Tag: Hérault

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • Le Printival enchante Pézenas

    Le Printival enchante Pézenas

    Concerts de jour ou de soirée, spectacles jeune public, vitrines artistiques… Durant 4 jours, du 22 au 25 avril, Pézenas va vivre au rythme bouillonnant du Printival. Créé en 2000 par Jackie Lapointe, le fils de Boby, et Sam Olivier, ce festival dédié à la chanson francophone, aujourd’hui piloté par la petite-fille du célèbre chanteur à la marinière, a conservé son esprit d’ouverture, d’éclectisme et de fantaisie. La recette d’un succès qui ne se dément pas, puisque la manifestation attire quelque 7 000 participants chaque année.

    Du solo intimiste à la transe collective, de la pop électro à la chanson engagée, la diversité est au rendez-vous de cette nouvelle édition qui propose, c’est une nouveauté, des pass festival 2 jours (50€ – 6 artistes) et 3 jours (75€- 9 artistes) permettant de composer un parcours à la carte.

    4 grandes soirées concert

    Comme chaque année, quatre grandes soirées ponctueront le festival. C’est la pop de Zaza Fournier qui ouvrira le bal mercredi 22 avril à 20h30 avec son nouveau spectacle « Fièvre humaine », dans lequel « elle raconte son parcours de femme  », décrit Dany Lapointe. Elle sera précédée du « parcours chanson » : 9 artistes sélectionnés sur un appel à candidatures présenteront des chansons qu’ils auront écrites et composées collectivement au terme de 6 jours de collaboration.

    Jeudi 23 avril à 21h, le Montpelliérain Dimoné dévoilera son nouveau spectacle en trio accompagné de Jean-Christophe Sirven et Alban Barate, avant de laisser la place à David Walters qui tisse, entre beats électroniques et folk acoustique, un univers métissé où s’entrelacent ses racines afro-caribéennes et ses inspirations modernes.

    Vendredi 24 avril à 21h, soirée féminine avec Alma Rechtman, « dont les textes sont des poèmes écorchés, des confidences, parfois des coups de griffes », qui assurera la première partie de Mathilde, « une artiste à la voix magnifique qui a fait The Voice en 2015, qui vient du chant lyrique et qui est très engagée dans les luttes féministes », présente Dany Lapointe.

    Samedi 25 avril à 21h, enfin, bouquet final avec le groupe montpelliérain Full Tükan, qui fait se croiser la techno et les sonorités latines, suivi de Vaudou game, « du funk dansant qui emmène dans une sorte de transe collective et joyeuse. »

    Mais le festival battra également son plein en journée, avec des concerts à midi (gratuits) puis à 19h, des spectacles jeune public ou encore des vitrines artistiques*.

    Enfin, moment emblématique du Printival à ne pas rater  : le fameux « concours de marinières » (samedi 25 avril à 17h) en hommage à Boby Lapointe, qui a réuni 3 400 personnes sur le cours Jean Jaurès l’an dernier !

    * Infos et billetterie : printivalbobylapointe.com

  • Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Non à la fonte des classes ! » Même si la situation est grave, le syndicat Sud Education de l’Hérault ne perd pas son humour pour dénoncer les fermetures de classes qui se profilent pour la rentrée 2026. Les cartes scolaires se préparent maintenant. Les bras de fer aussi. « Comme dans le second degré, la baisse démographique va servir de prétexte au gouvernement pour réaliser de grosses économies », analyse le syndicat. « Dans l’Hérault, la saignée se traduit par la fermeture de dizaines de classes : 111 fermetures pour seulement 39 créations, y compris dans des écoles rurales isolées, dans des écoles dont les IPS [indice de position sociale] sont très bas, ou même en éducation prioritaire, qui n’est malheureusement pas épargnée », explique encore Sud 34 éducation sur son site internet.

    Dans le Gard, les fermetures de classes en primaire (maternelle et élémentaire) inquiètent aussi. « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! », prévient l’Unsa éducation du département.

