Tag: Hérault

  • [Cinéma] Montpellier, temple de l’Odyssée de Nolan

    [Cinéma] Montpellier, temple de l’Odyssée de Nolan

    Si vous habitez à Montpellier ou dans les environs, ce serait dommage de passer à côté de cette expérience unique de cinéma. Depuis le 15 juillet, le Pathé Multiplexe Odysseum est l’unique cinéma de l’Hexagone à diffuser L’Odyssée, le dernier film de Christopher Nolan, dans son format d’origine : l’Imax 70 mm.

    Une exclusivité possible grâce à la présence d’un écran Imax gigantesque (22,39 mètres de large sur 16,76 mètres de haut, soit 432 m2) mais surtout grâce à l’acquisition d’un des rares projecteurs qui permet de diffuser le film avec sa bobine argentique de 110 à 140 kg et de 6 km à 18 km de long !
    Pour ce faire, le Multiplexe a même dû former 7 techniciens à cette technologie vintage que le numérique a remplacée.

    Pour le plaisir des cinéphiles, il en résulte une sensation de gigantisme sur les scènes d’extérieur notamment (pas de bandes noires qui coupent l’image), une résolution d’image inégalable (18k !), un grain si particulier à l’écran et un son assourdissant (un peu trop d’ailleurs). Un spectacle total puisque L’Odyssée est le premier film de l’histoire du 7e art dont toutes les scènes ont été tournées à l’aide de caméras Imax.

    Supplément de 12 euros

    Deux bémols toutefois à signaler. D’abord cette spécificité vous coûtera un billet en plus : un supplément non négligeable de 12 euros est facturé, y compris pour les abonnés au pass’ illimité. Ensuite mieux vaut programmer sa séance bien en amont. Le succès est tel que la salle Imax est prise d’assaut, des curieux débarquant à Montpellier des quatre coins du pays et même de l’étranger, l’autre salle la plus proche étant située à Londres. Certaines séances* en Imax 70 mm sont donc complètes plusieurs jours ou semaines en avance et il est essentiel de dégoter un fauteuil bien centré et en hauteur pour profiter au mieux du spectacle.

    Fresque colossale de près de trois heures, le film adapte le poème antique d’Homère. Porté par Matt Damon dans le rôle d’Ulysse, entouré de Tom Holland (Télémaque) et Anne Hathaway (Pénélope), le récit retrace son périlleux retour vers Ithaque après la guerre de Troie. Des face-à-face dantesques avec le Cyclope Polyphème aux chants envoûtants des Sirènes, Nolan livre un voyage introspectif et sensoriel. L’œuvre explore des thèmes profonds comme le nostos (le voyage de retour), la xenia (l’hospitalité sacrée), la culpabilité d’un soldat brisé par la guerre, ainsi que la place centrale et résiliente des femmes dans son destin.

    Après Inception (2010), Interstellar (2014) ou Oppenheimer (2023), le réalisateur britannique s’impose définitivement comme le gardien de l’expérience collective en salle.

    * Séances supplémentaires dispos du 23 au 29 septembre.

  • [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    La Marseillaise : Qu’éprouvez-vous au moment de succéder à Jacques Mestre ?

    Yves Soria : Je ne pourrai pas le remplacer. C’était un personnage avec un tel charisme qui a présidé l’Umih durant 43 ans. Jacques Mestre m’a appris ce que je sais. On va continuer à travailler dans le bon sens, en discutant avec les autorités, pour améliorer les conditions de la profession.

    Quels seront vos principaux combats ?

    Y.S. : On va continuer notre travail sur les saisonniers pour leur trouver des points d’accueil à des prix raisonnables. On a travaillé avec le Crous pour la mise à disposition d’appartements pas trop chers. On est en discussion avec la mairie de Pérols. J’ai rendez-vous avec l’Agglo de l’Étang de l’Or (Mauguio). On leur demande s’ils ont des bâtiments disponibles pour loger les saisonniers. Logement et transports sont les deux problèmes des saisonniers. Avec la Grande Motte, Mauguio et Palavas, on a investi 5 000 euros pour avoir une navette jusqu’au tramway de Pérols jusqu’à 2h du matin pour juillet-août. On avance, mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière cet été.

