Tag: Hérault

  • À Lunel, la magie dévoile ses secrets, de Circé à Harry Potter

    À Lunel, la magie dévoile ses secrets, de Circé à Harry Potter

    Fioles mystérieuses, vieux grimoires et personnages fantastiques : avec « Sortilèges et magiciens, de Circé à Harry Potter », le musée Médard, à Lunel, invite à explorer l’histoire de la magie et de la sorcellerie à travers une exposition qui fait dialoguer patrimoine écrit et culture populaire.

    « On avait envie de mettre un peu de mystère, et je pense qu’on a tous besoin de magie en ce moment », confie Valérie Dumoulin, directrice du musée. C’est en découvrant les nombreux ouvrages consacrés à la magie dans la collection de Louis Médard, bibliophile lunellois du XIXe siècle qui légua à sa ville une collection exceptionnelle de livres anciens, que l’équipe a imaginé ce parcours, nourri d’ouvrages du fonds Médard et de prêts exceptionnels. « Des ouvrages méconnus du grand public, mais dans lesquels s’est créée toute l’imagerie de la sorcière et des magiciens. »

    Le voyage commence dans l’Antiquité avec Circé et Médée, figures de magiciennes aux pouvoirs ambivalents, capables de guérir comme de nuire. Il est ensuite question de Merlin. « Au départ, il y a un côté plutôt magicien, devin et devineresse. La sorcière n’a pas encore la connotation qu’elle prendra au Moyen Âge », explique Valérie Dumoulin. En effet au fil des siècles, les représentations évoluent.

    La saga Harry Potter à l’honneur

    Avec le développement du christianisme, les savoirs populaires liés aux plantes et aux soins suscitent la méfiance. « Ces savoirs échappaient à l’Église, qui les a condamnés. À partir du Moyen Âge, la figure de la sorcière se rapproche peu à peu de celle du diable et nourrit un imaginaire qui conduira aux procès et aux persécutions. » La chasse aux sorcières, « qui s’intensifie à la fin du Moyen Âge, où des théoriciens expliquent comment reconnaître une sorcière », constitue l’un des temps forts de l’exposition. Les femmes, souvent guérisseuses ou devineresses, sont particulièrement visées. « Il va y avoir une sorte d’association avec le diable. Toute l’image de la femme va se trouver entraînée là-dedans », souligne la directrice. Le parcours fait notamment écho à l’histoire locale, avec un document de 1280 relatant la condamnation au bûcher, dans le Lunellois, d’une femme accusée de « maléfices ». Pour clore cette première étape de l’exposition, proposée au rez-de-chaussée, un cabinet de sorcier reconstitué, « avec fioles, minéraux et boule de voyance », plonge les visiteurs dans cet imaginaire.

    À l’étage, le parcours se poursuit en explorant les liens entre nature et magie : plantes médicinales, pierres, alchimie et astrologie témoignent d’une quête ancienne pour comprendre le monde. Dernière étape, la bibliothèque de Louis Médard fait le lien avec la culture contemporaine. La saga Harry Potter y est mise à l’honneur avec des objets liés aux films, présentés en regard d’ouvrages patrimoniaux qui ont nourri l’univers de l’autrice, J. K. Rowling. « On se rend compte qu’elle a puisé son inspiration dans les livres présentés dans l’exposition », observe la directrice. Une manière de rappeler que les histoires de sorciers d’aujourd’hui plongent leurs racines dans un patrimoine littéraire ancien.

    Visites commentées, ateliers créatifs et conférences feront vivre l’exposition dans les prochains mois. La première conférence se déroulera le 18 novembre à 18h à l’Espace Castel, où l’ethnobotaniste Alain Renaux évoquera « les plantes bénéfiques et maléfiques de nos amies sorcières ».

    A.G.

    * Entrée libre. Réservations pour les visites et ateliers au 04.67.87.83.94.

  • Profils, motivations, dépenses : portrait-robot des touristes en Occitanie

    Profils, motivations, dépenses : portrait-robot des touristes en Occitanie

    Parce que le tourisme constitue « la deuxième économie régionale » (22,4 milliards de retombées, 138 000 emplois) et que l’Occitanie « sera l’une des régions les plus impactées par le réchauffement climatique », « nous avons besoin d’être innovant », justifie Vincent Garel.