    Ce vendredi 17 avril, veille des vacances de Pâques dans l’académie de Montpellier, le Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) devait se prononcer sur les décisions présentées le 9 avril en Comité social d’administration spécial départemental (CSA-SD), seule instance de négociation entre syndicats et académie. Pour le premier degré (maternelle et élémentaire) hors zone d’éducation prioritaire, la carte scolaire 2026 envisagée se traduit pour l’Hérault par 28 créations de classes, dont 13 en maternelle mais surtout par 52 fermetures, dont 11 en maternelle, selon les documents rendus publics par les syndicats. Les écoles en zone d’éducation prioritaire (ZEP) ne sont pas épargnées : 31 classes seraient supprimées dont au moins 17 en maternelle ! Parmi les écoles élémentaire touchées : Franklin Roosevelt à Montpellier avec 6 classes supprimées, ce qui va entraîner la fermeture pure et simple de l’école.

    Autre exemple, l’école Les Romarins à Béziers perd une classe mais grâce aux syndicats la suppression prévue à l’école Gaveau-Macé a été retirée de la liste. Ce n’est pas le cas pour les écoles Galilée , Daubié et Bolivar à Montpellier. Pour les écoles maternelles, la saignée est forte en ZEP : Carnot à Béziers est placée « sous surveillance » (une classe pourra ou pas être supprimée). À Lunel, trois écoles maternelles sont touchées par des fermetures : Gambetta, Pont de Vesse et Arc-en-ciel. À Montpellier, les écoles Virginia Woolf et Vincent Van Gogh seront fermées après la suppression de 2 et 3 classes. Côté créations, 12 classes sont prévues au sein du Pôle éducatif Halles Nord à Montpellier, une classe à l’école Samuel Paty à Béziers et une autre à Hypatie à Montpellier. Mais ces 14 créations de classes sont loin de compenser les suppressions dénoncent les syndicats.

    Dans le Gard, 21 fermetures sont prévues en zone d’éducation prioritaire en maternelle, élémentaire et primaire. Saint-Gilles, Nîmes, Alès et Beaucaire sont les communes concernées. Hors éducation prioritaire, ce sont 38 fermetures de classes qui seront effectives à la rentrée 2026 avec, parmi les communes touchées, Nîmes, Beaucaire, Alès, Saint-Gilles, Bessèges, Bagnols, Pont-Saint-Esprit ,Saint-Laurent-d’Aigouze , Saint-Jean-du-Gard, Caissargues, Vergèze, Bouillargues, Les Salles-du-Gardon Laudun, Pont-Saint-Esprit, Aimargues – Fanfonne Guillierme, Manduel… Côté créations de classes, 14 seulement au total sont envisagées dans le département du Gard. Si des ajustements sont possibles en juin et septembre, « toute ouverture serait compensée par une fermeture », aurait déclaré le Directeur académique aux syndicats. Ambiance. L’argument massue du ministère de l’Éducation pour justifier ces fermetures est toujours le même : la baisse des effectifs. Mais pour la première fois, le service statistiques du ministère a fait des projections à 10 ans et estime, selon ses calculs, que d’ici 2035 les écoles primaires auront perdu au moins 933 000 élèves.

    Moins 9 635 élèves d’ici 2035 dans le Gard et moins 13 868 dans l’Hérault

    Ces projections ont été déclinées par académie et par département et sont autant d’épées de Damoclès. Ainsi, selon les documents consultés par La Marseillaise, le Gard passerait de 59 005 élèves de primaire en 2025 à 49 370 élèves en 2035, soit une baisse de 9 635 enfants de la maternelle au CM2. En avant les fermetures ! Pour l’Hérault, qui compte 94 508 élèves scolariés en 2025, seulement 80 640 enfants seront en maternelle et élémentaire en 2025, soit une baisse de 13 868 élèves en dix ans. Sur l’ensemble de l’Académie de Montpellier, au moins 35 521 élèves seront perdus d’ici 2035, passant de 221 424 enfants scolarisés en primaire en 2025 à 185 903 dix ans plus tard. De quoi justifier l’injustifiable ?

    « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! »

  • Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Les concertations concernant la carte scolaire 2026 dans l’Académie de Montpellier n’ont pas créé de consensus, loin s’en faut. Dans le Gard comme dans l’Hérault, des CSA (Comités sociaux d’administration) de repli ont dû être convoqués après que les représentants du personnel ont voté à l’unanimité « contre » les propositions d’arbitrages présentées par l’Académie, prévoyant la suppression de 27 postes dans le Gard et 20 postes dans l’Hérault, et se traduisant par la suppression de dizaines de classes dans chacun des départements.

    Les décisions de fermetures sont cependant assumées pleinement par les responsables des services de l’éducation, qui mettent en avant l’argument de la « raison », compte tenu de la baisse démographique qui s’est enclenchée partout sur le territoire. Une étude inédite du ministère de l’Éducation publiée le 8 avril prévoit que les écoles, collèges et lycées français vont perdre 1,7 million d’élèves d’ici une dizaine d’années. Christophe Mauny, directeur académique des services de l’éducation (Dasen) du Gard, affirme : « Nous avons perdu un peu plus de 6 000 élèves entre 2015 et 2025 dans le département et la tendance ne fait que s’accélérer. Je pense donc que nous sommes au début d’un nouveau cycle. De plus en plus d’ajustements seront nécessaires dans les années à venir. » Même constat dans l’Hérault, qui prévoit une baisse de 1 818 élèves dans les établissements publics du premier degré à la rentrée 2026. « Avec ces chiffres, il faut bien comprendre qu’on aurait pu supprimer 80 postes et nous ne l’avons pas fait, parce qu’il ne s’agit pas d’une gestion comptable, se défend Aymeric Meiss, Dasen de l’Hérault. D’ailleurs, le nombre d’élèves par classe va quand même diminuer dans le département, puisqu’il est en moyenne de 21,8 cette année et qu’il sera de 21,6 l’année prochaine », dit-il.

    Quels critères

    pris en compte ?

    Aymeric Meiss, comme son homologue du Gard, affirme que la prise en compte de la justice sociale et des équilibres territoriaux est au cœur de chaque décision. « Les critères retenus font toujours appel à l’équité, assure-t-il. Nous veillons à ce qu’un territoire plus fragile ait plus de moyens, c’est d’ailleurs le principe même de l’éducation prioritaire. Nous veillons aussi à ce qu’il y ait un équilibre entre chaque territoire, notamment pour la création de dispositifs inclusifs. Le tout, en nous assurant que le nombre d’élèves par classe soit comparable sur des territoires comparables. » De son côté, Christophe Mauny garantit que le bien-être des élèves est la priorité : « Les Dasen connaissent le métier parce qu’ils ont souvent été enseignants ou chefs d’établissements et c’est la raison pour laquelle nous sommes précautionneux pour garder un équilibre décisionnel. Chaque année, c’est un rendez-vous qui provoque des réactions très vives. Nous l’entendons évidemment et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai proposé quatre réunions aux élus dans le département, pour communiquer en toute transparence sur la manière dont la carte scolaire est élaborée. »

    Toujours selon le Dasen du Gard, les moyens mis à disposition par le gouvernement ne se traduisent pas seulement par des ouvertures ou des fermetures de classes, mais aussi par des outils d’accompagnement des équipes, notamment à travers la mise en place de Pôles d’appui à la scolarité (PAS), qui remplacent progressivement les anciens pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial). « Dans l’Hérault, je constate que les moyens de l’enseignement sont préservés et permettent de déployer les PAS et d’ouvrir aussi deux classes Ulis », argumente Aymeric Meiss dans le même sens. Il conclut : « Nous sommes un service public de proximité et nous cherchons à l’être de manière efficace, c’est-à-dire à ne pas subir la démographie, mais plutôt à l’anticiper et à y répondre de manière dynamique. »

