Tag: Hérault

  • 1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    Vingt-quatre mille hospitalisations, 12 000 décès. Voilà le triste bilan de la grippe saisonnière l’an passé en France.

    Parce que rien ne vaut la prévention, l’Assurance maladie, qui incite au respect des gestes barrières en présence de personnes à risques, vient de lancer, le 13 octobre, la campagne vaccinale 2026-2027.

    En Occitanie, 1 706 454 personnes dites « fragiles » viennent de recevoir leur bon les invitant à aller se faire vacciner gratuitement contre la grippe, le Covid et autres virus de l’hiver. Sont concernées les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, cancer…), d’obésité, les femmes enceintes ainsi que les nourrissons de moins de 6 mois (voire leur entourage). Les aides à domicile et les professionnels de santé sont incités également, eux qui seront peut-être obligés par la loi dès mars 2027, si l’avis de la Haute autorité de santé est suivi.

    2 000 décès par an évités

    En Occitanie comme ailleurs, la couverture vaccinale progresse (27,7% chez les moins de 65 ans à risques soit +3,7 points en deux ans et 55,8% chez les seniors de plus de 64 ans, soit +2,8 points) mais reste « en retrait comparé à la moyenne française [respectivement 28,9% et 56,7%] », regrette François Mengin-Lecreulx. Le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie rappelle que la seule « grippe n’est pas un virus anodin ». Elle peut donner lieu à des complications type « infections pulmonaires, cardiaques (…) et des surinfections », liste la professeure Anke Bourgeois.

    Parce qu’on estime que 2 000 décès annuels pourraient être évités en France grâce à la vaccination (70% des seniors hospitalisés ne sont pas vaccinés), les publics à risques vont être sensibilisés par SMS, appels téléphoniques, spots télé… Y compris pour la vaccination Covid qui n’a convaincu l’an passé que 14,2% des publics à risques, dont 60,3% dans les Ehpad (contre 82,2% contre la grippe). « Les deux tiers des vaccinations sont faites par les pharmaciens, puis les infirmiers et les médecins », précise Philippe Trotabas, directeur de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    En outre, l’ARS rappelle qu’il existe des traitements préventifs pour la femme enceinte (53,8% s’étaient protégées en 2025) et le nourrisson contre la bronchiolite, maladie respiratoire très contagieuse souvent due au Virus respiratoire syncytial. Première cause d’hospitalisation des nourrissons, ce VRS peut aussi créer des infections graves chez les personnes âgées et fragiles. Outre les mesures d’hygiène à respecter, un vaccin existe pour les seniors. Enfin, un vaccin est disponible pour protéger les publics fragiles contre les infections à pneumocoques, responsables d’otites, sinusites, méningites, pneumonies… L’an passé, seuls 27,5% des seniors s’étaient fait vacciner.

  • [Entretien] « 60 enfants dorment à la rue chaque nuit dans l’Hérault »

    [Entretien] « 60 enfants dorment à la rue chaque nuit dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Quel est aujourd’hui l’état des lieux du sans-abrisme dans l’Hérault ?

    Elsa Melon : La situation est extrêmement préoccupante et elle s’aggrave rapidement. À l’échelle nationale, il manque au minimum 10 000 places d’hébergement. Mais l’Hérault est encore plus mal loti : nous disposons de 1,4 place d’hébergement d’urgence pour 1 000 habitants pauvres, contre trois en moyenne nationale. Nous sommes donc deux fois moins dotés que les autres départements, alors que l’Hérault cumule les difficultés : chômage, pauvreté, fortes tensions sur le logement et 40 000 demandes de logement social en attente.

    Aujourd’hui, nous estimons qu’environ 2 500 à 3 000 personnes vivent à la rue dans le département, en comptant celles qui vivent dans des squats ou des bidonvilles. Ce chiffre reste difficile à établir. La situation est particulièrement concentrée à Montpellier, où se trouvent également une grande partie des réponses que nous pouvons apporter, mais le sans-abrisme existe également dans la ruralité.

    Que révèle l’activité du 115,
    le numéro d’urgence pour
    les personnes en recherche d’hébergement
     ?

    E.M. : Nous recevons environ 420 appels par jour, ce qui représente quelque 280 ménages en demande d’hébergement. Sur ces 280 ménages, si nous parvenons à en mettre trois à l’abri dans la journée, c’est le bout du monde. Nous sommes à 85% de réponses négatives.