    Voilà pourquoi le président du Comité régional du tourisme et des loisirs (CRTL) a confié à l’agence Ad’Occ le soin de réaliser, de mi-mars 2025 à mi-mars 2026 avec Ipsos-BVA, une radioscopie du tourisme en Occitanie. Un échantillon représentatif de 36 527 questionnaires auprès de touristes et 10 514 auprès d’excursionnistes* aide à comprendre qui vient visiter la région, pour quelles raisons et avec quel ressenti.

    86% des visiteurs sont Français, 14% étrangers (top 5 : Espagnols, Allemands, Britanniques, Néerlandais, Belges). Seuls 45% logent dans des hébergements marchands (hôtel, camping, location). Chez les touristes (ceux qui dorment sur place), les vacances/loisirs sont la principale motivation (54% contre 49% chez les excursionnistes), devant les visites de la famille ou des amis (26% contre 22%) et les raisons professionnelles (8%). Un excursionniste sur dix se déplace à la journée pour des festivals ou événements culturels. Les touristes dépensent en moyenne 63 euros par jour (contre 50 euros pour les excursionnistes). 78% sont venus en voiture (12 en train, 5% en avion). 59% viennent seuls ou en couple, 34% en famille, 7% avec des amis.

    Un ressenti plutôt positif

    Le critère numéro 1 pour le choix du lieu du séjour est la beauté des paysages (44%), devant le patrimoine historique et architectural (36%), le calme (31%). Toutefois, les motivations divergent entre nationalités. Les Belges (45%) et les Britanniques (43%) insistent davantage sur le climat agréable. Une fois sur place, 56% se livrent à des visites, 47% à des balades à pied ou au farniente, 45% vont au restaurant, 45% font du shopping, 32% se rendent sur les marchés alimentaires. Des activités évolutives en fonction de l’univers choisi (littoral, urbain, campagne, montagne). 90% ont goûté une spécialité culinaire locale.

    Enfin, le ressenti des visiteurs semble plutôt positif. 97% se disent satisfaits, 58% très satisfaits avec une note globale de 8,7/10 et un gain d’image de 17 points entre avant et après le séjour. La beauté des paysages (27%), et le bon accueil (26%) sont cités en premier. Les transports (14%), les prix (10%) et le stationnement (8%) sont les principales critiques. Autant d’axes à améliorer avec un « net promoter score » (indicateur de la satisfaction) bloqué à 62/100. « Il existe une marge de manœuvre pour aller vers une expérience d’excellence », concède Fabien Guillermot (Ipsos-BVA).

    D’autant qu’avec la canicule et les feux, l’été 2026 pourrait avoir écorné l’image occitane. « L’impression de terrain, c’est que l’attractivité naturelle a été ébranlée », confie un professionnel du Lot. Dans les mois à venir, la réflexion va se poursuivre. Vincent Garel promet « une promotion et une communication rassurantes » auprès des clientèles étrangères.

    * Visiteurs qui rentrent dormir chez eux.

  • Drogues : une pétition lancée pour restaurer les maraudes à Figuerolles

    Drogues : une pétition lancée pour restaurer les maraudes à Figuerolles

    En 2024, le Caarud assurait encore toutes ses maraudes dans le quartier Figuerolles. Les chiffres annoncés par la structure montrent l’importance de ses actions : « En 2024, nous avons réalisé 129 maraudes sur les secteurs Figuerolles/Cité Gély. Elles nous ont permis de rencontrer 89 personnes, dont 25 pour la première fois. Sur une période de 18 mois, 707 seringues usagées ont également été récupérées dans l’espace public », détaille le Caarud.

    Depuis longtemps, le quartier Figuerolles, qui jouxte la cité Gély connue pour son trafic de drogue, connaît des problématiques autour de la consommation de drogue visible dans l’espace public, provoquant des tensions avec les habitants. Le parc de la Guirlande et le square du Père-Bonnet sont particulièrement concernés. Démunis, les habitants oscillent entre volonté de fermer ces espaces, renforcer les dispositifs de police ou travailler en amont à la prévention.

    Quid du financement ?

