Tag: logement social

  • Alès : Roustan épinglé sur sa gestion de Logis Cévenols

    Alès : Roustan épinglé sur sa gestion de Logis Cévenols

    Dans le rapport de l’Ancols portant sur Logis Cévenols pour la période 2019-2023, tout n’est pas à jeter dans la gestion de Max Roustan, qui en préside le Conseil d’administration. Parmi les réussites figurent la qualité énergétique des logements dont 2 262 ont été rénovés en ce sens, la qualité du service de proximité et l’accessibilité des loyers.

    Mais le rapport pointe aussi plusieurs dysfonctionnements qui ont de quoi inquiéter. Comme par exemple la révision des chaudières à gaz puisque 490 d’entre elles n’ont pas fait l’objet d’un entretien annuel. « L’absence d’entretien présente des risques pour la sécurité des personnes et des biens, plus particulièrement pour les logements non visités deux années consécutives », précise l’Ancols qui a donc demandé à Logis Cevenols de revoir sa procédure de contrôle.

    Un taux de vacances record

    L’autre point noir souligné est l’importante vacance des logements. L’Ancols l’estime à 10,5% en 2023 (il était de 7,4% en 2020), soit plus du double de la moyenne nationale (5%) et régionale (4,8%). Un chiffre étonnant lorsque l’on connaît les difficultés pour beaucoup de familles d’obtenir un logement social… L’Ancols préconise donc de mettre en place un plan d’action de lutte contre cette vacance. L’agence souligne aussi un manque de transparence dans l’attribution des logements, qui « se caractérise par une certaine opacité » puisque « Logis Cévenols n’a pas suffisamment formalisé et n’a pas diffusé sa politique d’attribution des logements ». Ce rapport reproche également à Max Roustan d’avoir « pu s’immiscer dans les questions de fonctionnement et d’organisation de l’office alors que cela relève du pouvoir du directeur général ». L’actuel premier adjoint a ainsi participé aux comités de direction y compris lorsque le nouveau directeur général avait été nommé.

    « Ce rapport confirme que la majorité veut moins de logements sociaux sur Alès. Comme il faut reconstruire un logement social quand on en détruit un, ils détruisent à Alès et reconstruisent dans les villages de l’agglo. C’est bien pour ces villages mais moins pour Alès », constate aussi Paul Planque (PCF).

  • Isabelle Épaillard : « Toutes les cités vont être passées en revue pour améliorer le quotidien »

    Isabelle Épaillard : « Toutes les cités vont être passées en revue pour améliorer le quotidien »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Le plan Marseille en grand

    Didier Gesualdi : Avec le plan Marseille en grand, l’État investit massivement, produit des résultats mais on entend aussi des critiques, celles de la Chambre régionale des comptes qui trouve que ça ne va pas assez vite, celles de la droite qui trouve que les écoles ne sortent pas assez vite de terre… Pouvez-vous nous faire un point d’étape ?

    Je pense que nous avons bien avancé dans le cadre du plan Marseille en grand. Je voudrais vous parler plus particulièrement du volet logement. Dans le département des Bouches-du-Rhône, on estime qu’on a, à peu près, 100 000 demandes de logement social tous les ans. Évidemment, on n’y répond pas, parce qu’on fait rentrer en moyenne 8 000 personnes dans le parc social. Donc forcément, on a une contrainte forte qui est celle de la construction de logements. Ce n’est pas propre aux Bouches-du-Rhône mais c’est particulièrement vrai dans ce département et donc à Marseille. Il était important, dans le plan Marseille en grand, de poser ce volet du logement. Il se décline de deux manières. D’abord, dans tous les projets de rénovation urbaine que l’on travaille avec la Métropole et la Ville, on avance dans des comités de pilotages coordonnés. À Marseille, la rénovation urbaine, c’est dix projets. On estime qu’on est à 79% d’engagement. Ça veut dire qu’on a posé les jalons de la programmation de ce qu’on veut faire à près de 80%. On est censé avoir tout défini pour le 30 juin 2026…

    Didier Gesualdi : … sinon les crédits repartent ?

    C’est ça. Aujourd’hui Marseille se positionne au même niveau que les autres villes concernées par de la rénovation urbaine. Ensuite, je voudrais parler de la lutte contre l’habitat dégradé et les copropriétés privées dégradées pour lesquelles nous allons accélérer.

    Léo Purguette : C’est important d’engager les crédits mais il faut penser aussi aux gens. Êtes-vous inquiète sur les capacités de relogement des personnes ?

    C’est un point de préoccupation. Si on porte un projet de rénovation urbaine et qu’on s’intéresse à l’habitat dégradé, c’est qu’on s’intéresse avant tout aux personnes qui occupent ces logements. Le logement c’est fondamental, quand vous avez un toit au-dessus de la tête, vous êtes dégagé d’un certain nombre de contraintes et vous pouvez chercher du travail, vous occuper de vos enfants… Le logement reste dans notre pays, un ascenseur social. Aujourd’hui on a une vraie dynamique. On va voir les premières grues l’année prochaine. C’est bien la preuve que ces projets avancent.

