Tag: Hérault

  • « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    La Marseillaise : Quelles sont les missions de l’Observatoire ?

    Stéphanie Canovas : Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une persistance des phénomènes de violences faites aux femmes. En 2019, on a été le troisième département le plus touché par les féminicides. Par contraste avec ces chiffres, il y avait une mobilisation du secteur associatif et institutionnel très forte. Ces acteurs avaient envie d’agir à l’échelle intradépartementale, de fluidifier les parcours des femmes victimes, de mieux travailler ensemble. On s’est donc dit qu’il nous manquait un lieu d’observation des phénomènes et de compréhension des différentes modalités de leur expression. L’idée était de comprendre pour mieux agir. Observer, comprendre, agir, c’est le triptyque de l’Observatoire. Piloté par le Département, l’État, la CAF et l’université Paul-Valéry, sa spécificité est de croiser des regards. À la fois ceux des premières concernées, le regard des professionnels de première ligne et celui d’universitaires, d’enseignants-chercheurs qui travaillent sur la sociologie de ces phénomènes pour nous aider à produire de l’action.

    L’Observatoire mène des travaux envers les jeunes, notamment. Ces violences commencent dès le plus jeune âge ?

    S.C. : Oui. Par exemple, un groupe de travail a documenté le fait que les jeunes sont peu captifs de nos campagnes de communication habituelles. Quand on parle de violences conjugales, on l’a vu aussi en les interviewant, ils ne sentent pas concernés, ce sont des choses pour les adultes. Par contre, quand on leur demande s’ils ont déjà géolocalisé leur copain ou copine pour savoir ce qu’il ou elle faisait, la majorité du groupe l’a fait. Les jeunes ne sont pas plus violents qu’avant, mais en regardant de plus près, on voit qu’il y a de la « romantisation de la jalousie ». Par exemple le fait de ne pas aimer voir son copain/copine « liker » le compte d’une autre personne sur les réseaux, c’est plutôt la tendance et du coup l’idée de la possession de l’autre et l’idée d’être possédé par un autre devient un marqueur d’affection, d’amour. L’autre dimension, c’est que – ça prend d’autres modalités d’expression – les réseaux produisent des éléments de suivi des corps en continu, ce qui échappait aux relations sociales avant. Nous sommes donc en train de réfléchir à une mallette pédagogique pour que notre capacité à sensibiliser les jeunes augmente et soit structurée sur le département.

    En 2024, il y a eu 450 100 cas de violences sur l’année, un chiffre qui se stabilise après plusieurs années de forte augmentation. Le résultat des politiques ou de la libération de la parole ?

    S.C. : L’explication est multifactorielle. Ce n’est pas que la parole n’était pas posée, mais parfois elle n’était pas entendue. Et effectivement, grâce au mouvement MeToo, au Grenelle des violences conjugales, etc., on a permis que cette parole soit prise en compte. Pour autant, il faut se dire que la parole des femmes victimes de violences est sous-évaluée. En moyenne, seules 17% des femmes victimes portent plainte. Au sein du département, notre prisme est plus large donc on rentre dans le sujet via l’action sociale, la protection de l’enfance. Dès lors on a une parole qui arrive en dehors de la question du dépôt de plainte. Pour autant, le chantier, pour moi, reste entier : plus de 400 000 femmes victimes de violences en France chaque année. On parle peu aussi des enfants qui sont à côté d’elles et qui sont désormais reconnus victimes par la loi. On a des enjeux de cohésion sociale, de sensibilisation au plus tôt. Il y a des questions sur lesquelles on a avancé, sur la judiciarisation des phénomènes. Pour autant, sur la dimension de prévention, il y a encore beaucoup de travail.

    Les maisons des femmes sont un dispositif mis en place ces dernières années. Est-ce une bonne solution ?

    S.C. : On est vraiment très chanceux puisqu’on est un des seuls départements qui a deux maisons des femmes, à Montpellier et à Béziers. Elles font un travail remarquable. Cette entrée santé est particulièrement opportune. En plus, l’intérêt de ces maisons est que vous avez un médecin, une sage-femme qui vous répondent, il y a une prise en compte du corps parce que le corps chez les femmes victimes de violences dit beaucoup, parfois ce qu’on n’arrive pas à dire avec les mots. Il y a aussi toute une dimension au-delà du soin. Par exemple, la maison des femmes de Montpellier héberge une permanence de l’association Cicade, qui aide les femmes pour le droit des étrangers. Elle héberge le Centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF), avec des juristes, des conseillères en insertion professionnelle. Donc vraiment l’idée de maison, ça évoque tout de suite l’idée du refuge.

