Tag: habitants

  • Le city-stade Villecroze des Oliviers inauguré dans la joie

    Le city-stade Villecroze des Oliviers inauguré dans la joie

    Des applaudissements nourris, des rires et des cris de joie des jeunes ont accompagné le dévoilement samedi par le maire de Marseille de la cité de la plaque inaugurant la rénovation à neuf du city-stade Villecroze de la rue Néoule (13e), une opération majoritairement financée par la Ville.

    « C’est incroyable. On est allé le voir. Il a accepté. Il l’a fait et aujourd’hui on l’inaugure. Il a fait 600 heureux dans le quartier et même autour. Merci Monsieur le maire ! », se réjouit Ali Makkaoui du collectif Jeunes qui ne tarit pas de remerciements pour Benoît Payan. « C’était comme un terrain vague en goudron », raconte Nassim, la vingtaine, ovationné par ses copains du collectif. « On a cherché un contact, ça a pris du temps et quand enfin on l’a trouvé, c’est allé très vite. On a organisé deux réunions publiques avec la mairie. Là, il est ouvert tous les jours depuis un mois. On est très très heureux. »

    « C’est un stade qui porte des ambitions, des rêves et surtout une volonté de progrès pour notre quartier. Merci Monsieur le maire de l’attention que vous portez à notre quartier », lance au micro Ridjal qui lit le texte qu’il a préparé sur son portable. « Votre présence témoigne du désir de faire de notre ville un endroit où chaque personne se sent considéré, respecté et soutenu. Le sport est une force pour notre quartier ! »

    Une réponse aux attentes des jeunes

    Faute d’équipements adaptés pour pratiquer une activité sportive, les habitants des Oliviers C avaient en effet alerté la Ville sur la nécessité de réhabiliter l’ancien city-stade et le terrain de pétanque, qui étaient devenus inutilisables. Il y a eu plusieurs réunions publiques de concertation entre février et avril 2025 qui ont permis de préciser les besoins du quartier et de définir les orientations utiles aux services opérationnels de la Ville de Marseille. La première réunion, organisée à l’école des Oliviers, a rassemblé près d’une centaine d’habitants, témoignant de l’attente forte autour du projet.

    Un gazon synthétique a été posé ainsi que des éclairages LED. Les terrains de pétanque ont été remis en état et une fontaine d’eau a été installée. Une aire de street-workout (inscrite au budget participatif) pour permettre des exercices de renforcement musculaire fera l’objet d’une livraison ultérieure.

    « C’est le projet imaginé par les habitants du quartier. Ils ont plein d’idées. Il y a plein de choses à faire. Pendant des années, des endroits ont été plus ou moins investis par la mairie, d’autres ont été abandonnés voire très abandonnés. On a une jeunesse où qu’elle se trouve qui a envie de faire bouger les choses. Je suis venu prendre de leur énergie. C’est un projet qui redonne de la vie, qui a du sens pour le quartier », a salué le maire de Marseille qui s’est prêté à quelques passes de ballon sur la pelouse. L’événement était accompagné de nombreuses animations et d’un tournoi de foot.

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • Premier samedi de campagne pour l’équipe de Gaby Charroux à Martigues

    Premier samedi de campagne pour l’équipe de Gaby Charroux à Martigues

    Le lieu est symbolique. Quatre membres de l’équipe de Gaby Charroux ont choisi la Poste de Ferrières, pour ce premier samedi de campagne après la déclaration de candidature du maire communiste de Martigues, jeudi soir. Symbolique par l’énergie dépensée par le maire et son équipe, en lien le comité de vigilance postale de Martigues, durant plus d’un an et demi, pour le maintien du bureau de Ferrières, menacé de fermeture au prétexte de la baisse de fréquentation.

    Cet usager s’en souvient. « Il y a eu pas mal de manifestations pour que le bureau ne ferme pas. Il est très utile pour beaucoup de personnes âgées qui doivent utiliser leur voiture et pour lesquelles se garer à Jonquières est un enfer », resitue Fatih Resaigui, qui vit et travaille à Martigues. « Je sais comment le maire a poussé pour maintenir le bureau de Poste », affirme-t-il, de même qu’il renouvelle sa « confiance pour défendre la Poste, mais aussi tous les services publics ».

