Tag: logement social

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • Le bailleur a-t-il surévalué et tronqué le calcul de son loyer à L’Isle-sur-la-Sorgue ?

    Le bailleur a-t-il surévalué et tronqué le calcul de son loyer à L’Isle-sur-la-Sorgue ?

    Dans le jargon de l’habitat social, on appelle ça surface corrigée. En clair la superficie d’un logement réévaluée en fonction des paramètres de l’appartement (équipement, exposition, état des parties communes et extérieurs). Légalement, le bailleur doit systématiquement remettre aux locataires entrants le décompte de surface corrigée. Seulement voilà, certains prennent quelques largesses sur le sujet modifiant ces surfaces, « sans demande d’autorisation préalable au préfet », note l’Ancols, agence chargée de contrôler les organismes HLM.

    Dans des rapports de 2016 et 2020, l’Ancols épinglait Grand delta habitat (GDH) sur ces pratiques, conduisant « à des dépassements des loyers plafonds ». À L’Isle-sur-la-Sorgue, au sein de la résidence L’Enclos, Félicia* est en train d’en faire l’amère expérience. Cette locataire est, depuis avril, en pleine procédure et courriers entre le bailleur, l’État, son avocate et l’association Transparency international, qui lutte contre la corruption. Celle-ci, à la lumière des éléments transmis par Félicia, a effectué un signalement à la répression des fraudes face à des « faits de nature à caractériser un détournement de fonds publics », écrit Transparency international.

    GDH s’en tient au silence médiatique

    En aménageant il y a deux ans à L’Enclos, Félicia ne tiquait pas sur le montant de son loyer d’environ 340 euros pour un T2 de 54m2. Jusqu’à un courrier du bailleur lui annonçant que, suite à « des travaux de réhabilitation », son loyer passait à 474 euros. Soit près de 40% d’augmentation, GDH se fondant sur le plafond maximal fixé par la convention dite APL avec l’État lors de la construction de la résidence en 1986. « J’avais refusé ces travaux car je savais que le loyer augmenterait, quand j’ai demandé des explications, c’est là que j’ai découvert que la convention avait été falsifiée », dénonce Patricia.

    En réclamant la convention originale auprès du bailleur puis de la préfecture, la locataire remarque que celle adressée par GDH comporte un tableau sur les surfaces corrigées, ajouté en fin de document, après même les signatures officielles. De même, la dernière page a une version en partie manuscrite, quand celle du bailleur est tapuscrite. Dans un courrier, la préfecture « confirme le caractère original » de sa convention. Pour Patricia, cela ne fait aucun doute : « Le bailleur [à l’époque Mistral habitat] a volontairement fraudé. » C’est en effet dans ce tableau que son deux pièces a une surface corrigée de… 102m2. Il a donc fallu que le bailleur décide d’augmenter les loyers au plafond pour que la surfacturation saute aux yeux.

    « GDH m’a proposé un rabais avec une hausse que de 10%, je croyais que les loyers étaient très réglementés et pas à la tête du client », grince Félicia qui va déposer une plainte afin d’être remboursée du trop plein versé depuis deux ans. Selon ses calculs, sur l’ensemble de la résidence, « tous les loyers doivent être minorés d’au moins 100 euros par mois depuis la signature du bail ». Début septembre, elle a alerté le préfet réclamant « l’ouverture d’une enquête rigoureuse », face à cette « fraude systémique qui porte un préjudice financier aux locataires mais aussi à l’intégrité des fonds publics via la convention APL ». Sollicité, GDH nous a indiqué « ne pas vouloir apporter de réponse dans la presse ».

    * Le prénom a été modifié

  • Des tirs de mortier stoppent un chantier

    Des tirs de mortier stoppent un chantier

    Une entreprise est intervenue, ce vendredi matin, sur une fuite d’eau détectée sur une canalisation de la résidence gérée par 13 Habitat. Les techniciens « ont été violemment pris pour cible par un groupe d’individus. Ces agissements conduisent régulièrement à des dégradations et à des nuisances inacceptables pour nos locataires », explique le bailleur social.