    La société évolue dans le bons sens, mais est-ce assez vite ?

    S.C. : Oui, je crois qu’il faut vraiment porter ce message d’égalité, ce paradigme de l’égalité, à tout endroit. Par exemple, on parle des « nouveaux pères actuellement ». C’est une idée qui est sortie il y a une quarantaine d’années et qui donne à penser qu’il y a une évolution dans les rôles sociaux attribués dans la parentalité. Quand on étudie la question d’un peu plus près, on voit qu’effectivement il y a des rôles et des familles où la question de la répartition des tâches a beaucoup évolué. Mais cette répartition n’est pas tout à fait équitable : plutôt à 35% pour les pères et 65% pour les mères. Les femmes ont aussi la charge mentale de la santé, les pères s’en occupent rarement seuls avec l’enfant, a contrario de la mère. Mais je suis vraiment optimiste, j’ai l’impression que ça bouge, je suis chargée de cours en fac, quand je vois les jeunes générations, je sors de cours un peu boostée avec un optimisme irrésolu, parce qu’ils n’ont plus du tout envie de rester cantonnés à des images, des vieux clichés de virilité y compris pour les garçons, ils n’ont plus envie d’être assignés à ces places.

    Pourtant on assiste à un retour des mouvements masculinistes ?

    S.C. : À chaque fois qu’une société progresse et milite pour l’avancée des droits de minorités – les femmes sont minoritaires au sens sociologique du terme – une part de la société résiste, et là, sur ces courants masculinistes, c’est diffus. Vous allez avoir des revendications autour de pères qui ne seraient pas entendus par la justice, des revendications de jeunes hommes se disant célibataires à cause des mouvements féministes. Donc on va avoir des mouvements protéiformes mais avec un point commun, la remise en question de ce modèle d’égalité de la société et une assignation à des rôles hiérarchisés, qui sont bien entendu en défaveur des femmes. Il faut vraiment être attentif à ces mouvements.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les jeunes n’ont plus envie de rester cantonnés à
    des vieux clichés
    de virilité. »

  • Des femmes et des lions veillent désormais sous le pont

    Des femmes et des lions veillent désormais sous le pont

    C’était un lieu sans charme. « Un peu glauque, pas très rassurant de nuit », se souvient Farah Ajili, alias Fahrenheit. Un passage bétonné tout gris, frontière imaginaire entre le quartier de Figuerolles et la cité Gély, le quartier gitan de Montpellier. En le traversant, l’idée est venue à Farah de redonner vie à cet endroit. De créer du lien en couleurs. « Je voulais remettre de la luminosité sous ce pont et permettre aux femmes de se le réapproprier, qu’il soit un peu leur espace et qu’elles n’aient plus peur de le traverser le soir », explique la jeune femme, qui décide d’associer à son projet une autre artiste peintre muraliste, Amélie Béral, spécialisée dans la peinture animalière.

    Soutenues par l’association Ademass, implantée à Figuerolles et qui les aidera notamment à obtenir les autorisations nécessaires, les deux artistes se lancent, chacune d’un côté de la route, dans une fresque monumentale (6 mètres de haut sur 12 de long) à dominantes bleu et orange, couleurs de Montpellier.

    Trois femmes, trois parcours de vie

    Fahrenheit, déjà à l’origine d’une belle fresque d’hommage aux licières* à l’entrée de Lodève, choisit de réaliser, à partir de photographies, les portraits en noir et blanc de trois femmes du quartier. À gauche, Eda. « C’est ma muse. Je la peins un peu partout depuis que j’ai commencé. On peut trouver son portrait à Marrakech, en Allemagne, à Paris… C’est une femme qui vit actuellement à la Paillade, qui a une très belle plume et dont le parcours de vie m’a beaucoup touchée. Elle a travaillé avec l’association Ademass sur la “grande parade métèque”, ce qui crée un lien avec le quartier. Je me suis donc dit qu’elle avait sa place sous ce pont », confie Fahrenheit.

