Tag: Hérault

  • Django, Davis et Ellington à l’honneur à Bayssan

    Django, Davis et Ellington à l’honneur à Bayssan

    Lier création et tradition. Tel est le credo de la 4e édition de Jazz à Bayssan, qui se déroulera du 30 janvier au 1er février au domaine éponyme. Une nouvelle édition qui fait la part belle à de grandes figures de jazz : Django Reinhardt mais aussi Duke Ellington et Miles Davis. Un trio de stars qui sera revisité par des talents d’aujourd’hui – 33 artistes pour cinq concerts – tout au long du festival.

    Premier rendez-vous le 30 janvier, avec le trio de Baptiste Herbin pour un Django revisité pour le moins original puisque le concert se fera sans guitare ni piano. « C’est très audacieux. C’est une proposition qui donne une autre sonorité au répertoire de Django Reinhardt, Baptiste vient de sortir son nouvel album, “Django”. Mais on souhaitait avoir les deux versants. Ce concert sera précédé par Adrien Moignard avec son 4tet à cordes. C’est un des guitaristes de jazz manouche les plus reconnus aujourd’hui », détaille Bruno Houlès, directeur de la Scène de Bayssan.

    Le 31 janvier, Miles Davis sera revisité sous un air de flamenco, à travers la rencontre entre le trompettiste Erik Truffaz et Antonio Lizana (20h). Un concert précédé par celui du quartet Prima Kanta, nourri d’influences de Philip Glass.

    Il reviendra au jeune trompettiste Béesau de fermer la marche, le 1er février, pour un concert teinté de hip-hop et d’électro, dans l’intimité de la Chapelle Saint-Félix. « C’est une belle découverte, il viendra avec son quartet, sa trompette singulière et son souffle particulier.  »

    * Programme complet à retrouver sur : scene-de-bayssan.herault.fr.

  • Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    À deux mois des municipales, Michaël Delafosse entre en campagne. Le maire PS sortant, candidat à sa réélection, vient de dévoiler les premières mesures de son programme, le 26 janvier dans son tout nouveau local de campagne dans le quartier Antigone.

    Dans le contexte austéritaire infligé par l’État, le maire socialiste veut agir en faveur du pouvoir d’achat des Montpelliérains. Des mesures qui s’inscrivent dans la lignée du mandat actuel, durant lequel a été mise en place la gratuité des transports dont bénéficient plus de 470 000 résidents de la métropole de Montpellier. « Nous allons amplifier ce bouclier social avec la création d’un office municipal du pouvoir d’achat, qui s’inspirera de la mutuelle communale que nous avons mise en place. Cet outil permet d’avoir une garantie santé moins chère que celles existantes. Il fonctionne bien, nous allons donc l’élargir à l’assurance habitation multirisque », soutient Michaël Delafosse.

    En résumé, la collectivité négociera directement avec les opérateurs pour réaliser une commande groupée, ce qui permettra de faire baisser la facture pour les habitants. Le même mécanisme sera à l’œuvre pour les alarmes, les ventilateurs ou encore les pompes à chaleur. L’énergie est également au cœur du programme de l’édile puisque ce dernier ambitionne de poursuivre le raccordement des logements au réseau de chaleur urbain. « Avec cet accès maîtrisé du prix de l’énergie, la facture sera moins chère de 10% », soutient Michaël Delafosse.

    Soutenir les centres de santé associatifs

    Après la gratuité des transports, c’est celle des médiathèques que le candidat veut instaurer. « L’immense défi de notre société est notre rapport au livre, à l’écriture. Les médiathèques sont une ressource pour le savoir et nous proposerons un accès universel au réseau des quinze médiathèques  », développe le socialiste.

    La lutte pour le pouvoir d’achat passe également par la santé. « Même si nous ne sommes pas un désert médical, il faut être vigilant sur l’accès aux soins en renforçant l’offre », fait valoir Michaël Delafosse. Ainsi, le maire sortant s’engage à soutenir les centres de santé associatifs déjà existants et à aider à la construction de maisons de santé de la Région Occitanie dans les quartiers prioritaires de la Ville. Tout comme l’implantation d’une antenne du CHU à la place de l’ancienne tour d’Assas, dans le quartier Mosson.

    Montpellier compte près de 46 000 habitants âgés de 65 ans et plus. Un plan de lutte contre leur isolement figure également en bonne place dans le programme. Il comprend la réinstallation de concierges dans le parc social, le développement d’une application « anti-chute », l’installation de bancs publics. Surtout, il prévoit le développement de résidences intergénérationnelles et la construction de quatre résidences sociales seniors – deux sont déjà engagées. Une manière de « prendre soin de nos aînés », insiste le maire-candidat.

