Tag: habitants

  • Martigues : la campagne électorale se joue aussi à Notre-dame-des-Marins

    Martigues : la campagne électorale se joue aussi à Notre-dame-des-Marins

    La sortie d’école a une saveur particulière mardi après-midi, pour les élèves de la maternelle Di Lorto. Une saveur de chocolat même, pour ceux qui se sont arrêtés un instant devant la table des partisans du maire sortant, Gaby Charroux (PCF), en pleine campagne pour les élections municipales dans le quartier de Notre-Dame-des-Marins.

    Les habitants venus au contact des militants ont des choses à dire. Nassim, avec sa fille au bras, attend avec impatience « la rénovation des appartements », promise par le bailleur 13 Habitat pour 2027, et pour laquelle la Ville a participé à hauteur d’un million d’euros, en 2019. Le maire était d’ailleurs présent à la réunion avec le bailleur et les habitants, fin décembre.

    Valérie Martos, militante associative et politique ayant vécu plusieurs années dans le quartier, en fait son argumentaire. « Je dis aux gens qui ont froid, qui ont des problèmes dans leur logement, de ne pas se tromper de cible. J’insiste sur la présence du maire et de ses élus, surtout lors du problème avec le bâtiment KM. Les frigos puants jetés par-dessus les balcons avant la destruction, c’est pas la Métropole ni le bailleur qui les ont enlevés, c’est la Ville ! », rappelle-t-elle.

    Services rapides

    Une autre habitante, profitant d’un chocolat chaud avec sa fille Sofia, fait remarquer que « sur le quartier, on a appelé plusieurs fois la Ville pour des soucis de propreté ou pour des branches sur le chemin de l’école. Ça a toujours été fait rapidement ».

    Arrivée il y a 4 ans, Héloïse Dyot n’avait « pas connaissance » de la politique martégale. Mais, à peine arrivée, « le centre social est venu nous chercher. Ça fait du bien de rencontrer des gens, sortir de la maison et de ne pas être seule quand on est enceinte », se souvient-elle. Héloïse Dyot s’estime « très contente » d’être venue à Martigues, au regard du « peu d’activités » dans son ancien quartier.

  • Gaby Charroux veut préserver l’art de vivre des villages

    Gaby Charroux veut préserver l’art de vivre des villages

    « Nous voulons préserver ce qui fait notre ville, mais pas la figer », tel l’explique le maire-candidat (PCF) Gaby Charroux aux participants à la réunion publique organisée à la salle de réception du Domus, à Carro samedi matin, dans le cadre de la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.

    À Carro et aux alentours, le maire sortant affirme vouloir « conserver l’art de vivre de Martigues et ses villages » et cela implique la vie associative. Le président du comité des fêtes de Carro, Marc Troulier relève qu’« il n’y a qu’à lever la main pour avoir des tables, des chaises, de l’eau et le terrain, dont on a jamais payé de droit d’occupation pour les fêtes, contrairement au Port départemental. On a même un électricien sur les 3 jours de fête ».

    Marc Troulier observe une « saisonnalité » dans la vie des villages, parlant d’un « impact sur la population » notamment sur le plan du logement. Le maire sortant connaît cette contradiction : « C’est le revers de la médaille » de la préservation du territoire, « en contrepartie c’est dur et cher de se loger », reconnaît-il. Mais c’est un choix, « on ne bétonnera pas la Méditerranée », affirme Gaby Charroux, qui annonce travailler en prime « à la création de zones agricoles protégées » sur la plaine de Saint Julien, pour « figer » le rôle de ce lieu.

    Du logement contrôlé

    À propos de logement, un participant avance que « la perte d’identité » des habitants viendrait du fait qu’« une partie de notre population n’est pas martégale ». Il demande : « Allez-vous continuer à faire du logement social ? À être au-dessus des quotas ? Allez-vous demander à avoir la main sur qui on y met ? ». « La question se pose », répond Gaby Charroux, « nous sommes à 28% de logement social quand les obligations sont à 25%. On a besoin de rénover mais aussi de veiller au peuplement », argumente l’édile, indiquant travailler « avec les bailleurs pour ne pas servir de déversoir à d’autres endroits ».