    Le portrait situé au centre de la fresque représente Ornella Dussol, à la fois comédienne et médiatrice au théâtre du quartier, La Vista. « C’est une femme qui a un peu bouleversé les codes de sa communauté. On n’a pas l’habitude de voir une gitane dans ce milieu-là. Elle a permis d’introduire au théâtre La Vista beaucoup de connaissances sur la communauté gitane et de briser certains stéréotypes ».

    La troisième femme, plus âgée, s’appelle Marie. « Je ne l’ai pas rencontrée mais on m’a beaucoup encouragée à la peindre. C’est une femme qui, pendant plus de 20 ans, a nourri beaucoup de monde dans le quartier. Elle faisait de la cuisine qu’elle mettait à disposition. Elle a habité pendant longtemps à deux maisons du pont, avant d’être atteinte de la maladie d’Alzheiemer et d’aller vivre dans sa famille à la cité Gély ».

    Trois femmes, trois parcours de vie, trois figures du quartier en miroir desquelles Amélie Béral a peint trois lions, reflet de « l’énergie de ces femmes fortes ». Mais aussi référence aux statues de lions qui ornaient le parc de la Guirlande, auxquelles les habitants étaient attachés et dont les têtes ont été détruites par le passé.

    Fruit d’un projet entièrement bénévole, ces deux fresques, réalisées du 13 au 18 octobre, sont offertes par les artistes à la Ville. Elles seront inaugurées en présence des habitants à l’occasion d’une soirée festive vendredi 21 novembre à partir de 17h30, rue du Faubourg Figuerolles.

    * Femmes de harkis qui ont tissé, à partir de 1964, des tapis d’exception pour le Mobilier national

  • « La Marseillaise » inaugure ses nouveaux locaux à Montpellier

    « La Marseillaise » inaugure ses nouveaux locaux à Montpellier

    Le 56 rue de l’Industrie au sud de Montpellier, au cœur d’un quartier en pleine transformation urbaine et culturelle, desservi par le tramway, est une adresse qui résonne parfaitement avec La Marseillaise Hebdo d’Occitanie : un lieu de travail pour les journalistes et le service commercial du journal et de rencontres et d’émulation avec deux radios associatives historiques, Radio Clapas et Radio Divergence qui composent ce pôle médias inédit et novateur.

    Vendredi 28 novembre, à partir de 18h, se déroulera l’inauguration de nos locaux en présence des personnels et de la direction de La Marseillaise et de nombreuses personnalités, consœurs et confrères. Citons d’ores et déjà la venue de Guy Partage, maire de Varages, Christian Bastid, vice-président du Département du Gard qui représentera la présidente du Département, Laurence-Perrigot. Le mouvement social répond présent avec Aurélie Lajoue de la Direction de la CGT de l’Hérault. Sont aussi annoncés Hervé Martin, adjoint de Montpellier, délégué à la Ville Sportive, Chrystel Férignac de La Carmagnole et Christian Assaf, Conseiller régional qui représentera la présidente de la Région Carole Delga.

    Rendez-vous à partir de 18h au 56 rue de l’Industrie, 34070 Montpellier, ligne de tram 4b Garcia Lorca, arrêt Restanque..

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »

  • Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Évaluer en toute discrétion son exposition aux violences conjugales de toutes sortes, puis recevoir gratuitement un diagnostic personnalisé et si besoin des conseils pour s’orienter auprès de professionnels. Voilà les services que propose gratuitement la plateforme Opale Care*.

    Créé en 2024 par l’entrepreneuse montpelliéraine Vigdis Morisse-Herrera, cet outil digital unique de prévention, diagnostic et de suivi, propose de combler un manque pour les victimes. « J’ai été moi-même victime de violences conjugales sexuelles et psychologiques. J’ai créé la plateforme dont j’aurais eu besoin à l’époque », résume cette passionnée de French Tech.

