Tag: hôpital

  • Soins palliatifs : l’unité de Sainte-Marguerite menacée

    Soins palliatifs : l’unité de Sainte-Marguerite menacée

    Elle a été inaugurée à l’été 2025 et est déjà menacée de fermeture provisoire d’après SUD Santé : la nouvelle unité de soins palliatifs de l’hôpital Sainte-Marguerite (9e) évolue dans une « situation extrêmement préoccupante », lit-on dans un communiqué diffusé vendredi par le syndicat. Pensée pour accueillir à terme une vingtaine de lits, l’unité n’en compte pour l’instant que sept et fonctionne aujourd’hui avec un seul praticien à temps plein, contre les trois initialement prévus. « Malgré des locaux neufs, du matériel adapté et des équipes soignantes qualifiées, formées et pleinement engagées, l’unité ne peut fonctionner normalement en raison d’un manque criant de médecins spécialisés, s’indigne SUD Santé. Cette situation fragilise gravement la continuité des soins et fait peser un risque direct sur la prise en charge des patients en fin de vie, dont certains sont intransportables. » C’est dans ce cadre que le syndicat dénonce un « manque d’anticipation dans le recrutement médical » et réclame « des moyens humains pour assurer le fonctionnement normal du service », « la mise en place urgente de solutions médicales pérennes et non précaires » et une « véritable politique d’attractivité pour les spécialités en tension ». Une alerte qui fait écho aux débats organisés ce lundi à l’Assemblée nationale (lire page 24), où sont discutés l’accès aux soins palliatifs et le droit à mourir.

  • Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    « On est complètement punies de ce qui nous est arrivé », lâche Muriel Thevenin. Secrétaire du syndicat FAFHP à Edmond-Garcin, âgée de 59 ans dont trente-cinq comme aide-soignante à l’hôpital d’Aubagne, elle occupe, depuis 2008, un poste aménagé. Pour elle, il s’agit du transport. D’autres sont par exemple aides hôtelières (elles servent les repas, aident les patients à s’alimenter, leur administrent leurs médicaments).

    Pas de « nécessité de service »

    Muriel Thevenin est dans cette situation depuis un accident du travail : « Mon handicap est survenu du fait d’un manque de personnel et d’un défaut de matériel. » Elle raconte : « On n’était que deux aides-soignantes dans un service de 30 patients, des personnes âgées. On ne regardait pas à l’effort. On n’y arrivait plus avec ma collègue. L’accident s’est produit parce qu’une famille a demandé qu’on relève un patient. Il était très lourd. Il m’est tombé dessus et mon dos a craqué. Depuis, je n’ai plus le droit de soulever plus de 5 kg… ».

    Si le syndicat qu’elle représente monte au créneau aujourd’hui, c’est parce que, dit-elle, la direction de l’hôpital a refusé, « depuis deux ans et demi, à six aides-soignantes en postes aménagés, leur prolongation d’activité au-delà de 62 ans, alors qu’elles y ont droit pour encore deux ans. » Elle poursuit : « Cela met les aides soignantes en situation très précaire. Car, si elles ont travaillé dans le privé, il faut qu’elles attendent 64 ans pour toucher leur complément de retraite. »

    Elsa Blanc, directrice des ressources humaines de l’hôpital, répond : « Si quelqu’un veut poursuivre son activité au-delà de l’âge limite, il doit le demander. Il y a alors deux critères : l’aptitude médicale et la nécessité de service. » Selon elle, « conformément à la loi, le motif de refus de la prolongation d’activité est lié aux nécessités de service, et non au fait que les postes soient aménagés. » Il n’y aurait pas de « nécessité de service ». Elle indique que l’hôpital « a créé depuis deux ans plus de 20 postes en sureffectif dans les services, afin de permettre des reclassements de professionnels, fragilisés par les années de travail hospitalier, sur des fonctions sans contraintes physiques. Ils ne peuvent, par nature, être pérennisés indéfiniment, notamment dans un contexte de fortes tensions financières. » Selon elle, « il n’y a pas plus de deux agents par an qui se sont vus refuser une prolongation d’activité depuis 2024. Sept agents travaillaient en prolongation, l’an dernier, et il y en aura douze cette année. »

    Pour faire la jonction entre retraite de la fonction publique et celle du privé, France Travail verse une allocation à l’agent hospitalier. Ce qui fait bondir Muriel Thevenin : « On a fait toute une carrière à l’hôpital, on s’est esquinté le corps, et maintenant, on doit aller pointer au chômage… ».

