Tag: Hérault

  • De nouvelles règles pour les trottinettes électriques

    De nouvelles règles pour les trottinettes électriques

    Début septembre, la préfecture de l’Hérault a pris l’initiative de nouvelles règles en matière de code de la route, spécifiques au département. Selon l’arrêté préfectoral, « tout conducteur d’engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) doit être coiffé d’un casque homologué correctement attaché et d’un gilet jaune réfléchissant ». Au terme d’une phase préalable d’information, une verbalisation pourra être appliquée à partir du dimanche 11 octobre. Le non-port du casque pourra entraîner une amende de 135 euros et l’absence du gilet pourra coûter 35 euros.

    Mais qu’est-ce qu’un engin de déplacement personnel motorisé ? Outre les trottinettes électriques, les EDPM comprennent tous ces véhicules intermédiaires apparus récemment. Il s’agit des monoroues, de leurs équivalents à deux roues, les hoverboards, et de ceux comportant une poignée, les gyropodes, plus connus sous le nom du fabricant « Segway ». La préfecture inclut aussi les « cyclomobiles légers », c’est-à-dire les trottinettes électriques avec un siège, les draisiennes électriques et les vélos dotés d’une poignée d’accélérateur.

    Cinq fois plus d’accidents

    La démarche de la préfecture vise à « responsabiliser les usagers des EDPM et à permettre de mieux les protéger ». Entre 2021 et 2025, dans l’Hérault, le nombre d’accidents impliquant des EDPM a été multiplié par cinq. Les nouvelles règles s’ajoutent à celles déjà existantes dans le code de la route. À Montpellier, elles complètent le dispositif mis en place par la municipalité. Dans le centre-ville, les conducteurs d’EDPM doivent mettre pied à terre.

  • J-L Roumégas veut porter la voix des pompiers

    J-L Roumégas veut porter la voix des pompiers

    Ce sont 110 000 hectares de forêt partis en fumée, les moyens de sécurité civile débordés, le manque de Canadairs, des pompiers exténués… » Pour Jean-Louis Roumégas, qui revient sur un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, « tout cela était prévisible. On sait depuis deux ans qu’il y a un besoin de modernisation de la sécurité civile », estime le député écologiste de l’Hérault, qui dénonce une « impréparation » face à des risques naturels appelés à augmenter avec le changement climatique.

    Au cœur de l’été, le groupe Écologiste et Social a donc décidé de se saisir du sujet à travers une proposition de loi déposée en juillet, qui doit notamment permettre de garantir des financements pérennes et d’adapter la sécurité civile française aux nouveaux enjeux. Ce 5 octobre, dans le prolongement de la mobilisation nationale des sapeurs-pompiers, Jean-Louis Roumégas a choisi de présenter ce texte aux côtés de représentants de l’intersyndicale des pompiers de l’Hérault venus témoigner des difficultés rencontrées sur le terrain.

    « Ce qu’on revendique en premier lieu, c’est un financement pérenne adapté aux besoins réels », explique Gassien Gambier, président d’Avenir secours. « Sur le montpelliérain, entre l’année dernière et cette année, le nombre d’interventions a augmenté de 15%, mais pas le budget… » D’où, insiste-t-il, la nécessité de recruter des sapeurs-pompiers professionnels, « car il en manque énormément ». Sur cette question des moyens, la proposition de loi écologiste prévoit de mettre en place des financements pérennes via une hausse de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance consacrée à la sécurité civile, une taxe de séjour affectée aux services d’incendie et de secours (Sdis) – le tourisme accroissant les besoins de secours – ou encore une contribution des compagnies d’assurances, détaille Jean-Louis Roumégas.

    Santé et retraite à 55 ans

    Les syndicats réclament également un recentrage du secours à la personne sur « de l’urgence pure », afin de limiter les transports par carence (lorsque les pompiers interviennent faute d’ambulance privée disponible, parfois sans urgence médicale), ainsi qu’une meilleure prise en compte de la santé des sapeurs-pompiers, à travers notamment la reconnaissance de maladies professionnelles. « On a un taux de cancers beaucoup plus élevé que dans le reste de la population et une espérance de vie moindre quand on est à la retraite », souligne Gassien Gambier. Le texte écologiste comporte tout un volet consacré à « la santé physique et mentale » des pompiers, et prévoit également un retour à 55 ans de l’âge légal de départ à la retraite pour les sapeurs-pompiers professionnels. Il propose aussi de créer des classes de jeunes sapeurs-pompiers dans les collèges et lycées, afin de favoriser l’engagement au sein de la profession. Enfin, la proposition de loi entend développer une « culture du risque » dans la population, en généralisant notamment la maîtrise des gestes qui sauvent via une formation annuelle aux gestes de secours dans les établissements scolaires et l’enseignement supérieur, ainsi que pour les enseignants, les salariés, les élus et les agents publics.

