Tag: Hérault

  • Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Des délais d’attente de plus en plus longs pour accéder aux soins. Des services d’urgence régulièrement saturés. Des structures médico-sociales incapables de répondre aux besoins des personnes âgées, en situation de handicap ou en situation de précarité. Une aggravation des inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins… telles sont les conséquences, dans l’Hérault comme ailleurs, des politiques conduites depuis plusieurs années en matière de santé et d’action sociale par les gouvernements successifs.

    Alors que la France s’enfonce dans la crise politique au lendemain de la démission, quelques heures seulement après avoir formé une partie de son gouvernement, du Premier ministre Sébastien Lecornu, les professionnels du sanitaire, du social et du médico-social ont manifesté, jeudi 9 octobre, leur vive inquiétude des moyens qui seront alloués à la santé et la protection sociale dans le budget qui tarde à venir. À Montpellier, les manifestants, partis en cortège de la place de France, à Odysseum, se sont rendus devant les locaux de l’Agence régionale de santé (ARS) de l’Hérault.

    « Théoriquement, cette manifestation s’inscrivait dans le cadre du dépôt du PLF (projet de loi de finances) et du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui tout ça est en suspens, mais le seul projet qui existe à l’heure actuelle est celui de François Bayrou, qui propose une cure d’austérité inédite [des dépenses de santé contenues à 5 milliards d’euros au lieu de 10, Ndlr.] », estime Lénaïc Berger, secrétaire générale USD CGT santé action sociale de l’Hérault.

    « Un épuisement massif des personnels »

    « De toute façon un Ondam (objectif national de dépenses d’assurance maladie) inférieur à 5%, ça ne tient pas. Or là il est très inférieur. Qu’est-ce que cela traduit ? Que la santé continue de s’effondrer », poursuit-il. « On continue à fermer des lits, on est toujours en manque de personnels, surtout sur les petits centres hospitaliers locaux majoritairement ruraux, qui ont énormément de mal à recruter. Avec, à la clé, un épuisement massif des personnels  », assure Lénaïc Berger. « Dans l’établissement où je travaille par exemple, le foyer départemental enfance et famille, rien que pour 2024, sur 370 agents, 20 sont en disponibilité ou en détachement. Or c’est rare de quitter sa structure quand on y est bien : ce sont majoritairement des agents qui partent parce qu’ils n’en peuvent plus. Cela représente plus de 5% de la masse salariale. Ce sont des chiffres en pleine explosion sur l’ensemble des établissements  ».

    Quant à la Sécurité sociale, qui fête cette année ses 80 ans, « il y a de moins en moins de médicaments remboursés, on fait de plus en plus la chasse aux arrêts maladie prétendument frauduleux, il y a de moins en moins de maintien de salaire… et le trou de la Sécu continue de se creuser. C’est bien la preuve que ce que le gouvernement propose ne règle rien », insiste le cégétiste héraultais dont le syndicat défend l’instauration d’« un service public de la santé et de l’action sociale, avec une sécurité sociale universelle.  »

  • Les avocats sont des porteurs de voix

    Les avocats sont des porteurs de voix

    Créé en 1974, le Syndicat des Avocat.e.s de France (SAF) est un groupement de porteurs de voix ; celles des justiciables mais aussi celles des avocats qui luttent et travaillent pour combattre tout ce qui s’apparenterait à une crise de la Justice, phénomène dénoncé depuis longue date. Au fil des époques, de nombreux arguments ont été avancés pour justifier cette crise persistante. Aucun pourtant ne doit permettre de légitimer l’atteinte flagrante aux droits de la défense et aux droits fondamentaux des citoyens.

    Le SAF a donc des objectifs clairs : défendre les intérêts professionnels des avocats et toujours placer le justiciable au cœur de sa réflexion. La défense des intérêts de cette profession repose essentiellement sur la sauvegarde de l’indépendance de ses acteurs et sur la promotion d’une justice plus démocratique.

    Encore aujourd’hui les avocats doivent lutter pour légitimer leur exercice et défendre leur indépendance. Protection du secret professionnel, respect de la déontologie, recherche d’égalité au sein de la profession, perception d’une rémunération juste, sont autant de sujets sur lesquels il est important de veiller.

