Tag: Hérault

  • Réorganisation du greffe des Prud’hommes : l’action a payé

    Réorganisation du greffe des Prud’hommes : l’action a payé

    C’est un soulagement arraché de haute lutte. Dès son entrée en vigueur le 1er septembre, le président et le vice-président du Conseil des prud’hommes de Sète se sont dressés contre la réorganisation « à la hussarde » imposée à la juridiction.

    Suite au départ à la retraite, non remplacé, de la greffière en cheffe des Prud’hommes de Sète, portant l’effectif du greffe de 1,8 à 0,8 équivalent temps plein, cette réorganisation prévoyait la fermeture du conseil le mercredi, le transfert de l’accueil des justiciables vers un service unique au tribunal de proximité et la permutation de deux greffières sans lien avec leurs compétences respectives. La greffière jusque-là rattachée au service des tutelles du tribunal de proximité, étrangère à la procédure prud’homale, se retrouve mutée au greffe des Prud’hommes quand celle qui occupait ce poste depuis plusieurs années est affectée au service des tutelles… À charge pour elles de se former l’une l’autre, sur le tas.

    Face à ces décisions susceptibles d’affecter considérablement le bon fonctionnement des Prud’hommes de Sète, les chefs de la juridiction ont saisi le premier président de la cour d’appel de Montpellier, lequel a suspendu, dès le 3 septembre, la réorganisation des services de greffe dans l’attente d’une consultation du président et du vice-président du Conseil.

    Une baisse des effectifs

    De leur côté, les politiques locaux se sont également emparés du problème, via une motion votée unanimement par le conseil municipal de Sète et des courriers adressés, par le président de l’Agglomération de Sète et plusieurs maires, au premier président de la cour d’appel de Montpellier et au garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

    La mobilisation s’est avérée payante : l’administration est revenue à la fois sur la fermeture du conseil un jour par semaine et sur le transfert de l’accueil vers le tribunal de proximité de Sète. La permutation des greffières quant à elle, si elle est maintenue, est reportée au 1er janvier 2026. « Ces trois mois de répit vont permettre aux greffières de s’organiser pour échanger leurs savoirs faire et se former correctement à leurs nouvelles matières procédurales », estime le président salarié (CGT) du Conseil des Prud’hommes, Bertrand Lacabanne. « Cette temporisation signifie que nous avons été entendus sur le risque de dysfonctionnement des prud’hommes et du service des tutelles, mais aussi sur les risques psychosociaux auxquels les greffières auraient été exposées », poursuit-il. « La fin de l’année, très chargée en dossiers à audience et en décisions à rendre, permettra, nous l’espérons, de récupérer les dégâts causés par un mois et demi d’erreur, d’incertitude et de valse-hésitation de l’administration », insiste Bertrand Lacabanne, qui confie toutefois son inquiétude. Le greffe des Prud’hommes doit en effet faire face, malgré tout, « à une baisse d’au moins 33% des effectifs. Il y a déjà du retard qui a été pris et on pense qu’on va continuer à en prendre », confie-t-il. « Or la pérennité de notre conseil est assurée par ses bons résultats. Quand on fonctionne bien, on a moins tendance à être dans le viseur… »

  • Réorganisation du greffe des Prud’hommes : l’action a payé

    C’est un soulagement arraché de haute lutte. Dès son entrée en vigueur le 1er septembre, le président et le vice-président du Conseil des prud’hommes de Sète se sont dressés contre la réorganisation « à la hussarde » imposée à la juridiction.

    Suite au départ à la retraite, non remplacé, de la greffière en cheffe des Prud’hommes de Sète, portant l’effectif du greffe de 1,8 à 0,8 équivalent temps plein, cette réorganisation prévoyait la fermeture du conseil le mercredi, le transfert de l’accueil des justiciables vers un service unique au tribunal de proximité et la permutation de deux greffières sans lien avec leurs compétences respectives. La greffière jusque-là rattachée au service des tutelles du tribunal de proximité, étrangère à la procédure prud’homale, se retrouve mutée au greffe des Prud’hommes quand celle qui occupait ce poste depuis plusieurs années est affectée au service des tutelles… À charge pour elles de se former l’une l’autre, sur le tas.

    Face à ces décisions susceptibles d’affecter considérablement le bon fonctionnement des Prud’hommes de Sète, les chefs de la juridiction ont saisi le premier président de la cour d’appel de Montpellier, lequel a suspendu, dès le 3 septembre, la réorganisation des services de greffe dans l’attente d’une consultation du président et du vice-président du Conseil.

