Tag: habitants

  • Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    « Fermer un accès, c’est discriminer un quartier. » Les slogans sont divers ce samedi matin sur le boulevard des Chutes-Lavie, mais le message est le même : le refus de la fermeture de la rue de la Pépinière. À l’appel du collectif des habitants des Chutes-Lavie, ils sont une quarantaine à s’être rassemblés pour réclamer l’ouverture de ce portail, qui complique la vie quotidienne de certains d’entre eux.

    Le « portail de la discorde », se trouve à l’une des entrées de la cité jardin des Chutes-Lavie. Il a été installé par la copropriété de la cité, gérée en partie par Provence Métropole Logement. Depuis 2020, il n’est accessible que grâce à un badge, empêchant les non-résidents de la cité d’emprunter cette rue. Pourtant, elle est le passage le plus rapide pour accéder à la crèche, au centre municipal d’animation et au parc public situé à l’intérieur de la cité. Sa fermeture pousse les habitants à faire un grand détour pour accéder à ces services publics.

    Un kilomètre de détour

    Apolline a renoncé à mettre son fils d’un mois à la crèche. « J’habite rue de la Pépinière. La crèche est à 2 minutes à pied sans ce portail. Mais avec, on doit faire un détour de 1 km et emprunter le boulevard Guigou, où le trottoir est trop étroit pour rouler avec la poussette. On doit marcher sur la route mais les voitures vont super vite, donc c’est dangereux », se désole-t-elle.

    Un boulevard qui complique aussi la vie de Jean, 70 ans. Ancien habitant du quartier, il vient souvent rendre visite à des amis ou de la famille, et est dorénavant obligé de prendre ce boulevard. « Cette montée est très difficile pour les personnes âgées », se désole le septuagénaire, à qui il manque un poumon. « Et le trottoir est impraticable si on a une canne parce qu’il y a plein de trous », témoigne Mylène, membre du collectif.

    La fermeture rend également les commerces situés en haut de la cité moins accessibles. « Quand on a aménagé, il y a 4 ans, on pensait qu’on avait tout à proximité. Mais avec ce portail on est obligé de prendre la voiture », se désole Apolline. Un problème pour les personnes non véhiculées.

    Fermeture d’une école :

    la goutte d’eau…

    Cette entrave à la circulation a entraîné en septembre, la fermeture de l’école maternelle des Chutes-Lavie, par manque d’élèves. « Ce fut l’élément déclencheur à la création du collectif des habitants des Chutes-Lavie, raconte Nathalie Prost, membre de celui-ci. On était plusieurs groupes à lutter contre ce portail. On a donc fait une pétition contre et on a créé un collectif, ce qui nous a permis de nous regrouper. » Le 5 novembre dernier, il a obtenu une rencontre avec Solange Biaggi, présidente (LR) de Provence Métropole Logement, pour trouver une solution concertée. Le bailleur a décidé à la suite de cette réunion que le portail resterait fermé « au nom de la sécurité et de la tranquillité des résidents ».

    La mobilisation a reçu le soutien du maire (EELV) de secteur, Didier Jau, dès 2022 et depuis novembre dernier, celui de la mairie centrale. Dans une lettre, Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille a notamment exigé du bailleur social, l’ouverture contrôlée de la rue de la Pépinière. « On ne demande pourtant pas la lune, juste un accès piéton en journée, pour nous éviter de faire des grands détours », soupire Mylène, membre du collectif.

    Pétition en ligne : bit.ly/Chutelavie

  • Une salle des Habeilles ouverte sur le quartier

    Une salle des Habeilles ouverte sur le quartier

    Vêtue d’une longue robe bleu nuit aux broderies dorées, une habitante du quartier, dans le 3e arrondissement de Marseille, se lève pour prendre la parole. « On vit dans un quartier populaire. On est métissés. Il y a des mamans qui ne travaillent pas. Mon projet, que je pourrais proposer une fois par mois, car je travaille, serait de réunir ces mamans, pour mélanger nos cultures », avance-t-elle. Monika Smiechowska, une des habitantes des Habeilles*, est l’une des animatrices de la réunion, qui a rassemblé, samedi, une quinzaine de personnes.