    Les logements sociaux

    Léo Purguette : Est-ce qu’on construit assez à Marseille ?Dans le cadre de la rénovation urbaine, un logement démoli doit avoir un logement construit en face. En 2023, on était à 500 logements reconstituant l’offre, l’année dernière c’était 1 000, cette année on vise 1 600-1 700. Pour y arriver, il faut évidemment que les agréments rentrent dans la machine. C’est le travail que font la Métropole et les bailleurs avec l’aide des services de l’État.

    Didier Gesualdi : Des communes assument de ne faire aucun logement social comme Allauch. Peuvent-elles continuer à être hors-la-loi ?

    Le préfet a appliqué et applique ce qui est prévu par la loi.

    Didier Gesualdi : Mais ils préfèrent payer une amende que construire.

    Premier point, on applique la loi. Les communes qui ne réalisent pas 25% de logements sociaux payent une amende. Deuxième point, c’est la persuasion, l’accompagnement des projets. Et, vous avez raison, ils ne peuvent pas concerner que Marseille. Il y a des besoins de logements sociaux pour les habitants de ces communes. Il faut continuer d’investir. C’est pour ça que le préfet a proposé, avec une réaction de la Métropole et de certaines communes dont la Ville de Marseille, le dispositif de l’acquis-amélioré. De quoi s’agit-il ? De s’intéresser au logement dégradé existant comme les fameux trois-fenêtres marseillais. On peut venir accompagner un bailleur social avec un appui financier de l’État pour faire du logement diffus dans ce type de tissu urbain.

    La crise sociale

    Léo Purguette : Nous sommes confrontés à une crise sociale qui s’approfondit, les associations se mobilisent pour l’aide alimentaire mais que fait l’État pour que chacun puisse se nourrir correctement ?

    La précarité alimentaire dans notre département, notamment dans le centre-ville de Marseille ou dans les quartiers Nord, est préoccupante. L’État est présent avec un accompagnement financier entre 2,5 et 3 millions d’euros. On vient appuyer l’action des associations sur l’ensemble du département. Il y a aussi la nécessité de réfléchir dans la situation que l’on connaît, avec une situation sociale qui n’est pas facile vous l’avez souligné, à la coordination des actions. On a un dialogue avec toutes les associations présentes sur le territoire, je les ai réunies en juillet et en septembre. On a posé un diagnostic de ce qui est fait dans le département pour essayer de voir là où on ne va pas assez, là où on a peut-être des redondances, afin de mieux s’organiser ensemble, de se coordonner. Je veux souligner le rôle des bénévoles qui sont engagés sur le terrain et dans le cadre de cette organisation collective, l’État est particulièrement vigilant.

    Les transports

    Didier Gesualdi : Il faut avoir un toit mais aussi pouvoir se mouvoir. Le compte n’y est pas. Qu’est-ce que vous dites à ces habitants qui se sentent relégués, loin des transports ?

    C’est un vrai enjeu. C’est un des volets du plan Marseille en grand. C’est 500 millions d’euros. C’est un projet en grande partie orienté vers les quartiers Nord pour les désenclaver. Ça prend du temps, c’est des tracés qu’il faut construire, des marchés qu’il faut passer. Cela doit se construire de manière coordonnée, articulée avec les projets de rénovation urbaine. Quand il y a 10 projets de rénovation urbaine dans les quartiers Nord, ils doivent s’insérer dans les projets de transports. Tout cela se fait dans le même temps. On avance bien.

    Didier Gesualdi : Quand est-ce que ça va arriver ? On dit toujours aux gens de patienter… Les grues sont bientôt là ?

    C’est l’objectif du plan.

    Les cités éducatives

    Léo Purguette : Vous parlez de donner aux jeunes des quartiers populaires « d’autres perspectives ». Comment concrètement ?

    À Marseille et dans le département, on a 11 cités éducatives. C’est un dispositif mis en place depuis 2019 qui vient faire travailler les équipes pédagogiques des écoles, collèges et lycées avec les associations et les habitants. Nous y croyons parce que c’est un moyen de transmettre l’égalité des chances. Le fait qu’il est possible dans tous les quartiers d’avoir des rêves, de rêver de devenir ingénieur, un métier différent… Pour cela il faut qu’on accompagne ces jeunes. C’est le rôle de ce dispositif. Par exemple, le plan stages de seconde que j’ai commencé à initier cette année et qu’on va élargir à quatre lycées du 3e, du 13e et du 15e arrondissements. Ça vise environ 1 600 élèves pour leur montrer qu’ils peuvent choisir leur stage.

    Léo Purguette : Comment on fait quand on n’a pas de carnet d’adresses chez papa-maman ?

    Justement, je suis allé voir ces jeunes au lycée Diderot il y a 8 jours, avec le recteur, avec les entreprises qui vont proposer des stages. On travaille aussi avec des institutions pour élargir le champ des possibles.

