Tag: logement social

  • Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Pour l’heure, la seule nouveauté visible sur le site est le centre d’incendie et secours de Saint-Julien, qui s’est érigé rue de la Crédence, opérationnel depuis le 31 mars 2025. En face, le terrain vacant depuis la destruction des quatre bâtiments du Petit Séminaire, entre 2021 et 2023, doit accueillir une coulée verte en 2027.

    « Vous êtes venu il y a deux ans. On vit toujours avec les mêmes difficultés. » Le 26 juin 2023, un Marseillais avait ainsi interpellé Emmanuel Macron devant près de 350 associatifs et habitants réunis dans le stade de la cité de la Busserine. C’est dire combien les attentes en termes d’amélioration du cadre de vie sont grandes dans les quartiers populaires. Le président de la République était venu annoncer la grande consultation « Quartiers de demain », où parmi dix projets, l’avenir du Petit Séminaire doit se redessiner.

    Trente équipes (trois par site) composées d’architectes, urbanistes et paysagistes, soumettent, ce lundi, leur projet destinés à répondre aux enjeux complexes et singuliers de chacun des dix territoires pilotes à Caen, Colmar, Coulommiers, Corbeil-Essonnes, Le Mans, Lodève, Manosque, Marseille, Pessac et Sedan.

    Construite en 1959 par Georges Candilis pour résorber les bidonvilles, la cité a été la première expérience de réhabilitation urbaine de 1976 à 1986, mais son abandon et sa dégradation avancée ont conduit à la démolition des 240 logements sociaux entre 2021 et 2023. Sur ses 3,7 ha de terrain laissés vides, le long de la rue de la Maurelle, les travaux de réagencement ont déjà été estimés à 3,75 millions d’euros. Plusieurs ateliers, qui associent habitants, CIQ et associations à la réflexion, ont déjà fixé les grandes lignes du projet urbain.

    De la cité au laboratoire

    En s’appuyant sur les qualités paysagères du site, le premier axe impose la gestion des eaux pluviales et de ruissellement, tout en développant des usages à l’attention des habitants. Cette trame verte doit « favoriser l’émergence d’activités intergénérationnelles ». Est aussi prévue « une rénovation énergétique des logements subsistants et la création d’une offre résidentielle qualitative, sociale ou en accession ».

    Enfin, le projet prévoit de retravailler l’offre en équipements scolaires et socio-éducatifs, en transports en commun et en mobilités douces. L’agence Folléa-Gautier a imaginé un « vallon fertile capable d’évoluer avec celles et ceux qui l’habitent, le traversent ». Le Petit-Séminaire se fait « havre climatique », « aire de solidarité » et « port d’attache » avec l’Atelier Marion Talagrand. « Cœur de nature active et attractive au service du redéploiement urbain. Puisant dans les logiques pastorales », pour Ilex.

    Les trente projets sont dévoilés, ce lundi, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, ainsi que les dix lauréats, par les maires des sites concernés. Ouverte au public du 3 décembre au 3 mars 2026, l’exposition des maquettes et photos de « Quartiers de demain » sera par la suite présentée sur site.

  • Jean-Philippe Musso se lance pour les municipales aux Pennes-Mirabeau

    Jean-Philippe Musso se lance pour les municipales aux Pennes-Mirabeau

    « Je ne serais pas un maire qui gouverne seul dans sa tour d’ivoire », lance Jean-Philippe Musso à l’assistance du chalet Mistral, bien rempli, vendredi soir, à l’occasion du lancement de sa campagne. L’ancien adjoint aux finances du maire (divers centre) Michel Amiel se présente aux élections municipales face au successeur désigné de l’édile et actuel premier adjoint, Jean-Marc Léonetti.

    « Le logement social

    est dans la loi »

    Devant 250 personnes, selon l’organisation, le candidat a longuement abordé le sujet du logement social. « Certains veulent geler l’urbanisme, d’autres se battent avec l’État, ou veulent un référendum sur le logement social. C’est une illusion et je me battrai avec les élus qui veulent la main sur l’attribution, alors que 50% des Pennois y sont éligibles », affirme Jean-Philippe Musso.