    L’association Safe Contrôle, qui travaille avec le Caarud, propose la création d’une « unité mobile de consommation à moindre risque », c’est-à-dire un bus qui pourrait accueillir les usagers, proposer des soins et les orienter vers l’addictologie. Une proposition reprise et aujourd’hui défendue par le maire Michaël Delafosse.

    Mais aujourd’hui, ce sont bien les financements qui manquent. Le Caarud dispose en effet de fonds de l’Agence régionale de santé (ARS) pour son accueil collectif et individuel, la fourniture d’informations, le soutien dans l’accès aux soins, aux droits, au logement et à l’insertion professionnelle, la mise à disposition de matériel de prévention des infections, l’intervention dans des lieux extérieurs comme les prisons ou encore la réalisation de médiation sociale entre les consommateurs et les institutions. Mais l’ARS n’a fléché aucun financement pour les maraudes. Jusqu’ici, le Caarud devait donc soustraire deux personnes aux autres missions auxquelles elles étaient affectées.

    « Nous avons pu opérer ponctuellement ce redéploiement et avons même choisi de maintenir une partie de cette présence à moyens constants parce que les besoins observés sur le quartier le justifiaient. Mais ce qui peut relever ponctuellement d’un arbitrage ne saurait devenir un modèle économique pérenne : à terme, nous ne ferions que déshabiller une mission pour tenter d’en préserver une autre », précise la structure qui confirme rechercher « les conditions susceptibles de nous permettre de réinvestir durablement ce territoire ». Le Caarud a par exemple demandé 28 000 euros auprès de l’État dans le cadre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance, mais la préfecture n’a pas retenu ce projet.

    Soutenus par Ademass (Association pour le développement des mixités artistiques et sociales et des solidarités), les habitants du quartier Figuerolles ont donc lancé une pétition. Face à « la dégradation préoccupante de notre quartier liée à la consommation de drogues », ils réclament « la mise en place de moyens financiers, humains et juridiques permettant de rétablir un accompagnement social quotidien, ainsi que des dispositifs sociaux adaptés à la grave crise sociale et sanitaire que traverse le quartier ». Pour cela, ils proposent aussi la création d’une unité mobile, « d’ouvrir des structures d’accueil et d’hébergement à bas seuil », mais surtout de « redonner aux travailleurs sociaux et singulièrement au Caarud les moyens financiers, humains et réglementaires de restaurer une présence quotidienne et incarnée qui réinsuffle de la cohésion et de la sécurité dans l’espace partagé ».

    * Urgence à Figuerolles : restaurons la prévention
    et l’accompagnement social, Framapetitions

  • OùSoigner, l’entremetteur des blouses blanches

    OùSoigner, l’entremetteur des blouses blanches

    Dans certains villages, trouver un médecin relève désormais du parcours du combattant. Entre les cabinets qui ferment et les praticiens qui partent à la retraite sans successeur, les communes rivalisent d’imagination pour attirer les blouses blanches. À Montpellier, une start-up entend leur donner un coup de pouce. Son nom : OùSoigner.

    Lancée fin 2023, la plateforme fonctionne comme un site de rencontres, version médicale. Les collectivités, hôpitaux ou cabinets publient leurs offres, tandis que médecins, infirmiers, kinés et sages-femmes renseignent leurs attentes. Un algorithme se charge ensuite de trouver la bonne combinaison. Car l’installation ne se résume pas à quatre murs et une plaque professionnelle. « Ce qui marche, c’est un maire qui va dire : venez, la vie du village est sympa et des places en crèche seront réservées à vos enfants », explique le cofondateur Alexis Mussard.

    Un millier d’installations

    Installée dans l’Écusson depuis octobre 2025, au sein de l’écosystème MedVallée, l’entreprise affiche des résultats encourageants : plus de 8 500 annonces, quelque 10 100 mises en relation et surtout 1 000 installations revendiquées. La millième a eu lieu à La Longueville, dans le Nord, où l’arrivée d’un généraliste a permis de maintenir le suivi de plus de 1 000 patients.

    Le service est gratuit pour les soignants, mais pas pour les recruteurs : une petite commune peut débourser 2 000 euros pour une annonce annuelle et 995 euros de commission en cas d’installation. Et « un tiers des communes qui passent par OùSoigner sont en état très critique », souligne Alexis Mussard, faute d’avoir trouvé un successeur à leur médecin. Si la plateforme facilite les rencontres, elle ne règle pas le fond du problème : sans davantage de praticiens, les territoires continueront de se disputer les mêmes blouses blanches.