    Le maire ne renonce pas à construire. « Il faut produire 180 logements par an pour les habitants actuels de Martigues (…) et 70 de plus pour l’arrivée de nouveaux salariés de la zone industrielle de Fos », indique Gaby Charroux, que ce soit par le privé ou en logement social. Soit 250 logements à produire à l’année, avec du social « contrôlé » de l’avis du maire, et du reste avec « de l’accession à la propriété pour les martégaux ».

    Autre sujet local, la « voirie dégradée » soulevé par un autre participant. Gaby Charroux rappelle que certaines sont communales, et d’autres départementales, comme la route des Bastides. « Un côté est rénové car nous avons demandé la maîtrise d’ouvrage temporaire, le reste le sera dès que nous aurons solutionné le ruissellement de l’eau avec la Métropole », annonce le maire candidat.

    Prochaine étape, le bilan de mandat de l’équipe sortante sera présenté samedi 17 janvier prochain à 10h, salle Raoul Dufy.

  • Les jeunes disposent d’un nouveau lieu de vie encadré à Port-de-Bouc

    Les jeunes disposent d’un nouveau lieu de vie encadré à Port-de-Bouc

    L’ancienne criée de Port-de-Bouc revit à sa manière. Samedi, la nouvelle mouture de la maison des jeunes s’y est installée, inaugurée par le maire (PCF) Laurent Belsola, son équipe, la Caf, les agents et bien sûr les usagers.

    Le lieu est comme un grand foyer. Canapés, console de jeu, télé, enceintes Hi-Fi sont à disposition des jeunes, tout comme une cuisine et une salle informatique équipée d’ordinateurs et d’un projecteur.

    « Ça permet d’être tranquille pour venir faire ses devoirs ou juste venir rigoler avec mes collègues », estime Sidar Akdag, lycéen de seconde. « J’aimerais organiser un séjour à Amsterdam et faire du laser game » projette-t-il. Assise avec ses copines, Jade Lutz, en terminale, relève qu’« à certains en droits, on peut se sentir regardées, mais pas ici. Tout le monde est respectueux et se mélange ».

    Au programme en 2020

    Comme le rappelle le conseiller municipale Mohammed Ladjal, la Maison des jeunes est « l’aboutissement de plusieurs années de travail, (…) de confiance dans les jeunes qui ont leur mot à dire pour imaginer leur espace ». Le maire (PCF) Laurent Belsola rappelle qu’il s’agit d’une promesse « de 2020 que l’on voulait hors des quartiers, spacieux pour tous les jeunes. (…) La jeunesse est parfois confrontée a des interrogations et le rôle de la Ville est de fournir des espaces ouverts pour leur émancipation. Cet équipement polyvalent favorise le lien social et le vivre ensemble et permettra l’organisation d’activités culturelles et de loisir », complète-t-il.

    Une vision partagée par le représentant de la Caisse d’allocations familiale présent. La branche famille de la Sécurité sociale a en effet financé 80% de la structure soit 23 700 euros.

  • L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’équivalent d’une ville comme Alès ! Chaque année entre 2017 et 2023, l’Occitanie qui a dépassé les 6,1 millions d’habitants, a accueilli en moyenne 46 600 habitants supplémentaires. La 3e croissance démographique (+0,8%/an) derrière la Guyane et la Corse, deux fois supérieure à celle de l’Hexagone (+0,4%/an).

    Décrypté dans la dernière étude de l’Insee, le phénomène n’est pas nouveau mais se confirme de décennie en décennie. Il s’explique par les migrations (+0,9%/an), le fait que les arrivées en Occitanie sont très supérieures aux départs. Car le solde naturel est lui désormais négatif (-0,1%/an), c’est-à-dire que l’Occitanie compte plus de décès que de naissances.

    Non sans disparités, la croissance est quasi générale. 11 départements sur 13 voient leur population croître, seuls l’Aveyron et la Lozère perdent quelques habitants (-0,1%/an). Dans les P-O (496 855 habitants, +0,8%/an) et le Gard (770 940 hab, +0,6%), la croissance est soutenue, portée par les dynamiques, parfois nouvelles, des grandes villes : Alès (46 125 habitants, +2,3%/an), Perpignan (121 616 hab, +0,2%) ou dans une moindre mesure Nîmes (151 839 hab, +0,1%).