    « De bonnes choses »

    Ces annonces sont bien accueillies par Claude Gaubert, responsable montpelliérain de l’UFC-Que Choisir. « Se regrouper pour obtenir de meilleurs prix est une bonne chose. D’autant que pour certains produits, comme les pompes à chaleur, le risque d’arnaque est non négligeable. Si cet office municipal du pouvoir d’achat peut apporter aussi de la sécurité, c’est mieux ». Des mesures qui devront être accompagnées d’une meilleure information : Claude Gaubert regrette le faible engouement actuel des consommateurs pour ces achats groupés.

  • [Grands projets] 10 ans de l’Occitanie : pari gagné selon Carole Delga

    [Grands projets] 10 ans de l’Occitanie : pari gagné selon Carole Delga

    Audacieux et risqué. Il y a 10 ans, lorsque le président François Hollande décide de fusionner des Régions, la réforme suscite des craintes, surtout côté Languedoc-Roussillon. « C’est un pari que certains pensaient impossible à réaliser », se souvient Carole Delga, qui sera élue présidente de la nouvelle Région Occitanie le 4 janvier 2016. « La perte de statut de capitale régionale (au profit de Toulouse) faisait peur à Montpellier. Les dernières études ont prouvé que Montpellier est toujours très attractive. »

    Pour la présidente socialiste, le mariage entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, que Georges Frêche appelait de ses vœux, a fonctionné, en dépit de la fronde initiale des Catalans qui ne s’estiment pas « Occitans ». Elle y voit deux raisons majeures. D’abord « nous avons une culture commune. Nous sommes tous latins, romains, héritiers des États du Languedoc ». Ensuite, elle salue le milieu économique qui a tout de suite joué le jeu. « Les contacts se sont faits naturellement entre industriels. »

    En une décennie et quasiment deux mandats (2016-2021 puis 2021-2028), la majorité régionale de gauche a structuré un territoire à la croissance démographique exponentielle. Avec 42 000 habitants de plus accueillis chaque année, « nous devons créer 25 000 emplois annuels pour ne pas que le chômage augmente », rappelle Carole Delga, qui dit avoir ciblé le bassin alésien, Nîmes et Montpellier sur la santé ou les industries culturelles et créatives depuis l’élection de Michaël Delafosse en 2020. « Avant [avec Philippe Saurel, Ndlr], j’étais malheureuse de voir Montpellier se recroqueviller dans des guerres stériles, des débats minables. »

    Dans le but de devenir la première région à énergie positive d’ici 2050, c’est ainsi qu’a été fait le choix de développer les énergies renouvelables, dont la filière hydrogène. À Béziers avec Genvia ou en Méditerranée à Port-la-Nouvelle. « D’ici 5 ans, nos 6 fermes éoliennes deviendront commerciales et produiront de l’énergie pour 500 000 habitants. »

    « On va faire face »

    Sensible au pouvoir d’achat des familles dans une région qui souffre de pauvreté, Carole Delga se félicite de proposer « la rentrée la moins chère de France ». Ordinateur portable et livres offerts aux lycéens, transports scolaires gratuits symbolisent l’effort, tandis que le lycée de Cournonterral ouvrira ses portes en septembre 2026. « Une histoire de fossé empêchait sa construction. J’avais mis un ultimatum à l’ancien préfet Moutouh en lui disant d’arrêter ses âneries et on a eu le feu vert. »

    Dans une région aussi vaste que l’Autriche (13 départements), les mobilités sont un autre enjeu majeur. En dépit du pantouflage de la SNCF, le pari du rail a été relevé avec brio. Billets à 1 euro, réouvertures de gares et de petites lignes (rive droite du Rhône, Montréjeau-Luchon et bientôt Alès-Bessèges) ont permis d’accroître la fréquentation des TER de 68% depuis 2019. Reste à relever le pari coûteux de la Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Ou celui de l’avion vert, un jour peut-être moins polluant. « Je suis contre l’assignation à résidence, cette idée qu’il faudrait arrêter de se déplacer pour ne plus polluer. L’enfermement, le repli sur soi, c’est épidermique. Je crois à la rencontre, au fait de relier les gens. »

    Depuis 10 ans, une attention particulière est portée aux agriculteurs qui souffrent de crises en cascade en raison du contexte géopolitique et du dérèglement climatique. « Nous voulons être une terre de reconquête de la souveraineté alimentaire ». Un plan de soutien à la conchyliculture sera présenté au salon de l’agriculture. L’Occitanie a aussi obtenu des expérimentations sur l’eau (forages, retenues d’eau, réutilisation des eaux usées, tuyau d’irrigation Aqua Domitia 2…).

