Face à la raréfaction de la ressource en eau, Sète passe à la vitesse supérieure. Depuis le début du mois de juillet, les eaux usées traitées par la station d’épuration des Eaux Blanches sont réutilisées pour des usages communaux qui jusque-là nécessitaient de l’eau potable.
Un arrêté préfectoral fixe les conditions de la réutilisation des eaux usées traitées (Réut) et permet à Sète Agglopôle d’économiser pas moins de 20 000m3 chaque année. « L’autorisation concerne l’hydrocurage des réseaux d’assainissement, l’arrosage du ballast (lors d’une construction d’une route, on arrose afin de compacter un petit peu les cailloux et la terre) et bien sûr les laveuses de la Ville de Sète et potentiellement celles de Frontignan et La Peyrade », énumère Vincent Sabatier, vice-président de Sète agglopôle Méditerranée, délégué au cycle de l’eau.
La collectivité dirigée par le socialiste Loïc Linarès met également en avant la technologique du dispositif, permettant d’avoir une eau de haute qualité. « C’est une eau de qualité A+, une des rares eaux en France à avoir ce label [la première dans l’Hérault, Ndlr.] puisque la technicité de la station d’épuration nous permet de sortir une qualité très supérieure à l’eau de baignade », poursuit le vice-président. En effet, l’eau usée subit dans un premier temps un procédé d’ultrafiltration membranaire avant d’être désinfectée par rayons UV. Du chlore est également ajouté pour assurer un effet durable et ainsi permettre de la stocker dans une cuve de 20 000 litres. Une réutilisation des eaux usées qui empêche également de rejeter cette eau dans la mer.
Cette nouvelle économie d’eau vient s’ajouter à celle de 110 000m3 issus de la récupération d’eau de lavage des filtres de la station de potabilisation sétoise. « Potentiellement, cette eau économisée pourra servir pour les “usages nouveaux” de la ressource. Nous sommes de plus en plus confrontés à des conditions météo extrêmes, nous obligeant à arroser plus. Cette eau pourrait subvenir à ces besoins, en particulier l’irrigation », souligne Vincent Sabatier. Seul hic, sa salinité. « Le réseau est au niveau zéro des cartes [zéro hydrographique, Ndlr.], donc nous avons un petit peu d’intrusion d’eau salée. Mais il est toujours moins compliqué d’enlever 3g de sel que 30 comme dans l’eau de mer. »
Ce nouveau dispositif n’est qu’une première étape dans la réutilisation des eaux usées traitées. En effet, l’Agglo prévoit de développer ses usages, notamment industriels. « Le second projet est de venir alimenter l’usine Saipol, premier consommateur d’eau municipal de la ville de Sète. Là, on vise une économie de 350 000m3 », soutient Vincent Sabatier. Notamment pour refroidir les installations et produire de la vapeur pour cette usine dédiée à la transformation de colza d’import.
Une démarche qui montre le fort potentiel de cette technologie encore peu développée en France, contrairement à l’Espagne voisine, où l’eau réutilisée peut être consommée par la population. Mais à la vue du dérèglement climatique, il est sûr que la question de la Réut va se poser dans le débat public français.




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