Tag: Hérault

  • À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    Une mobilisation en demi-teinte. Voilà comment on pourrait résumer celle qui s’est déroulée à Béziers, le 2 décembre. Quelques têtes présentes néanmoins, à l’image des autres rassemblements ayant eu lieu dans le département de l’Hérault à l’instar de Montpellier et Nîmes. Pourtant, la colère gronde. « Nous dénonçons ce budget de 2026. Toutes les mesures qui avaient été arrachées pour taxer les grandes entreprises et les ultra-riches viennent d’être enlevées par la droite et l’extrême droite au Sénat. Et on continue la casse des services publics, de démanteler l’hôpital, etc. », déclare Sébastien Perret, de l’Union locale biterroise de la CGT.

    Mais force est de constater que le gouvernement n’envisage pas de bouger d’un iota sa politique de l’offre. « Le problème, c’est qu’il n’y a aucune volonté de faire payer les riches. Quand on voit tous les dividendes distribués, que Bernard Arnaud fasse des milliards de profits en une journée et qu’on vienne taxer les chômeurs et baisser les aides des plus précaires, c’est scandaleux, ça met en rage », soutient Françoise Le Bris, secrétaire de Solidaires Béziers. Et s’il ne semble pas avoir de l’argent pour réduire les inégalités et permettre ainsi une meilleure redistribution dans la société, l’argent devient magique dès qu’il s’agit de défense, en témoignent les dernières déclarations d’Emmanuel Macron, jouant les petits chefs de guerre. « La guerre fait taire les révoltes, participe à une vision selon laquelle la nation doit se ranger derrière un chef. Tout est fait dans ce sens, le retour du service militaire, etc. », poursuit Françoise Le Bris.

    « On continue… »

    Mais au vu du faible nombre de personnes regroupées devant la Bourse du travail, la mobilisation a du plomb dans l’aile – même si la pluie en explique une partie. « Aujourd’hui, les gens ont tellement la tête sous l’eau qu’il devient compliqué de les mobiliser », reprend Sébastien Perret. Le contexte des fêtes de fin d’année doit également peser sur le portefeuille. À cela s’ajoute la résignation à la vue des actions menées par Emmanuel Macron. « Les gens se disent que ça ne sert plus rien. On a l’impression que quoiqu’on fasse, ça ne marche pas, ils passeront en force. Il n’y a rien qu’à voir les résultats des législatives de 2024 », analyse Françoise Le Bris.

    Pour autant, les syndicats gardent espoir. « On continue à se battre. À la sortie de la guerre 39-45, tout ce que nous avons obtenu, c’est grâce au rapport de force. Alors qu’il n’y avait plus d’argent, que le pays était à reconstruire, on a réussi à créer la Sécurité sociale en deux ans », fait valoir Sébastien Perret. La lutte continue.

  • « En 30 ans le regard que porte la société sur la pauvreté a changé »

    « En 30 ans le regard que porte la société sur la pauvreté a changé »

    La Marseillaise : Ce rapport met en lumière 30 ans d’augmentation de la pauvreté en France…

    Jean-Marie Brugeron : En effet la pauvreté s’est nettement intensifiée. Plusieurs chiffres en attestent : le niveau de vie médian des personnes que nous accueillions est passé de 658 euros en 2014 à 565 euros en 2024. 95% des ménages accueillis vivent sous le seuil de pauvreté (1 316 euros) et 74% sous le seuil d’extrême pauvreté (+11 pts entre 2017 et 2023). Nous recevons par ailleurs beaucoup plus de personnes sans aucune ressource : de 10% en 1994, leur proportion est passée à 26% (24% dans l’Hérault). Cela s’explique par les difficultés à bénéficier des aides, l’accès aux droits étant de plus en plus compliqué (38% de non-recours au RSA des ménages éligibles français en 2024) et par le fait, également, que de plus en plus de gens sont sans droits, notamment les étrangers, qui se présentent dans nos accueils car privés de tout moyen d’avoir un revenu quelconque.

    Les femmes et les enfants sont en première ligne de cette pauvreté ?