    Autant de projets handicapés par le désengagement de l’État, qui a raboté ses dotations à la région de 500 millions d’euros en 3 ans. En 2026, l’Occitanie perdra 36 millions de plus. Une décision qualifiée par la présidente socialiste « d’injuste, d’indigne ». Le budget 2026 qui sera voté le 12 février s’annonce complexe. « C’est un très vilain coup mais on en a vu d’autres, on va faire face. »

  • [Entretien] Jean-Pierre Lacan : « Reconnaître la Méditerranée comme un espace humanitaire »

    [Entretien] Jean-Pierre Lacan : « Reconnaître la Méditerranée comme un espace humanitaire »

    La Marseillaise : Quels seraient vos souhaits pour cette année 2026, vos attentes ?

    Jean-Pierre Lacan : Que cette année soit moins meurtrière, évidemment, en Méditerranée et notamment en Méditerranée centrale, qu’elle ne l’a été en 2025. Aussi, que les actions de sauvetage de la société civile au travers des ONG ne soient plus entravées comme elles le sont aujourd’hui. C’est essentiellement ça que je souhaite pour cette année 2026, qui est, faut-il le rappeler, l’année des 10 ans opérationnels de
    SOS Méditerranée.

    Justement, quel regard porter sur le chemin parcouru en 10 ans ?

    J.-P. L. : C’est un chemin qui n’a pas été pavé de roses. Quand on est né en 2016, 2015 juridiquement, il y a beaucoup de morts en Méditerranée, on parle de 46 000 depuis 2000. On se dit alors qu’il va y avoir une prise de conscience des États. Nous sommes deux ans après le terrible naufrage de Lampedusa en octobre 2013. Quelques semaines après, est lancée l’opération Mare Nostrum par le gouvernement italien mais les États européens ne le soutiennent pas. L’UE explique que ça va créer un appel d’air qui attire l’immigration, que ça coûte très cher et qu’il faut arrêter. Et les choses s’arrêtent. Nous avons donc pris le relais car les naufrages continuent. C’est là que l’Europe va mettre en place cette politique d’externalisation de la frontière. On va confier aux Libyens le soin de verrouiller la frontière maritime de l’Europe et on arrive aujourd’hui à une situation absolument catastrophique, avec ces morts qui s’ajoutent aux morts en Méditerranée, on en dénombre 33 231 depuis 2014. C’est l’axe migratoire le plus mortel du monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Dix ans après, on n’est pas très optimiste et on souhaite que ça s’arrête, que les choses évoluent dans le bon sens, qu’enfin la Méditerranée soit reconnue comme un espace humanitaire.

    D’autant que la situation empire avec cette attaque des garde-côtes libyens qui criminalisent encore plus les actions des ONG…

    J.-P. L. : Oui, le 24 août 2025, notre navire – battant le pavillon norvégien – était sur une opération de sauvetage et s’est fait tirer dessus par des garde-côtes libyens, une centaine d’impacts ont été relevés sur le navire sans que ça provoque la moindre émotion. L’attitude libyenne est probablement expliquée par le fait que les Libyens appliquent de manière zélée les termes de l’accord d’externalisation de la frontière avec l’UE. C’est-à-dire que l’objectif est chiffré, on empêche les gens de passer, de franchir la Méditerranée par tous les moyens, y compris en allant jusqu’à tirer. Il faut impérativement, pour les Libyens, rendre étanche la frontière. Ils n’y sont pas parvenus, ils n’y parviendront jamais. C’est ça le drame dans cette affaire.

    Pourtant il est impossible d’empêcher ces exilés de venir…

    J.-P. L. : Bien évidemment, malgré les efforts que déploient les garde-côtes libyens, les gens continuent à franchir la Méditerranée. Les arrivées en Europe ont un peu baissé par rapport à 2024, en Italie très précisément. Mais de peu. Cette année, à peu près 66 000 personnes sont arrivées en Italie par les voies maritimes. En 2024, on était à 66 600… La différence n’est pas significative, tout ça est très conjoncturel, ça dépend des périodes, des moments. On connaissait les départs depuis la Tunisie et la Libye vers l’Italie. Mais il faut ajouter une autre route qui a émergé ces derniers temps. C’est une route au départ de l’Est libyen, de la région de Tobrouk vers la Crète. En 2025, on était à un peu plus de 18 000 arrivées en Crète.