    Comptez-vous vous attaquer à la concurrence déloyale des locations type AirBnB ?

    Y.S. : Nous sommes contre bien sûr mais il existe déjà une réglementation en vigueur qui limite le nombre de nuitées (plafond de 120 jours que les Villes peuvent baisser à 90 jours). Le sujet c’est qu’elle soit respectée. L’Umih vient d’ailleurs de recevoir une décision favorable de la Cour d’appel de Paris [qui reconnaît AirBnB comme un éditeur et non un hébergeur, ce qui rend la plateforme responsable du contenu posté, Ndlr.]. On dit que c’est une concurrence déloyale parce que ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes règles (sécurité, fiscalité…) que les professionnels de l’hôtellerie, qui accusent des pertes de chiffre d’affaires.

    À Montpellier, avez-vous
    des requêtes particulières
     ?

    Y.S. : On a pris rendez-vous, on doit bientôt être reçus par le maire Michaël Delafosse. On a un problème de prix de stationnement trop élevé. On va voir si on peut faire revenir du monde en ville avec des tarifs de parking plus attractifs, comme au Polygone. On a déjà vu les élus Jean-Louis Gély et Michel Aslanian. La mairie veut renouer le dialogue.

    Quel premier bilan touristique faites-vous ?

    Y.S. : Je dirais qu’on est entre -10 et -20% d’activité. À la Grande Motte, il y a des touristes étrangers, des Belges et des pays de l’Est mais sans euphorie, le chiffre d’affaires est en baisse. À Palavas, il n’y a pas grand monde. Au camping des Roquilles c’est catastrophique, personne au bar ni au restaurant. Il manque les Américains, Néerlandais… La clientèle française qui se déplace quelques jours sur le littoral a réduit ses vacances. Les touristes présents font attention : ils font les courses avec leur glacière et mangent à la maison plutôt qu’au restaurant ou ne prennent qu’un seul plat. C’est le résultat d’une baisse du pouvoir d’achat. Le prix de l’essence pèse lourd. La chaleur a pu aussi en décourager certains. On verra le bilan global en octobre avec la fin de saison, mais un chiffre d’affaires perdu ne se rattrape jamais.

  • [Occitanie] Le domaine des Trois Fontaines : un labo à ciel ouvert pour tester des cépages résistants

    [Occitanie] Le domaine des Trois Fontaines : un labo à ciel ouvert pour tester des cépages résistants

    Accompagner la profession viticole vers une agriculture durable et résiliente, dans un contexte de changement climatique » : c’est dans cette dynamique qu’est né, en 2019, le site expérimental des Trois Fontaines, implanté sur le Domaine départemental du même nom situé au Pouget. Une initiative portée par le Département aux côtés de deux partenaires : la Fédération des IGP de l’Hérault, coordinatrice, et la Chambre d’agriculture, en charge du suivi des expérimentations.

    Le projet des Trois Fontaines vise à évaluer, en conditions réelles de production, différentes pistes d’adaptation du vignoble méditerranéen. « L’idée est de réaliser des essais grandeur nature dans un laboratoire à ciel ouvert. À peu près 1,5 hectare ont été installés en vigne avec deux types de cépages nouveaux : résistants aux maladies [objectif : réduction des intrants phytosanitaires, Ndlr.] et résistants à la sécheresse [enjeu de l’accès à l’eau, Ndlr.] », explique Christophe Fournier, directeur de l’économie rurale et de l’agriculture au sein du Département.