    D’autre part, l’ancien adjoint parle de « faire reculer les dépôts sauvages » par « la création d’une brigade verte », qui servira aussi à « entretenir nos forêts et prévenir les incendies, inondations et canicules ». Il annonce aussi, « une crèche à la Gavotte » et « un lycée sur la commune ».

  • L’habitat inclusif en question au Département

    L’habitat inclusif en question au Département

    Un contexte, un besoin, des enjeux. Le Département des Bouches-du-Rhône organisait, vendredi, une journée dédiée à l’habitat inclusif. Un dispositif pour personnes de plus de 65 ans ou handicapées, combinant espaces privatifs et communs pour favoriser autonomie et vie sociale. Objectif ? Lutter contre l’isolement grâce à un projet de vie partagée et un accompagnement adapté.

    « Une journée pour valoriser ce dispositif particulier et échanger les bonnes pratiques avec les porteurs de projets déjà installés qui ont bénéficié de l’aide à la vie partagée », explique Jean-Marc Perrin, conseiller départemental (DVD) et président de la commission des financeurs pour l’habitat inclusif.

    Dans les Bouches-du-Rhône : 41 projets sont ouverts, s’adressant à 623 personnes pour un financement état-Département de 2 millions d’euros en 2025. 4,75 millions sont prévus d’ici 2028. « On est soutenu par l’État via la Caisse nationale de solidarité à l’autonomie mais je suis inquiet », reprend Jean-Marc Perrin. « Sur les premiers appels à manifestation d’intérêt, l’État nous soutenait à hauteur de 85%, aujourd’hui on est à 50%. Le reste est à charge des Départements dans des situations budgétaires compliquées. J’espère que la baisse de ce soutien va s’arrêter. »

    Une précarité

    plus marquée

    D’autant que le dispositif de l’habitat inclusif paraît homéopathique au regard du vieillissement de la population du département. On y compte 558 000 personnes de plus de 60 ans et 70 600 personnes de plus de 85 ans, en hausse de 30% depuis 2015. En 2030, selon les prévisions, le territoire comptera 77 000 personnes de plus de 75 ans en situation de dépendance dont 80% de femmes.

    « Une population sur laquelle pèse une précarité plus marquée que dans le reste du pays », observe Laurence Diederichs-Diop, cheffe du service Observatoire de Provence. Ici les bénéficiaires du minimum vieillesse représentent 8% de la population contre 4,3% en France. Les femmes avec leurs carrières hachées et des retraites inférieures de 40% à celles des hommes, sont particulièrement vulnérables. Côté handicap, 160 000 personnes ont des droits ouverts à la MDPH, 36 900 sont allocataires de l’aide adulte handicapé et 11 600 bénéficient de prestations et d’allocations compensatrices (PCH et ACTC).

    Cette longévité interroge donc les dispositifs classiques au regard des besoins d’accompagnement et de la variété des handicaps. L’habitat alternatif est une des pistes, considérant que 96% des plus de 60 ans et 83% des plus de 85 ans, vivent à domicile. Seuls, pour près de la moitié, et huit fois sur dix des femmes.

    Un contexte compliqué, accentué par la tension sur le parc de logement social. Sur ce sujet, Jean-Marc Perrin, tout nouveau président de 13 Habitat, le bailleur du département, n’a pas voulu s’exprimer. Dans un territoire où de nombreux maires de sa majorité se dérobent à leurs obligations sur la loi SRU, 11 000 personnes âgées sont pourtant en attente d’un logement social. 23% des demandes de mutations sont faites par des plus de 60 ans, réclamant dans 16% des cas un logement adapté à leur handicap. Au total, ce sont 6 000 sollicitations pour un logement adapté ou accessible…

    Autre point de tensions, l’offre insuffisante en matière d’établissements collectifs. Avec 16 252 places en Ehpad, 3 703 en résidence autonomie et personnes âgées et 3 844 en hébergement adapté pour personnes en situation de handicap, le département affiche des taux largement inférieurs à la moyenne. « Et les prix sont ici plus élevés en raison de la faiblesse de l’offre d’établissements publics », explique Julia Rondon, conseillère technique pour le Département.