    L’équipe d’intervention a réussi à éviter un départ de feu à proximité d’un véhicule de service. Mais la dangerosité de la situation a conduit au retrait immédiat des techniciens. 13 Habitat, avec le soutien de la préfecture et de la mairie des 11e et 12e arrondissements, a organisé une nouvelle intervention afin de permettre à ses locataires de ne pas être privés d’eau chaude et froide.

    L’eau était rétablie dans la soirée, alors que les policiers continuaient leurs rondes pour sécuriser le site. « Une cellule de crise a été activée pour le maintien de la communication avec les locataires », précise le bailleur.

  • Gérées par 13 Habitat, douze cités très en colère

    Gérées par 13 Habitat, douze cités très en colère

    La fronde est partie d’une demande de remboursement des charges liées à Prox-Hydro concernant les répartiteurs de frais de chauffage. « Les logements sont équipés de radiateurs vétustes ne présentant pas les conditions techniques nécessaires à une utilisation conforme des RFC. Il est impossible d’obtenir une mesure fiable de la consommation réelle des locataires », explique Dinks Turky, locataire au Clos (13e). À partir de là « nous avons constaté que la problématique d’insalubrité liée à des moisissures, des fuites non traitées, était le lot commun de nombreuses cités », précise le coordinateur du Collectif des locataires de 13 Habitat qui regroupe « 12 cités marseillaises, mais aussi à Salon et à Aix ». Des réunions se sont tenues, mais « n’ont produit aucun effet concret », déplore le collectif. Aux Aygalades, où la réhabilitation a pris du retard, l’intervention rapide sur des fuites, promise à la suite de notre articles du 25 octobre, « n’a pas eu lieu », confirme une locataire. À La Pinède à Aix-en-Provence, l’alerte des locataires sur les écoulements dans les caves est aussi restée vaine.

    Une lettre du maire

    « Cette situation n’est pas soutenable », s’est alarmé le maire de Marseille. Dans un courrier adressé à la direction de 13 Habitat Benoît Payan demande « une réaction immédiate ». Il a également répondu à la sollicitation du Collectif KGBS (Kallisté, Granière, Bourrely, Solidarité) pour rencontrer les habitants des plusieurs cités du 15e arrondissement lors d’une réunion prévue le 18 novembre.

    « Mais c’est une réunion avec l’ensemble des locataires qu’il faut organiser », insiste pour sa part le collectif des locataires des 12 cités qui sollicite un entretien avec la direction générale « dans des délais raisonnables » sous peine de « poursuites judiciaires ». À Salon de Provence, Jean-Pierre Babillot, le président de la CNL du groupe les Canourgues s’est élevé contre « la transmission de la régularisation des charges locatives de l’année 2021 », hors délais, « qui ne pourra donc être exigée ».

  • À Marseille, les locataires de la Marie jouent collectif face à l’insalubrité

    À Marseille, les locataires de la Marie jouent collectif face à l’insalubrité

    « J’ai fait intervenir un maçon car le mur était fendu. On voyait le jour à travers », se désole Mama, locataire depuis 27 ans au bâtiment 16. L’appartement est impeccablement bien tenu, mais la peinture fraîche du salon laisse encore apparaître les traces de la fissure. « Je signale au gardien, des techniciens passent, ils notent et rien. C’est la 6e fois que je refais les peintures en 4 ans, c’est humide, l’air passe, on se gèle. »

    Des moisissures qui envahissent les murs et les plafonds, des parquets gondolés et démontés… et quelques travaux cache-misère. Ces désordres sont le quotidien des locataires de cette cité du fond du 13e arrondissement dont la construction, comme les radiateurs datent de 1974. « L’inaction de 13 Habitat nous a poussés à créer le Collectif des locataires 225 la Marie », expliquent Sandrine et Farida. Et leur carnet de doléances est déjà comble. Les portes s’ouvrent sur le même déplorable constat. Dans les bâtiments 14 et 6, des seaux ont même été disposés dans les appartements sous les fuites pour récupérer les eaux de pluies.