    Confiance mais exigence

    Cette confiance de Fatih Resaigui s’accompagne, comme pour plusieurs autres Martégaux rencontrés, d’une exigence. « Il ne faut pas négliger le volet sécurité, nous avons besoin d’une police de proximité qui réinstaure le dialogue avec les gens » recommande-t-il, en précisant que « ça va de pair avec l’activité des centres sociaux ». Même son de cloche pour ce néo martégal arrivé de Pau depuis un an, qui « ne connaît pas la politique locale ».

    Christian Deprez, élu de la majorité, répond qu’« il y aura toujours à améliorer », tandis que sa collègue Marceline Zéphir (PCF) développe : « Nous voulons aussi la police dans tous les quartiers avec un rôle qui ne soit pas que répressif. »

    Grégoire Benoît, néo martégal depuis un an et demi et travaillant dans une ville voisine, pense que « c’est partout pareil, il faut se battre contre la délinquance ». Mais avant tout, le quadragénaire souligne que « Martigues est une ville chaleureuse. Mes enfants sont heureux, mon fils fait du judo et, cet été, je suis beaucoup allé à la plage de Ferrières avec mes enfants. C’est super, elle a été refaite et c’est agréable l’été avec les paillotes. »

    Face aux nouveaux arrivants, Marceline Zéphir rappelle que « cette ville est dirigée par une majorité de gauche depuis 60 ans. Ça veut dire médiathèques et crèches municipales gratuites, ou cantines peu chères, par exemple ». Christian Deprez renchérit : « Le centre d’initiation sportive permet aux enfants de découvrir tous les sports gratuitement. »

    Un bilan qui appelle d’autres propositions lors du premier atelier citoyen, prévu le 6 décembre à 10h, salle Dufy.

  • La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    C’est une ancienne boucherie qu’une dizaine d’agents de la police municipale a officiellement investie ce vendredi 28 novembre, avenue de Saint-Jérôme (13e). Un effectif qui devrait doubler d’ici quelques mois. Après le 42, la Canebière, et avant que n’ouvre « très bientôt » la rue Loubon (3e), cette nouvelle antenne de proximité devrait permettre de mieux répondre aux demandes des habitants, a estimé le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) venu dévoiler la plaque d’entrée.

    L’idée : que la police municipale investisse tous les quartiers, « d’ici 5 à 6 ans ». « Une police qui connaît la topographie des lieux est essentielle dans le continuum de sécurité », déclare-t-il, fier de cette police « la mieux armée de France dans tous les sens du terme ». Elle « a été déterminante, essentielle, dans les enquêtes en cours », assure Benoît Payan. Un rôle accru que le maire de Marseille assume sans ambages, déplorant le manque d’effectif de la police nationale.

    « On est une grande ville, cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris, est-ce que vous savez combien de policiers nationaux tournaient cette nuit ? 35 », affirme-t-il pour qui « ce n’est pas sur la sécurité que nous devons faire des économies » pas plus que sur « tout ce qui représente la République ». Entendre la police, la gendarmerie, les hôpitaux, la Poste, les associations, bref « celles et ceux qui font qu’on est debout ». Marseille a besoin « d’une police nationale qui soit calibrée », insiste Benoît Payan, s’indignant que l’année dernière, « le ministre de l’Intérieur ait décidé de supprimer une préfecture de police de plein exercice ». Intolérable pour l’élu dans une ville confrontée de plein fouet au narcotrafic…