    Le SIAO recense l’offre et la demande d’hébergement dans le département et gère notamment le 115. Nous sommes donc directement confrontés à l’écart entre les besoins et les moyens disponibles. Aujourd’hui, il y a environ 1 300 places d’hébergement d’urgence dans l’Hérault, auxquelles s’ajoutent près de 1 000 personnes mises à l’abri à l’hôtel faute de places suffisantes.

    Qui sont les personnes qui
    se retrouvent à la rue
     ?

    E.M. : L’image que l’on se fait des personnes sans-abri est fausse. Les profils sont extrêmement variés. Il y a des travailleurs pauvres qui dorment dans leur voiture, notamment dans certains secteurs d’emploi comme le BTP ou l’aide à domicile. Il y a des femmes victimes de violences, des familles avec des enfants – environ 60 enfants dorment à la rue chaque jour dans l’Hérault ! –, des femmes enceintes – jusqu’à sept mois –, des personnes en situation de handicap ou encore des retraités qui n’arrivent plus à payer leur loyer et se font expulser. Au-delà du nombre, qui augmente, les personnes arrivent à la rue dans des situations de plus en plus dégradées. On a recensé 15 décès depuis le début de l’année dans l’Hérault ; ça va d’une jeune femme de 24 ans morte de déshydratation à un homme de 86 ans. L’an dernier, nous étions déjà autour d’un décès par mois. Aujourd’hui, nous en comptons entre un et trois chaque mois. C’est extrêmement préoccupant, et ça va de plus en plus vite.

    Dans le même temps, les moyens consacrés à l’hébergement d’urgence diminuent. Quelles sont les conséquences des coupes budgétaires de 2026 ?

    E.M. : Cette année, l’enveloppe budgétaire consacrée à la veille sociale a diminué de 16%. Cela a entraîné des fermetures de places supplémentaires. Parmi les conséquences récentes, il y a notamment la fermeture du service de mise à l’abri de nuit de Coallia. Ce dispositif avait une particularité : l’hébergement est normalement inconditionnel et doit s’inscrire dans la continuité, tandis que cette solution ne permettait une mise à l’abri que pour la nuit. Ce n’était pas satisfaisant, mais cela restait une réponse parmi le peu de solutions dont nous disposions. D’autres places ont également été supprimées, notamment dans le cadre d’une réduction des prises en charge à l’hôtel. Aujourd’hui, on nous demande d’aller encore plus loin, en supprimant 200 places supplémentaires. Ce n’est pas tenable.

    L’argument avancé des économies budgétaires est-il recevable ?

    E.M. : Absolument pas. Mettre une personne à l’abri coûte moins cher à la société que de la laisser à la rue. Toutes les études le montrent : unepersonne en situation de rue coûte entre 18 000 et 20 000 euros à la société. La mettre à l’abri coûte deux fois moins cher.

    Si l’objectif est de faire des économies, il faut donc investir dans le social et dans l’hébergement d’urgence. Notre première revendication est simple : apporter une réponse aux personnes qui vivent à la rue en créant des places de mise à l’abri. Nous demandons que l’on investisse dans le travail social. Lorsqu’une personne est accompagnée et mise à l’abri, elle reste moins longtemps dans une situation de rue qui dégrade sa santé et sa situation personnelle. Elle peut aussi rebondir plus facilement. On est également là pour l’ensemble du secteur associatif des solidarités, très fragilisé. L’hébergement est le bout de la chaîne. Quand tous les leviers de la solidarité n’ont pas pu être actionnés, on arrive à la rue. Si le nombre de personnes sans abri grossit, c’est parce que cette chaîne de solidarité se rompt.

  • [Quoi de neuf] « La mobilisation est vouée à continuer car la colère est là »

    [Quoi de neuf] « La mobilisation est vouée à continuer car la colère est là »

    Émission exceptionnelle de « Quoi de neuf » qui est à écouter en intégralité en podcast sur Divergence. Au moment où le pays vit un mouvement social inédit, historique, trois témoins relatent comment ils vivent les manifestations. Une étudiante engagée dans un syndicat et deux journalistes.

    Françoise Verna : Comment envisagez-vous la suite de la mobilisation ? Je pense au 5 novembre, journée interprofessionnelle de grève et de mobilisation, dans lesquelles les revendications de la jeunesse seront centrales.