    Habiba, autre locataire du bâtiment 8, a également fait changer à ses frais les toilettes et le carrelage de la salle de bains qui étaient trop vétustes et tombaient en morceaux. Mais les infiltrations ont à nouveau pris le dessus. « Quand elle utilise sa douche, ça coule chez moi », témoigne Karima, qui loge à l’étage en dessous et qui s’est proposée comme référente du collectif sur deux immeubles. « Toutes les VMC sont HS », précise-t-elle. Contactée, la direction de 13 Habitat se dit consciente des infiltrations et reconnaît « un mauvais fonctionnement de la VMC et de la vétusté de certaines colonnes montantes de chauffage ». Elle prévoit « des interventions le plus rapidement possible pour apporter des solutions à ces dysfonctionnements ».

    L’état des chauffages est aussi source de colère. Des thermostats fixés sur les radiateurs indiquent 30 °C alors que le métal rouillé de l’appareil est froid. « Ce sont des appareils Prox Hydro qui ont été posés sur un ancien système de chauffage collectif, explique Sandrine, mais on ne s’y retrouve pas dans les charges. » Au bâtiment 7, la locataire du rez-de-chaussée, également envahie par les moisissures, sans fenêtre digne de ce nom dans sa cuisine, sort une facture surprenante : 334 euros de loyer et 207 de charges.

    Le Clos, les Olives

    et les Chartreux font bloc

    L’union fait la force et la Marie a fait bloc avec les associations de locataires du Clos, des Olives et des Chartreux en exigeant d’être reçues devant le siège de 13 Habitat, le 29 octobre. « À propos des répartiteurs de frais de chauffage, une nouvelle réunion va être programmée, sur le calcul des répartiteurs de frais. Les éventuels dysfonctionnements seront réglés au cas par cas », propose 13 Habitat.

    Au Clos, c’est « un incendie d’appartement qui s’est produit l’été dernier dans le bâtiment 16 qui a endommagé le réseau de chauffage. Veolia poursuit ses travaux de remise en état », précise encore 13 Habitat. Quant à l’humidité et les moisissures dans les logements de ces deux cités, la vétusté est incriminée et « cette problématique sera traitée dans le cadre de projets de réhabilitation énergétique et technique », annonce le bailleur, tout en demandant à ses locataires « de veiller à la bonne aération de leur logement, et à l’entretien régulier des grilles de ventilation ». Ce qu’ils font déjà. Et ces associations de vigies promettent quant à elles de rester « vigilantes, car sans mobilisation, sans médiatisation, nous n’obtenions pas de réponses ».

  • La réhabilitation de la cité des Aygalades prévue fin 2026

    La réhabilitation de la cité des Aygalades prévue fin 2026

    Inquiets pour leur sécurité en raison de l’avancée des dégradations du bâti, les locataires du bâtiment 4 de cette cité du 15e arrondissement, construite en 1965, ont lancé une alerte dans La Marseillaise du 25 octobre. « Les inquiétudes des locataires peuvent se comprendre, mais ne sont absolument pas justifiées », considère le bailleur social, assurant que des travaux « devraient débuter dans le courant du 4e trimestre 2026 ».

    13 Habitat prévoit une réhabilitation générale et thermique de l’ensemble de la cité et de ses 598 logements. « Ce chantier d’envergure est préparé depuis plusieurs mois, précise le bailleur. La maîtrise d’œuvre a été désignée l’année dernière. » Le programme, qui a été présenté à l’amicale des locataires, le 15 septembre, n’avait pas eu l’heur de rassurer les habitants du bâtiment 4. « Depuis 2023, on nous annonce les travaux, mais on ne voit rien. Un budget avait été validé pour un démarrage en 2025, mais on n’a rien vu », déplore Dalila Hezaima, qui « bataille depuis six ans » et a vu sa confiance mise à l’épreuve.

    Suite à notre interpellation, 13 Habitat s’est dit « parfaitement conscient de l’état actuel de la cité et de la nécessité de rénover les bâtiments et les logements ». Concernant la présence de fissures sur les immeubles et les balcons, la direction assure qu’elles « ne mettent pas en cause la sécurité du bâti. La maîtrise d’œuvre et le bureau d’études Axiolis ont réalisé des sondages au niveau de ces dégradations : les immeubles et les balcons sont stables ». Elles seront traitées dans le cadre du plan de réhabilitation.

