossiers sensibles de l’accessibilité et de la sécurité incendie.

    Mais surtout, la Métropole veut récupérer sa part du gâteau. En 2024, elle avait récolté 10,9 millions d’euros de redevance auprès des délégataires, répartis entre une part fixe et une part proportionnelle au chiffre d’affaires. Un mode de calcul que l’intercommunalité veut « optimiser ». Et pour cause. En creux, elle pointe du doigt les montages juridiques réalisés par les délégataires. « Même quand la société dédiée à sa propre personnalité juridique, [il y a un] manque de lisibilité des comptes, notamment des charges de structure / charges d’exploitation ainsi que des recettes », déplore une annotation oubliée dans les documents.

    « L’objectif de la Métropole est d’intégrer dans ses contrats les clauses évitant que le délégataire ne réalise des profits excessifs au détriment de l’intérêt général », résume une de fiches de mission. Pour que les bandits manchots des parkings souterrains ruissellent davantage sur des finances métropolitaines en souffrance.

  • La jeunesse prête à un Acte IV dans toute la région

    La jeunesse prête à un Acte IV dans toute la région

    Les points de rendez-vous :

    Marseille

    10h30, manifestation au départ des Réformés, au 125 La Canebière

    Martigues

    Blocage des lycées Langevin et Lurçat

    Miramas

    9h.Blocage du lycée Cocteau

    Aix-en-Provence

    11h, manifestation au départ de la Rotonde

    Toulon

    9h, rassemblement devant le lycée Bonaparte

    Carpentras

    Blocage du lycée Fabre

    Avignon

    7h30 manifestation à partir du lycée Mistral pour se rendre au lycée Aubanel

    Manosque

    8h, appel à une manifestation devant le lycée Esclangon.

    Gap

    8h, appel au rassemblement devant le lycée Dominique Villard.

  • À Marseille, un lycéen blessé au crâne après une charge de CRS

    À Marseille, un lycéen blessé au crâne après une charge de CRS

    «On a entendu un énorme boom», raconte encore sonné Samuel Tracol, professeur d’histoire au lycée Marie Curie. Ce mercredi matin à 8 h, une partie des enseignants de l’établissement s’est jointe à la mobilisation de leurs élèves qui bloquaient le lycée. Malgré le caractère «totalement pacifique de l’action», insiste le prof d’histoire syndiqué à la CGT Éduc’action, une cinquantaine de CRS sont intervenus et ont sommé les manifestants de quitter les lieux. «On a alors formé une chaîne humaine devant les lycéens pour les protéger», explique-t-il avant d’ajouter : «Ils ont chargé, un enseignant a reçu un coup de matraque et j’ai été bousculé.» Émy, une élève de terminale impliquée dans la mobilisation, renchérit sur la brutalité : «On s’est fait marcher dessus alors qu’on faisait un sit-in non violent et ils nous ont insultés.»

    Dans la charge, un jeune de 17 ans a été blessé à la tête dans des circonstances qui restent encore inconnues. Il a été pris en charge à 9h50 par une unité des marins-pompiers qui l’a transféré à l’hôpital de la Timone. De son côté, la préfecture de police affirme que les CRS sont intervenus pour «permettre aux autres élèves d’entrer dans le lycée ainsi que libérer la voie publique» et qu’un «lycéen auteur des tirs de mortiers [d’artifice, ndlr] a été interpellé». Elle précise que «les CRS ont utilisé du gaz lacrymogène afin de créer une dispersion», que «aucune grenade d’une autre nature n’a été utilisée» et que «quatre CRS ont été blessés» lors de l’intervention.

    «Il y a 23 000 euros qui ont été investis pour installer des caméras de surveillance dans le lycée alors qu’il y a des plaques de la toiture qui tombent et qu’on manque de tout», s’énerve Émy. Une partie du personnel du lycée Marie-Curie et les lycéens appellent à une mobilisation massive jeudi devant l’établissement.