  • À Montpellier, la friche Chaptal fait monter la colère des voisins

    À Montpellier, la friche Chaptal fait monter la colère des voisins

    À dix minutes de la Comédie, les trois hectares autrefois occupés par la MSA, Groupama et les finances publiques ont été progressivement désertés. Après des mois de squats et de dégradations dénoncés par les voisins, le site s’apprête à changer de visage : un permis d’aménager a été délivré en mars. Les promoteurs Cogedim et Nexity projettent quelque 500 logements dans dix immeubles pouvant atteindre huit étages. S’y ajouteraient un hôtel, une crèche, une salle de sport, un parc de 3 600m² et une esplanade.

    Depuis son balcon du boulevard Renouvier, Delphine Jaoul contemple les anciens bureaux des impôts. Demain, un nouvel immeuble pourrait lui faire face. « On se sent complètement zappés, oubliés », lâche cette architecte, membre d’ACRe, l’Association Chaptal-Renouvier. Créé au printemps, le collectif approche désormais la centaine d’adhérents. À l’origine de cette mobilisation, les nuisances liées à l’abandon du site. « Au début, c’étaient des gens sans logement », raconte Delphine Jaoul. Puis seraient venus les trafics, les agressions et les dégradations. Selon elle, l’ancien bâtiment des impôts a été dépouillé de ses fenêtres, tuyaux et câbles de cuivre, malgré la présence d’amiante. « Ce site n’était pas du tout surveillé », dénonce-t-elle, pointant les risques sanitaires.

    Mais c’est la découverte du projet immobilier qui a fait grandir la colère : « On s’est rendu compte de l’existence du projet par pur hasard », déplore D. Jaoul, regrettant le manque d’information. Depuis, malgré plusieurs réunions publiques et échanges avec la mairie, elle ne constate que « de toutes petites améliorations ». De son côté, la municipalité défend une « opération de renouvellement urbain permettant de créer des logements sans artificialiser de nouveaux terrains ». Son cadre d’aménagement prévoit notamment « 40% de pleine terre, des cheminements piétons et la conservation d’une partie du bâti ». Des garanties insuffisantes pour le collectif, qui dénonce une concertation tardive.

    Une aberration écologique

    L’association conteste surtout la démolition de près de 60% du bâti existant, selon ses estimations. « Je ne peux pas imaginer qu’à l’heure actuelle, on détruise un bâtiment qui soit en bon état », insiste D. Jaoul. Architecte spécialisée dans la réhabilitation, elle dénonce le « coût carbone considérable des démolitions, entre matériaux détruits, déchets produits et nouvelles constructions ». L’abattage de vieux micocouliers, la hauteur des immeubles et les risques d’engorgement du quartier nourrissent également la contestation. Enfin, malgré l’esplanade publique annoncée, ACRe déplore que le futur parc risque d’être réservé aux seuls résidents.

    Les premiers permis de construire pourraient être délivrés dès fin octobre. « Au final, c’est aussi un acte manqué pour la municipalité : il y avait tous les ingrédients pour faire un projet emblématique », regrette l’architecte. À Chaptal, la question n’est plus seulement de bâtir un quartier. Mais de savoir avec qui.

  • [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    Françoise Verna : Vous organisez la Journée mondiale du refus de la misère à Montpellier, Pézenas et Béziers ce samedi 17 octobre. C’est une première cette coorganisation sur ses trois villes de l’Hérault ? En quoi ces liens sont importants ?

    Bernard Morin : Pézenas, cela fait plus de quinze ans qu’ils agissent ensemble en collectif. Béziers c’est la première année qu’ils le font sur les Allées Paul-Riquet et la Colonie Espagnole. Et à Montpellier cela fait 25 ans que cela existe. Pourquoi ce lien cette année entre les trois communes ? Parce qu’il y a vraiment le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix, de la société. On s’est dit qu’il serait judicieux de faire savoir à Béziers, à Pézenas et à Montpellier, aux trois coins de l’Hérault, que nous sommes reliés.

    Olivier Nottale : Justement nous sommes en ligne avec Serge Pesce depuis Béziers membre du pacte civique et du Pacte du Pouvoir de vivre biterrois. Comment construisez-vous cette journée ?