    Quant aux fuites de canalisations qui se déversent en continu dans les parties communes et dans certains logements, « les agents de terrain de 13 Habitat vont aller vérifier sur place, pour engager si besoin une procédure d’intervention », explique-t-on.

    L’entretien en panne

    Les travaux qui doivent être entrepris sont d’ordre général et d’amélioration thermique. Des réunions « seront organisées l’année prochaine afin de présenter aux locataires de manière détaillée les travaux à venir. Dès le mois de décembre, une première concertation se tiendra dans le cadre d’ateliers organisés par la maîtrise d’œuvre sociale associée à la conduite du projet », indique encore 13 Habitat.

    Il faudra donc un an de patience supplémentaire aux habitants de la cité pour voir leurs conditions de logement s’améliorer. En attendant, les locataires demandent que l’entretien courant soit réalisé : « Pannes d’ascenseurs qui perdurent, interventions à la va-vite sur un chauffe-eau pas raccordé, un plafond troué laissé béant… », liste Djamal, également locataire du bâtiment 4.

  • Alès : Roustan épinglé sur sa gestion de Logis Cévenols

    Alès : Roustan épinglé sur sa gestion de Logis Cévenols

    Dans le rapport de l’Ancols portant sur Logis Cévenols pour la période 2019-2023, tout n’est pas à jeter dans la gestion de Max Roustan, qui en préside le Conseil d’administration. Parmi les réussites figurent la qualité énergétique des logements dont 2 262 ont été rénovés en ce sens, la qualité du service de proximité et l’accessibilité des loyers.

    Mais le rapport pointe aussi plusieurs dysfonctionnements qui ont de quoi inquiéter. Comme par exemple la révision des chaudières à gaz puisque 490 d’entre elles n’ont pas fait l’objet d’un entretien annuel. « L’absence d’entretien présente des risques pour la sécurité des personnes et des biens, plus particulièrement pour les logements non visités deux années consécutives », précise l’Ancols qui a donc demandé à Logis Cevenols de revoir sa procédure de contrôle.

    Un taux de vacances record

    L’autre point noir souligné est l’importante vacance des logements. L’Ancols l’estime à 10,5% en 2023 (il était de 7,4% en 2020), soit plus du double de la moyenne nationale (5%) et régionale (4,8%). Un chiffre étonnant lorsque l’on connaît les difficultés pour beaucoup de familles d’obtenir un logement social… L’Ancols préconise donc de mettre en place un plan d’action de lutte contre cette vacance. L’agence souligne aussi un manque de transparence dans l’attribution des logements, qui « se caractérise par une certaine opacité » puisque « Logis Cévenols n’a pas suffisamment formalisé et n’a pas diffusé sa politique d’attribution des logements ». Ce rapport reproche également à Max Roustan d’avoir « pu s’immiscer dans les questions de fonctionnement et d’organisation de l’office alors que cela relève du pouvoir du directeur général ». L’actuel premier adjoint a ainsi participé aux comités de direction y compris lorsque le nouveau directeur général avait été nommé.

    « Ce rapport confirme que la majorité veut moins de logements sociaux sur Alès. Comme il faut reconstruire un logement social quand on en détruit un, ils détruisent à Alès et reconstruisent dans les villages de l’agglo. C’est bien pour ces villages mais moins pour Alès », constate aussi Paul Planque (PCF).

  • Isabelle Épaillard : « Toutes les cités vont être passées en revue pour améliorer le quotidien »

    Isabelle Épaillard : « Toutes les cités vont être passées en revue pour améliorer le quotidien »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Le plan Marseille en grand

    Didier Gesualdi : Avec le plan Marseille en grand, l’État investit massivement, produit des résultats mais on entend aussi des critiques, celles de la Chambre régionale des comptes qui trouve que ça ne va pas assez vite, celles de la droite qui trouve que les écoles ne sortent pas assez vite de terre… Pouvez-vous nous faire un point d’étape ?