    Une baisse des effectifs

    De leur côté, les politiques locaux se sont également emparés du problème, via une motion votée unanimement par le conseil municipal de Sète et des courriers adressés, par le président de l’Agglomération de Sète et plusieurs maires, au premier président de la cour d’appel de Montpellier et au garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

    La mobilisation s’est avérée payante : l’administration est revenue à la fois sur la fermeture du conseil un jour par semaine et sur le transfert de l’accueil vers le tribunal de proximité de Sète. La permutation des greffières quant à elle, si elle est maintenue, est reportée au 1er janvier 2026. « Ces trois mois de répit vont permettre aux greffières de s’organiser pour échanger leurs savoirs faire et se former correctement à leurs nouvelles matières procédurales », estime le président salarié (CGT) du Conseil des Prud’hommes, Bertrand Lacabanne. « Cette temporisation signifie que nous avons été entendus sur le risque de dysfonctionnement des prud’hommes et du service des tutelles, mais aussi sur les risques psychosociaux auxquels les greffières auraient été exposées », poursuit-il. « La fin de l’année, très chargée en dossiers à audience et en décisions à rendre, permettra, nous l’espérons, de récupérer les dégâts causés par un mois et demi d’erreur, d’incertitude et de valse-hésitation de l’administration », insiste Bertrand Lacabanne, qui confie toutefois son inquiétude. Le greffe des Prud’hommes doit en effet faire face, malgré tout, « à une baisse d’au moins 33% des effectifs. Il y a déjà du retard qui a été pris et on pense qu’on va continuer à en prendre », confie-t-il. « Or la pérennité de notre conseil est assurée par ses bons résultats. Quand on fonctionne bien, on a moins tendance à être dans le viseur… »

  • 18 artistes invitent à une « immersion urbaine »

    18 artistes invitent à une « immersion urbaine »

    Après avoir fait découvrir les univers de street artistes de renommée internationale comme JonOne, Andrea Ravo Mattoni, M. Chat ou encore Miss Tic, Parcelles 473 s’apprête à accueillir, cette fois, une exposition collective qui réunira 18 artistes pour un voyage artistique inédit autour du recyclage et de la transformation des matériaux urbains. « Chacun aura un espace dédié à l’intérieur ou à l’extérieur du musée pour créer des œuvres qui lui sont propres. Une œuvre en commun sera également réalisée », explique la responsable médiation du lieu, Mary Laleu.

    Plusieurs phases rythmeront ce projet inédit baptisé « Immersion urbaine », à la fois immersif et évolutif. Du 15 au 30 octobre, les visiteurs pourront découvrir les artistes en plein travail, plonger dans les coulisses de la création. « Notre but est de rendre l’art accessible à tous et de créer un pont entre les artistes et les visiteurs. Le street art est un des arts qui s’y prêtent le plus », insiste Mary Laleu. Puis, à partir du 30 octobre à 18h (vernissage) et jusqu’au 1er mars 2026, le public pourra découvrir l’exposition, laquelle sera amenée à évoluer au fil du temps.

    Exposition en mouvement

    « Nous allons programmer des permanences le week-end avec les artistes pour qu’ils puissent poursuivre leur travail créatif. L’exposition ne sera donc pas la même en octobre qu’en décembre ou février. Elle sera toujours en mouvement  », explique Laurent Rigail, le fondateur du musée. « Ce sera un parcours à travers des installations complètement différentes mais avec un fil conducteur : le recyclage ».

    Pour rendre possible cette expérience, le musée met à disposition des artistes une collection de matériaux et objets récupérés : « Décors de théâtre, façades, murs, cabines téléphoniques, morceaux de voitures, pneus, valises, panneaux de signalisation… Autant de fragments de la ville qui serviront de base à des créations inédites, entre sculpture, installation, peinture et détournement ».

    Majoritairement montpelliérains, ces artistes mettront en lumière la diversité et la richesse de la scène street art locale. Certains se sont déjà fait un nom, d’autres pas encore. « On va avoir pas mal d’artistes émergents, dont quelques-uns, comme Bénédicte Voglio, dont c’est la première exposition. L’idée étant à la fois de perpétuer le travail de certains et d’offrir un tremplin à d’autres  », souligne Mary Laleu. À noter que les œuvres créées pour l’occasion ou réalisées sur place pourront être acquises tout au long de l’événement. Des animations seront également proposées, avec la complicité de certains artistes, autour du thème du recyclage et de la récupération.

    * 425 avenue des Frères Bühler

  • À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, Robert Ménard est un as de la communication. Notamment dans le domaine de la sécurité, son cheval de bataille. Multiplication des caméras, hausse des effectifs de police municipale après l’avoir armée, etc. Des annonces tonitruantes mais sans grands résultats. Le 22 septembre dernier, le maire d’extrême droite annonçait la création d’une brigade « anti-stup » composée d’une dizaine de policiers municipaux.