    à deux doigts de citer la ville de Marseille qui vient de lancer son premier Ehpad social public, en exemple.

  • Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    À la Beaucaire, 4 300 habitants répartis dans 1 761 logements, la question du chauffage revient chaque hiver. Mobilisés en 2023 contre la hausse de 40% des factures d’eau chaude et de chauffage, ce ne sont pas les prix -qui n’ont pas baissé- qui suscitent la colère des habitants cette fois, mais la température des logements. « Beaucoup de résidents ont froid. La situation est inégale selon les bâtiments, étages et appartements. Souvent, la régulation du chauffage collectif à 20°C (18 la nuit) ne permet pas d’atteindre 19°C », dénonce le Groupement d’action des locataires de la Beaucaire (Galb), qui a réuni trente personnes mercredi au pied de la tour 80. Alors que l’hiver s’installe, « dans les tours 78,79 et 80, le chauffage est hors-service dans les salles de bains depuis des années, provoquant des moisissures alors que les locataires payent. Dans les tours 81 et 82, des salles de bains sont sans chauffage malgré les travaux de 2023 », déplore le collectif. « Le radiateur de ma salle de bains, installé en 2012, ne fonctionne que depuis deux jours, grâce à de nouveaux travaux », note sa présidente, Sara Rozas Millan, 71 ans, locataire de la tour 81 depuis 27 ans.

    Ateliers de concertation

    Celle-ci dénonce une situation qui ne peut plus durer : « On a vécu ici avec beaucoup de problèmes, l’ascenseur notamment. On paye le chauffage au m² alors qu’on a des pièces non chauffées. On a de gros problèmes d’isolation. On veut un chauffage égal et constant pour tout le monde », lance cette ancienne aide-soignante à la retraite depuis deux ans. Mais aussi « pouvoir monter au-dessus de 19 degrés dans certaines pièces, et que les salles de bains soient enlevées des charges de chauffage pour les tours 78/79/80 », exige le groupement.

    Le bailleur social Toulon Habitat Méditerranée (THM), que le Galb doit à nouveau rencontrer le 9 décembre, indique, via son directeur de la gestion urbaine Julien Amoruso, que « la sonde extérieure, qui sert à réguler, déclenche le chauffage selon la température mais celui-ci ne se ressent pas de suite. J’ai demandé aux services techniques d’anticiper, il y travaille. »

    Selon lui, les travaux entrepris ne sont pas vains : « Des relevés dans des logements indiquent entre 19,5°C et 22,7°C. Les désordres sont localisés. L’amélioration des courbes de température gérées par le prestataire a permis de réchauffer. » Quant à l’isolation, « les DPE sont classés C à 70%, le reste D. On ne peut signaler une mauvaise isolation. Néanmoins, le ressenti ne se règle pas techniquement mais en écoutant les besoins. On peut ajuster la température selon les heures passées à domicile. C’est ce qu’on veut proposer via des ateliers de concertation. En réhabilitation, on planche sur un plan stratégique du patrimoine pour redéfinir les besoins au regard de la vétusté des bâtiments. La Beaucaire sera sûrement prioritaire », conclut Julien Amoruso.

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • Le bailleur a-t-il surévalué et tronqué le calcul de son loyer à L’Isle-sur-la-Sorgue ?

    Le bailleur a-t-il surévalué et tronqué le calcul de son loyer à L’Isle-sur-la-Sorgue ?

    Dans le jargon de l’habitat social, on appelle ça surface corrigée. En clair la superficie d’un logement réévaluée en fonction des paramètres de l’appartement (équipement, exposition, état des parties communes et extérieurs). Légalement, le bailleur doit systématiquement remettre aux locataires entrants le décompte de surface corrigée. Seulement voilà, certains prennent quelques largesses sur le sujet modifiant ces surfaces, « sans demande d’autorisation préalable au préfet », note l’Ancols, agence chargée de contrôler les organismes HLM.