    Les conditions de vie

    Léo Purguette : On avait parlé sur ce plateau avec Juliette Méadel lorsqu’elle était ministre, des conditions de vie dans les quartiers populaires. Elle parlait de faire pression sur les bailleurs pour réparer les ascenseurs, les boîtes aux lettres, garantir la propreté… Où en est-on de ce travail ?

    C’est la première étape. Quand vous rentrez dans votre immeuble et que votre boîte aux lettres ou les portes sont cassées, vous ne vous sentez pas respecté. C’est pour ça que la ministre en avait fait un cheval de bataille auprès des bailleurs sociaux. Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu une application méthodique de cette volonté. Avec les communes concernées, la Métropole et la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette, nous avons fait des visites de terrain, pris des photos pour montrer ce qui n’allait pas.

    Léo Purguette : La ministre avait cité trois bailleurs en les menaçant de sanctions. Est-ce que ça va mieux ?

    Ça va mieux. Finalement un des trois bailleurs a été sanctionné donc il perdra son abattement de la taxe foncière.

    Léo Purguette : Lequel ?

    C’est 13 Habitat pour Notre-Dame-des-Marins. Pour l’année prochaine, ils n’auront pas d’abattement sur ces bâtiments-là. Et nous retournerons voir si la programmation de travaux, qui était prévue, est bien mise en place. Ce que je veux vous dire, c’est qu’on avait lancé cette opération dans les quartiers qui connaissaient les situations les plus dégradées, désormais, j’ai demandé qu’on l’étende à tous les bailleurs, toutes les cités, tous les immeubles qui seront passés en revue par les délégués de la préfecture parce qu’il faut qu’on soit dans une démarche continue d’amélioration. On le doit aux locataires. Un locataire qui voit qu’on respecte son environnement le respectera aussi.

    Léo Purguette : Les problèmes constatés ne relèvent pas tous de l’incivilité. Le narcotrafic pose les plus graves problèmes. Que pouvez-vous dire aux habitants qui vivent dans la peur ?

    Que l’État est à leurs côtés, qu’il est vigilant. Ce n’est évidemment pas un problème qu’on peut régler comme ça. Il y a les actions continues de la police qui ne lâche pas les quartiers, qui intervient, mène des enquêtes et des actions contre le narcotrafic. Et puis, pour faciliter la vie, il y a des actions d’accompagnement aussi pour que les habitants aient conscience qu’on est là à leurs côtés. C’est plutôt là que j’interviens via la médiation sociale, les actions aux pieds des immeubles pour donner d’autres perspectives.

    La République c’est quoi ?

    Isabelle Épaillard : « L’article 1er de notre Constitution dit qu’elle est indivisible, laïque et sociale. Et puis aussi, la République c’est notre devise, ces trois mots si beaux : Liberté, Égalité, Fraternité. Notre République est là pour garantir que chacun d’entre nous trouve sa place, arrive à grandir, à s’épanouir. C’est aussi un idéal de vivre ensemble. Je crois modestement, qu’à travers des actions menées dans mon champ d’activité, on contribue à cette République. »

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Jacqueline : Bonjour. Je suis très inquiète par rapport au budget 2026. Si on prive les associations de moyens, la vie va encore plus se dégrader.

    Jacqueline a raison. Il faut que l’on soit vigilant sur le rôle des associations. J’ai été marquée par le rôle qu’elles jouent depuis que j’ai pris mes fonctions il y a un an. Un rôle fondamental de relais auprès des habitants et, pour moi, ce sont des interlocuteurs de tous les jours sur les questions de précarité alimentaire, dans le cadre de la médiation sociale, des activités qu’ils proposent, elles ont un réel dynamisme. Je ne sais pas, aujourd’hui, de combien le budget de la politique de la Ville sera concerné par les restrictions budgétaires qui sont annoncées. Je ne sais pas comment évoluera la discussion de la loi de Finances. Tout ce que je sais, c’est que j’ai une vigilance toute particulière pour les associations et que j’essaye de faire en sorte de les accompagner au mieux. Quand on a des difficultés, je n’hésite pas à monter des comités de financeurs. Je l’ai déjà fait cette année pour deux ou trois associations qui me préoccupaient et qui sont venues me voir. J’ai essayé de mettre autour de la table d’autres financeurs : les collectivités, éventuellement des fondations… Pour qu’on voie comment on peut passer une étape qui est compliquée et maintenir le service rendu et attendu par nos concitoyens.

  • Aux Aygalades, des locataires craignent un effondrement

    Aux Aygalades, des locataires craignent un effondrement

    Quand il y a du vent, on sent bouger les murs et quand il pleut, on ne peut plus sortir. » Locataire depuis 1989 d’un T3, Dalila Hezaimia est devenue le fer de lance d’une bataille des locataires du bâtiment 4, qui tentent depuis des années d’obtenir des travaux, du moins des réponses de 13 Habitat.