    Serge Pesce : C’est un collectif qui s’est constitué à Béziers dans le cadre du Pacte pour le pouvoir de vivre, une initiative lancée par de nombreuses associations et ONG au niveau national. Il y en a une quarantaine qui agissent dans le secteur social, citoyen, caritatif le plus divers. Sur Béziers, ce groupe a associé différentes structures : ATD-Quart Monde, la Ligue des Droits de l’Homme, la CFDT, le Pacte civique et un acteur très local, la Colonie espagnole qui est implantée en plein de Béziers dans un quartier touché par la problématique de la pauvreté.

    Françoise Verna : Où peut-on vous retrouver ?

    Serge Pesce : Nous serons présents sur les Allées Paul-Riquet de 14h à 17h pour échanger avec les Biterrois et rappeler la situation de la pauvreté sur la ville. La pièce de théâtre So so Sobriété sera jouée le soir à 18h à la Colonie espagnole.

    Olivier Nottale : Le thème, cette année, de la Journée mondiale du refus de la misère est, je cite : « Défendons la paix, pour un monde habitable : justice sociale et environnementale ». C’est fondamental de lier justice sociale et environnementale ?

    Serge Pesce : Malheureusement, la situation de misère, de pauvreté, elle s’additionne, se cumule. Le premier degré de la misère, c’est la misère financière, bien sûr. Mais, ces personnes sont aussi les premières à être victimes d’une misère culturelle, d’une misère sociale, dans la qualité de la vie, le logement. Ce sont les personnes qui sont le plus nombreuses dans les passoires thermiques où l’on crève de chaud l’été et de froid l’hiver. Elles ont moins accès aux soins, aux médecins. Les personnes fragiles vivent cela dans tous les domaines de la vie.

    Olivier Nottale : L’objectif est d’être force de proposition ?

    Bernard Morin : Il faut savoir de quoi on parle en premier. Sur Montpellier, cela fait six ans que nous existons. On a commencé par bredouiller mais depuis maintenant deux ans on travaille, on agit sur le logement en lien avec la mairie, dans des commissions. Nous allons travailler avec tout le réseau de l’éducation populaire sur Montpellier en lien et avec le soutien technique de la Ville.

    Françoise Verna : Vous avez fait un travail de fond sur la pauvreté à Béziers, une des villes, si ce n’est la ville, la plus pauvre de France. Quelles en sont les grandes lignes ?

    Serge Pesce : Le seuil de pauvreté, c’est 50% du revenu median qui lui est d’environ 1 500 euros par mois. En France, 14% de la population est à ce niveau [750 euros/mois], soit 9 millions de personnes. Et bien à Béziers, nous sommes à 36%. Si l’on regarde de plus près, cela concerne une population de moins de 30 ans où il est de 48%. La situation de famille monoparentale conduit à la pauvreté presque inéluctablement. C’est une situation qui a beaucoup évolué en France : Il y avait 10% de familles monoparentales en 1968, nous avons dépassé 26% en France au début des années 2020. Et cette fois encore, spécificité à Béziers, il y a 40% de familles monoparentales.

    Olivier Nottale : Bernadette Chamouton vous êtes membre du collectif du pouvoir de vivre de Pézenas. Samedi, la Journée du refus de la misère se déroule au lycée agricole. Il y aura notamment un stand de Territoire Zéro Chômeurs. Pourquoi ce projet est en difficulté ?

    Bernadette Chamouton : Nous sommes en galère après pourtant six ans de travail sur ce projet. Tout était prêt mais le gouvernement a demandé au fonds d’investissement de bloquer l’argent et de stopper le projet qui devait démarrer début septembre. Nous avons fait signer une pétition sur le marché de Pézenas. Une lettre a été envoyée au ministre du travail et même au président, monsieur Macron. Le projet est prévu, budgété. C’est une volonté de ne pas le réaliser. Des salariés attendent un travail depuis des années.

    Nous sommes dans l’incertitude sur ce projet important mais on ne baisse pas les bras car la création du collectif a créé une ambiance citoyenne à Pézenas.