    Elle explique que la multiplicité des atteintes (psychologiques, physiques, sexuelles, économiques, administratives, cyberviolences), complique souvent la prise de conscience des victimes, des femmes à 87% parmi les 271 000 plaintes déposées en 2023 (sachant que seules 14% des victimes réclament réparation). « Le sujet est souvent abordé sous l’angle de la femme battue, ce qui invisibilise toutes les autres formes de violences, laisse entendre que le reste n’est pas grave. »

    Pour avoir dû elle-même partir en quête d’informations, elle décide d’en faciliter l’accès. « Le numérique est un énorme levier », assure Vigdis tandis qu’Opale Care compte déjà 7 500 utilisateurs. Discret, le questionnaire anonyme de 200 occurrences (20 minutes) permet de lever les doutes ou sortir du déni. « Il catégorise les choses sans avoir le tabou de la réponse. » Sans interlocuteur physique à qui se confier, « il n’y a pas de gêne ni de honte. C’est parfois plus facile que de faire la démarche d’appeler un numéro d’urgence ou se déplacer dans une association. »

    Via une analyse juridique de ce que la loi interdit, la version pro d’Opale Care pousse l’expertise jusque dans l’entreprise pour l’inciter à « protéger et accompagner ses salariés ». Quel que soit le cadre des violences, les victimes sont renseignées sur les aides publiques (CAF, banque, assurance…) auxquelles elles ont droit et si besoin redirigées vers des associations ou professionnels compétents.

    Plus d’infos sur : opale.care

  • Nos armes juridiques contre la concentration des médias

    Nos armes juridiques contre la concentration des médias

    « Neuf personnes détiennent 90% des médias ». Derrière cette formule, une réalité inquiétante : une concentration médiatique croissante entre les mains de quelques milliardaires. Neuf personnes maîtrisent la quasi-totalité du débat public et des moyens d’information pour 70 millions de citoyens.

    Cette concentration a des conséquences : influences, pressions et menaces sur les journalistes, subordination et instrumentalisation des organes de presse au service d’intérêts privés, unanimisme idéologique sur des sujets essentiels (libre marché, dette publique, conflit israélo-palestinien).

    Pour justifier cette concentration les milliardaires et leurs affidés ont un argument juridique : la propriété privée est un droit « inviolable et sacré ». Notre ordre juridique garantirait ainsi une appropriation des entreprises d’information qui ne saurait être remise en question sans violer l’Etat de droit.

    La réalité est pourtant toute autre. Aucun droit fondamental n’est absolu et tout droit fondamental coexiste avec d’autres droits, eux aussi fondamentaux. Les juridictions suprêmes organisent cette coexistence en se fondant sur des critères de « proportionnalité », « d’intérêt général » ou « d’objectif légitime ».

    Or, en concentrant les moyens d’information, les milliardaires portent une atteinte disproportionnée à nos droits fondamentaux. Sont ainsi menacés : le droit à bénéficier d’une information sincère et d’une libre diffusion des opinions, la liberté de conscience, la liberté de la presse, le droit à des élections libres issues d’un débat public équitable, le droit à vivre en démocratie (c’est-à-dire sous l’empire de la volonté générale).

    Le pluralisme des médias a rang d’objectif constitutionnel

    De cette contradiction entre droits fondamentaux naît une problématique qui n’est pas un impensé juridique. Notre Constitution garantit ainsi la liberté de la presse en exigeant du législateur qu’il garantisse le pluralisme et l’indépendance des médias (Article 34 de la Constitution).

    Sur cette base, les juridictions suprêmes ont pris position : Le Conseil constitutionnel élève le pluralisme des médias au rang d’objectif constitutionnel impliquant la mise à l’écart des intérêts privés et du marché (Conseil constitutionnel, Décision DC n°84-181, 11 octobre 1984).

    Et selon la CEDH tout accaparement des médias par une « fraction économique » constitue une atteinte démocratique (CEDH, Arrêt Centro Europa c. Italie, 2012, 001-111396).

    La lutte contre la concentration médiatique est donc juridiquement fondée. Face à l’accélération du phénomène et à la multiplication des dérives il revient aux professionnels et aux citoyens de se saisir de ces arguments. L’éviction des grandes féodalités financières hors de la presse est devenue un impératif démocratique.