    Ils sont plusieurs à la rejoindre en pied d’immeuble pour exposer « des problèmes importants qui menacent notre sécurité », estime Djamal, jeune père de famille. Ils vivent dans l’humidité permanente, infiltrée du sol au plafond. Des cinq petits immeubles en contrebas de la cité, le 4 est en bout de pente. « Les pluies dévalent toutes ici. L’eau monte jusquà 50 cm dans le hall » précise une autre locataire devant l’entrée, désignant la démarcation laissée sur le mur. Les pieds dans les boues qui tapissent encore les sols, on ne peut que constater les évacuations bouchées. Un bruit de cascade arrive du local technique en pied d’immeuble. En poussant la porte, on aperçoit un conduit d’eaux usées vaguement colmaté avec de la mousse expansive. Plus loin, un autre conduit dégouline sur le sol, c’est la piscine. « C’est non-stop tous les jours », désespère Djamal. « L’immeuble est devenu instable, un jour ça va s’effondrer », craint Dalila.

    Peinture sur moisissures

    Dans les escaliers, deux locataires s’épuisent à porter des chaises neuves au 6e. « On ne compte plus les pannes d’ascenseur », lancent-elles. Les coups de peinture badigeonnés sur les murs moisis ne planquent même plus la misère. Le salpêtre et les champignons poursuivent leur progression et rongent les plâtres. « Mes enfants sont devenus asthmatiques, le médecin a fait analyser les champignons, c’est toxique », explique une locataire du 4e. Quant à son voisin, il n’ose plus aller sur le bacon dont le béton s’effrite. Sur son cumulus, un saladier est installé pour récupérer l’eau qui goutte du plafond. Aucun des 31 logements n’est épargné.

    Les signalements envoyés sur la plateforme mise en place par le bailleur restent sans suite. Le PV de 85 pages dressé par un huissier en avril 2024 « n’a pas eu plus d’effet », déplore Dalila, qui a interpellé le service d’hygiène et de sécurité de la Ville. Contactée, la direction de 13 Habitat n’a pas donné suite.

    Le 11 juillet 2024, la police avait procédé à l’expulsion d’une cinquantaine d’occupants illégaux. Des travaux de réhabilitation générale et de rénovation énergétique devaient démarrer courant 2025. Pour l’heure, « c’est l’abandon complet ».

  • Logement social : les chiffres ne suivent pas les besoins

    Logement social : les chiffres ne suivent pas les besoins

    C’est sous forme de lettre ouverte que le militant Jean-Paul Jambon a décidé d’interpeller le représentant de l’État dans le département, mais aussi les édiles des communes varoises, en ramenant tout le monde a une triste réalité.

    « Oui, Monsieur le Préfet, lors de l’assemblée des maires du Var, vous les avez félicités pour “avoir réalisé plus que l’objectif fixé en matière de construction de logements sociaux, soit 2 500 construits pour 2025” », commence-t-il. Et de poursuivre : « Certains n’en sont pas revenus, s’étant malheureusement habitués à subir les foudres de vos prédécesseurs successifs. »

    Pour le défenseur des mal-logés, les élus ne devraient peut-être pas se réjouir trop vite. Il pointe que le prochain examen, pour la période 2023-2025, des bilans SRU (Solidarité et renouvellement urbain) devrait quand même refléter une réalité bien moins flatteuse, au regard des besoins réels de la population. Pas question, pour autant, de nier les difficultés, contraintes et parfois les oppositions auxquelles ils doivent faire face.

    Toutefois, ajoute-t-il, on ne peut se satisfaire du maigre bilan lorsqu’« on est confronté au manque de logements pour nos concitoyens et en particulier les plus fragiles, lesquels deviennent de plus en plus nombreux ». Il ajoute : « Oui, on est très loin du compte avec ces 2 500 logements construits au regard des 35 000 demandes de logements sociaux, sachant que, pour une grande part, ce sont des familles monoparentales, des personnes isolées, des jeunes, des personnes retraitées… et la situation ne va pas s’arranger ! »

    Pour Jean-Paul Jambon, « au-delà de propos très politiques devant l’assemblée des maires du Var, il convient de rester attentif à la réalité, surtout lorsque l’on veut bien entendre les propos de certains candidats aux prochaines municipales, se targuant de préférer payer des pénalités, qui n’en sont pas puisque ce sont des contributions de solidarité qui viennent abonder les subventions publiques aux maires bâtisseurs , plutôt que de construire des logements ».

    L’occasion de rappeler, aussi, que la politique de l’État en matière de logement depuis sept ans ne facilite pas les choses. Et sur ce point, les maires ne sont pas responsables.

  • Jugée, sanctionnée, humiliée, la face cachée de la pauvreté dévoilée

    Jugée, sanctionnée, humiliée, la face cachée de la pauvreté dévoilée

    Témoignages, jeu de sensibilisation, atelier, débat et musique animeront la journée mondiale du refus de la misère. À Marseille, c’est ce vendredi de 11h à 17h, place du Général-de-Gaulle. Dans le Var, ce sera samedi 18 octobre, à l’accueil Domensa à Saint-Jean-du-Var.

