Tag: Hérault

  • La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    À gauche, il y a deux manières d’analyser les résultats des sénatoriales dont l’officialisation en préfecture de l’Hérault aura été laborieuse, dimanche 27 septembre, en raison de la mystérieuse disparition du procès-verbal du 11e bureau.

    La première lecture, c’est de se dire qu’avec la réélection d’Hussein Bourgi (PS) et l’accession de Julie Frêche (PS) au palais du Luxembourg, la liste d’union PS/PCF/Place Publique a réussi son coup. Difficile de dire autre chose au vu des 793 voix recueillies sur 2710 votants (2730 inscrits) alors que PS et PCF n’en avaient obtenu que 561 et 84 en partant séparés en 2020. Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), c’est la preuve que « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place publique » a porté ses fruits.

    De même que le travail de terrain mené depuis 2020 par H. Bourgi. Lequel a tout de suite salué Julie Frêche comme la « première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ». « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne », a tenté de rassurer l’élue Montpelliéraine qui va devoir laisser son poste de vice-présidente à la Métropole.

    Revers pour K. Mesquida

    La seconde manière de lire le scrutin, c’est se souvenir que la gauche héraultaise comptait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Christian Bilhac et Henri Cabanel) et n’en a plus que deux. La faute à la division. Car les 5 autres listes de gauche ont toutes échoué. En dépit d’un faible nombre d’élus locaux, Les Écologistes d’Agnès Gizard-Carlin (49 voix) et les Insoumis d’Alexia Laforge (119 voix) ont préféré se compter plutôt que s’entendre. Même échec au Département de l’Hérault, où la dissidence de la divers gauche (DVG) Audrey Imbert (147 voix) a empêché l’élection d’Aurélien Manenc (DVG, 275 voix), infligeant au passage un revers au président Kléber Mesquida (La Convention) présent sur sa liste. Quant à l’élue régionale Florence Brutus (PRG, 139 voix), elle n’a pas capitalisé sur l’héritage de Christian Bilhac.

    Le prix de la division est identique à droite (5 listes dont Nouvelle Énergie de Malik Hamadache, 164 voix) qui ne conserve qu’un député et tente de se réinventer. Exit le sénateur Jean-Pierre Grand (Horizons, 145 voix), victime de son départ des Républicains (en échec avec Alain Berthet, 129 suffrages) et de la perte de Castelnau-le-Lez. À bientôt 76 ans, le gaulliste a lui-même annoncé sa retraite politique à Hérault Tribune. « Je regarderai la politique depuis mon poste de télévision ». Après maintes tentatives, l’entrepreneur Joseph Francis (DVD, 427 voix) a enfin gagné un scrutin sur son nom, sans l’UDI. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite.
    Je serai le sénateur de la ruralité
      », a promis… le Montpelliérain.

    Le corollaire de ce double constat, c’est que le RN a tiré les marrons du feu. Certes, grâce à la prise d’Agde et surtout la fragilisation du plafond de verre, le RN obtient quasi trois fois plus de voix (328) qu’en 2020 (118). Mais sans la division des forces républicaines, jamais Manon Bouquin n’aurait pu se faufiler au Sénat.

  • Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Après trois années passées au parc Sophie-Desmarets, dans le quartier de La Mosson, avec le festival « Arlette ton cirque », les Lanceurs d’Arlettes étrennent un nouveau projet. Du 3 octobre au 21 novembre, le collectif investit un terrain situé boulevard Télémaque, à Odysseum, pour y installer « Arlette ton Chap’ », un lieu culturel éphémère à la fois scène, espace de création et lieu de convivialité. Deux chapiteaux rouges et jaunes accueilleront, pendant sept semaines, spectacles, concerts, ateliers, artistes en résidence et rendez-vous festifs.

    « On reprend notre itinérance, grâce notamment à l’acquisition d’un chapiteau », explique Léalou Brau, co-coordinatrice de la manifestation. Achetée en 2025 grâce au budget participatif de la Ville de Montpellier, cette structure permet au collectif d’imaginer de nouvelles implantations.

    Sept semaines
    sous les chapiteaux

    Pour cette expérience à Odysseum, un deuxième chapiteau a été prêté par une association amie. Le premier sera transformé en ring du 15 octobre au 1er novembre pour accueillir « Arlette ton Catch », une création des Lanceurs d’Arlettes réunissant huit artistes autour d’un mélange de cirque, théâtre, catch spectacle et humour absurde. Douze représentations sont prévues, du jeudi au dimanche. Un spectacle créé par le collectif, « qui a ensuite pour ambition d’être joué sous chapiteau en itinérance », précise Léalou Brau.