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    À la Beaucaire, 4 300 habitants répartis dans 1 761 logements, la question du chauffage revient chaque hiver. Mobilisés en 2023 contre la hausse de 40% des factures d’eau chaude et de chauffage, ce ne sont pas les prix -qui n’ont pas baissé- qui suscitent la colère des habitants cette fois, mais la température des logements. « Beaucoup de résidents ont froid. La situation est inégale selon les bâtiments, étages et appartements. Souvent, la régulation du chauffage collectif à 20°C (18 la nuit) ne permet pas d’atteindre 19°C », dénonce le Groupement d’action des locataires de la Beaucaire (Galb), qui a réuni trente personnes mercredi au pied de la tour 80. Alors que l’hiver s’installe, « dans les tours 78,79 et 80, le chauffage est hors-service dans les salles de bains depuis des années, provoquant des moisissures alors que les locataires payent. Dans les tours 81 et 82, des salles de bains sont sans chauffage malgré les travaux de 2023 », déplore le collectif. « Le radiateur de ma salle de bains, installé en 2012, ne fonctionne que depuis deux jours, grâce à de nouveaux travaux », note sa présidente, Sara Rozas Millan, 71 ans, locataire de la tour 81 depuis 27 ans.

    Ateliers de concertation

    Celle-ci dénonce une situation qui ne peut plus durer : « On a vécu ici avec beaucoup de problèmes, l’ascenseur notamment. On paye le chauffage au m² alors qu’on a des pièces non chauffées. On a de gros problèmes d’isolation. On veut un chauffage égal et constant pour tout le monde », lance cette ancienne aide-soignante à la retraite depuis deux ans. Mais aussi « pouvoir monter au-dessus de 19 degrés dans certaines pièces, et que les salles de bains soient enlevées des charges de chauffage pour les tours 78/79/80 », exige le groupement.

    Le bailleur social Toulon Habitat Méditerranée (THM), que le Galb doit à nouveau rencontrer le 9 décembre, indique, via son directeur de la gestion urbaine Julien Amoruso, que « la sonde extérieure, qui sert à réguler, déclenche le chauffage selon la température mais celui-ci ne se ressent pas de suite. J’ai demandé aux services techniques d’anticiper, il y travaille. »

    Selon lui, les travaux entrepris ne sont pas vains : « Des relevés dans des logements indiquent entre 19,5°C et 22,7°C. Les désordres sont localisés. L’amélioration des courbes de température gérées par le prestataire a permis de réchauffer. » Quant à l’isolation, « les DPE sont classés C à 70%, le reste D. On ne peut signaler une mauvaise isolation. Néanmoins, le ressenti ne se règle pas techniquement mais en écoutant les besoins. On peut ajuster la température selon les heures passées à domicile. C’est ce qu’on veut proposer via des ateliers de concertation. En réhabilitation, on planche sur un plan stratégique du patrimoine pour redéfinir les besoins au regard de la vétusté des bâtiments. La Beaucaire sera sûrement prioritaire », conclut Julien Amoruso.

  • [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    L’Union pour Arles, issue de l’Appel du même nom lancé par la société civile pour une majorité de gauche, écologiste et citoyenne aux municipales de 2026, a officialisé l’investiture de Nicolas Koukas comme tête de liste du rassemblement, à l’occasion d’une conférence de presse tenue au restaurant le France, jeudi matin.

    La Marseillaise : Que signifie votre désignation comme tête
    de liste pour les élections municipales de 2026 ?

    Nicolas Koukas : C’est l’aboutissement du processus initié par le collectif issu de l’Appel d’Arles, né des citoyens et auquel les partis se sont agrégés. Le déclic a eu lieu lors des élections législatives. Le rassemblement que j’ai mené dans le cadre du Nouveau Front populaire nous a permis de réaliser un gros score face au RN et d’être devant lui au second tour, sur Arles, alors qu’on pensait être battus au premier tour. Il fallait alors aller plus loin. L’union est un combat qui prend du temps, chacun doit faire des concessions avec les autres tout en faisant le lien avec le collectif de la société civile. Notre rassemblement est marqué à gauche, mais pas fermé. C’est pour cela que j’ai accepté de me mettre à disposition pour porter ce projet.

    Qu’est-ce qui vous caractérise ?