    Pour pallier l’absence de réaction des pouvoirs publics, il y a tout le travail des bénévoles. Quelque chose à encourager ?

    J.-P. L. : Oui, la mobilisation citoyenne, c’est quelque chose de majeur à SOS Méditerranée. Aujourd’hui, on est à plus de 900 bénévoles partout en France, dans une trentaine d’antennes. L’antenne Hérault-Gard est l’une des plus importantes et des plus actives, étant présente dans de nombreux événements pour porter l’image et le plaidoyer de SOS Méditerranée. On fait également beaucoup d’interventions auprès des écoles, des lycées, des collèges pour porter cette parole, qui est le fruit de notre expertise en matière de témoignages à bord des navires. Cette réalité est bien souvent ignorée de bon nombre de gens. Et donc ça, c’est notre boulot de bénévoles. Alors, oui, c’est terriblement important. On fête cette année nos 10 ans d’opérations en mer, on n’aurait jamais pu continuer à vivre, à franchir cette décennie s’il n’y avait pas eu derrière une forte mobilisation citoyenne. L’essentiel de notre budget est apporté par la mobilisation citoyenne.

    * À l’occasion des 10 ans de SOS Méditerranée, un ciné-débat autour du film de Jean-Paul Marie, « Les migrants ne savent pas nager », est organisé le 29 janvier, à Castelnau-le-Lez avec l’association Les Amis de la Vie.

  • Le chantier de réhabilitation de la Mobil à Frontignan touche à sa fin

    Le chantier de réhabilitation de la Mobil à Frontignan touche à sa fin

    Après des années de lutte et de négociations avec l’industriel, la réhabilitation environnementale du site de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil de Frontignan, exploitée par la société pétrolière et gazière américaine pendant plus de 80 ans jusqu’à son démantèlement en 1986, a débuté en 2022. Pris en charge par Esso, devenu il y a quelques mois North Atlantic, cet énorme chantier de dépollution à plus de 60 millions d’euros – un des plus gros d’Europe – a consisté à excaver 11 hectares de terres impactées par des hydrocarbures et des métaux lourds. Il touche aujourd’hui à sa fin.

    170 000 m3 de terres excavées

    Après avoir été déplacée pour la 16e fois le 28 octobre dernier, l’immense tente gonflable de 120 m de long par 50 m de large et 16 m de haut, « dispositif unique au monde destiné à limiter les émanations d’odeurs d’hydrocarbures », a été déplacée pour la dernière fois le 7 janvier afin d’accueillir la dernière ligne droite d’un chantier qui s’achèvera début mars. « 170 000 m3 de terres auront ainsi été excavées de 1 à 4 m de profondeur, dont 85 000 m3 auront été évacués hors site » vers des centres agréés, indique la Ville de Frontignan dans un communiqué. Suivront trois mois de démantèlement (démontage de la tente gonflable, de la tente conventionnelle utilisée pour le criblage et le stockage des terres, de l’unité de traitement des eaux, de la base-vie, nivellement final et repli des engins de chantier… )

    « L’achèvement prochain de ce chantier hors-norme marque une étape majeure pour Frontignan-la Peyrade », déclare le maire de la commune, Michel Arrouy (PS). « Après des décennies d’attente, ce site emblématique de notre histoire industrielle va enfin être dépollué, dans des conditions exemplaires et intégralement prises en charge par l’industriel responsable. C’est un soulagement pour les habitants et une réussite collective. Nous pouvons désormais nous projeter vers l’avenir », se réjouit l’édile. Une fois les terrains restitués à la commune, l’heure sera en effet à la reconversion du site, qui « ouvrira la voie à un projet structurant pour le territoire, avec le déplacement de la gare, la création d’un pôle d’échanges multimodal et l’accueil d’activités économiques tournées vers la transition écologique », précise Michel Arrouy.

  • [Entretien] Kami Tavakoli : « En Iran, la peur a changé de camp »

    [Entretien] Kami Tavakoli : « En Iran, la peur a changé de camp »

    La Marseillaise : Ce mouvement de contestation est parti du bazar de Téhéran, contre la vie chère ?