    J-M.B. : En 2024, les femmes représentent 56% des personnes rencontrées (58% dans l’Hérault). Elles étaient déjà majoritaires en 1994, mais on enregistre une augmentation de + 5 points en 30 ans. Dans l’Hérault, on compte 27% de mères isolées, dont les trois-quarts vivent dans l’extrême pauvreté. Les enfants, qui représentent 39% des personnes soutenues, sont ainsi les premières victimes de la pauvreté subie. Le rapport montre également une pauvreté davantage liée à des problèmes de santé ou de handicap. En 1999, 15% des personnes qui se présentaient avaient des problèmes de santé ; elles sont 23% en 2024.

    Ces 30 dernières années,
    la pauvreté a également
    pris de nouveaux visages…

    J.-M.B. : Oui, on a notamment vu apparaître une nouvelle catégorie qui n’existait pas en 1994 : les travailleurs pauvres. Auparavant, les personnes qui avaient un travail arrivaient à peu près à subvenir aux besoins de leur famille. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, à cause des temps partiels, de l’intérim, des saisonniers… Mais même un CDI ne vous exonère pas d’être pauvre : 28% des personnes accueillies en 2024 ont un CDI (17% dans l’Hérault, contre 5% en 2000).

    Par ailleurs les ménages étrangers sont de plus en plus nombreux (52,7% des adultes accueillis en 2024 contre 20% en 1994), de même que les seniors, dont la part a plus que doublé en 30 ans (de 3% en 1994 à 7% en 2024). Enfin, la pauvreté rurale a gagné du terrain. Ce sont souvent des personnes âgées, mais ce aussi des jeunes qui, on le voit bien dans l’arrière-pays héraultais, vont chercher des logements moins chers.

    La pauvreté n’est pourtant pas une fatalité ?

    J.-M.B. : On est passé, en 30 ans, d’une pauvreté conjoncturelle à une pauvreté structurelle. Cette évolution est en lien avec les politiques publiques. Selon la Cour des comptes, sans redistribution le taux de pauvreté ne serait pas de 15,4% en France, mais de 21,7%. Donc les politiques de redistribution fonctionnent. Mais lorsqu’on réforme le chômage dans le sens où cela a été fait, ça provoque une hausse des personnes non indemnisées. Lorsqu’on interdit aux sans-papiers de travailler, ça accroît la précarité. La société aujourd’hui est plus dure pour les plus fragiles et le regard qu’elle porte sur la pauvreté a changé.

    Qu’est-ce qui a changé ?

    J.-M.B. : En 1994, on considérait qu’on se devait d’aider les pauvres, qui étaient les laissés-pour-compte de la croissance.

    Aujourd’hui, on considère que s’ils sont pauvres, c’est de leur faute. On culpabilise les pauvres et on dénonce les étrangers. Le paradoxe dans tout ça, c’est que les Français sont tout de même attachés à la solidarité nationale, puisque 53 % d’entre eux se disent favorables à une augmentation du RSA. Reste qu’il y a un changement de regard qui est profond.

    Quelles sont les actions proposées par le Secours catholique ?

    J.-M.B. : On agit sur différents leviers : le soutien scolaire, les cours de français pour les personnes étrangères ; l’accès à une alimentation digne ; la lutte contre l’isolement à travers les cafés solidaires pour les migrants ou les actions dans les Ehpad ; la lutte contre le non recours aux droits ; et l’accueil des SDF, notamment sur Montpellier avec la Halte solidarité qui fait l’objet d’un gros projet de rénovation. Ce qu’on souhaite, c’est montrer qu’un autre regard est possible pour mieux vivre ensemble.

  • [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    La Marseillaise : Au fil des années, cette loi a été modifiée et le principe de laïcité dévoyé ?

    Nicolas Cadène : Les dernières propositions de sénateurs ou de députés LR sont, en la matière, totalement contraires au principe même de la laïcité. Elles s’opposent à ses fondements puisqu’elles ne ciblent qu’une catégorie de la population, qu’une catégorie de croyants, en demandant en l’espèce l’interdiction de certaines pratiques cultuelles d’une seule religion : l’islam. Cela rompt avec le principe d’égalité que pose la laïcité. Cela rompt aussi avec le principe de liberté en restreignant la liberté de religion sans motif objectif. Enfin, rappelons que la neutralité ne s’impose qu’à l’administration publique et non aux citoyens. Ainsi, lorsque ces parlementaires veulent interdire le port du foulard ou du voile dans la rue, ils s’opposent au principe de laïcité.