  • Lecornu recule sur l’attaque contre le 1er-Mai

    Lecornu recule sur l’attaque contre le 1er-Mai

    Travailler le 1er-Mai, le patronat en rêvait, bientôt une réalité ? C’est en tout cas la crainte des syndicats après une magouille du bloc central à l’Assemblée nationale, le 10 avril. En ligne de mire, l’élargissement des professions autorisées à travailler le 1er-Mai. Le texte devrait permettre aux fleuristes, boulangers et aux établissements culturels de faire bosser leurs salariés durant la fête des travailleurs. Provoquant la colère d’une intersyndicale (presque) au complet [la CFDT étant absente mais excusée, Ndlr.]. « C’est une grave atteinte aux travailleurs. Le 1er-Mai est le seul jour qui existe qui soit payé et chômé, le seul jour faisant référence aux luttes sociales », souligne Serge Ragazzacci, secrétaire de la CGT héraultaise. Une initiative qui montre que rien n’est immuable, y compris les symboles forts que peuvent représenter un jour férié comme le 1er-Mai. « Ce n’est pas une simple date sur un calendrier. Il y a eu des événements, des morts. Cela montre que le combat n’est jamais gagné », observe Élian Bourgade, secrétaire de l’Unsa 34.

    D’autant que les justifications avancées par les tenants du projet peinent à convaincre les syndicats. Notamment le fait que des salariés demandent eux-mêmes à travailler les jours fériés. « Si certains accepteraient de travailler le 1er-Mai, c’est parce que les salaires sont trop bas et que le travail ne permet plus de vivre décemment. Les richesses créées par les travailleurs ne sont plus réparties entre le travail et le capital mais vont au capital, il n’y a qu’à voir l’explosion des prix du carburant », fait valoir Christine Saint-Joanis, secrétaire de la FSU 34.

    Le texte en 2027 ?

    Une demande du patronat qui fait peser des risques sur les salariés, à l’instar de la généralisation du travail le dimanche. « Aujourd’hui, il n’y a plus de liberté pour aller travailler le dimanche dans un supermarché : ça a été généralisé et personne n’est payé double. On est dans le même type de processus sur le 1er-Mai, c’est dangereux », redoute Serge Ragazzacci. « C’est une nouvelle attaque contre les femmes car elles constituent la majorité des travailleurs des dimanches et jours fériés », rappelle, de son côté, Diane Guénot, de Solidaires 34.

    Adoptée par le Sénat, la proposition s’est retrouvée sur les bancs de l’Assemblée nationale le 10 avril. Face aux amendements déposés par la gauche, les macronistes ont préféré voter une motion de rejet contre leur propre texte, combine politicienne pour éviter les débats, déjà utilisée avec la loi Duplomb ou encore l’A69. Le texte aurait dû se retrouver en Commission mixte paritaire (CMP) avant que – face à la gronde syndicale qui montait – Sébastien Lecornu ne renvoie le projet en 2027, tout en promettant une « solution » pour que les boulangers et fleuristes puissent ouvrir ce 1er-Mai.

  • À Lunel-Viel, deux classes sur la sellette

    À Lunel-Viel, deux classes sur la sellette

    Nos enfants ne sont pas des moutons, arrêtez de les compter ! » La pancarte trône devant l’école élémentaire Gustave-Courbet à Lunel-Viel, le 14 avril. Dans cette commune de 4 500 habitants, les premières esquisses de la future carte scolaire mettent en colère profs, parents et enfants, venus manifester en cette matinée ensoleillée. « Deux classes devraient fermer. Une à l’école maternelle Les Thermes, conduisant à des classes de 18 élèves, ce qui est difficilement contestable. En revanche, une autre classe de l’école élémentaire Gustave-Courbet fermerait, mais la démographie n’a pas suffisamment baissé pour que ça n’ait pas d’impact numérique sur les classes », avance Julien Domergue, délégué parents d’élèves.