    Le texte pourrait être examiné en décembre à l’Assemblée nationale, à la faveur d’une niche parlementaire du groupe.

  • Valentin Porte : « J’ai besoin de me sentir bien pour performer »

    Valentin Porte : « J’ai besoin de me sentir bien pour performer »

    Valentin Porte (36 ans) a prolongé son contrat à Montpellier, qui se déplace dimanche 11 octobre (16h) à Tremblay, pour deux ans. Capitaine, leader dans l’âme, fidèle au MHB depuis 2016, l’ancien international (198 sélections) est un joueur à part. Et une parole à part.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après votre prolongation de contrat ?

    Valentin Porte : Je suis heureux et un peu fier de pouvoir durer, de me sentir bien physiquement et bien dans ce club. J’ai pris un peu de temps pour réfléchir. Ma première question, posée à Julien [Deljarry, Ndlr.] : est-ce que j’ai encore le niveau pour jouer au handball ? Et, à Montpellier ? La réponse a été positive. La prolongation de Zvonimir [Srna, Ndlr.] m’a conforté de rester. Mon boulot, c’est de rester le plus en forme possible. J’espère que le dernier jour de mon contrat, je serai aussi en forme qu’aujourd’hui. Je ferai tout pour.

    Avez-vous songé à la retraite ou à un départ ?

    V.P. : Je n’y ai pas pensé une seconde. Je regretterais de prendre ma retraite si tôt. Cela serait du gâchis. J’ai la chance de faire un métier passion. J’ai toujours dit tant que je peux jouer, je jouerai. Voir ailleurs, ça fait partie des réflexions de fin de contrat. Je suis dans un club où j’ai beaucoup évolué depuis 10 ans, que j’aide à faire évoluer aussi. Je ne me voyais pas tout quitter pour un an ou deux. J’ai besoin de me sentir bien, comme à Montpellier, pour performer.

    Quel est votre objectif pour la suite ?

    V.P. : Je suis un compétiteur. Tout ce que je peux essayer de gagner, je vais essayer de le gagner. Quand je retrace mon parcours, il me manque une ligne qui me fait un peu mal, c’est le championnat de France. On retrouve la Ligue des champions cette saison. C’est du bonheur. Quand on voit les deux premiers matchs, c’est quelque chose de différent. Ça m’avait manqué. C’est là qu’on voit à quel point on est capable de se sublimer sur ce genre de rendez-vous.

    Existe-t-il un sentiment d’usure physique et mentale ?

    V.P. : C’est plus dur aujourd’hui qu’il y a dix ans mais je me sens très bien. J’ai changé beaucoup de choses depuis la fin de ma carrière internationale. Aujourd’hui, je me sens peut-être mieux physiquement qu’il y a 4-5 ans. Je récupère mieux. Mentalement, ça va avec les résultats. L’année où on est 9e à la mi-saison, c’était dur. Le nerf de la guerre, pour moi, c’est le niveau physique.

    L’échec au JO de Paris, et l’élimination en quart de finale, a-t-il été dur à digérer ?

    V.P. : Oui et non, dans le sens où ça correspond aussi à la fin de ma carrière internationale. Que j’avais déjà actée. Ce qui a été dur à digérer, c’est de se dire, quel gâchis de finir sur ça. Cela aurait été magique de finir avec une médaille autour du cou à Paris. Ça m’a pris moins de temps de digérer ça que 2016 (médaille d’argent au JO de Rio). J’ai réussi de suite à zapper sur le fait que ça y est, c’est fini.

    À 36 ans, pensez-vous déjà à l’après ?

    V.P. : Oui, bien sûr. J’essaie de m’ouvrir le maximum de portes possibles, de voir ce qui pourrait me plaire. J’y réfléchis sans y passer toutes mes journées, parce que j’ai toujours dit qu’à trop y réfléchir, c’est peut-être le début de la fin de ma carrière de joueur.