    Pour des raisons électoralistes ?

    N.C. : Il semblerait, car ils surfent sur les peurs et les émotions pour attirer un électorat. Cela est favorisé par une information insuffisamment plurielle, qui fausse le débat public. Quand ces peurs sont diffusées très largement, en particulier par des médias mainstream et même du service public, les idées les plus sombres et les logiques de division de la population, ciblant pour l’essentiel les Français de confession musulmane, infusent dans l’opinion. Et ce d’autant plus qu’elles sont justifiées, à tort, par une laïcité dévoyée. Loin de chercher à élever le débat, à dénoncer ces instrumentalisations, ces clichés, beaucoup de responsables politiques préfèrent aller dans le sens de l’opinion facile.

    Avec le risque d’exclure une catégorie de la population et de provoquer un repli communautaire…

    N.C. : Évidemment. Ces propositions sont totalement contre-productives puisqu’elles ne font que stigmatiser davantage cette population, ce qui ne peut qu’aboutir à son repli encore plus net. Si on exclut une partie de la population du cadre commun, celle-ci va évidemment se replier sur une communauté de solidarité. De plus, le fait de poser des interdits sans justification objective réelle rend possible, demain, de poser des interdits à l’encontre de toute opinion qui ne serait pas considérée comme majoritaire, et qui serait considérée comme à bannir par le camp au pouvoir. C’est très dangereux et cela bafoue nos principes fondamentaux. Pourtant, c’est un discours que l’on entend régulièrement et qui n’interroge plus. C’est sans doute le plus inquiétant : ça ne choque plus grand monde.

    Comment se battre contre toutes ces dérives et réaffirmer
    ce principe de laïcité
     ?

    N.C. : Si vraiment on veut se battre pour la laïcité et si ces responsables politiques étaient véritablement fidèles à la laïcité, ils s’assureraient par exemple qu’il y ait des offres publiques laïques partout sur le territoire. Ils s’engageraient pour un soutien massif à l’enseignement public pour éviter le séparatisme scolaire, pour éviter qu’il n’y ait plus de mixité sociale dans les écoles, ce qui conduit évidemment à des replis communautaires. Pourtant, alors qu’ils ne soutiennent pas ces offres, ils s’étonnent ensuite que, dans certains quartiers ségrégués, il y ait des replis communautaires ! C’est trop facile. Ils se disent laïques mais ils dissocient question laïque et question sociale. Pour revenir à la polémique sur le voile et les jeunes filles, s’ils veulent vraiment protéger ces dernières, pourquoi refusent-ils de donner plus de moyens aux services sociaux et à l’aide sociale à l’enfance, qui peut sanctionner tout abus de la part des parents ?

    Pour réaffirmer le principe de laïcité, des contrats d’engagements républicains ont été mis en place à destination des associations. Une bonne chose ?

    N.C. : Cela émane de la loi dite « Séparatisme » de 2021. Le fait que les engagements républicains soient respectés n’est pas un problème. Le problème c’est la définition que l’on donne à ces engagements. Par exemple, le septième engagement n’est pas très clair et parle de « respecter les symboles de la République ». L’interprétation peut être très large. Si dans un festival, quelqu’un joue une chanson qui se moque de La Marseillaise – comme l’ont fait beaucoup de chanteurs – est-ce que l’association organisatrice sera sanctionnée ? Heureusement, à ce stade, les juges qui ont eu à se prononcer sur certaines interprétations trop larges par certains préfets, ont cassé les sanctions. Mais il faut être très vigilant pour ne pas tomber dans une sorte de suspicion généralisée et finalement dans la mise à mal du tissu associatif qui pourtant fait énormément pour l’intérêt général. C’est un partenaire majeur qu’il faut renforcer plutôt que suspecter.

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.

  • Occitanie : Robert Ménard, une dernière crèche et puis s’en va ?

    Occitanie : Robert Ménard, une dernière crèche et puis s’en va ?

    Et une atteinte de plus. Comme chaque année, le maire d’extrême droite de Béziers Robert Ménard inaugurera la crèche de la nativité dans l’enceinte de la mairie, le 29 novembre. « Il le fait sciemment, il viole en toute connaissance de cause la loi de 1905 et son article 28. Or, il a été condamné sept fois, ce qui traduit une volonté politique de porter un coup à la laïcité », soupire Christophe Benoît, de la Libre pensée. En effet, cette loi de séparation de l’Église et de l’État interdit tout symbole religieux dans les bâtiments publics. Mais l’édile persiste et signe. La dernière condamnation du multirécidiviste remonte à février 2025, le tribunal administratif de Montpellier ayant annulé un arrêté municipal pris en mai 2023 autorisant ladite installation.