  • À l’hôpital d’Aubagne, le dialogue social se fige comme la glace

    À l’hôpital d’Aubagne, le dialogue social se fige comme la glace

    « C’est un plan social », lâche Christel Migliaccio, secrétaire générale de la CFDT à Edmond-Garcin. Après avoir découvert le 19 janvier que la direction de l’hôpital, qui emploie 800 agents, avait signé un « contrat d’efficience » avec l’Agence régionale de santé Paca, les syndicats se sont vus adresser par la direction « un nouveau contrat pour avis ».

    L’intersyndicale (CFDT, Unsa, FAFHP, FO, CGT) y a découvert que l’ARS s’engage à verser 3 millions d’euros d’aides en exploitation par an entre 2026 et 2030. En contrepartie, « l’hôpital doit faire un gain de 11 millions d’euros, dont 70% de dépenses en moins, et 30% de gain d’activité », cite Rachide Hadjali (FO) « Déjà, il est paradoxal d’augmenter l’activité, en faisant des économies sur le personnel », observe Christel Migliaccio. « D’autant plus que pas mal de services sont déjà en souffrance », assure Houria (CFDT). L’intersyndicale n’accepte pas de donner un avis sur un document qui ne détaille pas quelles seront les répercussions concrètes de ces économies à faire « sur les effectifs, les organisations de travail et conditions de travail ». Le rapport avance notamment la suppression de 54 équivalents temps plein. Sollicitée mardi, la direction a répondu : « Ce chiffre ne correspond pas à la réalité. Il est exact qu’un effort est attendu sur les dépenses de personnel, qui représentent plus de 60% des charges de l’établissement. Toutefois, il s’agit d’un objectif financier et non d’un nombre cible de suppressions de postes. Cet effort pourra se traduire par des réorganisations de travail, la limitation de certains remplacements, une meilleure maîtrise des heures supplémentaires, une optimisation des organisations existantes. »

  • La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    L’avenir de l’Hôpital public d’Aix-en-Provence Pertuis s’affine. La transformation imminente du centre hospitalier constituait en effet la ligne directrice de cette seconde cérémonie des vœux de Francis Saint-Hubert, tenue jeudi dernier sur le site aixois.

    « L’année dernière, lors de mon discours des vœux, j’ai cité Sénèque : “Il n’y a jamais de bon vent pour un navire qui ne sait où il va”. Il s’agissait de mobiliser nos équipes pour élaborer notre projet d’établissement. Cette démarche arrivera à son terme courant deuxième trimestre 2026. Je peux vous affirmer que le projet Horizons 2035, même s’il n’est pas totalement finalisé, est d’ores et déjà en marche et présent dans l’esprit de chacun d’entre nous », annonce le directeur d’établissement, arrivé de Vendée en août 2024 pour prendre ses fonctions.

    Une transformation sur le fond donc, qui « demande de l’audace, de l’engagement et de la confiance en l’avenir. Un triptyque loin d’être aisé en ces temps : il ne vous aura pas échappé que ni le contexte national, ni le contexte international, pris dans un grand tourbillon d’instabilité, et de menace permanente, ne permettent pas de nous projeter dans un avenir serein ».

    « Aller plus loin »

    En toile de fond se dessinent en effet des contraintes budgétaires persistantes, un climat d’incertitude, des « communes qui cherchent désespérément des médecins », « des débats sans fin quand nos élus doivent voter des budgets », l’adoption de règles « que l’on sait parfaitement inapplicables et souvent contre productives », recontextualise, subtilement, le directeur de l’hôpital. Il dénonce par ailleurs la mutualisation « sans modération » proposée comme solution face au « déficit qui s’aggrave depuis des années ». « Il y a urgence, nous n’avons pas le temps d’évaluer les solutions que nous mettons en place depuis des années et qui n’ont pas fait leurs preuves ».

    Si 2025 s’est avérée une année « d’investissement et de renforcement de nos équipes », 2026 devra « aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite en termes de développement d’activité », souhaite Francis Saint-Hubert. « Nous devons pour cela passer à la vitesse supérieure dans la transformation de nos organisations, mieux répondre au téléphone, élargir nos horaires d’accueil, mieux utiliser nos plateaux techniques, réduire les délais d’attente dans nos urgences. »

    Francis Saint-Hubert l’annonce d’ores et déjà : « 2026 sera marquée par la réorganisation de nos plateaux techniques, nos activités ambulatoires, et par le démarrage des travaux si attendus de nos services d’urgence ».

