Tag: Hérault

  • Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Le monde agricole gronde et les dernières annonces gouvernementales ne semblent rien arranger au feu qui couvait depuis quelque temps. Déjà empêtré dans sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie s’attaquant aux bovins, Matignon a pourtant tenté de désamorcer la colère, sans grand succès comme en témoignent les blocages et mobilisations qui se poursuivent dans tout l’Hexagone.

    À l’instar de Montpellier, où la FDSEA et les JA de l’Hérault s’étaient rassemblés devant les grilles de la préfecture héraultaise le 9 janvier pour tenter de s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Paraguay et Uruguay), créant l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète. « Il est hors de question de dire oui au Mercosur même si certains pays ont changé d’avis. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir chez nos adhérents, on ne les lâchera pas  », soutient Annabelle Decoursière, secrétaire générale des JA de l’Hérault. En effet, même si Emmanuel Macron semble avoir changé d’avis et s’oppose maintenant à l’accord de libre-échange, la France n’a pas suffisamment convaincu d’autres pays pour constituer une minorité de blocage, si bien que l’accord devrait être ratifié par Ursula Von der Leyen le 17 janvier. « L’Union européenne vient de découvrir son 49-3 et passe en force », soupire Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Hérault, regrettant « le peu de lobbying exercé par la France pour avoir la minorité de blocage, pourtant facilement atteignable. »

    Le texte supprime donc les droits de douane entre les parties et ouvre notamment la voie aux importations de viande sud-américaine, dont la concurrence est jugée déloyale et les normes environnementales et sanitaires moins contraignantes. « Le libre-échange est délétère. Les clauses miroirs évoquées par Macron ne changeront pas la donne. On met en concurrence les producteurs de la planète et le moins-disant remporte la palme, tout le monde est perdant », se désole Morgane Bara.

    Direction Strasbourg

    Pour tenter de calmer les esprits, la ministre de l’Agriculture a donc annoncé onze mesures pour une enveloppe de 300 millions d’euros. Sans convaincre l’ensemble du spectre syndical agricole. « C’est de la poudre aux yeux, on saupoudre un peu d’argent, on recule sur l’environnement. Mais sans donner de réponses sur ce qui nous préoccupe vraiment : le revenu paysan », observe Morgane Bara. Des effets d’annonce dénoncés – dans une moindre mesure – par les JA. « Il faut du concret. Ces annonces ne sont qu’un pansement, qui dépend d’un budget. La latence est trop grande avec le moment où ça arrive dans la ferme. Mais on ne crachera pas dans la soupe si ça arrive », soutient Annabelle Decoursières.

    Les regards sont maintenant tournés vers Strasbourg, où le Parlement de l’UE pourrait saisir la Cour de Justice de l’UE lors d’un vote le 21 janvier, ce qui suspendrait l’accord pendant plusieurs mois.
    Louis Dupin

  • Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    En 2026, l’aéroport de la 7e ville de France va-t-il enfin prendre son envol ? En basant un avion en 2020, Transavia devait déjà faire entrer Montpellier dans la cour des grands. Mais la pandémie de Covid avait ralenti ses projets.

    Six ans plus tard, l’aéroport de Montpellier franchit un nouveau pas qui doit lui permettre d’atteindre les 3 millions de passagers, qu’il vise à terme contre 1,9 million actuellement. Mercredi 14 janvier, Volotea a officialisé sa volonté de faire de la capitale héraultaise sa 11e base en France. « Depuis 2012, nous avions 8 enfants (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). Il était temps de se marier ! », se félicite Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée. « Il s’agit d’un mariage à l’ancienne sans divorce, ironise Carlos Muñoz. On va continuer à développer ce partenariat très longtemps », assure le fondateur et PDG de Volotea.