    L’autre chapiteau cultivera l’esprit guinguette. On pourra y manger, boire un verre au Bar’Arlette, écouter de la musique ou découvrir un spectacle. Les mercredis seront tournés vers les familles, avec ateliers de clown et d’initiation aux arts du cirque, spectacles jeune public et café des parents. En octobre, les jeudis proposeront des jams musicales, avec des instruments à disposition. Les vendredis et samedis soirs, concerts et spectacles prolongeront les soirées jusqu’à 0h30.

    La programmation, « à l’image d’Arlette : populaire, curieuse, festive et un peu imprévisible » entend également faire circuler les artistes. Des compagnies locales seront invitées à se produire. Et lorsque le spectacle maison « Arlette ton Catch » aura quitté le chapiteau, en novembre, celui-ci accueillera des compagnies en résidence. « On a à cœur de faire de cette manifestation une plateforme d’échanges, de rencontres, de partage avec les publics, mais aussi entre artistes », souligne Léalou Brau.

    Parmi les temps forts annoncés, le festival Cosmos investira les lieux du 13 au 15 novembre, pour « trois jours de propositions artistiques, entre spectacles, cabaret et univers cosmique » et le 21 novembre, le duo de musique électronique il:lo clôturera cette première édition. Deux vide-greniers sont également prévus, les 18 octobre et 1er novembre.

    Contrairement au festival Arlette ton Cirque, cette nouvelle aventure est entièrement autoproduite. « On va donc devoir mettre en place une billetterie », indique la coordinatrice, mais les tarifs resteront accessibles (entre 8 et 12 euros, gratuit pour les enfants).

    * Toute la programmation sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) des Lanceurs d’Arlettes.

  • Lattes : un sommet et une autre vue

    Lattes : un sommet et une autre vue

    Lattes-Bourges, le choc n’a plus le chic des années d’avant Covid. Il a fané sous l’effet du temps, du bouleversement d’un basket féminin français sous influence américaine et aux finances fragiles. La rencontre parle à tous, elle marque la rentrée de Lattes-Basket dans son palais des rencontres samedi 3 octobre (20h), lors de la seconde journée d’une Ligue féminine incertaine.

    Lattes entame sa 27e saison dans une élite rejointe à la bascule du siècle. Le club de la banlieue sud de Montpellier, sous contrôle du maire Cyril Meunier, ne passe pas d’une saison à l’autre, mais d’une ère à l’autre. Le manager Valéry Demory (63 ans), architecte de son ascension au sommet, a quitté son poste au printemps. Après quinze ans, en deux temps à sa tête (2007-17,
    2021-26).

    Appel d’air pour un renouveau ou lourd héritage ? Lattes change tout du sol au plafond. Et confie son équipe à David Gautier (46 ans). L’entraîneur n’a rien d’un novice sur le banc. Cet ancien ailier international (40 sélections) a entamé sa carrière sur un banc féminin. D’abord à Angers, (2016-22), puis à l’Asvel (2022-24), et enfin à la Roche-Vendée, relégué en Ligue 2 en mai dernier.

    Le nouveau technicien, par ailleurs adjoint du sélectionneur national Jean-Aimé Toupane, est accompagné de deux assistants, dont l’ancienne joueuse : Ana Suarez.

    Lattes bouge, réveille aussi l’ambition. Au cours de la conférence de rentrée, le directeur général Olivier Ribotta martèle un discours plus offensif. « On souhaite qu’au coup d’envoi de chaque rencontre, on se dise qu’on va remporter le match. Le club doit avoir cette culture de la gagne cette année et les prochaines à venir » affirme-t-il, désireux de reconquérir un trophée.

    Nouvelle étoile

    Le palmarès de Lattes est en panne sèche depuis 2021. Une saison marquée par sa dernière finale du championnat devant Basket-Landes et une 5e Coupe de France. Au-delà de cette ultime trace, l’équipe de David Gautier peut-elle écrire un nouveau chapitre à ses heures de gloire, vécues dans les années 2010 ? Celles du premier passage de Valéry Demory (2007-2017), avec deux titres face à Bourges et quatre Coupe de France.

    Pour réapprendre à gagner, Lattes a étoffé son staff technique et avant tout son effectif. Un effectif à moitié renouvelé, construit autour de neuf joueuses professionnelles et sa capitaine emblématique : Romane Bernies. L’internationale Garance Rabot, Christelle Diallo, Sam Breen ou Sarah Cissé, porteuse de promesses, sont toujours là.

    Pour compléter ce groupe, le nouvel entraîneur mise beaucoup sur sa nouvelle étoile : Stella Johnson, meilleure marqueuse (17 points) du dernier championnat. Tout comme le nouveau coach, elle évoluait l’an passé à la Roche-sur-Yon. Sara Chevaugeon, Oumou Diarisso ou Laura Zolper ont également été recrutées.