    Ces derniers devront donc patrouiller dans les rues afin de lutter contre les dealers et de dissuader le consommateur. Une mission qui n’est pas du ressort de la municipale à l’origine, seule la police nationale est compétente. En effet, les agents municipaux, placés sous l’autorité du maire, exercent principalement des fonctions de préservation de tranquillité publique, de surveillance du bon ordre et de prévention des troubles à l’ordre public. Et ne sont pas habilités à fouiller ou réaliser des contrôles d’identité. Mais des conventions de coordination des interventions de la police municipale et des forces de sécurité de l’État permettent de définir des missions complémentaires pour les agents municipaux.

    Des agents formés ?

    Ainsi, pour nombre de missions touchant à l’usage de stupéfiants et aux contrôles d’identité, la convention établit que « les agents de police municipale doivent pouvoir joindre à tout moment un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr.] », à savoir un policier national. Ou encore elle autorise le travail de nuit des municipaux. « Les conventions font des mises à disposition. Ce qui veut dire qu’ensuite, les policiers municipaux sont directement sous les ordres des OPJ. Ils rendent aussi compte au maire, mais les OPJ peuvent leur donner des missions. Comme ils les secondent dans les missions de police judiciaire, ça peut être sur des affaires de stupéfiants », détaille Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Un transfert de compétences qui s’explique notamment par le sous-effectif de la police nationale. « Sauf qu’il y a une augmentation des prérogatives mais pas des formations. Et donc si on augmente les prérogatives, si les policiers municipaux sont confrontés à une situation inhabituelle, ils ne sont pas formés pour la gérer. Par exemple, pour des techniques d’immobilisation, qui peuvent être dangereuses », poursuit Sophie Mazas. Les policiers peuvent se retrouver en danger ou des bavures arriver. Ce qui pose la question du recrutement, lequel repose sur des critères locaux laissés à l’appréciation des mairies.

    En somme, une brigade aux pouvoirs limités, mal formée, devant être encadrée par des policiers nationaux pour une efficacité restant à démontrer – la nouvelle escouade ne va pas s’attaquer aux têtes de réseau. Mais Robert Ménard aura fait parler une nouvelle fois de lui.

  • Lattes, un porte-drapeau féminin

    Lattes, un porte-drapeau féminin

    Elle est presque l’égérie du sport féminin de Montpellier à elle seule. Vice-championne olympique à Paris, un jeu à cœur ouvert, Romane Bernies, capitaine expérimentée et meneuse de Lattes, incarne le savoir-faire féminin d’un sport montpelliérain, où les hommes du MHSC, MHR ou MHB étalent leurs muscles depuis un quart de siècle pour le moins…

    À quelques jours de la reprise de la Ligue féminine de basket, elle exposait le nouveau maillot du BLMA (Basket Lattes Montpellier Agglomération) au côté de l’entraîneur Valéry Demory, du directeur général Olivier Ribotta et du nouveau président Vincent Garrigues.

    « On a changé le design pour que ce soit encore plus beau. Il y a un message fort derrière pour soutenir le sport féminin », soulignait-elle au sujet du nouveau maillot du club héraultais, lancé dans sa 25e saison d’affilée au plus haut niveau.

    Tout comme Gaëlle Skrela, avant elle, Romane Bernies (32 ans), arrivé dans l’Hérault à l’été 2017, se confond avec Lattes dans un sport, soumis à un branle-bas d’effectif permanent, et porte donc l’identité d’un club, désireux de revenir aux avant-postes d’une Ligue féminine ouverte aux changements.

    Dans un sport montpelliérain en pleine mutation, Lattes-Montpellier fait de sa singularité une force. Pour cela, pour la seconde année (2024), il a organisé Héraia. Une fête du sport féminin dans la Métropole à la Sud de France Arena dimanche 5 octobre. Une fête très réussie.

    Cette journée a été une porte ouverte sur la pratique sportive au féminin. Elle s’est bouclée par une victoire (75-70) de Lattes aux dépens de Villeneuve d’Ascq, championne de France en 2024 et vainqueur de l’Eurocoupe l’an passé, pour le compte de la seconde journée. Une victoire obtenue devant 8250 spectateurs. Un record pour un match de basket féminin.

    Sous l’impulsion du DG Olivier Ribotta, le club de la périphérie de Montpellier cultive son identité, s’ouvre sur le monde, sort de son cloisonnement et s’adapte à l’air du temps. Il a délocalisé cette rencontre dans l’écrin d’une salle de 8 000 sièges pour se faire une place aux yeux de tous. Tout comme le MHB, qui joue la plupart de ses affiches à l’Arena, il profite de ce « déménagement » pour attirer la lumière.