    Ces intérêts professionnels doivent donc être préservés pour sauvegarder la confiance que l’avocat doit inspirer.

    Une confiance de la part des justiciables, qui confient à leur conseil la défense de leurs intérêts, et une confiance de la part des institutions, qui ne doivent plus douter de l’investissement sérieux et honnête des avocats.

    Syndicat national, le SAF permet à ses membres de réfléchir, construire et lutter ensemble autour de causes communes. Il est aussi une force d’action dans les procédures judiciaires où la profession est menacée.

    Plus que jamais il semble nécessaire de communiquer sur ces causes communes et c’est la raison qui conduit notre Syndicat, à s’exprimer, à compter de ce jour dans les colonnes de La Marseillaise afin de faire vivre ces engagements, ces combats et ces voix que nous défendons.

    Dans son exercice, l’avocat assiste, représente et conseille ; ainsi, nous sommes les garants de ceux que nous défendons en utilisant le Droit comme rempart contre les situations du quotidien ou contre les décisions politiques qui vont à l’encontre de la dignité des personnes. Placer les justiciables au cœur de chacune des réflexions du syndicat est un moyen pour nous de faire savoir à chacun des citoyens que leur défense mérite d’être assurée, qu’elle soit individuelle ou collective.

    Le SAF lutte donc pour que toutes les voix soient entendues, pour ceux qui sont défendus et pour ceux qui défendent.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • « L’Allégorie de la poésie » rejoint le musée Fabre

    « L’Allégorie de la poésie » rejoint le musée Fabre

    L’Allégorie de la poésie, signée et datée de 1774, a fait son entrée dans les collections du musée Fabre. Grâce au soutien de la Fondation d’entreprises du musée et à une subvention exceptionnelle du Fonds du patrimoine, l’établissement culturel montpelliérain a acquis par exercice du droit de préemption cette œuvre d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842) lors de la vente Artcurial à Paris, le 23 septembre. Il s’agit d’une peinture précoce, atypique et ambitieuse d’une artiste essentiellement connue pour son activité de portraitiste.

    La peintre officielle de Marie-Antoinette

    Formée par son père le pastelliste Louis Vigée, puis par le peintre Gabriel Briard, la jeune Elisabeth Louise Vigée est très tôt remarquée et soutenue par les peintres Gabriel François Doyen et Joseph Vernet. Elle produit ses premières peintures au début des années 1770, sans être rattachée à une corporation professionnelle. En 1774, elle est obligée de rejoindre la corporation de l’Académie de Saint-Luc, communauté des peintres et sculpteurs de Paris, afin de pouvoir poursuivre son activité. Elle expose au Salon de l’Académie de Saint-Luc plusieurs portraits et études de têtes, ainsi que trois allégories de la peinture, de la poésie et de la musique. L’Allégorie de la poésie témoigne ainsi des débuts de sa prestigieuse carrière. Quatre ans plus tard, Élisabeth Louise Vigée Le Brun devient en effet peintre officiel de la reine Marie-Antoinette, dont elle exécuta plusieurs portraits.

    Cette œuvre atypique permet aussi de renforcer, au sein des collections, la présence des femmes artistes du XVIIIe siècle avec un nom emblématique venu rejoindre Marie Thérèse Reboul et Adélaïde Labille-Guiard. Jusqu’à ce jour, Élisabeth Louise Vigée Le Brun n’était évoquée dans la collection que par la copie d’un portrait légué au musée par Alfred Bruyas en 1876.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • Après la mort de Pierre Soujol, la guerre de succession a débuté à Lunel

    Après la mort de Pierre Soujol, la guerre de succession a débuté à Lunel

    Qui que soit le prochain maire de Lunel en mars 2026, la mort de Pierre Soujol le 28 juin dernier aura marqué un tournant.