    Romane Bernies (33 ans), égérie des temps modernes, amorce un dernier défi. Gagner un titre avec Lattes au crépuscule de sa carrière. Pour l’heure, la capitaine a besoin de digérer la Coupe du monde et l’amertume d’une médaille d’argent. Et d’une finale perdue devant les États-Unis.

    L’Amérique dérobe le rêve des Françaises. Et lui offre un champ des possibles avec huit Bleues installées outre-Atlantique à l’image de Gaby Williams. Romane Bernies est la seule internationale à jouer sur les parquets hexagonaux d’une Ligue féminine en crise. Les autres évoluent dans les meilleurs clubs européens, à l’image de la meneuse de Basket-Landes Leïla Lacan. À 22 ans, l’internationale a quitté la vie tranquille des Landes pour la fièvre d’Istanbul et Fenerbahçe.

    À la mi-novembre (13-15 novembre), la LFB, et sa présidente Carole Force, organise des assises du basket féminin et veut s’appuyer sur une étude du Centre de droit et d’économie du Sport (Cdes) de Limoges pour éviter la fuite des cerveaux. Et doper l’économie.

    Mont-de-Marsan, fort de son doublé, offre-t-il le meilleur éco-système pour le basket féminin ? Les autres clubs : Villeneuve-d’Ascq, Lyon, Bourges et Lattes, inscrits au palmarès sur la dernière décennie, veulent contester cette suprématie nouvelle. Les partenaires de Romane Bernies en sauront un peu plus sur elles-mêmes après ce premier choc face à Bourges.

  • Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Bagnols-sur-Cèze, Arles, Tarascon, Carcassonne, Béziers… Dans le sud de la France les menaces pèsent sur les Bourses du travail. Sans surprise, la maire RN de la cité gardoise veut chasser les syndicats de leurs locaux. La maison des syndicats de Tarascon est aussi menacée. Là aussi, le maire RN a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment.

    Mais comme l’explique à La Marseillaise Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale de la CGT, « de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout » . C’est le cas à Arles où la Bourse du travail est ouverte depuis 1900. Le maire Horizons veut expulser la CGT. La secrétaire générale de la Confédération, Sophie Binet, est venue apporter son soutien en septembre. Déjà en 2024, à l’occasion des 27e Rendez-vous de l’histoire, à Blois (Loir-et-Cher), une carte blanche avait été donnée à l’Institut CGT d’histoire sociale (IHS). L’institut avait choisi pour thème « les Bourses du travail d’hier à aujourd’hui » Lors de son intervention, Sophie Binet avait déclaré que les Bourses du travail « sont un enjeu de lutte aujourd’hui car il y a une rupture entre le monde politique et celui du travail. L’histoire ouvrière a largement été invisibilisée en France. Conserver et faire vivre les Bourses du travail c’est se réapproprier son histoire ». C’est ce qu’explique également Sylvie Brunol, présidente de l’IHS de l’Hérault.

    Un message entendu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) qui entend construire une maison des syndicats. « Le maire veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », résume Mathieu Guy de l’Union départementale CGT de l’Hérault. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche », salue Mathieu Guy.

    En février 2026, la CGT avait lancé une campagne pour les libertés syndicales sous le mot d’ordre « Pas de conquêtes sans libertés syndicales ». Parmi les revendications celle de « sanctuariser » les Bourses du travail. « Les Bourses du travail sont inscrites dans une tradition de service à la population ouvrière avec une mission d’utilité publique pour le syndicalisme. Le droit actuel repose sur une simple faculté pour les collectivités (« peuvent mettre »), ce qui a conduit à une multiplication des expulsions ou des suppressions de subventions pour des raisons purement politiques. » Un rapport met en évidence « que l’isolement des militantes est la première étape de la répression ». Les Bourses du travail sont autant de « base arrière » notamment pour les salariés des TPE-PME et les travailleurs isolés, souligne encore la CGT. Sur le plan législatif, LFI avait déposé une proposition de loi, en 2025, pour garantir aux syndicats l’usage de locaux dédiés.

    Les travaux de l’historienne Danielle Tartakowsky éclairement l’importance des Bourses du travail. Dans son ouvrage Les syndicats en leurs murs, Bourses du travail, maisons du peuple et maisons des syndicats (Ed. Champ Vallon), la professeure émérite d’histoire contemporaine évoque ces lieux « qui magnifient la dignité du travail ». Un patrimoine vivant.

    REPÈRES

    1887

    est l’année de création des Bourses du travail avec l’inauguration de celle de Paris le 3 février 1887. Après Paris, la Bourse du travail de Nîmes est rapidement créée.