    Enola Kraemer : Avec le SCUM, nous participons à l’appel du 5 novembre, en tant que syndicat, parce qu’on n’a pas obtenu satisfaction. Quand Macron a pris la parole à 20h, sa seule réponse est d’appeler au calme. On ne peut pas dire qu’il ait compris que les étudiants et les lycéens se mobilisent, qu’on est en colère. Donc, c’est une mobilisation qui est vouée à continuer. Aujourd’hui, on a à nouveau bloqué l’université Paul-Valéry à l’initiative des étudiants et étudiantes. Il y a également la faculté des sciences qui continue son occupation depuis deux semaines. Et ce matin, on a également bloqué la faculté d’économie, mais le président de l’université de Montpellier a décidé d’envoyer les CRS, donc le site a été débloqué.

    Françoise Verna : Vous avez des points de convergence avec les lycéens ?

    Enola Kraemer : On doit permettre fin à la sélection, à Parcoursup, à Mon master, parce qu’on devrait tous pouvoir étudier dans les filières de son choix. C’est 250 000 places qui devraient être ouvertes dans l’enseignement supérieur pour pouvoir garantir une possibilité aux étudiants et étudiantes de pouvoir étudier dans les études de leur choix. L’université Paul-Valéry de Montpellier est assez emblématique des universités françaises les moins bien dotées. Comment on peut justifier cet état de fait ? Actuellement, à Paul-Valéry, il nous manque 17 millions d’euros pour fonctionner correctement. L’État ne nous donne pas assez d’argent pour fonctionner correctement. Il ne veut pas financer des sciences sociales, des sciences humaines.

    Françoise Verna : Yann Castanier, depuis 2016 jusqu’à aujourd’hui, vous avez été le témoin, en tant que photo-journaliste, des mouvements sociaux. Est-ce que vous avez pu constater une évolution de la réponse répressive policière ?

    Yann Castanier : Ce qui va advenir, c’est qu’au fur et à mesure il y a de plus en plus de revendications face à un État qui ne répond pas. Et ensuite, ce qui va arriver, c’est les gilets jaunes. Il va y avoir un glissement qui va mener à la répression de manifestations par le LBD. La BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente motorisée) est créée [unité spécialisée de la Police nationale. Créée en 2019, Ndlr.]. Du coup, ça fonce dans le tas, en permanence, pour pouvoir disperser, y compris quand il ne se passe rien. Je me rappelle les manifestations contre les retraites de 2022 ou 2023. Là, c’est l’incompréhension totale. On les voit charger même sur le cortège de la CGT et sur le service d’ordre de la CGT. Et puis, il va y avoir la logique des nasses qui se mettent en place, qui sont interdites, il faut préciser. Oui, elles sont interdites, mais elles sont utilisées en permanence. Cela consiste à isoler des personnes, à encercler des personnes par des CRS ou des gendarmes mobiles, et faire en sorte qu’elles ne puissent plus bouger, ni sortir pendant des heures.

    Françoise Verna : Louis Laratte, vous avez couvert en tant que journaliste la manifestation parisienne, le 17 octobre. Avez-vous été surpris de la tournure de la journée ?

    Louis Laratte : Ce qui a été vraiment inédit, c’est ce qui s’est passé bien avant que le rassemblement ait lieu et que les gens convergent vers la place de la République. En fait, la répression était déjà en marche. Alors que les personnes n’avaient pas encore débuté leur manifestation. Je pense que cela a surpris beaucoup de gens et surtout, ça a énervé pas mal de gens parce que la répression en manifestation, c’est un fait avéré.

    Je pense que la majorité des gens qui viennent en manifestation sont au courant de comment ça se passe, que la répression, elle est là et que c’est quelque chose avec lequel il faut faire.

    Là, je pense que beaucoup de gens étaient pris au dépourvu et ça a énervé beaucoup parce qu’au-delà de cette répression, c’est vraiment le droit de rassemblement et le droit de manifestation qui ont été entravés avant même que la manifestation ait lieu.

    Françoise Verna : Peut-on dire que les manifestants étaient sidérés ?

    Louis Laratte : Il y a beaucoup d’incompréhension, je pense, par rapport à la stratégie qui a été adoptée. Et en fait, la situation s’est tendue à un tel point qu’en fait, les CRS se sont eux-mêmes embourbés sur la place de la République, parce que les gens n’ont pas spécialement voulu en partir.