    La compagnie low cost ibérique va commencer par « faire dormir » un Airbus A320 (180 sièges) à Montpellier en attendant le second d’ici 2 ou 3 ans. « Cela signifie de la ponctualité puisque l’avion est sur place et aussi que nos collaborateurs connaîtront bien les clients car ils habiteront ici et feront vivre ce territoire », insiste Gilles Gosselin. Des recrutements vont être lancés afin de pourvoir les 30 emplois de pilotes, hôtesses de l’air et stewards créés à Montpellier.

    900 000 passagers visés d’ici 2030 au plus tard

    Dès novembre, Volotea proposera 4 nouvelles destinations : Bordeaux, Madrid, Tenerife Sud et Lanzarote. A la différence de son concurrent déjà installé, Volotea préfère développer les liaisons des villes telles que Montpellier. « 65% des Européens vivent dans des villes petites ou moyennes pas assez desservies », explique Carlos Muñez. Le PDG fait valoir un taux de réalisation des vols irréprochable (99,4%) et un indice de satisfaction en hausse (+24%) pour la compagnie à bas coûts. « Ça ne veut pas dire qu’on sert du caviar et qu’on propose des douches comme Émirates, mais 9 clients sur 10 nous recommandent ».

    Dans le courant de l’année, de nouvelles destinations vers l’Europe, le Maghreb ou les pays nordiques devraient être dévoilées à des « prix abordables » malgré l’impact de la taxe de solidarité (6,3 euros par billet). Certaines seront permanentes, d’autres saisonnières. « On s’adaptera à la demande et au succès des routes », promet Gilles Gosselin. Le directeur de la « première compagnie domestique en France » ne cache pas son ambition dans une Occitanie où Volotea est déjà implantée à Toulouse, Rodez, Lourdes/Tarbes. « On veut être la compagnie majeure de référence de l’aéroport de Montpellier ». En 2026, 400 000 sièges (+9%) sont espérés ici et 900 000 annuels sont visés d’ici 2 à 4 ans. Depuis 2012, Volotea a déjà transporté 2,8 millions de passagers depuis Montpellier.

  • Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    A deux mois du 1er tour des municipales, dimanche 15 mars, le faux suspense est sur le point de s’achever à Montpellier. Après avoir « pris le temps de la réflexion en famille » durant les fêtes, Michaël Delafosse devrait révéler sa décision dans les tous prochains jours.

    C’est en tout cas le souhait de l’ensemble de ses compagnons de route du mandat qui s’achève ainsi que des nouveaux soutiens fraîchement ralliés. « Nous avons besoin de Michaël Delafosse pour nous mener à bon port. Nous l’appelons à se porter candidat pour un nouveau mandat », déclare, mercredi 14 janvier, l’adjoint Sébastien Cote qui sera son directeur de campagne.

    En réalité, tout est déjà dans les tuyaux. Depuis septembre, pendant que les opposants critiquent une ville en travaux, les partisans du maire distribuent des tracts et peaufinent le futur programme « apaisé » rassurent-ils. Ne manque à l’appel que le capitaine qui devrait s’exprimer en début de semaine.

    D’ici là, tous expliquent pourquoi ils poursuivent l’aventure. Le satisfécit autour du bilan en priorité. 5e ligne de tramway, 50 000 arbres plantés, police des transports et brigade du logement social créées… « Les engagements pris en 2020 ont été tenus », salue la présidente du groupe PS, Julie Frêche. Hervé Martin (PCF) n’oublie pas les mesures du bouclier social : « On a fait la gratuité des transports, la tarification sociale des cantines, le coup de pouces pour les inscriptions sportives et culturelles… C’est la preuve qu’on peut transformer la vie des gens ». Sans oublier la gratuité des 15 premiers m3 d’eau, la création d’une mutuelle communale ou d’une unité mobile pour le dépistage dans les quartiers. « En matière de santé, il y a un avant et un après. Montpellier a encore besoin de Michaël Delafosse », complimente Élodie Brun-Mandon. Issue de la société civile, elle assure que le maire est à l’écoute. « Ça m’horripile d’entendre qu’il déciderait seul ».