    Des demandes liées à l’apprentissage du français

    Lors de la pause, Monika explique : « Aux Habeilles, nous avons un espace au rez-de-chaussée, que nous voulons ouvrir aux rencontres, aux actions sociales et culturelles, ainsi qu’aux activités proposées par les habitants et les structures de proximité. » Lors de la réunion, « beaucoup d’envies et d’attentes ont été exprimées. Il y a par exemple de nombreuses demandes pour l’apprentissage de la langue française, de soutien en français, et pour que les ados aient un lieu », cite-t-elle. « Aux Habeilles, on veut faire de cet espace un lieu de référence pour le quartier, qui est l’un des plus pauvres d’Europe. Nous allons proposer du théâtre et de la méditation une fois par semaine, des cours d’informatique », annonce-t-elle. Les salles pourront également être louées. Mounira, elle, souhaite animer ici des activités ludiques pour les enfants. Habitante de Saint-Mauront, en proie au narcotrafic, elle déplore : « Il manque dans ce quartier des espaces communs ouverts, que les habitants s’approprient. »

    * Cet habitat, au 12 rue Jullien, dédié au locatif social et très social, accueille depuis mai 12 familles. Il a fallu près de 15 ans pour qu’il aboutisse. Contact : 06.72.44.62.97.

  • Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    « On rentre dans le vif du sujet. » Baptiste Guéri, de l’équipe de campagne de Nicolas Koukas (PCF), ne croit pas si bien dire, alors que la tête de liste de l’Union pour Arles a lancé la campagne, jeudi soir, dans l’école André-Franck de Trinquetaille avec plus de 200 participants annoncés.

    La participation est justement l’un des enjeux majeurs développés par l’équipe de l’Union pour Arles. Le directeur de campagne, Jean-Frédéric Déjean, a introduit cette aventure comme « n’appartenant pas à une tête de liste, ni aux partis, ni à personne, mais à chaque participant ». Nicolas Koukas a répété que « les Arlésiens en ont assez que des décisions soient imposées sans concertation », à l’image du contournement autoroutier d’Arles, pour lequel il réitère sa proposition de consultation citoyenne.

    Même constat dans les quartiers. Comme à Barriol, où cet habitant conteste un programme immobilier : « On veut un square et du vert, plus de béton ni de grands immeubles qui nous ont été imposés sans concertation. » « On ne peut pas passer en force comme ça », lui répond le candidat.

    Une charte d’engagement

    Au-delà de la consultation, le candidat insiste sur la proximité et la démocratie participative. « Les gens veulent discuter, échanger, voir leurs élus en physique », insiste la tête de liste. C’est sur ce fondement que Nicolas Koukas annonce de premières mesures. « Nous réouvrirons des mairies annexes pour renforcer notre présence dans tous les quartiers, hameaux et villages » de même que « nous demanderons à nos élus d’être présents et de tenir une permanence chaque semaine ». Pour ce faire, le candidat souhaite également « une charte de déontologie et d’engagement des élus avec présence obligatoire dans les quartiers ».

    Un volet financier est prévu à ce sujet. Nicolas Koukas propose de construire « un budget participatif avec les habitants », dont la participation serait « organisée sous forme de conseil de quartier ». « Ce sont les quartiers les plus difficiles qui ont été abandonnés, il leur faut une enveloppe à la hauteur des enjeux », souligne le candidat, en réaction à une habitante évoquant la perte de subventions pour de nombreuses associations.

    Pour le financement, l’équipe vise notamment les fonds européens.

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • La médiathèque se dessine comme un lieu de vie à Loubon

    La médiathèque se dessine comme un lieu de vie à Loubon

    « Maintenant, on aura l’Alcazar et la médiathèque Loubon à Marseille », sourit Anthony Krehmeier, maire (PM) du 2e et 3e arrondissement de Marseille. Au 32 rue Loubon, la façade de l’ancienne minoterie (fabrique de farine) n’a pas changé, mais à l’intérieur, l’usine se transforme pour devenir, d’ici 2027, une médiathèque, dans un arrondissement qui en est dépourvu. Un espace pensé comme un véritable lieu de vie pour les habitants.