    Consultez le programme complet et écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Un premier « Grand Repas » à Montpellier

    Un premier « Grand Repas » à Montpellier

    L’ambiance était à la fête ce jeudi midi à l’école Joan-Mirò de Montpellier. Pour le déjeuner, les élèves accueillaient le chef Guillaume Leclère, distingué d’une étoile au guide Michelin. Le restaurateur montpelliérain était venu leur présenter un repas spécial, élaboré avec le responsable de la production dans les cantines de la ville, Fabrice Freu.

    La démarche s’inscrivait dans le « Grand Repas », un événement national visant à promouvoir la gastronomie et ses savoir-faire. Le concept consiste à proposer une fois par an, à l’échelle d’un territoire, un menu unique à base de produits de saison et locaux. Dans l’Hérault, le binôme formé par Guillaume Leclère et Fabrice Freu a préparé un plateau végétarien. À la carte, un crémeux de pois chiches de Villeneuve-lès-Maguelone, du butternut de Restinclières, des sablés de Lunel… Ce repas a été partagé dans les 85 cantines scolaires de Montpellier mais aussi dans les écoles de Fabrègues ou de Prades-le-Lez ou encore dans un Ehpad* à Sète.

    L’opération se voulait éducative et ludique. « C’est important que les enfants comprennent le circuit de production local, la valeur des produits, leur saisonnalité », a expliqué Marie Massart, l’adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire. À l’école Joan-Mirò, les élèves ont même bénéficié des explications de jeunes professionnels en formation au lycée hôtelier Georges Frêche. À l’aide d’échantillons de produits bruts, comme une courge ou des plantes aromatiques, les plus grands ont expliqué aux plus petits comment le plat du jour avait été fabriqué.

    Valoriser des avancées

    D’après Marie Massart, ce repas exceptionnel dans sa forme s’inscrivait dans la continuité des récentes évolutions du service de la restauration scolaire. « Ce sont des produits qu’on a l’habitude de servir aux enfants. On est déjà à plus de 40% de produits bio. Ceux qui le souhaitent peuvent manger végétarien tous les jours et il y a deux repas végétariens par semaine pour tous », a-t-elle rappelé. La coopération avec un chef cuisinier étoilé a donné quelques nouvelles idées à Fabrice Freu. Celui qui supervise tous les jours plus de 16 000 repas dans les cantines énumère, enthousiaste : « Associer les légumineuses avec les légumes, utiliser les graines, qui amènent du craquant et un côté torréfié que les gamins apprécient… »

    Ce « Grand Repas » pourrait préfigurer la future Cité de l’alimentation. Prévu pour 2028, cet équipement comprendra un jardin pédagogique. Il abritera aussi la nouvelle cuisine centrale de la ville. Les agents disposeront d’installations
    pensées pour travailler davantage les produits bruts. Contrairement à aujourd’hui, ils pourront préparer les desserts. L’approvisionnement auprès des producteurs locaux sera favorisé grâce à une coopération avec le Marché Gare, le marché de gros de Montpellier. « On espère bien continuer les partenariats avec les chefs de Montpellier, étoilés ou non », imagine Marie Massart.

    * Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

  • À Montpellier, des mesures réparatoires et des questions en suspens

    À Montpellier, des mesures réparatoires et des questions en suspens

    « Au lendemain des destructions (…), ma priorité est claire : être aux côtés de nos commerçants, les accompagner et leur permettre de reprendre leur activité ». En mission économique au Canada ce lundi 19 octobre, Michaël Delafosse (PS) n’avait pas encore chiffré le coût des dégradations de l’avant-veille, post-mobilisation pour le pouvoir d’achat, que le maire avait déjà pris trois mesures solidaires avec le groupe public de la Métropole, Altemed, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et la préfecture de l’Hérault.

    D’abord un fonds d’urgence va être ouvert pour les commerces dégradés ou pillés. Ce dispositif d’aide complémentaire avec les assurances est en préparation avec la CCI et les services déconcentrés de l’État. Ensuite des locaux sont mis à disposition des commerçants pour placer leurs stocks de marchandises à l’abri, en cas de nouveaux incidents. Enfin, l’aménageur de la Métropole, Altemed, propose des locaux vacants pour permettre la poursuite ou la reprise d’activité en lien avec les assurances.