  • Martial Alvarez inaugure son local à Port-Saint-Louis

    Martial Alvarez inaugure son local à Port-Saint-Louis

    « On va gagner parce qu’on est les meilleurs », clame Martial Alvarez devant son local de campagne, inauguré pour l’occasion.

    Le maire (SE) de Port-Saint-Louis-du-Rhône, candidat à un nouveau mandat, a donné le ton de sa campagne, estimant qu’« aujourd’hui, on ne joue pas une présidence, ni une législative », dans un message adressé à ses adversaires. Il affirme ne pas apprécier « ces discours qui gâchent la ville et son unité ». Le candidat incite ses supporters à monter dans le train du « Port-Saint-Louis gagnant », son slogan de campagne affiché en devanture, tout en martelant que « rien n’est acquis, tout est fragile ».

    « Porte-parole

    du territoire »

    Martial Alvarez se représente pour un 3e mandat sans étiquette, bien que soutien d’Emmanuel Macron en 2022 et partisan de Martine Vassal (DVD) à la Métropole. L’édile vante « les qualités d’une équipe qui a porté des dossiers et d’un maire qui a tissé des liens avec les partenaires », revendiquant notamment son action sur le dossier de la santé. « C’est parce qu’on a travaillé avec l’Agence régionale de santé et nos partenaires pour restructurer l’hôpital de Martigues que l’ARS a posé les bases nécessaires », affirme le 1er magistrat saint-louisien, en référence aux 60 millions d’euros engagés pour le projet immobilier du centre hospitalier martégal.

    Beau parleur, Martial Alvarez assume : « Vos visages disent “ah il parle bien le maire”. Oui, car nous avons besoin d’un porte-parole pour le territoire pour relever les défis de la mobilité, du travail, de la jeunesse et ouvrir la maison de retraite ». Et promet le soleil après la pluie du samedi matin.

  • Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Un enjeu peut en cacher un autre. L’installation de nouvelles usines et la décarbonation de celles existantes impliquent de nouveaux emplois, dont les prévisions varient entre 6 000 et 10 000 sur une durée et un statut encore inconnus à ce jour. De nouvelles familles vont s’installer, nécessitant des logements, des médecins, des transports ou des écoles, entre autres.

    Des services publics

    La première des préoccupations des élus face à ces annonces est avant tout celle de « réindustrialiser dans l’intérêt des travailleurs, cela doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées », selon le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) invité lors du dernier congrès de l’Union départementale CGT. Les incertitudes qui concernent certaines entreprises du 1er pôle pétrochimique européen de Lavéra, comme Kem One (notre édition du 13/01) conduisent l’édile à vouloir « conforter les emplois industriels de notre territoire. Les meilleurs salaires du territoire martégal se trouvent dans l’industrie et nous voulons les conserver », disait-il lors de sa déclaration de candidature en novembre. Ce pourtour de l’Étang de Berre est « un territoire à la fois stratégique pour l’industrie et pour le développement du service public », rappelle le premier magistrat de Martigues.

    La santé est centrale dans l’approche des élus du golfe. Particulièrement au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, construit en 1974 pour soigner la zone et absorber le risque industriel. « Notre hôpital est structurant pour le territoire de tout l’ouest du département, avec tous les sites Seveso », rappelait Gaby Charroux lors de l’annonce du plan immobilier (notre édition du 22/01). Le manque chronique de personnel et de moyens dénoncé par l’ensemble des syndicats CGT de la zone conduit l’élu à batailler depuis 3 ans avec l’État et l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir les 90 emplois et 170 millions d’euros revendiqués par la CGT.

    Bataille à l’hôpital, et « du lobbying » pour Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc en difficulté au plan médical. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous demande si des nouveaux médecins vont s’installer », indiquait l’élu lors d’une réunion publique début janvier. « La santé n’est pas une compétence municipale, mais on a besoin de répondre aux besoins de la population. Alors on prend tous les moyens possibles pour faciliter les projets d’implantation publics comme privés », détaillait-il. Du reste, « la Ville de Martigues a décidé de protéger l’environnement foncier immédiat du centre hospitalier de manière à prévoir des extensions possibles », précisait ce vendredi Gaby Charroux.

    Construire du logement

    Il faudra également trouver une solution de logement pour les milliers de demandeurs actuels dans le parc social et les futurs milliers à venir. « On a besoin de continuer à construire », insistait Gaby Charroux en réunion publique à la mi-janvier. Selon l’édile, « il faudrait construire 250 logements par an pour loger les habitants actuels et les futurs salariés de l’industrie dans les projections du plan local d’urbanisme intercommunal » rien que pour Martigues. « L’État doit aller voir les villes qui ne respectent pas les obligations en matière de logement » pointe également l’élu, de même que le besoin pour la Ville de « veiller au peuplement » pour la mixité sociale.