    Kami Tavakoli : En effet, le point de départ était une dévaluation très importante de la monnaie iranienne, mais c’est une raison beaucoup plus profonde qui n’était pas seulement une contestation contre la vie chère. En réalité, depuis l’arrivée de ce régime, il y a 47 ans, à chaque fois la moindre contestation a été vraiment réprimée. C’est dû à une accumulation de beaucoup de choses et l’incapacité du régime d’offrir une vie normale pour les Iraniens. Le mouvement s’est propagé dans plus de 150 villes et localités. Le régime islamique ne s’attendait pas à un tel niveau de contestation vu la répression qu’il faisait régner. Les Iraniens sont descendus massivement dans les rues, mais très pacifiquement. Ils sont venus crier leur ras-le-bol, trois quarts des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté alors que l’Iran détient une richesse incroyable en termes de ressources.

    La répression est féroce, on parle de milliers de morts…

    K. T. : Selon le média Iran International, 12 000 Iraniens auraient été massacrés. Malheureusement, ce chiffre est sous-estimé, d’autres médias internationaux avancent des chiffres plus importants. C’est une tuerie de masse, un crime contre l’humanité. Il y a eu tellement de monde dans la rue que la République islamique a eu peur que les gens prennent les administrations, la télé. Donc comme ils ne pouvaient rien faire avec le gaz lacrymogène, ils ont mobilisé les gardiens de la révolution avec des armes de guerre pour tuer.

    Tous les mouvements antérieurs ont été écrasés et rien n’a changé…

    K. T. : On ne peut pas dire que rien n’a changé. La peur a changé de camp. Ce n’était pas du tout le cas avant la révolte « Femme, vie, liberté » de 2022. La preuve, c’est qu’il y a un slogan : « n’ayez pas peur, nous sommes ensemble ». Et après 47 ans de répression, cela a aussi amené une culture de laïcité, de liberté, de la démocratie.

    L’opposition pourra-t-elle se ranger derrière un leader ?

    K. T. : Il y a Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah d’Iran. Son nom est scandé dans les manifestations. Ce n’est pas sans raison parce qu’à la différence du mouvement « Femmes, vie, liberté », les Iraniens savent qu’il y a un programme après la République islamique. Reza Pahlavi a réussi à fédérer une opposition de la droite à la gauche autour de plusieurs axes. Un, l’unité de l’Iran, un et indivisible. Deux, la future constitution doit se baser sur la charte des droits de l’Homme. Troisièmement, la laïcité, un élément majeur. Enfin, le droit total et absolu des Iraniens à l’autodétermination dans les urnes. Les Iraniens font confiance à une personnalité qui représente vraiment une opposition plurielle pour faire tomber la République islamique.

  • Hérault : un festival documentaire pour les jeunes

    Hérault : un festival documentaire pour les jeunes

    Au programme, samedi 31 janvier :

    À 14h30, projection de « Escargots, le grand voyage du petit-gris », de Lucas Allain et Basile Gerbaud, (44 minutes, dès 7 ans.) Aux îles Féroé, un groupe de bébés escargots voit le jour. Depuis un sous-bois français jusqu’aux confins de l’Atlantique, ce documentaire remonte le fil de leur incroyable odyssée, en racontant la vie d’un petit-gris. Une épopée minuscule, pleine de drôlerie et de poésie.

    À 15h45 : « Esperança + atelier collectif » de Cécile Rousset, Jeanne Paturle et Benjamin Serrero, (6 minutes, dès 7 ans). Esperança, 15 ans, vient d’arriver d’Angola avec sa mère. À la gare d’Amiens, elles ne savent pas où dormir et cherchent quelqu’un qui pourrait les aider.

    – À 16h30 : « Dans la Légende », épisode 1 de Alexandre Pierrin, (30 minutes, dès 9 ans). Une plongée inédite dans le championnat français du jeu vidéo le plus joué au monde : La ligue française de League Of Legends (LFL).

    À 17h30 : « Bac à sable » de Charlotte Cherici et Lucas Azémar, (58 minutes, dès 11 ans). Dans la vraie vie, certains veulent devenir chirurgiens, d’autres policiers, ou chauffeurs de taxi. Il y en a qui rêvent d’amour, de bonne fortune ou de se faire une place de choix au sein de la cité. Dans ce territoire virtuel, dans cette ville californienne où l’on parle français, c’est pareil, on fait comme dans la vraie vie. La diffusion sera suivie d’un tournoi de jeu vidéo sur grand écran.