    « Face aux violences, notre réponse doit être celle de la solidarité, de la protection et de l’action. Nous serons aux côtés des commerçants pour les aider à se relever et à faire vivre notre centre-ville ». Cette déclaration de Michaël Delafosse fait directement écho à l’indignation exprimée par le Medef Montpellier le 19 octobre. « Derrière chaque vitrine brisée, il y a un commerçant. Derrière chaque commerce contraint de fermer, il y a des salariés, des familles des emplois et parfois le travail de toute une vie qui part en fumée », déplore Thierry Marc. Et le président montpelliérain du Medef de réclamer des « réponses fermes » des pouvoirs publics au premier rang desquels l’État.

    Lequel a une fois de plus failli, à Montpellier comme ailleurs (en atteste la démission refusée du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez), à empêcher quelques groupes de casseurs de venir saccager 20 magasins (5 pillés) et ainsi décrédibiliser un défilé de 40 000 personnes tenu sans incident majeur.

    Comment des cibles faciles telles que des enseignes de sport dans l’Écusson n’ont-elles pas fait l’objet de surveillance ? Pourquoi avoir mobilisé des forces de l’ordre à la circulation routière plutôt qu’à la sécurisation du périmètre place de la Comédie ? Le communiqué de la préfecture n’évoque aucun de ces choix douteux. Il se contente de condamner les « violences graves » d’individus « cagoulés, armés de projectiles » et de compter les interpellations : 63 à Montpellier 6 à Béziers (sur 1 300 manifestants). Ainsi que 38 policiers blessés dont 2 à Béziers.

    De son côté, l’Observatoire des libertés et pratiques policières a remarqué un « dispositif policier allégé » comparé aux journées d’action précédentes. « Aucun barrage rue de la loge, avenue Foch ni au Polygone alors qu’un arrêté d’interdiction de rassemblement au centre-ville avait été pris ». L’Observatoire évoque des « violences inutiles » des forces de l’ordre qui ont d’abord « chargé et divisé le cortège à la gare ». Puis, après 16h, fait usage de LBD et de grenades de désencerclement, visant et blessant notamment un journaliste identifié et des observateurs.

    Un acte 2 des « gilets jaunes » est prévu en France samedi 24 octobre.

  • COM : pluie d’avis favorables face au risque inondation

    COM : pluie d’avis favorables face au risque inondation

    Un projet « utile » voire « indispensable » attendu « depuis 30 ans ». Depuis que la préfecture de l’Hérault a ouvert, le 9 octobre* sur son site, une consultation publique afin de répondre à une injonction de la cour administrative d’appel de Toulouse – qui réclame un complément d’information relatif aux mesures compensatoires liées au risque inondation du futur Contournement ouest de Montpellier (COM) –, les citoyens n’hésitent pas à donner leur avis.

    Si la plupart des commentaires évoquent les bienfaits supposés du COM plutôt que les garde-fous proposés pour limiter les dangers lors des intempéries, force est de constater qu’une écrasante majorité des répondants approuve ce projet porté par ASF (filiale de Vinci Autoroutes), de relier l’A709 (Saint-Jean-de-Védas) à l’A750 (Juvignac) via une deux fois deux voies de 6,2 km limitée à 90 km/h.

    La plupart des défenseurs voient dans le COM l’opportunité d’en finir avec les embouteillages monstres de l’ouest montpelliérain. « Le raccordement (…) semble une évidence », estime Thierry, qui y voit aussi une forme de « continuité » avec le projet de Liaison intercantonale d’évitement nord (Lien) porté par le Département de l’Hérault. « Le COM permettra d’améliorer la circulation et la sécurité des usagers sur un axe très fréquenté et souvent saturé », abonde un autre citoyen.

    Quant au véritable sujet de la consultation, les avis favorables se contentent le plus souvent de prendre acte, estimant « sérieuse » la prise en compte des enjeux hydrauliques et « suffisantes » les mesures compensatoires. À savoir : l’aménagement d’un chenal de délestage au droit de la RN 109 ainsi que la création d’une zone d’expansion des crues en rive droite de la rivière Mosson, sur le site d’Engarran.