    Je pense que nous avons bien avancé dans le cadre du plan Marseille en grand. Je voudrais vous parler plus particulièrement du volet logement. Dans le département des Bouches-du-Rhône, on estime qu’on a, à peu près, 100 000 demandes de logement social tous les ans. Évidemment, on n’y répond pas, parce qu’on fait rentrer en moyenne 8 000 personnes dans le parc social. Donc forcément, on a une contrainte forte qui est celle de la construction de logements. Ce n’est pas propre aux Bouches-du-Rhône mais c’est particulièrement vrai dans ce département et donc à Marseille. Il était important, dans le plan Marseille en grand, de poser ce volet du logement. Il se décline de deux manières. D’abord, dans tous les projets de rénovation urbaine que l’on travaille avec la Métropole et la Ville, on avance dans des comités de pilotages coordonnés. À Marseille, la rénovation urbaine, c’est dix projets. On estime qu’on est à 79% d’engagement. Ça veut dire qu’on a posé les jalons de la programmation de ce qu’on veut faire à près de 80%. On est censé avoir tout défini pour le 30 juin 2026…

    Didier Gesualdi : … sinon les crédits repartent ?

    C’est ça. Aujourd’hui Marseille se positionne au même niveau que les autres villes concernées par de la rénovation urbaine. Ensuite, je voudrais parler de la lutte contre l’habitat dégradé et les copropriétés privées dégradées pour lesquelles nous allons accélérer.

    Léo Purguette : C’est important d’engager les crédits mais il faut penser aussi aux gens. Êtes-vous inquiète sur les capacités de relogement des personnes ?

    C’est un point de préoccupation. Si on porte un projet de rénovation urbaine et qu’on s’intéresse à l’habitat dégradé, c’est qu’on s’intéresse avant tout aux personnes qui occupent ces logements. Le logement c’est fondamental, quand vous avez un toit au-dessus de la tête, vous êtes dégagé d’un certain nombre de contraintes et vous pouvez chercher du travail, vous occuper de vos enfants… Le logement reste dans notre pays, un ascenseur social. Aujourd’hui on a une vraie dynamique. On va voir les premières grues l’année prochaine. C’est bien la preuve que ces projets avancent.

    Les logements sociaux

    Léo Purguette : Est-ce qu’on construit assez à Marseille ?Dans le cadre de la rénovation urbaine, un logement démoli doit avoir un logement construit en face. En 2023, on était à 500 logements reconstituant l’offre, l’année dernière c’était 1 000, cette année on vise 1 600-1 700. Pour y arriver, il faut évidemment que les agréments rentrent dans la machine. C’est le travail que font la Métropole et les bailleurs avec l’aide des services de l’État.

    Didier Gesualdi : Des communes assument de ne faire aucun logement social comme Allauch. Peuvent-elles continuer à être hors-la-loi ?

    Le préfet a appliqué et applique ce qui est prévu par la loi.

    Didier Gesualdi : Mais ils préfèrent payer une amende que construire.

    Premier point, on applique la loi. Les communes qui ne réalisent pas 25% de logements sociaux payent une amende. Deuxième point, c’est la persuasion, l’accompagnement des projets. Et, vous avez raison, ils ne peuvent pas concerner que Marseille. Il y a des besoins de logements sociaux pour les habitants de ces communes. Il faut continuer d’investir. C’est pour ça que le préfet a proposé, avec une réaction de la Métropole et de certaines communes dont la Ville de Marseille, le dispositif de l’acquis-amélioré. De quoi s’agit-il ? De s’intéresser au logement dégradé existant comme les fameux trois-fenêtres marseillais. On peut venir accompagner un bailleur social avec un appui financier de l’État pour faire du logement diffus dans ce type de tissu urbain.

    La crise sociale

    Léo Purguette : Nous sommes confrontés à une crise sociale qui s’approfondit, les associations se mobilisent pour l’aide alimentaire mais que fait l’État pour que chacun puisse se nourrir correctement ?