  • La Course pour la Mémoire continue de transmettre au plus grand nombre

    La Course pour la Mémoire continue de transmettre au plus grand nombre

    Toujours debout, comme le chante Renaud. L’association Courir pour la Mémoire (CPLM) a repris à son compte cette expression engagée pour en faire le slogan de la 10e édition de la course pour la mémoire, en hommage aux victimes des génocides et pour lutter contre le négationnisme.

    L’événement se tiendra le dimanche 18 octobre à partir de 8h45, avec la présence de l’ancien champion du monde 1998 Youri Djorkaeff comme parrain. « C’est une édition que l’on a voulue marquante, parce qu’un anniversaire, ça se fête, avec un nouveau parcours », souligne le président, Gérard Kirkorian.

    « Le départ se fera au niveau du stade nautique Florence-Arthaud et le peloton prendra la direction de Malmousque, via la corniche Kennedy. Ceux qui s’élanceront sur le 5 km feront une boucle et ceux sur le 10 km enchaîneront avec un deuxième tour », détaille Aurélie Cisneros, coordinatrice de la course. 1 500 coureurs et marcheurs sont déjà inscrits, laissant espérer un nouveau record après les 2 000 participants historiques atteints l’an dernier.

    Inspiré par Manouchian

    Inscrite au sein du mois de l’inclusion aux côtés de Marseille en rose, l’Algernon et Marseille-Cassis, la Course pour la Mémoire a toujours eu « un esprit de résistance », inspiré par Missak Manouchian, militant communiste et résistant fusillé au Mont Valérien pour avoir défendu la France contre l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale. « Il faut toujours se battre pour rappeler ce message de paix et de vivre-ensemble », insiste le président d’honneur Pascal Chamassian, attaché à la dimension sociale de la course.

  • Panathinaïkos, un géant grec sur la route du CNM

    Panathinaïkos, un géant grec sur la route du CNM

    Le Cercle des Nageurs replonge dans le grand bain. Sortis en phase de poules la saison dernière, les Marseillais retrouvent la Ligue des Champions avec envie, mais aussi un sentiment de revanche. Pour cette première journée, ils accueillent les Grecs du Panathinaïkos aux Catalans, ce mercredi, à 20h30. Lors de cette confrontation face à l’équipe au trèfle, les Phocéens croiseront le fer avec une connaissance : Efstathios Kalogeropoulos. « Stathis », 25 ans, faisait partie de l’effectif 2025-2026 du CNM et a participé à la victoire finale en Euro Cup, la deuxième Coupe d’Europe du water-polo.

    Depuis Athènes, il brosse le portrait de l’un des clubs omnisports les plus emblématiques du pays. Lorsqu’on lui demande si le Panathinaïkos est aujourd’hui le meilleur club grec de water-polo, sa réponse est prudente. « Nous devons encore prouver ça, parce que l’Olympiakos a été le club le plus fort ces dernières années. Nous devons juste travailler, essayer d’arriver au top et prouver que nous pouvons être l’un des meilleurs clubs de Grèce. » En effet, l’Olympiakos domine outrageusement le championnat local avec dix titres sur les dix dernières saisons. En mai dernier, ils ont remporté la finale trois matches à zéro contre le Pana, signe de domination.

    « Le poids de l’histoire »

    La Grèce, comme sa voisine turque, a toujours entretenu cette culture des clubs omnisports. Par exemple, le Panathinaïkos est vingt fois champion national en football et pas moins de quarante fois en basket. Ajoutez à cela sept Coupes d’Europe (l’Euroligue), ce qui en fait l’un des plus titrés du continent. La mayonnaise commence aussi à prendre au water-polo. « Quand vous jouez pour le Panathinaïkos, vous ressentez le poids de l’histoire. Les gens vous reconnaissent dans la rue, ils vous envoient des messages, ils regardent vos matches. Je pense que c’est une expérience vraiment unique », décrit le joueur formé à Vouliagmeni, dans la banlieue d’Athènes.