    Si les militants Verts ont majoritairement voté pour une liste du député Jean-Louis Roumégas, les élus écolos de la majorité soutiennent toujours Michaël. Delafosse. « Les gens ne veulent pas que les écologistes soient divisés. Ce bilan est une grande fierté. On n’a pas d’ennemi à gauche », affirme Marie Massart. Un temps fâché après le gazage de chauve-souris, Eddine Ariztegui (Parti animaliste) poursuit lui aussi, saluant le financement d’un « hôpital pour la faune sauvage ».

    Une campagne « digne »

    Attaché à la défense de la laïcité et au développement économique, Michel Aslanian (PRG) devrait lui aussi être sur la liste. De même que Radia Tikouk (Génération Écologie) et bien d’autres. Parmi les ralliés récents, Nelly Lacince (GRS) explique avoir été « bluffée par la construction de la ligne 5 en 5 ans ». Membre de l’Engagement d’Arnaud Montebourg, Olivier Andrieu estime que « Michaël Delafosse a une vision pour Montpellier » qui doit être « réindustrialisée ». Quant à Muriel Ressiguier, elle se dit prête à œuvrer pour le logement. L’ex-députée Insoumise, éjectée par Jean-Luc Mélenchon, a tourné la page LFI. « Laissons la haine aux haineux. Dans un monde qui change, essayons de faire de Montpellier une ville qui résiste à l’obscurantisme. On doit résister plutôt que discuter des virgules dans un tract. Je veux parler aux cerveaux et aux cœurs, miser sur l’intelligence et l’humanité ».

    Les listes devant être déposées le vendredi 26 février au plus tard, il reste quelques semaines pour constituer celle de la majorité sortante. « On va trouver un équilibre politique, chacun doit trouver sa juste place », promet Sébastien Cote.

    « On est fort d’un bilan »

    En charge des négociations avec les partenaires, le Christian Assaf se dit enthousiaste. « Cela n’a jamais été aussi simple, on est fort d’un bilan ». L’élu socialiste espère juste ne pas revivre les coups bas de 2020 lors de la campagne « la plus folle » de France. « On voit avec la colère des conchyliculteurs dirigés par le RN que le désordre du monde est aussi à Montpellier. L’heure n’est pas à la revanche ». Et S. Cote de souhaiter une campagne « digne ». « En 2020, Michaël Delafosse avait dû aller voter sous escorte policière. »

  • Un centre de formation de chiens guides à Montpellier

    Un centre de formation de chiens guides à Montpellier

    Vasco, un labrador d’un an, fera sa rentrée le 15 janvier. Si tout va bien, dans 5 mois, il devrait être prêt à guider une personne déficiente visuelle dans ses trajets du quotidien.

    Début janvier, l’association France défi vision a ouvert le premier centre de formation pour chiens guides situé sur le territoire de l’ex Languedoc-Roussillon. « Jusqu’à présent, les bénéficiaires devaient se rendre à Toulouse ou à Marseille, où il y a deux ans d’attente pour recevoir un chien guide », explique Thierry Jammes, le président de l’association implantée dans le quartier du Millénaire.

    L’association cherche des familles d’accueil

    Prendre les transports en commun, contourner les obstacles, s’arrêter devant un passage piéton ou encore guider son maître dans un centre commercial bondé, les animaux seront formés par une éducatrice spécialisée dans le parc du centre, mais aussi dans les rues de la ville. « En plus de créer du lien social, le chien facilite grandement les déplacements et l’autonomie. Se déplacer avec une canne blanche est très stressant en comparaison. »

    Si les chiens seront formés du lundi au vendredi, ils ne passeront pas tout leur temps au centre pour autant. France défi vision cherche des familles pour accueillir les animaux, les soirs, les week-ends et pendant les vacances où ils pourront rencontrer de nouvelles situations de la vie quotidienne. L’association cherche aussi des familles d’accueil pour les chiots de 2 mois à 1 an, avant leur entrée au centre. « C’est une action bénévole mais tous les frais alimentaires, vétérinaires et d’équipement sont pris en charge. » Aucun prérequis pour les familles. Appartement, maison, animaux ou enfants, tous les profils sont les bienvenus.

