Tag: Justice

  • Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Lors des premières années d’installation de leur activité agricole, beaucoup de paysans sont confrontés à la difficulté de trouver un logement, en raison du peu de revenus qu’ils perçoivent. Pour y remédier, certains d’entre eux s’installent en habitat léger sur les terres qu’ils cultivent. « Le problème est que dans le Gard, nous sommes nombreux à avoir été empêchés par la Justice ou les mairies de vivre de cette façon, en raison de la lutte contre la cabanisation », raconte Simon le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Au début du mois de juillet, le syndicat a donc évoqué une motion sur le logement agricole lors d’un bureau de la Chambre d’agriculture.

    Vivre en habitat mobile

    « Le premier volet de cette proposition concerne la construction de bâtiment sur des terres agricoles, poursuit Simon Le Berre. Aujourd’hui, celle-ci est autorisée par dérogation aux agriculteurs. Seulement, quand ces derniers partent à la retraite ou se retrouvent en liquidation, la revente de ces bâtiments ne leur est plus réservée. » Ainsi, pour éviter la spéculation, la Confédération paysanne propose que ce type de biens soient réservés aux agriculteurs sur un marché propre, qui pourrait être géré notamment par la Safer. « Le deuxième volet concerne l’habitat mobile. Nous aimerions que soit mis en place un encadrement permettant aux jeunes paysans qui le désirent de s’installer sur les terres qu’ils cultivent en habitat mobile, pendant une durée déterminée et dans de bonnes conditions, en respectant un cahier des charges qui serait encadré par la Préfecture. » La Confédération paysanne envisage désormais de présenter une motion plus étayée lors de la prochaine session de la Chambre d’agriculture et de se rapprocher de la Préfecture pour lui exposer ses propositions.

  • Les salariés de Pamar attendent leur reprise après mille jours sans travail

    Les salariés de Pamar attendent leur reprise après mille jours sans travail

    Voilà deux ans et demi qu’on se bat pour retourner travailler. On ne cédera pas aux intimidations. Nous faisons confiance à la justice française ! », a déclaré Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale CGT à la sortie de l’audience.

    En 2023, les salariés dénoncent des conditions de travail et d’hygiène inacceptables dans la blanchisserie Pamar qui gère le linge des cliniques Vert-côteau, Beauregard et Sainte-Marguerite (GIE Sainte-Marguerite, repris par le groupe Almaviva). Suite à quoi ils sont menacés de mort par des proches de leur cheffe de service (jugement de la cour d’appel du 12 décembre 2025). Démarre un droit de retrait et une procédure juridique pour retrouver leur poste en toute sérénité qui durent depuis 31 mois. « Un record ! C’est inédit », commente Me Steve Doudet, leur avocat. À chaque passage devant les tribunaux, les salariés gagnent leur droit au respect. Leur réintégration dans la filiale est ordonnée.

    Le grand mépris

    Après avoir joué la montre, la direction du groupe les replace sous l’autorité de la même responsable… En proposant une aide psychologique. Une décision justifiée par le fait que la personne a endossé, un peu avant le passage en cour d’appel, une délégation syndicale et se trouve protégée. « Quand ils nous ont envoyé les lettres de licenciement, ils s’en moquaient qu’on soit sous mandat syndical », déplore la déléguée syndicale CGT. « C’est usant, fatiguant moralement, mais on ne peut pas abandonner, martèle Kalathoumi, on n’a rien fait de mal. On demande juste le droit de travailler dignement et en sécurité. » Le dernier mot de ce trop long combat reviendra au juge le 3 septembre.

  • Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Ce n’est pas la première fois que le projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) rencontre une difficulté. Longtemps les défenseurs (État, Région, Métropole de Montpellier…) de cette liaison de 6,3 km entre l’A750 et l’A709 ont buté sur la question du montage financier. En 2021, le Premier ministre Jean Castex pensait avoir trouvé la recette magique en faisant financer le futur tronçon autoroutier grâce à une hausse des tarifs de l’ensemble du réseau Vinci et sa filiale ASF. Une procédure « d’adossement » jugée illégale par le conseil d’État en 2023 qui a conduit à ce que seuls les usagers de l’A9 payent 10 centimes de plus aux barrières de péage Baillargues et Saint-Jean-de Védas pour financer les travaux estimés en 2021 à 270 millions d’euros.