    Pour le premier match de championnat, les Verts ont été fortement soutenus, tout au long de la rencontre. La large victoire face à un promu, l’Ilisiakos (25-7), a rassuré cette équipe jeune, en construction. Le club du quartier de Tavros va vivre sa première campagne de Ligue des champions avec de l’ambition. « Je pense que nous avons le talent pour bien jouer et avoir une équipe de haut niveau. Le but du Panathinaïkos est toujours de gagner », souligne l’ancien du CNM. Efstathios Kalogeropoulos prédit un match « très, très dur, face à une équipe [du Cercle] forte et organisée ». Un déplacement en eaux troubles pour cet autre géant de la Méditerranée.

  • Les aidants marchent au parc Borély pour se faire aider

    Les aidants marchent au parc Borély pour se faire aider

    En ce mardi 6 octobre, Journée nationale des aidants, les plateformes de répit (PFR) du département ont organisé une marche qui leur était dédiée. Les aidants sont les personnes qui prennent soin d’un proche et l’accompagnent au quotidien du fait d’une dépendance liée à l’âge, à la maladie ou au handicap. Ils peuvent être soutenus par des structures comme les PFR, mais cela reste une situation complexe pour des personnes qui ne sont pas des professionnels de santé.

    Lutter contre l’isolement

    Au-delà de mettre en valeur le dévouement des aidants, la marche a surtout pour but de leur proposer des ressources adaptées pour les soutenir. « Ça apporte de la visibilité qui peut notamment servir à mettre en place des actions avec des professionnels à la disposition des aidants. L’objectif est de faire connaître les structures disponibles pour les accompagner et leur apporter de l’orientation et des formations », explique Quentin Cayol, le directeur adjoint de l’association A3. Différentes associations d’aide à domicile ou d’accompagnement de personne en situation de handicap étaient présentes lors de ce rendez-vous.

    L’événement, qui se veut être une respiration dans un quotidien souvent compliqué, doit permettre aux aidants d’échanger afin de lutter contre l’isolement, problème majeur pour un aidant, alors qu’on estime leur nombre à 11 millions en France. « L’aidant se met en retrait, il s’épuise dans sa tâche sans que personne ne le sache. Il est d’ailleurs statistiquement prouvé que les aidants décèdent avant les malades », se lamente Paul Durano, aidant auprès de son épouse. Il peut d’ailleurs être difficile de s’identifier comme tel et le but de la marche est aussi de faire connaître ce statut particulier. Patricia Mohamed, responsable du pôle aide aux aidants de SAJ, espère « poser des mots sur une situation qui paraît naturelle car bâtie sur un lien d’affection ».

    Sites web : association-a3.fr et asso-saj.fr

  • Face à l’illettrisme, la formation perd ses moyens

    Face à l’illettrisme, la formation perd ses moyens

    « La difficulté que nous avons, c’est que c’est relativement invisible », souffle la directrice générale de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), Cécile Jaffré. Ce mercredi 30 septembre, c’est sous les ors de la préfecture de région que l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) présentait une étude inédite sur les risques d’illettrisme en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Un phénomène certes quasi-invisible, mais massif. « Au niveau national, sur 100 personnes scolarisées en France, 11 éprouvent des difficultés fortes à l’écrit ou en calcul à l’âge adulte », explique Olivier Sanzeri, chef de projet à l’Insee. Soit 3,7 millions de personnes empêchées face aux démarches du quotidien. Et contraintes à la débrouille. « Pour prendre le métro, un homme prenait le nombre de pièces correspondant au nombre de stations qu’il fallait passer, et les changeait de poche à chaque arrêt pour savoir où descendre », illustre la coordinatrice régionale de l’ANLCI, Corinne Matteaccioli.

    Alerte en Vaucluse

    « Le premier facteur de risque est le niveau de diplôme », poursuit Olivier Sanzeri. Au total, 38% des personnes qui n’ont aucun diplôme sont en situation d’illettrisme, soit treize fois plus que celles qui ont un diplôme du supérieur. Le phénomène touche aussi 18% des personnes qui ont commencé leur scolarité hors de France, avec des risques deux fois plus élevés que le reste de la population, ainsi que les personnes les plus âgées, dont 13% de celles qui ont entre 50 et 64 ans.