    « Méfiance, manque de respect, jugement, humiliation, honte. » Autant d’attitudes qui mettent en marge les plus fragiles et les y ancrent. Si chacun est concerné, quand le rejet émane de certaines institutions, « ses conséquences ont un impact réellement dévastateur sur les personnes en grande pauvreté », considèrent les organisations partenaires de cette journée consacrée au refus de la misère. La maltraitance institutionnelle constitue une des dimensions cachées de la pauvreté, identifiées dans une étude réalisée avec l’université d’Oxford dans six pays différents.

    Un nombre de personnes en situation de pauvreté record et des droits sociaux fragilisés. C’est face à ce constat que le collectif Refuser la misère appelle plus que jamais à se rassembler pour dénoncer les discours stigmatisants et les préjugés, ainsi que des politiques porteuses d’exclusions : accueil déshumanisé, procédures opaques, sanctions injustes.

    11,2 millions de personnes sous le seuil de pauvreté

    Pire, c’est dans un contexte d’urgence sociale aggravée que ces maltraitances sociales et institutionnelles interviennent. « Jamais la pauvreté n’a atteint un tel niveau depuis trente ans : selon l’Insee, 11,2 millions de personnes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté », rappelle ATD. Dans ce contexte, le recul des droits sociaux agit comme un amplificateur. Parmi les mesures récentes, l’association relève : « Le décret instaurant des sanctions automatiques à l’encontre des allocataires du RSA, appliquées de manière arbitraire, la baisse du nombre de logements sociaux construits et les difficultés croissantes d’accès à ceux-ci. »

    Jusque dans les mesures censées améliorer l’accès aux droits, l’administration creuse en réalité les inégalités. « Je voudrais qu’on remette l’humain pour les gens qui ont du mal. Quand on a un problème, il explique et il répond. L’ordinateur, il ne répond pas. Si on se trompe, il n’y a personne pour nous dire que ce n’est pas bon », plaide Joseph, qui témoigne dans un rapport sur la dématérialisation de l’accès aux services publics. Et quand le système déraille, c’est la scolarisation ou le paiement du loyer qui se trouvent mis en péril. De même que la prévalence donnée à l’accès à la propriété condamne la politique du logement très social.

    Dans le Var, le Comité du 17 octobre fait les comptes : « Moins de 7 000 logements sociaux en 2023 dans le département, et 45 000 demandes depuis le début de l’année. » Ainsi, dans diverses villes de France, des personnes ayant l’expérience de la pauvreté, des travailleurs sociaux, des services publics, des magistrats se mobilisent et invitent aujourd’hui au dialogue « pour faire évoluer les pratiques, refuser les humiliations, faire respecter les droits de tous ».

    ET AUSSI

    À Martigues le PCF contre la précarité menstruelle

    La section communiste martégale a réalisé une collecte de protections périodiques en faveur du Sofa de l’hôpital de Martigues, un organisme d’accompagnement des femmes victimes de violences. Près de 4 millions de femmes déclarent limiter leur consommation de protections en raison de leur coût, avoir recours à des stratégies de contournement ou renoncer à d’autres achats essentiels. Les filles et les femmes de moins de 25 ans sont particulièrement touchées. Il s’agit d’organiser la solidarité avec ce dispositif du service public hospitalier, mais aussi et surtout de rappeler que l’achat de ces protections représente un budget de plus en plus conséquent.

  • À Port-de-Bouc, le dossier du contournement passe une nouvelle étape

    À Port-de-Bouc, le dossier du contournement passe une nouvelle étape

    Conseil municipal extraordinaire, mais durée ordinaire. Ce mardi 14 octobre, malgré les 6 délibérations inscrites à l’ordre du jour, la séance aura occupé les élus près d’une heure et demie. En dépit de leur petit nombre, certains points méritaient qu’on s’y attarde, à commencer par l’avis favorable de la Ville à la demande d’autorisation environnementale soumise à l’enquête publique du contournement autoroutier de Martigues/Port-de-Bouc, qui s’achèvera le 29 octobre.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola a salué une « étape historique » dans un « dossier qui traverse les décennies ». « Ce projet s’inscrit dans une histoire longue de plus de 50 ans, dès 1975 avec la municipalité de René Rieubond, la nécessité d’un contournement était clairement posée pour désengorger le centre-ville, améliorer la circulation et la sécurité, préserver la qualité de vie des habitants », a rappelé l’édile. Le 30 juin dernier, la signature du protocole de financement a enfin donné une « réalité concrète à ce que tant de générations espéraient ». Au total, 210,5 millions d’euros ont été débloqués par les pouvoirs publics. Depuis, la Métropole a lancé les études en requalification de la RN568 pour redéfinir l’entrée de ville de Port-de-Bouc.

    Un projet immobilier en question

    « Nous avons devant nous enfin un calendrier concret, s’est réjoui Laurent Belsola. Les dernières acquisitions foncières sont prévues pour le début de l’année prochaine, le début des travaux est envisagé pour 2027 et la mise en service pour 2030. » Une réunion publique aura lieu ce jeudi 16 octobre dans la salle des Aiguades pour apporter toutes les informations nécessaires à la population.