    Cette fois, c’est la Déclaration d’utilité publique (DUP) qui pose problème. Dans son arrêt du 21 juillet, la cour administrative d’appel de Toulouse saisie d’un recours en annulation, a prononcé un sursis à statuer de 6 mois. Un laps de temps durant lequel elle exige de l’État qu’il corrige les insuffisances majeures relevées. Celles-ci concernent l’étude d’impact environnemental, en particulier les mesures de compensation des risques inondation.

    Repenser un projet

    « plus raisonnable »

    Il faut dire que le tracé du COM passe dans une zone du Plan de prévention des risques inondation (PPRI) classée rouge et que le projet consommerait 80 000m3 de zones d’expansion des crues, entraînant une surélévation de 5 à 20 centimètres du niveau de cours d’eaux (Mosson, la Fosse) adjacents.

    Pas de quoi décourager le directeur opérationnel de Vinci Autoroutes en charge du COM pour qui le projet n’est en rien remis en cause. « On n’a pas été surpris. Les intentions de conclusion de la cour avaient été communiquées », indique Salvador Nuñez qui dédramatise. « L’État va faire une enquête complémentaire par voie électronique (d’environ 21 jours) afin de ré-exposer les mesures que nous avions déjà présentées dans l’enquête environnementale mais qui étaient absentes de l’enquête publique de l’époque ». Selon lui « rien de nouveau ne sera annoncé » et le chantier peut suivre son cours. « Nous n’avons aucune consigne d’arrêter nos travaux préparatoires [débroussaillage, abattage d’arbres, dévoiement des réseaux]. »

    Pour les opposants au projet au contraire, les insuffisances relevées par la Justice sont telles qu’ils demandent à l’État de faire cesser les travaux en vertu du principe de précaution. Celui-ci étant juge et partie, Céline Scornavacca, porte-parole du collectif Autre-COM, ne s’attend pas à du zèle. « On va voir avec notre avocate ce qu’on peut faire. » Blocage ou pas, l’arrêt du 21 juillet prouve selon elle qu’en plus d’être « néfaste pour l’environnement et la santé des riverains », ce projet est mal ficelé. « Les jugements sur les DUP souvent ça passe crème, l’État est suivi. Là, la Justice lui reproche d’avoir changé le projet sans avoir réévalué les effets sur l’eau. Elle rappelle qu’il y a des règles sur les ouvrages d’art qu’il faut respecter. »

    Aux yeux de l’écologiste Lise Florès, cette absence de prise en compte de l’impact climatique est l’occasion de repenser le projet pour en faire une sorte de « boulevard urbain » en deux fois deux voies limité à 70 km/h. « Ne peut-on pas faire autrement que ce plan destiné à permettre aux camions de traverser la France ? Un projet raisonnable en développant les modes de déplacements alternatifs à la voiture, avec une étoile ferroviaire, des liaisons bus et un travail en profondeur sur les équilibres territoriaux afin de limiter les déplacements ? »

    Si dans son arrêt la justice administrative n’a pas retenu l’argument de la non prise en compte du « trafic induit » dans le projet, Céline Scornavacca reste persuadée qu’il s’agit bien d’une autre limite au dossier que l’Autorité environnementale avait soulevé dès 2019 (et ensuite le rapport des Shifters). Par ailleurs, un autre recours contre l’autorisation environnementale accordée fin 2025 par le préfet François-Xavier Lauch doit encore être jugé au Tribunal administratif de Montpellier. « À chaque décision de l’État, il y aura un recours, on s’y attend », soupire Salvador Nuñez. Toutefois, il ne « voit pas de raison objective » de déjà reculer le calendrier du COM. À savoir une livraison du chantier contesté fin 2030 début 2031.