    Les affrontements ont duré assez longtemps. Ça a commencé sur la place à peu près à midi et ça a duré avec une vraie intensité jusqu’à, je pense, 16-17 heures. C’était vraiment très, très violent. Ensuite jusqu’à tard dans la nuit, en parallèle, pas de police pour empêcher les magasins d’être pillés. Et j’en ai fait des kilomètres dans Paris.

  • La Marseillaise et Divergence, un bouquet de bonnes ondes

    La Marseillaise et Divergence, un bouquet de bonnes ondes

    Quatre ans d’un partenariat riche en émissions « Quoi de neuf », commencé en septembre 2022 et devenu depuis une aventure collective, dans un nouveau lieu pour un nouveau projet. Nous pouvons résumer en ces termes le compagnonnage de La Marseillaise avec radio Divergence, une des plus anciennes radios associatives de Montpellier et de sa région.

    Avec sa signature sonore inimitable (à la pointe des musiques actuelles) et une grille d’émissions aussi variée qu’instructives et ludiques, Divergence s’est développée sans renier ses origines historiques, celles des radios libres, citoyennes et impertinentes. Une « ligne éditoriale » en phase avec les valeurs de La Marseillaise, née dans la Résistance en décembre 1943 et toujours animée, en 2026, par l’exigence de l’information juste et des combats progressistes du mouvement social et politique. Pour Divergence, la question sociale est aussi au cœur de la plupart de ses émissions. « Nous sommes en train de travailler à un partenariat avec la CGT de l’Hérault », précise Bruno Bertrand, le directeur des programmes.

    Football féminin et LineUp

    Cette dimension sociale se traduit également par le choix de confier des émissions à des associations telles que la Fédération des aveugles de France. Autre projet en cours de construction « un partenariat avec le Montpellier Football Club, 100% féminin, auquel La Marseillaise sera partie prenante », ajoute Bruno Bertrand. Ce sera une façon différente de raconter le sport et d’accompagner la croissance à échelle humaine de ce club qui évolue dans l’élite. La dimension culturelle, dans l’ADN de Divergence, prend également un nouvel élan puisque la radio travaille avec le tiers lieu « Restanque » géré par LineUP, fabrique culturelle et artistique. Le site est à proximité du pôle médias composé de radio Divergence, radio Clapas, autre grand média associatif de Montpellier, et de La Marseillaise. Un quartier en pleine transformation, baptisé Montpellier Sud où le pôle médias entend jouer un rôle citoyen. Aux côtés de Bruno Bertrand, pour mettre en ondes la grille des programmes de Divergence, diffusés sept jours sur sept, la réalisatrice Alice Rollet est aux manettes de la console à raison de « cinq à six enregistrements par jour » et d’« une dizaine de diffusions quotidiennes », explique la jeune femme. « La diversité des animateurs fait que chaque émission ne se ressemble pas. » Un métier où il faut conjuguer savoirs techniques et sens de l’humain puisqu’une trentaine de bénévoles assurent les émissions. Alice Rollet insiste aussi sur l’importance de la médiation, sa formation d’origine, avant de devenir une professionnelle de la radio. « Nous devons créer du lien avec le public », conclut Alice Rollet. Une ambition reçue cinq sur cinq.

  • [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    La Marseillaise : Avec 161 humains infectés par le virus du Nil occidental en France, l’année 2026 marque un record…

    Yannick Simonin : Oui, c’est trois fois plus que le précédent qui datait de… 2025. Ce virus est un grand gagnant du changement climatique. D’abord parce qu’il se transmet par les moustiques qui bénéficient du réchauffement. Mais aussi car lors des canicules, les points d’eau se raréfient. Les oiseaux et les moustiques se concentrent autour de ceux qui restent, ce qui favorisent la transmission. L’année 2026 est un signal d’alarme.

    Doit-on s’en inquiéter ?

    Y.S. : Oui, sans pour autant paniquer. Les cas augmentent. Les formes sévères et les décès aussi. Mais nous n’attendons pas d’épidémie majeure. C’est une montée progressive avec parfois des pics importants. Il faut être vigilant, développer des programmes de surveillance, des traitements et des vaccins. Pour l’instant, il n’existe qu’un vaccin chez le cheval. Chez l’humain : aucun vaccin ni traitement.

    Par rapport à la dengue ?