    Car la belle unité de façade de la majorité municipale de centre droit a vite volé en éclats. À la surprise générale, Paulette Gougeon, ex-deuxième adjointe, a été préférée à l’ancien numéro un Stéphane Dalle pour assurer l’intérim à l’Hôtel de Ville. Lequel s’est vengé en inversant le rapport de force à l’Agglomération. À lui le poste de premier vice-président auprès du nouveau président Jérôme Boisson. Simple conseiller municipal à Villetelle, le président de l’office de tourisme a été préféré à Paulette Gougeon dont l’influence au-delà de Lunel semble donc limitée.

    Pour l’heure, celle qui est aussi conseillère départementale (et binôme de Jérôme Boisson…) n’a pas précisé si elle briguera un nouveau mandat à la Ville. Ex-adjoint déchu, le frondeur Stéphane Dalle a lui déjà annoncé sa candidature aux municipales. À droite, il n’est pas le seul à vouloir assurer la relève. Un duo composé de Stéphane Muscat et Christophe Musset vient de se dévoiler. Le premier est l’ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (DVD). Le second est un ancien rugbyman reconverti dans les médias (fondateur de Médias du Sud). Avec leur laboratoire d’idées « Lunel autrement », l’attelage veut « mettre fin aux guerres d’ego et ambitions personnelles ».

    Encore un peu plus à droite s’agitent deux autres candidats potentiels. Ancien directeur de la police municipale de Nîmes, le président de « Lunel réussir ensemble », Thierry Razigade, est candidat déclaré. Ce n’est pas encore le cas d’Anthony Belin. Mais l’ancien directeur de cabinet de Pierre Soujol (qui a vu l’enquête pour favoritisme et détournement de fonds publics ouverte en 2024 classée sans suite en août par le procureur) prône l’union des droites et chercherait le soutien du député Ciottiste Charles Alloncle.

    À gauche, le défi de l’union

    Cette guerre ouverte de succession pourrait être un atout pour la gauche lunelloise. Problème, elle se montre pour l’heure indécise et divisée. Depuis plus d’un an, les Écologistes militent auprès des citoyens au sein de « Lunel collectif ». La structure qui lance ses permanences et débats citoyens vient de retendre la main dans un courrier envoyé aux partenaires de gauche. Nouvelle Donne, Génération.S, Ensemble et l’Après y ont répondu favorablement. Mais encore ni LFI, ni le PCF, ni le PS. Face au risque RN, les communistes se proposent eux aussi comme un « trait d’union », illustre François Got qui milite pour « l’union de la gauche ». Autour de Bruno Gagne, les Insoumis doivent bientôt officialiser leur stratégie, ils pourraient monter leur liste. Quant aux socialistes qui figurent dans l’actuelle majorité municipale et ont désigné Sylvie Thomas cheffe de file, le rapprochement semble compliqué. L’écologiste Lise Florès s’impatiente. « Quand le RN est à nos portes et qu’on a un tel niveau de chômage, il serait bien d’oublier un peu les stratégies nationales », déclare-t-elle.

  • Appel de Coluche : la solidarité en héritage

    Appel de Coluche : la solidarité en héritage

    « J’ai une petite idée, comme ça… » Le 25 septembre 1985, Coluche lançait, sur les ondes, l’idée d’une cantine gratuite à destination des plus démunis. Trois mois plus tard, le 21 décembre, les Restos du cœur servaient leurs premiers repas sous un chapiteau de cirque installé sur un terrain vague de Gennevilliers.

    Le début d’une mobilisation citoyenne sans précédent, qui transforma la « petite idée » en une incroyable aventure humaine portée par des milliers de bénévoles et soutenue par des millions de donateurs.
    40 ans plus tard, à l’épreuve d’une précarité qui explose, cet élan solidaire tient bon. En 2023-2024, l’association a ainsi distribué, au niveau national, 163 millions de repas à 1,3 million de personnes. Dans l’Hérault, ce sont plus de 20 000 familles qui ont été accueillies en 2023-2024, dont un quart de familles monoparentales et 1 500 enfants de moins de 3 ans, pour un total de 3,4 millions de repas distribués.