    * Pour devenir famille d’accueil ou bénéficier d’un chien guide : presidence@francedefivision.fr.

  • Les deux maternités de Sète vont fusionner

    Les deux maternités de Sète vont fusionner

    En 2023, un rapport national rédigé par le professeur Yves Ville, de l’hôpital Necker à Paris, préconisait de réduire de 20% le nombre de maternités en France, visant notamment les structures avec une activité de moins de 1 000 naissances par an. L’épée de Damoclès qui menaçait déjà la maternité de la polyclinique Sainte-Thérèse et celle de l’hôpital Saint-Clair à Sète depuis 2023 vient de tomber. Au 1er juillet 2026, les deux plateaux techniques devraient fusionner et tous les accouchements auront lieu au sein de la structure hospitalière.

    « Une situation catastrophique » selon FO

    D’après l’ARS Occitanie, ce « rapprochement » est dû à la baisse des naissances ces dernières années sur l’Île singulière. Fin 2025, 470 et 414 naissances avaient été comptabilisées respectivement dans chaque établissement. Un chiffre qui n’est pourtant jamais passé sous la barre des 300 par an et par maternité, seuil sous lequel le code de la santé publique prévoit une fermeture.

    L’autre raison majeure de cette fusion est, bien sûr, budgétaire. Pour Sébastien Mazel, le secrétaire régional et départemental santé de Force ouvrière, « c’est une situation catastrophique qui traduit la politique économique nationale ». Il établit un lien entre la diminution de la natalité à Sète et une baisse d’activité dans les maternités et donc de bénéfices. « Mais ce raisonnement me gêne. On tente de faire de la rentabilité et de la gestion financière sur de l’humain. »

    Le syndicaliste s’inquiète pour une patientèle qu’il estime « lésée ». « Je n’ai rien contre l’hôpital public mais je pense que le citoyen devrait avoir le choix d’une institution ou d’une autre pour préparer une naissance. »

    La CGT optimiste

    Autre son de cloche du côté de Véronique Mauroy, la secrétaire générale de la CGT des hôpitaux du Bassin de Thau. « On ne voit pas ce rapprochement d’un mauvais œil. Actuellement, rien qu’avec le personnel de la maternité de l’hôpital, on est en capacité d’absorber 800 naissances par an [soit plus de 90% des naissances des deux établissements cumulés, Ndlr.]. Alors ce ne sera que mieux si du personnel arrive du privé. » D’après la secrétaire générale, la direction de l’hôpital serait en discussion avec les salariés de la polyclinique pour les replacer.

    « Une aubaine pour l’hôpital »

    « En plus, la maternité a été récemment rénovée, ce qui garantit de très bonnes conditions d’accueil pour les mamans et leur bébé », rassure Véronique Mauroy. Elle voit même cette arrivée de nouvelles naissances comme « une aubaine pour l’hôpital ». « L’établissement avait prévu des travaux dans quelques années pour rapprocher le bloc obstétrical du bloc opératoire. Avec ces nouvelles entrées, les financements seront certainement disponibles cette année. »

    L’ARS Occitanie se veut elle aussi rassurante et garantit des conditions d’accueil exemplaires à la maternité de l’hôpital Saint-Clair. Le service est équipé d’un plateau technique complet comprenant une salle de césarienne au bloc opératoire, trois salles de naissance, une salle physiologique et le matériel nécessaire à l’accueil des bébés prématurés.