    C’est toujours ça, faute de mieux. La construction d’une nouvelle enceinte, envisagée par un ancien maire, appartient à un autre temps. Alors, le club héraultais pousse les murs de son pied à terre exigu de Lattes. Et grignote de l’espace pour porter la capacité d’accueil à 1 500 personnes.

    Le projet est là, les travaux devraient se finaliser au printemps prochain. À l’aube du play-off quand les affaires sérieuses débutent réellement pour Lattes et les autres candidats au titre. Pour faire mieux que les deux précédentes saisons, Lattes va devoir digérer le renouvellement de son effectif et tenir la distance d’une saison au long cours. Une saison où se mêlent une Ligue féminine dense et une Coupe d’Europe énergivore lancée dès le 8 octobre par un déplacement à Brno (République tchèque).

    Autre totem de Lattes : le manager Olivier Demory vise une place dans le quatuor de tête, mais reste mesuré sur son ambition. « On a aucune garantie au vu d’un groupe qui est très jeune », prévient-il. Outre Romane Bernies, il n’a préservé que deux autres joueuses : Nell Angloma et Garance Rabot, appelé récemment en équipe de France.

    L’expérimenté manager Valéry Demory (62 ans), qui entame sa 15e saison dans l’Hérault, doit rebâtir son équipe, façonner un collectif cohérent et dégager un état d’esprit conquérant. En gros, il repart une nouvelle fois de zéro. Les deux premiers succès à Charleville-Mézières et devant Villeneuve d’Ascq tracent la voie à un long marathon.

    Une majeure partie de l’effectif a suivi la loi du plus offrant dans un basket en perpétuel mouvement. À l’image de Tarbes, finaliste relégué, les clubs doivent réduire leur train de vie, avec une baisse globale des budgets de 6 %. Ils perdent ainsi leur attractivité face à la concurrence du championnat américain WNBA, mais aussi des autres ligues européennes.

    Lattes ne fait pas exception. Pour l’heure, il n’a plus les épaules assez larges pour retenir ses meilleures joueuses, privilégier la constance et figurer parmi les favorites. Au moment où Tarbes n’a pas été autorisé à repartir, au moment où Tony Parker annonce son départ de l’Asvel, Lattes serre les cordons de la bourse et fait preuve de pragmatisme dans un basket féminin qui tangue et demeure plus jamais aux mains des Tangos de Bourges. Le club français le plus titré fera face pour le moins à Basket-Landes, champion de France niché à Mont-de-Marsan et dirigé par Céline Dumerc. Et peut-être à Lattes et sa capitaine emblématique : Romane Bernies, désireuse de confirmer samedi à La Roche-sur-Yon.

  • [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    AESH

    Comment résorber la pénurie d’AESH ?

    Carole Drucker-Godard : Il en manque parce qu’il y a des notifications de la MDPH qui croissent plus vite que notre augmentation d’emplois AESH. À la rentrée, on a recruté 95 AESH dans l’Académie. Nous en avions déjà 7 000. C’est beaucoup. Donc, lorsqu’un élève a une notification individuelle de 24h par exemple, on va peut-être faire que 18h voire 12h et le reste du temps on va mutualiser l’accompagnement. Donc oui, il y a des cas d’élèves en situation de handicap qui ne sont pas encore accompagnés. Mais on fait quand même, je trouve, notre possible aussi pour améliorer le travail des AESH, pour les intégrer beaucoup plus comme membre à part entière de l’Éducation nationale.

    Choc des savoirs

    Le choc des savoirs a été beaucoup critiqué, notamment les groupes de niveaux…

    C.D.-G. : Le choc des savoirs est surtout caractérisé par les groupes de besoins en 6e et 5e mis en place il y a un an. Ça a été effectivement très critiqué parce que de toute façon, dès qu’on opère un changement, ça ne contente jamais tout le monde et c’est normal. Ça a été décrié parce qu’il était compliqué pour les chefs d’établissement d’organiser des enseignements « en barrettes » afin d’avoir des groupes à effectifs réduits. Globalement, c’est quand même plutôt positif. Ce qui plaît beaucoup, c’est qu’on a offert la possibilité à des enseignants d’avoir des effectifs réduits. On le sait, l’hétérogénéité dans les classes est nécessaire. Mais, quand elle est trop importante, on ne fait plus avancer personne, ni ceux qui ont des facilités, ni ceux qui sont en fragilité.

    Plusieurs dispositifs ont été abandonnés par Élisabeth Borne, n’est-ce pas un aveu d’échec ?