    Des variétés de cépages étrangères et patrimoniales

    S’agissant plus spécifiquement des variétés susceptibles d’être mieux adaptées aux conditions de sécheresse, une parcelle de 40 ares a été plantée en février 2025 avec des cépages étrangers provenant de pays aux climats chauds. Sept cépages sont ainsi expérimentés sur différents porte-greffes : le terret et le rolle, utilisés comme témoins, ainsi que cinq cépages blancs étrangers déjà classés et autorisés par le cahier des charges de l’IGP : l’assyrtiko (Grèce), le fiano (Italie), le verdejo (Espagne) l’alvarinho et le verdelho (Portugal). « L’expérimentation porte également sur différentes densités de plantation afin d’évaluer leur comportement face à la sécheresse et de mieux identifier les combinaisons les plus adaptées », indique Christophe Fournier. En complément, un recensement des vignerons pionniers qui ont déjà fait le pari d’implanter ces variétés a été réalisé dans l’Hérault mais également dans le Gard, l’Aude et les Pyrénées-Orientales. « Certains vignerons se tournent également vers des cépages patrimoniaux et locaux, souvent oubliés ou délaissés, mais susceptibles de leur permettre de mieux résister aux climats difficiles. »

    Pour compléter le dispositif, des dégustations de vins élaborés à partir de ces cépages encore méconnus sont organisées à destination des professionnels. « Ces rencontres sont l’occasion de leur faire découvrir les principales qualités agronomiques et caractéristiques organoleptiques de ces cépages, ainsi que les méthodes de vinification qui leur sont propres. »

  • Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Situé à la frontière avec l’Aude, l’étang de Capestang est une des plus grandes zones humides d’eau douce de l’Hérault. Classée Natura 2000, elle est la 3e plus importante roselière de la région et joue un rôle fondamental dans la conservation de certaines espèces d’oiseaux. Pourtant, cette année, depuis le début du mois de juillet, la difficulté à maintenir un niveau d’eau acceptable dans l’étang, conjuguée aux fortes chaleurs et à la baisse du taux d’oxygène, a mené à la prolifération de la bactérie responsable du botulisme. Résultat : des tonnes de poissons et des centaines voire des milliers d’oiseaux sont décédés, dont des espèces protégées. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive, raconte Benjamin Granel, président de l’Association syndicale autorisée (ASA) de l’étang de Capestang, chargée de la gestion, de l’entretien et des ouvrages liés au desséchement et aux réseaux de l’étang. Nous avons connu des épidémies similaires en 2022 et l’année dernière. »

    Gestion de l’eau

    Malgré le classement du site, sa situation géographique à cheval sur deux départements complique les démarches administratives pour demander des apports en eau de l’extérieur. L’ASA, Sud Hérault et les fédérations de pêche et de chasse ont tenté d’endiguer le phénomène et se sont récemment réunis avec les sous-préfets de l’Hérault et de l’Aude afin de demander un apport d’eau en urgence. « Nous avons essuyé une fin de non-recevoir, déplore Benjamin Granel. On ne demande pas de prendre de l’eau aux agriculteurs, mais simplement un petit apport, qui pourrait venir des barrages de l’Aude par exemple. Il faut noter pourtant que d’un point de vue réglementaire, la biodiversité prime sur l’agriculture. Donc, théoriquement, l’État est obligé de protéger les espèces de l’étang. » Pour continuer les démarches, l’ASA monte actuellement un dossier avec un avocat spécialisé dans le droit de l’environnement.

  • Megnan, affaire de premier plan

    Megnan, affaire de premier plan

    Il vient de poser un pied dans le monde pro, il en décolle déjà. Le jeune attaquant de Montpellier Laciné Megnan, 16 ans, avance à la vitesse de la lumière et défriche les sentiers de la précocité. Plus jeune buteur en Ligue 2, plus jeune joueur à débuter à ce niveau : l’avant-centre va vite, ne laisse pas de temps au temps. Et assume devant les micros avec un certain calme et une rare maturité.