    Deux locomotives

    Les deux locomotives régionales restent incontestablement la Haute-Garonne (second département de France le plus dynamique avec 1 471 468 habitants, +1,3%/an) et l’Hérault (1 230 289 hab, +1,2%), où le solde naturel y est aussi excédentaire, essentiellement grâce à leurs deux métropoles Toulouse (514 819 habitants, +1,2%/an) et Montpellier (310 240 habitants, +1,4%). Entre leurs universités, leurs organismes de recherche et leurs entreprises (aéronautique, informatique, tertiaire…), les deux mastodontes attirent notamment les jeunes étudiants et travailleurs. Ce n’est pas le cas de toutes les grandes villes : « La population diminue à Paris, est quasiment stable à Lyon et augmente modérément à Marseille », insiste l’Insee. La dynamique qui s’accroît à Toulouse et Montpellier s’étend aussi à leur couronne. La croissance est d’ailleurs encore plus forte dans les aires urbaines (respectivement +1,4%/an et +1,6%) que dans les villes centres.

    Signe d’un « étalement urbain » toujours à l’œuvre malgré la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, la population continue aussi d’augmenter dans les espaces ruraux périurbains, les communes rurales y étant « sous influence » des grandes villes. À l’image de Sète (45 337 habitants, +0,8%/an), d’Alès (46 125 hab, +2,3%) ou de Frontignan qui ont inversé leur tendance passée à la décroissance ou à la stabilité, « la population est plus nombreuse dans la quasi totalité des communes de plus de 20 000 habitants ». La hausse reste soutenue mais ralentit à Béziers (81 545 habitants, +0,9%/an) ou Narbonne (57 587 hab, +0,9%). Enfin, en raison des migrations, l’attractivité se renforce aussi dans les espaces ruraux non périurbains (+0,8%/an).

    « En Occitanie, la population augmente dans la quasi totalité des villes de plus de 20 000 habitants »

  • CAN : les Sénégalais vivent chaque match des Lions avec passion

    CAN : les Sénégalais vivent chaque match des Lions avec passion

    Durant la Coupe d’Afrique des Nations, chaque jour se transforme en une fête nationale. Les habitants font flotter les drapeaux à leurs fenêtres, enfilent le maillot de leur pays de cœur et se préparent à vibrer pendant 90 minutes au rythme de la rencontre du jour. Samedi après-midi, le Sénégal était à l’honneur, lors de la deuxième journée les opposant à la République démocratique du Congo. En plein cœur du quartier de Noailles, dans le 1er arrondissement de Marseille, des bars, des boutiques en tout genre et même des coiffeurs avaient installé une télévision pour l’occasion. Mais le grand rendez-vous du jour était prévu chez Mame Diarra, un restaurant « typiquement africain avec un penchant sénégalais », plutôt bien assumé dès l’accueil. Les serveuses s’étaient toutes habillées en confection avec le fameux maillot vert de la Terranga. Et le dress code était également le bienvenu pour la clientèle. « Celui qui n’a pas le maillot du Sénégal ne rentre pas ici », plaisante Doudou, propriétaire des lieux et grand passionné du ballon rond.

    Silence dans la salle

    « Vous avez déjà vu un Sénégalais qui n’aime pas le foot ? », sourit le patron originaire de M’Bour, à 80 kilomètres au sud de Dakar, qui a toujours diffusé la CAN depuis l’ouverture du restaurant en 2013. Histoire de « profiter de l’événement tous ensemble », ajoute-t-il. Après une première validation visuelle, les premières odeurs montaient rapidement au nez. Le match avait beau se tenir à l’heure du goûter, cela n’a pas empêché la quasi-intégralité des clients de commander les célèbres plats alléchants, et ô combien bourratifs, qui font la fierté de l’Afrique de l’Ouest : mafé (poulet cuisiné dans une sauce faite à base de pâte d’arachide) ; yassa (poulet ou poisson mariné et mijoté dans une sauce aux oignons), thiéboudiène (riz rouge avec du poisson), tout y est passé avant le coup d’envoi de la rencontre, avec un petit bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus) pour faciliter la digestion. Presque mécaniquement, tous les clients ont levé les yeux de leur assiette pour se tourner vers l’écran géant au fond de la salle. Tout le monde reste très silencieux, comme s’il s’agissait d’un moment solennel, sauf Doudou, qui sursaute à chaque occasion des Lions. Les serveuses avaient toujours un œil sur le match, malgré le flot de clients continu à l’approche du coup de feu. L’ouverture du score des Congolais a jeté un froid dans la salle. Seul le voisin du patron, l’un de ses amis marocains assez taquin, avait le sourire. Heureusement que l’ancien messin Sadio Mané a égalisé en seconde période, sous les applaudissements des clients et des cris de joie en cuisine. « Si on prétend à gagner la coupe, on doit gagner tous les matches », martèle Doudou, qui n’a pas digéré le score final (1-1).