    1884

    est l’année où sont légalisés les syndicats professionnels qui vont donner naissance aux Bourses du travail, des lieux, dans un premier temps, qui permettent l’embauche.

    1900

    marque l’ouverture de la Bourse du travail à Arles. Un combat est mené par la CGT pour y rester.

  • [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    La Marseillaise : Êtes-vous en lien avec l’UL de Bagnols-sur-Cèze depuis l’annonce de la maire RN qui leur demande de quitter les locaux fin novembre ?

    Myriam Lebkiri : Nous avons des échanges bien sûr, nous les rencontrons prochainement. Malheureusement, ce n’est pas un événement isolé. Depuis quelques années, nous avons un département égalité des droits et des affaires juridiques à la CGT qui permet de centraliser et de recenser ces attaques. Nous ne gérons pas les dossiers en direct, mais nous sommes en soutien aux Unions locales. Au niveau confédéral, nous apportons une analyse pour savoir si c’est une attaque politique, comme le font les mairies du RN ou si c’est un problème de discussion ponctuelle avec une mairie, qu’on pourrait solutionner rapidement. À Arles et Tarascon, il s’agit clairement de menaces sur les libertés syndicales ; le maire d’Arles refuse par exemple la médiation du tribunal. On regarde aussi si c’est une expulsion pure ou si c’est une attaque sur la non prise en charge des fluides, la dégradation des locaux, la non prise en charge de la réfection de locaux complètement vétustes ou l’affectation dans des locaux trop petits en pleine périphérie. On est actuellement en train de faire un baromètre. On estime entre 65 et 80 le nombre d’attaques sur les différentes modalités en France, particulièrement depuis cet été par des mairies du RN.

    Est-ce un point commun des mairies RN de s’en prendre au droit syndical ?

    M.L. : Oui, avec le RN, c’est presque systématique. C’est souvent la première chose qu’ils regardent. Cela accompagne leur discours contre les organisations syndicales. Ils s’en prennent au syndicat mais aussi à l’associatif, notamment l’associatif d’entraide, à la LDH et aux associations de protection des femmes et des LGBT. Mais, de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout.

    Pourquoi ces Bourses du travail sont-elles essentielles ?

    M.L. : D’abord parce qu’on reçoit les salariés qui n’ont pas d’organisation syndicale. Plus de 5 millions de salariés de TPE n’ont pas d’organisation syndicale. On n’est présent que dans 40% des entreprises. Donc on reçoit énormément de salariés qui ne connaissent pas leurs droits et qui n’y ont pas accès. On remplace souvent les services publics, que ce soit sur l’accompagnement des travailleurs sans papier ou sur l’information du droit du travail par exemple. On fait aussi des entretiens dans des dossiers extrêmement compliqués de soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles. On y réalise aussi des formations. Les Bourses du travail sont des locaux du monde du travail qui s’ouvre aussi à l’associatif, avec des expositions, des spectacles ou des conférences. Elles sont également des zones de repli lorsque les travailleurs doivent s’organiser et qu’ils ne peuvent pas le faire dans leur entreprise. C’est pour cela qu’elles sont attaquées. Il y en a certains qui sont contre leur subvention mais beaucoup voient aussi que ce sont des lieux où démarrent les luttes, où démarre la conscience collective. Alors que l’extrême droite se fortifie aux portes du pouvoir, qu’on assiste à un affrontement de classes d’une rare violence, les Bourses du travail sont plus que jamais des lieux de résistance et d’intérêt général.

    Ces attaques contre les Bourses du travail sont-elles révélatrices d’une volonté plus large de réduire le droit syndical ?

    M.L. : Oui. De manière globale, les libertés syndicales et le syndicalisme sont attaqués. Nous avons remarqué une montée crescendo de ces attaques depuis les conflits sur la loi travail de 2016. L’apothéose des répressions, c’est quand même le mouvement de 2023 contre la réforme des retraites, où il y a eu de la répression de masse, notamment contre les salariés de l’énergie. Mais ça se propage au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a subi deux plaintes, moi j’en ai subi une, Gérard Ré aussi. Ce n’est pas rien comme signal envoyé. Pour le coup, la répression, elle, ruisselle. Ce sont des procédures bâillons pour faire peur aux militants, faire peur aux autres salariés et les dissuader de se syndiquer. Ces procédures nous prennent aussi du temps et de l’argent. Mais ça ne dissuade finalement pas parce que nous augmentons chaque année notre nombre d’adhérents.

    Où en est la proposition de la CGT qui réclame une loi pour sanctuariser ces Bourses du travail ?