    « Bien sûr on est fiers de poursuivre la mission des Restos, mais on préférerait ne pas être là. Ça voudrait dire que le monde va mieux », confie la présidente de l’antenne héraultaise, Anita Barone. « Depuis quelques années, entre le Covid, la guerre en Ukraine, l’instabilité politique… Les crises se succèdent et la précarité ne cesse d’augmenter », observe-t-elle. Au point que le président national des Restos du cœur, Patrice Douret, a lancé en septembre 2023 un appel à la générosité du public et de l’État pour assurer la survie de l’association, qui, pour la première fois, n’était plus en mesure de faire face à l’afflux de personnes qui la sollicitaient. « Aujourd’hui grâce à la générosité soulevée par cet appel, on tient le coup. Mais pour combien de temps ? », interroge Anita Barone. « Les associations ont besoin d’être soutenues, le budget ne doit pas les affaiblir », a martelé Patrice Douret il y a quelques jours, à l’heure où le Premier ministre Sébastien Lecornu tente toujours de boucler son projet 2026 pour les finances publiques, dans un climat social tendu.

    En attendant, 1 300 bénévoles réguliers et environ 600 bénévoles investis sur des actions ponctuelles font vivre les Restos dans l’Hérault, où 28 centres sont implantés. L’association cherche d’ailleurs des volontaires d’un jour pour une collecte qui aura lieu les 10 et 11 octobre au magasin Carrefour du Crès et au Leclerc de Saint-Aunes. À bon entendeur…

  • Un hommage en images à la force des femmes

    Un hommage en images à la force des femmes

    Ce projet est né d’un désir profond de rendre hommage aux femmes qui traversent cette épreuve avec courage et dignité », confie Karine Louarn. « J’avais envie de leur témoigner un message de solidarité, de sororité. Mais je souhaitais aussi mettre en lumière celles qui tendent la main, qui accompagnent, qui aiment, qui soutiennent dans l’ombre : amies, sœurs, mères, bénévoles… »

    À l’occasion d’Octobre rose, mois dédié à la prévention du cancer du sein, cette Montpelliéraine de 55 ans a imaginé un calendrier intitulé « Les Divines ». Chaque mois, des anonymes incarnent ces visages de la solidarité, sœurs de l’ombre invitées à prendre la lumière.

    « Le calendrier, pour moi, est quelque chose de très féminin, car beaucoup de femmes l’utilisent pour des choses du quotidien. Avec, en outre, ce côté “cycle”, dans lequel nous vivons beaucoup, nous autres femmes », explique cette artiste peintre et photographe amateure, également accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) dans un collège de Montpellier et sophrologue.

    « J’ai fait appel à mes connaissances. Beaucoup de femmes m’ont répondu. J’ai aussi eu un jeune homme qui a eu envie de s’associer au projet car sa maman est partie d’un cancer du sein. J’ai donc photographié 19 femmes et 1 homme. J’ai dû refuser des propositions, mais ce n’est que partie remise car chaque année je réaliserai un calendrier au profit d’une association différente », poursuit-elle.

    Ce calendrier solidaire ressemblera moins à un calendrier traditionnel qu’à un magazine dont les 36 pages contiendront, outre les portraits des « Divines », des textes sensibilisants, des témoignages ou encore des méditations vidéo accessibles via un QR code.

    Les fonds récoltés grâce à la vente en ligne* (15 euros l‘unité) seront en grande partie reversés, cette année, au Montpellier institut du sein (MIS), réseau de spécialistes destiné aux femmes touchées par un cancer du sein. Le lancement du projet aura lieu le 11 octobre au château de Flaugergues, de 9h45 à 12h. À une présentation du calendrier et du MIS succéderont une conférence sur la prévention du cancer du sein et des témoignages de femmes ayant traversé cette épreuve.

    La remise du chèque, prévue en janvier 2026, s’accompagnera d’une exposition de tableaux réalisés par Karine Louarn, mêlant la peinture aux photographies des « Divines » réalisées pour le calendrier.

  • Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    C’est un peu notre Bon coin à nous », plaisante Galla Bridier, directrice adjointe d’Habitat social en Occitanie (HSO). La structure, qui réunit 67 organismes dans la région, vient en effet de lancer une bourse aux logements sociaux à destination des locataires HLM désireux de changer de logement pour des raisons diverses. La composition de la famille peut par exemple avoir changé, ou le locataire avoir trouvé du travail dans une autre ville du territoire.