    Dimanche 1er février :

    À 11h : « Le renard qui a sauvé son île  », de Emma Baus, (52 minutes, dès 7 ans). Ce documentaire suit les renards de l’île de Santa Cruz, qui sont de véritables miraculés. En effet, au début des années 2000, leurs ancêtres ont frôlé l’extinction et ont failli disparaître à tout jamais. Leur destin étant intimement lié à celui de leur habitat, l’écosystème insulaire a alors été entièrement déstabilisé… jusqu’à ce qu’une opération de conservation majeure soit organisée, permettant au renard de prospérer à nouveau. La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.

    – À 14h : « Tardigrade » de Raphaël Hitier et Sally Blake (52 minutes, dès 8 ans). Populaire mais encore mystérieux, adorable et doté de superpouvoirs, le Tardigrade est une créature à part pour le grand public, mais aussi pour les scientifiques qui, depuis peu, se penchent sur les extraordinaires capacités de résistance de cette drôle de bestiole de la taille d’une tête d’épingle. La projection sera suivie d’un atelier d’observation au microscope avec des scientifiques spécialistes du Tardigrade.

    – À 16h30 : cérémonie de remise des prix.

  • [Quoi de neuf] Luis Pannier, Paola Cadenas et Aurora Sambrano : « Les Vénézuéliens veulent reconstruire leur pays »

    [Quoi de neuf] Luis Pannier, Paola Cadenas et Aurora Sambrano : « Les Vénézuéliens veulent reconstruire leur pays »

    Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, au mépris du droit international, nos invités reviennent sur la situation au Venezuela.

    Louis Dupin : Dans quel état est le peuple vénézuélien ?

    Luis Pannier : Le peuple a été soumis à un fort exode. Effectivement, sur les 28 millions, on pense que 11 millions de Vénézuéliens ont fui le pays en 26 ans. Il y a effectivement des Vénézuéliens, qui se sont installés aux États-Unis, en Europe, depuis la mise en place de ce régime autocratique qui a appauvri, qui a détruit le pays. Pour certaines raisons dont le monde ne connaît pas, il faut aller là-bas pour voir ce qui se passe réellement. Dans un sondage réalisé du 6 au 11 janvier, où l’on demandait au peuple vénézuélien plusieurs questions concernant la situation de l’enlèvement. 92% remercient Trump d’avoir enlevé Maduro, d’extraire un dictateur. 14% pensent que les États-Unis contrôlent le Venezuela, 68% pensent que non et 17% n’ont pas d’opinion. 80% craignent d’être arrêté s’ils manifestent leur contentement ou qu’ils s’expriment publiquement contre le chavisme. 86% pensent que Maduro a été trahi par les autres chavistes de son gouvernement. Par rapport à cette idée de transition, 90% de la population vénézuélienne ne fait confiance à aucun dirigeant chaviste.

    Olivier Notale : En France, il y avait une vague d’admiration devant ce bolivarisme. Mais en allant sur place, on se rend compte qu’il y a un malaise…

    Paola Cadenas : En 2024, quand les élections ont été remportées avec beaucoup de difficultés, sans institutions, mais avec une organisation citoyenne admirable, épique. Il y a eu des manifestations de joie avec la victoire d’Edmundo Gonzalez. 2 000 personnes sont allées en prison à ce moment-là et on en parle trop peu, il y a des Françaises, des Français, des Américains, c’est impressionnant. Ils sont en train de libérer, il y en a encore 900. On parle de « portes tournantes » parce que quand 20 personnes sont libérées, 30 autres vont en prison. Des jeunes ont été incarcérés. Mon frère m’a envoyé par WhatsApp une photo de gardes de la police nationale, parfois cagoulés, qui peuvent t’arrêter. J’insiste, on n’est pas dans un débat politique ou idéologique. Au moment où il y avait le gouvernement de Chavez, on pouvait penser la gouvernance. Là, on a une organisation criminelle qui s’approprie le pays. Ce sont des petits mafieux.

    L.D. : Comment expliquer cette dérive de Maduro ?

    P.C. : Maduro a été désigné comme héritier de Chavez. Chavez l’a laissé au pouvoir. À partir de là, toutes les élections ont été contestées, pas reconnues par les organisations internationales. Il y a eu 17 tentatives de dialogue et de négociation pour arriver aux élections. Et à chaque fois, ils gagnaient du temps et volaient de l’argent. Il y a 176 lingots d’or que la Suisse vient de découvrir sur un compte personnel de Maduro. Il y a donc la géopolitique d’un côté, et
    tout ce qui est de l’organisation interne, comment les Vénézuéliens font pour survivre. Le salaire mensuel n’arrive pas à deux euros.