    Après huit mois de travaux, le gros œuvre est enfin terminé. Le travail d’aménagement a été important pour préserver les attributs patrimoniaux du site. Le premier bâtiment, qui donne sur la rue, a conservé ses murs typiques, mais a perdu son toit, pour construire un auditorium de 170 places. Dans le bâtiment arrière, « la charpente en bois et acier a été conservée, explique Guillaume Beccaria, architecte du projet. Et un puits de lumière a été créé pour apporter de la lumière, car c’est essentiel pour la lecture. »

    Une ouverture qui permet d’illuminer un rez-de-chaussée imaginé comme un espace de vie, où se trouveront des canapés, un restaurant et l’espace jeunesse de la bibliothèque. « Ce forum devra être un vrai lieu de rencontre pour les habitants du quartier », s’enthousiasme Coline Meirieu, la directrice de la médiathèque Loubon.

    De multiples usages

    à l’étage, l’ambiance sera plus studieuse, avec des salles de travail et la collection de livres adultes et adolescents. Des vitres doivent isoler ces espaces des bruits du rez-de-chaussée. « L’enjeu est de faire cohabiter tous les usages », ajoute la directrice de la bibliothèque. En effet, ces 3 200 m2 abriteront, en plus de l’auditorium et du restaurant, des salles de musique, de danse, d’éveil sensoriel et de soutien scolaire. « Ce sera le nouveau cœur du quartier », s’enthousiasme le maire du secteur. Différents espaces « qui seront cloisonnés pour leur permettre d’ouvrir à des heures différentes », précise Kévin Jorda, directeur d’études projets et de construction de la Ville de Marseille.

    Des visites du chantier sont organisées pour le grand public jusqu’au 20 décembre, les mercredis et samedis. Les visiteurs pourront proposer des ouvrages pour compléter et enrichir la bibliothèque. « Le but de cette médiathèque est que les habitants s’en emparent », insiste la directrice de l’établissement.

    Sur réservation : concertation-loubon@marseille.fr

  • Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    « C’est au-delà d’un marchand de sommeil car on ne dort pas là-dedans. L’indignité ne fait pas débat. C’est pire qu’une bête dans un trou ! » a vivement lancé la procureure Anne-Sophie Larrouy au procès de Christian Castel, 67 ans, un agent immobilier et contrôleur de gestion qui loue une cave comme habitation au 48 rue Curiol (1er).

    C’est un lot en sous-sol de 17 m² avec une pièce principale de 9 m² sans fenêtre, sans chauffage, acheté il y a 15 ans pour 15 000 euros et estimé à 23 000 euros. Un sbire récupère pour lui le loyer en espèces : 300 euros par mois et 40 euros en plus pour l’électricité. C’est tout moisi, la porte trop petite laisse passer l’air. Aucun éclairage naturel. L’horreur. Le parquet demande 2 ans de prison : un an ferme et un an de sursis probatoire avec injonction de soins « pour travailler la problématique de la compréhension de la souffrance aux autres ». La procureure ajoute une amende de 20 000 euros pour lui, 40 000 euros pour sa SCI, 5 ans d’interdiction d‘acheter un bien immobilier et d’exercer la profession d’agent immobilier, plus la confiscation de la cave.

    Des habitants de l’immeuble avaient dénoncé cette situation scandaleuse à la mairie dès 2018. Il faudra attendre juillet 2024 et un constat de police qui lançait les poursuites pénales pour soumission d’une personne vulnérable à des conditions d’hébergement indigne et refus de reloger le jeune locataire de cette cave moisie, frappée d’un arrêté préfectoral d’insalubrité en 2024 doublé, en février 2025, d’une astreinte de 200 euros par jour de retard à le reloger.

    La victime, absente et pas constituée partie civile, est un jeune homme de 22 ans, dans une grande précarité sociale, économique et physique. C’est un ancien mineur de l’Aide sociale à l’enfance parfois hospitalisé en psychiatrie. « Je m’y sens mal, mais c’est quand même mieux que le 115 » a-t-il dit. Il travaille dans la restauration, gagne 716 euros par mois, ne touche pas d’aide.