    De 13 classes pour 310 élèves, l’élémentaire ne compterait, à la rentrée prochaine, que 12 classes pour 295 élèves, induisant mécaniquement une augmentation du nombre d’élèves par classe, passant de 24,5 à 26 élèves. « Dans la commune, il y a 20% de familles monoparentales, 16% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Des difficultés depuis plusieurs années sont remontées par les enseignants sur le rapport à l’autorité des élèves, de plus en plus de protocoles pHARe [dispositif de lutte contre le harcèlement, Ndlr.] sont déclenchés et des actes d’incivilité des élèves sont plus fréquents », énumère Julien Domergue. Des problèmes de comportement que l’on retrouve dans les niveaux CM1 et CM2, formant le gros du bataillon des écoliers, « avec 28 ou 29 élèves par classe l’an prochain. » Face à cette problématique liée à la précarité, cette fermeture viendrait ajouter une épine dans le pied d’une communauté éducative on ne peut plus fatiguée. « Le système éducatif doit être une priorité et la baisse du nombre d’élèves doit permettre de meilleures conditions d’apprentissage », insiste Julien Domergue. Une pétition* a été lancée – recueillant 349 signatures à l’heure où La Marseillaise mettait sous presse – et un courrier a été envoyé par les enseignants au Dasen, lui demandant de revoir sa copie « au moins sur les deux ans à venir », le temps que le nombre d’élèves baisse vraiment.

  • Recul des macronistes sur la loi Yadan

    Recul des macronistes sur la loi Yadan

    En moins d’un mois, pas moins de 700 000 Français ont exprimé – via une pétition – leur rejet de la proposition de loi sur les « formes renouvelées de l’antisémitisme », portée par la députée macroniste de la 8e circonscription des Français de l’étranger (Israël, Italie Turquie entre autres), Caroline Yadan, qui devait être débattue à l’Assemblée nationale depuis le 16 avril.

    Le texte fait l’objet de nombreuses critiques de la part de l’opinion publique – en témoignent les nombreux rassemblements organisés ces derniers jours, dont un à Montpellier le 11 avril – et de parlementaires de gauche, qui ont appelé à voter contre – à l’exception des socialistes François Hollande et Jérôme Guedj, cosignataires du texte. « Ce texte liberticide amalgame les critiques de la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme », observe Jean-Louis Roumégas, député Les Écologistes héraultais. En effet, la proposition de loi stipule qu’une « haine de l’État d’Israël [qui] est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble ».

    « Dérives dangereuses »

    « Sous prétexte de lutter contre l’antisémitisme, le texte criminalise celles et ceux qui dénoncent la politique génocidaire de Netanyahu. Il présente des dérives dangereuses, n’a que des mauvais effets puisqu’il vise à faire taire ceux qui défendent le droit international et il ne lutte pas contre l’antisémitisme », soutient Nathalie Oziol, députée LFI de l’Hérault. Le groupe a notamment demandé d’inscrire la pétition à l’ordre du jour de l’Assemblée avant l’examen de la loi, « ce qui permettra de montrer que le peuple français n’en veut pas. » Sauf que la pétition ne sera pas débattue, la commission des lois estimant que le débat aura lieu lors de l’examen du texte.

    Des « dérives dangereuses » que l’on retrouve notamment dans le préambule du texte puisque ce dernier reprend la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA), décriée par de nombreux observateurs du fait de son parallèle entre critique d’Israël et antisémitisme. « Cette loi ouvre un flou juridique dangereux. Son premier article prévoit l’extension du délit de provocation au terrorisme aux « provocations implicites ». Mais en droit, « implicite » ne veut rien dire. Le manque de clarté de cette formule peut porter atteinte à l’État de droit », se désole Fanny Dombre-Coste. La députée socialiste de l’Hérault appelle au retrait du texte et à la mise en place d’une commission spéciale transpartisane, estimant que « l’Assemblée, à un an de la Présidentielle, n’est pas en capacité de travailler sérieusement, d’avoir un débat serein. »

    Et les risques juridiques que fait porter ce flou sont grands. « Ce texte va laisser la place à l’arbitraire. Selon les juges sur qui on tombe, toutes les interprétations seront possibles », fait valoir Jean-Louis Roumégas. Le texte pourrait ainsi représenter un danger pour une opinion publique acquise à la cause palestinienne. Sans oublier les Juifs français, assimilés de facto par le texte à des partisans de la politique coloniale de Netanyahu. Les débats s’annonçant enflammés – les partis de gauche ayant déposé nombre d’amendements – les macronistes ont finalement décidé de retirer la proposition de loi, le 16 avril, et annoncent que le gouvernement s’est engagé à un dépôt de projet de loi en juin prochain.