    L’échéance de fin de carrière fait-elle peur ?

    V.P. : Aujourd’hui, on a beaucoup de clés pour s’y préparer, avec notamment l’association des joueurs pros. On a beaucoup d’exemples de sportifs qui arrêtent et peuvent finir en dépression. Ça fait peur, évidemment, parce qu’on vit dans un rêve depuis qu’on est professionnel. C’est magnifique avant la bascule dans la vraie vie. Passer de tout à rien, ça fait un peu peur.

    Vous avez justement connu un moment difficile. Y a-t-il eu un avant et un après votre dépression ?

    V.P. : Il y a clairement un avant et un après. Je suis un homme complètement différent de celui d’avant. Et c’est ça qui me permet aujourd’hui d’être plus épanoui. Sans ça, je ne pense pas que j’aurais prolongé. J’étais trop dans tout. Dans un surinvestissement permanent. Je prenais trop à cœur les choses. J’occultais tout ce qu’il y avait autour de moi. Je ramenais le travail à la maison. Je n’étais pas de bonne compagnie. Et, je ne le voyais pas forcément. C’était un gros travail à faire pour s’en rendre compte et évoluer. Avec plus de recul, j’essaie de moins mettre sur un piédestal ce métier. J’y accorde de l’importance mais quand c’est fini, c’est fini. Il y a une vie autour. C’est ça qui a changé.

  • L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    À peine les établissements rouverts après l’épisode méditerranéen de la veille, les lycées montpelliérains se retrouvaient jeudi 1er octobre devant des barrages. Un télescopage qui résume la rentrée de Chantal Mauchet : dans l’Hérault, les crises s’enchaînent.

    Sur les blocages lycéens, « le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur », a-t-elle reconnu. Elle insiste sur des jeunes « assez déterminés », parfois cagoulés, des jets de pierre et la nécessité de débloquer les établissements « fermement », mais « avec tact, méthode et proportionnalité ». Une prudence dans les mots qui résiste mal aux images et aux chiffres de la répression en cours.

    La « rationalisation »

    qui interroge

    Le climat, lui, ne laisse guère de répit. La veille encore, certains cours d’eau avaient pris deux mètres en une heure, sans faire de blessé. Après des mois de sécheresse et de chaleur, l’été a laissé 1 700 hectares brûlés. Le 4 juillet, trente départs de feu avaient été recensés dans la même journée. « Ce type de canicule va être la norme, nous en prenons acte », résume-t-elle. L’État promet un retour d’expérience sur les incendies, et, pour les écoles, pas seulement de la climatisation, mais « un vrai plan d’adaptation ».

    Sur le front social, le ton change. Le jour même où fermait le centre de nuit Coallia de Montpellier, la préfète a mis en avant 2 600 places d’hébergement d’urgence, dont 900 à l’hôtel. « C’est certainement insuffisant », a-t-elle concédé. Mais la réponse tient en un mot : « Rationalisation. » L’hébergement « ne peut pas être inconditionnel », il faut éviter les « sorties sèches ». Dans le même temps, quelque 180 places vont fermer à l’approche de l’hiver.

    Sur le reste, la représentante de l’État veut se poser en facilitatrice. « L’action ne doit pas se conduire seulement depuis Montpellier », insiste-t-elle, promettant de travailler avec les élus locaux.

  • Le cri de rage de la jeunesse à Montpellier

    Le cri de rage de la jeunesse à Montpellier

    Comme un air de CPE. Mardi 6 octobre, on se serait crus revenus au printemps 2006, lorsque la jeunesse s’était soulevée contre le scélérat Contrat première embauche (CPE) que le patronat rêvait d’imposer pour précariser la jeune main-d’œuvre.

    Vingt ans plus tard, la droite est toujours au pouvoir, la police réprime encore, l’extrême droite menace pour de bon et la jeunesse s’inquiète plus que jamais pour son avenir. C’est ce ras-le-bol et la quête d’un meilleur futur que sont venues défendre dans les rues de Montpellier quelque 10 000 personnes, essentiellement des jeunes.