    La précarité alimentaire dans notre département, notamment dans le centre-ville de Marseille ou dans les quartiers Nord, est préoccupante. L’État est présent avec un accompagnement financier entre 2,5 et 3 millions d’euros. On vient appuyer l’action des associations sur l’ensemble du département. Il y a aussi la nécessité de réfléchir dans la situation que l’on connaît, avec une situation sociale qui n’est pas facile vous l’avez souligné, à la coordination des actions. On a un dialogue avec toutes les associations présentes sur le territoire, je les ai réunies en juillet et en septembre. On a posé un diagnostic de ce qui est fait dans le département pour essayer de voir là où on ne va pas assez, là où on a peut-être des redondances, afin de mieux s’organiser ensemble, de se coordonner. Je veux souligner le rôle des bénévoles qui sont engagés sur le terrain et dans le cadre de cette organisation collective, l’État est particulièrement vigilant.

    Les transports

    Didier Gesualdi : Il faut avoir un toit mais aussi pouvoir se mouvoir. Le compte n’y est pas. Qu’est-ce que vous dites à ces habitants qui se sentent relégués, loin des transports ?

    C’est un vrai enjeu. C’est un des volets du plan Marseille en grand. C’est 500 millions d’euros. C’est un projet en grande partie orienté vers les quartiers Nord pour les désenclaver. Ça prend du temps, c’est des tracés qu’il faut construire, des marchés qu’il faut passer. Cela doit se construire de manière coordonnée, articulée avec les projets de rénovation urbaine. Quand il y a 10 projets de rénovation urbaine dans les quartiers Nord, ils doivent s’insérer dans les projets de transports. Tout cela se fait dans le même temps. On avance bien.

    Didier Gesualdi : Quand est-ce que ça va arriver ? On dit toujours aux gens de patienter… Les grues sont bientôt là ?

    C’est l’objectif du plan.

    Les cités éducatives

    Léo Purguette : Vous parlez de donner aux jeunes des quartiers populaires « d’autres perspectives ». Comment concrètement ?

    À Marseille et dans le département, on a 11 cités éducatives. C’est un dispositif mis en place depuis 2019 qui vient faire travailler les équipes pédagogiques des écoles, collèges et lycées avec les associations et les habitants. Nous y croyons parce que c’est un moyen de transmettre l’égalité des chances. Le fait qu’il est possible dans tous les quartiers d’avoir des rêves, de rêver de devenir ingénieur, un métier différent… Pour cela il faut qu’on accompagne ces jeunes. C’est le rôle de ce dispositif. Par exemple, le plan stages de seconde que j’ai commencé à initier cette année et qu’on va élargir à quatre lycées du 3e, du 13e et du 15e arrondissements. Ça vise environ 1 600 élèves pour leur montrer qu’ils peuvent choisir leur stage.

    Léo Purguette : Comment on fait quand on n’a pas de carnet d’adresses chez papa-maman ?

    Justement, je suis allé voir ces jeunes au lycée Diderot il y a 8 jours, avec le recteur, avec les entreprises qui vont proposer des stages. On travaille aussi avec des institutions pour élargir le champ des possibles.

    Les conditions de vie

    Léo Purguette : On avait parlé sur ce plateau avec Juliette Méadel lorsqu’elle était ministre, des conditions de vie dans les quartiers populaires. Elle parlait de faire pression sur les bailleurs pour réparer les ascenseurs, les boîtes aux lettres, garantir la propreté… Où en est-on de ce travail ?

    C’est la première étape. Quand vous rentrez dans votre immeuble et que votre boîte aux lettres ou les portes sont cassées, vous ne vous sentez pas respecté. C’est pour ça que la ministre en avait fait un cheval de bataille auprès des bailleurs sociaux. Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu une application méthodique de cette volonté. Avec les communes concernées, la Métropole et la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette, nous avons fait des visites de terrain, pris des photos pour montrer ce qui n’allait pas.

    Léo Purguette : La ministre avait cité trois bailleurs en les menaçant de sanctions. Est-ce que ça va mieux ?

    Ça va mieux. Finalement un des trois bailleurs a été sanctionné donc il perdra son abattement de la taxe foncière.

    Léo Purguette : Lequel ?