    Pourtant, l’homme semble être dans les petits papiers de l’État. « Il y a un silence du préfet depuis 2019 qui laisse faire Ménard qui a pourtant été condamné trois fois depuis. Nous avons donc saisi le préfet car il est garant de la légalité des actes des collectivités locales. Il pourrait prendre un déféré préfectoral pour annuler la crèche et faire respecter la loi », poursuit Christophe Benoît. Alors, face à l’absence de réactions des pouvoirs publics, 18 organisations – à l’initiative de la LDH, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa – appellent à un rassemblement, le 29 novembre, à 16h30, devant la mairie – le même jour de l’inauguration par le maire d’extrême droite.

    « Si Robert Ménard réitère, nous déposerons un recours sur le fond cette année encore car on ne lâche pas. Sur le long terme, on voit que c’est utile puisque la jurisprudence du Conseil d’État [de 2017] permet de condamner les atteintes à l’article 28 de la loi 1905 et de donner une lecture juste de cette loi », insiste Christophe Benoît. Néanmoins, un travail de longue haleine et semé d’embûches pour ces associations. Mais, les municipales approchant et Ménard n’étant pas certain de remporter un troisième mandat, la laïcité sera-t-elle bientôt respectée à Béziers ?

  • A Montpellier, le futur musée des tout-petits est bien avancé

    A Montpellier, le futur musée des tout-petits est bien avancé

    Des formes, des couleurs, des matières pour libérer l’imaginaire. Un musée « où on peut toucher à tout. C’est le contraire de ce qu’on peut faire dans les autres établissements culturels muséaux. Ici tous les projets sont imaginés à hauteur d’enfant, avec en filigrane la notion de jeu car c’est par elle que l’apprentissage va commencer », explique, à l’occasion d’une visite de chantier le 21 novembre, Lydie Marchi, directrice de ce futur centre d’initiation à l’art pour les 0-6 ans.

    Impulsé par la Ville de Montpellier en collaboration avec le centre Pompidou à Paris, mille formes Montpellier ouvrira ses portes le 6 février prochain dans la partie sud de l’ancienne médiathèque Fellini, à l’articulation entre le centre commercial Polygone et le quartier Antigone. 1 000 m2 dont 750 dédiés à l’accueil des publics, répartis sur deux niveaux. L’aménagement de cet espace et sa scénographie ont été confiés à l’architecte designer et artiste plasticienne Sara de Gouy, coutumière de projets avec et pour les enfants.

    « offrir tous les possibles en termes d’imaginaire »

    S’il manque encore les finitions pour appréhender dans sa globalité ce « bâtiment-œuvre », le lieu a commencé à prendre formes et couleurs. Certains passants curieux tentent même déjà de pousser la porte… « L’idée est que cet espace offre tous les possibles en termes d’imaginaire pour les enfants. On est sur quelque chose de très ouvert, qui reste poétique », livre Sara de Gouy.

    Dès l’entrée, les enfants et leurs parents enlèveront leurs chaussures pour se mouvoir sur un sol au revêtement souple, un peu mou, pensé pour les pieds nus. L’œil sera inévitablement attiré par un grand escalier-toboggan jaune vif, qui permettra de rallier le premier étage composé d’une galerie d’exposition pour les 2-6 ans, d’un mini-musée, d’une salle appelée « boîte bleue » dédiée aux arts vivants, d’une cabane de lecture et d’un espace à destination des bébés de 0 à 2 ans, avec des installations textiles, des choses à toucher, des suspensions type mobiles. Au rez-de-chaussée, les visiteurs en culottes courtes et leurs accompagnants profiteront d’un espace atelier pour les 0-2 ans, d’un café où se restaurer mais aussi d’un espace de repos où se poser, simplement.

    Entièrement gratuit, ce centre d’art pour les tout-petits situé dans un endroit très passant, à quelques pas d’un arrêt de tram et d’un centre commercial, espère attirer des publics qui ne franchiraient pas forcément spontanément les portes d’un musée.