  • Des balades artistiques à la découverte de l’Archipel de Thau

    Des balades artistiques à la découverte de l’Archipel de Thau

    Les « balades artistiques en Méditerranée » ont été impulsées en 2023, à l’occasion des 20 ans de l’agglomération sétoise. « L’idée était de matérialiser et de donner un sens poétique à cet anniversaire en réunissant les 14 communes qui forment ce territoire dans 4 parcours différents jalonnés de créations contemporaines », explique Salvador Garcia, directeur artistique du projet. 20 ans, 20 œuvres pour célébrer à la fois le dynamisme culturel d’un territoire où vivent et travaillent plus de 200 artistes et la beauté des espaces naturels et du patrimoine historique qui le constituent.

    Trois ans plus tard, 16 œuvres contemporaines, confiées pour certaines à des artistes du cru, ont fait leur apparition dans le paysage, en résonance avec l’environnement dans lequel elles s’inscrivent. Quatre sont encore à venir, dont deux seront installées ce mois-ci ou le prochain. « Ces créations, en dialogue avec des sites naturels ou architecturaux emblématiques, révèlent la beauté de notre patrimoine, accompagnent des projets urbains ou offrent un nouveau regard sur nos paysages », se félicite Loïc Linares, président de Sète Agglopôle Méditerranée. D’un montant de 2 millions d’euros, le projet a été financé par la collectivité à hauteur de 800 000 euros et a bénéficié d’une aide de 200 000 euros de l’État.

    Une application dédiée

    D’ores et déjà, les visiteurs peuvent se lancer à la découverte de ce musée à ciel ouvert à travers 4 parcours (« les versants de Thau » : Villeveyrac, Poussan, Montbazin, Gigean ; « les étangs » : Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval ; « les rivages de Thau » : Marseillan, Mèze, Loupian, Bouzigues, Balaruc-le-Vieux, Balaruc-les-Bains ; et Sète, ville-île). Pour guider les curieux, l’office de tourisme intercommunal a conçu une application gratuite pour Android et Apple, intitulée « BAM » (pour « Balades Artistiques en Méditerranée »). Elle permet « de se situer dans les parcours, de repérer les différentes œuvres et d’écouter des entretiens avec les artistes tout en découvrant ou redécouvrant le patrimoine de l’Archipel de Thau. L’idée étant de parcourir ces circuits en modes doux, à vélo ou à pied », précise Salvador Garcia.

  • [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    L’équipe de France s’apprête à défendre à partir du jeudi 15 janvier son titre européen lors de l’Euro de handball jeudi (15 janvier – 1er février) organisé par les trois pays nordiques : Danemark, Norvège et Suède. Il y a deux ans en Allemagne, juste avant les JO de Paris, la génération conduite par Nikola Karabatic, aujourd’hui retraité, avait dominé le Danemark. La nouvelle génération est-elle en mesure de préserver son titre ? Ancien international (195 sélections), le capitaine de Montpellier Valentin Porte définit ses chances.

    La Marseillaise : La France a t-elle toutes les cartes en main pour défendre son titre lors du prochain championnat d’Europe ?

    Valentin Porte : L’équipe de France, intrinsèquement, a toutes les cartes en main pour garder son titre mais il y en a d’autres qui ont aussi de belles cartes. Elle ne bouge pas trop, avec des joueurs qui gagnent en maturité et expérience d’année en année.

    A quel tournoi, doit-elle s’attendre ?

    V.P. : Ce tournoi va être un point de passage très important. Si on regarde la compétition, je pense qu’on n’est pas loin d’une des compétitions les plus dures que l’équipe de France a eu à jouer ou va avoir à jouer. Au-delà du premier tour, il y aura l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, le Portugal face à elle lors du second tour. Que des équipes au top niveau mondial avec des matchs tous les deux jours. On va savoir où l’équipe de France en est vraiment, si elle est au niveau de toutes ces équipes-là. C’est vraiment l’épreuve de vérité.

    Quelle équipe vous paraît la mieux armée aujourd’hui ?