    C’est 13 Habitat pour Notre-Dame-des-Marins. Pour l’année prochaine, ils n’auront pas d’abattement sur ces bâtiments-là. Et nous retournerons voir si la programmation de travaux, qui était prévue, est bien mise en place. Ce que je veux vous dire, c’est qu’on avait lancé cette opération dans les quartiers qui connaissaient les situations les plus dégradées, désormais, j’ai demandé qu’on l’étende à tous les bailleurs, toutes les cités, tous les immeubles qui seront passés en revue par les délégués de la préfecture parce qu’il faut qu’on soit dans une démarche continue d’amélioration. On le doit aux locataires. Un locataire qui voit qu’on respecte son environnement le respectera aussi.

    Léo Purguette : Les problèmes constatés ne relèvent pas tous de l’incivilité. Le narcotrafic pose les plus graves problèmes. Que pouvez-vous dire aux habitants qui vivent dans la peur ?

    Que l’État est à leurs côtés, qu’il est vigilant. Ce n’est évidemment pas un problème qu’on peut régler comme ça. Il y a les actions continues de la police qui ne lâche pas les quartiers, qui intervient, mène des enquêtes et des actions contre le narcotrafic. Et puis, pour faciliter la vie, il y a des actions d’accompagnement aussi pour que les habitants aient conscience qu’on est là à leurs côtés. C’est plutôt là que j’interviens via la médiation sociale, les actions aux pieds des immeubles pour donner d’autres perspectives.

    La République c’est quoi ?

    Isabelle Épaillard : « L’article 1er de notre Constitution dit qu’elle est indivisible, laïque et sociale. Et puis aussi, la République c’est notre devise, ces trois mots si beaux : Liberté, Égalité, Fraternité. Notre République est là pour garantir que chacun d’entre nous trouve sa place, arrive à grandir, à s’épanouir. C’est aussi un idéal de vivre ensemble. Je crois modestement, qu’à travers des actions menées dans mon champ d’activité, on contribue à cette République. »

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Jacqueline : Bonjour. Je suis très inquiète par rapport au budget 2026. Si on prive les associations de moyens, la vie va encore plus se dégrader.

    Jacqueline a raison. Il faut que l’on soit vigilant sur le rôle des associations. J’ai été marquée par le rôle qu’elles jouent depuis que j’ai pris mes fonctions il y a un an. Un rôle fondamental de relais auprès des habitants et, pour moi, ce sont des interlocuteurs de tous les jours sur les questions de précarité alimentaire, dans le cadre de la médiation sociale, des activités qu’ils proposent, elles ont un réel dynamisme. Je ne sais pas, aujourd’hui, de combien le budget de la politique de la Ville sera concerné par les restrictions budgétaires qui sont annoncées. Je ne sais pas comment évoluera la discussion de la loi de Finances. Tout ce que je sais, c’est que j’ai une vigilance toute particulière pour les associations et que j’essaye de faire en sorte de les accompagner au mieux. Quand on a des difficultés, je n’hésite pas à monter des comités de financeurs. Je l’ai déjà fait cette année pour deux ou trois associations qui me préoccupaient et qui sont venues me voir. J’ai essayé de mettre autour de la table d’autres financeurs : les collectivités, éventuellement des fondations… Pour qu’on voie comment on peut passer une étape qui est compliquée et maintenir le service rendu et attendu par nos concitoyens.

  • Aux Aygalades, des locataires craignent un effondrement

    Aux Aygalades, des locataires craignent un effondrement

    Quand il y a du vent, on sent bouger les murs et quand il pleut, on ne peut plus sortir. » Locataire depuis 1989 d’un T3, Dalila Hezaimia est devenue le fer de lance d’une bataille des locataires du bâtiment 4, qui tentent depuis des années d’obtenir des travaux, du moins des réponses de 13 Habitat.

    Ils sont plusieurs à la rejoindre en pied d’immeuble pour exposer « des problèmes importants qui menacent notre sécurité », estime Djamal, jeune père de famille. Ils vivent dans l’humidité permanente, infiltrée du sol au plafond. Des cinq petits immeubles en contrebas de la cité, le 4 est en bout de pente. « Les pluies dévalent toutes ici. L’eau monte jusquà 50 cm dans le hall » précise une autre locataire devant l’entrée, désignant la démarcation laissée sur le mur. Les pieds dans les boues qui tapissent encore les sols, on ne peut que constater les évacuations bouchées. Un bruit de cascade arrive du local technique en pied d’immeuble. En poussant la porte, on aperçoit un conduit d’eaux usées vaguement colmaté avec de la mousse expansive. Plus loin, un autre conduit dégouline sur le sol, c’est la piscine. « C’est non-stop tous les jours », désespère Djamal. « L’immeuble est devenu instable, un jour ça va s’effondrer », craint Dalila.