    O.N. : Cette transition -qui se met en place- sera longue ou le peuple vénézuélien va se prendre en charge ?

    Aurora Sambrano : On ne peut pas savoir parce qu’on commence par étapes. La première étape, c’est la libération des prisonniers politiques. C’est ce qui a été à peu près convenu avec les secteurs de position un peu influents, parce qu’il y a plusieurs oppositions au Venezuela. La majoritaire, c’est celle de María Corina Machado, mais il y en a d’autres. Il y a un consensus pour la libération des prisonniers politiques. C’est un début mais, pour l’instant, il y a que 160 qui ont été libérés et il en manque un millier. Et encore, certains prisonniers politiques ne sont pas recensés, et cetera. En même temps, il y a la mise à pied de certains de dirigeants en conflit avec les États-Unis.

    L.D. : On pense par exemple à Alexis Saab, proche de Maduro et ministre de l’Industrie, qui a été limogé récemment. Un signe de cette transition qui se déroule enfin par étapes ?

    A.S. : Oui mais c’est pour l’instant le seul, un prête-nom de Maduro, parce qu’il y en a, il y en a des vingtaines ou des trentaines. Il y a d’autres personnalités qui sont dans une liste, mais on n’en connaît pas tous les détails. Et c’est par ailleurs à cause de ça que Trump a menacé [la présidente par intérim] Delcy Rodirguez de connaître un sort pire que Maduro si elle ne fait pas les choses comme il faut.

    O.N. : Le peuple vénézuélien a décidé de se prendre en main. Pour autant, il n’y a pas de manifestations extraordinaires…

    P. C. : On ne veut pas être tué, on ne veut pas être la chair de chair à canon. Je pense qu’il y a une maturité politique et on les voit avec le calme qui a suivi le 3 janvier et l’enlèvement. Il y a beaucoup d’attention, on est attentif et on surveille ce qui se passe. Il y a une volonté de démocratie, d’aller voter.

    Avant, on faisait des manifestations et on voulait que tout se passe vite. Maintenant, j’entends les gens vouloir reconstruire leurs pays, être là pour reconstruire.

    C’est une joie énorme. On veut tous être tous réunis et il y a plein de gens qui veulent retourner dans leur pays, moi y compris.

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Novice en politique en 2020, le milliardaire Mohed Altrad a échoué à devenir maire de Montpellier. Troisième avec 13,31% au premier tour (6 899 voix) et à la même place au second tour avec seulement 18,12% (9 226 voix), il a fini d’être plombé par son alliance opportuniste incomprise avec Alenka Doulain (proche des Insoumis) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Pas de quoi refroidir l’homme d’affaires qui jure avoir appris de ses « erreurs ». « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », a-t-il confié à ses 500 soutiens venus l’écouter au Dièze Warehouse. Parmi eux figuraient le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Édouard Philippe), l’ex-secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ancien maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts » avec des plantations à « 435 000 euros l’arbre place de la Comédie ».

    Ultra-protégé avant sa montée sur scène, Mohed Altrad n’a lui aussi pas tardé à dégainer. « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants », prévient le patron du club de rugby (MHR) en conflit avec la municipalité au sujet du stade et de son projet de « village rugby ». Il projette de revoir les attributions de subventions aux associations pour « mettre fin au clientélisme ».

    Cantines gratuites

    et couvre-feu dès 22h

    Pour convaincre les curieux, il a d’abord recyclé sa parabole de « l’enfant du désert » parti de rien pour devenir richissime. Plutôt qu’un « politicien de plus » dont Montpellier dit-il n’a pas besoin, il se présente comme un « bâtisseur ». Fort de son succès dans les affaires, il promet – sans dire comment – de créer 30 000 emplois et de faire de Montpellier une « ville zéro chômeur », ce qui n’existe nulle part ailleurs.

    Au risque que cela déplaise à la frange droitière de son électorat, il souhaite doubler le nombre d’habitats sociaux et favoriser l’accession à la propriété après 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison. » Pour transformer « l’une des villes de sa taille parmi les plus pauvres de France », Mohed Altrad entend « passer de la politique des discours à la politique des actes ».