    Le défi posé par l’aménagement du territoire nécessaire à l’accueil de la population pose la question de la gouvernance de cette mutation. La Commission nationale du débat public (CNDP) retient dans son dernier rapport du 13 janvier qu’« un pacte de gouvernance associant l’ensemble des communes du bassin, les industriels et autres parties prenantes est annoncé en 2026 ». Une fois encore, la balle est dans le camp de l’État.

  • Syndicalistes et élus veulent encore plus pour l’hôpital

    Syndicalistes et élus veulent encore plus pour l’hôpital

    L’hôpital va mal et ceux qui le font vivre aussi », dénonce Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues à la table ronde organisée par l’union locale jeudi soir. Le plan immobilier de 60 millions d’euros bouclé par l’Agence régionale de santé (ARS) et l’établissement mercredi matin (voir notre édition du jeudi 22) ne suffit pas aux syndicalistes, associations et élus regroupés depuis 3 ans dans la campagne pour le renforcement de l’hôpital.

    Car ce projet immobilier s’accompagne d’un plan d’efficience budgétaire. Laure Privat affirme que ce plan est synonyme de « 90 postes en moins à horizon 2030 », contrairement à ce qu’affirmait le directeur de l’établissement mercredi en parlant de « mettre en perspective » les personnels avec l’agrandissement du bâti. « Ils justifient ce plan d’efficience sur 10 ans par le retour à l’équilibre budgétaire pour permettre le projet immobilier de se faire », détaille Nathan, infirmier délégué du personnel CGT et représentant au conseil de surveillance de l’hôpital.

    Un avis majoritaire

    Manifestement, le plan ne fait pas l’unanimité au-delà de la CGT. « Pour la première fois le conseil de surveillance a émis un avis défavorable à majorité » sur le plan d’efficience d’après le délégué du personnel, en plus des « réserves de la commission médicale d’établissement » composée des médecins. « Ça prouve l’éveil des consciences quand 90 personnes vont être mises au chômage », conclut-il.

    C’est aussi en ce sens que Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues parle d’une « bonne nouvelle » quant au projet immobilier, mais « qui incite à ne pas lâcher le combat » quand « la mutation du territoire va augmenter les besoins », avec 170 000 habitants dans l’aire de l’hôpital. « On va ouvrir dès demain d’autres sujets avec l’ARS car la cardiologie est en train de mourir à l’hôpital », tance l’édile, de même à propos « des souffrances dans les Ehpad de notre territoire ».

    Pour Laure Privat, la solution est simple : « On revendique 90 postes statutaires, pas précaires, et 170 millions d’euros d’investissement. C’est ensemble avec les travailleurs, les usagers et la population qu’on imposera nos conditions. »

  • Les deux maternités de Sète vont fusionner

    Les deux maternités de Sète vont fusionner

    En 2023, un rapport national rédigé par le professeur Yves Ville, de l’hôpital Necker à Paris, préconisait de réduire de 20% le nombre de maternités en France, visant notamment les structures avec une activité de moins de 1 000 naissances par an. L’épée de Damoclès qui menaçait déjà la maternité de la polyclinique Sainte-Thérèse et celle de l’hôpital Saint-Clair à Sète depuis 2023 vient de tomber. Au 1er juillet 2026, les deux plateaux techniques devraient fusionner et tous les accouchements auront lieu au sein de la structure hospitalière.

    « Une situation catastrophique » selon FO

    D’après l’ARS Occitanie, ce « rapprochement » est dû à la baisse des naissances ces dernières années sur l’Île singulière. Fin 2025, 470 et 414 naissances avaient été comptabilisées respectivement dans chaque établissement. Un chiffre qui n’est pourtant jamais passé sous la barre des 300 par an et par maternité, seuil sous lequel le code de la santé publique prévoit une fermeture.