  • Solidarité Paysans lance une campagne de dons

    Solidarité Paysans lance une campagne de dons

    C’est un cri d’alarme. Écartelée entre « une réduction de plus en plus importante des soutiens publics » et « une détresse qui ne cesse de grandir dans le monde agricole », résume Mélanie Vandecasteele, l’association Solidarité Paysans Occitanie n’a d’autre choix que de se tourner vers le grand public en lançant sa première campagne de dons destinée à sauvegarder ses actions.

    La structure fait partie d’un réseau national d’associations, portées pour la plupart par des bénévoles issus du milieu agricole qui accompagnent et défendent bénévolement les agriculteurs et agricultrices en difficulté qui les sollicitent. « On propose un accompagnement global car dans ce genre de profession, le plus souvent, tout est imbriqué : le personnel, le familial et le professionnel », explique Mélanie Vandecasteele. « Parfois on accompagne les gens dans des démarches administratives, des problèmes par rapport à la PAC ; ça peut aussi être des grosses difficultés économiques qui nécessitent d’aller voir le banquier. On les accompagne également devant les tribunaux en cas de redressement judiciaire, par exemple. Il y a aussi le soutien moral et les droits sociaux, car beaucoup d’agriculteurs ne demandent pas le RSA alors qu’ils y sont éligibles. Enfin parfois on intervient dans le cadre de conflits de voisinage, de séparations, de problèmes de santé… », liste la représentante de Solidarité Paysans Occitanie, qui fait état d’un mal-être grandissant : « deux-tiers des personnes qui nous sollicitent présentent des signes de souffrance psychologique ».

    La situation des agriculteurs se dégrade partout en Occitanie, « particulièrement exposée aux aléas climatiques de toutes sortes », et n’épargne aucune filière. Actuellement, l’association accompagne 350 paysans et paysannes en difficulté par an, « soit 80% de plus qu’en 2020 ». Dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales, le Gard, l’Aveyron ou encore le Tarn, « le nombre d’accompagnements a progressé de 25% et plus ».

    Alors que l’aide apportée par Solidarité Paysans Occitanie n’a jamais été aussi nécessaire, les coupes budgétaires mettent à mal ses capacités d’action (de 55% à 26% de financements publics en 2 ans). Aussi, l’association a décidé d’interpeller directement le grand public à travers une campagne de dons* pour « aider à maintenir les fermes et celles et ceux qui nous nourrissent ».

    * Les dons peuvent être effectués sur Hello Asso : « L’agriculture sans solidarité, c’est trop dur ! » ou par chèque adressé au siège régional : 6 bis rue des Gardons 30 350 Maruéjols-lès-Gardon.

  • Un rapport sénatorial pour sortir de la crise

    Un rapport sénatorial pour sortir de la crise

    La filière est dans une situation compliquée. Il nous paraissait essentiel de faire ce travail en définissant les enjeux et – sachant que la viticulture française est très hétérogène – de trouver les moyens d’une union », s’alarme Henri Cabanel, sénateur héraultais du groupe RDSE. Épaulé par ses collègues Sébastien Pla (Aude) et Daniel Laurent (Charente-Maritime), ces derniers ont publié un rapport d’information pour sortir la viticulture de la crise.

    Une crise structurelle, tout d’abord, en témoigne la dégringolade de la consommation de vin chez les Français, passée de 135 litres par habitant en 1960 à 41 litres en 2023. À cela s’ajoute le dérèglement climatique, entraînant des périodes de sécheresse et donc de déficit hydrique dans certaines zones viticoles, impactant les récoltes. « La crise est également conjoncturelle, depuis le premier mandat de Trump, en 2020, et son litige avec Airbus, il y a eu une volonté de punir la France en la surtaxant. Puis se sont ajoutées la crise sanitaire, la guerre en Ukraine », énumère Henri Cabanel. Également pointés par les auteurs, le « manque de stratégie nationale du pays et l’affaiblissement de l’image que représente la France dans le vin au niveau mondial ».