    C.D.-G. : La ministre a proposé aux chefs d’établissements d’ajuster ces groupes. Certains n’ont rien bougé parce que ça fonctionne très bien. Pour d’autres, c’était trop compliqué en termes d’organisation. On leur a donné la possibilité d’ajuster différemment en gardant les mêmes moyens. C’est quand même une bonne chose. Et pour les 4e, 3e, de toute façon, sur un plan ressources humaines, c’était difficile d’organiser exactement la même chose. Donc a été proposé aux chefs d’établissements d’organiser un « plan réussite ». En 6e et 5e, on a les groupes de besoins et en 4e, 3e, il y a moins de moyens mais en fonction des collèges et des résultats, on a parfois permis aux chefs d’établissements d’avoir un groupe supplémentaire.

    Professeurs

    Il manquait 2 500 profs pour cette rentrée en France, qu’en est-il dans l’Hérault et le Gard ?

    C.D.-G. : Je n’ai pas eu une rentrée difficile sur le plan des effectifs enseignants. La réunion avait été très bien préparée, bien avant mon arrivée. Donc, on avait dans le premier degré un enseignant devant chaque classe, une rentrée sereine avec une brigade de remplaçants assez conséquente quand même. Il en manquait un peu dans le second degré mais ça reste quand même assez faible c’est-à-dire que ce sont des formations de niche dans les lycées professionnels ou alors des disciplines en tension comme les langues, les mathématiques, les sciences. On a encore des ajustements qui se font : quand les enseignants ont des services partagés sur plusieurs établissements, parfois, il peut manquer 9 heures de mathématiques par-ci, 3 heures de physique par-là. Ce n’est pas idéal. Mais globalement, l’Académie est vraiment très attractive.

    Néanmoins, beaucoup parlent de crise de la vocation…

    C.D.-G. : De ce que je vois sur le terrain, je crois qu’on ne peut pas parler d’une crise de vocation. Je vous confirme que le métier est difficile, ils le disent tous. Mais l’année dernière, tous ceux que j’ai vus m’ont tous dit : « Par contre j’adore. » Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, on a des jeunes qui n’ont plus du tout envie de rester toute leur carrière dans l’Éducation nationale. Ils ont envie de changer de métier, il ne faut pas les retenir mais les accompagner. Donc la vocation est toujours là. Cependant, on attire un peu moins parce que oui, le métier est certainement plus difficile qu’avant. La réforme de la formation initiale peut pallier aussi ce manque d’attractivité en passant les concours à la fin de la licence, et non en 5e année.

    Sécurité

    Les violences dans les établissements, un phénomène en augmentation ou plus médiatisé ?

    C.D.-G. : Je pense qu’il y a vraiment les deux. On a aujourd’hui une culture du signalement avec des chefs d’établissements qui, dès qu’il y a un incident au sein de l’établissement, font ce que l’on appelle un « fait établissement », selon trois niveaux d’alerte. Aujourd’hui, on est informé de tous ces faits de violence dans les établissements donc forcément on en parle plus. Mais je pense quand même qu’il y en a plus. C’est la société, malheureusement. Les écrans doivent en expliquer une partie, tout comme la crise sanitaire. Il y a effectivement beaucoup de faits de violence. On a obtenu des moyens supplémentaires à la rentrée, 42 postes (32 AED et 10 CPE) qu’on a placés dans les établissements les plus sensibles, qui en avaient le plus besoin. On a donc ces contrôles visuels à l’entrée des collèges.

    Un bilan a été fait de ces opérations ?

    C.D.-G. : Ce sont parfois des ciseaux, des aérosols. Il y a quand même quelques couteaux qui ont été retrouvés. Dans ce cas-là, c’est conseil de discipline et signalement au procureur. Il y a aussi les fouilles de sacs devant les établissements en lien avec la préfecture, la justice. Les forces de police et les forces de sécurité viennent eux-mêmes fouiller les sacs, ils sont habilités. Il n’y a aucun personnel de l’Éducation nationale. Et en complément de cela, au sein même de l’établissement, nos personnels font ces contrôles visuels, ce ne sont pas des fouilles, mais viennent en complément avec vraiment une visée très pédagogique. L’élève ouvre lui-même ses affaires.

    LES SIX PREMIERS MOIS ?

    C.D.-G. : J’ai été vraiment accueillie très chaleureusement. Et puis je me suis assez rapidement insérée dans le territoire. J’ai fait mon bureau sur le terrain, j’ai eu à cœur d’aller 48 heures dans tous les départements dès ma prise de fonction pour essayer de bien comprendre chaque spécificité de chaque département, qui sont tous différents, ce qui fait aussi la richesse de cette académie. Une très grande diversité à la fois géographique, sociale. Je vois mon arrivée depuis six mois comme une grande chance, en fait.