    Procès en appel en 2026

    Jonglant avec les paradoxes, il critique le coût de la gratuité des transports – « Un jour quelqu’un devra payer la note » – mais n’y touchera pas puisqu’elle est appréciée. Il fustige la « Ville qui vit à crédit » mais promet « des cantines scolaires gratuites pour tous les enfants sans conditions ». Le tout sans hausse d’impôts. Acrobatique.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, Mohed Altrad prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon. » Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas. »

    À bientôt 78 ans, l’entrepreneur qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut son entrée en campagne sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations. » Quand on pèse plusieurs milliards d’euros, c’est plus simple. En revanche pas un mot sur sa condamnation en première instance pour « corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux » dans l’affaire qui le lie à la Fédération française de rugby. En septembre 2026, les compteurs seront remis à zéro lors du procès en appel. Fin 2022, Mohed Altrad avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

  • Serge Caro (CGT), nouveau président des Prud’hommes de Montpellier

    Serge Caro (CGT), nouveau président des Prud’hommes de Montpellier

    C’est une rentrée solennelle marquée par un départ regretté. Celui de Jean-Paul Luce, élu CGT au sein du collège salarié durant 27 ans, tour à tour président et vice-président de la juridiction, frappé par la limite de 5 mandats fixée par les nouvelles dispositions gouvernementales de 2023. Lesquelles imposent également une limite d’âge de 75 ans. « Des textes votés entre autres par des sénateurs dont je tairais, par pudeur, pour bon nombre d’entre eux, non seulement leur âge en fonction mais aussi leurs cumuls de mandats  », ironise, dans son discours de rentrée, Serge Caro (CGT), nouveau président du Conseil des prud’hommes de Montpellier. L’occasion de rendre hommage à la qualité du travail de son collègue, à l’unisson du président sortant issu du collège employeur, Yann Fortunato, qui a salué « l’engagement, le sens des responsabilités et la droiture » de Jean-Paul Luce.

    En cette année 2026, qui ouvre un nouveau mandat de 4 ans, Serge Caro, élu CGT issu des organismes sociaux, aujourd’hui à la retraite, prend donc la tête d’un Conseil des prud’hommes largement renouvelé, avec 52 nouveaux conseillers. 9 sièges sur les 166 que compte la juridiction n’ont toutefois pas été pourvus. Le nouveau président, fort de 17 ans d’ancienneté au sein de ce conseil, en a profité pour « déplorer les conséquences de l’augmentation du nombre de conseillers », passés, pour Montpellier, de 144 à 166 depuis 2023, « sans y affecter quelques moyens humains et matériels adéquats. Le résultat est que ça n’a contribué qu’à affaiblir considérablement l’expérience de chaque conseiller, siégeant bien moins en audiences et du coup, réduisant de fait bon nombre de rédactions de jugements. »

    Une explosion des affaires

    Pour autant, le Conseil peut s’enorgueillir, pour 2025, d’une diminution des délais de traitement. La durée moyenne d’une procédure est de 18,2 mois contre 18,8 mois en 2024, et de 42,8 mois lorsqu’elle fait l’objet d’un départage (recours à un magistrat professionnel lorsque les 4 conseillers ne tombent pas d’accord), contre 52,4 mois en 2024.

    L’année écoulée s’illustre par ailleurs par une forte augmentation de son activité (les licenciements représentant l’immense majorité des contentieux) : avec 1 996 affaires nouvelles (référés compris) entre 2024 et 2025, le Conseil des Prud’hommes enregistre une progression de 18,25%. Une hausse continue depuis 2022. Malgré cette augmentation, la juridiction parvient à maîtriser son stock, avec 2 573 affaires en cours de traitement (contre 2 407 en 2024) et 1 825 affaires terminées (une centaine de plus qu’en 2024). À noter également que le taux d’appel au fond devant la chambre sociale est en baisse (24,1% en 2025 contre 26,6% en 2024), très loin d’une moyenne nationale autour de 60%. « Le conseil rend des décisions justes et comprises
    par les parties
     », se félicite le président sortant Yann Fortunato.

    Au vu de ces résultats, la juridiction, qui souffre notamment « d’un déficit structurel de personnels de greffe », comme le souligne Serge Caro, a bien du mérite. « Comment peut-on imaginer que l’on préfère indemniser des préjudices liés au dysfonctionnement de la justice au lieu de recruter du personnel qualifié, indispensable et nécessaire à notre juridiction ? », interroge le nouveau président à l’intention de l’État. Il pointe également les dérives du fameux barème Macron imposé à la juridiction prud’homale : « Les plafonds indemnitaires ne répondent absolument pas à la réparation du préjudice réellement vécu. »