    Un autre dossier a animé les débats : la cession, pour 700 000 euros HT, d’un terrain communal situé avenue des Fabres « actuellement occupé par un ancien hangar vétuste et sans usage », a précisé Rosalba Cerboni, adjointe déléguée à l’habitat (PCF). Inova Promotion, l’acquéreur, prévoit la construction de deux ensembles : un petit collectif regroupant 26 logements intermédiaires et un second bâtiment comprenant six maisons de ville. La municipalité a annoncé vouloir engager une concertation sur l’environnement du quartier.

    La conseillère municipale d’opposition Virginie Pepe (DVD) s’est étonnée du tarif de ces logements intermédiaires « qui ne sont pas accessibles à tous » en prenant l’exemple de la nouvelle résidence de Caronte où le prix du T3 « avoisine les 900 euros ». « C’est du logement intermédiaire grand luxe, même si on n’a pas la maîtrise des
    loyers
    . » Laurent Belsola a expliqué : « Nous avions décidé de faire un parcours résidentiel sur la ville dès 2012 avec notre logement social, notre parc privé et nos lotissements communaux à 30% moins cher que le marché pour permettre aux gens d’accéder à la propriété. Ce logement intermédiaire nous manquait (…) et il permet de rentrer dans du neuf, même s’il est cher. »

  • La crise du logement, un défi ici et partout en Europe

    La crise du logement, un défi ici et partout en Europe

    « On retrouve à Marseille et partout ailleurs en Europe les mêmes freins liés au foncier, au financement et à l’acceptabilité de la mixité », pose Patrick Amico (GRS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du logement et de la lutte contre l’habitat indigne. Il rappelle le besoin annuel non satisfait de 4 000 nouveaux logements, dont 2 300 abordables. « On ne peut pas compter sur la bonne volonté du marché. Une politique de production de logements abordables est encore plus nécessaire », exhorte-t-il. S’agissant des 12 937 meublés touristiques recensés fin 2024, dont 6 000 sauvages, une « régulation » s’impose, car ils font « perdre des logements familiaux ».

    Sur l’habitat dégradé qui affecte 40 000 logements à Marseille, « le travail a été pris à bras-le-corps avec des situations d’urgence absolue », déclare Patrick Amico. Beaucoup d’immeubles sortent de péril, mais 1 300 arrêtés de mise en sécurité sont encore actifs. « La problématique de sécurité diminue, mais celle de l’indécence et de l’insalubrité augmente », reconnaît-il.

    « La reconquête de logements vacants et l’investissement dans l’ancien ne suffisent pas », expose David Ytier (LR), le vice-président en charge du logement à la Métropole, conscient que « la crise du logement touche l’intégralité du territoire intercommunal ». « Il faut convaincre nos concitoyens que la production de logements est une nécessité d’intérêt général pour que chaque citoyen ait un toit. » Sur les grandes copropriétés privées dégradées « longtemps dans l’angle mort des politiques publiques », 4 des 28 les plus préoccupantes à Marseille vont faire l’objet d’une opération Orcod-IN*, « cela fait 30 ans qu’on enchaîne les plans de sauvegarde. Il est temps qu’on se donne une méthode pour être efficace quand des habitants sont pris au piège de situations inhumaines, atroces et inimaginables », lance David Ytier.

    « Ce n’est plus une crise mais une tendance »

    Pour l’État qu’il incarne, Patrick Vauterin, directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM), rappelle qu’« on ne résoudra pas les questions marseillaises sans la solidarité territoriale quand on est face aux défis du logement, de la lutte contre l’habitat indigne, de la rénovation urbaine ». De redire que « l’état est là » avec l’Anah qui, depuis 2018, a mis plus de 40 millions d’euros sur ce territoire et 25 millions d’euros supplémentaires en 2025 et 650 millions d’euros de l’Anru sur Marseille. Il rappelait l’impact de la crise du Covid où « la production s’est écroulée de 30% quand les demandes de logements sociaux augmentaient de 30% ».

    Pour Francis Vernède, de la Fondation pour le logement des défavorisés, « avec 2,8 millions de demandeurs d’un logement social en France, dont 110 000 dans les Bouches-du-Rhône, la question devrait être le cœur de cible des pouvoirs publics. Ce n’est plus une crise, mais une tendance car on a fait du logement social un produit financier ».

    * opération de requalification de copropriétés dégradées d’intérêt national

  • Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    C’est un peu notre Bon coin à nous », plaisante Galla Bridier, directrice adjointe d’Habitat social en Occitanie (HSO). La structure, qui réunit 67 organismes dans la région, vient en effet de lancer une bourse aux logements sociaux à destination des locataires HLM désireux de changer de logement pour des raisons diverses. La composition de la famille peut par exemple avoir changé, ou le locataire avoir trouvé du travail dans une autre ville du territoire.