    Par Olivier Bonijol, avocat au barreau de Montpellier

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • Des mobilisations dans l’Hérault et le Gard

    Des mobilisations dans l’Hérault et le Gard

    Elles sont partout : dans la sphère familiale, professionnelle, sur les lieux d’études, de soin, dans l’espace et les transports publics, dans les milieux culturel, sportif, politique… Malgré le mouvement #MeToo, qui a libéré la parole et permis une certaine prise de conscience, « les violences sexistes et sexuelles ne régressent pas », observe Marine Trégan, de Solidaires 34, membre de l’interorga féministe de Montpellier. « 141 féminicides ont été recensés en 2024. 213 000 femmes subissent des violences conjugales et 94 000 des viols ou tentatives, dont 8 000 sur leur lieu de travail, chaque année », liste-t-elle.

    « Macron et son gouvernement se vantent de faire de l’égalité hommes-femmes une priorité, de la lutte contre les violences faites aux femmes une grande cause nationale, mais à côté de cet affichage politique, ce qu’on constate ce sont des politiques de casse sociale qui ne cessent de fragiliser les plus précaires, dont les femmes font clairement partie. Or, on sait que la précarité économique, la difficulté de subvenir seule à ses besoins expose d’autant plus aux violences », dénonce Marine Trégan.

    Ces politiques austéritaires fragilisent également les associations, qui manquent de moyens (voir page 7). « On a un gouvernement qui n’est pas du tout dans le soutien des associations féministes, qui ont pourtant acquis une expertise depuis des décennies sur ces questions-là, qui sont les mieux formées et qui sont indispensables aux victimes. Le fait que le Planning familial de l’Hérault, par exemple, ait un budget incertain chaque année, qu’il doive faire un appel aux dons, qu’on ne sache pas s’il va pouvoir continuer à exister, c’est dramatique », illustre la militante.

    « Montée des idées réactionnaires »

    Cette austérité va également porter atteinte au service public « et donc empêcher des politiques ambitieuses de prévention des violences, d’éducation. Car ce n’est pas simplement en sanctionnant les violences une fois qu’elles ont eu lieu qu’on les éradique », insiste Marine Trégan. Dans l’Éducation nationale, un programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) vient bien d’être adopté, malgré de nombreuses attaques. Une avancée, pourrait-on penser, « sauf qu’il n’y a pas les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre : pas d’heures dédiées et les personnels de l’Éducation nationale ne sont pas encore suffisamment formés. Sans oublier que les associations, qui interviennent depuis longtemps dans les établissements sur ces questions, voient leurs subventions des collectivités locales rognées d’année en année. On constate même parfois une défiance des pouvoirs publics à leur encontre. Dans l’Académie de Montpellier par exemple, on a appris qu’elles n’auraient plus de droit d’intervenir sur des séances d’Evars dans les écoles », dénonce la représentante de l’interorga féministe de Montpellier.

    Marine Trégan pointe par ailleurs « une montée des idées réactionnaires. Ces dernières années, des études montrent qu’il y a un fossé qui se creuse parmi les jeunes générations entre des jeunes femmes de plus en plus conscientes des inégalités avec une volonté de faire changer la société à ce niveau et des jeunes hommes de plus en plus exposés à des discours masculinistes, qui valorisent une virilité dominatrice. On le constate clairement sur les réseaux sociaux. Il y a des idées qui proviennent de l’extrême droite, qui valorisent l’exercice de la force et de la domination des hommes sur les femmes. Ce sont des choses très inquiétantes en termes d’évolution des mentalités », estime la représentante de Solidaires 34.

    Aussi, l’interorga féministe de Montpellier, qui rassemble syndicats, associations, collectifs féministes et organisations politiques, appelle à se mobiliser massivement samedi 22 novembre pour une manifestation qui partira à 14h de la place Albert 1er. À Béziers, deux rendez-vous sont prévus à l’initiative des organisations syndicales CGT, Solidaires et FSU et des collectifs féministes LesRosies et Les Simone veillent : le samedi 22 novembre à 10h30 sur le parvis du théâtre et le mardi 25 novembre à 16h30 devant la Maison des femmes (4 rue Jean Prévost). À Sète, un rassemblement est organisé le 22 novembre à 12h devant les Halles. À Lodève, le rendez-vous est fixé mardi 25 à 12h sur le parking de la sous-préfecture. À Nîmes, enfin, un rassemblement aura lieu le 22 novembre devant Carré d’art à 15h30, avant une déambulation jusqu’au tribunal.