    N.K. : Je suis un amoureux d’Arles. Je suis né pas loin, rue de Stalingrad, dans une famille immigrée grecque du côté de mon papa, et d’une famille arlésienne du côté de ma maman, qui s’appelle Mistral. J’aime ce territoire, car j’y suis né, j’y ai tout construit et ma famille est ici. Je dis souvent qu’une ville finit par devenir une personne pour soi et, en ce moment, je vois qu’elle ne va pas bien.

    Quel est votre diagnostic ?

    N.K. : Le principal sujet est celui de la déconnexion de la municipalité actuelle avec les Arlésiens, il manque la participation et la concertation à tous les niveaux. Ils décident, mais il n’y a aucun moment d’échanges. C’est une réalité criante sur tous les sujets. Il faut aussi regarder les villages et les hameaux qui ont été choyés ou délaissés suivant les affinités politiques du maire. Il y a aussi une déconnexion à ce niveau-là. Je pense, aussi, aux personnels et agents de la Ville. Les services techniques ont été tant critiqués, montrés du doigt, alors qu’ils sont là à 5h du matin sur le territoire. On nous accusait de clientélisme auparavant, mais aujourd’hui, je crois qu’on doit dire qu’on est fiers du service public qu’ils rendent aux habitants. Il est important de rétablir une autre façon de faire de la politique, plus proche des habitants. Les promesses de 2020 n’ont d’ailleurs pas abouti.

    À quelles promesses faites-vous référence ?

    N.K. : Par exemple, celle sur la propreté. On nous avait promis un plan de propreté mirobolant, mais la ville n’a jamais été aussi sale. Je rappelle que le maire d’Arles est aussi président de la communauté d’agglomération et que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères a explosé, le prix des transports aussi, sans oublier l’eau. Visiblement, le maire ne doit pas connaître le président de la communauté d’Agglo, il faudrait leur organiser un rendez-vous ! Sur le plan économique, je mets au défi quiconque de citer une entreprise qui s’est installée depuis 2020. Je me rappelle, aussi, la promesse d’une ville plus sûre, qui a donné lieu à l’augmentation des effectifs de la police municipale de 18 à 60, mais pour quel résultat ? Quel est le projet de la police ?

    Quel est le vôtre, sur ce sujet est sur les autres ?

    N.K. : Notre projet est de créer des hôtels des polices municipale et nationale dans les quartiers. On a besoin de services publics avec tous les outils de prévention, qui ont été sacrifiés, de même que nous devons redonner des moyens aux centres sociaux avec des animateurs et des agents de prévention. Nous aurons plusieurs annonces économiques prochainement, car plusieurs gros acteurs n’ont jamais pu travailler avec Arles, faute d’échanges.

    Quid du développement industriel ?

    N.K. : Nous sommes favorables à la décarbonation et au développement de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Je rappelle que 16% des habitants du Pays d’Arles y travaillent. Mais nous devons faire un enfouissement total de la ligne à très haute tension, on ne peut pas défigurer la Camargue. Il ne faudrait pas, non plus, que les acteurs économiques quittent le golfe. Pour ce qui est du contournement autoroutier, mettre un péage aux Arlésiens qui vont travailler à Saint-Martin ou à Fos est impensable et c’est Vinci qui décide, pas le maire ! J’ai donc proposé aux acteurs économiques et associatifs de mener une véritable consultation citoyenne.

    L’Union locale CGT peut-elle rester domiciliée à la Bourse du travail ?

    N.K. : L’expulsion de la CGT de la Bourse du travail est un coup politique pour faire du buzz en pleine droitisation du pays. Le maire ne connaît pas l’histoire d’Arles, de la CGT et des combats durs qu’ils ont menés. Cela fait partie de notre ADN local. Pourquoi cliver la population ? Le site est inscrit aux monuments historiques et n’est pas accessible, donc l’office du tourisme ne peut pas s’y installer.

    Comment s’annonce la campagne ?

    N.K. : Nous sommes prêts, je suis prêt. Arles mérite mieux. Un vrai élan est né de l’Appel d’Arles. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais le plus important est le projet que nous avons pour réparer et recoudre la ville.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».