    Il éclabousse ce début de saison de Montpellier, candidat à la montée, et propage un espoir au sein d’une équipe rajeunie à l’intersaison. Et offre un bol d’oxygène à un club, confronté à des soucis financiers en cette période de vaches maigres et de droits télés au rabais.

    Deux journées en Ligue 2, deux coups d’éclat. Vendredi 14 août à Nancy, sur les terres ancestrales de Michel Platini, l’entraîneur Zoumana Camara lance Laciné Megnan d’entrée à la pointe de l’attaque. Pour suppléer la recrue malienne Mamadou Camara, blessé à une épaule et indisponible pour plusieurs semaines.

    Dans une rencontre verrouillée, l’avant-centre débloque tout. D’un geste de classe. Un appel judicieux, un service parfait pour son partenaire Yanis Issoufou et une première victoire pour Montpellier.

    Une semaine plus tôt, entré en jeu à cinq minutes de la fin, le solide athlète (1,87m) avait inscrit le but montpelliérain. Avec la rage d’un buteur.

    Ce but, validé quelques jours plus tard par le LFP, et cette passe décisive donnent un peu plus de crédit à cette valeur montante. Et marchande. Depuis deux ou trois semaines, le Paris SG, double champion d’Europe, s’intéresse à cet attaquant. « C’est le meilleur de sa génération, c’est le capitaine de l’équipe de France U16 » assure le président de Montpellier. Qui ne veut pas vendre sa pépite, qui veut pour le moins s’assurer une belle plus-value.

    Paris n’est pas seul sur le coup. Dans la foulée de la signature de son premier contrat professionnel, en février, des clubs anglais, espagnols ou allemands sont aux aguets. Ils observent le phénomène, ils sont prêts à miser sur ce nouveau talent de la formation française. En l’occurrence celle de Montpellier.

    Laciné Megnan est né à Montpellier en 2010. À l’âge de cinq ans, le gamin, originaire des environs de Pézenas, a rejoint le club héraultais. « Il est costaud dans sa tête, il est bien entouré, et il offre le profil d’un attaquant moderne », raconte-t-on du côté de Grammont, le centre d’entraînement.

    Éducateurs, dirigeants et proches : personne n’est surpris par sa trajectoire ascendante.

    Et le parcours en Coupe Gambardella, compétition dédiée aux jeunes de moins de 18 ans et vitrine de la formation, est venu rappeler son savoir-faire. Et celui d’une belle génération.

    Au printemps dernier, l’équipe dirigée par Michel Rodriguez s’est hissée en finale de la Coupe Gambardella. Au bout d’un parcours, où elle a éliminé tour à tour Strasbourg, Nice, Rennes, tenant du titre, avant de chuter en finale au Stade de France devant le Paris SG.

    Par sa générosité, ses qualités d’attaquant, Laciné Megnan a drainé dans son sillage une bande de gamins, dont cinq ont intégré l’équipe de Zoumana Camara. Trois d’entre eux : Noah Vidal-Cartoux, Hichem Abderrebi ou Megnan ont pris part au début de saison. Les défenseurs Mathis Chambon et Tidiane Diallo, pour leur part, ont effectué la préparation et attendent leur heure.

    Megnan peut-il rejoindre Paris SG dès cette saison ? Le club parisien fait le forcing pour s’attacher les services de ce jeune joueur, dès son éclosion, plutôt que d’en payer le prix fort dans six mois ou un an. « Il ne passera pas ses vingt ans chez nous », lâche le président montpelliérain.

    Selon divers médias, spécialisés dans les transferts, le joueur, et son entourage, auraient trouvé un accord avec le Paris SG. L’indemnité du transfert, doublé d’un prêt dans son club formateur, se négocie. Elle permettrait à Montpellier d’équilibrer son budget actuel. Et de préparer la suite dans la sérénité. Laciné Megnan, lui, pourrait voir plus haut.