    Ciné-débat le 28 novembre à Nîmes

    Le Zonta Club Nîmes Romaines, qui regroupe des femmes engagées pour promouvoir et soutenir l’autonomie des femmes et des filles, organise une soirée ciné-débat dans le cadre de la campagne mondiale Zonta says no to violence against women, le 28 novembre à 20h15 au Cinéma Sémaphore, à Nîmes. Cette soirée s’articulera autour de deux temps forts. D’abord la projection du film L’Amour et les forêts de Valérie Donzelli, adaptation du roman éponyme d’Éric Reinhardt décryptant les mécanismes et la dérive de l’emprise narcissique d’un mari sur sa femme suivant une rencontre amoureuse. La projection sera suivie d’un débat en présence notamment de la présidente du CIDFF du Gard (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) et d’autres acteurs engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

  • Les violences envers les femmes s’aggravent

    Les violences envers les femmes s’aggravent

    « Jeudi 13 novembre 2025, à Malakoff (92, Hauts-de-Seine), une femme a été poignardée à mort par son ex-compagnon au domicile de celui-ci alors qu’elle venait récupérer ses affaires. Il a ensuite menacé de se suicider avant d’être interpellé ». En cette fin d’année, sur le mur numérique de femmages (terme qui prend le contre-pied du mot hommages), l’association Nous toutes recense les féminicides en redonnant aux victimes une identité, un âge et les circonstances de leur assassinat ou meurtre.

    Selon Nous toutes, au 17 novembre, « on dénombrait 142 féminicides depuis le début de l’année ». Parmi eux, celui perpétré le dimanche 29 juin à Avignon (84, Vaucluse) : « Jessica, 37 ans, a été poignardée à mort par son mari devant leurs 4 enfants. Leur fille de 16 ans a également été blessée. Il avait déjà fait preuve de violence envers les enfants. » Depuis le début de l’année, au moins 42 enfants sont désormais orphelines ou orphelins suite à un féminicide, complète Nous toutes. Élise, elle, avait 80 ans. Le mercredi 29 janvier, à Portiragnes dans l’Hérault, l’octogénaire, « a été assassinée par son mari qui a été retrouvé pendu à proximité. L’auteur se serait plaint à de multiples reprises du comportement ” agressif” de sa femme. Rien ne justifie un féminicide, et ce, quelles que soient les raisons invoquées : la maladie, les troubles psychiatriques » martèle Nous toutes.

    Pour toutes ces femmes, le samedi 22 novembre, à l’occasion de la journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », Nous toutes sera dans la rue « contre les féminicides, les violences patriarcales, sociales et d’État, la destruction des services publics qui impacte plus fortement les femmes et les personnes minorisées, les guerres, les génocides et la montée des fascismes partout dans le monde. » Plusieurs organisations, syndicats et associations se mobilisent pour la même cause dans le Gard et dans l’Hérault (lire page 6). Cette journée revêt une dimension internationale. Fixée le 25 novembre par l’ONU partout dans le monde, elle donne lieu à de vastes mobilisations à l’heure où le masculinisme prospère notamment sur la toile. Dans l’Union européenne « 30,7 % des femmes ont subi des violences physiques ou des menaces et/ou des violences sexuelles » selon une enquête « menée de 2020 à 2024 sur les expériences subies par des femmes âgées de 18 à 74 ans vivant dans l’Union européenne en matière de violence physique, sexuelle et psychologique, y compris la violence au sein du couple mais aussi hors couple, ainsi que les violences subies sur le lieu de travail », expliquent les auteurs de l’enquête dont Eurostat (office statistique de l’Union européenne). En France, En 2024, « les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, un niveau quasi stable par rapport à 2023 (+0,4 %) » selon les chiffres publiés le 10 octobre par le ministère de l’Intérieur. Sachant que seule 1 victime sur 6 porte plainte auprès des services de sécurité, la « stabilité » doit être interrogée. Il est trop tard pour une jeune gardoise. Jeudi 9 octobre à Cornillon, « Lætitia, 37 ans, handicapée, a été retrouvée morte dans le coffre d’une voiture. Elle a été poignardée. Son compagnon a été interpellé », renseigne le mur de femmages 2025. « Près de 80% des femmes handicapées sont victimes de violences. Elles sont 4 fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que le reste de la population féminine », précise Nous toutes.