    Y.S. : Les cas de dengue sont plus nombreux et plus largement répartis géographiquement. Mais le virus du Nil occidental provoque plus de formes sévères car il atteint le cerveau et entraîne des inflammations souvent fatales. Toutefois, une grosse différence avec la dengue est qu’un humain infecté par le virus du Nil occidental ne le transmet pas s’il est piqué par un moustique. Sa charge virale n’est pas suffisante. Cela freine la transmission. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais le virus peut se transmettre par don de sang ou d’organe.

  • [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    Ils n’y peuvent rien, mais certains oiseaux sont plus infectés que d’autres par le virus du Nil occidental et son cousin le virus Usutu. Une étude menée entre la Camargue et l’aire péri-urbaine de Montpellier en 2024 et 2025 a cherché l’ARN de ces virus chez plus de 2 500 oiseaux. Soit en analysant leurs fientes, soit en les capturant et en leur faisant un prélèvement par écouvillon. Parmi les espèces résidentes, le moineau et la mésange charbonnière sont les plus infectés. Chez les espèces migratrices, l’hirondelle et le guêpier d’Europe occupent les premières places. « Cela confirme que les passereaux sont les plus infectés et précise quelles espèces », résume Yannick Simonin, professeur de virologie à l’Université de Montpellier et dernier auteur de l’étude parue dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

    Ces virus sont très présents en Europe depuis au moins deux décennies. « Le sud de la France est un point chaud », assure Yannick Simonin. En cause : des habitats favorables aux oiseaux, comme la Camargue, et le passage d’oiseaux migrateurs. Car les oiseaux sont le principal réservoir de ces virus qui peuvent se transmettre aux humains et aux chevaux via le moustique commun et s’avérer parfois mortels. « Le virus Usutu est plus mortel que le virus du Nil occidental pour les oiseaux, mais c’est l’inverse pour les humains », note Yannick Simonin. Et les cas augmentent ces dernières années. « Il nous fallait mieux comprendre la circulation de ces virus », ajoute-t-il.

    Surveillance active

    « Les virus circulent largement », résume Yannick Simonin. Environ 12% des oiseaux étaient infectés par le virus Usutu et 4% par le virus du Nil occidental. « Et leur présence est précoce, notamment chez les oiseaux migrateurs », poursuit-il. Ils ont été détectés dès les mois de mars-avril alors que les premiers cas humains apparaissent généralement au cœur de l’été. « Une surveillance active dès le printemps permettrait d’anticiper un risque élevé de cas humains pendant l’été », estime le chercheur. Car la surveillance menée jusqu’alors se contente de chercher les virus chez des oiseaux morts. Encore faut-il les trouver avant leurs prédateurs. « Une surveillance active par captures est coûteuse, admet-il. Mais notre étude montre qu’analyser les fientes fonctionne. Et nous montrons dans une autre étude que nous pouvons aussi trouver des indices dans l’eau ».

    Les passereaux sont les plus infectés. « Nous l’avions déjà constaté », indique Yannick Simonin. Ils sont aussi largement les plus nombreux : 90% des oiseaux capturés. Les autres sont trop peu nombreux pour offrir des statistiques robustes. « Mais il se peut que les passereaux aient aussi un système immunitaire moins efficace contre ces virus », abonde le chercheur. Il semblerait également que ces virus puissent se maintenir chez les oiseaux résidents pendant l’hiver. Il reste à savoir comment.

    REPÈRES

    1937

    C’est l’année au cours de laquelle le virus du Nil occidental a été identifié en Ouganda. Le premier cas humain d’infection en Europe remonte à 1962. C’était en Camargue. Le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud. Le premier cas humain en France date de 2016, à Montpellier.

    1086

    C’est le nombre d’infections humaines au virus du Nil occidental en Europe pour l’année 2026 (chiffres de début septembre). Les hommes de plus de 65 ans sont les plus touchés. Dans 78% des cas, une hospitalisation a été nécessaire. Dans 60% des cas, des symptômes neurologiques étaient présents. Le taux de décès est de 6%.

    Culex pipiens

    C’est le nom scientifique du moustique commun, qui transmet le virus du Nil occidental et le virus Usutu après avoir piqué des oiseaux infectés. Pour une fois, le moustique tigre n’est pas en cause.

  • Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    C’est le Lunellois qui a enregistré les plus gros dégâts dans l’Hérault lors de l’épisode méditerranéen survenu dans la nuit du 19 au 20 octobre. Jusqu’à 200 mm de pluie sont en effet tombés localement en quelques heures. Face à la montée des eaux, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, a activé la cellule de crise dès 1h du matin. Les agents municipaux se sont relayés toute la nuit au gymnase Arnassan pour accueillir les personnes sinistrées. Selon la préfecture, 25 personnes ont été mises en sécurité, une dizaine d’habitations ont été touchées et près de 70 sapeurs-pompiers mobilisés. Quatre véhicules ont également été bloqués par les eaux après s’être engagés sur des axes inondés. Mardi 20 au matin, la préfète de l’Hérault s’est rendue sur place aux côtés de la maire de Lunel pour établir un bilan de la situation. Les communes voisines de Saint-Just, Saint-Nazaire et Villetelle ont aussi été impactées. L’agglomération de Montpellier a, elle, été relativement épargnée. Les volumes de pluie y ont été bien moindres que dans les secteurs voisins.

    Axes routiers coupés

    De l’autre côté du Vidourle, dans le Gard, les conséquences ont aussi été importantes. Les plaines et la Petite Camargue ont subi d’importants ruissellements. Les villes d’Aigues-Mortes, Vauvert et Vergèze ont été particulièrement touchées par les inondations. Les débordements et les chaussées submergées ont entraîné de nombreuses coupures de routes et de ponts, notamment autour du Vidourle (qui a atteint, à Sommières, une hauteur de 3,10 mètres) et du Vistre (qui a atteint 2,88 mètres au Cailar), compliquant les déplacements entre la Petite Camargue et le Lunellois. L’autoroute A9, fermée dans les deux sens entre Nîmes et le secteur de Gallargues-le-Montueux, a été progressivement rouverte mardi 20. Les inondations ont également endommagé des voies ferrées, entraînant une interruption du trafic sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel (les premières circulations devraient reprendre le 25 octobre) et Nîmes-Grau-du-Roi. Lié à la dépression « Adam », l’épisode a ensuite progressé vers la Provence.

  • Montpellier rugby en bleu pâle

    Montpellier rugby en bleu pâle

    Tout le monde guettait la liste. Tout le monde guettait mercredi 21 octobre le choix du sélectionneur de l’équipe de France Fabien Galthié à l’orée de la seconde moitié du Championnat des nations et à l’aube d’une saison international qui mène à la Coupe du monde en Australie (1er octobre – 13 novembre). L’objectif d’une génération, pour conquérir le titre suprême qui manque au rugby français.

    Le patron des Bleus, qui vit aux abords du Pic Saint-Loup depuis son passage à Montpellier (2010-14), amorce ce premier chapitre de la saison sans de multiples éléments majeurs comme l’arrière Thomas Ramos, le talonneur Julien Marchand, les secondes lignes Emmanuel Meafou ou Thibaud Flament, ou encore l’ouvreur Matthieu Jalibert, blessés.

    Montpellier, vice-champion de France, attendait également avec une relative impatience de découvrir la liste de joueurs appelés à affronter les Fidji (7 novembre), l’Afrique du Sud (13 novembre) et l’Argentine (21 novembre) avant un quatrième match de classement.

    Le pilier gauche : Reda Wardi (31 ans, 20 sélections) et le seconde ligne massif Tyler Duguid (26 ans, 1 sélection), deux éléments d’un pack dominateur, figurent parmi les sélectionnés qui rejoindront Marcoussis, le centre national du rugby dimanche 25 octobre, à l’issue de la 7e journée de Top 14. Le premier, présent cet été pour les trois matchs face à la Nouvelle-Zélande, à l’Australie et au Japon, était attendu au côté du Toulonnais Jean-Philippe Gros ou du revenant bordelais Jefferson Poirot. Le second n’était plus apparu chez les Bleus depuis l’été 2025 et une tournée à marée basse en Nouvelle-Zélande.

    Les ennuis physiques

    s’enchaînent

    La surprise, ou plutôt la double surprise, provient des absents. Des deux absences de deux autres gros bras du pack du MHR : le 3e ligne aile Lenni Nouchi (22 ans, 8 sélections) et le seconde ligne Florian Verhaeghe (29 ans, 5 sélections). Pour l’un et l’autre, blessés, c’est un coup dur et surtout une opportunité gâchée de se faire une place au sein d’une équipe de France très convoitée.