    M.L. : Il y a une mission ministérielle qui doit rendre son rapport en décembre. Nous demandons que les Bourses du travail soient sanctuarisées pour que ce ne soit pas le fait du prince. Aujourd’hui, tout dépend de qui est à la tête de la collectivité. Et dépendre de la volonté d’une collectivité quelconque, ça ne fonctionne pas parce que c’est extrêmement précaire. Un accueil syndical, ça ne se fait pas au troquet du coin ou chez l’élu syndical. Il nous faut donc des locaux.

  • La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    À Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes.

    Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir », a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications », insiste-t-il.

    Soutien de la CGT

    de l’Hérault

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. La préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation jeudi matin. « Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. » Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dès le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatés.

    Dans un communiqué, l’Union départementale CGT de l’Hérault, dénonce la répression « Ce 1er octobre, alors qu’ils poursuivent leur mobilisation, la répression monte d’un cran. Des nuages de gaz lacrymogènes toxiques flottent sur Montpellier. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique des moyens pour étudier, se former et construire son avenir doit être entendue, pas réprimée. » Pour la CGT, « un lycéen qui revendique n’est pas une menace. La réponse doit être claire : des moyens pour l’École, des services publics renforcés et un avenir digne pour toutes et tous, pas l’austérité et la répression. » Le gouvernement a mis en place une cellule de crise.

  • À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    Même la pluie n’aime pas les fachos ! » Mercredi 30 septembre, les torrents d’eau qui tombaient devant le tribunal judiciaire de Montpellier n’ont pas douché la détermination des manifestants venus huer Robert Ménard pour son refus, le 7 juillet 2023, de marier la Française Eva Marty à Mustapha Belkacemi, sous prétexte que l’Algérien était alors sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF).

    Avec l’alerte rouge, la pluie battante était-elle annonciatrice d’une audience fleuve qui allait dépasser les bornes ? Toujours est-il qu’elle dura 9 heures dans un climat électrique, 9 heures à l’issue desquelles le procureur a requis une simple amende de 7 500 euros, la peine bien plus lourde prévue par le Code pénal ayant pour lui une « valeur symbolique ». Ménard dont « l’intention coupable est éclatante », n’en a pas moins commis une « infraction caractérisée » au droit « en connaissance de cause ». « Les faits sont établis, reconnus voire revendiqués ». Contrairement aux allégations de la défense, « il n’y a aucune contradiction entre les normes légales. Le maire n’avait aucune marge d’appréciation. Sans empêchement du Parquet, un maire ne peut refuser de célébrer un mariage », insiste Thierry Lescouarc’h.

    Or, en dépit du forcing du maire d’extrême droite auprès du ministère, du sous-préfet et du Parquet pour faire expulser Mustapha Belkacemi avant le mariage (il le sera 13 jours après la cérémonie annulée, sans respect de ses droits selon les parties civiles), les soupçons de mariage blanc (seule entrave possible) avaient été écartés par le procureur de l’époque.

    En dépit des mises en garde de ses services municipaux, Ménard s’est entêté et fait le « choix personnel », en « reprenant la main sur l’adjoint d’astreinte », d’annuler la cérémonie. Un « coup médiatique prémédité » selon les avocats des associations parties civiles (LDH, SOS Racisme, Amoureux au ban public…). Car ce 7 juillet 2023, la presse avait été conviée par le maire d’extrême droite pour assister à une « humiliation publique » selon l’avocate d’Eva Marty, qui accuse Robert Ménard d’avoir orchestré et « dissimulé un traquenard  ».

    « Sale arabe, bougnoule ! »

    Avec son compagnon et ses invités, Eva Marty se souvient avoir été coincée dans la cour de l’hôtel de Ville, devant les portes closes de la salle des mariages. « Une alarme s’est déclenchée, les couloirs étaient bondés. Des gens nous insultaient ». « Racaille, sale arabe, bougnoule. Rentre chez toi en Algérie ! », rapporte le Canard enchaîné. Ménard apparaît et porte le coup de grâce. Comme il s’en était vanté la veille dans une interview au Figaro et le matin même en recevant au débotté Eva Marty en mairie, le mariage n’aura pas lieu. C’est en robe de mariée que la victime déposera plainte l’après-midi.

    Depuis 3 ans, Eva Marty multiplie les allers-retours en Algérie avec ses enfants pour voir son mari avec qui elle a pu se marier le 14 juillet 2026 près Oran, ville native de… Robert Ménard. Elle décrit son « traumatisme ». « J’étais une personne lambda et me suis retrouvée objet d’un débat national, d’une instrumentalisation. Mustapha a été accusé à tort de viol. On ne traite pas les gens comme cela. »

    Une « situation ubuesque »

    À la barre, le maire d’extrême droite n’exprime aucun remords tout en prétendant qu’il n’y a rien de personnel. « Je n’ai rien contre Madame Marty. Ça aurait été un Chinois, j’aurais fait la même chose ». L’accusation le conteste si bien qu’une requalification pénale a été demandée, en plaidant la « discrimination ». Pour le prouver, les mots de Ménard dans l’interview au Figaro sont notamment exhumés. « Il est Algérien. 6 ans plus jeune qu’elle, déjà mère de trois enfants. Elle ne travaille pas, elle vit des aides sociales. Ça sent le mariage blanc à plein nez ! » Un véritable « bingo de la discrimination » pour le conseil d’Amoureux au ban public.