    Dans des rapports de 2016 et 2020, l’Ancols épinglait Grand delta habitat (GDH) sur ces pratiques, conduisant « à des dépassements des loyers plafonds ». À L’Isle-sur-la-Sorgue, au sein de la résidence L’Enclos, Félicia* est en train d’en faire l’amère expérience. Cette locataire est, depuis avril, en pleine procédure et courriers entre le bailleur, l’État, son avocate et l’association Transparency international, qui lutte contre la corruption. Celle-ci, à la lumière des éléments transmis par Félicia, a effectué un signalement à la répression des fraudes face à des « faits de nature à caractériser un détournement de fonds publics », écrit Transparency international.

    GDH s’en tient au silence médiatique

    En aménageant il y a deux ans à L’Enclos, Félicia ne tiquait pas sur le montant de son loyer d’environ 340 euros pour un T2 de 54m2. Jusqu’à un courrier du bailleur lui annonçant que, suite à « des travaux de réhabilitation », son loyer passait à 474 euros. Soit près de 40% d’augmentation, GDH se fondant sur le plafond maximal fixé par la convention dite APL avec l’État lors de la construction de la résidence en 1986. « J’avais refusé ces travaux car je savais que le loyer augmenterait, quand j’ai demandé des explications, c’est là que j’ai découvert que la convention avait été falsifiée », dénonce Patricia.

    En réclamant la convention originale auprès du bailleur puis de la préfecture, la locataire remarque que celle adressée par GDH comporte un tableau sur les surfaces corrigées, ajouté en fin de document, après même les signatures officielles. De même, la dernière page a une version en partie manuscrite, quand celle du bailleur est tapuscrite. Dans un courrier, la préfecture « confirme le caractère original » de sa convention. Pour Patricia, cela ne fait aucun doute : « Le bailleur [à l’époque Mistral habitat] a volontairement fraudé. » C’est en effet dans ce tableau que son deux pièces a une surface corrigée de… 102m2. Il a donc fallu que le bailleur décide d’augmenter les loyers au plafond pour que la surfacturation saute aux yeux.

    « GDH m’a proposé un rabais avec une hausse que de 10%, je croyais que les loyers étaient très réglementés et pas à la tête du client », grince Félicia qui va déposer une plainte afin d’être remboursée du trop plein versé depuis deux ans. Selon ses calculs, sur l’ensemble de la résidence, « tous les loyers doivent être minorés d’au moins 100 euros par mois depuis la signature du bail ». Début septembre, elle a alerté le préfet réclamant « l’ouverture d’une enquête rigoureuse », face à cette « fraude systémique qui porte un préjudice financier aux locataires mais aussi à l’intégrité des fonds publics via la convention APL ». Sollicité, GDH nous a indiqué « ne pas vouloir apporter de réponse dans la presse ».

    * Le prénom a été modifié

  • Des tirs de mortier stoppent un chantier

    Des tirs de mortier stoppent un chantier

    Une entreprise est intervenue, ce vendredi matin, sur une fuite d’eau détectée sur une canalisation de la résidence gérée par 13 Habitat. Les techniciens « ont été violemment pris pour cible par un groupe d’individus. Ces agissements conduisent régulièrement à des dégradations et à des nuisances inacceptables pour nos locataires », explique le bailleur social.

    L’équipe d’intervention a réussi à éviter un départ de feu à proximité d’un véhicule de service. Mais la dangerosité de la situation a conduit au retrait immédiat des techniciens. 13 Habitat, avec le soutien de la préfecture et de la mairie des 11e et 12e arrondissements, a organisé une nouvelle intervention afin de permettre à ses locataires de ne pas être privés d’eau chaude et froide.

    L’eau était rétablie dans la soirée, alors que les policiers continuaient leurs rondes pour sécuriser le site. « Une cellule de crise a été activée pour le maintien de la communication avec les locataires », précise le bailleur.