  • La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    Pour la « Cabane du pêcheur fou chez Za », l’été est fini. Le Conseil d’État a rétabli, mardi dernier, l’arrêté préfectoral du 3 juin 2026 fermant pour deux mois ce restaurant situé au bac du Sauvage, au bord du Petit Rhône, sur la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, en raison de « manquements graves et répétés à la réglementation ». L’établissement avait lancé une pétition en ligne signée par près de 4 700 personnes.

    Cette sanction fait suite à l’accident mortel, le 14 décembre 2025, d’une cliente de 60 ans qui, rappelle le Conseil d’État, avait passé au moins quatre heures dans l’établissement en consommant des boissons alcoolisées et « avait pris la route en état d’ivresse manifeste ». Le Code de la santé publique interdit aux débitants de boissons « de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements ». La licence de la Cabane du pêcheur ne l’autorisait alors pas à servir de l’alcool « autrement qu’à l’occasion des principaux repas et en accessoire à la nourriture ».

    Pour fonder sa sanction, le préfet relevait encore que le 14 mars 2026, neuf conducteurs ayant participé à une importante fête organisée par l’établissement, rassemblant mille personnes, avaient été contrôlés avec des taux d’alcoolémie supérieurs aux limites autorisées, dont trois constitutifs d’un délit. Pour le préfet, ces faits étaient constitutifs « par leur gravité et leur répétition, d’une atteinte à l’ordre public » en relation avec l’établissement.

    Saisi en référé, le juge administratif avait suspendu l’arrêté en juin, estimant que la réitération des faits n’était pas établie, que l’exploitant avait acheté des éthylotests pour l’événement du 14 mars, mis en place des solutions alternatives à la conduite pour repartir, favorisé la désignation de « capitaines de soirée » sobres et fait la promotion publique de ces initiatives.

    Ivresse manifeste

    Le Conseil d’État retient, lui, que la conductrice décédée affichait 1,63 g d’alcool par litre de sang, soit trois fois la limite autorisée pour conduire, que son portable montre plusieurs enregistrements vidéo, dont un dans l’établissement, où elle présente « des signes manifestes d’alcoolisation avancée », qu’un des neuf clients contrôlés positifs au volant par les gendarmes, le 14 mars, avait 2,2 gr d’alcool par litre de sang.

    Le Conseil d’État ajoute que cette consommation excessive d’alcool par des clients est corroborée par un rapport de gendarmerie faisant état d’une nouvelle sortie de route, le 17 mai 2026, d’un véhicule à proximité de l’établissement, avec un conducteur y ayant bu, contrôlé avec 1,03 mg d’alcool par litre d’air expiré, soit 2,06 gr d’alcool par litre de sang. Le Conseil d’État rappelle de surcroît que la Cabane du pêcheur avait fait l’objet d’un avertissement, par arrêté préfectoral en septembre 2024, les gendarmes ayant dû intervenir pour une rixe entre clients en état d’ivresse manifeste.

  • Deux incendiaires présumés face aux juges à Toulon

    Deux incendiaires présumés face aux juges à Toulon

    Dans le premier dossier, les gendarmes de la communauté de brigades de Pierrefeu-du-Var ont placé en garde à vue, samedi, un mineur de 15 ans. L’adolescent est soupçonné d’être à l’origine de deux incendies déclenchés les 10 et 11 juillet, « près de son domicile dans la forêt de Valcros, à Cuers », indique Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon, dans un communiqué. Au total, près de 600 m² de végétation avaient été détruits, nécessitant l’intervention de deux hélicoptères bombardiers d’eau.

    Selon les éléments communiqués par le parquet, le jeune homme a affirmé aux gendarmes avoir « provoqué accidentellement l’incendie du 10 juillet avec une cigarette mal éteinte, puis déclenché celui du 11 juillet en mettant le feu à des épines de pins à l’aide d’un briquet ». Doté « d’une personnalité fragile », il a été présenté à un juge des enfants le 27 juillet et sera jugé par le tribunal pour enfants de Toulon le 22 octobre prochain. D’ici là, il fera l’objet d’un suivi par la Protection judiciaire de la jeunesse dans le cadre d’une mesure éducative judiciaire incluant une obligation de soins.