  • Inclusion scolaire : « Un nombre inédit d’écoles nous ont alertés »

    Inclusion scolaire : « Un nombre inédit d’écoles nous ont alertés »

    « Jamais nous n’avons recensé autant de manquements », dénoncent, dans un communiqué commun, la FSU-SNUipp 34, le Snes-FSU 34, le Snep-FSU 34, le SNnuep-FSU 34 et SUD Education 34, qui ont déposé, le 6 octobre, une alerte sociale « pour dénoncer les conditions de travail dégradées des personnels de l’Éducation nationale, notamment en matière d’inclusion scolaire ».

    20 ans après le vote de la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la réalité semble bien loin du compte. « La loi a certes permis une prise en compte de ces élèves, mais cette ambition ne s’est pas accompagnée des moyens nécessaires », déplorent les syndicats mobilisés. « Depuis le premier jour de la rentrée, un nombre inédit d’écoles nous ont alertés sur le manque cruel de moyens financiers et humains à leur disposition. »

    Certains Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisé, chargés de gérer les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap) auraient notamment décidé, depuis la rentrée, « d’accompagner uniquement les élèves à fort besoin, donc relevant d’un accompagnement individuel, au détriment de ceux censés bénéficier d’un accompagnement mutualisé qui ont pourtant eux aussi besoin de cet accompagnement pour progresser », assure Clémence Cimier, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 34 et accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH).

    « Si les Pial priorisent les accompagnements individuels, c’est parce que la loi oblige à les accompagner. Alors que pour les élèves qui ont un accompagnement mutualisé, c’est beaucoup plus flou, donc plus difficile pour les familles de se retourner contre ça », confie l’AESH montpelliéraine. L’accompagnement mutualisé « consiste surtout en du scolaire  : reformuler des consignes, réexpliquer ce que l’enseignant vient de dire, etc. En accompagnement individuel, on va avoir des élèves beaucoup plus lourdement handicapés, qui ne sont pas forcément au niveau de la classe dans laquelle ils sont scolarisés  », détaille Clémence Cimier.

    « À l’école Léo Malet, où je travaille, sur 38 élèves notifiés pour un accompagnement individuel ou mutualisé, 15 n’ont aucun accompagnement. Et on ne parle que d’une école, imaginez à l’échelle du département… », illustre la représentante de la FSU-Snuipp, qui assure que des écoles sont concernées dans tout l’Hérault. « Privés de cet accompagnement, les enseignants doivent donc gérer à la fois les élèves en situation de handicap, les élèves non-lecteurs mais qui n’ont pas forcément d’accompagnement parce que les dossiers ne sont pas montés, les élèves allophones qui viennent d’arriver en France, les élèves dits “classiques”… ça devient trop. Tout ça entraîne de la souffrance, tant pour les enseignants que pour les AESH  », assure Clémence Cimier. « On n’a pas l’impression de ne pas pouvoir faire correctement notre travail ». Sans compter la fatigue  : « Accompagner uniquement les élèves qui ont des accompagnements individuels, donc des handicaps plus sévères, c’est une plus grande fatigabilité. Car on en accompagne plusieurs toute la journée, dans différentes classes, et ces enfants-là on ne peut pas les lâcher du regard, il faut être tout le temps là. Ils peuvent faire des crises, se jeter par terre, se frapper… », témoigne la représentante de la FSU Snuipp 34.

    « Le ministère porte la responsabilité de l’altération de la santé de ses personnels, qui tiennent seuls l’École à bout de bras, comme des conditions de scolarisation de tous les élèves, notamment ceux et celles porteurs et porteuses d’un handicap », estiment les syndicats mobilisés. Au lendemain de cette alerte sociale, ils « attendent des retours concrets, tant au niveau national qu’au niveau départemental ». « À l’aune des réponses reçues », ils « prendront leurs responsabilités quant aux suites à donner à cette alerte.  » Une rencontre était prévue jeudi 9 octobre avec la Dasen de l’Hérault.

  • Une épicerie étudiante gratuite à Béziers

    Une épicerie étudiante gratuite à Béziers

    Ces dernières années, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) effectuait périodiquement des distributions alimentaires sur le site universitaire délocalisé de l’université Paul Valéry à Béziers. Désormais, les étudiants de ce centre Du Guesclin disposent, de façon permanente, d’une épicerie gratuite.