    Victime de violences, appelez :

    Enfance en danger : 119

    Violences femmes info : 3919

    Par sms, si vous ne pouvez pas parler : 114

    En cas d’urgence : 17

  • Béziers étudie une usine de dessalement

    Béziers étudie une usine de dessalement

    C’est un des effets du dérèglement climatique : face à la sécheresse, la ressource en eau se raréfie en France. Pire, sur le bassin méditerranéen, les scientifiques s’accordent à dire que les effets du dérèglement sont deux fois plus rapides que dans le reste de l’Hexagone.

    Béziers ne déroge pas à la règle. Surtout que les prévisions ne sont guère reluisantes. « La majorité de la ressource en eau utilisée sur l’Agglo de Béziers provient des nappes souterraines d’accompagnement de l’Orb. Or, selon les prévisions, d’ici une vingtaine d’années, le débit de l’Orb pourrait chuter de 45% », précise Olivier Sarlat, directeur de Veolia Eau en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. En ce sens, la multinationale
    – qui a conclu un contrat de gestion du service public d’eau potable avec l’Agglo de Béziers de 138 millions d’euros pour 12 ans à partir de 2027 – planche notamment sur l’étude d’un projet d’usine de dessalement d’eau saumâtre. « On viendrait pomper l’eau dans l’estuaire de l’Orb pour pouvoir alimenter une partie des besoins supplémentaires auxquels la collectivité devra faire face », poursuit Olivier Sarlat. Le dessalement se ferait par traitement membranaire, permettant ainsi de séparer le sel de l’eau.

    Un projet vertueux ?

    Si le projet n’est pas certain d’arriver à terme – l’étude, au stade d’ébauche, s’inscrit dans une stratégie globale de sobriété menée par Veolia aux côtés de la réutilisation d’eaux usées ou encore la lutte contre les fuites dans les réseaux – ses porteurs mettent en avant son caractère novateur. L’usine serait en effet une première en France. « Cette eau pompée dans l’estuaire n’a pas la même concentration en sel que la Méditerranée, qui est de l’ordre de 30 à 35 g de sel/L. Ici, on serait entre 5 et 10 g/L, ce qui fait que les rejets en sel seront moindres que si l’on pompait directement dans la mer. Ce dessalement est vertueux, car moins énergivore et respectueux de l’environnement », détaille le directeur occitan de Veolia.

    Pour autant, certains semblent circonspects quant à l’utilité d’un tel projet. « Encore une fois, on essaye de trouver une solution technique sans changer notre façon de faire. Mais il va falloir s’adapter, on ne peut plus vivre comme avant. On est dans le déni du dérèglement climatique », soupire Thierry Antoine, élu Les Écologistes à Béziers. Et celui qui est aussi candidat du Printemps de Béziers à la mairie de s’inquiéter de la pollution : « Où iront les rejets de saumures, des produits chimiques ? On connaît les conséquences que cela a sur la biodiversité marine. » Sur ce point, Olivier Sarlat se veut rassurant : « l’étude va explorer l’endroit où les rejets auraient le moins d’impact sur l’environnement. Ce ne sera pas dans l’estuaire. Une fois que l’on aura exploré toutes les pistes, l’Agglo de Béziers prendra sa décision. »

    Or, connaissant l’opportunisme du président d’extrême droite de l’Agglo Robert Ménard, il se pourrait que ce dernier surfe sur cette vague (un peu) verte afin de choyer son électorat et de parfaire sa communication. « Ce n’est pas la première fois qu’on nous promet une solution miracle dont on ne voit jamais le début de la queue, où l’on serait la première usine en France, que c’est fantastique, etc. Il y a eu tellement d’effets d’annonce – on a eu le colosse, le cinéma – que je me demande qui peut encore y croire  », s’amuse Thierry Antoine.