    Mais de droit, il fut finalement peu question à l’audience. Ménard et ses avocats prenant soin de politiser le procès. Comme il n’a cessé de le faire sur les plateaux de Cnews ou BFM TV, le maire estime avoir été « écartelé entre deux obligations contradictoires ». Devoir marier en tant qu’officier d’état civil et assurer la sécurité en tant qu’officier de police judiciaire. Devant « ce truc de fou », cette « situation ubuesque » et « conscient des risques », Robert Ménard dit avoir choisi « l’intérêt collectif contre l’intérêt individuel ». Car à ses yeux, l’OQTF qui aurait dû être appliquée par le préfet signifie qu’il existait forcément une menace à l’ordre public.

    Cités à la barre pour témoigner, trois grands élus de droite – le sénateur Stéphane Demilly (UDI), l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR) et le président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard (Nouvelle Énergie) – voleront au secours de Robert Ménard.

    Dans une salle majoritairement acquise à l’édile d’extrême droite, en présence de maires de droite (Baillargues, Saint-Brès…) ou du député RN Aurélien Lopez-Liguori, Stéphane Demilly fait valoir qu’il a déposé une proposition de loi adoptée au Sénat. « 75% des Français la soutiennent », affirme le sénateur. Le texte, pas encore voté à l’Assemblée nationale et donc hypothétique, stipule « qu’il faudra être en situation régulière pour être marié ». Dans tous les cas, une loi n’est pas rétroactive.

    Retailleau, Lisnard et Demilly au secours

    Derrière lui, Bruno Retailleau apporte son « éclairage ». Ménard a dû « composer avec sa conscience ». Il aurait été « pris en tenailles dans une sorte d’injonctions contradictoires » entre « la liberté du mariage et le séjour irrégulier ». « Célébrer le mariage aurait participé à faire annuler l’OQTF », estime l’ex-ministre de l’Intérieur. Voilà pourquoi ce candidat à la Présidentielle veut changer la loi pour que, sur ce point, la France déroge, comme le Danemark, à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH). La priorité de Bruno Retailleau étant la « lutte stricte contre l’immigration illégale ». Que Mustapha soit entré légalement en France à 16 ans dans le cadre d’un regroupement familial, y ait fait ses études avant d’y travailler et que son titre de séjour ne soit pas renouvelé, ne pèse pas lourd à ses yeux… Enfin, David Lisnard argumente que les maires sont de plus en plus amenés à « prendre des décisions dans l’urgence » dans des « dilemmes cornéliens ». À l’image de la loi SRU et de celle sur le zéro artificialisation des sols, lui aussi évoque des « injonctions contradictoires » comme alibi.

    Autant de soutiens à visée politique plus que juridique – Stéphane Demilly confondant la loi avec un acte administratif que constitue l’OQTF – que les avocats des parties civiles ont tenté de discréditer. « Vous n’avez pas eu accès au dossier, vous ne connaissez pas les parties, vous n’étiez pas là le jour du mariage. Vous n’êtes témoins de rien du tout. Que faites-vous ici ? »

    Le « bon sens » plaidé

    Chaque témoin gardera son calme au contraire de Robert Ménard. Celui-ci qualifie volontiers Mustapha Belkacemi de « clandestin » sans connaître l’objet de son OQTF mais perd son sang-froid quand, au vu des trois mentions à son propre casier judiciaire, les avocats de la partie adverse lui demandent s’il se considère comme un « délinquant multirécidiviste » qui « menacerait l’ordre public ». « C’est une saloperie de dire ça. J’ai passé 25 ans à défendre les droits à Reporters sans frontières. Je porte cette condamnation* comme une légion d’honneur ». Et plus tard en vociférant : « Non mais vous vous foutez de moi ? »

    Pour tenter de minimiser l’infraction plus ou moins assumée par Robert Ménard – « Je savais que c’était illégal mais c’est légitime. Si le cas se reproduisait, je ferais pareil. J’ai défendu mes convictions comme d’autres avant moi ont pris des risques » – ses avocats invoquent dans leur plaidoirie de relaxe une notion chère à l’extrême droite : le « bon sens ». « Les maires ont le bon sens et l’intérêt général chevillé au corps ». Un argument opportun balayé par l’avocat de SOS racisme. Comme ses trois confrères, il réclame des dommages et intérêts. « Le bon sens, tout le monde croit en avoir, c’est dangereux. Il ne figure dans aucun article du Code pénal. Ici, on juge le droit ». Le délibéré sera rendu le 1er décembre.