    Un défilé particulièrement enjoué et sans incident majeur (quelques tags) – si ce n’est la charge disproportionnée des CRS sur la Comédie pour disperser manu militari les derniers manifestants à 16h – au cours duquel les revendications sont légion. « Le peuple manifeste, le gouvernement fait la sieste. » « Tu nous la mets à l’envers, on te la met 68. » Les nombreuses pancartes en disent déjà beaucoup sur l’exaspération face à un pouvoir qui fait la sourde oreille. En tête du cortège, les lycéens révoltés racontent le reste au sujet des deux principales revendications. Des moyens pour l’éducation nationale et stop à la répression. « En travaux pratiques, on n’a pas assez de bureaux pour que les élèves puissent s’asseoir. Mon prof d’histoire est à l’hôpital depuis un mois et n’a pas été remplacé », s’agace Tidiane du lycée Agropolis. « L’an passé, mon prof de français a été absent 6 mois », se souvient Émilie, passée du lycée Clemenceau à Monet. « Avec Parcoursup, on a peur de ne pas pouvoir continuer nos études », confie la future étudiante qui se plaint aussi des « 35 degrés dans les classes ».

    L’État aux abonnés absents

    Ces manques élémentaires relatifs aux conditions de travail, les syndicats enseignants les dénoncent depuis des années. « On avait obtenu des engagements de la Région pour des travaux énergétiques dans les lycées. Mais avec le désengagement financier de l’État, les promesses risquent de ne pas être tenues », redoute Philippe Hattais. Co-secrétaire du Snes-FSU, ce prof d’anglais réclame « des places à l’université pour tous les bacheliers ». Ce qui passe à ses yeux par « l’abrogation de Parcoursup » mais aussi du « Bac Blanquer ».

    Quant au fait que les lycées soient débloqués par la force, Titouan, lycéen à F. Bazille qui se démarque des poignées de casseurs, ne l’accepte pas. « La répression contre les jeunes est abusive. Certains ont perdu un œil, une main. Ils envoient les matraques et les lacrymos sur des enfants. »

    Dans le cortège parti à 13h15 du Peyrou pour y revenir via la gare, la Comédie et la préfecture, on lit et on entend des messages anti-flic. « Acab ! » « Tout le monde déteste la police. »

    L’extrême droite rejetée

    Non loin d’un jeune qui brandit un carton. « On veut des bonnes notes, pas des menottes », une mère solidaire de deux lycéens est venue veiller sur eux. « Mon fils a passé son Bac en juin sous 40 degrés. Il n’y a pas un ventilateur dans les lycées de Montpellier ! », s’emporte Virginie qui dénonce des « conditions d’apprentissage indignes » en amuse-bouche d’une « sélection épouvantable » vers le supérieur. « Le service public de l’éducation est laissé à l’abandon depuis des années et sous Macron c’est la dégringolade. »

    Jugeant la colère de ces jeunes « tout à fait légitime », elle se méfie de la « répression policière démesurée ». « Ce sont des Robocop en roue libre soutenus par le ministère et sans aucune retenue. » Face aux images des casseurs qui font les choux gras des chaînes d’info, elle ajoute. « Le phénomène des casseurs infiltrés, ça fait 30 ans qu’on le connaît. Ils viennent pour décrédibiliser le mouvement qui, a la base, est pacifique. On se demande bien qui les envoie… »

    Perdus de la manif, quelques petits groupes issus de l’ultra droite étaient ici ou là identifiables. Mais l’immensité du cortège qui entonnait régulièrement « Siamo tutti antifascisti » ne laissait pas la moindre place au doute concernant son allergie à l’extrême droite.

  • Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Le mouvement lycéen, parti de région parisienne il y a près de trois semaines, est désormais massif, actif et déterminé dans tous les territoires de la métropole et en outremer. Dans l’Hérault et le Gard, la quasi-totalité des lycées publics, généraux mais aussi professionnels, est dans l’action pour exiger de bonnes conditions de travail, autant matérielles qu’éducatives.

    La maturité des lycéens, dont l’écrasante majorité sont des mineurs, est un motif de fierté pour leurs aînés. Si parents, professeurs ont décidé de les encadrer et de les protéger face à la répression ahurissante du gouvernement, le mouvement lycéen reçoit aussi le soutien et la participation des syndicats de salariés, au-delà de la seule communauté éducative. Ainsi, le syndicat CGT de l’Hérault de l’action sociale précisait, le 6 octobre dans un communiqué que « les revendications lycéennes, plus que légitimes, rejoignent les [leurs] », dont « un budget de l’Éducation nationale à la hauteur des besoins des élèves et des personnels de l’Éducation nationale, pour une augmentation des salaires, des embauches et des conditions de travail décentes dans le secteur social et médico-social ».