  • [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    Des professeurs en grève et des écoles fermées à Sète (Michelet, Renaissance, Boucher, Pasteur, Macé). Des rassemblements de parents en Agde (écoles V. Hugo, Littoral) ou à Montpellier (E. Combes, P. Langevin). Des mobilisations parents-enseignants à Lodève qui ont permis le sauvetage d’une classe (Prémerlet)…

    Dans l’Hérault, la période cruciale de validation de la carte scolaire a donné lieu à un vent d’indignation et de révolte ces derniers jours. Avec pour dénominateur commun des colères, le choix comptable de réduire la voilure. « Sur les 603 écoles de l’Hérault, la diminution qu’on nous annonce (-1 818 élèves) ne représente que 3 élèves de moins par école. La baisse démographique n’est qu’un prétexte, personne n’est dupe », enrage Sabine Raynaud. Encore mobilisée mercredi 15 avril devant le Rectorat avant le Comité social d’administration (CSA) académique dit « de repli », la secrétaire départementale du Snudi FO 34 ne digère pas la nouvelle carte scolaire dont les grandes lignes ont été entérinées le lendemain en préfecture lors du Comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN). « On a besoin d’assurer les remplacements, d’avoir davantage d’Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) (…). On nous retire des moyens alors qu’on est à l’os », déplore-t-elle.

    Avant que le CSA de repli du 14 avril et le CDEN du 15 ne revoient certaines situations à la marge, le bilan était de 98 fermetures de classes pour 60 ouvertures, soit un solde, éducation prioritaire comprise, de -38 classes pour 20 suppressions de postes. Si les mobilisations et le travail de sape des syndicats ont un peu limité la casse (4 fermetures évitées et 4 ouvertures obtenues avant même le premier CSA du 7 avril), le compte n’y est pas du tout. Dans la lignée des 1 891 suppressions prévues dans le premier degré en France, « c’est très mauvais », résume Rémi Combettes qui espère encore quelques « ajustements » en septembre. « La démographie n’est pas identique partout, il y a un risque d’erreurs sur les prévisions », prévient le représentant des personnels du SNUipp-FSU 34.

    L’Armée plutôt que l’École

    Dans tous les cas, il n’est pas ravi à l’idée que quelques contractuels supplémentaires sans statut puissent être appelés à la rescousse. « On préfèrerait que soit ouverte la liste complémentaire au concours pour recruter des titulaires », ajoute Rémi Combettes. Comme les autres syndicats, le sien a voté contre cette carte scolaire qui prétend faire plus mais sans renforts. « Les 19 postes d’accompagnants à la scolarité sont pris sur les effectifs d’enseignants. Ils disent vouloir développer l’inclusion mais cela se fait à moyens constants », déplore le professeur des écoles qui siège au CSA et au CDEN. De la même manière, il dénonce le « gros manque » d’AESH dans l’Hérault dont les conditions de travail sont difficiles et le déclassement salarial certain.

    Quant aux chiffres édulcorés du ministère qui prétend que les classes ne seront pas surchargées (officiellement 24 élèves en moyenne), Rémi Combettes démystifie son « tour de passe-passe ». « Il compte les dispositifs dédoublés et les écoles rurales. » Lesquels font baisser la moyenne mais ne reflètent pas la réalité vécue dans la plupart des classes. « En Europe, seules la Hongrie et l’Irlande font pire que nous. » Au Snudi-FO34, Sabine Raynaud va plus loin. « Pour la première fois, le budget de l’Armée dépasse celui de l’Éducation nationale. Entre les coupes budgétaires, le service civique, les classes défense et les révérenciels défense dans les collèges, ils nous entraînent dans une économie de guerre. » Se préparer à l’avenir à « perdre nos enfants » comme prophétisait le général Mandon ? Les syndicats héraultais s’y refusent et veulent pouvoir les éduquer dans de bonnes conditions.