    L’arrachage boudé

    Alors, pour pallier la situation, les sénateurs proposent 23 recommandations. Au premier rang desquelles, la question du revenu, principale revendication des agriculteurs. Les auteurs demandent donc aux négociants de publier les indicateurs des coûts de production, prévus dans la loi Egalim. « Comme ce ne sont ni les mêmes vins donc ni les mêmes coûts de production, il était difficile de trouver des moyens qui nous permettent de définir des coûts communs. Nous avons donc souhaité que certaines appellations ou bassins viticoles – notamment les IGP Pays d’Oc – se lancent là-dedans. Appliquer la loi Egalim permettra d’être au plus près du juste prix. Ça ne permettra pas de sortir les viticulteurs de l’impasse dans laquelle ils sont mais ça leur apportera un plus », soutient Henri Cabanel. Tout comme le développement de cépages résistants pour faire face au dérèglement climatique.

    Face à la chute de la consommation, les sénateurs prônent une simplification de la communication en mutualisant les interprofessions. « Malgré les efforts de la filière, le consommateur s’y perd entre les AOC, les AOP. Nous proposons de tout réunir sous une “bannière France”. On ne va pas relancer la consommation française mais il faut la stabiliser. Aussi, il faut s’adapter aux nouveaux goûts de la jeunesse, avec des vins plus légers, plus frais, plus désalcoolisés. Et à l’export, il faut chasser en meute. »

    Surtout, les auteurs du rapport plaident pour la fin de l’arrachage à outrance, fer de lance du gouvernement pour répondre à la crise. « Il y a 30 ans, nous avions 850 000 hectares de vignobles, aujourd’hui 750 000 et demain moins de 700 000. Mais la crise perdure, il faut arrêter. La consommation est au plus bas mais elle finira par remonter. Il faut donc garder un peu de réserve foncière pour planter », observe Cabanel. Des recommandations à destination des acteurs afin de définir une stratégie globale. Pour l’occasion, les parlementaires poussent à la création des Assises de la viticulture, « afin que tout le monde se parle et que tous les acteurs puissent gagner leur vie ».

    « On a arraché 100 000 ha en 30 ans. Mais la crise perdure, il faut arrêter »

  • [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    Face aux horreurs des guerres, les populations civiles sont les premières impactées. Des drames et des tragédies que le Département de l’Hérault a voulu mettre en lumière avec sa nouvelle exposition au domaine Pierrevives, jusqu’au 9 mai 2026. Intitulée « Vivre la guerre en Hérault », celle-ci explore le quotidien des habitants durant la Seconde guerre mondiale. L’occupation, les rationnements, la répression, la collaboration, la résistance : aucun aspect n’est oublié, tous représentés par une multitude d’objets et de documents d’époque.

    L’exposition est découpée en quatre parties thématiques. La première, « Sauver », s’attache à montrer la défaite française sous un angle politique. « C’est une sorte de face-à-face entre Pétain et de Gaulle. On montre comment Pétain, qui au départ jouit d’une opinion plutôt favorable et est vu comme le sauveur de la France, l’homme providentiel, va au fur et à mesure devenir le traître », détaille Véronique Sassetti-Aguilera, conservatrice du patrimoine en chef aux Archives départementales de l’Hérault et commissaire de l’exposition. L’inverse de de Gaulle, vu d’abord comme un traître par les institutions avant de devenir l’homme providentiel.

    Un salon reconstitué

    Très vite, le régime de Vichy se met en place et débute avec lui la collaboration avec l’occupant allemand. Un climat de terreur s’installe et il faut donc « Survivre » pour beaucoup d’Héraultais. « On traite des difficultés de ravitaillement, on reconstitue l’intérieur d’un salon des années 1940, on expose des objets insolites comme un poste TSF, des documents de propagande », poursuit Véronique Sassetti-Aguilera. L’absence des prisonniers de guerre puis la mise en place du STO viennent compléter ce sombre tableau. « Il y a vraiment un aspect peur et discrimination puisque Vichy est une administration pléthorique qui enquête sur tout, surveille tout le monde. C’est vraiment un État autoritaire pratiquant des révisions de naturalisation, des lois antisémites, etc. », insiste la commissaire d’expo.