    V.P. : Sans contestation, le Danemark. Depuis des années, elle est monstrueuse. Elle se renouvelle avec des joueurs top mondiaux à chaque poste. Et, avec un coach plein d’expérience. Elle est l’immense favori. Après, derrière, ça va être un peu la guerre. Franchement, en termes de qualité individuelle à chaque poste, la France est peut-être l’équipe la mieux armée derrière le Danemark. Les individualités ne font absolument pas tout dans un sport collectif. Si la France joue bien collectivement, elle peut vraiment inquiéter ou embêter le Danemark.

    Les JO ont marqué la fin d’une génération. Cette génération a t-elle besoin de se prouver qu’elle peut gagner des titres ?

    V.P. : Oui, bien sûr, et c’est normal. Ces mecs, que je connais bien, sont tous morts de faim, ont soif de titres, je ne vais pas dire de reconnaissance parce qu’ils en ont. Mais, si cette nouvelle génération a beaucoup de talent, il faut maintenant qu’elle le prouve avec des titres. Il y a eu un début avec le bronze l’an dernier [Mondial, Ndlr], où ils sont allés le chercher avec les crocs à la dernière seconde. Cela peut lui donner la confiance pour les prochaines compétitions.

    L’échec au JO à Paris a t-il laissé des séquelles ?

    V.P. : Inconsciemment, ce traumatisme rentre toujours un peu dans les têtes. Mais, si l’équipe de France n’est pas à son meilleur niveau, ce ne sera pas à cause de ça. Le staff a bien mis le doigt là-dessus pour clôturer le chapitre et tourner la page. On repart d’une page blanche et on réécrit l’histoire.

    L’équipe de France s’est bâtie depuis très longtemps, sur sa base défensive. Est-elle aussi fiable que par le passé ?

    V.P. : Complètement. Ce n’est vraiment pas le secteur de jeu qui me fait le plus peur. Karl Konan n’est pas loin d’être l’un des meilleurs, voire le meilleur défenseur du monde. Thibault Briet montre chaque week-end que sans lui, son équipe n’est pas vraiment la même, surtout défensivement. Ludovic Fabregas est au top de sa maturité et son niveau.

    A quelles conditions, la France aura t-elle réussi son tournoi ?

    V.P. : Si elle atteint le dernier carré, au vu du parcours qui se dessine, ça sera déjà un très bel objectif rempli. Peut-être le plus dur sera fait. A part le Danemark, promis à l’une des deux premières places, il reste une place à prendre entre Allemagne, Espagne, Norvège, France, Portugal. Bien malin qui peut sortir l’équipe qui peut se qualifier.

    Trois joueurs de Montpellier participent à ce tournoi. Est-ce que ça peut être le tournoi du jeune gardien Charles Bolzinger ?

    V.P. : Tout le monde attend son éclosion internationale, mais un gardien a toujours une maturité un peu plus tardive. Il a encore le temps et apprend encore son métier. Cette année, il a pris conscience de certaines choses. Il s’est servi des années précédentes, notamment l’an dernier, où c’était un peu plus dur pour lui. Il a pu comprendre ce qu’était le très haut niveau, le travail, la régularité… de répondre présent. Cette saison, il a été très bien là-dessus. Cela peut être une grosse compétition pour Charles. De par ce qu’il a prouvé depuis le début de l’année, de par sa forme du moment, de par son état d’esprit, je pense qu’il est dans les très bonnes conditions pour que ça ait lieu. En club, ça évolue bien. Maintenant, il a besoin vraiment de le prouver au niveau international. De le prouver, de valider ça, pour se libérer totalement et se dire qu’il est sur la bonne voie.

  • [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    La Marseillaise : Pour 2026, on peut souhaiter que le climat revienne sur le devant de la scène ?

    Serge Zaka : Oui c’est ça, en 2025, on a observé de très grosses régressions en termes de réflexions climatiques et environnementales. Et une politique mondiale – qui n’est pas que française – qui va vers d’autres préoccupations que celles du changement climatique et environnemental. On est vraiment dans une politique de confrontation entre les hommes alors qu’on devrait être dans une politique d’alliance entre humains pour pouvoir répondre à des problèmes climatiques mondiaux.