    Cette « convergence » entre lycéens et syndicats de salariés s’illustre aussi dans le Gard où les unions locales CGT, FSU et FO ont signé un appel commun de soutien aux adolescents en lutte et appelé à manifester le 6 octobre. « Lors du rassemblement du 29 septembre [journée de grèves et de manifestations dans la fonction publique] nous avons donné la parole à des jeunes mobilisés. Nous leur avons proposé notre solidarité et notre soutien tout en réaffirmant un principe essentiel : leur mobilisation leur appartient et nous ne déciderons jamais à leur place », précisent les trois unions locales. Ce jeudi 8 octobre, un nouvel acte de la mobilisation lycéenne a agrégé une nouvelle fois les syndicats de l’éducation nationale et de salariés.

    Les élus locaux d’Occitanie s’engagent également. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a exprimé son soutien lors du conseil municipal, le 6 octobre : « La casse, la destruction de biens, n’est jamais la solution et doit être condamnée. Mais la violence contre la jeunesse ne peut pas être la réponse. La réponse doit être le dialogue, l’esprit de responsabilité. Nous sommes ouverts pour dialoguer. Si les lycéens souhaitent des lieux pour s’exprimer, ils seront grands ouverts. Les jeunes veulent que leurs profs soient remplacés, que l’épreuve au Bac et les emplois du temps soient lisibles, cohérents. Ils veulent sortir de l’angoisse de Parcoursup », résume l’élu, lui-même professeur d’histoire-géo. « Je tenais à faire part de mon soutien. On ne peut pas être dans une surenchère de violence et de réponses anormales », a déclaré le maire socialiste. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a tenu aussi à « [s]’adresser directement aux lycéennes et aux lycéens. Votre colère, je l’entends. Vous avez raison de vous mobiliser, de demander de meilleures conditions d’études, des professeurs remplacés, davantage de moyens pour préparer votre avenir. Je sais votre inquiétude de voir les inégalités se creuser et votre sentiment de ne pas être assez écoutés ». Elle était d’ailleurs aux côtés du maire communiste de Nîmes Vincent Bouget cette semaine (lire aussi p. 7).

    Pour tous les partis de gauche, LFI, PS, EELV, NPA, PCF, il s’agit d’être aux côtés de la jeunesse dans ce mouvement à bien des égards historique. « C’est une génération entière qui aujourd’hui exprime sa colère, sa volonté de trouver dans la société la place qui lui revient. Ils et elles méritent des réponses à la hauteur de leurs attentes, de leurs espoirs et non des fins de non-recevoir quand ce n’est pas la répression et la violence policière », souligne Jacques Chabalier, secrétaire de la section de Nîmes du PCF. Pour la fédération du PCF de l’Hérault, dont la secrétaire générale est aussi élue de Montpellier, Clara Gimenez, « d’autres choix sont possibles » et « la baisse démographique (…) doit permettre de diminuer réellement le nombre d’élèves par classe, de recruter les enseignants et les personnels nécessaires et de donner davantage de temps à chacun pour apprendre et réussir ». Une visée exclue par les macronistes.

  • [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.

    À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.

    Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.

    Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».

    La peur d’un duel LFI-RN

    Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.

    Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.

    Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.

  • Redécouvrir Béziers hors cadre

    Redécouvrir Béziers hors cadre

    Les esthétiques de trente photographes seront exposées dans une vingtaine de sites. « Les lieux hôtes ont sélectionné une exposition avec laquelle il y avait une résonance », explique Thomas Langlois Meurinne, le président du festival.

    Le musée des Beaux-Arts Fayet compte parmi les nouvelles étapes du parcours. L’exposition introductive, proposée dans le cloître de la cathédrale Saint-Nazaire, est une autre innovation de cette édition 2026. Les visiteurs pourront découvrir une image clé de chaque artiste.

    « Exigeant sans être élitiste » : telle est l’ambition de ce jeune festival. Pour preuve, des photographes amateurs ont été sélectionnés pour exposer leurs travaux dans un ancien pub, le Korrigan. En conclusion, Thomas Langlois-Meurinne glisse ce conseil pratique : avant de venir, il faut bien vérifier les horaires car ils sont différents dans chaque lieu.