  • [Volley-ball] Un derby important à plus d’un titre

    [Volley-ball] Un derby important à plus d’un titre

    Le derby ressuscite. Et réveille un peu plus le volley d’ici. Jusque-là, Montpellier, construit sur les vestiges du MUC, suivait une trajectoire ascendante depuis une décennie et sortait enfin de l’ombre. Sète avançait par à-coups au gré de fortunes et de choix plus ou moins pertinents.

    Pour la première fois de leur histoire parallèle, et commune, Montpellier HSC-Volley, sous contrôle de la famille Nicollin, et l’Arago Sète, emblème sportif du port méditerranéen, se défient en demi-finale du championnat de France. Au cœur du dernier carré, l’un et l’autre ravivent une rivalité, quelque peu éteinte ces derniers temps, et alimentent leur propre renouveau à la pointe d’un volley français, aspiré depuis une décennie par l’équipe de France. Double championne olympique.

    Vendredi 17 avril (20 h), les Sétois accueilleront les Montpelliérains dans leur salle reconstruite du Barrou. La semaine suivante, les deux équipes se retrouveront le vendredi 24 à Castelnau-le-Lez, voire le dimanche 26 dans cette même salle en cas d’égalité.

    Sète revient de loin. Et revient chez lui. Depuis le 16 janvier, l’Arago joue à nouveau dans son chaudron à taille humaine du Barrou. Pendant dix-huit mois, cette salle de 1 600 fauteuils a été rasée et reconstruite sur le même site. Avec l’étang de Thau dans son dos.

    Tout comme le Covid, en son temps, le Barrou définit presque à lui l’avantage d’un match à domicile. Pendant que les Sétois ont évolué d’une salle de repli à l’autre, comme sur le canapé du voisin biterrois ou montpelliérain, ils n’ont gagné qu’un match.

    Depuis le retour à la maison, ils enchaînent les victoires, grimpent au classement pour assurer une place en play-off. Et leur meilleur classement depuis quatre ans.

    Appâté par ce nouveau toit, le public sétois, sevré de sport de haut niveau, est revenu comme un seul homme.

    L’Arago Sète, qui vit au plus haut niveau depuis 1947, remonte à la surface. Et rattrape les années Duflos. L’ancien passeur international a dirigé à trois reprises le club sétois (2004-07, 2009-16, 2019-22). La présence de ce manager moderne a coïncidé avec une permanence au plus haut niveau. Et deux finales en 2005 et 2016.

    Le technicien italien Fulvio Bertini, qui a succédé cet été à Luc Marquet, est-il l’homme de la situation ? Sa jeune équipe, entourée de quelques vieux briscards, crève le plafond et éclaire l’horizon d’un jour nouveau. Dépourvue de complexes et portée par le Barrou, elle réussit sa crémaillère pour décrocher une 6e place. Et surtout écarter en deux manches en quart de finale Tourcoing, longtemps à la lutte aux premières places avec Tours et Montpellier.

    Tourcoing, 3e de la phase régulière au tapis, et Tours, champion en titre aussi au tapis, déroulent un boulevard à Montpellier pour conquérir le 9e titre de son histoire. Le second en quatre ans. Et l’enveloppent de l’habit de favori qu’il porte plus ou moins bien ces derniers temps.

    Si ses principaux concurrents ont fait fausse route, le MHSC-Volley est là où l’on attendait. Au bout d’une saison plutôt intéressante jusque-là à l’image de son 8e de finale de la Ligue des champions. Classée à la seconde place de la phase régulière, l’équipe de Loïc Le Marrec s’avance en force dans ce sprint. Il peut miser sur le retour de Nicolas Le Goff, le double mètre et double champion olympique. Remis d’une opération à une épaule, l’international (34 ans, ) peut diffuser son expérience dans ces matchs à enjeu.