  • Gérées par 13 Habitat, douze cités très en colère

    Gérées par 13 Habitat, douze cités très en colère

    La fronde est partie d’une demande de remboursement des charges liées à Prox-Hydro concernant les répartiteurs de frais de chauffage. « Les logements sont équipés de radiateurs vétustes ne présentant pas les conditions techniques nécessaires à une utilisation conforme des RFC. Il est impossible d’obtenir une mesure fiable de la consommation réelle des locataires », explique Dinks Turky, locataire au Clos (13e). À partir de là « nous avons constaté que la problématique d’insalubrité liée à des moisissures, des fuites non traitées, était le lot commun de nombreuses cités », précise le coordinateur du Collectif des locataires de 13 Habitat qui regroupe « 12 cités marseillaises, mais aussi à Salon et à Aix ». Des réunions se sont tenues, mais « n’ont produit aucun effet concret », déplore le collectif. Aux Aygalades, où la réhabilitation a pris du retard, l’intervention rapide sur des fuites, promise à la suite de notre articles du 25 octobre, « n’a pas eu lieu », confirme une locataire. À La Pinède à Aix-en-Provence, l’alerte des locataires sur les écoulements dans les caves est aussi restée vaine.

    Une lettre du maire

    « Cette situation n’est pas soutenable », s’est alarmé le maire de Marseille. Dans un courrier adressé à la direction de 13 Habitat Benoît Payan demande « une réaction immédiate ». Il a également répondu à la sollicitation du Collectif KGBS (Kallisté, Granière, Bourrely, Solidarité) pour rencontrer les habitants des plusieurs cités du 15e arrondissement lors d’une réunion prévue le 18 novembre.

    « Mais c’est une réunion avec l’ensemble des locataires qu’il faut organiser », insiste pour sa part le collectif des locataires des 12 cités qui sollicite un entretien avec la direction générale « dans des délais raisonnables » sous peine de « poursuites judiciaires ». À Salon de Provence, Jean-Pierre Babillot, le président de la CNL du groupe les Canourgues s’est élevé contre « la transmission de la régularisation des charges locatives de l’année 2021 », hors délais, « qui ne pourra donc être exigée ».

  • À Marseille, les locataires de la Marie jouent collectif face à l’insalubrité

    À Marseille, les locataires de la Marie jouent collectif face à l’insalubrité

    « J’ai fait intervenir un maçon car le mur était fendu. On voyait le jour à travers », se désole Mama, locataire depuis 27 ans au bâtiment 16. L’appartement est impeccablement bien tenu, mais la peinture fraîche du salon laisse encore apparaître les traces de la fissure. « Je signale au gardien, des techniciens passent, ils notent et rien. C’est la 6e fois que je refais les peintures en 4 ans, c’est humide, l’air passe, on se gèle. »

    Des moisissures qui envahissent les murs et les plafonds, des parquets gondolés et démontés… et quelques travaux cache-misère. Ces désordres sont le quotidien des locataires de cette cité du fond du 13e arrondissement dont la construction, comme les radiateurs datent de 1974. « L’inaction de 13 Habitat nous a poussés à créer le Collectif des locataires 225 la Marie », expliquent Sandrine et Farida. Et leur carnet de doléances est déjà comble. Les portes s’ouvrent sur le même déplorable constat. Dans les bâtiments 14 et 6, des seaux ont même été disposés dans les appartements sous les fuites pour récupérer les eaux de pluies.

    Habiba, autre locataire du bâtiment 8, a également fait changer à ses frais les toilettes et le carrelage de la salle de bains qui étaient trop vétustes et tombaient en morceaux. Mais les infiltrations ont à nouveau pris le dessus. « Quand elle utilise sa douche, ça coule chez moi », témoigne Karima, qui loge à l’étage en dessous et qui s’est proposée comme référente du collectif sur deux immeubles. « Toutes les VMC sont HS », précise-t-elle. Contactée, la direction de 13 Habitat se dit consciente des infiltrations et reconnaît « un mauvais fonctionnement de la VMC et de la vétusté de certaines colonnes montantes de chauffage ». Elle prévoit « des interventions le plus rapidement possible pour apporter des solutions à ces dysfonctionnements ».

    L’état des chauffages est aussi source de colère. Des thermostats fixés sur les radiateurs indiquent 30 °C alors que le métal rouillé de l’appareil est froid. « Ce sont des appareils Prox Hydro qui ont été posés sur un ancien système de chauffage collectif, explique Sandrine, mais on ne s’y retrouve pas dans les charges. » Au bâtiment 7, la locataire du rez-de-chaussée, également envahie par les moisissures, sans fenêtre digne de ce nom dans sa cuisine, sort une facture surprenante : 334 euros de loyer et 207 de charges.