    Julien Bramy

  • [Quoi de neuf] Manuela Parra : « En Espagne, l’histoire est un combat politique »

    [Quoi de neuf] Manuela Parra : « En Espagne, l’histoire est un combat politique »

    Françoise Verna : La 7e édition des Rencontres franco-espagnoles, du 8 au 13 octobre prend cette année une dimension particulière, 90 ans après le début de la Guerre d’Espagne. En quoi la présence du ministre espagnol délégué à la mémoire démocratique, Fernando Lopez Martinez, est-elle importante le 8 octobre à Montpellier ?

    Manuela Parra : Cette présence c’est reconnaître l’engagement de ces hommes et de ces femmes qui se sont battus pour à la fois la seconde République et aussi pour maintenir la liberté et l’égalité. Cela les réhabilite et leur rend leur dignité qui a été bafouée même quand ils sont arrivés en France. C’est aussi le sens du secrétariat d’État à la Mémoire démocratique espagnol qui a été relancé depuis 2022 par Pedro Sánchez. Cela concerne notamment la recherche dans les fosses communes, la réhabilitation des victimes qui ont eu des procès inacceptables sous la dictature de Franco, etc.

    Olivier Nottale : C’est un message pour aujourd’hui ?

    Manuela Parra : Ces gens ont fait un sacrifice pour qu’aujourd’hui on puisse parler librement et être libre dans notre pays. Est-ce qu’un jour, on sera nous aussi à la hauteur ? Je trouve qu’il y a encore du chemin à faire et nous devons prendre celui de la transmission pour que les jeunes comprennent que la liberté, l’égalité, la fraternité, la République en France, c’est quelque chose de fragile, on le voit bien.

    Françoise Verna : La mémoire et l’histoire ont plutôt été écrites par les vainqueurs en Espagne…

    Manuela Parra : Les vainqueurs, c’est les franquistes qui ont mis une chape de plomb jusqu’au milieu des années 70. Donc c’est aussi un combat. Ce n’est pas la même façon d’appréhender la mémoire, par exemple ici en France avec la Résistance, qu’en Espagne. Le franquisme a, nous ne l’oublions pas, abattu la République. En fait, la mémoire démocratique en Espagne, c’est quand même beaucoup plus politique que ce que l’on voit en France où c’est beaucoup plus mémoriel, culturel. En Espagne, c’est la troisième génération qui combat et qui se bat pour l’histoire qui a été complètement réécrite par le dictateur -on va appeler les choses comme elles sont- par le dictateur Franco, comme font d’ailleurs tous les dictateurs. Quand on voit Trump aujourd’hui qui interdit un certain nombre de mots, c’est ce qu’a fait Franco à l’époque.

    Olivier Nottale : Cette histoire est aussi réécrite aujourd’hui par des partis comme Vox à l’extrême droite et le Parti populaire aussi, qui est quand même issu du franquisme.

    Manuela Parra : Quand ces gens-là reviennent au gouvernement, ils effacent tout le travail qui a été fait depuis 2007 sur ces questions de mémoire démocratique. Donc, on voit bien que l’enjeu est important pour l’Espagne. L’historien Enrique Tudela Vasquez va venir nous présenter les recherches dans les fosses communes, notamment au Barranco de Viznard où on pense que la dépouille du poète Federico Garcia Lorca pourrait être.

    Françoise Verna : C’est donc un travail très concret ?

    Manuela Parra : Je suis allée avec lui l’année dernière à Huelva, où des jeunes archéologues de l’Université Grenade ouvraient une fosse commune. Historiens et archéologues travaillent ensemble.

    On a la chance, le 10 octobre, d’accueillir Antonio Orihuela, écrivain, poète et historien. Il a fait sa thèse sur la répression et le silence dans sa petite ville de Moguer. C’est un travail sur les droites qui réécrivent l’histoire. Et il dit bien les droites Donc, en Espagne, c’est un combat qui est un combat politique.

    Françoise Verna : Federico Garcia Lorca est aussi très présent dans ces Rencontres ?