    Les aspects scientifiques du changement climatique sont niés. On se retrouve face à un discours climato-sceptique qui devient très présent en Amérique, et qui fait que le message de lutte contre le changement climatique est volontairement brouillé par un discours politique. Parce que les enjeux économiques qui en découlent sont trop importants pour certains pays. Donc, on a une dégradation globale – que ce soit politique ou scientifique – de la qualité des informations qu’on a sur le climat. Cela se voit dans les entreprises et les politiques, mais il ne faut pas que ça impacte le citoyen, qui lui, continue dans cette réflexion sur le climat. Ce qui serait inquiétant en 2026, c’est de voir les citoyens embarqués dans cette politique nauséabonde au niveau climatique.

    Comment expliquer cette dichotomie entre société civile et politiques ?

    S.Z. : Si l’on prend les États-Unis en exemple, Donald Trump a pris sa population en otage. Il impose sa vision qui n’est pas scientifique. C’est un discours basé sur l’émotion et l’opinion personnelle, et il fait comme si la population avait la même réflexion que lui. On a une politisation des discours scientifiques. C’est de là que vient cette différence avec la société civile. La société civile, elle, continue à suivre les chercheurs et à les relayer. L’opinion personnelle des politiques ne correspond pas à au consensus scientifique.

    Beaucoup opposent du coup l’agriculture et le climat. Or, il est quand même possible de lier les deux. Est-il encore nécessaire de le souhaiter pour 2026 ?

    S.Z. : Oui. Et dans l’autre sens, j’aimerais que la société civile aussi considère mieux ces agriculteurs. Parce qu’il faut savoir que déjà, l’agriculteur, on le voit comme une personne qui est là pour produire à manger. D’ailleurs, les populations sont de plus en plus urbaines, et elles sont complètement déconnectées de la réalité agricole. Ma génération est la première à ne pas avoir d’aïeul dans l’agriculture. Ça se voit à ce qu’on mange, de plus en plus de plats ultra transformés, certains ne savent même plus cuisiner. La place de la cuisine dans les appartements devient de plus en plus restreinte et ça ne devient plus un élément convivial de partage. Et au final, même si en France, on s’en sort mieux que certains pays – parce qu’on a quand même notre notion de terroir, de fromage, de vin, qu’on ne retrouve pas dans les autres pays du monde – notre pays reste quand même déconnecté du monde agricole. Ce que j’aimerais, en 2026, c’est d’arriver à faire comprendre que l’agriculteur n’est pas là juste pour nous faire à manger.

    Pour s’adapter au changement climatique, on a besoin des agriculteurs. Ce sont eux qui permettent de gérer aux mieux nos campagnes. L’agriculteur a un rôle dans la gestion des sols et des arbres – deux de nos alliés pour faire face au changement climatique – mais aussi dans la gestion de l’écoulement de l’eau, etc. J’aimerais bien qu’on comprenne qu’il est aussi là pour entretenir les paysages. Et en parallèle, en politique, j’aimerais bien qu’on comprenne que l’aide à la production agricole n’a plus à être pointée vers le tonnage de production, mais soit aussi orientée aussi vers la gestion des microclimats de la campagne et des écosystèmes, pour que ces discours aient un impact positif auprès des agriculteurs.

    Et j’aimerais bien en 2026 qu’on arrête d’opposer le consommateur et l’agriculteur. On a une espèce de vision médiatique qui oppose les gens, alors qu’en réalité, il faudrait réussir à travailler ensemble pour pouvoir avancer. Le fait d’opposer les gens, ça met des barrières aux constructions importantes pour faire face au changement climatique. Donc encore une fois, il faut s’unir pour faire face aux problèmes.

    Vous qui êtes chasseur d’orage, espérez-vous en voir des jolis dans l’Hérault pour les photographier ?