    Mame Diarra. 30, rue de l’Académie, 13001 Marseille.

    Le Gabon proche de l’élimination

    Déjà défait par le Cameroun (1-0), le Gabon a connu sa 2e défaite, dimanche, face au Mozambique (3-2), malgré la réduction du score de l’Olympien Pierre-Emerick Aubameyang. Les Panthères joueront leur qualification mercredi (à 20h) contre la Côte d’Ivoire. Dans les autres matches du week-end, le Nigeria s’est imposé (3-2) face à la Tunisie. Le Bénin a disposé du Botswana (1-0) et le Soudan a pris le meilleur sur la Guinée équatoriale (1-0). L’Algérie est allé chercher sa 2e victoire contre le Burkina Faso sur un penalty de Mahrez (1-0).

  • Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Entre terre et mer. Le sentier pédestre de la boucle botanique de la plaine de Carro offre une combinaison de paysages naturels remarquables, où les tapis d’arbustes de la plaine de Bonnieu contrastent avec l’anse d’Arnette et le reste du front de mer balayé par les vagues, reliés par une unité minérale particulière à la garrigue.

    En ce jour de Noël 2025, nombreux ont fait le choix de parcourir ces terres, sous un ciel nuageux mais bienveillant teinté de bleu. Quelques rayons de soleil ajoutent à ces contrastes naturels quoique compensés par le filtre d’un après-midi d’hiver.

    L’endroit est idéal pour les familles, coureurs et cyclistes, nombreux à se croiser sur le chemin du littoral, partis de l’anse de Bonnieu ou du parking des Arnettes, au choix. D’autres préfèrent l’arrière-pays immédiat, toujours sur le sentier de la boucle botanique. Là où l’odeur épicée des pins exalte Vanille, jeune chienne Cane corso d’un an et demi promenée par sa maîtresse Murielle Clément.

    « J’ai tendance à préférer les chemins isolés car elle est trop sociable et saute sur les gens », explique-t-elle, ramenant sa compagnonne de balade en laisse au pied. Cette Martégale depuis 30 ans remarque que « depuis qu’il y a la route du littoral, il y a plus de gens » à profiter du tracé.

    « Un hotspot

    de biodiversité »

    Cette hausse de fréquentation ne va pas sans questionnements. « Vu que tout a déjà brûlé, il faut protéger ces espaces », selon Murielle Clément. Cette promeneuse ne croit pas si bien dire, alors que près des deux tiers de la boucle botanique sont protégés par un arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) sur sept hectares depuis 2018, étendu à plus de 32 hectares à l’automne dernier.

    « La plaine de Bonnieu constitue une relique de l’ancien delta du Rhône unique en France et abrite une richesse floristique exceptionnelle », peut-on lire sur l’arrêté originel. En l’occurrence, il s’agit de permettre le « maintien et la reproduction des espèces protégées » que sont par exemple l’ail petit moly, la chicorée scabre, les ophrys de Provence et de Bertoloni ou encore le très rare mérandére à feuilles filiformes qui ne pousse qu’à Martigues. Toutes ces petites plantes contribuent à faire de Martigues un « hotspot de biodiversité locale » à forte valeur patrimoniale, selon les mots de l’élu Jean-François Mauffrey l’année dernière.

    Il n’y a pas que des plantes à protéger. Dans les buissons, des petits passereaux traversent les sentiers en planant bas, parfois au ras du sol. À droite, à gauche, des pépiements émanent des fourrés. Logique, la fauvette pitchou est une habituée du secteur, observable toute l’année et quasi menacée selon l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le gravelot à collier interrompu est également présent d’avril à août, classé vulnérable en France et en danger dans certaines régions.

    La protection du biotope repose sur l’interdiction de construire, de franchir la zone en véhicules, par l’installation de barrières de protection délimitant les zones de parking, pour protéger notamment des deux-roues. Si l’arrêté n’a pas de « vocation touristique » selon l’adjointe du quartier Odile Teyssier-Vaïsse (ap. PCF), « la Ville a toujours eu envie de faire connaître sa richesse faune et floristique aux habitants ».