    Manuela Parra : C’est un poète, un musicien qui était ancré dans l’Andalousie et qui a fait émerger et connaître la culture populaire andalouse. Nous allons l’aborder comme symbole de l’effacement de la mémoire, puisqu’on recherche toujours son corps. Quand on parle de lui, on parle aussi des autres. Le film de Magali Negroni, Federico Garcia Lorca 1898/1936 va être le support pour en parler. La réalisatrice le traite, dans ce documentaire qui dure 50 minutes, justement sur son engagement et puis aussi sous l’angle de l’homophobie et de son homosexualité qui a été posée aussi comme hypothèse de son assassinat.

    Olivier Nottale : Des lycéens et collégiens sont aussi
    associés à ces rencontres
     ?

    Manuela Parra : J’ai tenu absolument que le film qui a été fait par les jeunes du lycée Mermoz, Entre deux frontières, une mémoire, sous la responsabilité de leurs professeurs, en partenariat avec les lycéens d’Alcalá de Henares en Espagne, puisse être projeté à l’ouverture, devant le maire de Montpellier et le secrétaire d’État à la Mémoire démocratique espagnol. Parce que c’est la concrétisation de notre démarche. Ce film est fondamental et il a certainement vocation à vivre dans les établissements. Je l’espère.

    *Du 8 au 13 octobre, « 1936-2026, Réveiller les consciences ». Programme complet sur voixdelextremepoesieetculture.blogspot.com

    Entrée gratuite.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • [Occitanie] Le bloc communal régional plutôt bien doté en effectifs

    [Occitanie] Le bloc communal régional plutôt bien doté en effectifs

    Suivant ce qu’en feront les décideurs, c’est une étude qui peut soit solidifier les services publics soit prétexter des politiques d’austérité.

    En Occitanie, la Chambre régionale des comptes (CRC) publie une étude qui dresse le panorama de l’état des effectifs de la fonction publique territoriale du bloc communal (communes et intercommunalités). Après examen de 251 entités représentatives sur la période 2019-2024, l’Occitanie pointe au 4e rang des régions les mieux dotées avec une moyenne de 31,9 agents pour 1 000 habitants contre un ratio de 28,4/1 000 en France. Ces 160 000 agents représentent 6,5 milliards d’euros de dépenses publiques (+18,9% de masse salariale portée par les intercommunalités), soit 3% du PIB occitan et 37% des dépenses de fonctionnement.

    Est-ce un effet post-Covid ? Toujours est-il qu’entre 2020 et 2021, le nombre d’agents publics locaux a augmenté de 10,4%, quasi le double de la moyenne de l’Hexagone (5,3%). La présidente de la CRC, Valérie Renet, y voit 5 causes majeures. D’abord « l’accroissement démographique (+3%) qui accroît le besoin en services publics mais n’explique qu’une partie de la hausse des effectifs (+6%) ». Ensuite, la nature de l’économie touristique (présentielle) de l’Occitanie. « Toutes les régions du littoral ont des tendances similaires. » Mais aussi le niveau de pauvreté élevé, la densité urbaine et enfin le degré de mutualisation intercommunale. « Le tissu local est très fragmenté avec beaucoup de petites communes, ce qui multiplie les agents. »

    Pistes d’économies

    Ce constat signifie-t-il qu’il y a trop de fonctionnaires municipaux ? Pas forcément. Car l’étude montre que l’essentiel de la poussée concerne les contractuels sur des emplois permanents (+66,4%), alors que le nombre de titulaires a reculé de 2%. Au point que les agents non titulaires représentent un quart des effectifs communaux.

    L’option de dégraisser le mammouth est un choix politique qu’il n’appartient pas à la CRC de trancher. « On n’est pas des ayatollahs des réductions d’effectifs. On veut de l’efficience, que le service soit rendu. » Or, l’étude n’apporte aucun élément sur la qualité du service. La CRC donne des marges de manœuvre possibles. D’abord mutualiser les services des 4 453 communes
    et 161 intercommunalités
    (-14 000 emplois (!) ; 485 ME d’économies). « Il ne s’agit pas de rayer des villages de la carte mais de les regrouper », argumente le magistrat Nicolas Parneix. Ensuite veiller au respect des 1 607 heures annuelles légales de travail (110 ME d’économies). Enfin, lutter contre l’absentéisme qui coûte 280 ME par an. Autant de pistes qui vont dans le sens d’une vision comptable. À condition que le service rendu soit au rendez-vous, on est aussi en droit d’assumer que le service public ait un coût.