    Onze bailleurs sociaux se sont, pour le moment, engagés dans ce dispositif innovant lancé, dans un premier temps, dans l’Hérault et le Gard. Ce qui représente près de 82 000 logements susceptibles d’être proposés à l’échange. « À terme, cette bouse a une vocation régionale et sera étendue à d’autres départements », prévient Michel Calvo, président de HSO et d’ACM Habitat, l’office HLM de Montpellier, premier bailleur social public de la région.

    Dès 2022, ACM Habitat a mis en place une bourse d’échange de logements sociaux interne à son parc, qui a servi de base aux travaux constitutifs de la plateforme Place du logement*. Laquelle s’est également inspirée d’expériences similaires conduites, par exemple, en Nouvelle-Aquitaine depuis 2019 (18 bailleurs associés) ou dans le Rhône depuis 2024 (16 bailleurs).

    Opérationnelle depuis le 30 septembre, la plateforme régionale coordonnée par HSO s’adresse uniquement aux locataires d’un bailleur adhérent au dispositif. Les candidats à l’échange doivent avoir une demande de logement social active au moment de l’inscription, être titulaires du bail et occuper le logement depuis au moins deux ans. « Une fois leur compte créé, les locataires ont accès aux différentes annonces et peuvent entrer en contact avec d’autres grâce à une messagerie intégrée. Les échanges peuvent déboucher sur des visites d’appartements. Si les deux parties sont intéressées, elles signent un engagement réciproque et c’est ensuite les bailleurs qui valident ou non les échanges en commission d’attribution », détaille Galla Bridier. Ces derniers gardent donc la maîtrise du dispositif, en vérifiant notamment l’adéquation entre la situation familiale et la typologie des logements (l’attribution d’un F4 à une personne seule, par exemple, sera refusée).

    « Rendre visible une offre aujourd’hui invisible »

    Cette initiative permettra de « fluidifier les parcours résidentiels et l’autonomie » des locataires désireux de changer de logement, en élargissant le champ des possibles. « Grâce à cet outil, nous allons augmenter les possibilités d’échange entre des locataires au-delà de la seule demande de mutation avec le bailleur avec lequel ils sont en contrat », explique Michel Calvo.

    Dans une région soumise à une forte pression de la demande de logement social (estimée à 6,7 demandes pour 1 attribution), ce dispositif constitue une aubaine, un accélérateur pour des locataires qui attendent parfois de longues années avant que leur demande de mobilité ne soit satisfaite. Sur les 213 500 demandes d’un logement social recensées fin janvier 2025 en Occitanie, 29% concernent des demandes de mutation (27% dans l’Hérault et 32% dans le Gard). Cette initiative se révèle également vertueuse pour les bailleurs, car elle crée « un mouvement supplémentaire » dans un contexte où « les taux de vacance, qui permettent d’amorcer une rotation, n’ont jamais été aussi bas (moins de 1%) », souligne Gilles Dupont, directeur général d’Hérault logement, l’un des bailleurs associés au projet. « L’objectif est de rendre visible une offre aujourd’hui invisible. En tant que bailleur, nous ne communiquons pas, même si nous sommes au courant, sur les envies de partir des uns et des autres. Grâce à ce dispositif, c’est le locataire lui-même qui fera connaître sa volonté de changement. Cela va créer du flux, un mouvement de libération de logements qui viendra s’ajouter aux efforts déjà réalisés par les bailleurs », poursuit-il. Un autre de ses collègues y voit également un moyen « d’inciter les locataires à entretenir leur logement s’ils doivent un jour mettre des photos en ligne dans la perspective d’un échange ».

    * http://place-du-logement-occitanie.fr

  • Passes d’armes à La Seyne-sur-Mer sur les logements sociaux

    Passes d’armes à La Seyne-sur-Mer sur les logements sociaux

    Il y a eu trop de décisions débattues. Il va falloir s’organiser différemment sur les prochains conseils », pestait l’élu d’opposition Damien Guttierez (SE), au terme d’un conseil municipal qui aura duré quatre heures, mardi. Une longue après-midi durant laquelle la présentation des délibérations a pris du temps, avant de laisser place à des débats parfois houleux, loin du politiquement correct.

    La question du logement a mis le feu aux poudres entre Olivier Andrau (PS) et Dorian Munoz (RN). Première pierre d’achoppement : le renouvellement de conventions liées au dispositif partenarial de la convention habitat multi-sites entre la Métropole et la commune, via l’Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur (EPF Paca). L’une de ces conventions prévoit la création de 3 000 logements en mixité sociale, dont 40% de logements sociaux, avec un avenant de 5 millions d’euros portant le montant total à 55 millions. Ce qui ne plaît pas, bien entendu, à l’élu RN, malgré l’obligation, en vertu de la loi SRU, de présenter 20% de logements sociaux sur la commune : « Pourquoi en créer alors que les Seynois n’en veulent pas ? Ça produit de la concentration de risques et une hausse de la circulation et de la bétonisation. » Le socialiste lui répond sèchement : « Je suis effaré de cette malhonnêteté. Si c’est les Seynois d’abord, qu’allez vous faire ensuite ? Vous barricader entre vous ? Ce message sur la bétonisation est hors sujet et témoigne de votre amateurisme. »

    Le débat s’est ensuite porté sur la gestion de ces logements, avec un projet de délibération portant sur les conventions des gestions de flux signées avec les bailleurs sociaux, afin d’en optimiser l’allocation.