    Le Goff ne marche pas seul. Et, surtout, Montpellier part de loin. Depuis 2016, et le passage fondateur d’Olivier Lecat (2016-23) au poste de manager, il replace le volley sur la carte de la Métropole languedocienne saturée de clubs de haut niveau. Et surtout au sommet du volley français. Champion en 2022, double finaliste de la Coupe de France, il a réappris à vivre sur des hauteurs presque oubliées.

    Quand ce Montpellier nouveau croise l’Arago en plein renouveau tout en haut de l’élite, cela donne envie de visiter le Barrou. Et revenir sur les hauts de Castelnau quelques jours plus tard. Pour voir l’épopée de ces deux équipes. Et la résurrection du derby.

  • L’UE durcit ses règles migratoires

    L’UE durcit ses règles migratoires

    Le Parlement européen serait-il en train de se trumpiser ? L’adoption du règlement retour, grâce à l’alliance entre la droite et l’extrême droite, le 26 mars, semble donner raison à cette tendance. En effet, le texte prévoit un net durcissement d’une politique migratoire déjà plus que répressive. « Il aura des conséquences dramatiques pour les personnes étrangères et pour les personnes qu’on accompagne. C’est effectivement un développement très inquiétant », soupire Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade.

    Le texte prévoit notamment la possibilité d’externaliser des centres de retour dans des pays hors de l’Union européenne afin d’y enfermer les personnes exilées ou des demandeurs d’asile déboutés. « Ce qui est vraiment problématique, c’est que le texte pose uniquement les bases légales pour créer ces centres mais il ne précise rien. On ne sait pas pour combien de temps les personnes pourraient être enfermées dans de tels centres dans des pays qu’on ne connaît pas, ni dans quelles conditions », reprend Olivia Carniel. Et ainsi criminaliser un peu plus les exilés en les plaçant dans des conditions de détention sans avoir commis de crime ou de délit. « Il n’y a pas de mécanismes pour vérifier si les droits des personnes sont respectés. Les États s’exonèrent de toutes les responsabilités », abonde Titouan Cady, membre de la LDH à Montpellier.

    Les renvois accélérés

    La détention semble d’ailleurs être devenue la norme puisque les délais d’internement pourraient aller jusqu’à 24 mois. « Il y a aussi une logique d’accélérer les renvois sans passer par des recours juridiques. Alors qu’aujourd’hui, on pouvait contester et ainsi suspendre le renvoi », note Titouan Cady. Des renvois pourraient se faire sans que le juge n’ait besoin de statuer. Tout est fait pour déshumaniser des personnes déjà épuisées par un exil forcé. En ce sens, la « décision de retour européenne » est inquiétante. « On généralise le fichage. Toute personne soumise à une procédure d’éloignement dans un pays sera expulsable d’un second pays de l’UE même si elle respecte toutes conditions d’asile. On pousse ces personnes dans une plus grande précarité », se désole Olivia Carniel.

    Un texte xénophobe qui met un coup au respect des droits fondamentaux, pourtant érigé comme une valeur cardinale d’une Union européenne de plus en plus marquée à droite. Si le Parlement lui est acquis, il en est de même à la tête des États membres : seuls trois pays sont gouvernés par la gauche dont le Danemark, connu pour ses positions anti-migrants. « C’est une rupture dans l’histoire du Parlement européen, qui avait toujours été une institution progressiste. Mais depuis 2024 [date des dernières élections, Ndlr], on voit se former une majorité de droite et d’extrême droite sur les sujets liés à l’immigration et l’environnement. Cette alliance est néfaste pour l’UE et affaiblit sa souveraineté », fait valoir Chloé Ridel, députée PS européenne, qui a voté contre le texte, s’inquiétant des dérives trumpistes de l’institution strasbourgeoise. Le texte va maintenant faire l’objet de négociations en trilogue avec la Commission européenne et le Conseil de l’UE, avant d’être définitivement adopté.