  • Après l’évacuation, la résidence Saint-Michel dans le flou

    Après l’évacuation, la résidence Saint-Michel dans le flou

    « Je suis propriétaire et maintenant je suis logée dans un bungalow », lâche avec dépit une ancienne habitante du bâtiment Rosier 1 devant son immeuble évacué le mercredi 29 octobre dernier, dans la résidence Saint-Michel à Apt, tandis qu’une banderole avec l’inscription « On nous a vendu du béton pourri » flotte sous l’impulsion d’un mistral glacial quelques pas derrière elle.

    Ce vendredi 21 novembre, la municipalité aptésienne et la préfecture ont convié la presse pour faire le point sur la situation, plus de trois semaines après que 33 foyers ont dû quitter leurs logements après des alertes sur la structure du bâti de trois immeubles.

    « On a fait, mais on aurait aimé pouvoir faire mieux », lance la première magistrate de la capitale du Luberon, Véronique Arnaud-Deloy (LR), après des sollicitations de membres de l’association Ahdasami, qui défend les intérêts des habitants du quartier. L’avenir de cette résidence, construite dans les années 60 pour la création du 1er groupement de missiles stratégiques du plateau d’Albion en y installant 3 000 militaires, est un enjeu majeur pour la commune, car elle représente presque un tiers de ses habitants. « L’enjeu est surtout de trouver une solution pérenne. Il faut rappeler qu’il y a une crise du logement à Apt. On n’a pas de logements dans la ville et heureusement que des communes voisines nous aident. Aidez-nous, car on en a besoin », pousse la maire.

    Terrain instable

    « Les bâtiments sont mal construits et mal fondés à l’origine. On voit même dans les analyses qu’à certains endroits, il n’y a pas de ferraille dans le béton. C’est un sinistre immobilier pour la ville d’Apt. On lance de nouveaux diagnostics sur tout le quartier et on ne peut exclure d’autres évacuations », confie de son côté René Bresson, à qui la municipalité a confié la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage.

    Ouarda Belaid, présidente de l’Ahdasami et propriétaire d’un appartement évacué, appelle à ce que « les erreurs soient réparées par les responsables, au lieu de rejeter la faute sur d’autres », en visant l’État. Une action en justice devrait être menée prochainement par l’association.

  • Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    La mobilisation se forme et des manifestants livrent des témoignages effrayants. « Une femme énorme , a été victime d’un AVC. Les pompiers ont dû la faire sortir par le balcon, faute d’ascenseur. Elle vit au neuvième étage à Bel Ombre », s’indigne une copropriétaire. L’hiver commence et « le chauffage ne fonctionne pas ou mal », complète une autre. Cette copropriété du 11e continue de se dégrader, mais aussi celles de la Maurelette (15e), du Mail (14e), de la Belle de Mai (3e), des Rosiers (14e), de Benza (11e), de Mazenode (11e)… Le collectif rassemblant ces copropriétés sous administration judiciaire et des associations (Touche pas à ma copro) étaient présents.

    Mohamed, membre actif de l’association « Préservons Bel Ombre », est chaleureusement accueilli : « Nous avons obtenu un report de six mois pour la mise en péril. » Il est applaudi. Depuis deux semaines, la structure négocie pour faire acter le report.

    Demande de soutiens

    « On n’arrivait pas à avoir des réponses. La providence a fait qu’on tombe au moment de la venue du ministre Darmanin : ça nous a permis d’obtenir l’entrevue avec Patrick Amico [adjoint (GRS) au maire en charge du logement, de l’habitat indigne] », poursuit-il. Il sort de la réunion, prévue la veille au matin. « On pensait qu’on allait être soutenus par la Ville, la préfecture, l’administrateur judiciaire. On se sent punis par les institutions », lance-t-il, avant d‘ajouter : « Il va falloir continuer à se battre contre AJ Associés [leur gestionnaire judiciaire]. Nous espérons que la mise en péril soit annulée. »