    Andrau : « Vous mentez depuis cinq ans »

    Même cause, même effet pour l’élu d’extrême droite : « La commune perd la main sur la gestion. Cela va générer plus de colère et prive la Seyne de son autonomie. » « à chaque fois, vous rajoutez une couche dans le n’importe quoi, rétorque Olivier Andrau. Vous agitez, à chaque prise de parole, les tensions sociales et soufflez sur les braises avec des discours démagogiques. Depuis toujours, pour le logement social, c’est celui qui paye qui attribue. C’est une nécessité pour loger, parce que trop d’élus de droite et du RN n’en veulent pas dans leur commune. » « Il n’y a plus assez de logements sociaux, il faut en construire. Au lieu de faire des débats politiques, soyons concrets. Il y aura un quota de logements sociaux adressés aux bailleurs, mais nous gardons la main sur les décisions », tranche l’adjointe au logement, Basma Bouchkara.

    La votation concernant deux avenants au budget municipal (571 304 euros pour le fonctionnement communal, 848 339 sur les investissements) a également intensifié les débats entre la majorité et l’élu socialiste, indigné par l’abandon du projet de nouvelle école pour remplacer celles de Verne et Mabily : « Vous mentez depuis 5 ans. En lieu et place d’une école, il y a un terrain vague, que vous justifiez par une baisse démographique. » Réponse acérée du maire, Joseph Minniti : « Le mandat précédent affichait un budget de 600 000 euros, nous passons à 1,6 million cette année. Les écoles étaient dans des états innommables et je préfère favoriser 5 000 enfants plutôt qu’un seul établissement. » « Je ne dénigre pas vos investissements, mais votre discours ne tient pas compte des transferts de compétences sur les écoles à la commune, qui a fait augmenter le budget », se défend Andrau.

  • Une offre de logements sociaux toujours au rabais

    Une offre de logements sociaux toujours au rabais

    C’est un fait, le secteur du logement est en crise. Si la problématique est nationale, l’Hérault ne déroge pas à la règle. « Il y a près de 64 000 demandes de logements sociaux dans l’Hérault en 2025, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année 2024 », soupire Aline Veyrié, présidente de la Confédération nationale du logement (CNL) de l’Hérault, qui milite pour défendre un droit au logement pour tous. L’Occitanie n’est pas en reste, avec 215 000 demandes, soit une hausse de 11% en un an. Problème, seuls 7 636 logements sociaux sont disponibles dans la région.

    Dès lors, il devient difficile de trouver chaussure à son pied. D’autant que certaines collectivités ne respectent pas les règles du jeu, à l’instar de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain, Ndlr), qui impose un nombre minimal de logement social (20 à 25% du parc immobilier) à chaque commune. « Dans le département, seules Montpellier et Béziers la respectent », poursuit Aline Veyrié. Les autres préférant payer des amendes plutôt que d’être solidaires – le bonnet d’âne revenant sans aucun doute à Agde qui a préféré payer un million d’euros pour être à 9% de logements sociaux. À cela s’ajoute la ponction annuelle décrétée par l’État de plus de 1 milliard d’euros, la réduction du loyer de solidarité (RLS), autant de manque à gagner pour la construction de nouveaux logements.

    Vers une nouvelle approche du logement ?

    De l’autre côté, les locataires font face à une explosion de la vie chère, plongeant une grande partie d’entre eux dans la précarité. « Avec l’inflation, les loyers ont augmenté, même dans le logement social. Alors dans le logement privé, c’est encore pire. Il y a eu aussi une explosion des charges, on a eu beaucoup de réclamations – surtout dans le privé où il est très difficile de les rétablir, les propriétaires ne nous répondent pas », fait valoir la présidente de la CNL héraultaise. Sans parler de la stagnation des salaires et de pensions de retraite.

    Pour pallier la situation, la CNL se veut force de propositions. Notamment une aide à la pierre, un investissement vertueux selon Aline Veyrié. « La construction des logements sociaux permettrait de créer des emplois, c’est un tout. » Surtout, la CNL milite pour une sécurité sociale du logement, à savoir « une sorte d’assurance basée sur le modèle de la Sécu permettant de prévoir un logement à chacun, avec des prix abordables ». Une proposition de la CNL publiée début septembre dans le Manifeste pour une sécurité sociale du logement. Cette dernière comprendrait une caisse nationale de sécurité locative, des allocations temporaires pour faire face aux accidents mais aussi un moratoire sur les expulsions, l’encadrement des loyers… Une véritable nouvelle approche pour tenter de sortir par le haut de la crise du logement.