    Onze bailleurs sociaux se sont, pour le moment, engagés dans ce dispositif innovant lancé, dans un premier temps, dans l’Hérault et le Gard. Ce qui représente près de 82 000 logements susceptibles d’être proposés à l’échange. « À terme, cette bouse a une vocation régionale et sera étendue à d’autres départements », prévient Michel Calvo, président de HSO et d’ACM Habitat, l’office HLM de Montpellier, premier bailleur social public de la région.

    Dès 2022, ACM Habitat a mis en place une bourse d’échange de logements sociaux interne à son parc, qui a servi de base aux travaux constitutifs de la plateforme Place du logement*. Laquelle s’est également inspirée d’expériences similaires conduites, par exemple, en Nouvelle-Aquitaine depuis 2019 (18 bailleurs associés) ou dans le Rhône depuis 2024 (16 bailleurs).

    Opérationnelle depuis le 30 septembre, la plateforme régionale coordonnée par HSO s’adresse uniquement aux locataires d’un bailleur adhérent au dispositif. Les candidats à l’échange doivent avoir une demande de logement social active au moment de l’inscription, être titulaires du bail et occuper le logement depuis au moins deux ans. « Une fois leur compte créé, les locataires ont accès aux différentes annonces et peuvent entrer en contact avec d’autres grâce à une messagerie intégrée. Les échanges peuvent déboucher sur des visites d’appartements. Si les deux parties sont intéressées, elles signent un engagement réciproque et c’est ensuite les bailleurs qui valident ou non les échanges en commission d’attribution », détaille Galla Bridier. Ces derniers gardent donc la maîtrise du dispositif, en vérifiant notamment l’adéquation entre la situation familiale et la typologie des logements (l’attribution d’un F4 à une personne seule, par exemple, sera refusée).

    « Rendre visible une offre aujourd’hui invisible »

    Cette initiative permettra de « fluidifier les parcours résidentiels et l’autonomie » des locataires désireux de changer de logement, en élargissant le champ des possibles. « Grâce à cet outil, nous allons augmenter les possibilités d’échange entre des locataires au-delà de la seule demande de mutation avec le bailleur avec lequel ils sont en contrat », explique Michel Calvo.

    Dans une région soumise à une forte pression de la demande de logement social (estimée à 6,7 demandes pour 1 attribution), ce dispositif constitue une aubaine, un accélérateur pour des locataires qui attendent parfois de longues années avant que leur demande de mobilité ne soit satisfaite. Sur les 213 500 demandes d’un logement social recensées fin janvier 2025 en Occitanie, 29% concernent des demandes de mutation (27% dans l’Hérault et 32% dans le Gard). Cette initiative se révèle également vertueuse pour les bailleurs, car elle crée « un mouvement supplémentaire » dans un contexte où « les taux de vacance, qui permettent d’amorcer une rotation, n’ont jamais été aussi bas (moins de 1%) », souligne Gilles Dupont, directeur général d’Hérault logement, l’un des bailleurs associés au projet. « L’objectif est de rendre visible une offre aujourd’hui invisible. En tant que bailleur, nous ne communiquons pas, même si nous sommes au courant, sur les envies de partir des uns et des autres. Grâce à ce dispositif, c’est le locataire lui-même qui fera connaître sa volonté de changement. Cela va créer du flux, un mouvement de libération de logements qui viendra s’ajouter aux efforts déjà réalisés par les bailleurs », poursuit-il. Un autre de ses collègues y voit également un moyen « d’inciter les locataires à entretenir leur logement s’ils doivent un jour mettre des photos en ligne dans la perspective d’un échange ».

    * http://place-du-logement-occitanie.fr

  • Une ONG proche de Ménard dans le viseur pour complicité de crimes en Syrie

    Une ONG proche de Ménard dans le viseur pour complicité de crimes en Syrie

    L’ONG SOS Chrétiens d’Orient a été perquisitionnée cette semaine dans le cadre des investigations menées depuis la fin 2020 en France pour complicité de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en Syrie », a indiqué samedi 27 septembre le Parquet national antiterroriste (Pnat).