    « J’ai aidé et c’est tout

    pour ma pomme »

    Présent ce mardi matin à l’audience, le prévenu n’a pas daigné attendre sa comparution vers 16h. Se disant « angoissé », il a quitté le tribunal en laissant une lettre qui reprend son audition devant les services de police. Le couplet du bon Samaritain mal informé. « J’ignorais que je n’avais pas le droit de la louer. C’est correct et habitable. Je m’en servais à l’origine comme bureau. C’est vrai qu’il y a des traces de moisissures, mais c’est le locataire qui a dégradé. Je ne suis pas un marchand de sommeil. J’ai aidé comme j’ai pu des personnes dans le besoin réel. Résultat des courses, c’est tout pour ma pomme. »

    « L’indignité, c’est le logement que nul ne mérite », dénonce Me Jorge Mendes, conseil de la Ville de Marseille, partie civile dans tous ces dossiers d’habitat indigne. Il demande 1 154 euros pour le temps engagé par les services municipaux et 1 000 euros de préjudice moral. L’avocat fustige « l’immoralité des locations de ce genre de trou à rats, qui dégage 25% de rentabilité annuelle à son propriétaire ». La Ville a depuis relogé de façon pérenne la victime. Le prévenu est par ailleurs mis en cause pour location de caves au 100 rue Saint-Savournin.

    Délibéré le 6 janvier.

  • L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    Pas moins de 15 points de deal ciblés simultanément, 1 500 agents supplémentaires déployés tous services de police confondus, 7 équipes cynophiles, des drones… L’opération chapeautée ce mardi 9 décembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, n’avait pas franchement de nom, mais une certitude : elle est de « grande ampleur », a expliqué le représentant de l’État devant une foule de caméras, au pied d’un bâtiment des Oliviers A (13e). Une opération de « visibilité, judiciaire, de voie publique, de police administrative » avec la fermeture d’un certain nombre de commerces « pour suivre les directives du ministre de l’Intérieur qui m’a demandé d’insister et d’accélérer sur la lutte contre les narcotrafics », poursuit le préfet.

    Une demi-heure avant de convoquer la presse, l’« assaut » a été donné pour dégager un point de deal avec chicane tenu par des charbonneurs. Consommateurs, nourrices étaient également dans le collimateur. « Des perquisitions sont en cours », a indiqué Jacques Witkowski, ajoutant que « toute la circonscription de Marseille » était concernée par ces descentes de police et ce « jusqu’au bout de la nuit ». Avec « une pointe d’effort sur le 3e arrondissement, qui a été ces derniers temps le théâtre d’actions criminelles que nous condamnons », précise-t-il.

    En début d’après-midi, plus d’une vingtaine d’interpellations et quelques saisies de stupéfiants avaient déjà été réalisées, un commerce fermé.

    « Nous ne souhaitons pas laisser les narcotrafiquants tenir le terrain, la République ne leur passera rien », martèle le préfet, promettant que « ces opérations d’ampleur seront réitérées en fonction des moyens ».

    Il enchaîne sur une saisie qui en dit long sur le sens du commerce des réseaux… Une affichette truffée de fautes, trouvée quelques instants plus tôt dans un hall : « Les Oliviers A fête Noël, du 25 au 31 décembre, appéritif (sic), chips, boisson, bonbon, ect… Pochons beuh ou shit cadeau, venez comme vous êtes », remerciant les acheteurs de leur passage, « à la prochaine ! ».

    Des habitants apeurés ou complètement désabusés

    À l’avant-veille d’une nouvelle réunion sur le narcotrafic à l’Élysée, à laquelle le préfet va participer, et à quelques jours de la venue de son locataire le 16 décembre dans la cité phocéenne, pas question pour autant d’y voir une simple opération de com’, assure Jacques Witkowski. Même si le plan « Marseille en grand », c’est la « reprise de la sécurité, la première de nos libertés » convient le préfet, il rappelle aussi qu’il est question du « développement du logement, de l’éducation ». Et de marteler qu’au-delà de ce moment « spectaculaire », les forces de police resteront mobilisées quotidiennement.