    Les autres absents ne sont autres que le centre Auguste Cadot (25 ans), sur le chemin du retour à la compétition après une blessure à un genou, ou Baptiste Erdocio (26 ans, 3 sélections), indisponible trois mois après une opération au biceps.

    Nouchi enchaîne les ennuis physiques. Samedi, le troisième ligne et capitaine de Montpellier s’est blessé à une cuisse lors de la première rencontre en Champions Cup remportée face à Bath (14-32), où il a occupé le poste de numéro 8 avant d’être remplacé par Billy Vunipola.

    Le jeune international était titulaire pour la première fois de la saison quinze jours après avoir effectué son bref retour à la compétition face à Toulon (28-0). Quatre minutes après son entrée en jeu, il avait écopé d’un carton orange et subi une commotion cérébrale à la suite d’un plaquage dangereux sur Swan Rebbadj.

    Le nouvel emblème du MHR avait manqué le début de saison en raison d’une grave entorse à la cheville gauche contractée avec l’équipe de France face au Japon le 18 juillet, pour le troisième et ultime match estival du championnat des nations.

    Verhaeghe, pour sa part, souffre d’une douleur au psoas. Une blessure qui freine son excellent début de saison et son rendement depuis plus d’un à Montpellier. L’ancien Toulousain, homme et joueur de l’ombre, est même transfiguré. Cet échalas (2,04), maître de la touche, apprivoise la lumière qui escorte son omniprésence au sein du pack de Montpellier et son retour remarqué en équipe de France au cours de l’été, avec deux titularisations convaincantes face à l’Australie et le Japon.

    « j’ai retrouvé du plaisir à jouer. Sur le terrain, ce n’est pas juste de la douleur. Ça faisait un moment que ça ne m’était pas arrivé. Mais je sens bien qu’il y a encore plein de leviers de progression. Et le style de jeu a évolué à Montpellier, où l’ambiance est bonne » avouait-il récemment. Ni Nouchi, ni Verhaeghe n’ont tiré un trait sur cette séquence automnale. Wardi, qui a repris depuis quinze jours après une blessure au mollet, aura son mot à dire malgré la concurrence de Poirot et Gros.

    «On a vu que c’était un joueur international. Je suis très content de l’avoir dans mon équipe parce qu’il ressemble à ce qu’on veut mettre en place » relevait le manager Joan Caudullo après le succès à Bath. Solide en mêlée, présent dans le jeu, l’ancien Rochelais a rassuré. Et s’est rassuré. Au bon moment.

  • La Cavale veut fédérer les librairies coopératives

    La Cavale veut fédérer les librairies coopératives

    Pas de patron, mais des centaines de voix pour faire vivre une librairie. À Montpellier, La Cavale, librairie coopérative implantée dans le quartier des Beaux-Arts, défend depuis huit ans un modèle fondé sur le collectif, l’engagement citoyen et la passion du livre. Dimanche 25 et lundi 26 octobre, elle accueillera, à son initiative, les premières rencontres nationales des librairies coopératives à la cité scolaire Françoise-Combes. Une sorte d’« assemblée générale » pensée comme un temps de partage autant que comme le point de départ d’une dynamique collective.

    « On s’est dit que les librairies coopératives ne devaient pas être si nombreuses que ça en France et qu’il y avait besoin d’échanges de pratiques, de réflexions, pour consolider nos propres bases », explique Marguerite Cros, coprésidente de La Cavale. L’idée a germé il y a deux ans et a rapidement convaincu les coopérateurs. Après avoir recensé les structures existantes et contacté leurs responsables, les organisateurs ont reçu des retours favorables. La France compte aujourd’hui « 53 librairies coopératives (dont 6 en Occitanie, La Cavale étant la seule dans l’Hérault), 56 si on compte celles qui sont en train de se créer », réparties sur le territoire et aux fonctionnements variés. Mi-octobre, les deux tiers avaient confirmé leur participation aux rencontres organisées à Montpellier.