    L’autre raison majeure de cette fusion est, bien sûr, budgétaire. Pour Sébastien Mazel, le secrétaire régional et départemental santé de Force ouvrière, « c’est une situation catastrophique qui traduit la politique économique nationale ». Il établit un lien entre la diminution de la natalité à Sète et une baisse d’activité dans les maternités et donc de bénéfices. « Mais ce raisonnement me gêne. On tente de faire de la rentabilité et de la gestion financière sur de l’humain. »

    Le syndicaliste s’inquiète pour une patientèle qu’il estime « lésée ». « Je n’ai rien contre l’hôpital public mais je pense que le citoyen devrait avoir le choix d’une institution ou d’une autre pour préparer une naissance. »

    La CGT optimiste

    Autre son de cloche du côté de Véronique Mauroy, la secrétaire générale de la CGT des hôpitaux du Bassin de Thau. « On ne voit pas ce rapprochement d’un mauvais œil. Actuellement, rien qu’avec le personnel de la maternité de l’hôpital, on est en capacité d’absorber 800 naissances par an [soit plus de 90% des naissances des deux établissements cumulés, Ndlr.]. Alors ce ne sera que mieux si du personnel arrive du privé. » D’après la secrétaire générale, la direction de l’hôpital serait en discussion avec les salariés de la polyclinique pour les replacer.

    « Une aubaine pour l’hôpital »

    « En plus, la maternité a été récemment rénovée, ce qui garantit de très bonnes conditions d’accueil pour les mamans et leur bébé », rassure Véronique Mauroy. Elle voit même cette arrivée de nouvelles naissances comme « une aubaine pour l’hôpital ». « L’établissement avait prévu des travaux dans quelques années pour rapprocher le bloc obstétrical du bloc opératoire. Avec ces nouvelles entrées, les financements seront certainement disponibles cette année. »

    L’ARS Occitanie se veut elle aussi rassurante et garantit des conditions d’accueil exemplaires à la maternité de l’hôpital Saint-Clair. Le service est équipé d’un plateau technique complet comprenant une salle de césarienne au bloc opératoire, trois salles de naissance, une salle physiologique et le matériel nécessaire à l’accueil des bébés prématurés.

  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».

  • De nouvelles implantations pour sortir du désert médical à Port-de-Bouc

    De nouvelles implantations pour sortir du désert médical à Port-de-Bouc

    « Nous sommes dans un désert médical, c’est une souffrance et nous allons faire ce qu’on peut pour renverser la tendance », assure le maire (PCF) de Port-de-Bouc et candidat à sa succession aux élections municipales. La réunion publique organisée à la salle Gagarine, jeudi soir, par ses soutiens est dédiée à la question de la santé.

    Le postulat de départ de l’édile est simple : « l’État a limité le nombre de médecins avec le numerus clausus », causant un déficit année après année, dès lors « il ne se passe pas une semaine sans que la population nous demande si des médecins vont venir s’installer ». « Nous avons décidé par tous les moyens possibles d’aider les projets d’installation publics comme privés même si ce n’est pas censé être notre compétence », poursuit le maire, annonçant que « nous avons repris le centre mutualiste avec l’hôpital de Martigues et les amis de la médecine sociale pour en faire une permanence de spécialistes de l’hôpital ».

    Un participant salue l’initiative, mais prévient : « Attention, il faut parfois avancer le tiers payant, qui peut être rédhibitoire pour certains » en fonction sa mutuelle. Laurent Belsola indique qu’« il n’y aura pas de problèmes » avec l’hôpital.

    Quel prix à payer ?

    Mais en dehors de la mutuelle, le principe d’avancer les frais dérange. « L’État a une responsabilité dans le manque de médecins, y’en a marre de payer à sa place », s’insurge une participante. Une autre nuance : « Si un spécialiste vient consulter en pratiquant des dépassements d’honoraire, c’est le prix à payer. » Plusieurs participants s’opposent.

    Le conseiller municipal sortant Houcine Rehabi indique en réponse que « les 11 médecins que nous avons à Port-de-Bouc ont tous plus de 1 500 patients. 24% de la population n’a pas de médecin traitant. On arrive à la rupture, on ne peut pas se priver des libéraux ». L’actuel adjoint (PCF) Akrem M’Hamdi développe : « Nous avons une population fragile et le reste à payer peut être gênant pour terminer son mois. C’est la politique d’écrasement de classe de l’État. Nous y faisons attention et nous mettrons en place des conventions pour tenter de contrôler le phénomène », avance l’élu. Houcine Rehabi rappelle que « certaines villes ont donné une maison et un cabinet à un interne avec une prime. Nous ne pouvons pas le faire. Mais nous les aiderons pour l’administratif, trouver des locaux ou un logement ». Comme à l’ancien bar de la paix, où « un médecin généraliste devrait venir s’installer » selon Laurent Belsola. Le maire indique que « les annonces seront confirmées lorsqu’elles seront signées » pour ces projets privés.