    Aux balcons des bâtiments délabrés, on reste sceptique… « Ils sont pas souvent là », nous assure une dame désabusée. Alors qu’un habitant se fait fouiller, un petit groupe de jeunes dénonce l’inutilité de l’action policière. « Regardez les façades, ça tombe en ruine, Macron, il est déjà venu ici ça n’a rien changé, ils préfèrent mettre les sous là-dedans », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt un camion de gendarmerie stationné devant les murs lézardés ou qui perdent des morceaux de béton, entre deux barres métalliques rouillées.

    D’autres habitants refusent de témoigner, parce qu’« on a peur », reconnaît une dame, quand cet homme est en colère : « Même pas on va se fatiguer à vous répondre, pour vous dire quoi ? Ça sert à rien, on est abandonnés et ça dure depuis des années. En quoi elle compte notre parole ? »

    Alors que les patrouilles de police se poursuivent, les caméras lèvent le camp au bout de quelques heures. « Revenez nous voir quand ils seront partis, vous verrez, ici ils se passent aussi des choses bien », nous assure un gamin, le col remonté jusqu’aux yeux.

  • La nature retrouve ses droits sur une partie des berges de l’Huveaune

    La nature retrouve ses droits sur une partie des berges de l’Huveaune

    Une cabane d’observation, des pas japonais, une passe à poissons et une voie verte… Une nouvelle promenade le long des berges de l’Huveaune est inaugurée ce lundi 8 décembre au niveau Pomme-Heckel (11e).

    Le résultat d’un vaste chantier entamé en septembre 2022 et qui s’est terminé cet été explique l’Epage Huca, établissement public d’aménagement et de gestion des eaux qui a réalisé les travaux pour le compte de la métropole Aix-Marseille Provence, en partenariat avec la Ville de Marseille.

    Il aura fallu extraire quelque 65 000 mètres cubes de remblais pollués par des métaux, des hydrocarbures et de l’amiante avant de laisser la place au fleuve dont le lit a été élargi. Des berges ayant été créées en rive droite et gauche.

    Quelque 6 000 arbres et arbustes ont également été plantés pour 18 000 mètres carrés d’espaces végétalisés. De quoi rendre le site accessible au public, lui offrant un nouvel espace de balade mais aussi d’éviter le pire en cas de crue décennale. Le fleuve atteindrait alors un débit de 155 mètres cubes par seconde contre un seul en temps normal, provoquant selon les calculs de l’Epage près de 2 millions d’euros de dégâts.

    Avec cet aménagement, 150 habitants et autant de professionnels sont désormais protégés contre les inondations assure l’établissement public. Le tout pour un investissement de 7,8 millions d’euros, la Métropole, l’Agence de l’eau et l’État assurant chacun 30% du financement du projet. Le reste étant fourni par le Département, la Région et la SNCF.

  • Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    La Marseillaise : Vous inaugurez ce jour votre nouveau local de campagne. Que va-t-il vous apporter ?

    Magali Brunel : On veut ce local ouvert à tous, qu’il soit un point de rencontre et de départ, car il ne s’agit pas de s’ancrer dans le centre-ville mais de s’ouvrir vers les différents quartiers et l’ensemble des habitants. Il est en plus situé rue Jean Jaurès, un heureux hasard car le quartier de l’opéra est le cœur battant de Toulon. Et aussi car Jean Jaurès est celui qui croyait à l’éducation et aux luttes sociales, qui s’est battu contre la corruption et la peur de l’étranger. Ça correspond à notre vision de l’avenir.

    Votre début de campagne est mouvementé, avec des attaques envers la gauche dans le département, qui vous ont touché personnellement avec l’arrachage du panneau de la rue d’Oradour-sur-Glane déposé devant chez vous. Comment vivez-vous cela ?

    M.B. : Il y a de la tension, de l’inquiétude. On m’a cisaillé mes pneus récemment. Ça renforce ma détermination. Je suis résolue et je me dis que quand cette agitation se manifeste, c’est un signe de fébrilité et que notre message porte. Ça traduit la dynamique d’un projet dont la maturité est perçue par tous.

    LFI a aussi décidé de mener
    sa propre liste, en vous mettant en cause, en tant que socialiste. Que pensez vous de ce choix
     ?