    Les nombreux panneaux renseignant sur les différentes espèces présentes sur le terrain témoignent de cette cohabitation des usages.

  • Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Dans les couloirs du bâtiment Loup de Notre-Dame des Marins, peu de choses ont changé depuis l’été dernier. C’est pour cela que l’État, le bailleur 13 Habitat, les élus et agents de Martigues parcourent la cité mardi 23 décembre après-midi, six mois après la dernière visite avec l’ancienne ministre de la Ville Juliette Méadel (SE). Les traces de pneus marquent encore les sols, des trous sont parfois bouchés de ciment. Les gaines techniques sont ouvertes, certaines avec des câbles électriques pendants, quand elles ne sont pas utilisées comme dépotoirs.

    Au bâtiment Nef, prisé des trafiquants, la donne est différente. Si les vitres de l’escalier sont encore taguées, les murs ont été repeints… jusqu’au 3e étage. Un passant le souligne : « Ils ont repeint mais pas chez nous. Ça, j’ai pas accepté. » Mais note quand même une amélioration : « L’ascenseur tombe souvent en panne mais 13 Habitat réagit et répare rapidement. Le chauffage ça va. » En dépit de cela, « j’ai qu’une envie, c’est de partir car on n’en peut plus » confie l’habitant, désabusé.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux présent à la visite considère qu’« il y a des avancées, mais encore insuffisantes » sur les travaux urgents. Ces désagréments devaient être réglés rapidement après la sanction financière infligée cet été à 13 Habitat, qui avait débloqué un budget d’un demi-million d’euros pour ce faire.

    Alors la concertation avec les résidents reprend au centre social, à l’issue de la visite. « Ce que j’ai vu ne me satisfait pas » admet Jean-Marc Perrin, nouveau président (DVD) de 13 Habitat depuis la mi-juillet. Le nouveau directeur général Damien Vanoverschelde affirme « chercher les moyens de remédier à ces dysfonctionnements », malgré des « contraintes supplémentaires du fait d’une architecture atypique ».

    « On va finir par partir ! »

    L’annonce était attendue. « Les déclarations de travaux pour l’isolation thermique et la rénovation du bâti ont été déposées » selon le directeur général. « 44 millions d’euros sont mobilisés » poursuit Damien Vanoverschelde, « les travaux débuteront en 2027 ». Tollé chez les habitants. « Cet été on nous a dit 2026, on va finir par tous partir » s’écrie l’une. « C’est toujours la même chose », renchérit une autre. La préfète déléguée Isabelle Epaillard, représentante de l’État, affirme qu’il s’agit d’« une procédure obligatoire avec des étapes. Mais les travaux sont bien lancés ».

    Thierry Del Baldo, de la Confédération générale du logement interroge : « C’était 52 millions il y a 6 mois. En mars, on avait 900 000 euros pour étanchéifier les toits, où est passé cet argent ? ». Le directeur général de 13 Habitat répond : « Des rustines ont été mises, mais si on intervient sur le toit on devra percer à nouveau lors de la réhabilitation. Les travaux ont été différés. » Et abonde : « Nous avons triplé le budget d’entretien, soit 670 000 euros en 2025. »

    In fine, Gaby Charroux est « satisfait » de l’engagement du bailleur et sort « avec espoir » de la réunion. Mais « le travail est loin d’être fini » comme disait la préfète à l’égalité des chances Isabelle Epaillard en introduction.

    Une rénovation à 44 millions

    C’est le budget de la réhabilitation tant attendue du quartier annoncée par le directeur général de 13 Habitat Damien Vanoverschelde. Cela comprend « l’isolation thermique, la reprise des toitures, le changement du système de chauffage et le remplacement des jardinières agréées par les Bâtiments de France » d’après le directeur.

    Une « contribution », ou augmentation de loyer est envisagée par le bailleur : « Si le plan de financement n’est pas complété, on en discutera au préalable », annonce le directeur général, qui accuse des difficultés financières.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • À Port-de-Bouc, des déambulations pour prendre le pouls des quartiers

    À Port-de-Bouc, des déambulations pour prendre le pouls des quartiers

    Sous le préau du bâtiment coloré qui accueille l’école maternelle et le centre social Lucia-Tichadou, les représentants de la Régie de quartier, de l’Addap13, d’Erilia, de 13 Habitat et des services municipaux de Port-de-Bouc se rejoignent, bien emmitouflés pour la dernière déambulation de l’année.