    La seconde affaire concerne un homme de 39 ans placé en garde à vue le 25 juillet à Ollioules. Selon le procureur, il venait de « mettre le feu à de la végétation située en bord de route, à proximité du supermarché Lidl d’Ollioules, d’où il venait d’être refoulé par un vigile en raison de son état d’ivresse ». Le parquet indique que le mis en cause a affirmé que cette mise à feu, avec son briquet, était « accidentelle », le briquet s’étant « bloqué » au moment où il allumait une cigarette. L’incendie, vite circonscrit par l’action des policiers et de deux camions de pompiers, n’avait provoqué qu’une « destruction de 40 m² de végétation et la dégradation d’un câble EDF ».

    Déjà condamné à trois reprises « pour des faits d’une autre nature et atteint d’aucune altération de son discernement selon le psychiatre qui l’a examiné », il sera jugé en comparution immédiate le 29 juillet du chef de destruction volontaire par incendie. Dans l’attente, le juge des libertés et de la détention l’a placé en détention provisoire.

  • Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue

    Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue

    Le concert hommage à Queen se tiendra-t-il le 4 septembre au théâtre antique d’Orange ? C’est la question au cœur de l’audience qui se tient, ce lundi, devant le tribunal administratif de Nîmes. Le producteur du spectacle, David Hardit, conteste la décision du maire RN Jean-Dominique Artaud d’annuler l’événement, programmé par l’ancienne municipalité.

    Le spectacle gratuit devait réunir 600 choristes bénévoles. « Ce n’est pas normal qu’un maire annule arbitrairement un spectacle », tempête l’organisateur qui demande au tribunal « l’annulation de la décision du maire ».

    Le maire RN justifie son choix par « un arbitrage budgétaire ». Contacté par La Marseillaise, il invoque une dépense de 300 000 euros, après un éboulement bloquant une route depuis novembre. Et d’ajouter : « Le but est de rétablir l’équilibre financier tel que le recommande la chambre régionale des comptes. »

    Raisons budgétaires contestées

    Pour David Hardit, l’argument économique ne tient pas. « Il n’y a pas de souci de finances », balaie-t-il. Il s’appuie sur une attestation signée par l’ancien maire Yann Bompard (Ligue du Sud), faisant état d’un excédent de deux millions euros dans les comptes de la Ville en 2025. L’ancien édile y assure que « le spectacle ne menace absolument pas les finances publiques ». David Hardit conteste aussi les montants avancés par le maire actuel. « Il annonce 150 000 euros alors qu’avec la technique ça va lui coûter 75 000 au plus. » Selon lui, l’économie réalisée par le maire en cas d’annulation serait bien inférieure aux 100 000 euros annoncés : « Il nous doit 41 000 euros donc il économise 25 000 », assure-t-il, en référence au contrat signé avec l’ancien maire, qui prévoit le versement de 41 125 euros à la production.

    Le document stipule aussi qu’une annulation n’est possible qu’en cas de force majeure. « Dans le contrat, il n’y a pas les raisons budgétaires », martèle David Hardit. Pour le producteur, les premiers pénalisés restent les choristes. « Ils ont réservé hôtels, trains et ont dû poser des jours de congé, déplore-t-il. Et là on leur dit : Restez chez vous. » Il estime leur préjudice à près de 90 000 euros.

    Avant de saisir la justice, le producteur assure avoir « épuisé tous les recours ». Il dit même avoir proposé au maire de prendre à sa charge le reste du coût du spectacle. Si son recours est rejeté, il fait une promesse : offrir le spectacle à une autre commune.

  • Justice sociale à l’agonie

    Justice sociale à l’agonie

    Par Léa Talrich, Avocate au Barreau de Marseille

    Hier, Mme Harcelée a saisi le conseil de prud’hommes de Marseille pour faire cesser le harcèlement qu’elle subit dans son travail, en payant un timbre de 50 euros. L’audience de conciliation, la première d’une série d’au moins trois audiences avant qu’un jugement soit rendu, a été fixée en février 2027. Une décision arrivera au plus tôt en 2028. Et pendant ce temps, sa souffrance s’aggrave. Depuis plusieurs mois, le conseil de prud’hommes attend des greffiers. En sous-effectif, ceux en poste sont épuisés et ne peuvent pas se dédoubler. Sans greffiers, pas d’audience. Sans audience, pas de droits.