    M.B. : Je suis tête de liste de Toulon en commun avant tout et c’est bien à Toulon en commun que LFI a tourné le dos, pas au PS. On regrette ce retrait, et que les militants LFI aient cédé aux directives nationales. Dans leurs rangs, certains sympathisants s’interrogent. Nous les accueillons à bras ouverts s’ils se retrouvent dans notre projet.

    Peut on encore imaginer une candidature unique à gauche ?

    M.B. : Nous l’espérons. Nous appelons à l’union la plus large possible. Le rassemblement doit se faire autour de valeurs et d’orientations. Il s’adresse à tous les progressistes, les humanistes, les encartés ou pas, parfois sensibles aux idées du centre, qui refusent les petits arrangements, ne veulent pas céder aux sirènes de la xénophobie, et veulent ouvrir une nouvelle page de l’avenir, plus sociale et plus écologique, à Toulon.

    L’extrême droite est donnée favorite sans avoir officialisé
    sa candidature, quelles sont vos armes pour remporter l’élection
     ?

    M.B. : C’est le projet. Nous y travaillons depuis des mois avec 400 personnes qui nous accompagnent dans nos actions. On développe un projet solide pour changer le quotidien des Toulonnais, et qui correspond à leur identité. On travaille sur le fond, et c’est à la fois par notre méthode, collective et participative, et par les propositions émanant du collectif, que nous convaincrons, et pas à coups de selfie. Le RN ne propose rien, madame Lavalette s’agite dans les médias nationaux, mais je ne la vois pas parler d’idées pour Toulon. Pour convaincre les gens de voter pour nous, on leur parle des réalités du quotidien. On s’attaque aux problèmes, on ne rejette pas la faute sur le national. Les problèmes de logement, d’éducation, de transport, de sécurité, c’est cela le quotidien. Des leviers existent et nous allons les activer.

    Votre liste est-elle prête ?

    M.B. : C’est l’étape suivante. Lors de la dernière assemblée nous avons établi des critères. L’idée n’est pas que chacun sauve sa place, mais de faire gagner l’équipe. La prochaine assemblée aura pour but de constituer une première équipe, avec un bouquet de compétences pour m’encadrer. Dans un dernier temps, on fera la liste complète. Chacun pourra y prétendre. Notre appel à l’ouverture n’est pas qu’un mot, Toulon en commun est un collectif de citoyens où on retrouve des personnes du monde associatif, encartées ou non, des syndicalistes. C’est cette diversité que nous représentons.

    « Nous appelons à l’union la plus large possible »

  • La ville de Marseille honore le bataillon des marins-pompiers

    La ville de Marseille honore le bataillon des marins-pompiers

    Cérémonie en grande pompe ce mardi 2 décembre au Palais du Pharo (7e) pour le bataillon des marins-pompiers de Marseille, avec au programme une remise de médaille collective de la Ville pour saluer l’investissement des hommes dans la lutte contre les feux de forêt, mais aussi d’autres, individuelles, pour saluer l’engagement de certains sur des opérations marquantes.

    Tel le capitaine de frégate Guillaume, commandant des opérations de secours sur l’intervention rue Pollak (1er), le 26 octobre 2024, décoré de la médaille de la Défense nationale, échelon or. Il avait supervisé quelque 80 hommes et permis de sauver 11 personnes en s’engageant lui-même au feu.

    Jeunes héros

    Après « 86 ans d’intimité et de confiance », « le bataillon rassure les Marseillaises et les Marseillais » a posé Benoît Payan, maire DVG de Marseille revenant sur un engagement sans faille au cours de l’été contre les flammes, notamment à l’Estaque au cours d’un « des plus grands feux depuis 20 ans » estime le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. Trois jeunes habitants de la Castellane se sont aussi vu remettre une médaille pour leur « intervention qui a contribué à sauver des vies », rappelle le maire se souvenant au passage de « ceux » qui avaient « plongé » dans les fake news, accusant les jeunes de vol. Entendre Martine Vassal présidente DVD du Département et de la Métropole, qui avait relayé la rumeur… Au fil des courriers, il estime aussi se heurter à un mur en matière d’indemnisation des sinistrés. La saison estivale 2025 a représenté 81 jours de mobilisation, 365 interventions pour « feu de végétation » et 262 hectares brûlés.