    Porté par le Scum, ce projet a été inauguré le 25 septembre, à l’occasion de la journée d’accueil étudiante organisée sur le site. Aménagé au sein de la cafétéria, cet espace propose des produits alimentaires en libre-service et sans conditions. « La direction et les personnels du centre universitaire ont ajouté à ce lieu un espace de braderie gratuite de vêtements et petits objets du quotidien (verres, assiettes, couverts), où chacun peut donner ou récupérer », indique le Scum.

    Cette initiative a été rendue possible grâce à l’obtention, par le syndicat étudiant, d’une enveloppe de 14 000 euros allouée dans le cadre du budget participatif régional en 2024. Baptisé « Mobil’Up », le projet lauréat consistait en l’achat d’une camionnette destinée à permettre d’effectuer davantage de distributions alimentaires sur les campus montpelliérains, ainsi que sur d’autres campus de la région.

    « Désormais, le projet “Mobil’Up” s’étend et change de perspective puisqu’il permet l’ouverture et le réapprovisionnement d’une première épicerie gratuite étudiante », souligne le syndicat étudiant, qui ne compte pas s’arrêter là : « Nous projetons l’ouverture d’une nouvelle épicerie gratuite étudiante à Montpellier. » Une action qui viendra s’ajouter à la liste de celles déjà mises en place par le Scum pour cette année 2025-2026 : distributions ponctuelles de protections périodiques à la faculté de droit, distributions alimentaires régulières et, un vendredi sur deux, distribution de produits d’hygiène à la cité U La Colombière et de pain bio devant le resto U Triolet. Pour rappel, ce sont plus de 15 000 colis alimentaires qui avaient été distribués par le Scum durant l’année universitaire 2024-2025. « Mais nos initiatives de solidarité concrète ne suffiront pas à faire face à l’ampleur de la précarité étudiante », avertit le syndicat, qui dénonce « une baisse des Aides pour le logement (APL) à trois reprises depuis 2017 », concomitante de « plusieurs augmentations de frais d’inscription et de loyer, dont la dernière en date était de 100 euros par an dans les logements Crous de Montpellier. »

  • Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Au sortir de la crise Covid, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, en période d’inflation ou aujourd’hui de tensions internationales, « la réindustrialisation n’est pas une posture mais une volonté politique », assure Jalil Benabdillah. Dans une région qui accueille 45 000 habitants de plus chaque année, « il nous faut créer 22 000 à 24 000 emplois pour ne pas que le taux de chômage augmente », rappelle le vice-président régional délégué à l’économie.

    Une équation complexe qui passe forcément par la préservation ou, à défaut, la réorientation du tissu industriel occitan. Mais aussi la formation. « On est à l’écoute du besoin des filières. Il faut donner aux gens toutes les chances d’avoir un emploi, les former sur des emplois qualifiants, non délocalisables. »

    L’équivalent de 3,7% du PIB de l’Occitanie est dédié à la recherche-développement et à l’innovation, secteur qui concentre 50 000 emplois, 35 000 chercheurs. « On a les atouts pour générer de la valeur sur nos territoires. On a les moyens pour garder nos talents et améliorer notre attractivité », positive Jalil Benabdillah qui annonce qu’un « plan consacré à la réindustrialisation et à la résilience sera voté en novembre » par le Conseil régional.

    Renaissance du site SAM

    Voilà des années que la Région de Carole Delga agit à son échelle, notamment pour tenter de protéger les activités et les salariés menacés. Le poids de la présidente des Régions de France ne suffit pas toujours. Dans le bassin de Decazeville près de Rodez, la fonderie SAM a fini par fermer en 2021 après une longue bataille politico-sociale. Mais la Région n’a pas baissé les bras. L’été dernier, elle a racheté le site, l’a fait dépolluer et avec l’aide de l’État ou l’agence Arac, a déjà remis aux normes trois bâtiments (A, B, D) en vue d’une prochaine commercialisation. « Le groupe irlandais Paragon ID est intéressé par le bâtiment C. D’autres entreprises pourraient venir dès 2026, les discussions sont avancées », révèle Jalil Benabdillah.

    Du côté de la verrerie Owens Illinois de Vergèze (Gard), le combat n’est pas encore perdu mais mal engagé. « Il reste trois semaines pour qu’un verrier se manifeste, à ce jour nous n’avons pas de piste », concède le vice-président régional qui veille à maintenir le contact et un dialogue social permanent avec les syndicats et la direction. Quoi qu’il advienne, la Région, qui a déjà missionné un cabinet pour travailler sur 3 ou 4 hypothèses de réindustrialisation, ne lâchera pas l’affaire. « On accompagnera les salariés pour leur trouver du travail, une formation. Des propositions seront faites aux syndicats », promet Jalil Benabdillah.