  • À Montpellier, la CGT réclame un CHU mieux desservi

    À Montpellier, la CGT réclame un CHU mieux desservi

    On a reçu des mails de mécontentement d’agents qui disent que les travaux actuellement réalisés sur la ligne 1 du tramway* transforment le trajet vers le CHU de Montpellier en véritable parcours du combattant », relate Philippe Peretti, secrétaire général adjoint de la CGT du CHU de Montpellier.

    En raison de travaux de rénovation des rails entamés au début du mois et prévus jusqu’au 30 août inclus, la ligne 1 est en effet interrompue entre les arrêts Saint-Eloi et Louis Blanc. Une navette-bus de remplacement est mise en service entre Saint-Éloi et Peyrou, et les stations du centre-ville (gare Saint-Roch, Comédie, Corum et Louis Blanc) ne sont desservies que dans un seul sens, selon les besoins du chantier. « Il faut près de 50 minutes pour rejoindre le CHU depuis la gare Saint-Roch ! La navette mise en place ne répond manifestement pas aux besoins », estime la CGT dans un communiqué. « À tel point que certains agents ont préféré rejoindre leur lieu de travail à pied : environ 45 minutes de marche… », poursuit le syndicat. « Qu’à cela ne tienne, certains se sont dit : on va prendre un Vélomagg. Seulement ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient pas le garer à proximité du CHU, car il n’y a de station ni à Saint-Eloi, ni à Gui de Chauliac, ni à Lapeyronie, ni à Antonin-Balmès. Il faudrait aller jusqu’à “Occitanie” pour rendre le vélo à la station la plus proche, avant de remonter dans le tramway pour revenir vers le CHU… c’est un truc de fou ! », s’exclame Philippe Peretti, qui rappelle qu’« il y a 9 000 agents qui travaillent dans cet établissement, sans parler des étudiants en médecine et des usagers. Comment expliquer qu’en 2026 aucun des principaux sites hospitaliers du CHU ne dispose d’une station Vélomagg à proximité immédiate ? On est pourtant dans une ville où le maire attache beaucoup d’importance aux mobilités douces », insiste-t-il à l’attention de Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, également président du conseil de surveillance du CHU de Montpellier.

    Le syndicat CGT du CHU en profite pour soulever un autre point noir, selon lui, en matière de desserte de l’établissement : l’absence d’un arrêt de tramway devant « la Colombière » et « Antonin-Balmès II ». « Comment expliquer que ces sites mitoyens accueillant respectivement des patients en psychiatrie et des personnes âgées restent dépourvus d’un arrêt de tramway dédié alors que la ligne 1 passe littéralement devant ? », interroge la CGT. Outre « l’installation rapide de stations Vélomagg à proximité des principaux établissements du CHU », le syndicat réclame donc « une étude technique, transparente et argumentée » sur la faisabilité d’un arrêt desservant « la Colombière » et « Antonin-Balmès II ». « Car derrière une station de tramway, il y a une question très concrète : l’accessibilité à un établissement public de santé, notamment pour les personnes âgées, les patients en psychiatrie et leurs proches. »

    « Il y a 9000 agents au CHU, sans parler des étudiants en médecine et des usagers. »

  • [Entretien] Didier Gadéa (Modef) : « Changer notre manière de travailler »

    [Entretien] Didier Gadéa (Modef) : « Changer notre manière de travailler »

    Du jamais vu. Un record. De mémoire, c’est la première fois que Didier Gadéa a débuté le ramassage de sa récolte la veille du 15 août. « Ces dernières années, on commençait environ 10 jours après », observe le viticulteur qui possède 4 hectares de vignes dans le biterrois, du côté de Lézignan et Montagnac.