    Un autre recours à venir

    Côté opposants, qui auraient préféré la tenue d’un vrai débat public éclairé avec des experts sous la direction de la Commission nationale du débat public, que ni la préfecture ni les communes n’ont jugé utile de saisir, le compte n’y est toujours pas. « La préfecture a fait le minimum. On ne sait même pas ce qu’elle fera de ces avis », déplore Céline Scornavacca. Légal, le procédé est-il assez transparent, sincère ? Ce sera au juge administratif de trancher. La porte-parole du collectif Autre COM à son avis. « L’échangeur nord actuel n’est pas poids lourds compatibles. S’ils ne voulaient pas faire sauter ce verrou à camions, ils n’y toucheraient pas. » Quant à la protection face à une crue centennale, elle est dubitative : « On sollicite des experts, mais je ne crois pas que le projet soit à la hauteur des enjeux hydrauliques. »

    Quoi qu’il advienne, cet épisode ne signera pas la fin du combat. Un recours contre l’autorisation environnementale doit encore être jugé. Les opposants comptent bien soulever leurs objections sur l’absence de prise en compte du « trafic induit » (révélée par une étude des Shifters), la « sauvegarde des espèces protégées » ou encore les « expropriations ».

    Tandis que les travaux du COM sont censés débuter en 2027, bien malin qui peut certifier une date de livraison (l’horizon 2030 paraît optimiste), si tant est que le projet voie le jour.

    * Et jusqu’au 9 novembre inclus.

  • Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Transformer la dysfonctionnante usine de méthanisation Ametyst (50% de refus et bientôt 80% !) en chaufferie de combustibles solides de récupération (CSR) d’ici 2030. Tel est l’objectif du président Michaël Delafosse (PS) qui refuse d’exporter plus longtemps par 4 900 camions (vers Sète, Lunel, les P-O…) les 70 à 110 000 tonnes de déchets que la Métropole de Montpellier est incapable de traiter. « Nous sommes dans une impasse, un précipice en étant la seule métropole sans solution pour gérer ses déchets », alerte M. Delafosse. En parallèle du CSR, le président veut poursuivre la stratégie pour tendre vers le « zéro déchet » et promet à terme une baisse de 10% de la taxe sur les ordures ménagères.

    Les seuils font débat

    Mardi 13 octobre, les élus communautaires n’ont pas gravé dans le marbre la construction d’une chaufferie CSR qui brûlera au maximum 42 525 tonnes de déchets par an. Mais ils ont majoritairement émis un « avis favorable » à la demande d’autorisation environnementale et de permis de construire. Deux actes qui relèvent de la préfecture de l’Hérault qui vient de lancer l’enquête publique (deux réunions publiques sont prévues les 20 octobre et 6 janvier) qui se clôturera le 12 janvier 2027. Ce n’est qu’ensuite que la Métropole prendra sa position définitive.

    D’ici là, la perspective du CSR, sorte d’incinérateur nouvelle génération, est loin de faire l’unanimité. Il y a ceux qui émettent des réserves, à l’instar du maire de Saint-Jean-de-Védas qui exige la plus grande transparence sur la commission de suivi du site. « Nos installations doivent évoluer mais les responsabilités de chacun doivent être établies, les procédures d’alerte, de contrôle et mesures correctives connues », insiste Patrick Hivin. Si le délégataire choisi (Urbaser Environnement) s’engage à des émissions de polluants atmosphériques « 30 fois inférieurs aux normes », Marie-France Boisbault (pro-Altrad) note que les Pfas mais aussi les dioxines, métaux et mercure « ne sont pas quantifiés dans le rapport ». « Aucune valeur limite ne s’applique à l’ammoniac rejeté par les bio-filtres », ajoute Emmanuelle Mysona, élue d’opposition à Saint-Jean-de-Védas.

    Pour Julia Mignacca, c’est une fin de non-recevoir. « Un incinérateur incluant des plastiques va être implanté en pleine ville [quartier Garosud], à proximité immédiate d’habitations », alerte l’élue écologiste d’opposition à Montpellier qui réclame un « moratoire ». Au contraire, pour l’adjointe et épidémiologiste Tasmine Akbaraly, l’usine sera une « barrière de sécurité scientifique ». Selon le maire (DVG) de Lattes, Cyril Meunier, « il n’y a pas de bonne solution pour traiter les ordures ménagères » mais « le CSR est la plus suivie ». Et le vice-président Renaud Calvat (PS) d’abonder. « Le CSR d’Amsterdam permet de chauffer 40 000 foyers. »