    M. Blessé a subi un accident de travail il y a six mois. La Sécurité sociale n’a pas voulu reconnaître le caractère professionnel de l’accident. Il a saisi le Pôle social du tribunal judiciaire hier, en payant un timbre de 50 euros. La justice en a accusé réception. Il recevra l’information d’une date d’audience dans un an et demi. La décision sera peut-être rendue dans deux ans. Espérons qu’il sera guéri d’ici là, bien que cela rende le contentieux inutile.

    Mme Exploitée attend qu’on lui paie ses heures supplémentaires, réalisées par centaines dans son ex-entreprise de l’hôtellerie-restauration. Elle a saisi le conseil de prud’hommes gratuitement en 2020. Elle a eu un jugement en 2022. Son employeur a fait appel. Et elle attend depuis maintenant quatre ans qu’une date d’audience soit fixée. Faute de magistrats, les chambres sociales de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence sont incapables de juger avant 4 ans d’attente.

    La justice des droits sociaux est (mal)traitée à l’image des droits qu’elle est supposée garantir. Alors que le choix du contentieux est souvent le dernier recours des justiciables, ils et elles font face à un mur de silence, de désintérêt et de mépris. Les personnels de justice sont essorés jusqu’à être contraints de se désensibiliser pour survivre à leurs conditions de travail indignes.

    Lorsque ce constat s’aggrave d’année en année, Monsieur Darmanin n’a rien trouvé de mieux pour dissuader les précaires de faire valoir leurs droits que de rendre l’accès au service public de la justice payant. 50 euros, c’est le prix de la honte du système judiciaire français. Si la justice sociale est l’outil de rééquilibre pour celles et ceux qui sont les plus faibles, le gouvernement veut détruire la balance. Lentement, en épuisant par le silence judiciaire.

    Le seul moyen de combattre le silence est le bruit. Intéressons-nous aux contentieux du travail, de la sécurité sociale, du handicap, car il s’agit souvent de récits de toute une vie, qui méritent mieux que d’être ignorés. Le service public de la justice a besoin de finances, de personnels et de délais raisonnables. Exigeons des moyens à la hauteur des besoins, nombreux, de celles et ceux qui subissent la violence du travail.

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  • L’audience d’El Mahdi Lyoubi reportée au 31 juillet

    L’audience d’El Mahdi Lyoubi reportée au 31 juillet

    Les défenseurs de la liberté d’expression sont difficiles à faire taire. Mercredi matin, alors que se tenait la première audience du rappeur et réalisateur marocain El Mahdi Lyoubi, connu sous le nom de scène Mehdi Black Wind, ses soutiens se sont mobilisés devant le tribunal d’Aïn Sebaa, où il devait être jugé à partir de 10h30. Arrêté le 13 juillet à Casablanca, l’artiste, qui réside à Marseille depuis plusieurs années, serait poursuivi, selon son comité de soutien Free El Mahdi, en raison de ses prises de position en faveur du mouvement de protestation Gen Z 212, notamment exprimées dans ses textes de rap.

    Détenu à la prison d’Oukacha depuis plus d’une semaine, le cinéaste a demandé le report de son audience, faute de pouvoir bénéficier immédiatement de l’assistance d’un avocat. Le Maroc est en effet confronté depuis plus d’un mois à un large mouvement de grève au sein de la profession, compliquant considérablement l’accès à une défense. Le tribunal a finalement accordé le renvoi de l’affaire au 31 juillet. Selon ses soutiens, le rappeur a également « fourni un dossier avec des garanties de représentation pour être poursuivi en liberté provisoire ». À l’heure où nous écrivons, le tribunal n’a pas encore répondu à cette demande.