    Le Clos, les Olives

    et les Chartreux font bloc

    L’union fait la force et la Marie a fait bloc avec les associations de locataires du Clos, des Olives et des Chartreux en exigeant d’être reçues devant le siège de 13 Habitat, le 29 octobre. « À propos des répartiteurs de frais de chauffage, une nouvelle réunion va être programmée, sur le calcul des répartiteurs de frais. Les éventuels dysfonctionnements seront réglés au cas par cas », propose 13 Habitat.

    Au Clos, c’est « un incendie d’appartement qui s’est produit l’été dernier dans le bâtiment 16 qui a endommagé le réseau de chauffage. Veolia poursuit ses travaux de remise en état », précise encore 13 Habitat. Quant à l’humidité et les moisissures dans les logements de ces deux cités, la vétusté est incriminée et « cette problématique sera traitée dans le cadre de projets de réhabilitation énergétique et technique », annonce le bailleur, tout en demandant à ses locataires « de veiller à la bonne aération de leur logement, et à l’entretien régulier des grilles de ventilation ». Ce qu’ils font déjà. Et ces associations de vigies promettent quant à elles de rester « vigilantes, car sans mobilisation, sans médiatisation, nous n’obtenions pas de réponses ».

  • La réhabilitation de la cité des Aygalades prévue fin 2026

    La réhabilitation de la cité des Aygalades prévue fin 2026

    Inquiets pour leur sécurité en raison de l’avancée des dégradations du bâti, les locataires du bâtiment 4 de cette cité du 15e arrondissement, construite en 1965, ont lancé une alerte dans La Marseillaise du 25 octobre. « Les inquiétudes des locataires peuvent se comprendre, mais ne sont absolument pas justifiées », considère le bailleur social, assurant que des travaux « devraient débuter dans le courant du 4e trimestre 2026 ».

    13 Habitat prévoit une réhabilitation générale et thermique de l’ensemble de la cité et de ses 598 logements. « Ce chantier d’envergure est préparé depuis plusieurs mois, précise le bailleur. La maîtrise d’œuvre a été désignée l’année dernière. » Le programme, qui a été présenté à l’amicale des locataires, le 15 septembre, n’avait pas eu l’heur de rassurer les habitants du bâtiment 4. « Depuis 2023, on nous annonce les travaux, mais on ne voit rien. Un budget avait été validé pour un démarrage en 2025, mais on n’a rien vu », déplore Dalila Hezaima, qui « bataille depuis six ans » et a vu sa confiance mise à l’épreuve.

    Suite à notre interpellation, 13 Habitat s’est dit « parfaitement conscient de l’état actuel de la cité et de la nécessité de rénover les bâtiments et les logements ». Concernant la présence de fissures sur les immeubles et les balcons, la direction assure qu’elles « ne mettent pas en cause la sécurité du bâti. La maîtrise d’œuvre et le bureau d’études Axiolis ont réalisé des sondages au niveau de ces dégradations : les immeubles et les balcons sont stables ». Elles seront traitées dans le cadre du plan de réhabilitation.

    Quant aux fuites de canalisations qui se déversent en continu dans les parties communes et dans certains logements, « les agents de terrain de 13 Habitat vont aller vérifier sur place, pour engager si besoin une procédure d’intervention », explique-t-on.

    L’entretien en panne

    Les travaux qui doivent être entrepris sont d’ordre général et d’amélioration thermique. Des réunions « seront organisées l’année prochaine afin de présenter aux locataires de manière détaillée les travaux à venir. Dès le mois de décembre, une première concertation se tiendra dans le cadre d’ateliers organisés par la maîtrise d’œuvre sociale associée à la conduite du projet », indique encore 13 Habitat.

    Il faudra donc un an de patience supplémentaire aux habitants de la cité pour voir leurs conditions de logement s’améliorer. En attendant, les locataires demandent que l’entretien courant soit réalisé : « Pannes d’ascenseurs qui perdurent, interventions à la va-vite sur un chauffe-eau pas raccordé, un plafond troué laissé béant… », liste Djamal, également locataire du bâtiment 4.