    Autant d’éléments qui permettent de dresser une carte des territoires cumulant les facteurs de risque dans la région. Avec en premier lieu le Vaucluse, cinquième département le plus pauvre de France hexagonale, en particulier l’Enclave des Papes et le Pays d’Apt. Mais Marseille est aussi particulièrement concernée : 23,1% des habitants du 15e arrondissement n’ont aucun diplôme, et 21,7% dans le 14e. Plus du double de la moyenne nationale.

    Des guichets des centres communaux d’action sociale aux centres sociaux, ce sont les services publics du quotidien qui sont en première ligne pour repérer ces difficultés. L’association régionale des missions locales s’est engagée, en 2023, dans une expérimentation pour repérer les jeunes les plus en difficulté. « Mais la difficulté, c’est que nous n’avons pas d’outils sur les territoires qui puissent prendre en charge la problématique », alerte leur directrice, Lila Bua.

    La Région à la traîne

    Chef de file de la formation, le conseil régional finançait pourtant un dispositif de formation spécifique, les Espaces territoriaux d’accès aux premiers savoirs (Etaps). Ceux-ci ont été abandonnés dès 2017 après la bascule à droite de la collectivité. De son côté, France Travail avait pu utiliser les fonds du premier Plan d’investissement dans les compétences, lancé en 2019 pour toucher les personnes les plus éloignées de l’emploi. Devenu régional en 2024 pour sa deuxième phase, avec la Région cette fois-ci partie prenante, il ne comporte plus de dispositif spécifique. À l’inverse d’autres conseils régionaux, comme l’Occitanie qui, dès 2019, s’est impliquée contre l’illettrisme avec son programme Lectio. La Région Sud rappelle certes qu’elle finance le centre de ressource illettrisme et analphabétisme (CRIA), qui accompagne les professionnels, à hauteur de 92 500 euros par an, et qu’elle a investi 374 000 euros entre 2022 et 2025 pour le projet Filia, qui permet d’accompagner les personnes en situation d’illettrisme ou présentant un trouble « dys ». « À partir de 2027, nous irons plus loin avec un repérage renforcé dès l’entrée en formation et un accompagnement davantage individualisé », annonce-t-elle.

    Mais en attendant, cet accompagnement repose davantage sur les opérateurs de compétences, chargés de la formation professionnelle. « Cela relève aussi de la responsabilité de l’employeur, la majorité des personnes en situation d’illettrisme sont en emploi », souligne la coordinatrice régionale de l’ANLCI. Et surtout sur le tissu associatif, « qui joue un rôle fondamental parce qu’il est pérenne », insiste-t-elle. C’est le cas du centre social de la Farandole, à Istres, qui propose des cours spécifiques pour les adultes. Mais ces structures sont frappées de plein fouet par les coupes budgétaires, des collectivités comme de l’État. « Nous n’avons plus la volumétrie permettant de servir tous les besoins », reconnaît le secrétaire général adjoint de la préfecture, Philippe Matheron.

    « Si nous voulons améliorer la situation, il ne faut pas détruire un écosystème qui existe aujourd’hui », alerte face à lui la directrice générale de l’ANLCI. Il y a urgence : alors que 5,1% des jeunes des Bouches-du-Rhône éprouvaient des difficultés sévères de lecture en 2023 lors de leur journée défense et citoyenneté, leur proportion est passée à 6,7% en 2024.

  • À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    Jean-Yves n’est pas descendu. Les appels de la foule massée devant la Direction des services de l’éducation nationale à l’arrivée de la manifestation, ne l’ont pas convaincu. Jean-Yves Bessol, le directeur académique, a refusé de venir rencontrer les lycéens. Une contre-proposition validée par un vote à main levée au départ de la manifestation, après que l’interlycéenne se soit vue proposer d’être reçue en délégation dans les locaux de la DSDEN.

    Jean-Yves Bessol, qui a fait photographier l’an dernier des lycéens mobilisés contre la réforme des lycées pour leur mettre un coup de pression, aurait pourtant pu faire de belles images. Ils étaient plusieurs milliers, 30 000 selon les organisateurs, 4 800 selon la police (sic), à réclamer des moyens pour l’éducation. Dans le calme et la bonne humeur, avec de l’enthousiasme et une ferme détermination, malgré la répression policière opérée dans le pays.