    Après être passés à Tassy, à Bellevue, aux Aigues Douces, aux Amarantes et à la Lèque la semaine dernière, les acteurs de proximité partent réaliser le « diagnostic en marchant » des Comtes. « On va à la rencontre des habitants en se baladant dans les rues pour améliorer le cadre de vie », explique Caroline Pisani, chargée de mission au sein du service politique de la Ville de Port-de-Bouc. « C’est le lien entre l’urbain et le social », résume sa collègue Valérie Rambaud.

    Initiatives de terrain

    La fissure et les tags sur le mur devant l’école Tichadou, le remplacement des colonnes d’évacuation d’Ambroise-Croizat, l’entretien de la Banane (du nom de ce bâtiment incurvé aux pare-soleil jaunes)… Aucun détail n’est laissé de côté. « Le fait d’être réunis permet une meilleure coordination des acteurs, on repère et on solutionne plus rapidement les problèmes, c’est de la dentelle », affirme Joëlle Victoria, du service citoyenneté de la Ville.

    Mais ces temps permettent aussi aux habitants d’être porteurs d’initiatives. « Aux Amarantes, on travaille sur un micro-projet avec les jeunes pour faire en sorte que le city-stade soit plus utilisé, confie Caroline Pisani. Pour le moment, on identifie les freins. Ils ont pointé le mauvais éclairage et l’entretien. Ensuite, on va présenter le programme à une commission pour essayer d’obtenir un financement de la Métropole. »

  • Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    « Ça sera notre prochain refuge ». Avant même de visiter les travaux qui transforment l’ancienne usine de farine du 32 rue Loubon en médiathèque, Wassila en est certaine : ça va lui plaire. La jeune mère, ambassadrice du livre de l’association Peuple et Culture, est venue avec ses collègues découvrir, vendredi dernier, l’évolution des travaux. Un projet qu’elles suivent depuis un an, afin d’apporter leurs idées et leurs besoins.

    Des habitantes du 3e arrondissement et membres de l’association Mot à mot les accompagnent pour visiter le lieu. Les fils qui pendent, les échafaudages et les isolants qui traînent ne semblent pas les empêcher de se projeter. « On s’y voit parfaitement », s’exclame Wassila. En découvrant le puits de lumière et les charpentes apparentes du lieu, Mounira lâche un petit « c’est trop beau ».

    Un peu plus loin, elles pénètrent dans l’espace prévu pour la cuisine et le restaurant, séparé par une baie vitrée de la zone prévue pour la jeunesse. « C’est ce qu’on voulait : un café pour se retrouver où on voit nos enfants », s’enthousiasme Fatiha, mère de 5 enfants, qui suit le projet avec l’association Peuple et Culture depuis un an.

    Puis direction l’étage pour voir les volumes qui deviendront des salles de danse, de lecture, d’éveil sensoriel pour les bébés. Le moment décidé par la directrice de la médiathèque, Coline Meirieu, pour annoncer qu’il y aura des tables de ping pong en extérieur. Ce qui fait germer des idées. « Pourquoi on ne ferait pas des tables pour les échecs aussi ? », propose Fatiha, provoquant l’engouement des participantes. Une idée à laquelle n’avait pas pensé la directrice.

    La parole des habitants

    « On voit qu’il y a eu la parole des habitants qui a été écoutée, applaudit Mounira. Je n’ai jamais vu un projet de bibliothèque aussi varié. ça va vraiment faire vivre le quartier ! ». Elle regrette cependant qu’il n’y ait pas eu plus de communication en amont autour de la concertation, car elle aurait souhaité y participer. Mais c’est enthousiastes que toutes ressortent de la visite. « C’est bien, parce qu’il manquait d’un lieu comme ça dans le secteur. Parce qu’Alcazar, c’est quand même un peu loin », confie Nesrine, habitante du 3e arrondissement.

    Une nouvelle concertation avec les habitants et les associations est prévue le mardi 27 janvier au centre social de la Belle de Mai à 14h pour réfléchir au fonctionnement de l’établissement.