    S.Z. : Bien sûr. Comme tous les ans, j’espère que la saison orageuse sera esthétique, c’est-à-dire qu’elle permette de faire de belles photos, et généralement, esthétiques et violents ne vont pas ensemble. Parce que plus c’est violent, plus il y a de pluie, et moins il y a de situations intéressantes à prendre en photo. Généralement, les orages les plus secs et les moins violents sont les plus esthétiques. Et donc souhaiter avoir des orages esthétiques, ça ne veut pas forcément dire souhaiter voir les écosystèmes détruits par la grêle, je tiens à le préciser. Donc si on pouvait avoir des orages esthétiques sans qu’ils soient violents, ça peut être intéressant parce que j’ai encore pas mal de monuments et de paysages à mettre en valeur, un peu comme le Pic Saint-Loup. Dans mes photos, je veux mettre en avant nos terroirs dans des situations orageuses qu’on n’a pas l’habitude de voir sur les cartes postales.

    Une version enrichie de cet entretien
    est à retrouver sur le site internet
    de La Marseillaise.

  • Croissance record pour la Métropole de Montpellier

    Croissance record pour la Métropole de Montpellier

    Ce n’est pas nouveau, mais la tendance s’affirme et se confirme. Depuis 1968, la Métropole de Montpellier ne cesse de croître, sous l’effet combiné de l’attraction de sa ville-centre et du développement de ses communes périphériques. En 2023, les 31 communes de l’agglomération montpelliéraines comptaient ainsi 522 542 habitants, soit une croissance démographique de +1,6% par an entre 2017 et 2023, supérieure à celle de l’agglomération toulousaine
    (+ 1,4% par an). « Parmi les 15 plus grandes agglomérations françaises, celles de Toulouse et de Montpellier ont les plus fortes croissances démographiques, devant celles de Bordeaux (+1,3% par an) et de Nantes (+1,1 % par an) », relève l’Insee.

    Si les naissances y sont plus nombreuses que les décès, ce sont les migrations qui contribuent le plus à la hausse de la population de l’agglomération montpelliéraine, boostée par le dynamisme démographique de sa ville-centre (+1,4% par an), encore plus fort qu’en 2012-2017 (+1,2% par an). Au 1er janvier 2023, 310 240 habitants résidaient ainsi dans la capitale héraultaise, soit une hausse de + 8,8% en 6 ans.

    Rééquilibrage à l’ouest

    Si elles évoluent à des rythmes contrastés, les 31 communes de la métropole contribuent elles aussi à ce dynamisme. Castelnau-le-Lez conforte ainsi sa place de deuxième commune avec 26 058 habitants et une croissance effrénée de 27,2% entre 2017 et 2023, devant Lattes (17 351 habitants), qui progresse plus modestement (+4,7%). Le rééquilibrage progressif à l’ouest de la métropole s’illustre par des augmentations de populations supérieures à 20% à Juvignac, qui franchit la barre des 14 000 habitants (+26,8%), Saint-Jean de Védas (+33,2%) avec plus de 13 000 habitants, ou encore Cournonterral (+20,4%, 7 359 habitants), Pignan (+20,1%, 8 431 habitants) et Saussan (+30,3% 2 069 habitants). Seule commune en léger recul, Le Crès a perdu une centaine d’habitants entre 2017 et 2023 (9 226 habitants).

    De son côté, l’agglomération de Béziers Méditerranée (17 communes) continue d’attirer de nouveaux habitants, avec 133 128 habitants en 2023 contre 124 799 en 2017, soit une hausse de 6,67%. Avec une croissance annuelle de 0,9% entre 2017 et 2023, la ville centre, Béziers, y confirme son lent redressement en passant la barre des 80 000 habitants (81 545), qui correspond peu ou prou à sa population de 1968 (la ville était passée sous la barre des 70 000 habitants en 1999). Si l’on exclut Cers et Corneilhan, dont les soldes sont négatifs, les autres communes de l’agglomération enregistrent une croissance continue.

  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».