    Cette précocité exceptionnelle, il s’y prépare comme la norme des années à venir. S’il a réussi à s’organiser, cette nouvelle donne n’est pas sans poser de problèmes. Logistiques d’abord. « Habituellement, les ouvriers des caves coopératives prennent leurs congés de mi-juillet à mi-août. Ils vont devoir les décaler progressivement. » Les canicules sont aussi un souci pour les domaines qui vendangent encore à la main. On parle là de moins de 10% des exploitations dans l’Hérault et d’autour de 3% des volumes. Mais tout de même. « On ne peut pas vendanger à la main avec de telles chaleurs. » Il y a 20 ans, tandis qu’environ la moitié des raisins étaient coupés au sécateur, « je me demande bien comment on aurait fait avec ces températures ! ». Surtout que les volumes étaient deux fois plus importants : 430 000 hectares en Languedoc-Roussillon dans les années 80 contre seulement 180 000 aujourd’hui dont environ 78 000 dans l’Hérault et 50 000 dans le Gard.

    Pas de solution miracle

    À l’avenir, celui qui préside le Modef héraultais en est persuadé : les vignerons vont devoir s’adapter au changement climatique… ou risquer de disparaître. Parmi les solutions préconisées par les experts, certaines le laissent dubitatif. À commencer par l’arrachage réclamé par les syndicats dominants tels que la FNSEA. « Si on veut conserver la vigne, on doit s’opposer à l’arrachage. On a suivi cette voie et les prix continuent de chuter, c’est la preuve qu’on avait raison au Modef ! » Pour Didier Gadéa, « l’arrachage est contre-productif car il affaiblit encore plus les structures viticoles et génère des problèmes environnementaux ». Les friches favorisant la propagation des incendies.

    L’irrigation, le vigneron par ailleurs producteur d’oignons y est favorable compte tenu du contexte. Mais tempère aussitôt. « L’irrigation permet d’atténuer les effets de la sécheresse mais ne réglera pas la crise. » Même si la vigne a besoin de peu d’eau, « par 40 degrés, tout finit par crever ». Et puis, il reste inquiet quant au sort réservé aux coteaux des hauts cantons, vers le Saint-Chinianais notamment. « Techniquement c’est possible d’amener le tuyau d’Aqua Domitia [le système d’irrigation de la Région, Ndlr.] mais ils ne veulent pas [en raison des coûts et des faibles rendements]. » Et Didier Gadéa de prévenir. « Tout le nord de l’Hérault sera bientôt en souffrance à cause du manque d’eau. »

    Enfin, il estime que la diversification des cultures ne sera pas non plus la solution miracle. « Les USA tiennent le marché mondial de la pistache, la Turquie celui des grenades. On ne pourra jamais rivaliser avec l’Espagne sur les olives… ». Surtout tant que l’État ne garantira pas des prix planchers aux agriculteurs. « Avec un salaire de 600 euros, vous n’allez pas vous diversifier longtemps. »

    Pour lui, les paysans doivent se faire à l’idée de « changer leur manière de travailler ». Par exemple en plantant des cépages plus résistants aux phytos et aux coups de chaleur. « Il faut palisser les vignes différemment pour protéger les raisins, tailler en gobelets plutôt qu’en royat ou en guyot, irriguer si possible pour avoir plus de feuilles, une canopée pour protéger le raisin des brûlures. » La vitiforesterie ? Il n’y croit pas. « S’il y a un arbre à proximité, la vigne ne pousse pas. »

    Les viticulteurs doivent aussi modifier leurs horaires de travail. « Il faut vendanger plus tôt la journée et la nuit pour avoir des raisins moins mûrs. Les rouges à 14 degrés, c’est fini. » Pour Didier Gadéa, il est aussi indispensable de « réduire la durée des vendanges en travaillant le dimanche : en 5 semaines, le raisin a le temps de brûler ». Il conseille enfin d’arrêter de ramasser cépage par cépage. « La politique des caves coopératives est obsolète. »

  • Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un lac, des forêts à perte de vue et surtout un endroit loin de la ville. « Chaque année, plus d’un enfant sur cinq n’a pas ce droit aux vacances », rappelle Gilles Loison, secrétaire fédéral du Secours populaire de l’Hérault. C’est tout l’enjeu de la Journée des oubliés des vacances (JOV), une opération qui permet, chaque année, à des enfants de six à douze ans de s’évader le temps d’une journée. « L’essentiel est qu’ils aient vécu quelque chose dont ils puissent parler. C’est pour cela que ces journées se déroulent souvent à la mer ou à la montagne », explique Gilles Loison. Le site, un espace de loisirs habituellement ouvert au public, sera entièrement réservé aux enfants du Secours populaire pour l’occasion.

    Les vacances, un luxe pour un Français sur trois

    Au programme : activités nautiques, sorties en bateau, accrobranche et de nombreux jeux. « L’objectif est qu’ils passent une journée entièrement consacrée au plaisir et aux loisirs », résume le secrétaire fédéral.

    Selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 35% des Français ne partiront pas en vacances cet été. Parmi les plus modestes, la proportion est bien plus élevée, elle s’élève à 51% des Français.

    « Si l’on revient à l’Histoire, le droit aux vacances date de 1936. Mais avoir un droit ne signifie pas forcément avoir les moyens d’en profiter. À l’époque, partir en vacances coûtait beaucoup moins cher, ajoute Gilles Loison. Aujourd’hui, les vacances représentent une dépense importante et elles ne sont plus accessibles à tout le monde. Pourtant, elles devraient être considérées comme un droit fondamental, car elles participent à l’éveil des enfants et sont essentielles à leur développement », estime-t-il. Pour mener à bien cette journée, la fédération cherche encore de nouveaux bénévoles : une dizaine à une quinzaine de volontaires supplémentaires seraient les bienvenus, tout comme des dons financiers. Ces derniers permettent de financer le transport en bus, les repas, les goûters et une partie des activités proposées aux enfants, pour de prochains événements.

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • À Sète, la Saint-Louis renoue avec sa tradition

    À Sète, la Saint-Louis renoue avec sa tradition

    Comme chaque été, la ville de Sète a dévoilé le programme de cette nouvelle édition de la Saint-Louis. Joutes, concerts et spectacles vont envahir les rues et les canaux emblématiques de la ville, sous l’œil attentif de Robert Combas, invité d’honneur de cette édition. « Mon choix a été naturel », explique Hervé Marquès, maire de Sète, ravi d’accueillir cet artiste sétois à la renommée internationale. Le maire se languit d’ailleurs d’entendre les trois coups de bombe, symboles de l’ouverture de cette nouvelle édition. « Ce moment-là est frissonnant, voire bouleversant », ajoute-t-il.

    Un retour des traditions

    Après les joutes, les touristes et les Sétois pourront admirer des spectacles et des animations parfois spectaculaires. Parmi elles, la course des garçons et des filles de cafés va faire son grand retour. Elle permettra de mettre en lumière le personnel qui fait vivre les cafés et brasseries de la ville. Le Grand Prix cycliste, absent de la Saint-Louis depuis plus de 20 ans, fait également de nouveau partie de la fête. « Ça fait extrêmement plaisir à nos anciens », souligne l’édile. Les cyclistes de tous niveaux vont pouvoir s’élancer pour une course mémorable au départ de l’avenue Victor-Hugo.

    Autre point d’orgue de ces festivités : les spectacles pyromélodiques. Le premier, intitulé « Incandescence » fera virevolter des Luminéoles au rythme du show pyrotechnique. Pour la première fois, ce spectacle proposera au public de participer à l’éclairage de l’une des scènes. Le second spectacle clôturera la semaine de fête : un feu d’artifice sera tiré depuis le brise-lames, le 25 août au soir. Lors de la dernière édition, près de 300 000 personnes ont foulé les rues sétoises et profité des animations, toutes gratuites.