    Dès lors, les Héraultais se sont tournés vers la Résistance ? Pas vraiment, comme le montre la troisième partie, « Collaborer vs résister ». « C’est une période trouble, les choix de collaboration ou de résistance sont exceptionnels, la majorité de la population ne se positionne pas. Elle fait ce qu’elle peut dans un sens ou dans l’autre, en fonction des opinions, parfois par opportunisme. La contingence du quotidien peut également jouer, quand le mari est prisonnier de guerre et que l’on doit nourrir sa famille, cela peut être difficile de se positionner. C’est de la réprobation ou de l’acceptation silencieuse », observe Véronique Sassetti-Aguilera, illustrant ces propos par des Héraultais allant acclamer Franco lors de sa rencontre avec Pétain à Montpellier, en 1941 – le maréchal avait d’ailleurs pris le soin d’interner préventivement des réfugiés espagnols installés à Montpellier au camp d’Agde – tout en écoutant Radio Londres. De l’autre côté, des parcours de vie de résistants locaux sont mis en lumière – notamment Laure Moulin – afin de montrer « qu’il n’existe pas de profil type du résistant ».

    Vient ensuite la fin de la guerre, la libération du département et la « Reconstruction ». « C’est refaire société après la fracture qu’a été la Seconde guerre dans la société française. Avec le travail d’épuration judiciaire et extrajudiciaire, la création de l’État providence, le retour des déportés et des prisonniers. Enfin le droit de vote des femmes et la construction de l’Europe et la réconciliation franco-allemande », énumère Véronique Sassetti-Aguilera.

  • Les Pères Noël verts reprennent du service

    Les Pères Noël verts reprennent du service

    Que Noël n’oublie personne. » Telle est la mission assignée, depuis 1976, par le Secours populaire français (SPF) à ses Pères Noël verts. « L’idée n’est pas de remplacer le Père Noël rouge, mais de lui donner un coup de main », résume Fabien Albert, secrétaire général du Secours populaire de l’Hérault. « Les Pères Noël verts vont aller chercher des moyens pour acheter des jouets neufs, les mettre à disposition des parents qui ensuite les récupéreront pour les glisser au pied du sapin. Comme ça les enfants n’ont pas vu le scénario qui se joue et tout le monde peut avoir un cadeau à ouvrir à Noël », poursuit-il.

    Rien de moins évident, hélas, par les temps qui courent. En effet, « d’après le dernier baromètre Ipsos/Secours populaire, près d’un parent sur deux (49%) éprouve de la honte de ne pas pouvoir offrir à ses enfants les cadeaux qu’ils souhaiteraient », souligne l’association, qui a lancé le 19 novembre sa tournée des Pères Noël verts. « Cela prend différentes formes : des entreprises qui se mobilisent et collectent des jouets, de préférence neufs ; des écoles où les enfants apportent leurs jouets qui ne sont plus utilisés mais en bon état ; des collectes dans les supermarchés ; ou encore de l’argent collecté par les troncs et grâce auquel on va acheter des jouets neufs qu’on remettra ensuite aux parents », détaille Fabien Albert. Sur les 32 000 personnes accompagnées par le SPF de l’Hérault, un tiers environ sont des enfants, qui pourront profiter de ce coup de pouce solidaire.

    « Des repas et goûters de Noël, des sorties et animations, des distributions de paniers festifs, des dons de jeux et jouets à destination des familles accompagnées par le Secours populaire sont prévues dans toutes nos structures. » À Montpellier, un repas de fin d’année à l’Hôtel de ville sera organisé le 14 décembre, « à destination de près de 300 personnes accompagnées et bénévoles ». Une initiative reproduite sur leurs territoires respectifs par l’ensemble des comités.

    Parmi les actions solidaires organisées dans le département d’ici les fêtes, de nombreuses braderies comme dans le quartier de Figuerolles, à Montpellier, où le local de l’antenne dédie une pièce aux jouets à prix solidaires (du 24 novembre au 18 décembre) ou dans les locaux du SPF 34 au Marché gare, où un grand déstockage est organisé le 6 décembre, de 9h à 14h. D’autres braderies auront lieu dans tout l’Hérault (Sète, 6 décembre, 9h-18h ; Frontignan, 5 et 6 décembre, 10h-17h ; Clermont-l’Hérault, 6 décembre, 9h-12h et 14h-17h ; ou encore une braderie permanente à Pézenas, où l’espace solidarité du centre-ville se transforme en boutique de Noël solidaire). Des opérations paquets cadeaux sont également organisées dans de nombreuses structures, comme à la Fnac de Montpellier du 27 novembre au 24 décembre.