    Port-la-Nouvelle a le vent en poupe avec l’éolien

    La Région s’active aussi en coulisses pour pousser les secteurs industriels émergents. À Port-la-Nouvelle (Aude), où les premiers flotteurs viennent d’être installés, 435 millions d’euros ont déjà été investis (une enveloppe de 55 ME va suivre) en faveur du parc d’éoliennes en mer. Dans le cadre de sa stratégie de « première région à énergie positive d’ici 2050 », l’Occitanie veut faire de La Nouvelle « le premier port de maintenance des éoliennes ». S’ajoute un soutien aux dossiers photovoltaïques à l’instar de ce nouveau projet de recyclage de panneaux qui devrait voir le jour en 2026 ou 2027 en Ariège. « Ce sont des activités créatrices d’emplois, on vise le marché nord-espagnol », révèle Jalil Benabdillah. Lequel cherche à convaincre les chefs d’entreprise de s’implanter dans les territoires plus ruraux.

    Dans les zones sinistrées aussi à l’image de Béziers au fort taux de chômage et de pauvreté. C’est là que se développe Genvia, futur géant de l’hydrogène dont certains s’impatientent du développement poussif. « Depuis 2021, 120 emplois ont déjà été créés, 80 le seront l’an prochain, 1 500 sont visés d’ici 2030 », liste l’élu lui-même chef d’entreprise qui appelle à la patience. « Le business plan et la réalisation peuvent être en décalage. Ce sont des process lourds avec des nouvelles technologies qui ont un temps de maturation », rassure-t-il. En gage, l’élu indique que 23 demandeurs d’emploi ont participé à la première session de formation Eden. Et que 19 contrats de professionnalisation ont été signés avec des entreprises partenaires.

  • Grève des marins contre le dumping en Méditerranée

    Grève des marins contre le dumping en Méditerranée

    C’est un coup de semonce. Les marins du navire Jean Nicoli de la compagnie Corsica Linea, assurant la desserte entre Sète et Bjaïa en Algérie, ont cessé le travail jeudi 9 octobre au matin. La raison de leur courroux : « nous venons de découvrir qu’après n’avoir rien dit pour l’ouverture de GNV dans ces conditions à Sète en saison sur l’Algérie, notre direction libère à présent sa ligne Sète-Bejaïa au profit de GNV, pour se repositionner sur Marseille et lui laisser le champ libre ainsi qu’à Corsica Ferries », précise dans un communiqué à la presse le responsable du syndicat CGT des marins de Marseille, Frédéric Alpozzo. « Ce repositionnement d’escale à Marseille réduit la fréquence du Service Public de Continuité territoriale entre Marseille et Propriano ». Et de dénoncer « un choix stratégique industriel, économique et social, incompréhensible sauf dans le cadre d’une entente entre armateurs contre l’emploi maritime national et les droits sociaux des marins sous pavillon français 1er registre ainsi menacé de disparaître, afin de se restructurer et de fusionner par la suite avec La Méridionale propriété de CMA CGM, sur la future desserte maritime de la Corse exclusivement et avec moins de Service Public. Des centaines d’emplois sont menacés, en Corse comme sur le continent ». Les marins exigent notamment le maintien de La ligne Sète-Bejaïa et des escales prévues en continu au programme initial 2025 avec le port de Sète et le Port de Bejaïa. »

    Le 2 septembre, des parlementaires des régions Occitanie, PACA et Corse ont signé une tribune transpartisane dans les colonnes du journal Le Marin.

    « Le dumping prédatoire »

    Ils y dénoncent « une guerre silencieuse se joue sur les mers de Méditerranée. Elle n’oppose pas seulement des navires, mais deux visions du commerce : d’un côté, celle des opérateurs maritimes soucieux de rentabilité, d’équité sociale, de souveraineté nationale. De l’autre, celle d’un acteur soutenu par un géant financier qui, ligne après ligne, brise les équilibres des entreprises naturellement durables. Cet acteur, c’est GNV (Grandi navi veloci), filiale du groupe MSC. En trois ans, GNV a perdu plus de 500 millions d’euros, dont 257 millions en 2024, sans jamais freiner sa course à l’expansion. Pourquoi ? Parce qu’elle peut se le permettre : MSC injecte massivement du capital (290 millions d’euros en 2024), couvrant les pertes abyssales sans exiger de rentabilité à court terme. Ce comportement, totalement décorrélé des règles économiques usuelles, a un nom : le dumping prédatoire. », écrivent-ils. Parmi les signataires : Denis Bouard, sénateur du Gard (PS), Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault (PS) et Fanny Dombre-Coste, députée de l’Hérault.