    Sans forcément connaître cette ONG, les Biterrois ont eu affaire à elle. Le 12 novembre 2014, était créée à Béziers l’association SOS Maaloula, dont l’objectif était d’aider à la reconstruction du village syrien du même nom avec lequel la Ville de Béziers venait de se jumeler. Elle était présidée par Gérard Duguay, ancien para et proche de Robert Ménard. « …des populations entières du Moyen-Orient sont persécutées par des fous d’Allah en raison de leur foi. Les chrétiens sont particulièrement menacés. Face à ces persécutions, la municipalité de Béziers ne peut rester inactive », écrivait alors le service communication du maire, élu en mars 2014. Robert Ménard s’est d’ailleurs rendu dans ce village pendant cinq jours en octobre de la même année, avec le directeur de SOS Chrétiens d’Orient, Benjamin Blanchard. Le maire de Béziers n’y cachait pas avoir « une obligation à défendre le régime » de Bachar Al-Assad. Maaloula est un village en majorité chrétien pris en septembre 2013 par des groupes djihadistes et libéré le 14 avril 2014 par l’armée syrienne aidée du Hezbollah. Mais ce dernier « détail » a échappé à l’association chrétienne dont les fondateurs sont tout juste reposés de leur combat contre le mariage pour tous. L’instrumentalisation de ce village par Chrétiens d’Orient comme par sa déclinaison locale biterroise SOS Maaloula n’est pas une première. Le dictateur syrien lui-même y avait installé un institut de la langue araméenne (langue biblique) pour vendre l’idée d’une Syrie « creuset des civilisations ». Or la bataille de Maaloula, montée en épingle bien que fait mineur de faible importance stratégique -le village n’a jamais été administré par les djihadistes- va devenir, grâce à SOS Chrétiens d’Orient dont les deux créateurs sont d’anciens assistants parlementaires de l’extrême droite, l’argument massue contre l’aide occidentale aux rebelles.

    « Ressusciter les vignes

    du Christ »

    À Béziers, un des projets n’est rien moins que de « ressusciter les vignes du Christ » à Maaloula. Cela se terminera en fiasco dans un pays qui fait plus de pâturages que de vin et où la moitié des 57 000 pieds de vignes ont gelé. Vont se succéder concerts, spectacles son et lumière « Martyre et espérance des chrétiens d’Orient, de Saint-Paul à nos jours », soirée à Zinga Zanga, la grande salle de spectacle de Béziers, remise de chèque à SOS Chrétiens d’Orient… tout cela la plupart du temps dans des salles municipales… L’association n’en fait pas mystère, remerciant lors de ses assemblées générales le maire et les élus « qui nous fournissent aide et appui logistique ».

    Ce qui interpelle en tout cas la Cour régionale des Comptes dès 2014 ce sont ces 10 000 euros pris dans la caisse de la cantine scolaire pour financer SOS Maaloula. Gérard Duguay
    s’en est défendu auprès de Médiapart, déclarant que 70 000 euros ont été récoltés par l’association « dont près d’un tiers sous forme de subventions liées aux associations ».

    De l’argent en partie pris, donc, au contribuable par l’intermédiaire de SOS Maaloula pour financer SOS Chrétiens d’Orient sous le coup, depuis 2020, d’une enquête due à sa proximité avec des miliciens chrétiens pro-Assad accusés de crime de guerre.

    Enquête du parquet national antiterroriste

    L’enquête du Parquet national antiterroriste vient donc de franchir un cap avec les perquisitions organisées par ce service. Charles de Meyer, président de l’association créée en 2013 et maurassien (royaliste d’extrême droite) revendiqué, a confirmé à l’AFP les perquisitions, qui ont visé notamment son ordinateur. SOS Maaloula, dont le maire de Béziers est à l’origine avec le soutien de ses élus et celui de la Ville, a continué à soutenir SOS Chrétiens d’Orient même après 2020, quand elle a été l’objet d’une enquête antiterroriste.