    Cette violence était sur beaucoup de pancartes. « 1 prof pour 35 élèves, 5 CRS pour 1 élève », peut-on lire sur ce carton tenu par une élève. « On ne sait plus si on est en manif ou dans GTA », affiche sa voisine. « Gazez les violeurs pas les mineurs » ou « Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter », lit-on encore là. Cette « génération 67 » (lire six/seven), disposée à refaire mai 68 avant un 69 (« La nuit c’est pour baiser, pas pour travailler »), a été exemplaire ce mardi matin.

    La foule massive s’est élancée à 10h des Réformés. Un rendez-vous bien travaillé la veille, lors d’une réunion à la Bourse du travail avec les organisations syndicales. Dans le cortège, encadré par le service d’ordre de la CGT, des lycéens, des étudiants, des parents, des professeurs. Autocollant du Snes-FSU sur l’épaule, Séverine partage « des revendications qu’elle porte depuis des années ». « Le non-remplacement des personnels se retrouve partout dans le second degré », justifie cette enseignante du collège Malraux (13e). Là-bas, plus d’assistante sociale, ni de secrétaire général. « C’est émouvant de voir cette jeunesse qui s’engage pour défendre ses conditions d’études et son avenir. »

    « Des années que nos profs manifestent »

    Soline et Anaïs sont venues du lycée Nelson Mandela (11e) avec d’autres camarades et des professeurs. « Dans notre lycée, les toilettes n’ont jamais été réparées et quand il pleut, l’eau coule sur les panneaux électriques. On est souvent dans des classes à 35, sans chauffage ni clim, avec des ventilateurs qu’on doit éteindre parce qu’ils sont trop bruyants », explique la première. « ça fait des années que nos profs manifestent sans être entendus, c’est dommage qu’on ne parle de nos problèmes que parce qu’il y a une violence… qu’on condamne. »

    Amandine et Lili, scolarisées en première à la cité scolaire internationale Jacques-Chirac (2e), sont venues en soutien des autres lycées. Le leur, ouvert en septembre 2024, est en bon état, mais le sujet du non-remplacement des profs est le même qu’ailleurs. Depuis la rentrée, leurs cours d’histoire en anglais ne sont pas dispensés. « L’Éducation nationale ne veut pas investir, on manque de budget ici aussi, les photocopieuses et les ventilateurs ne fonctionnent plus », ajoute son amie.

    Plus loin dans le cortège, Thomas marche avec d’autres camarades de Marseilleveyre (8e), « un lycée de bourges assez privilégié », mais qui « manque d’enseignants aussi ». « J’ai en tête une prof de spécialité SVT qui ne sera pas là une bonne partie de l’année », note le jeune. « Puis on est là en soutien des lycéens des quartiers populaires qui se font beaucoup réprimer. »

    à Thiers (1er), Ysé, élève en terminale, déplore le manque de personnel de vie scolaire, AED et psychologues. « On est dans les années bac et on a des profs de SES, SVT ou philosophie qui ne sont pas remplacés sur des mois », glisse-t-elle encore avant de pointer des locaux de plus en plus délabrés. Milo étudie à Montgrand (6e). 100 heures de demi-groupe et d’options y ont été supprimées au printemps, rappelle le garçon qui a vu son option provençale amputée d’une heure par semaine : « C’est quand même coefficient quatre au bac… »

    Jules, 19 ans, est étudiant en droit. « Lycéens, étudiants, on est tous ensemble, nos galères sont les leurs et vice versa. On demande juste à étudier dignement », explique le jeune homme. Lui a fait sa scolarité à Muret, du côté de Toulouse. « J’ai des collègues en terminale STMG qui n’ont pas eu de prof dans leur matière principale sur tout le second semestre. C’est récurrent dans tous les lycées de France. Le budget 2027 prévoit 1 500 suppressions de professeurs, il y a un trop grand écart entre ce qu’on vit et ce que les politiques veulent faire pour nous. »