    Répression

    Depuis le début du mouvement Gen Z 212, fin septembre 2025, réclamant un meilleur accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi, de nombreuses personnalités ont été arrêtées pour avoir soutenu la contestation. Parmi elles figurent notamment les rappeurs Souhaib Qabli, Jawad Asradi et Hamza Raid.

  • Pigment convoqué par le parquet pour son rooftop

    Pigment convoqué par le parquet pour son rooftop

    Benjamin Honorat a été reçu par un délégué du procureur « en vue d’un classement sous conditions, en l’espèce la régularisation des infractions constatées ». Le parquet précise : « L’objet de cette convocation concernait uniquement l’infraction d’exécution par personne morale de travaux non autorisés par déclaration préalable, en l’espèce diverses modifications de façade, et non la problématique du rooftop. L’intéressé s’est engagé à régulariser dans un délai de 3 mois. Une décision sera prise à l’issue. » Sur le plan civil, un juge des référés a ordonné vendredi la fermeture du toit-terrasse abusivement exploité à des fins commerciales pour « trouble manifestement illicite » et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

  • Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Les débats se sont nettement tendus peu après minuit dans la nuit de lundi à mardi, face au refus du gouvernement de permettre aux députés de voter sur des amendements déposés par plusieurs d’entre eux pour supprimer du texte sur l’urgence agricole le volet sur les néonicotinoïdes, introduit au Sénat. À ce stade de la procédure, le gouvernement bénéficiait en effet d’un droit de veto, et pouvait décider de leur mise au vote.

    Une partie du bloc central a protesté avec vigueur contre ce choix, encouragée par toute la gauche: « Si le débat doit avoir lieu, ayons ce débat », a plaidé l’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher (Ren.), face à une ministre de l’agriculture, Annie Genevard, inflexible. Le président du groupe EPR Gabriel Attal s’est étonné que le gouvernement ne laisse pas le Parlement « trancher ». La ministre de l’Agriculture a finalement vu son texte approuvé par une large majorité
    – 296 voix contre 224 -, ce dont elle s’est dite « très satisfaite » mardi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui assuré que le texte comporte des mesures « attendues par le monde agricole » et appelé à ne pas l’« instrumentaliser à des fins politiciennes ». Mais les divisions sont évidentes. Agnès Pannier-Runacher a dénoncé mardi « un passage en force du gouvernement » et un « déni de démocratie ». Au Sénat, ce projet de loi d’urgence agricole devait passer triomphalement, après avoir surmonté l’épreuve de l’Assemblée.

    Soutien de l’extrême droite

    Les textes sur le sport professionnel, et sur la montagne vivante et souveraine, approuvés lundi à l’Assemblée, devaient aussi être adoptés sans difficultés. Au Palais Bourbon, les projets de loi sur la sécurité du quotidien (Ripost), l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ainsi qu’une proposition de loi sur l’immobilier de l’État, devaient eux aussi obtenir un ultime feu vert. Mais certains votes n’ont été obtenus qu’au prix de concessions majeures sur le fond – ainsi du projet de loi justice criminelle de Gérald Darmanin, amputé d’un article phare sur le plaider-coupable criminel, rejeté tant par la gauche que par le RN. Et pour nombre de textes, que ce soit sur le versant régalien ou économique, les majorités n’ont souvent été atteintes que grâce au soutien du Rassemblement national. Les députés d’extrême droite n’ont pas manqué de le souligner, moquant les bancs souvent clairsemés de la coalition gouvernementale.

    Fermeture du Parlement ce mercredi, pour 2 mois

    Une situation qui désole la gauche. Le député du groupe écologiste Pouria Amirshahi pointe une « accélération de l’agenda réactionnaire », avec la « bascule de nos institutions vers des dispositifs qui sont soit d’inspiration lepéniste (…), soit votés avec le concours de leurs troupes ». Dans son viseur notamment, la loi sur la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre, adoptée le 7 juillet à l’Assemblée, et contre laquelle plus de 700 000 personnes ont signé une pétition. Après cette salve de textes, l’Assemblée fermera mercredi, pour environ deux mois. Avec déjà dans toutes les têtes le casse-tête de la discussion budgétaire, qui s’annonce « inextricable » selon Pouria Amirshahi.