    Peinture sur moisissures

    Dans les escaliers, deux locataires s’épuisent à porter des chaises neuves au 6e. « On ne compte plus les pannes d’ascenseur », lancent-elles. Les coups de peinture badigeonnés sur les murs moisis ne planquent même plus la misère. Le salpêtre et les champignons poursuivent leur progression et rongent les plâtres. « Mes enfants sont devenus asthmatiques, le médecin a fait analyser les champignons, c’est toxique », explique une locataire du 4e. Quant à son voisin, il n’ose plus aller sur le bacon dont le béton s’effrite. Sur son cumulus, un saladier est installé pour récupérer l’eau qui goutte du plafond. Aucun des 31 logements n’est épargné.

    Les signalements envoyés sur la plateforme mise en place par le bailleur restent sans suite. Le PV de 85 pages dressé par un huissier en avril 2024 « n’a pas eu plus d’effet », déplore Dalila, qui a interpellé le service d’hygiène et de sécurité de la Ville. Contactée, la direction de 13 Habitat n’a pas donné suite.

    Le 11 juillet 2024, la police avait procédé à l’expulsion d’une cinquantaine d’occupants illégaux. Des travaux de réhabilitation générale et de rénovation énergétique devaient démarrer courant 2025. Pour l’heure, « c’est l’abandon complet ».

  • Logement social : les chiffres ne suivent pas les besoins

    Logement social : les chiffres ne suivent pas les besoins

    C’est sous forme de lettre ouverte que le militant Jean-Paul Jambon a décidé d’interpeller le représentant de l’État dans le département, mais aussi les édiles des communes varoises, en ramenant tout le monde a une triste réalité.

    « Oui, Monsieur le Préfet, lors de l’assemblée des maires du Var, vous les avez félicités pour “avoir réalisé plus que l’objectif fixé en matière de construction de logements sociaux, soit 2 500 construits pour 2025” », commence-t-il. Et de poursuivre : « Certains n’en sont pas revenus, s’étant malheureusement habitués à subir les foudres de vos prédécesseurs successifs. »

    Pour le défenseur des mal-logés, les élus ne devraient peut-être pas se réjouir trop vite. Il pointe que le prochain examen, pour la période 2023-2025, des bilans SRU (Solidarité et renouvellement urbain) devrait quand même refléter une réalité bien moins flatteuse, au regard des besoins réels de la population. Pas question, pour autant, de nier les difficultés, contraintes et parfois les oppositions auxquelles ils doivent faire face.

    Toutefois, ajoute-t-il, on ne peut se satisfaire du maigre bilan lorsqu’« on est confronté au manque de logements pour nos concitoyens et en particulier les plus fragiles, lesquels deviennent de plus en plus nombreux ». Il ajoute : « Oui, on est très loin du compte avec ces 2 500 logements construits au regard des 35 000 demandes de logements sociaux, sachant que, pour une grande part, ce sont des familles monoparentales, des personnes isolées, des jeunes, des personnes retraitées… et la situation ne va pas s’arranger ! »

    Pour Jean-Paul Jambon, « au-delà de propos très politiques devant l’assemblée des maires du Var, il convient de rester attentif à la réalité, surtout lorsque l’on veut bien entendre les propos de certains candidats aux prochaines municipales, se targuant de préférer payer des pénalités, qui n’en sont pas – puisque ce sont des contributions de solidarité qui viennent abonder les subventions publiques aux maires bâtisseurs –, plutôt que de construire des logements ».

    L’occasion de rappeler, aussi, que la politique de l’État en matière de logement depuis sept ans ne facilite pas les choses. Et sur ce point, les maires ne sont pas responsables.