    * Pour avoir occupé l’office de tourisme de Tunisie sous Benali.

  • Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes change de saison, mais pas de cap. Ouvert en février dernier à Montpellier, le centre d’initiation à l’art pour les 0-6 ans, installé en plein cœur de Montpellier, quartier Antigone, a lancé le 16 septembre sa saison 2 après avoir accueilli près de 55 000 visiteurs.

    Gratuit et ouvert à tous, ce lieu culturel porté par la Ville et développé en partenariat avec le Centre Pompidou propose aux tout-petits de découvrir l’art en expérimentant, manipulant, construisant ou écoutant. La programmation de cette nouvelle saison s’inspire d’un album intemporel de Leo Lionni publié en 1970 : Petit Bleu et Petit Jaune. « À travers l’histoire de ces deux personnages qui, malgré leurs différences, deviennent des amis inséparables, l’album fait écho à l’esprit de Mille formes : la rencontre, le partage, le vivre ensemble », présente Lydie Marchi, directrice de l’établissement.

    Trois nouvelles propositions sont notamment à découvrir. Dans la Bulle aux Bébés, « Habiter les formes », du duo sétois Les Crafties, plonge les 0-2 ans dans un paysage sensoriel fait de feutre, de couleurs et de volumes. Il s’agit du premier dispositif artistique entièrement produit par Mille Formes Montpellier. Dans la Galerie, l’artiste Paul Cox transforme l’espace en immense terrain de construction : des milliers de blocs de bois et de mousses colorées permettent de construire routes, ponts, édifices et villes. Enfin, dans la Fourmilière, « Tisser en liberté », d’Émilie Queney, propose de revisiter le tissage à partir d’une machine itinérante et de matériaux insolites.

    Alternative aux écrans

    « À Mille Formes, on a l’ambition de travailler aussi avec les enfants, pas seulement pour eux », souligne Lydie Marchi. Cette philosophie se retrouve dans le MiMu, le mini-musée du centre, dont la nouvelle édition a été imaginée avec des enfants de deux centres de loisirs municipaux. « Ce sont les enfants qui ont choisi les œuvres et objets présentés, imaginé la scénographie et réalisé textes et cartels sonores. »

    Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, Mille Formes constitue une alternative aux écrans pour les tout-petits. « Là, on les stimule, on les éveille, on les sensibilise », explique-t-il. La Ville assume un choix de service public, avec 16 agents publics mobilisés et des moyens consacrés au lieu. « Depuis que je suis maire, nous affirmons qu’il faut construire, penser la Ville à hauteur d’enfant, dans l’espace public mais aussi à travers une politique culturelle dont Mille Formes est le fer de lance », déclare le maire qui cite également l’implantation d’un « futur cinéma à hauteur d’enfants dans le quartier de Celleneuve ».

    Spectacles, ateliers, musique, danse, cirque et littérature compléteront cette saison 2, avec une même ambition : frotter sa sensibilité à l‘art dès le plus jeune âge.

    A.G.

    * Entrée gratuite et sans réservation

  • Pluies, inondations : alerte rouge dans le Gard et l’Hérault

    Pluies, inondations : alerte rouge dans le Gard et l’Hérault

    Les messages d’alerte de la Préfecture sur les smartphones ont réveillé plus d’un habitant du Gard et de l’Hérault, ce mercredi 30 septembre. Depuis 8h et jusqu’à nouvel ordre, les deux départements sont placés en alerte rouge « pluies inondations », compte tenu des prévisions de Météo France.

    Dans le Gard mais aussi le nord, l’est héraultais et les plaines littorales, des orages stationnaires vont provoquer des cumuls de 50 à 300 millimètres d’eau (jusqu’à 100 mm en 1 ou 2h).

    Des débords de cours d’eau sont à craindre également. Depuis la veille, le secteur amont du fleuve Hérault était en alerte orange (jaune pour le secteur aval ainsi que le Lez et l’Orb amont) pour les risques de crues. Dans le Gard, le Gardon d’Alès et d’Anduze, ainsi que la Cèze amont ont été placés en vigilance orange. Les autres cours d’eau sont en vigilance jaune.

    Face à cet épisode méditerranéen de grande ampleur, les préfets de l’Hérault et du Gard invitent à la plus grande vigilance. Il est fortement conseillé d’annuler ou à défaut de limiter ses déplacements. En aucun cas de descendre dans les sous-sols ou parkings souterrains. Il est recommandé de s’éloigner des cours d’eau, des ponts, des berges de ne pas utiliser sa voiture, ni s’engager sur des passages à gué en véhicule ni à pied. Il est conseillé de rester chez soi et de privilégier le télétravail quand cela est possible.