  • La carrière de Murles dans le brouillard

    La carrière de Murles dans le brouillard

    « Ce n’est pas un refus de principe, c’est un refus raisonné. » S’il se dit toujours « ouvert au dialogue », le président Alain Barbe pour qui « la protection de notre environnement doit rester prioritaire », fait partie de ceux qui ont mis un coup de frein au projet de renouvellement (pour 30 ans, échéance le 1er juin 2026) et d’extension de la carrière de Murles, ainsi que de création d’une Installation de stockage de déchets inertes (ISDI).

    Réunis en urgence en conseil communautaire le 10 novembre pour donner leur avis consultatif avant la fin de l’enquête publique (clôturée 12 novembre), les élus du Grand Pic Saint-Loup ont largement rejeté le seul dossier à l’ordre du jour porté par l’actuel exploitant du site dit du Grand Autas : Languedoc Granulats.

    Par 25 voix contre (17 pour, 5 abstentions), le projet de doublement de la surface exploitée (actuellement 43 hectares) a été retoqué. Quant à l’idée d’ajouter une ISDI, c’est carrément une fin de non recevoir (44 contre, 1 pour, 2 abstentions). Un choix tranché qui doit faire la joie du collectif citoyen d’opposants et qu’Alain Barbe justifie sans peine. « Je dois considérer l’équilibre global du territoire. À cette échelle, les garanties environnementales ne nous semblent pas suffisantes. Notre avis défavorable s’inscrit dans une logique de prudence et de responsabilité », pose celui qui est aussi maire des Matelles.

    Plusieurs avis contraires

    Quatre réserves expliquent la réticence de l’intercommunalité à accorder son blanc-seing. D’abord les dispositifs relatifs à la protection de l’eau lui paraissent « insuffisants ». Des contrôles plus rigoureux sont réclamés et la marge (30 mètres de profondeur) vis-à-vis de la nappe phréatique doit être « renforcée ». Alimentée par la source du Lez qui passe sous la carrière, la Métropole de Montpellier avait d’ailleurs émis un avis défavorable.

    Ensuite, la préservation de la biodiversité est mise en avant. Si l’Agence régionale de santé (ARS) a donné son feu vert, l’Autorité environnementale (MRAe) a émis plusieurs réserves et le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable en présence d’espèces protégées (aigle de Bonelli, lézard ocellé…), estimant qu’il n’y a pas de « raison impérative d’intérêt public majeur ».

    Le manque de clarté et de justification est aussi invoqué par la Communauté de communes concernant la gestion des déchets inertes. Enfin, les élus du Grand Pic Saint-Loup insistent sur le besoin de « réduire les nuisances » pour les riverains (bruit, gaz à effets de serre, poussière due au passage des camions). Un point qui fait écho aux inquiétudes du collectif relatives à la santé publique.

    À l’instar du directeur de la carrière, Eric Riguet, ne cache pas sa déception. Favorable au projet, le maire de Murles est convaincu que les élus ont fait valoir le principe de précaution par manque d’information. « Le dossier de 3 600 pages a été découvert 2 heures avant et le collectif a joué sur les peurs avec sa pétition en ligne qui comportait des erreurs. »

    Selon ce maire, les garanties données par la société privée sont probantes. « Des capteurs ont été identifiés, il n’y a pas de vibration. À aucun moment les seuils de tolérance ne sont atteints. Au sujet de la poussière, les premières maisons sont à plus d’un kilomètre. Si l’ISDI pose problème, la société est prête à l’enlever. » Quant à la nappe phréatique, « dans 30 ans, il restera encore 30 mètres de marge », rassure Eric Riguet.

    Pour l’édile qui avait été élu sur la liste de l’écologiste Clothilde Ollier en 2014, cette mutation est indispensable. « Cela fait 30 ans que la carrière travaille en toute transparence. Ce ne sont pas des voyous, 14 emplois sont en jeu. » Si demain ce site fermait, « il faudrait en ouvrir un autre ailleurs », assure-t-il, tandis que ce territoire compte deux autres carrières à Combaillaux et Viols-le-Fort.

    Consultatif, l’avis défavorable du Grand Pic Saint-Loup ne présage en rien du choix à venir du préfet de l’Hérault. Lequel devra se prononcer après avoir pris connaissance du rapport du commissaire enquêteur qui lui sera remis le 2 décembre.