    Un modèle fondé sur l’égalité

    Le principe de la coopérative repose sur une règle simple : une personne, une voix, quelle que soit sa participation financière. À La Cavale, qui a le statut de Scic (société coopérative d’intérêt collectif), une part sociale coûte 20 euros, un montant volontairement accessible « pour que ce soit ouvert à tout le monde ». De 28 fondateurs et fondatrices au départ, la librairie compte désormais « environ 550 coopérateurs et coopératrices », dont trois libraires salariés. « Notre implantation aujourd’hui est réelle et dépasse le quartier ». Étudiants, actifs, retraités… les profils sont multiples. « Ce qui nous lie, c’est l’amour et la défense du livre », résume Marguerite Cros. Tous les ans, à l’automne, l’ensemble des coopérateurs se retrouve à l’occasion d’une assemblée générale. Un conseil coopératif élu se réunit, lui, tous les 15 jours, en présence d’un libraire. « Il y a également toute une série de comités de volontaires consacrés à l’aménagement, aux lectures jeunesse, aux auteurs invités, etc. »

    Dans un secteur fragilisé par les difficultés économiques, marqué notamment par le placement en redressement judiciaire de grands réseaux nationaux comme le groupe Nosoli ou la liquidation récente de la librairie Sauramps à Montpellier, La Cavale a trouvé son équilibre. « On a aujourd’hui une librairie qui se porte bien », assure sa coprésidente. « Notre objectif n’est pas de faire des mille et des cents. C’est aussi ça qui change la donne. Ce qui est important pour nous, c’est de payer nos libraires. »

    Régulièrement, la librairie « reçoit des gens qui viennent voir comment ça se passe », rapporte Marguerite Cros. Dernièrement, des porteurs de projet venus des Alpes ont passé deux jours à La Cavale pour comprendre le fonctionnement de la coopérative et envisager la création de leur propre librairie. « C’est ça, aussi, qui nous a donné l’idée de ces rencontres nationales » : ces visites ont conforté l’équipe dans l’idée de mettre en commun les expériences et de faciliter la transmission d’un modèle encore minoritaire.

    Pendant deux jours, les rencontres privilégieront les échanges entre pairs plutôt que les interventions descendantes. Table ronde sur les expériences coopératives dans le secteur du livre, ateliers thématiques, échanges sur les modèles économiques et culturels des librairies coopératives nourriront les débats. L’Union régionale des Scop et Scic Occitanie Méditerranée accompagne le projet, soutenu par plusieurs partenaires institutionnels. L’enjeu principal se jouera le lundi 26, avec la volonté de poser les bases du premier réseau national des librairies coopératives. « C’est notre objectif et je pense qu’on va y arriver. Après, il faut trouver les forces militantes pour s’y engager, car cela demande du temps et de l’énergie », confie Marguerite Cros.

  • Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le couperet est tombé jeudi en toute fin de journée. Au prétexte des violences du 17 octobre, la préfète de l’Hérault a décidé d’interdire les manifestations prévues samedi 24 octobre à Montpellier. Une annonce qui semble coordonnée au plus haut de l’État puisque c’est à la même heure que le préfet des Bouches-du-Rhône a communiqué lui aussi, annonçant une interdiction de manifester, cette fois-ci à Marseille. Idem dans le Var.

    Le chef de l’État avait donné le ton un peu plus tôt, jeudi, à l’issue d’un conseil de sécurité en affirmant que « la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir ». Les demandes formulées par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela » seront refusées, a-t-il prévenu. « Ce n’est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme. » Celles venant d’organisations syndicales se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger « nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments », a indiqué Emmanuel Macron, qui devait par ailleurs effectuer un déplacement vendredi auprès des forces de l’ordre. Le chef de l’État avait convoqué l’ensemble des services de renseignement, accusés d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre. Emmanuel Macron a réclamé « la plus grande dureté » contre les « actes de délinquance », ainsi que contre les groupes « d’ultragauche » ayant cherché, selon lui, à « faire tomber la République ». Rien de moins.

    Une manière d’ouvrir un peu plus le parapluie en kevlar après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures. Le gouvernement et le chef de l’État ont choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère ce samedi. Les préfets sont donc au diapason.

    En visite ce jeudi à Toulon dans le Var, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a appelé les salariés et les jeunes à ne pas tomber dans le panneau de la provocation tendu par le gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est qu’on parle de nos vies, qu’on parle de nos conditions de travail, de nos salaires, de nos retraites, de nos services publics », a-t-elle insisté. « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression. » a-t-elle affirmé. Sophie Binet condamne les dégradations survenues lors de précédentes manifestations, mais dénonce leur utilisation pour justifier les interdictions.

    Reçue mercredi à Matignon avec les autres responsables syndicaux, la responsable de la CGT est cinglante : « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie.

    Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.