    Dans le Gard, les établissements scolaires sont fermés toute la journée ce mercredi 30 septembre. C’est aussi le cas de certains établissements de l’est héraultais, autour de Montpellier. Les transports scolaires sont annulés dans le Gard et l’Hérault. A Montpellier, le réseau de tramway a été interrompu en milieu de matinée (les bus circulent encore). Tous les parcs et jardins ont été fermés à Montpellier, de même que les points bas (Verdanson, quai du Pirée…). De même à Nîmes où tous les équipements publics de la Ville et de la Métropole sont fermés.

    La situation ferroviaire est aussi fortement perturbée. La ligne TER entre Nîmes et Alès a été suspendue. La SNCF a fait savoir qu’à compter de la mi-journée, les TER entre Marseille et Montpellier ou Avignon ainsi que vers Avignon, Sète, Nîmes et le-Grau-du-Roi seront arrêtés. Les Intercités ne circuleront pas davantage entre Marseille et Bordeaux.

  • À Pézenas, le Printival joue son avenir

    À Pézenas, le Printival joue son avenir

    Le contraste est saisissant. Au printemps dernier, près de 12 000 festivaliers se pressaient à Pézenas pour l’édition 2026 du Printival Boby Lapointe. Quelques mois plus tard, l’association qui porte ce rendez-vous consacré à la chanson francophone se retrouve pourtant au bord du précipice.

    « Le Printival traverse aujourd’hui la période la plus difficile de son histoire », confie l’équipe dans une lettre ouverte publiée le 9 septembre. Début août, l’association, en grandes difficultés financières, a en effet déposé une demande de mise en redressement judiciaire auprès du tribunal. « Deux scénarios sont désormais possibles : un plan de continuation permettant de poursuivre l’activité après restructuration, ou une liquidation judiciaire mettant fin à l’association. »

    Pour tenter de favoriser le premier scénario, le Printival lance une campagne de soutien dans l’objectif de récolter 50 000 euros. « Cette mobilisation doit permettre de contribuer à stabiliser la situation financière de l’association », expliquent ses responsables. Elle doit également témoigner « du soutien dont bénéficie le Printival auprès de son public, de ses partenaires et de l’ensemble de son écosystème ».

    Un déficit lié à plusieurs recettes manquantes

    Le Printival a vu le jour en 2000 sous l’impulsion de Jacky Lapointe, fils de Boby Lapointe, et Sam Olivier, avec l’objectif de célébrer l’œuvre du chanteur piscénois. À partir de 2009, la petite-fille de Boby, Dany Lapointe, a repris la direction du festival, dont elle a largement élargi les horizons, fidèle toutefois à l’esprit initial de la manifestation : l’amour des mots, de la poésie et du partage. Depuis plus de vingt-cinq ans, le Printival défend donc la chanson francophone, faisant vivre la mémoire de Boby Lapointe tout en accompagnant de nouvelles générations d’artistes. Son activité dépasse les quelques jours du festival : l’association mène également des actions culturelles tout au long de l’année et développe des projets d’accompagnement et de création.

    Comment expliquer cette situation après une édition 2026 à succès ? Le festival a en effet enregistré un résultat positif d’environ 6 000 euros. Les difficultés actuelles proviennent plutôt d’un cumul d’écarts entre les prévisions budgétaires de la saison 2025-2026 et les recettes finalement perçues. L’association évoque « environ 12 000 euros de mécénat en moins que prévu, près de 10 000 euros de recettes en moins sur l’accompagnement d’artistes et environ 28 000 euros de subventions qui n’ont finalement pas été obtenues. Ces écarts, pris ensemble, ont fortement fragilisé l’équilibre financier de l’association ».

    L’équipe, le conseil d’administration et les partenaires travaillent désormais à un plan de restructuration. « Des décisions difficiles ont déjà été prises [trois contrats n’ont déjà pas été renouvelés, Ndlr.]. Certaines activités vont être revues et plusieurs postes sont concernés afin d’adapter le fonctionnement de l’association à sa nouvelle réalité économique. » Les 50 000 euros recherchés doivent permettre de « consolider la situation financière de l’association, de faire face à ses engagements les plus urgents et de lui donner les meilleures chances de poursuivre ses activités ».

    L’équipe a choisi de rendre publique sa situation avant même la décision du tribunal. « Nous ne savons pas encore de quoi demain sera fait. Mais tant qu’il existera une possibilité de faire vivre le Printival, nous mettrons toute notre énergie à la défendre. »

    * La collecte « Ensemble, unis pour le Printival » est ouverte sur HelloAsso